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 Un même sang, deux mondes différents ~

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Keitaro Kageru

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Messages : 10
Date d'inscription : 10/06/2013
Localisation : Je suis là où le bonheur est universel

MessageSujet: Un même sang, deux mondes différents ~    Jeu 27 Juin - 14:24

L'existence même d'un humain se résumait à l'accomplissement de son être. Depuis la nuit des temps, les parents imposaient à leur enfant une vie telle que la société l'a définie. Dès la naissance, un enfant est conditionné à devenir quelqu'un, à réussir dans la vie, à poser sa marque sur le monde. Dans un sens, cela peut sembler réfléchit, donner une raison de vivre à un être aux capacités inconnues n'est qu'une manière d'inciter ce même être à faire quelque chose pour la société dans laquelle il vit. Ce monde ne voyait que du profit dans les naissances, essayant d'imposer à tout chacun que s'il veut vivre, c'est pour accomplir quelque chose de grand qui servira pour les générations futures. Je trouvais ce système d'autant plus inutile et bâclé. Pourquoi naître afin de servir autrui en se surpassant ? Cette simple pensée m'affligeait. Tous ces enfants qui se suicident à cause d'examens ratés, toutes ces personnes qui se laissent mourir parce que selon les critères de la société, ils n'ont pas réussi dans la vie. C'était ridicule. Vivre tout court était déjà un grand exploit en soi, était déjà quelque chose de glorifiant, mais un humain, il ne se contentait pas de choses simples, cherchant toujours à aller plus loin, à se donner plus de raisons de se sentir inutile et incapable.

Qu'en était-il de moi, l'homme accompli qui n'avait rien à prouver au monde, étant au-dessus de la haute société ? C'était plus complexe que vous ne le pensez, je n'étais pas qu'un beau parleur disant que l'humain devrait se contenter d'avoir ce qu'il a sans se surpasser, vu que moi-même, j'ai donné tout de moi. Sauf que dans mon cas, je ne l'ai pas fait pour une autosatisfaction d'être reconnu dans le monde, ou alors pour avoir assez d'argent pour nourrir toute l'Afrique. Je l'ai fait pour une cause plus noble et d'autant plus inutile pour la société, en quelque sorte.

J'étais né de parents pauvres, j'ai vécu une vie heureuse n'aspirant qu'à devenir un bon frère pour sa sœur, un être sur qui elle pourrait s'appuyer à chaque fois qu'elle le voudrait. J'étais encore jeune, et je vivais et pensais dans le système voulant que je devienne quelqu'un pour quelque chose. Mais l'histoire n'était pas banale dans mon cas de figure, parce que je suis né avec un gène d'immortalité, rendant mon corps insensible aux aléas d'un corps mortel. J'étais né pour ne pas mourir, ainsi, je savais que mon existence ne serait jamais normale, comme celle de mes amis par exemple. Pourtant, je n'en étais pas plus triste que cela, car grâce à ce gène, à cette plaie que je n'ai jamais demandé à avoir, je pouvais garder à tout jamais un œil sur le petit être qui quémandait ma protection. Oserais-je dire que je vivais pour elle à cette époque ? Non, je ne pourrais pas. Parce que je croyais que ma vie serait ennuyeuse sur cette terre trop brune pour mes yeux trop verts. Mais là aussi, je me trompais, ma vie est devenue un enfer du jour au lendemain sans que je n'aie le contrôle sur ce qui se passait.

Je ne vais pas vous raconter cette histoire, car depuis des décennies, j'essaye de l'effacer de ma mémoire. Non que je ne veuille me souvenir de ce qui m'a poussé à devenir ce que j'étais aujourd'hui, mais parfois, il valait mieux laisser le sombre passé destructeur, justement là où il devrait être, dans le passé. Sachez juste qu'un jour, ma vie fut bouleversée au point du non-retour, que mes parents sont morts, que j'ai perdu ma sœur de vue et que moi-même, je me croyais pourrir de l'intérieur étant mort sans l'être vraiment. Après cet événement ayant tout changé dans ma vie, dont ma manière de raisonner, je suis devenue une toute autre personne. Gardant ma gentillesse innée, j'ai arrêté de croire en le système créé par l'humain. J'ai vécu dans cet état d'esprit pendant de longues années, suivant le cours normal d'un adolescent au sombre passé peu affecté par cela. Mais pendant que je souriais et appréciais ma nouvelle vie, une obsession se créa peu à peu dans mon esprit, celle de savoir si ma sœur était toujours vivante, si elle s'en est sortie des ténèbres qui nous eurent séparés. Et c'est pour cela que je vivais, je voulais devenir quelqu'un d'important, de puissant afin d'avoir plus facile à la pister.

Certes, je n'aurais pas dû viser aussi haut, d'ailleurs, au début, j'allais me contenter d'un simple poste dans la juridiction, étudiant le droit pour étendre mes ficelles dans le monde. En y pensant, j'ai toujours été un être voulant avoir le contrôle sur tout, et cela, c'était sans doute à cause du fait qu'étant jeune, j'ai ne pouvais rien garder auprès de moi comme je l'aurais voulu. Ce ne fut qu'un fameux jour, tandis que j'atteignais ma majorité humaine que ma vie prit encore un autre tournant, changeant radicalement mes buts premiers. Au lieu de finir en tant que policier ou politicien influent, c'est le monde de la science qui me charma, m'attirant dans ses méandres avec une subtilité effrayante. Je ne vous raconterai pas comment je me suis découvert un don pour les sciences, ni comment j'ai détesté d'y être si attaché en vue de ce que les humains utilisant cette pratique m'ont fait. Mais sachez juste une chose, j'aimais être proche intellectuellement de mes tortionnaires. Une jubilation perverse de pouvoir manipuler ce que eux, n'ont pas réussi à décortiquer. Je ne me trouvais pas spécial, je détestais cette faculté qui était inscrite dans mon ADN, jusqu'à ce que j'apprenne à la manipuler à ma guise tout en la comprenant.

Par la suite, tout devint plus simple pour moi. Je me suis découvert en tant que scientifique aimant analyser son propre corps en tant que cobaye pour monter dans l'influence. Vous allez me dire, quand on avait un gène d'immortalité, il n'était pas difficile de se procurer un entourage dans les hautes sphères. Je vous réponds que c'est exact. J'ai procédé de la sorte en vendant mon gène avec discrétion, sans jamais divulguer ses composants. C'est encore quand j'étais un jeune homme grimpant doucement les échelons que j'ai retrouvé ma sœur dans une université au Japon. D'abord, j'étais heureux, prêt à tout lâcher pour venir la prendre dans mes bras, la retrouver. Mais quand je la vis, quand je vis qu'elle s'était donnée à la science aussi, je me suis arrêté dans toute possibilité de lui dévoiler que je n'étais pas mort. La raison de cela ? Le simple fait qu'elle était comme moi, essayant de comprendre pourquoi le monde l'a utilisé de manière barbare. Et je ne voulais lui enlever cette passion, cette envie maladive et haineuse de découvrir cela, je voulais qu'elle apprenne par elle-même pour être plus forte par après.

Devrais-je dire que j'ai tout simplement laissé tomber ? Non, jamais je n'abandonnerai mas petite sœur une fois de plus, et ce volontairement. Depuis ce jour, je me suis fait encore plus discret sans la quitter des yeux, suivant toute son avancée, obsédé d'être invisible mais toujours là. C'est de la sorte que j'agrandis mon réseau personnel de gens fidèles dans l'ombre, tandis que de son coté, Ayame faisait de même, grandissait sous le feu des projecteurs, démontrant au monde entier qu'elle était plus qu'eux tous réunis. J'étais fier d'elle, j'étais fier de nous. Finalement, les Eimin étaient destinés à faire de grandes choses. Très grandes choses. Tellement grandes que quand Ayame créa la matérialisation, je ne pouvais qu'être ébloui, essayant d'étendre mes filets d'autant plus près d'elle pour la protéger, même si à ce stade, elle n'avait plus besoin de moi. C'est quelques temps après que j'appris qu'elle voulait plus, mais qu'elle n'y arrivait pas. Depuis, je me suis lancé dans la même voie, vivant pour accomplir cela pour elle, me concentrant sur deux choses : Elle et ses buts.

J'oubliais parfois mes propres envies, jusqu'à ce que je revienne à la réalité sous de nombreux échecs. Mais malgré mon obsession, j'ai réussi à concilier ces deux vies tellement différentes l'une de l’autre, sans jamais en délaisser une pour l'autre. Jusqu'à ce que j'y arrive, que je réussisse là où Ayame avant besoin de moi. Et quand je l'ai fait, j'ai encore attendu un peu pour arriver au bon moment. Tout ceci pour dire que là, à présent, j'ai parfaitement calculé tout depuis le début. J'étais à Undai, accepté par ma petite sœur dans son monde. Je ne pouvais qu'être comblé, et cela, grâce à mon génie. Non, notre génie, et notre vouloir de grandeurs. Du moins, celui que ma sœur, moi, je ne faisais cela que pour lui plaire, découvrant avec une certaine curiosité enfantine toute nouvelle chose qui se présentait à moi.

Que pourrais-je dire de cette école à part entière ? Je me plaisais à y être, cela me rappelait ma jeunesse, mais dans un nouveau cadre totalement différent. De plus, mes espérances se sont réalisées, je pouvais tranquillement vivre ma vie à présent. Et cette vie, serait dans les bons termes avec l'être m'étant le plus cher. Parlant un peu de mon arrivée, il y a beaucoup de choses qui se sont passées depuis. J'ai reçu ma chambre d'étudiant -j'en ris encore quand je mentionne cela- au sein de Undai Gakuen, je portais une boucle d'oreille comportant le cristal de matérialisation, ayant insisté de faire le cursus complet, sous l’œil désapprobateur de Miri-Chan qui me trouvait trop emballé, sans oublier le fait que tout cela était plus qu'une mascarade à mes yeux. Cela me rendait vraiment heureux que mon nom, Izanagi, traverse à nouveau l'air venant d'Ayame. En y pensant, je devrais lui demander de ne rien faire de mal à Miri-Chan, vu qu'elle a fait tout cela et gardé le secret pour moi, pour nous. Elle n’était en rien fautive de ma manière si subtile de manipuler les gens avec mes convictions. Dès que je revois Ayame, ce sera pour lui demander cela sans doute. Parlons de l'amour de ma vie maintenant, comme nous sommes dans le même sujet. Akiha a choisi ma petite sœur. Devrais-je en être triste ou déprimé ? Sans doute, après tout j'ai perdu une femme talentueuse. Mais en même temps, je ne lui en voulais en aucun cas, je ne m'étais jamais mêlé vraiment de sa vie au point de lui imposer mes vouloirs et désirs. Évidemment il m'arrivait de me sentir possessif, mais si elle était heureuse avec Ayame-Chan, et que cette dernière voulait aussi avoir la blonde, je ne pouvais qu'être ravi de lui céder la place. Non pas avec une joie exagérée, mais avec un certain bon sens me soufflant délicatement que ce fût la bonne chose à faire. Et des vies, j'en avais énormément pour me trouver quelqu'un d'autre ~

Maaah, passons à aujourd'hui. C'est avec impatience que j'attendais de voir Ayame-Chan ~ Nous avions rendez-vous dans l'Arène, ce lieu magique dont j'ai entendu tellement parlé et que je voulais visiter à tout prix. La matérialisation m'intriguait au plus haut point, ainsi que cette école fondée sur cet art. Il allait de soi que je savais beaucoup sur le sujet, mais juste en théorie, jamais en pratique, c'était aussi la raison de mon impatience de voir et sentir comment cela réagissait au contact de mon corps. Serais-je excité de cette nouvelle découverte qui m'attendait derrière le mur invisible de ce lieu extraordinaire fait du pouvoir de ma petite sœur ? Je l'étais oui. Mon éternel sourire posé sur le visage, j'optais tout de même pour un costard beige plutôt que pour l'uniforme de Undai, avant de quitter ma chambre d'étudiant. Non que je trouve cela dérangeant de m'habiller comme les étudiants de Undai, mais je voulais être beau pour faire face à Ayame-Chan ~ De plus, même si cela m'amusait plus qu'autre chose d'être entouré de jeunes enfants soucieux de leurs avenirs, il n'en allait pas moins que j'étais un adulte et que me démarquer du reste était tout autant plaisant.

C'est dans la joie et bonne humeur que je quittais les dortoirs après m'être installé convenablement. Du moins, en apparences, je doutais fortement de pouvoir suivre un cursus normal de tout étudiant, n'ayant rien d'autre à faire de leur vie qu'étudier. J'avais aussi des responsabilités à gérer en dehors, ce qui me laissait qu'un temps définit à consacrer à ce genre d'amusements. Quoi qu'il en soit, je profitais de mes retrouvailles avec Ayame-Chan pour m'investir à fond dans cette vie extraordinaire. Suivant un plan déjà connu par cœur, j'arrivais d'un pas ferme devant l'Arène où je voyais des étudiants sortir ou rentrer, certains déjà vêtus de leurs robes de combats, d'autre non. Maaah, j'avais hâte de découvrir ce qui se dessinerait sur mon corps, ce qu'était mon âme dans cet univers. Un large sourire sur le visage, c'est sans hésitation que je pénétrais dans ce lieu sombre.

J'eus vent que l'Arène ressemblait à un grand espace ouvert avec un sol en échiquier et une lune surplombant le tout, mais je n'aurais jamais imaginé qu'en vrai, cela donnait ce que j'avais sous mes yeux à cet instant précis. Émerveillé, je n'eus le temps de me plaire dans le paysage en vue de ce qui se passait sur mon propre corps. Soulevant doucement les bras pour me regarder sous toutes les coutures, c'est avec un certain intérêt que je vis mon costume se transformer pour laisser place à un long habit traditionnel blanc. Allez, je suis sympathique alors je vais vous la décrire tout en l'analysant moi même. Commençons par le bas -oui, j'aurais dû aller de haut mais j'aime innover- je portais des sortes de Tongue aux ficelles bleutées, en remontant, j'avais un pantalon noir, en mode ninja, pour finir par un genre de haut de kimono me tombant jusqu'aux genoux. Mais ce que je préférais par dessus tout, c'étaient les manches langues de cet habit blanc et noir. Tout ceci resserré par une ceinture d'un bleu nuit. Du satin donc ~ Devrais-je comprendre par là que j'étais du genre sobre -mais avec du confort- et aimant la tradition ? Riant à ce constat, je me penchais plutôt sur le poids se trouvant dans mon dos, me retournant sur moi-même afin de compter le nombre de queues s'y trouvant, je ne pus empêcher un sourire en coin se fixer sur mes lèvres quand je compris qu'ils étaient au nombre de neufs. Des queues de renard blanches, la ruse ? Et neuf pour le dieu renard ? Dieu de la ruse et de la manipulation ? Maaah, c'était vilain ~ Mais si j'avais des queues, voulait-ce dire que j'avais aussi des oreilles ? Rien que pour être sûr, je portais ma main vers ma tête pour constater que c'était bien le cas. Joyeux et surtout, pas du tout déçu de cette apparence, je fis tout de même une fixation sur mes cheveux blancs. Montrerait-ce ma vieillesse ? Relativement de mauvais goût aussi ~

Satisfait de mon apparence, et surtout ébloui par ce changement inhumain, je m'avançais dans l'Arène, soulagé que malgré les lois de la physique, je ne tombais pas en arrière et que j'avais l'équilibre malgré le poids de queues dans mon dos. Faisant le tour de l'horizon, étant relativement plus grand que la moyenne se trouvant dans les lieux -à part peut-être les hybrides que je pouvais y voir- c'est avec un sourire d'autant plus amical que je découvris Ayame-Chan dans le fond, sa sombre silhouette épousant à merveille les ténèbres de l'endroit en lui-même. Je ne me fis pas prier pour venir à sa rencontre, admirant sa propre robe de combat plus je m'approchais, tout en évitant différentes attaques et combats se déroulant autour de moi. Il était étrange de ce dire que ses réflexes s'amélioraient rien qu'en rentrant dans l'Arène ~

- Ayame-Chan, tu es magnifique ~ Cela en jette, et le contraste aussi.

Il était vrai que sa robe, sobre qu'elle pouvait l'être, lui donnait un charme effrayant. Entre épouser ses formes gracieusement et montrer sa puissance d'une manière lugubre sans pour autant aller dans l'exagération, cela la représentait parfaitement. M'approchant d'elle, tout en évitant sa grande faux noire, je vins la prendre dans mes bras avant de m'écarter deux pas en arrière pour mieux la détailler. Les Eimin étaient beaux ~ C'était incontestable, que ce soit en noir -pour elle- ou en blanc -pour moi- cela dégageait un charme certain. Étais-je rassuré de n'avoir pas fini complètement en animal ou autre chose étrange ? Je suis encore persuadé que cela me plairait aussi ~ Affichant mon contentement de la retrouver, c'était avec un entrain poli que je pris la parole dans cette « salle » où résonnaient les différents activités de gens s'y trouvant.

- Il est étonnant de se découvrir sous une nouvelle forme de la sorte ~ Je trouve cela intriguant, d'ailleurs ce seul lieu est une invention de génie.

Un sourire espiègle sur le visage, je m'amusais à regarder ce que les autres faisaient autour de moi. Personnellement, je n'étais pas prompt à la violence, n'y trouvant aucun intérêt en général, mais savoir matérialiser quoi que ce soit, ne serait qu'un plus à mes longues années de vie. Comment cela marchait au juste ? Suffisait-il d'imaginer pour que l'objet voulut apparaisse ? Oui et non, comme aurait dit Miri-Chan ~

-Tu en penses quoi ? Ai-je l'étoffe d’un digne membre de ta grande famille ? ~

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Dead Master

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Jeu 27 Juin - 14:46

J’aurais pu vous décrire Ô combien ma première nuit en tant que jeune épouse était, mais je ne le ferai pas, non, du moins pas comme vous l’auriez voulu. Cette nuit fut mémorable, nos gestes devenus habituels prenaient une tournure totalement différente depuis que ma chère Akiha savait que tout lui était permis. Ce n’était pas à me déplaire, bien au contraire. Je savourais tout, jusqu’à la dernière parcelle. Nos jeux érotiques prenaient rapidement des proportions sadiques quand nous ne laissons plus que parler le monstre qui sommeillait en nous, mais je ne dirai pas que cela arrive tout le temps. Non, en temps normal la douceur était de vigueur, ce n’était que quand l’ombre sortait que tout prenait de l’ampleur. Une fois de plus, je n’allais pas me plaindre, j’aimais la violence ~ Et ce, au point même d’en jouir sans détour, huhu ~

Mais laissons cela de côté et concentrons-nous plutôt sur la journée ~ Ce matin, réveil relativement doux. Collée au corps nu de mon aimée, je me hissais jusqu’à son visage pour venir y déposer mes lèvres ~ Réveillant celle-ci de mes doux baisers, je glissais avec avidité ma main vers son bas-ventre, où sans demander mon reste, je fis des petits sillons arrachant des frissons à cette dernière. Gardant mes lèvres contre les siennes en forçant le passage pour ma langue, je fis en même temps une avancée sur son bas-ventre, caressant ses lèvres avec plaisir. Sentant la chaleur humide envahir mes doigts sous mon toucher, je pénétrais dans un petit grognement amoureux ~ Commençant mes va et vient en me redressant sur sa personne, je me plaçais à califourchon sur celle-ci en gardant ma main œuvrer à son bon vouloir. Déposant mes lèvres sur sa peau tiède, je mordillais sa poitrine enivrante avec douceur ~ Douceur ? Hum, du moins au début ~ M’amusant de la sorte une bonne heure, ce n’est qu’après un dernier cri de plaisir que je me levais, laissant la carcasse sur le lit pour me diriger vers la salle de bains avec un air satisfait sur le visage ~

Passant le couloir rapidement sans m’arrêter devant ce qui était censé être la chambre de Rei, j’empruntais la porte de la salle de bains. Avançant jusqu’à la baignoire, je fis couler l’eau en montant le pommeau, décidée à prendre une douche ~ Me glissant sous l’eau chaude, je laissais mon corps fatigué de cette nuit se ressourcer sous cette chaleur délicieuse. En parlant de délice, c’est avec joie que j’accueillis une deuxième personne sous l’eau, la laissant se glisser contre mon corps, accentuant ses gestes par mes demandes, je laissais mes paumes se poser contre le carrelage froid alors que mille et un frissons ma parcouraient l’échine ~ Jouissant sous ses caresses expertes, je la laissais faire, me plaisant uniquement dans ses mouvements précis ~ Étions-nous nymphomanes pour coucher ainsi, tout le temps et partout ? Oui, et je suis fière de le dire ~

Une fois la douche/partie de plaisir finie, je m’enroulais autour d’un essuie en m’asseyant sur le bord de la baignoire. Passant de la crème sur mes jambes, je laissais mon corps se sécher de lui-même alors que je gardais un œil attentif sur les faits et gestes de mon amante. M’amusant à contempler son corps de haut en bas, c’est dans un dernier pincement de lèvres que je me relevais pour venir me saisir de l’objet de ma convoitise. Dieu, depuis quand étais-je aussi insatiable ? ~ Je ne saurai le dire, disons plutôt que c’est parce que pendant une semaine, je n’eus le plaisir de remplir mon quota d’activités perverses ~ Huhu, quelle fille amusante je fais là ~

C’est donc après deux heures que je me retrouvais dans mon salon, parfaitement vêtue d’une robe légère. Attendant qu’Akiha ait fini de s’apprêter, je pris place sur mon divan, tasse de café en main, livre dans l’autre. Buvant celle-ci en me plaisant à ma lecture, je zieutais de temps en temps sur l’heure, me demandant si mon amour allait être en retard pour remplir la cervelle de mes chères enfants ~ Contrairement à mes suspicions, la jeune femme arriva à temps, du moins c’est ce qu’il se serait passé si je ne l’avais pas tiré vers ma personne dans le divan. Collant son corps au mien, ne daignant le lâcher ~ Comment dit-on cela ? « Rebelote » ? ~ Oui, nous n’étions que des perverses avides de sexe, ne savant ce qu’étaient les priorités et ainsi de suite ~ Mais pour moi, explorer le corps d’Akiha était une priorité passant au dessus de tout, qu’il pleuve ou qu’il neige, je n’en ais que faire tant que ma tendre amante se trouvait le corps nu, sur ou sous le mien ~

- Monstrueusement nymphomane mon cœur ~

Il était donc dix heures quand j’arrivais à mon bureau, laissant -enfin- Akiha vaguer à ses occupations alors que je pris place sur mon siège directorial. Soupirant déjà sous la masse de papiers se trouvant dessus, je tournais mon fauteuil afin de ne plus voir ce qui allait occuper ma journée. Me saisissant de mon téléphone ainsi que de la liste des personnes ayant reçus les nouvelles invitations pour rejoindre Undai, j’en choisis un au hasard avant de l’appeler ~ Autant s’amuser comme on le pouvait n’est-ce pas ? ~ Huhu, je suis diabolique. Et cela se confirma quand une petite voix fluette répondit à mon appel dans un « Allo » hésitant ~

- Bonjour ~ Je me présente, je suis la secrétaire de Undai Gakuen ~ Suite à une recherche portant sur nos futurs nouveaux élèves, j’aimerai vous poser plusieurs questions ~ Vous acceptez, n’est-ce pas ? ~

Gloussant légèrement en entendant le désarroi de la personne, je commençais en demandant tout ce qui pouvait bien passer par ma tête. Lui demandant sans détour si cette personne était en couple, pour finir de lui demander quand, quel jour et à quelle heure, celle-ci avait perdu sa virginité. Pourquoi faisais-je cela ? Par amusement d’entendre Ô combien l’humain peut se sentir mal à l’aise quand il advient de parler de sa vie sexuelle ~ M’amusant donc de la sorte en composant une petite dizaine de numéros, c’est après une heure de rigolade que je me levais, quittant mon téléphone ainsi que mon bureau à la recherche de mon petit cœur ~ Passant la porte de mon bureau pour me diriger vers celle du conseil, je l’ouvris sans ménagement, entrant dans cette salle remplie de petites personnes diverses dont Yume-Chan ~ Ignorant royalement toutes personnes me saluant ainsi que l’air mauvais de Yomi, je me glissais jusqu’au siège de la présidente, me posant derrière celui-ci en gardant mes mains autour des épaules de mon chef-d’œuvre ~

- Si tu t’ennuies, ce n’est pas ici que tu te trouveras des occupations Ayame.

Quelle vilaine ~ Méchante fille, vais-je devoir la punir ? Me tortillant en laissant un air boudeur se dessiner sur mes lèvres, je tirais les joues de Yume en venant lui ronronner Ô combien je n’appréciais qu’elle me parle ainsi ~ Sa réaction ? Aucune ~ Aussi neutre qu’un lampadaire se faisant pisser dessus par une chienne en lâcheur ~ Qui était le lampadaire et qui était la chienne ? Huhu ~ Relevant le regard en sentant des regards sur notre personne, je changeais radicalement d’expressions, laissant mon aura meurtrière envelopper la pièce jusqu’à ce que les « dérangeurs » détournent les yeux. Une fois chose faite ? Je me ré-dandinais en embêtant mon ange ~ Du moins jusqu’à ce qu’elle en ait marre et qu’elle me mette en dehors de SON bureau comme elle l’avait si gentiment exclamé. Dieu, même chez moi, je ne le suis plus ~

Me dirigeant à présent vers les salles de classes en espérant croiser mon amour, j’arrivais rapidement au deuxième étage, où Akiha donnait cours aux secondes si je ne m’abuse. Entrouvrant la porte du fond pour me glisser dans sa classe, je pris place sur l’un des sièges du fond, loin de son regard et de l’attention des autres personnes. Écoutant avec attention ce qu’elle disait à ses jeunes enfants, je m’amusais même à prendre note ~ Non, je gribouillais plus qu’autre chose des petits dessins sur une feuille représentant ladite enseignante se faisant dévorer des yeux par toute l’assemblée. Me montrais-je jalouse de savoir que ma femme était convoitée par d’autres ? Nullement en sachant, qu’a présent, elle était mienne et que tout faux pas finirait dans un bain de sang digne de ce nom. Gloussant légèrement en entendant Ô combien ces enfants pouvaient être stupides quand l’un demanda bêtement si un animal pouvait utiliser la matérialisation, c’est sous mon petit bruitage que je fis connaître ma présence malgré moi. Sentant les regards se retourner dans ma direction, je levais une petite main en signe de bonjour avant d’élever la voix en trouvant une excuse quelconque pour justifier ma présence devant ces enfants ne m’ayant sans doute jamais vu ~ Quoi de mieux que « Je suis l’inspectrice, poursuivez ~ » pour que cela soit crédible ? Cela le semblait puisqu’un jeune imprudent, assis deux blancs devant ma personne m’envoya un petit papier sur lequel était noté « Bonjour madame l’inspectrice, saviez-vous que cette enseignante était folle, nous avons tous peur, sauvez nous ». Non, ca y est, je vais mourir, je ne saurai me contenir de rire, non, cela était impossible ~ Et c’est dans un effort surhumain que me retenus tout de même, ne perturbant pas le cours jusqu’à ce que la cloche retentisse, disant qu’il était l’heure à mes très chers étudiants d’aller s’approvisionner en nourriture et autres ~ Une fois la classe vide d’écervelés, je me dirigeais vers Akiha-Chan, bout de papier en main pour venir le lui tendre ~

- Tes élèves ont beaux te dévorer des yeux, tu les terrifies tout autant mon cœur ~

Déposant mes lèvres sur sa joue dans un chaste baiser, je la tirais à ma suite hors de la classe. Autant que l’on mange ensemble non ? Oui, et c’est ce que je lui proposais. Passant à la cafétéria pour nous prendre de quoi ravitailler son ventre d’humain, je nous trouvais un coin tranquille dans le parc pour déjeuner sans que quiconque ne vienne nous interrompre. Mangeant ainsi en conversant de tout et de rien, gardant des gestes doux pour accentuer nos paroles également, je me plaisais à rester collée à elle de la sorte ~ Assises sur une pelouse verte, cachées de la vue d’autrui par des buissons, le soleil filtrant à travers les feuilles des Sakura fleuris ~ Digne d’un roman à l’eau de rose faisant dormir plus d’un après cinq minutes de visionnage ~ Si je devais choisir le décor parfait pour l’ombre et ma personne, ce serait sans doute sur un champ de bataille, le sol couvert de sang dans une atmosphère sombre où nos sièges s’avéraient être les corps des personnes que nous venions de tuer ~ Oui, cela me plairait également, huhu ~

- J’ai rendez-vous avec Izanagi-Kun cet après-midi ~ Viendras-tu me chercher là bas une fois tes cours finis ? ~ Je veux passer par le laboratoire avec toi avant de rentrer ~

Lui glissant un dernier « Bye ~ » sensuel avant de la quitter, ce fut l’arène qui devint à présent ma nouvelle destination. Arrivant rapidement devant celle-ci, je passais le mur invisible sans ménagement, laissant ma robe de combat apparaître sur mon corps délicat. Mes cornes poussèrent en même temps que mes ailes alors que ma robe se compléta en serrant son nœud autour de ma taille. Matérialisant ma faux en regardant le monde présent, j’avançais, sourire aux lèvres vers le fond, laissant les personnes présentes arrêter toutes attaques pendant que je passais entre elles. Tapant le sol de mes talons, je me retournais en envahissant ce lieu de mon aura si spéciale ~ Était-ce de l’égocentrisme d’atrier l’attention de tout le monde et d’en jouir ? Oui et non ~ Dans un sens, cela était tout à fait naturel, j’étais tellement parfaite que cela serait un crime de ne pas me regarder, huhu ~

- Ne me fais pas attendre inutilement, Izanagi-Kun ~

Et c’est sous cette demande que mon cher frère franchit les portes invisibles de l’arène. Laissant son corps se bercer dans une douce lueur claire, c’est avec étonnement que je vis sa robe de combat … Serait-ce possible que ? Sur son corps, un long tissu se vit apparaître, cachant son corps sous une combinaison noir alors qu’un kimono blanc prit place, laissant les couleurs noires refléter comme-ci celles-ci avaient été faites dans un métal précieux. Sur sa tête, deux petites oreilles poussèrent alors que neuf queues au total prirent place dans son dos. Un dieu chat ? Ou plutôt renard ? ~ Ne laissant qu’un sourire amusé sur les lèvres, je ne lui accordais pas de voir ma confusion en vue de sa robe de combat. Exactement la même que celle de Rei … Et c’est là que mille et un films prirent possession de mon esprit. Allant même jusqu’à me demander si ce n’était pas lui qui avait poussé cet enfant dans nos bras. Me giflant mentalement pour reprendre mes esprits, je fis un pas en sa direction alors qu’il fit les autres ~ Petit homme amusant, non, grand homme plaisant et cela se remarqua sous les regards et les murmures lui étant adressés. Un sourire plus large, et sa voix de velours détonna dans le lieu, inconnu de sa personne ~

- Ayame-Chan, tu es magnifique ~ Cela en jette, et le contraste aussi.

Cela allait de soit que j’étais magnifique, après tout, n’étais-je pas Dead Master ? ~ Acceptant tout de même ses louanges sans dire mots, ne lui accordant qu’une étreinte demandée par sa part et un sourire amical offert à sa personne, je descendis mes yeux sur son corps. Il était beau, il était parfait, il était digne de se faire tuer par mes soins. Oui, je le pensais toujours, même après son présent, sa personne ne devant faire partie du monde des vivants. Du moins, celle-ci la quittera lorsqu’il m’aura montré, entièrement Ô comment il eut réussi où pour moi, ce fut un échec total. Non, je ne le décrierai pas d’échec, disons plutôt que je n’avais … eu le temps pour me consacrer sur la création d’un corps ? Cela serait mentir, mais dire la vérité en même temps. J’ai passé de longues années à vouloir créer des êtres, grâce à la matérialisation cela était un jeu d’enfant, mais ce que je désirais était une entité vivante vivant de elle-même, de ses organes de « sa vie ». J’avais le potentiel de garder une matérialisation au moins le temps d’une vie humaine, mais ce n’était pas suffisant, je ne me laissais pas berner en disant que la matérialisation avait réponse à tout. Oui, mon gène l’avait, mais pas ma création ~ Soit, laissons ces concepts pour ce soir, concentrons-nous plutôt sur la petite -grande tête blanche- venant se hisser devant mes yeux forêts ~ Rei Yu … Hum ~

- Il est étonnant de se découvrir sous une nouvelle forme de la sorte ~ Je trouve cela intriguant, d'ailleurs ce seul lieu est une invention de génie. Tu en penses quoi ? Ai-je l'étoffe d’un digne membre de ta grande famille ? ~

Le génie je l’avais, bien qu’on pourrait croire que c’est après avoir écoulé cent années que je sois devenue aussi intelligente, je vous répondrai une fois de plus oui et non. Le génie est une chose que l’on reçoit à la naissance, cela ne s’acquiert pas avec le temps tandis que le bon sens, dit l’intelligence oui ~ Mais avoir du génie et de l’intelligence revenait au même n’est-ce pas ? Décrivez moi donc comme une personne relevant d’un génie extraordinaire dans ce cas ~ Il va de soit que l’homme me faisant face avait le même titre, son intelligence déferlait les lois de l’entendement comme le mien, une personne rusée et cela se montrait sur sa robe de combat ~ Un Dieu renard donc ~ Posant ma main sur son visage en lui adressant un air tendre, je plissais mes lèvres en lui accordant un sourire tout en faisant résonner ma voix mielleuse à souhait dans l’arène ;

- Tu en es digne, Izanagi ~ Bienvenue à Undai, mon cher ami ~

Détachant ma main de sa joue, je fis disparaître ma faux pour venir créer une chose nouvelle dans ma main. Commençons par le début comme tout être faisant ses premiers pas dans l’arène. Matérialisant une sorte de lapin en peluche blanc dans mes mains, je le montrais à mon cher frère. Pourquoi ce choix ? A cause de sa robe de combat. Cet objet que je tenais en main avait été la première chose que j’avais fait créer à Rei Yu, cette même peluche identique aux yeux rouges, dont le centre des oreilles détonnait du blanc dans un rose fuchsia ~ Étais-je sentimentale ? Non pas du tout ~

- Je ne serai pas étonnée que tu saches comment la matérialisation fonctionne, de ce fait, je te laisse faire mon cher ~ Ce petit jouet te servira d’exemple, pense et créé ~

Ratera-t-il ? Réussira-t-il ? Qu’il rate, j’aurai une bonne raison pour abattre ma faux sur lui grâce à cela ~ Huhu ~

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Keitaro Kageru

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Sam 29 Juin - 20:16

Le principe même de la matérialisation était inscrit dans la manière avec laquelle l'utilisateur la manipule. C'était une chose complexe à créer mais facile à utiliser. En somme, la matérialisation était une puissance hors normes pouvant se retrouver entre les mains d'un pauvre petit humain sans valeurs ni talent. Dans un sens, on pourrait dire que c'était de la folie de laisser à des enfants -défavorisés pour certains, bien éduqués pour d'autres- un tel pouvoir entre les mains. Je n'avais rien à dire sur la manière dont Ayame-Chan gérait ses affaires, après tout, c'était son invention et elle pouvait en faire ce qu'elle voulait. Mais admettons maintenant que toute cette génération d'enfants devienne des gens aux pouvoirs étranges, avec des ego et des personnalités instables ? Ce serait une catastrophe, surtout en vue de la façon qu'ont ces enfants à s'emparer de ce qui ne leur est pas dû et de faire de cette chose, sienne. C'était comme leur donner une nouvelle chance, mais en même temps, mettre l'humanité en danger. Vous allez me dire que c'était pour cette raison qu'Undai Gokusha existait et que Miri-Chan en personne se tenait à sa tête, mais quand le nombre d'individus augmentera et saturera cette institution mise en place, il n'y aura pas d'échappatoire. Je n'étais pas friand des scénarios apocalyptiques, je savais aussi que ma chère petite sœur avait le pouvoir de tout arrêter et de vider ses subordonnés de tout le pouvoir qu'elle leur ait offert. Mais combien de temps cela durera ? Pendant combien de siècle, va-t-elle alimenter des nouvelles générations tout en essayant de préserver cette découverte ? Cela était une question difficile à résoudre, seul le futur nous dira ce qu'il adviendra de cette puissance mondiale. Peut-être dans cent ans, Undai n'existera pas et le monde fera la guerre pour la matérialisation, peut-être qu'au contraire, Ayame mettra sa découverte au grenier de peur que tout le système n'explose. Pour moi tout était égal en fait, la seule chose qui adviendrait peut importe le futur, ce sera le fait que je serai là pour elle, pour la protéger et la conseiller ~

Mais revenons aux composants de cet étrange pouvoir. Ayame-Chan était une source inépuisable de matérialisation, je ne saurais dire comment elle arrivait à en produire tout le temps afin de la fournir à autrui, mais j'étais persuadé que cela n'était pas si évident que ça. Dans le sens, si ma petite sœur devait reprendre toute cette puissance, il y aurait sans doute des risques qu'elle ne puisse contenir le tout, vu qu'elle en crée au fur et à mesure que de nouvelles têtes entre dans son monde. Mais c'était sur le procédé que nous devrions nous pencher. Comment une formule chimique mélangée au gène Eimin et à un corps humain, pouvait devenir une vraie arme de destruction massive ? Comment un liquide entrant en symbiose avec les cellules organiques pouvait procurer au cerveau un tel pouvoir ? Comment, tout simplement, une simple pensée pouvait se créer de rien et devenir matérielle dans le monde réel ? C'était ce genre de questions que je me suis posé au tout début quand j'ai appris ce qu'Ayame a fait. À présent, je ne peux pas dire que j'ai réponse à toutes mes questions, mais je peux vous assurer que j'ai tout de même su résoudre quelques unes d'entre elles. Comme par exemple la liaison entre les nerfs -cerveau- et ce flux chimique.

- Tu en es digne, Izanagi ~ Bienvenue à Undai, mon cher ami ~ 

Me plaisant dans son doux toucher, me disant que c'était tout de même moi qui devrais être devant elle tel un protecteur, je laissais la puissance de cette nouvelle sensation m'envahir. La matérialisation, maaah ~ Ne perdant pas mon sourire charmeur, je la regardais avec une certaine curiosité quand elle matérialisa une peluche sous mes yeux, me demandant d'en créer une à mon tour, une copie pour être exact. Pourquoi une peluche au juste ? Ne devrais-je pas essayer autre chose ? Comme un livre dont chaque page serait remplie avec des lignes de mon écriture ? Pourquoi donc, voulais-je rendre cette tache plus compliquée ? Parce que je comprenais comment cela marchait ~ Débutant ou pas, chaque être commence avec un pouvoir restreint par la cristal de couleur, par la suite, il apprend à gérer les changements de son corps et s'habituer à cette nouvelle force tout en essayant peu à peu à développer son imagination. Et tout cela, à part la partie physique, passe par le cerveau qui génère les capacités de son possesseur pour mieux l'exploiter dans les différentes créations de matérialisation. Ainsi donc, l'efficacité de la matérialisation dépend de l'état d'esprit de celui qui la manipule ~ C'est en cherchant à rendre mes corps artificiels intelligents que j’avais découvert l'importance que joue la tête dans tout ceci. C'était un lien primordial entre la réalité et l’imaginaire.

- Je ne serai pas étonnée que tu saches comment la matérialisation fonctionne, de ce fait, je te laisse faire mon cher ~ Ce petit jouet te servira d’exemple, pense et créé ~

Maaah, laissez-moi vous expliquer plus clairement ~ Je vais me prendre en exemple, vu que je suis débutant en la matière -du moins du coté pratique. En tant que novice, je devrais être étonné et incrédule quand à ce pouvoir, ce qui baisserait mes chances de réussite du premier coup, vu que mon esprit ne serait pas certain de ce qu'il faisait, et que je me trouverais sans doute ridicule de penser à quelque chose que je voudrais voir devant moi. La première chose donc, était la confiance en soi. Mais ce n'est pas parce que l'on veut, qu'on peut ~ Il y avait d'autres critères qui définissaient une bonne utilisation de la matérialisation. Si nous étions en colère, nos créations étaient d'autant plus puissantes et réussies, c'était évident. Mais contrairement à ce que vous pouvez croire, ce n'est pas les sentiments en eux-mêmes qui régissent nos capacités, mais l'intensité avec laquelle on les ressent. Il va de soi que cela est souvent associé à la colère, vu que c'est le sentiment le plus intense qui régit un humain. Deuxième chose donc, l'état mental. Ensuite, l'imagination jouait un grand rôle dans l'histoire, même si cela se rapproche du premier point que j'eus illustré, c'est encore différent. Sans imagination, il n'y a pas de créations ~ Si j'imaginais un simple bâton, je l'aurais vu dans ma main sans souci, mais je trouverais cela si ennuyant que je me démoraliserais moi-même, vu qu'un bâton, je peux trouver cela sans devoir utiliser une certaine manipulation psychique. Mais si j'imaginais maintenant de faire quelque chose de plus grandiose comme un arbre vivant et grandissant sous mes yeux, ce serait beaucoup plus complexe, beaucoup plus élaboré et intéressant. D'où le quatrième point qui se résume sous le nom de « connaissance ». Après tout, comment matérialiser quelque chose dont nous ne connaissons pas les composants ? ~

- Tu me flattes, Ayame-Chan ~ Une peluche donc ~

Riant doucement en prenant fixant l'objet pour retenir les détails de sa morphologie, je laissais échapper un soupir excité avant que mon sourire ne s'élargisse d'autant plus. Mettons donc en pratique ce que je viens de vous expliquer ~ Tout d'abord, j'étais sûr de moi, vu que je savais comment cela marchait, ensuite, je devais me concentrer sur un sentiment fort, et que de mieux que la joie de retrouver Ayame-Chan ~ Puis, je peux sauter la partie imagination, j'avais l'objet en question sous mes yeux, je n'avais qu'à copier cela dans mon esprit. Et puis la fin ? Les composants. Une peluche normale est faite en fibres synthétiques, rien de complexe, je pouvais même vous donner leurs composants chimiques, vu que j'étais un scientifique. Maintenant, il suffisait que je ferme les yeux pour avoir une image nette et laisser le flux de matérialisation opérer en moi avec joie ~

- La matérialisation est un lien extraordinaire entre le corps et l'esprit. Il faut juste être perspicace pour savoir visualiser tout cela ~

Ouvrant les yeux sous ce constat dit de ma voix de velours, je croisais les billes similaires aux miennes de la directrice de Undai. Tendant ce qui apparut dans mes mains pour qu'elle puisse le voir, c'est avec un sentiment d'intérêt grandissant que je découvrais le bonheur mystique de créer quelque chose en partant de rien. La seule fois où je me suis senti autant excité ce fut quand j'ai enfin réussi à donner vie à un corps organique et artificiel ~ Et modeste que je sois, je dois vous dire que c'était une sensation de grandeur hors normes. Mais revenons à la matérialisation ~ Si j'ai réussi du premier coup là où beaucoup se ratent, c'est parce qu'eux, ne comprennent pas ces règles fondamentales, même certains Terminales -j'en étais sûr- ne comprenaient pas encore parfaitement ce qu'il en était de leurs pouvoirs. Par contre, je constatais avec un certain amusement, que j'avais encore des lacunes à finaliser dans mes connaissances en la matière ~ Mon corps se vidait de sa force peu importe ce que j'ai fait, ainsi mes capacités étaient restreintes, à cause du blocage imposé par le cristal. Mais d'un autre coté, s'il était là, c'est justement pour habituer le corps au flux qui le parcoure, jusqu'à ce que toutes les capacités de l'humain se dévoilent quand il passe en Terminale. Voudrait-ce dire que la puissance finale ne dépend pas de l'entraînement -qui lui ne fait que pousser notre corps au bout de nos capacités- mais bel et bien de notre ADN ? Notre pouvoir complet serait-il définit depuis notre naissance ? ~ Maaah, tellement intriguant ~

Reprenant mon sérieux quand la peluche disparut de mes bras sans que je ne le veuille, j'étendis mes bras avant de reprendre ma posture droite. Déposant une de mes mains sur l'épaule de ma petite sœur, je ne me gênais guère de plonger dans son regard idem au mien, avant de laisser ma voix porter dans ce lieu mystique. J'avais une requête à formuler ~

- Maaah, il est plaisant d'avoir une telle connaissance entre les mains ~ D'ailleurs, parlant de plaisir, j'aimerais que tu pardonnes à Miri-Chan -et à moi- le fait que nous cachions secret mon existence. Ce n'était en aucun cas pour t'offusquer.

Encadrant cette fois-ci ses épaules de mes deux mains, je vins déposer un chaste baiser sur son front avant de me reculer, ne me départant pas de mon éternel sourire espiègle. Si l'on passait à quelque chose de plus complexe et indéterminé ? Quelque chose que je ne comprenais guère ~ étrangement, je pouvais sentir mes forces me quitter peu à peu sans pouvoir vraiment déterminer combien il m'en restait -ça viendra avec la pratique, je suppose-, j'en concluais que cela venait de la robe de combat en soi, mais aussi du fait de mon inexpérience dans le domaine. Mais ce que je voulais savoir, qui m'intriguait au plus haut point, c'est « l'arme » qui suit son possesseur. Ce n'était pas la première chose matérialisée, mais c'était la chose qui venait droit du cœur, que nous ne décidions pas un peu comme la robe de combat. Ce qui me perturbait c'était de savoir comment s'y prendre pour matérialiser cela. Fallait-il simplement fermer les yeux et ne penser à rien ? Ou alors c'était encore autre chose ? Je ne savais pas, mais je n'allais pas me risquer à ceci pour le moment, non pas que je ne me sente pas capable de le faire, mais je pouvais aisément juger que mon énergie risquerait de ne pas tenir le coup s'il s'avérait que c'était un tank qui régnait dans mon cœur. Riant sur cette pensée, je laissais mes queues de renard flotter dans l'air tout en ne perdant pas ma petite sœur de vue ne serait-ce que pour une seconde.

- Qu'adviendra-t-il de ce magnifique lieu quand tu finiras par avoir ce que tu veux, Ayame-Chan ? ~

Ne devrais-je pas poser une question indiscrète comme cela dans un lieu public sans crier garde ? Je restais pourtant flou dans mes propos ~ Seule ma petite sœur comprendrait sans doute ce que je voulais dire par là. Lui envoyant un clin d’œil amusé avant de tourner mon regard au loin pour admirer les prestations d'autres étudiants, je laissais mon esprit vaguer à ceci. Il ne fallait pas se duper, je n'étais pas stupide non plus ~ Si j'ai donné un tel présent à ma chère Ayame-Chan, ce n'était pas sans y avoir réfléchi à deux fois. Après tout, pourquoi un être maîtrisant la matérialisation avait-elle besoin de corps artifices ? Cela était en rien logique, n'est-ce pas ? ~ Et il va de soi que je m'intéresse à tout ce qui la touche de près ou de loin, surtout quelque chose qui vient de moi en personne. Maintenant à savoir pourquoi je lui ai donné ce savoir sachant qu'elle en possédait un aussi grand, c'était une autre question à laquelle je ne vous donnerai pas de réponses. Mon charme mystérieux l'oblige ~

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Dim 30 Juin - 15:09

La matérialisation, un procédé unique créé par mes soins. Une chose magnifique que j’eus mise en œuvre grâce à mon savoir ainsi qu’au destin si je pouvais le dire ainsi, cette chose qui m’est tombée dessus, je ne l’avais pas voulue, elle fut juste la conclusion de mes recherches. Je me rappelais encore de ce jour fatidique, de sa création et du déroulement que celle-ci eut prit d’elle même sous mes consignes. Pour tout vous dire, avant que la matérialisation se crée, j’étais partie sur le principe de vouloir créer quelque chose pouvant accroitre le cortex cérébral. Un humain n’utilisait qu’une infime partie de son cerveau, ne s’accordant qu’un choix limité désigné comme vaste par la société. Suite à mes recherches, je décidais de créer une chose pouvant faire entrer les deux hémisphères en résonnance, une chose reliant chaque filament cérébral pour en faire un surplus d’information. La mémoire est une chose infinie, une vie entière ne la remplit qu’à trois pourcent tout au plus, alors pourquoi ne pas tout utiliser ? Cette question n’avait que comme réponse le temps. L’humain était stoppé par le temps alors que moi, mon gène ne l’était pas. Mais revenons au sujet, la matérialisation, ou plutôt, le comment du pourquoi celle-ci fut créée. En découvrant une procédé pouvant faire accroitre l’échange de données cérébrales, j’activais malgré moi une zone non connue, ou du moins, vague de l’humanité. Son imagination. D’où cela provenait-il ? Comment cela se formait-il ou encore, pourquoi certaines personnes en étaient dotées alors que d’autres non ? Avais-je vraiment trouvé réponse à cette question ? Dans certains ouvrages que j’eus épluché, mais rien d’assez concret pour dire haut et fort « J’ai compris ». Suite à des mélanges de divers concentrés créés par mes soins, j’arrivais à anticiper et faire évoluer cette partie chez les patients décrits comme « incapables de toutes créativités ». Le résultat était intéressant, mais pas assez à mon goût et c’est par mégarde de ma part, en lançant deux procédés divers que je me retrouvais en possession d’une substance ne correspondant en rien à mon vouloir. Alors comment celle-ci a fini dans mon corps ? Comme tout scientifique fou, je voulus comprendre ce que j’avais créé, et quoi de mieux que mon corps pour devenir le cobaye d’une chose révolutionnaire ? Hum, la suite vous la connaissez déjà ~
Peut-on dire que sans mon gène, la matérialisation ne serait jamais née ? ~

- Tu me flattes, Ayame-Chan ~ Une peluche donc ~

Retombant sur terre en quittant mes pensées, je regardais avec attention l’homme se trouvant devant moi. Si la chance lui avait souri comme elle l’avait fait avec moi, aurait-il également réussi à créer la matérialisation ? Rien que cette simple pensée me mettait d’une humeur de chien. Personne, personne à part moi ne pouvait créer cela, seul Dieu en avait le pouvoir, et j’étais le seul sur cette terre. Oui, c’était ma conviction, qu’elle soit grotesque ou non, c’était mon idéal et je le préserverai coûte que coûte. Ce que j’avais créé relevait d’une erreur, mais une erreur était mienne, tout le monde ne pouvait commettre cela, personne à part moi ne savait comment il fallait faire pour créer ce pouvoir s’imprégnant dans une personne tierce pour en faire d’elle un spécimen aux pouvoirs mystiques. Il y a bien des gens qui eurent essayés, beaucoup sont morts, tous à vrai dire, mais toutes ces personnes qui eurent frôlé ne serait-ce qu’un peu la copie de ma création, tous avaient échouées quelque part. Que ce soit dans la manière dont elle se fit utiliser ou encore du comment elle réagissait avec un corps humain et j’en passe, rien n’était concluant, j’étais la meilleure et j’étais la seule à pouvoir adosser ce rôle m’étant donné.
Monstrueuse ? ~

- La matérialisation est un lien extraordinaire entre le corps et l'esprit. Il faut juste être perspicace pour savoir visualiser tout cela ~

Il n’avait pas tort et il en savait trop à mon goût. Toutes la parties théoriques de la matérialisation avaient l’air d’être maitrisées à la perfection par sa personne, à se demander jusqu’où il savait comprendre la matérialisation. Savoir comment les informations ont filtrées me rendaient d’autant plus mal, savoir que cet homme sortant de nulle part eut toujours un œil sur moi et que moi, tapie dans mon bureau je ne l’avais même pas remarqué … Désagréable sensation disant que si lui avait pu le faire, peut être que d’autres le faisaient également. Gardant mon sourire en ne laissant rien paraitre sur mes traits, je bouillonnais en moi sous cette conclusion. Détestable ~ Descendant mes yeux sur la peluche qu’il créa, c’est avec un certain sourire satisfait que je vis le copie conforme de ce que j’avais moi-même créé. Bien que ~ Hum, il manquait un peu de douceur, mais là n’était pas le plus important … Rei Yu n’avait su faire qu’une boule de poil ressemblant plus à un hamster qu’à autre chose. Détestable pensée également ~ Affichant un sourire amusé, je tapais des mains en signe de félicitations alors que la voix de mon cher frère parvint une foi de plus à mes oreilles ~

- Maaah, il est plaisant d'avoir une telle connaissance entre les mains ~ D'ailleurs, parlant de plaisir, j'aimerais que tu pardonnes à Miri-Chan -et à moi- le fait que nous cachions secret mon existence. Ce n'était en aucun cas pour t'offusquer.

Laissant un fin gloussement traverser mes lèvres, je posais une main sur ma bouche en lançant un regard hautin à Izanagi. Ne pas punir Miri-Chan, lui pardonner ? Maaah, si cela n’est pas mignon de voir Ô combien mon cher frère se préoccupait de ce qui était mien ~ Au dernières nouvelles, j’avais libre choix sur mes jouets, et Miri-Chan en faisait partie. Il va de soi que je n’allais pas la tuer, elle m’était indispensable, mais je n’allais pas lui faire une petite tapote sur la tête en signe de pardon alors que celle-ci s’excuserait d’un simple sourire -niait- ~ Non, j’avais quelque chose de meilleur pour elle, une chose lui faisant comprendre Ô combien il sera désagréable de me trahir la prochaine fois. Pour ce qu’il en était d’Izanagi ? ~ Tant que j’avais besoin de lui, je ne le tuerai pas. Et que se passera-t-il s’il se faisait tuer par quelqu’un avant qu’il n’ait le temps de finir les tâches que je lui aurai assigné ? Me sentirais-je triste ? Sans doute, le perdre une deuxième fois serait catastrophique ~ Huhu, cela me rendrait d’autant moins humaine ~ Pauvre Akiha-Chan en somme, ma tendre et chère épouse devra supporter une nouvelle facette du monstre que je suis ~

- Qu'adviendra-t-il de ce magnifique lieu quand tu finiras par avoir ce que tu veux, Ayame-Chan ? ~

Faisant disparaître la peluche que je tenais en laissant ma vision explorer les lieux, je ne m’offusquais nullement du manque de tact qu’il n’eut utilisé pour poser sa question. Qu’adviendrait-il de Undai une fois que je m’en serai lassée … Je n’y avais jamais pensé, après tout pour moi … Undai était l’endroit où j’avais ma place, mais si, par je ne sais quelle circonstance il s’avère que je doive détruire ou tout simplement quitter cet endroit … que se passera-t-il ? Je n’avais de véritable réponse concrète à cela, après tout, pour ce qu’il était de l’arène, je n’étais pas la seule créatrice de ce monde. Non, Yume-Chan avait mis son âme entre ces murs également, le paysage découlait de nos personnalités mélangées, de notre ressenti du monde, de nos peurs et de nos vouloirs. L’arène était le tableau parfait de notre vision du monde. Mais on savait également que j’avais le pouvoir de détruire cet endroit n’était uniquement mien … Mais cela serait de la folie, où entreposerais-je mes âmes si l’arène n’existait pas ? ~ Laissant un fin rire traverser mes lèvres, je traçais mon chemin visuel jusqu’aux pupilles verdâtres de mon cher frère, décidant qu’il était inutile de répondre à sa dernière question, je pris la parole pour lui proposer une nouvelle activité pouvant aussi bien me plaire, que lui plaire ~ Peut être, huhu ~

- Et si nous passions à autre chose Iza-Kun ? ~

Lui faisant dos pour venir me reculer de sa personne, je me plaçais à deux mètres de celui-ci. Matérialisant une sorte de bouclier transparent autour de nos corps, comportant une zone d’un peu plus de dix mètres afin que mes futures attaques ne viennent toucher mes chers élèves -oui, je respecte mon contrat de mariage, qu’adviendra-t-il si je tue « accidentellement une personne » à votre avis ?-, je matérialisais également autour de ma personne, de fines piques, servant de futurs projectiles. Elargissant mes lèvres en faisant signe à Izanagi pour attirer son attention du revers de ma main, je lui expliquais brièvement ce que je comptais faire ~

- La matérialisation est une chose, mais un corps faible ne saura supporter son potentiel il va de soi, qu’on le décrira donc d’élément inutile ~ Voyons si tu en fais partie mon cher ami ~

Lançant le premier projectile dans sa direction à une vitesse inévitable, je laissais ma première lance se planter dans l’épaule de ce fameux membre de ma famille. Ne pas le tuer ne voulait pas dire, révéler une partie de sadisme à son égard. Affichant un sourire carnassier en voyant son sang si précieux couler, je lançais le suivant, cette fois-ci plus doucement ~ Oui, il m’arrivait d’être gentille ~ Et sinon … Allait-il courir de gauche à droite pour les éviter ou me réservait-il une autre surprise ? ~

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Keitaro Kageru

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Mar 2 Juil - 13:01

En plus de cent ans, un caractère peut changer, évoluer et se déformer. L'humain traverse énormément de phases dans sa vie qui lui permettent cette évolution caractérielle, le rendant meilleur ou pire pour la société et pour soi-même. Pourtant, il reste toujours une parcelle de soi qui ne change jamais, une infime partie acquise à la naissance qui trace la vie d'un être humain par la suite. Que ce soit une mimique ou une parole, c'est ce petit quelque chose qui nous rend comme l'on est dès le début, qui ne différent guère, même sous les influences étranges qui nous poussent de partout à changer. Si je devais me prendre pour exemple -en vue de ce que j'ai traversé ainsi que mon âge- nous pourrions sans doute dire que j'ai changé terriblement avec ce que j'étais au début de mon existence, gardant certains traits qui m'étaient propres. Je ne vous dirai pas comment j'étais avant de devenir scientifique et de retrouver ma sœur, ceci reste un sombre secret de ma vie antérieure, celle que je gardais précieusement au fond de moi, mais que je n'avais l’intention de dévoiler -au point même, d'oublier certains détails sur mon passé. Ce sur quoi je vais me pencher, ce seront ces petites choses en moi qui n'ont pas changé à travers les époques. Commençons par mes obsessions protectrices envers ma petite sœur. Ce qui s'avéra être au début un simple lien fraternel mettant en scène un grand frère puissant et sa petite sœur fragile, se transforma rapidement en un besoin maladif de protéger cette dernière par tous les moyens. Sur ce point là, je pourrais dire que ce furent les circonstances qui me rendirent ainsi. Un autre trait qui resta après tout ce temps ? Le besoin du bonheur ~ Étant enfant, j'étais assez heureux, même si nous vivions dans la misère. Mais quand ce bonheur me fut retiré, j'avais besoin de le retrouver, et quand j'ai réussi à le toucher du bout des doigts et l'attraper à nouveau, je ne voulais plus le lâcher, tellement qu'on pouvait appeler ceci comme étant une obsession, le besoin d'être heureux à tout prix. Voici les deux traits majeurs qui filèrent pendant ces cent-six ans sans jamais disparaître de mon esprit ~

À présent, si vous vous demandez ce que je suis aujourd'hui, je ne vous le dirai pas. Non que je sois mesquin ou que je tienne à rester mystérieux le plus possible, mais plutôt parce que cela ne vous apporterait rien de bon, de savoir, comment j'étais au fond de moi. Contentez vous de ce que vous voyez, c'est l'image idéale de ma personne qui n'est pas fausse. Maaah, j'ai un sujet de méditation encore plus intéressant que mon caractère propre ~ Et il se résume en deux mots, Ayame Eimin.

- Et si nous passions à autre chose Iza-Kun ? ~ 

Je n'étais pas du genre à m'emporter ou à réagir impulsivement. Parfois, je me dis même que je pourrais rentrer en compétition avec Miri-Chan de ce qui est du self-control ~ C'est sans doute pour ce calme olympien qui me régit au jour le jour que je ne fis que sourire à ma sœur sous ses manières si subtiles de dévier les questions au point de dire clairement qu'elle n'y répondrait pas ~ Je ne m'en offusquais guère, après tout, si je voulais savoir quelque chose, je le découvrais par mes propres moyens, égoïstes et peu loyaux qu'ils peuvent être.  Mais revenons à ce que je voulais vous dire sur cette femme m'étant si chère ~ Son caractère était comme le mien sur certains angles, sur certains niveaux nous nous ressemblions énormément, et en voilà un. Notre manie de rester mystérieux pour notre propre bien. Autant elle que moi, nous savions avec douceur changer le fil des idées d'autrui pour l’éloigner de nos vrais ambitions. N'était-ce pas ennuyant à la longue ? Sans doute, mais personnellement, je trouvais cela fascinant ~ Tellement que je me promettais de découvrir tout sur Elle. J'avais même ma proie qui m'attendait sagement afin de se faire interroger avec ce don que possédaient les Eimin de manipuler les gens à leurs guises ~

- La matérialisation est une chose, mais un corps faible ne saura supporter son potentiel, il va de soi, qu’on le décrira donc d’élément inutile ~ Voyons si tu en fais partie mon cher ami ~

Agrandissant mon sourire sur ces paroles voulant d'autant plus me dégrader, je fis un pas en avant près à lancer une tirade tout aussi bien choisie à l'égard de ma chère petite sœur si douée pour montrer ses talents. Il va de soi que je ne m'attendais guère à ce qu'un projectile pointu vienne se ficher dans mon épaule sous le sourire plus qu'évident de ma petite sœur chérie. Tellement pas que je laissais un son de douleur traverser mes lèvres tandis que mon sourire disparut pour laisser ma peine passagère paraître sur mes traits. Rapide ~ Portant ma main à l'épaule endolorie où une pique métallique était toujours fichée, je me retins de rester droit avant de porter ma main sous ma vision. Du sang... Mon sang. Le sang des Eimin.

Flash Back :

Il faisait froid et noir dans ce cachot poisseux. Pourtant, il n'y avait rien pour couvrir le corps chétif et rachitique qui était mien. Mais cela restait un petit détail comparé au bruit incessant des cliquetis des clés attachées aux trousseaux des gardes, ainsi qu'aux grincements des portes nous signalant qu'une méchante personne allait venir pour nous faire du mal. Encore et encore, sans répit, utilisant nos corps si précieux comme de simples outils. Et moi, j'étais là, couché au sol, des yeux rouges de rats brillants dans le noir, me fixant en attendant que je perde mes forces pour venir me dévorer vivant. Je n'étais pas triste d'être là, je n'avais plus peur, cette dernière m'ayant abandonnée des semaines de ce moment que je vous raconte. J'étais juste là, allongé au sol, respirant du mieux possible, en espérant que ces animaux ne viennent pas me manger... Quoi que, j'aurais peut-être préféré mourir de leurs dents plutôt que de souffrir entre les mains des hommes. Ce jour, je fus découragé parce qu'on m'a retiré la seule chose à laquelle je m'accrochais pour vivre, au seul rayon de soleil que j'ai promis de garder intact et brillant dans ces ténèbres. Je fus séparé d'Ayame-Chan qui se trouvait dans une autre cellule. Pourquoi ?!

Une poussée de force me prit quand je pensais à cette injustice, à ces moments où je pourrais la tenir dans mes bras et la rassurer, sachant que non, nous n'allions pas nous en sortir, mais lui promettant tout de même une vie, pour qu'elle n'aie pas peur. Mais même cela, ils me l'ont enlevé. Ils me l'ont pris pour mieux me préparer à part. Un autre bruit sourd de pas lourds. Ça y est, ils arrivaient en masse, avides de voir le pourquoi du comment de nos gènes si précieux. La porte s'ouvrit dans un grincement me donnant froid dans le dos, mes dents claquaient sous la peur revenue soudainement tandis que je me recroquevillais. Sur le coup, j'aurais préféré mourir avant que ces mains ne me saisissent comme une simple loque. Avant, j'aurais essayé de les empêcher de me faire quoi que ce soit, de les mordre, me défendre, courir, et même fuir. Mais maintenant, après tout ce temps, je n'avais plus la force.

- Espèce de monstruosité, bouge-toi !

Une voix grave me parvint aux oreilles, mais je n'avais que faire de cela, j'étais trop perturbé par les cris que j'entendais au loin dans ce couloir sombre. Mère... C'était sa voix. Elle devait avoir mal pour... Non, ce n'était pas elle, ce cri était inhumain, bestial, effrayant. C'est sans doute après quelques minutes -je ne m'en rappelle plus très bien- que je me retrouvais dans une grande salle tout aussi poisseuse que la précédente, mais où l'odeur de moisi était changée par celle du sang. J'avais froid, d'autant plus que mon dos claqua sur une table glaciale me donnant l'impression de me faire briser les os sur chaque respiration. La douleur à mes poignets et chevilles me mordait tandis que mon torse fut dévoilé aux instruments de torture de ces hommes. Des messes basses autour de moi, je ne comprenais pas, je savais juste qu'ils voulaient s'emparer de mon gène si précieux, mais si détesté par ma personne à cet instant. Mes cheveux encore bruns à l'époque me collaient au front tandis que j'entendis un cliquètement différent des autres, celui qui présageait une douleur imminente.

- Non, pas le bras, nous avions essayé avec la mère, l'organe est mort. ... Non, on a réussit à la maintenir pour l'instant.

Évidemment... C'était la même chose à chaque fois, ils nous torturaient jusqu'à ce que l'on sente notre vie s'échapper dans nos hurlements pour mieux nous repêcher au dernier moment, afin de recommencer ce processus sans cesse. Moi-même, je ne comprenais pas comment ils arrivaient à faire cela, à jouer d'une vie de la sorte. Était-ce peut-être dû à ce gène qui m'habitait ? L'enfant que j'étais n'en savait rien, il ne voulait qu'une vie normale pour sa famille quitte à se sacrifier soi-même. « Essayons avec un morceau de son foie. » Une pression sur mon corps, une fine lame traçant son sillon sur ma peau, l'intense brûlure qui s'en suivit... Ce n'était rien à coté du sang chaud qui coulait sur mon corps dans ces conditions peu hygiéniques, ce n'était qu'une petite piqûre à coté du bruit visqueux d'un organe se faisant découper de l'intérieur, et surtout, ce n'était rien à coté de ces hurlements de souffrance. Ce cri inhumain... C'était le mien.

Fin Flash Back.
C'est avec un sourire en coin que j'abandonnais ce souvenir douloureux pour revenir à la réalité au moment même où une autre pique du même genre arrivait en ma direction. Par pur réflexe, je sautais sur le coté pour l'éviter, tout juste, sans prendre la peine de retirer le corps étranger retournant ma chair de l'intérieur. Cette douleur, ce n'était vraiment rien à coté de ce que j'ai vécu ~ Ce n'était pas elle qui me dérangeait et qui me stressait, après tout, à l'époque il n'y avait pas d’anesthésiant ~ Mais c'était voir mon sang couler inutilement qui me mettait dans tous mes états. Ce sang si précieux ~ Riant légèrement en voyant qu'Ayame-Chan ne tardera pas à m'attaquer à nouveau, sans doute pour me tester, je ne pouvais qu'arracher la pique de mon épaule d'un geste sec, et la balancer au sol.

- On dit souvent, dans le milieu, que la douleur n'est que mentale ~ Cette affirmation reste insensée si on se concentre sur le physique.

Plissant légèrement les yeux sous un autre sourire charmeur, je laissais mon sang tâcher ces vêtements blancs qui me représentaient. Pouvais-je tout simplement faire abstraction de cette plaie ouverte dans mon épaule ? Oui, je pouvais, mais mon corps physique ne le ferait pas, il continuerait à se vider de son fluide vital jusqu'à me laisser pour mort. C'est là que la matérialisation rentrait en compte, cette substance qui se propageait dans le corps et qui pouvait le reconstituer avec facilité, rendant même ce qui était imaginaire réel. Serais-je capable de reconstituer ce trou en me concentrant dessus ? Sans doute oui, à condition que cela marche de la même manière que la création d'objets, même si sur l'instant, je n'avais le temps d'y réfléchir, je devais faire attention aux projectiles qui affluaient dans ma direction. Reprenant un sérieux certain en sachant qu'Ayame-Chan ne s'arrêterait pas avant de me voir au sol -une sorte de punition pour mon absence ? ~- je réfléchissais à une méthode efficace de lui faire cesser cette action. Que pouvais-je faire ? Si j’attrapais l'arme -le piquet- matérialisé dans ma main et la retournait contre son utilisateur, elle se dématérialiserait à condition que le taux du pouvoir qui y est mis, et plus haut que celui qui me régit. Ainsi donc, au lieu d'éviter les piques, je devrais les attraper et faire genre de les relancer pour m'en débarrasser. Mais maintenant, il n'était pas plus simple des les éviter tout simplement ? ~ Non, je devrais plutôt me défendre, mais je ne pense pas que mes cours de karaté m'aideront beaucoup dans cette situation.

Évitant une pique qui me frôla la joue, un sourire revint se planter sur mon visage tandis que mes yeux plongèrent sur ma petite sœur qui avait l'air de bien s'amuser. Je n'avais pas à avoir peur, je ne mourrais pas peu importe les attaques mortelles que je me reçois ~ Raison de plus de laisser l'esprit rationnel reprendre le dessus. Prenant une inspiration, je laissais mon esprit se vider complètement tout en mettant mes mains devant moi en protection. Effectivement, cela ne me ressemblait pas, mais je laissais le hasard décider de la suite. Et quelle ne fut ma surprise quand au lieu d'une barrière de protection, ce soit un arc qui apparaisse dans mes mains, me donnant le tournis. Ayant l'arme dans la main, je n'avais le temps de réfléchir tandis qu'une pique plongeait droit sur moi. Et la flèche ? Riant presque du ridicule de ce que j'allais faire, je tendis le fil de l'arc et le lâchais en visant l'arme venant à ma rencontre. Tout aussi surpris, je vis une flèche de lumière se heurter à la pique, la faisant dévier de trajectoire. Montrant mon étonnement, je levais l’arme sous les yeux d'Ayame avec un certain mélange d'incompréhension. Non que je ne sache pas pourquoi elle apparut, mais pourquoi c'était justement un arc... Mystère. De plus, je me sentais étrangement fatigué, complètement vidé.

- Maaah, je me rends Ayame-Chan ~

Levant les mains en signe de défaite, un grand sourire sur les lèvres après tout ce que je venais de découvrir aujourd'hui en pratique. Je laissais un soupir s'échapper d'entre mes lèvres tandis que mon arc se dématérialisait, montrant par ce fait que ma jauge devait être au plus bas. La douleur physique était supportable tout de même. Mais je me demandais si une personne, même sachant qu'elle ne mourrait pas, pourrait justement mourir du traumatisme que la douleur apporte ? Dans le sens, si je me vois découpé en deux, il serait possible que je meurs du choc ~ Peu importe que je me trouve dans l'Arène ou non. Sauf si la matérialisation apporte aussi à l'esprit cette immunité liée à la sensation de la mort.

- Crois-tu que mon arme soit un arc, parce que j'aime avoir le contrôle à distance, protégé de toute attaque au corps-à-corps ? ~

Il allait de soi que j'étais un grand plaisantin, aimant apporter son grain de sel dans chaque remarque malicieuse qu'elle puisse être. Approchant de la femme m'ayant attaquée, je frottais la main pleine de mon sang contre mon habit traditionnel en me disant qu'il était encore heureux que c'était un vêtement fait de matérialisation, donc récupérable. Il serait laid de gâcher une telle tenue à cause d'un sang si précieux en soi ~

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Mar 2 Juil - 17:24

Qu'était-ce au juste être marié. Dans la définition à proprement parler, c'était l'union entre deux êtres humains pour divers buts. Cela pouvait passer par l'amour, allant jusqu'aux arrangements familiaux ou encore, pour des raisons financières. Si on se basait sur ceci, que pourrait-on dire de mon union ? Était-ce pour l'argent que j'avais en abondance, ou plutôt par amour que j'ai accepté ce lien que jamais je ne pensais présenter devant la commune sous la forme d'une feuille de papier ? « Ou alors, arrangement familial, ça sonne mieux, heh. » Définitivement mon ombre s'amusait grandement de nous voir attaché à une laisse tel un animal de compagnie. Non que je me sente ainsi, ce n'était pas vraiment le cas, vu que dès à présent un grand pouvoir m'était destiné, un pouvoir dépassant l'entendement. Mais ce qui me dérangeait, c'était le simple fait d'être lié à quelqu'un, d'appartenir à un autre humain que moi-même, cela ne me seyait guère en somme. Moi la grande scientifique ne vivant que pour un unique but de sauver l'humanité de toutes sortes de maladies, s'adonnant aux jeux érotiques pour atteindre ses objectifs, ne laissant que réussite derrière elle en encaissant le pognon, ne vivant que pour ses expériences allant jusqu'à délaisser toute sa vie privée... Akiha Ketsuki, la plus frivole et perfide des femmes sur cette terre, me voilà mariée. Serais-je la seule à voir le ridicule de la situation ? J'oubliais, tellement la voix lugubre dans ma tête n'arrêtait pas de rire aux éclats, ce n'était pas tout. Je n'étais pas mariée à n'importe qui non plus, non, je visais assez haut pour avoir Dead Master comme épouse. Là, je suppose que je n'aurais pas pu faire plus étrange que cela.

Dans toute cette histoire, je ne pense pas avoir découvert la vraie raison de cette liaison. Je ne pouvais dire ce qui a poussé Ayame à ce stade, après tout, elle était un monstre et non une simple humaine adorant les pratiques du commun des mortels. Qui aurait cru que l'on finirait de la sorte ? Pas moi en tout cas. D'un autre coté, je n'avais pas à me plaindre, il n'y a pas grand-chose qui a changé dans mes habitudes, à part peut-être le fait que je pouvais tout me permettre à présent. Du moins, certaines choses venaient plus facilement à moi depuis la signature du contrat. Il allait de soi qu'il était imprudent d'agir comme si le monde m'appartenait rien qu'avec ce bout de papier. J'ai appris à connaître Ayame, je savais que je devais me méfier de sa personne même si elle affirmait m'aimer. Parce que quand elle arrêtera de ressentir ce sentiment humain, croyez-vous qu'elle se gênera à briser cette union de monstres en me tuant d'un claquement de doigts ? Non, elle le ferait même avec un grand sourire lui étant propre. Tout cela pour dire que même si nous étions jeunes mariées et que tout avait l'air d'aller pour le mieux entre nous -du moins de la vision monstrueuse des choses- il n'en était pas moins que c'était un jeu. Serait-ce la raison pour laquelle je me refusais de m'abandonner pleinement à cette femme ? Oui, c'était sans doute la peur de voir tous mes rêves se briser d'un coup qui m'empêchait d'agir comme une personne normale. Non, une personne logique se serait enfuie depuis longtemps, c'était encore autre chose. L'ambition ~ Parfois, j'étais effrayée par mes propres surpassements qui me jettent droit dans la gueule du loup.

Mais entre ces deux aspects d'un couple dangereux, il y avait les points positifs. Si on ne regarde pas trop loin dans le futur, ni trop loin dans le passé, nous pouvons affirmer que le présent nous souriait. Ayame était là pour moi quand tous mes bases relationnels se firent briser d'un coup, elle m'a « gentiment » épaulée quand j'étais au plus bas après la mort de Rei Yu, elle a été là aussi quand  Keitaro a débarqué, et ne m'a pas rejetée pour s'adonner à d'autres jeux plus passionnants. En somme, je pourrais décrire la directrice de Undai comme étant une bonne épouse, douce et aimante autant que brutale et sadique. Pour les deux dernières descriptions, cela s'agissait plus pour le sexe qu'autre chose. Car depuis longtemps je n'eus à subir des coups de sa part. Non, je n'étais pas une femme battue, comme mon alter-ego aurait aimé le crier haut et fort partout, c'était juste normal qu'à Undai deux êtres dotés de pouvoirs utilisent leurs poings pour régler certaines affaires. Et des choses à rectifier, il y en avait énormément entre Ayame et moi. Sur ce sujet aussi, je ne pouvais pas me plaindre, les morts de Undai ont drastiquement baissées, que ce soit de la part des professeurs ou encore des étudiants en eux-mêmes, sans oublier que je n'ai vu ma chère amante tuer qui que ce soit depuis un petit moment. « Pourquoi tuer, quand on peut baiser ~ » Pauvre chose grossière qui me sert de colocataire corporel.

Mais incorrecte et indécente qu'elle pouvait être, mon ombre avait raison. Je passais ma vie à assouvir mes besoins incessants en matière de sexe. Qu'il soit doux ou brutal, qu'il soit dans les normes ou complètement farfelu, je ne m'en lassais jamais et j'ai trouve la meilleure partenaire que j'aurais pu pour ce rôle. C'est avec un certain amusement que je me demandais combien de personnes sont mortes en faisant l'amour avec la directrice. Oui, je vous assure, ses pratiques allaient loin, très loin. Et de mon coté ? Je n'avais que rarement le plaisir -ou le malheur- de montrer mon vrai visage au monde, ne laissant que cette partie gentille s'emparer des cœur et corps d'autrui. Tout ceci pour dire que mes pires vices étaient dévoilés dans un torrent de mouvements sensuels et bestiaux, et ce, tout le temps même quand, je n’en avais pas du temps. Et ceci s'affirma et se solidifia d'autant plus après que notre contrat fut signé. On va dire que les joies d'un mariage avec Ayame s'étendant dans le domaine sexuel, valaient le coup de signer cette feuille, surtout pour une nymphomane dans mon genre.

J'allais dire qu'il serait bon de revenir au présent au lieu de parler des choses pouvant atteindre les mœurs des gens, mais, si on regarde ce qui se passe dans ma vie en ce moment, je ne pourrais que dire une chose : Sexe. Que ce soit toute la nuit où j'ai fini par m'endormir entre deux gémissements, ou encore le matin en ouvrant les yeux, sans oublier en allant se laver et en mangeant le petit déjeuner, cela n'en finissait plus ~ Et le pire dans cela, c'était que j'aimais ces pratiques par dessus tout, tellement que mon corps répondait à une seule caresse de cette femme monstrueuse, ne demandant qu'à se faire posséder ou à posséder cette parcelle de pur plaisir. Par contre, ce n'était pas parce que j'étais mariée à la femme la plus puissante au monde, que cela me permettait de me reposer sur mes lauriers. J'allais travailler, reprenant mon poste à plein-temps que ce soit dans les classes ou l'infirmerie. J'ai même postulé pour ravoir mon poste à l'hôpital de Kyoto voulant à nouveau pratiquer mon savoir sur des malades. Je pouvais même dire que la semaine à venir sera débordée dans mon planning, vu le nombre de paperasses que j'avais en retard. Tout ceci pour dire que je ne me reposais pas, que je ne me la coulais pas douce, au contraire, je voulais toujours plus. Et la prochaine chose qui me tombera dans les mains, ce sera sans doute le gène d'Ayame ~

Mais parlons du dîner maintenant que nous y sommes ~ « Tu as sauté le dix-heure ~ » Étrange que cela puisse l'être, je n'ai rien fait de pervers pendant ce temps. Commençant les cours -je devais honteusement avouer que je suis arrivée en retard, mais les raisons vous resteront mystérieuses- je ne fis autre chose qu'ouvrir les bouquins et prendre mon rôle de sévère enseignante au sérieux. Du moins, jusqu'à l'arrivée d'Ayame dans ma classe, faisant irruption sans prévenir pour mieux... rester tranquillement au fond à se la jouer « inspectrice ». Parfois -souvent- cette femme m'étonnait entre ses manières de se comporter différents tellement à certaines périodes. Ainsi donc, j'ai passé une heure relativement tranquille à enseigner à mes petits chatons adorés -les touts petits vu leur rang de Secondes- tout ce qui touchait la base biologique et la matérialisation. J'avais presque oublié comment cela me plaisait, de voir ces jeunes admiratif devant mon savoir ~ Mais ce qui fut moins réjouissant, c'était sans doute la fin des cours quand Ayame m'eut fait part des pensées de mes étudiants. Quoi que, Akiha -la mauvaise- trouvait cela encore amusant.

- Tes élèves ont beaux te dévorer des yeux, tu les terrifies tout autant mon cœur ~ 

Pourtant j'étais quelqu'un d'agréable allant jusqu'à rester après les cours si certains avaient des vrais difficultés à assimiler les informations... Certes, j'avais mes moments de colères froides quand ces chatons ne m'écoutaient pas ou quand ils faisaient des contrôles désastreux, mais aller jusqu'à dire que je les terrorisais, c'était exagéré. Du moins, de mon coté, ce que faisait mon ombre était une autre pair de manches ~ Mais peu importe la manière que j'utilisais, au moins, je ne les tuais pas -les névroses et les suicides ne rentrent pas en compte- et ils apprenaient beaucoup plus vite que d'autres classes. Une petite victoire sur mes collègues ? Oui, surtout quand mes étudiants ne se gênent pas de dire à quel point j'étais magnifique et ainsi de suite ~ Pauvre petites choses innocentes ~

C'est sur cette magnifique pensée que j'acceptais de passer mon heure de déjeuner en la compagnie de ma nouvelle épouse -je ne m'y habituerai jamais. Je me plaisais de voir ce monstre inatteignable à la base, devenir si mien, si doux et si... si pas Dead Master. J'adorais savoir qu'elle était différente avec moi qu'avec tout ce que les autres personnes ont pu voir d'elle. Même cette pauvre Yume avait dû encaisser des souffrances horribles avant qu'Ayame ne la lâche enfin. Et encore, c'était dû à mon arrivée, voilà qu'elle m'en devait une ~ Plus sérieusement, je la plaignais parfois, et pourtant elle restait tout de même fidèle à sa maîtresse. Ça, c'était le véritable amour. Et pourtant, cela ne devait pas être assez pour la directrice de Undai pour qu'elle vienne jusqu'à se marier avec moi. Quoi qu'il en soit, sur cette pelouse, bonne humeur au rendez-vous, je la perdis rapidement sous les paroles d'au revoir de mon amante.

- J’ai rendez-vous avec Izanagi-Kun cet après-midi ~ Viendras-tu me chercher là bas une fois tes cours finis ? ~ Je veux passer par le laboratoire avec toi avant de rentrer ~

Je ne savais comment encaisser cette information. Normalement, je n'étais pas jalouse, je n'avais pas à l'être d'ailleurs. Mais le seul fait de savoir qu'elle sera en compagnie de cet homme qui m'eut tant trompé pendant des années, me rendait nerveuse. Non que j'aie peur de la voir tomber dans le panneau -même si c'était le cas- mais je savais pertinemment qu'il était dangereux. Qu'Ayame puisse préférer s'occuper des inventions de son cher frère si intelligent plutôt que de moi, son épouse. « Avoue que tu le diras à chaque fois que ça t'arrangera ~ » C'était mon droit après tout. Il allait de soi que cette fratrie m'inquiétait, même selon l'avis de Yume, cet homme était un danger potentiel. Et non, même si cela le paraît, je ne haïssais pas cet homme, au contraire, je reconnaissais sa valeur, je ne voulais juste pas que mon amante fasse de même. D'un coté, j'étais contente qu'elle ne veuille pas tuer Kei, mais d'un autre, je ne m'attendais pas à ce qu'elle devienne aussi amicale avec lui...  Vous allez me dire que c'est son frère retrouvé, mais tout de même, n'était elle pas un monstre ? Comment cela, je ne pouvais comprendre vu mon statut d'enfant unique ? Je pouvais. J'étais un maître de l'esprit après tout.

Je crois être restée encore une bonne demi-heure sur cette pelouse trop verte à mon goût, ce n'est que quand j'entendis la sonnerie de reprises de cours au loin, que je décidais de me changer les idées. Évidemment, je suis arrivée avec un bon cinq minutes de retard, assez pour que ma classe soit une pagaille. Raison de plus de me mettre de mauvais poil, sachant que je l'étais déjà. Refaisant régner le calme dans ma salle de cours, j'ai choisi « l'effet stimulant de la matérialisation sur le corps » comme sujet pour mes petits Terminales. Devrais-je ajouter que ce cours s'est passé dans la joie et bonne humeur ? Ou devrais-je dire la vérité en avouant avoir collé une étudiante et avoir viré un autre de ma classe ? Disons juste que cela s'est relativement bien passé, j'eus même le plaisir de voir une revenante dans ma classe ~

- Ceux qui ne feront pas leurs devoirs pour demain, se verront collés avec moi à la fin de l'heure. Et je peux vous assurer que non, ce ne sera pas pour le plaisir de me regarder ~

Rangeant mes affaires dans un brouhaha général, je laissais mes chatons s'enfuir de ma classe pour rejoindre d'autres professeurs fous ne voulant que leurs morts. Soupirant pour la énième fois de la journée, je constatais avec un certain recul horrifié que j'étais fatiguée. « Les nuits sont agitées ces derniers temps, n'est-ce pas ? ~ » La ferme. Ne répondant pas à mon cher coté haineux, je sortis de la salle de classe en fermant la porte derrière moi. Direction ? Je venais de finir mes cours, je devrais aller chercher Ayame à l'Arène et puis direction le labo. Je me demandais ce qu'elle voulait me montrer, peut-être la magnifique découverte de mon ex-fiancé. La bonne plaisanterie ~ Quoi que, j'avais vraiment envie de constater par moi-même de quoi était capable cette création de corps artificiels et intelligents. Peut-être qu'avec ça, mon petit Rei... « Arrête avec ça, Akiha. » Fronçant les sourcils sous cette coupure des plus déplacées, je ne laissais plus mes pensées vaguer ailleurs que sur le fait de devoir chercher Ayame des griffes de Keitaro.

C'est dix minutes plus tard que j'arrivais dans l'Arène, robe de combat ajustée au corps tandis que mon ombre se traînait dans mon dos, volant à quelques centimètres du sol. « Toujours aussi moche. » Affichant un sourire amusé à l'encontre de mon ombre qui me répondit par un rire moqueur, me disant bien que je venais de m'insulter moi-même en quelque sorte, je laissais mon regard dévier de cette masse sombre comportant tous mes crimes et vices pour poser mes yeux clairs sur un certain duo Eimin se trouvant un peu plus loin dans l'Arène. Allant dans la direction de ces deux êtres, je m'arrêtais quand je vis une barrière entre eux et le monde extérieur. Déposant ma main dessus, je la franchis, faisant savoir ma présence à Ayame en même temps. Je n'avais que faire de les interrompre, j'étais venue ici pour chercher mon amante et ce n'est pas leur discussion qui m'arrêterait dans mes projets. Abordant une posture droite, je fis claquer mes talons sur le sol lisse me servant de chemin jusqu'à arriver à la hauteur de l'homme. Passant à coté de lui sans lui accorder ne serait-ce qu'un regard, je me dirigeais directement vers la femme lui tenant compagnie.

- ... soit un arc, parce que j'aime avoir le contrôle à distance, protégé de toute attaque au corps-à-corps ? ~

Mais ce ne fut pas du goût de mon ombre qui se plaisait à détailler Keitaro de haut en bas, en commentant sa tirade par quelques mots bien sentis, comme quoi, ce n'était pas un arc qui l'empêcherait de venir lui arracher la tête. Charmante. Je l'étais ~ Arrivant donc près d'Ayame, je la gratifiais d'un magnifique sourire digne de moi et vins l'embrasser tendrement avant de la prendre par la main, tout simplement, et faire demi-tour vers là d'où je venais. Intimant à mon ombre de me suivre, c'est la voix de ce cher Keitaro qui parvint à mes oreilles tandis que mon mauvais coté se plaisait à voltiger autour de moi avec moquerie.

- Bonjour Akiha, je suis tout autant ravi de te voir aujourd'hui ~

Fronçant les sourcils en m'arrêtant dans ma marche, je lâchais la main de mon amante et fis volte-face, fusillant l'importun du regard. Homme qui ne faisait que sourire et s'exprimer de sa voix de velours. Un bruit agacé sortit de ma bouche tandis que je lui apportais finalement de l'attention, un air mauvais peint sur le visage. Et c'est là que je vis le blanc immaculé de sa robe de combat -une somptueuse tenue, me faisant penser à la mienne par son blanc neige- tâché de sang. Tout d'abord surprise de le savoir blessé, je jetais un coup d’œil par dessus mon épaule, comprenant instantanément que c'est ma femme qui devait être à l'origine de ces blessures. Soupirant doucement tandis que mon ombre refusait catégoriquement que je m'approche de cet être vile, soi-disant, je la chassais d'un signe de la main avant de venir à la hauteur de l'homme.

- Tu es blessé...

« ...crétin ~ » Devrais-je dire quelque chose sous cette parole dépourvue de politesse entendue dans mon dos ? Je ne dirai rien, j'avais mieux à faire. Déposant ma main sur l'épaule trouée de Keitaro, ce n'est que par méchanceté que je serrais à l'endroit même afin de faire ressentir de la douleur à cet homme. Agissant tout de même pendant ceci, je guéris sa plaie en un clin d’œil grâce à mon pouvoir.  Me reculant de lui dans un dernier « Voilà. » sourd, je lui tournais le dos sous son « merci ~ » plus qu'amusé. Brûlant le sang qui eut taché ma main pour qu'il disparaisse de ma peau claire, c'est d'un pas ferme que je revins vers Ayame, tandis que mon mauvais coté avait l'air plus que contrarié.

« - En sortant de l'Arène, cette « blessure » aurait disparu, sais-tu cela, Akiha ? ~ »

Évidemment que je le savais, je n’ai agis que par... instinct. M'offusquant sous son rire devenu lourd de sous-entendus, je la fis bouger de mon chemin affichant un air plus qu'ennuyé sur les traits. Quelle plaie celle-là aussi, comme si ma vie devait tourner autour de cette masse et que je devais la gérer tout le temps. M'approchant de mon « épouse », je repris mon sourire, prête à la traîner dehors afin qu'on puisse s'occuper des choses beaucoup plus plaisantes. Après tout, les sciences, il n'y avait que cela de vrai ~

- Il est plus intéressant d'aller au labo que rester ici, Ayame ~

N'attends guère que la femme me réponde, je la traînais derrière moi en dehors de l'Arène, sans un seul regard en arrière. C'est en passant l'entrée invisible de cet endroit et quand mon ombre revint se loger en moi que je sentis un importun dans mon dos, nous suivant à la trace. Soupirant légèrement, je me tournais vers lui, un visage neutre me seyant si bien. Non pas neutre, mais plaqué d'un sourire platonique. Maître des sentiments que j'étais, je n'allais lui donner la satisfaction que de lui montrer que je ressentais quoi que ce soit à son égard, même si sur le coup, c'était de l'agacement meurtrier. Étais-je rancunière ? Cela m'arrivait de temps en temps ~

- Il serait favorable pour vous que je vous accompagne, surtout si c'est pour travailler sur le projet que je vous ai apporté  ~

« Il n'a pas tort ~ Chiant que cela puisse l'être. » Roulant des yeux, je haussais les épaules avec indifférence et me tournais vers Ayame pour qu'elle dise ce qu'elle voulait à cet homme. Le plus terrible était sans doute l'accord de mon ombre, celle qui haïssait cet être au plus haut point. Certes, je pouvais dire qu'elle hait tout le monde, mais cela n'était qu'un détail. Et pourquoi cette chose mauvaise se contraignait de dire « oui » à la demande de Kei ? Parce qu'elle savait ce qui était pour le mieux pour les expériences que nous allions faire. Après tout, c'était lui le créateur, il saurait sans doute gérer efficacement le projet tout en nous épargnant des heures de compréhension sur le sujet.

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Mar 2 Juil - 18:28

Devais-je rire ou pleurer de la situation actuelle, devant moi, mon cher et tendre frère évitait mes attaques grâce à sa souplesse, évitant mes coups les uns après les autres, laissant certains frôler sa magnifique peau de porcelaine. Pourquoi avais-je commencé ce petit jeu de touche-touche couteau ? L’envie principalement ~ Après tout, je réagissais plus par envie que besoin ou réflexion, bien que j’évaluais quand même les risques de mes envies, partant sur une base logique pour les exécuter ~ Vous me suivez ? Non, tant pis ~ La deuxième raison … un test ~ Après tout, à quoi me servirait un être faible comme lui si il ne révélait pas, une certaine maîtrise vis-à-vis de la matérialisation. Il avait beau être mon frère, il était vrai que je ne savais le tuer moi-même, mais cela ne voulait pas dire qu’il méritait de vivre. Et encore maintenant, je l’affirme. Il ne mérite pas de vivre, sa place est dans la tombe que j’ai édifiée pour sa personne, là où nos parents reposent. Sentant mes attaques devenir plus voraces sous mes pensées, je me calmais instinctivement en ralentissant mes coups, laissant à ce simple humain immortel la chance de les éviter. Gardant un sourire certain sur mon visage alors que l’ennuie pointait déjà son nez, je ne fis nul mouvement, laissant ma matérialisation agir d’elle même pour diriger mes projectiles. Ne prenant garde à ses paroles, continuant sans cesse, je perdis pieds une fois de plus, me laissant submerger dans mes pensées, dans mes souvenirs.

Flash back

- Ca fait … ca fait mal … Ayame … Quand ça rentre … en moi. C’est … ça fait mal.

Cette petite fille que j’aimais tant, cette enfant sur qui je reposais une lourde tache, un avenir difficile, cette enfant que j’aime encore aujourd’hui à qui j’ai fait endurer toutes les souffrances du monde. M’accroupissant à sa hauteur pour venir poser mon front sur le sien, je caressais sa petite tignasse bleutée en laissant mes pupilles se fondre dans les siennes. Elle était magnifique, elle était si douée, mais pas encore parfaite ~ C’était mon devoir de la rendre digne de ma personne, elle était un génie de la matérialisation, elle était un être à part tout comme moi, nous étions si semblables et si différentes en même temps que cela pouvait être absurde de le dire ainsi.

- Il faut que … Il faut que tu le retires …

Descendant mes yeux sur la chose la dérangeant tant que cela, je déposais ma main sur la poignée en affichant un petit sourire maternel. Doux, calme et serein ~ Enlaçant l’enfant se trouvant devant moi, je ne me retenais pas de pousser encore plus sur la chose rentrant en elle, laissant ses cris et ses pleures hurler dans mes oreilles alors que tout son corps se raidissait sous cette sensation chaude, sentant son être couler à travers mon corps, à travers cet objet se trouvant là … planté … bien en elle, réchauffant son corps d’une peine insoutenable mais tellement appréciable ~

- Ay… Ayame !

Poussant Yume-Chan que je tenais fortement contre moi, je la laissais tomber sur le sol de l’Arène, la surplombant de mon regard froid, abordant un air hautain dans mes traits, je croisais les bras, immobile en voyant mon chef-d’œuvre se tordre de douleur sur le sol. Faible, Yume-Chan ne pouvait pas être faible. Faisant un pas en avant suivi d’autre pour arriver à la hauteur de mon enfant, je me penchais vers sa personne pour venir extraire le couteau qui se trouvait planté dans son ventre. Elle devait supporter la douleur pour être puissante, elle ne devait pas pleurer pour si peu. C’était une règle, notre règle, la faiblesse devait disparaître. Jouant avec l’arme se trouvant dans mes mains, laissant le sang de la jeune fille au sol éclabousser mes vêtements en faisant tourner l’objet contondant, je m’accroupis pour venir planter celui-ci dans le sol, gardant mes yeux rivés sur Black Rock Shooter. Sourire aux lèvres, je tendis ma main dans sa direction pour la déposer sur sa tête, caressant ses joues en faisant disparaître ses larmes ~

- Yume-Chan ne doit plus pleurer pour si peu ~ Il est de ton devoir de supporter cette douleur, n’as-tu pas connu pire que cela ? ~

Un monstre. Je l’ai toujours été.

Flash Back End

Levant les yeux en sentant l’une de mes armes me revenir, je ne fis qu’un simple mouvement de la main pour retracer sa trajectoire. Déposant mes yeux sur la nouvelle création d’Izanagi, c’est avec une certaine surprise que je vis un arc dans ses mains. L’arme parfaite pour une personne restant dans l’ombre ~ Élargissant mes lèvres en regardant la chose tirant des flèches invisibles, je me plaisais à contempler ce bois souple qu’il tenait en main, regardant son graphisme jusqu’à me demander en quoi les cordes étaient faites. Cette arme, elle lui seyait tellement que cela me dégoûtait ~ Huhu, non, je n’étais pas normale ~

- Maaah, je me rends Ayame-Chan ~

Se rendre ? ~ Faible. Souriant en le voyant lever les bras en signe de résiliation, je me décidais de m’arrêter également ~ Lui accordant donc de la pitié, je laissais mes projectiles disparaître en une poussière de paillettes verdâtres. Élargissant mon sourire en m’approchant de sa personne en me disant qu’il serait déjà mort, s’il s’était battu contre une autre personne, je me glissais jusqu’à sa hauteur. Mort … Huhu ~ Aussi étrange que cela pouvait l’être, je voyais bien sa personne se faire tuer par l’un de mes chers élèves ~ Après tout, ils étaient les seuls à pouvoir le faire, si Yume-Chan tuait Izanagi … Impossible, elle aurait trop peur de moi ~ Il en va de même pour Akiha-Chan, après tout … ne l’aimait-elle pas ne serait-ce qu’encore un peu ? ~ Hum. Et en parlant de cette dernière, il ne fallut que l’aura insupportable de cette dernière pour que je remarque sa présence. Affichant un petit sourire en la voyant passer la barrière que j’avais placée plus tôt, je penchais ma tête sur le côté alors que les paroles de Keitaro passaient dans l’une de mes oreilles pour en ressortir d’aussitôt de l’autre ~

- Crois-tu que mon arme soit un arc, parce que j'aime avoir le contrôle à distance, protégé de toute attaque au corps-à-corps ? ~

Hum ? Que disait-il ? Je crus entendre « arme » et « arc » quelque part … et « distance » aussi. Non pas que j’avais mieux à faire que de l’écouter mais si justement, et ce mieux à faire fut d’accueillir mon épouse, elle et ses lèvres envieuses ~ Acceptant donc son doux baiser en gardant un œil sur les réactions d’Izanagi, un simple soupir traversa mes lèvres en remarquant que celui-ci ne réagissait nullement à nos faits ~ Un deuxième soupir de contentement et un troisième pour reprendre une bouffée d’air avant de … de me faire traîner par mon charmante scientifique ~ « Bonjour Akiha, je suis tout autant ravi de te voir aujourd'hui ~ » Du moins jusqu’à ce que l’homme en notre compagnie montre sa présence à sa fiancée … ex-fiancée ~ Huhu, que cela est plaisant de le dire ainsi. Lâchant sa main en même temps qu’elle lâcha la mienne pour se retourner, j’adressais un sourire amusé en vue de son air contrarié alors que la voix détestable de sa poubelle ambulante ricanait non loin de moi ~ En parlant de celle-ci ~ Me rapprochant de la masse sombre, je me glissais dans son dos pour venir la prendre dans mes bras. Manière futile de parler en sachant que si je ne faisais pas attention, je traverserai bêtement à traverser son corps. Me hissant jusqu’à son ouïe en présumant l’endroit où devait se trouver son oreille, je vins lui murmurer deux trois mots délicats ~

« ...crétin ~ » Crétine ne serait pas le mot plus approprié pour s’adresser à ma personne ? Huhu ~ Et bien même, je n’avais que faire de ses paroles, moi je la voulais elle, un peu de violence ne me ferait que du bien après tant de frustration et quoi de mieux que de venir capturer les lèvres d’un monstre qui ne se gênait pas pour vous mordre la lèvre à sang ? Dieu, ca y est, je suis en manque ~ Étais-je la seule ici à ressentir autant de besoin sexuel ? Non, je ne crois pas et bien même … passons ~ Détachant l’ombre de mon emprise en me faisant « rattraper » par Akiha-Chan, je la suivis sans protester, regardant avec malice son déhanchement jusqu’à la sortie, laissant les étudiants présents déposer leurs yeux d’imbéciles sur nos corps si parfaits ~

- Il est plus intéressant d'aller au labo que rester ici, Ayame ~

Elle n’avait pas tort, après tout n’avais-je pas été celle qui lui avait demandé de venir me chercher ? Si, et rien que pour cela je ne pouvais que la suivre gentiment gardant mes crocs bien fermés, dans ma bouche ~ Laissant un nouveau gloussement traverser mes lèvres alors que ma robe de combat disparut pour laisser place à une autre, foncée cette fois-ci, se dessiner sur mon corps, je me dirigeais déjà d’un pas certain vers mon bureau. M’arrêtant en sentant la frustration d’Akiha-Chan une fois de plus, je me retournais alors que mon cher ami demanda sa présence à nos côtés dans un « Il serait favorable pour vous que je vous accompagne, surtout si c'est pour travailler sur le projet que je vous ai apporté ~ ». Huhu, cela allait de soi, que sa présence était plus que souhaitée lors du premier pas, tellement que je n’avais à refuser cela bien que le visage d’Akiha-Chan me refusait presque cette acceptation. Alors, le prenais-je avec nous ? Oui serait la réponse logique, mais je n’avais pas envie de lui montrer non plus mon laboratoire et tout ce qui tourne autour, après tout, il n’était pas censé connaître « les sous-sols de Undai » … Mais en même temps, cela était un détail comparé à son cadeau.

- Ta présence est souhaitable pour ce que nous allons faire aujourd’hui ~ Mais il va de soi que je n’apprécie guère le fait de te faire rentrer dans MON laboratoire ~ Ce qui en somme signifie que je me permettrai ceci …

Et ceci fut donc de nous téléporter tous ensemble dans mon dit laboratoire. Lui montrer le chemin serait une erreur grave, autant utiliser les moyens les plus rapides. Ah ~ Je faillis oublier, les premiers voyages sont toujours difficiles, il m’arrive d’oublier de rematérialiser le foie d’une personne, ce qui finit par des vomissements successifs. Devrais-je lui tendre un sceau pour qu’il se vide ? Non, qu’il ravale ~ Dégueulasse … Oui, je sais, je sais, huhu ~ Lançant un regard à ma chère épouse pour savoir comment celle-ci se portait, c’est sans surprise que je la vis « bien ». Après tout, ce n’était pas la première fois pour elle, même si on ne s’y habitue quasiment jamais, on s’y fait ~ Me dirigeant vers les écrans de mon bureau, j’allumais les autres pour y faire apparaître les documents de la clé USB, offerte il y a de cela quelques jours ~ Relisant rapidement les informations, je regardais un peu les machines se trouvant autour de moi en jugeant ce qui était utile ou non pour cela … Il me manquait … quelque chose. Huhu, matérialisions le ~

Matérialisant deux capsules en les alimentant directement au circuit central, je déplaçais celles que je n’utilisais plus. Arrangeant un peu ma pièce pour donner un meilleur espace de travail à mes deux « collègues », je fis tout ceci en moins de cinq minutes, offrant à présent de nouvelles perspectives pour ce lieu. Me dirigeant vers un mur, je déposais ma main dessus pour faire ouvrir une trappe secrète formée par mes soins il y a de cela des années. Passant dans ce nouveau passage donnant sur une sorte de pièce froide, je regardais les composant à ma disposition. Avais-je tout ? Oui, du moins je pense … J’aimais certes jouer au savant fou, mais les organes ne sont pas éternels comme moi ~ Et bien même, nous créerons à partir de poudres et de mélanges, de formules et des capacités intellectuelles nous ayant été accordées, je ne voulais pas faire de recyclage et encore moins créer un nouveau Frankenstein ~

- Akiha-Chan, voudrais-tu bien regarder avec moi si nous avons tout ce dont nous avons besoin ? ~ Izanagi-Kun, relie les câbles d’alimentations et prépare nos machines ~ Quant à moi … Huhu ~

Laissant premièrement mon amante me rejoindre, j’attrapais celle-ci avec envie en collant son corps au mien. Déposant mes mains désireuses sur ses hanches, mes lèvres vinrent instinctivement rejoindre les siennes alors que nos langues se caressèrent délicatement. Remontant ma jambe sur la sienne dans un mouvement sensuel, je laissais mon dos se poser sur une des parois métalliques de l’endroit, envoyant des frissons dans tout mon corps sous ce contact froid. Élargissant mon sourire, je repoussais mon amante avant de lui donner un dernier baiser et de partir vers un autre endroit de cette chambre froide. Un petit clin d’œil et me voilà déjà en train de chercher ce qu’il me fallait, connaissant déjà la liste par cœur ~

- Je crois me souvenir … Oui, je devais avoir des atomes de Manganèse quelque part … dans les environs … Si tu trouves une petite fiole rouge quelque part, fais moi signe mon amour ~

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Sam 6 Juil - 22:06

Définitivement, je mentais. Je n'étais en aucun cas d'accord que cet homme menteur par dessus tout, vienne avec nous pour travailler sur la création d'un être vivant. Le voir dans les parages à sourire comme si de rien était, comme si le monde lui appartenait, était une chose que je ne pouvais supporter avec le sourire. Cela me rendait plus improductive qu'autre chose. Non que je puisse donner mon avis sur la question, vu qu'il serait purement subjectif et donc, pas digne d'un scientifique, mais j'en restais pas moins contrariée, ravalant ce sentiment pour ne laisser qu'un simple sourire platonique se planter sur mes lèvres.

- Ta présence est souhaitable pour ce que nous allons faire aujourd’hui ~ Mais il va de soi que je n’apprécie guère le fait de te faire rentrer dans MON laboratoire ~ Ce qui en somme signifie que je me permettrai ceci …

Ce qui en somme signifie que nous devrons utiliser une autre pièce des sous-sols pour les expériences à venir ? Non, en aucun cas, cela voulait dire tout simplement qu'Ayame utiliserait sa technique de téléportation pour nous transporter dans ce lieu qu’avant, je rêvais d'explorer. Oui, c'était avant, car il y a quelques temps de là, j'y rentrais sans autorisation quand je le voulais, ayant même passée une semaine entière cloîtrée dans ce lieu. Il va de soi que je le connaissais presque par cœur ~ Mais cela, je ne le montrerai en aucun cas à ma chère et tendre nouvelle épouse. Quoi qu'il en soit, c'est en une fraction de seconde que nous arrivâmes dans le laboratoire de Dead Master. Me réceptionnant comme à mon habitude, car oui, avec le temps je constatais que mon corps apprenait à se faire à ces sauts de dimensions, je défroissais mes vêtements en inspirant l'air médicalisé qui me montait aux narines. « Regarde la mauviette ~ » Tournant ma vision vers la personne en question, je laissais échapper un son dédaigneux en voyant Kei blanc comme mort prêt à rendre tous ses tripes. La téléportation... La première fois que je l'eus subi dans cette fumée verdâtre associée à Ayame, je dois avouer m'être sentie mal, assez mal pour user de la matérialisation pour comprendre ce malaise dans mon corps. Devrais-je dire que je me suis enfilée quelque cachet le soir même, en vue du grand nombre de téléportations que j'eus essuyé ce premier jour où je l'ai découvert ? Pas besoin. Mais ce n'est pas une fois qui allait tuer cet homme.

Tournant mon regard de son visage malade, je me concentrais d'avantage sur ce que faisait mon amante, déjà prête à s'attaquer à la découverte mondiale qui se trouvait dans ses mains. Tout aussi intriguée, je laissais mes yeux voyager sur les écrans remplis de formules tandis que dans mon dos, deux capsules -vides pour le moment- se créaient grâce à la matérialisation. C'était... excitant. J'étais complètement passionnée par ce projet invraisemblable. Et si il fonctionnait vraiment, il était extraordinaire de créer un corps humain, vivant et pensant, à partir de rien. Une sorte de clonage mais en tellement bien élaboré qu'on recrée un humain complet. Si c'est parti sur ce principe, cela devrait être un jeu d'enfant pour que je puisse ravoir mon fils. Recréer un corps similaire à celui de Rei Yu et lui implanter ses souvenirs et... le faire vivre. Je voulais, je le voulais. « Il ne sera jamais le même Akiha. En plus, Dead Master dira non, évite. » Ferme-la.

- Akiha-Chan, voudrais-tu bien regarder avec moi si nous avons tout ce dont nous avons besoin ? ~ Izanagi-Kun, relie les câbles d’alimentations et prépare nos machines ~ Quant à moi … Huhu ~

Revenant à la réalité tandis qu'un sentiment de malaise s’éprenait de moi, je réagis au quart du tour sous la voix mielleuse de mon amante. Clignant des yeux en détachant mon regard des écrans remplis de formules, je fus surprise de voir une autre pièce apparaître dans le mur, donnant sur un endroit ressemblant à une chambre-froide, dont les murs étaient chargés de différents ingrédients chimiques, passant par une simple vitamine A aux plus étranges de composant fluides -dont je ne voulais connaître la provenance de certains produits. Rentrant dans cet endroit complètement émerveillée de constater qu'elle était mieux approvisionnée qu'un centre de recherche scientifique mondial, je n'eus le temps d'examiner la pièce à ma guise qu'une certaine femme aux yeux verts me sauta littéralement dessus, captant toute mon attention, faisant monter le plaisir en moi, en flèche. J'étais aux anges ~ J'avais une expérience révolutionnaire à tester, une femme qui répondait à mes besoins sexuels les plus dépravés ainsi qu'un être assez puissant pour me combler de partout ~ Tout cela était mien.  Monstrueusement mien.

- Je crois me souvenir … Oui, je devais avoir des atomes de Manganèse quelque part … dans les environs … Si tu trouves une petite fiole rouge quelque part, fais moi signe mon amour ~

Fronçant les sourcils sous une frustration accumulée dans mon bas-ventre, je finis par calmer mes pulsions pour répondre à ses demandes. Sautillant presque de joie en ayant reçu le feu vert pour exploiter la pièce débordant de composants en tout genre, je ne me fis pas prier pour chercher ce qu'elle demandait. La création de l'ADN... du Manganèse... J'étais au paradis scientifique. Les étoiles dans les yeux, je ne me gênais pas à lire les étiquettes sur différents bocaux ressemblant en rien à ce que nous cherchions. Après tout, autant profiter d'être ici pour s'informer plus en profondeur. C'est bien après une dizaine de minutes que je tombais sur la fiole où un écriteau m'informa fièrement que j'ai trouvé ce que je cherchais à la base. Prenant précautionneusement la  fiole entre mes mains, c'est avec un sourire carnassier que je revins vers Ayame, chargée d'autres produits en tout genre. Des produits dont un corps est constitué. L'aidant par simple gentillesse, je lui libérais un peu les mains avant de venir l'embrasser fougueusement, la poussant de mon corps contre u mur, forçant le passage de ma langue dans sa bouche pour mieux la dominer par une danse passionnée. Me reculant brusquement pour reprendre mon souffle, je lui fis un clin d’œil amusé avant de lui tourner le dos pour me diriger dans la pièce centrale de son laboratoire sous un dernier « Ce sera un exploit universel si nous réussissons ~ » enjoué.

Un frisson me parcourra le corps sous le changement significatif de température qui séparait les deux salles. Déposant tout ce que j'avais dans les mains sur une table faite pour cela, c'est avec un intérêt certain que je regardais les deux capsules mises en marche, se remplissant à moitié d'un fluide orangé. Pourquoi à moitié ? Parce qu'il y avait la partie humaine à créer avant de la plonger dans cette cuve géante. Mais, pourquoi deux ? « Si on rate un, on a toujours l'autre ? ~ » Restant perplexe sous les suggestions de mon ombre, je laissais tomber cette question quand Keitaro apparut dans mon champ de vision, l'air plus que content de lui-même.

- Maaah ~ Je vois que tu as tout ce dont nous aurons besoin pour la création du corps artificiel. Je vous préviens tout de suite, c'est un long processus qui risque de prendre près d'un an. Mais cela en vaut la peine.

Suivant son doigt pointé sur un écran, j'y lisais ce qui y était noté. Évidemment, créer un corps de A à Z n'allait pas durer deux semaines, c'était tout un procédé allant de l'ovulation, à la vie autonome passant par la fœtus. Mais cela en valait la peine comme Kei le disait. Un an et j'aurais mon enfant, mes enfants, non pas à la vie adulte, mais assez grands pour penser d'eux-mêmes. C'est avec une certaine envie que je lisais les notes de l'homme nous servant d'aide. « C'est fou... Tellement que ça me rend toute chose ~ » Me mordant la lèvre inférieure délicatement, une idée folle me passa par l'esprit tandis que mon ombre s'extasiait sous l'ingéniosité du projet. Et si... Si je pourrais avoir des enfants de cette manière... Des enfants ayant mon gène ainsi que celui de la directrice. Une sorte de famille idéale, avec des êtres qu'Ayame ne pourra que aimer, vu qu'ils viendront d'elle. Des créations artificielles qui penseront par eux-mêmes, qui deviendront peut-être plus humains que certains étudiants de cette Académie. Je le voulais. Mais Ayame... Que voulait-elle au juste ? Qu'attendait-elle de cette expérience ? Sans doute pas la même chose que moi. Et je le compris quand Keitaro prit la parole à nouveau de sa voix de velours.

- Évidemment, notre gène est nécessaire pour rendre ces corps résistants. Je pense à croire que tu voudras utiliser le tien, petite sœur ~

C'était un besoin. C'était mon envie devenant essentielle qui germait en moi tel un torrent indomptable. Je ne voulais pas que ce que nous allions créer devienne un simple corps vide de tout, un simple jouet ou je ne sais quoi encore. Je voulais que ces êtres que j'allais aider à créer, soient miens, dans le bon sens. Je les voulais en tant que mes enfants à moi, et à Ayame. Je devais... « Akiha, ralentis ~ » Même mon ombre qui trouvait l'idée ridicule, ne m'arrêtait pas tant qu'elle pourrait s'amuser à participer à cette expérience. Pour elle, ce n'était qu'un jeu qui démontrerait l'importance de notre but, et surtout le fait que nous étions proches. Mais pour moi -le bon coté- c'était plus encore, c'était sentimental. Calmant mon état ne montrant rien à part une envie de commencer, je laissais un sourire professionnel se poser sur mes lèvres tandis que Kei tendait une seringue à Ayame. Donc donc... L'expérience passait par plusieurs stades, dont certains devant se dérouler en même temps. Tout d'abord, il fallait mélanger tous les composants dont on crée un corps, puis construire l'ADN en y ajoutant le gène Eimin qui serait déjà en attente et en refroidissement, pour finalement mélanger le tout d'une manière spéciale afin de former le fœtus. Qui serait par la suite placé dans les capsules pour grandir dedans. Et là aussi, il faudra ajouter des composants pour qu'ils se développent plus vite, sans alterner avec la croissance normale. C'est de là que la partie délicate commencera pour surveiller les fonctionnements des organes, le développement de cellules afin de donner un corps parfait, sans oublier le cerveau... Partie complexe à laquelle on pouvait ajouter tout ce que l'on voulait, si on voulait rendre l'être artificiel sensible ou cynique, on le pouvait, dans une certaine mesure, car tout ne pouvait être contrôlé, vu qu'il serait un être à part, un être intelligent sachant penser par lui-même.

Non, je ne connaissais pas le procédé par cœur, je décrivais juste en pensées ce que Keitaro disait à haute voix de sa voix devenue plus grave, plus professionnelle, plus passionnée... En le regardant, je me rappelais amèrement pourquoi je l'aimais. Il était comme moi, comme Ayame. Nous étions tous les trois passionnés par ce que nous faisions. Secouant la tête en détournant mon regard de l'homme à la chevelure grise, je me saisis de la seringue dans les mains de mon amante.

- Laissez-moi faire ~

Lui imposant de s'asseoir sur un siège, je la poussais délicatement en lui intimant de se détendre, un sourire amusé sur les lèvres tandis que j'enfilais des gants chirurgicaux. Dégageant son bras d'un blanc cadavérique, je piquais habilement dans une de ses veines pour y extraire son fluide vital. « Moi qui avais peur que son corps soit complètement bizarre... Dommage ~ » Ne prêtant guère attention aux railleries de mon mauvais coté, je me concentrais totalement sur ma tâche, et surtout sur comment j'allais procéder pour arriver à mes fins. Prélevant l'échantillon voulu, je gratifiais ma femme d'un doux baiser avant de porter ce précieux sang à l'endroit convenu, c'est-à-dire dans une sorte de machine à refroidissement. Ouvrant la portière métallique, il ne m'a fallut que deux secondes pour matérialiser une seringue que je plantais discrètement dans mon bras pour y prélever mon propre sang. Restant ainsi à faire les ajustements pour mettre la machine à bonne température, je sentais l’adrénaline du moment monter en moi tandis que je versais mon sang dans la fiole où se trouvait celui d'Ayame, les mélangeant par la même occasion. Chose faite, je refermais le tout en effaçant toute trace de ma supercherie. Je ne faisais rien de mal... Cela n’interférait en rien dans la réussite de ce projet.

- Commençons ~ Après la création du fœtus, quel sexe veux-tu donner à ces êtres, Ayame-Chan ?

M'approchant de mon amante, je ne quittais pas du regard toutes les fioles et bocaux sous mes yeux, complètement absorbée par ce qui allait se produire sous mes yeux, lentement, doucement, jusqu'au dénouement où un être artificiellement créé, deviendrait un humain normal m'appartenant. Nous étions des créateurs, nous étions des géniteurs. J'aurai des enfants, j'aurais peut-être un nouveau Rei Yu.

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Dim 7 Juil - 23:12

Savez-vous Ô combien je suis heureuse à cet instant précis ? Que ce soit en vue de ce que je m’apprêtais à faire ou de la présence d’Akiha, je ne savais retenir mon excitation. Allais-je être si excitée le jour de mon mariage ? Jour qui se rapprochait à grand pas ? ~ En parlant de celui-ci, nous avons déjà fixé une date, décidant même que nous le passerons non pas à Undai, mais ailleurs lorsque les congés scolaires se feront ~ Cela ne sera qu’une sortie de deux petits jours, durant lesquels un hôtel avait été réservé par mes soins ~ Les invités lointains ont déjà reçus leurs invitations tandis que pour ceux se trouvant sous la main, nous leur demanderons leur avis ~ En ce qui concernait Keitaro … Hum ~ Je ne le voulais pas là bas, bien qu’en même temps cela me ferrait terriblement plaisir. Ne serait-ce que pour lui montrer que moi, j’ai réussi à l’épouser ~ Huhu, que je suis vilaine. Mais passons, parlons festivité, cet hôtel se situe sur la côte japonaise, pourvue d’une plage privée, nous ne savons encore si nous préférons faire la cérémonie à l’intérieur ou non. Le temple le plus proche donne sur l’hôtel alors que le repas se tiendra trois fois à des endroits différents du domaine ~ Les chambres sont préparées afin que nos invités soient les mieux placés, alors que j’eus décidé au préalable que Yume-Chan ainsi que Kaïla-Chan ne seront pas seules dans leur chambre ~ Non, il allait de soit que Miri-Chan ainsi que Yomi-Chan dormiront avec elles ~ Pour ce qui était d’Izanagi … Huhu, nous verrons si le panier du chien est libre ~ Étais-je si méchante que je le laissais paraître ? Oui ~

Passons cela et revenons plutôt à ce que je faisais, collectant les fioles diverses dont j’avais besoin, c’est avec un certain soulagement que je remarquais qu’Akiha trouva mon ingrédient convoité et que celle-ci me soulagea les bras en me débarrassant de mon surplus. Lui adressant un petit sourire en signe de remerciement, je m’apprêtais déjà à retourner vers mon cher frère mais il allait de soi que je dus me faire bloquer le passage. Et qui de mieux que ma chère épouse pour ? ~ Finalement, nous étions déjà « épouses » mais pas encore officiellement … Du moins du point de vue juridique, ce qui était à moi n’était pas encore à elle ~ Huhu, cela voulait donc dire que le monde entier s’opposait à notre contrat tant qu’un prête ne nous aura liées par le fil rouge du destin ? ~ Passons une fois de plus ces divagations pour venir goûter à cette langue vorace qui se caressa à la mienne pour me faire perdre pieds. Et encore si ce n’était que cela, non, il fallut que mon genou vienne tâter cet endroit déjà si humide n’attendant que ses doigts experts ~ Dieu, je n’en peux plus, qu’elle me prenne, je la veux, là, tout de suite, que sa chaleur me submerge, qu’elle me pénètre ~

Mais mes désirs ne se firent assouvir puisque ma chère scientifique s’en alla, me laissant seule dans ma chambre froide avec mon sous-vêtement inondé. Soupirant légèrement en signe de résiliation, j’enjambais ses pas en direction du centre de mon lieu de travail sous les dires d’Izanagi, sans doute devenu trop délaissé pour réussir à se taire ~

- Maaah ~ Je vois que tu as tout ce dont nous aurons besoin pour la création du corps artificiel. Je vous préviens tout de suite, c'est un long processus qui risque de prendre près d'un an. Mais cela en vaut la peine.

Un long processus, malheureusement je l’avais déjà compris, il ne fallait que voir que comment cela se créait pour comprendre que ce n’était pas demain que j’aurai une armée de petits bouts de chairs ambulants. Voilà la raison pour laquelle j’avais demandé deux capsules et non pas qu’une seule, au moins j’en aurai plus. Du moins si cela fonctionnait, en même temps Izanagi oserait-il seulement m’apporter quelque chose tel que cela si ça ne fonctionnait pas ? Non. Mais cela voulait également dire qu’il avait créé lui-même de son côté un être vivant à partir de rien. Je voulais le rencontrer, je voulais voir qui était l’être qu’il avait créé, vivait-il normalement, mangeait-il, dormait-il ? Était-ce biologiquement humain, si celui-ci se trouvait devant une autre personne, saurait-il s’adapter ? Quel était son caractère, était-ce une poupée vide vivant juste avec un cœur qui fonctionne ? Parlait-ce ? Je n’en avais aucune idée. Cherchant les notes sur une quelconque réussite dans le fichier reçu de mon cher frère, je pris place à ma table alors que l’homme commença déjà les mélanges sous un regard extérieur à ma personne. Trouvant rapidement l’information que je cherchais, je le fis transvaser dans une tablette pour venir voir Ô comment mon frère faisait. Installant les machines afin de préparer les futures expériences, je gardais un œil en faisant glisser les slides que je tenais en main.

- Évidemment, notre gène est nécessaire pour rendre ces corps résistants. Je pense à croire que tu voudras utiliser le tien, petite sœur ~

Gloussant légèrement en sachant déjà que cela allait arriver, je me saisis de la seringue m’étant adressée, restant tout de même hésitante sur le fait de voir mon sang si précieux dans une fiole finissant dans un frigo pour un jour, se faire injecter dans un tas de je ne sais quoi devant former un corps respirant et râlant. Mais je n’avais guère le choix, je n’allais pas prendre le sang de Keitaro non plus. Elles seront miennes, à moi seule. A Akiha-Chan également, mais pas physiquement, non, il n’y aura que mon sang qui coulera dans les viennes de ces enfants … Bien que, je trouverais cela encore plaisant d’y mélanger celui de mon épouse ~ Idée qui s’envola en me disant qu’elle risquerait de les prendre non plus comme des jouets, mais comme de nouveaux êtres pouvant remplacer Rei Yu. Pourquoi ce frisson si étrange, suite à cette pensée ? ~

- Laissez-moi faire ~

Ricanant une fois de plus, je pris place sur mon siège en croisant les jambes alors que ma tendre chérie se posa à mes côtés pour venir me retirer mon sang avec avidité. Levant les yeux aux ciels en la laissant faire, je matérialisais un petit pansement afin de contenir la plaie nouvellement formée. Serrant mon bras pour faire passer mon sang, je me relevais après le doux baiser et me dirigeais vers l’homme présent. Prenant place dans son dos, je regardais les finissions du montage jusqu’à ce que sa voix retente une fois de plus pour nous dire qu’il était prêt à commencer ~ « Commençons ~ Après la création du fœtus, quel sexe veux-tu donner à ces êtres, Ayame-Chan ? ». SI ce n’était pas mignon, et dire qu’il voulait même que je choisisse, regardant Akiha en lui tendant une main, je répondis aussi directement que la question fut posée ~

- Une fille ainsi qu’un garçon ~ Je veux qu’ils me ressemblent ~ Pour ce qui en est du caractère, une dévotion complète à ma personne, nous laisserons cette partie à Akiha-Chan ~

Qui de mieux qu’un maître des sentiments pour créer des personnalités à ces poupées vides ? Je ne les voulais pas horriblement égoïstes ou je ne sais quoi, mais n’était-ce donc pas normal pour un humain d’avoir des sentiments tels que la peur, la joie, l’amour et la haine ? ~ Oui, tellement que je voulais que les miens n’éprouvent tous ceux-ci. Si ils devaient haïr quelqu’un, ce seront leurs ennemis, s’ils devaient aimer, ce serait moi, s’ils devaient craindre, ce serait d’être inefficaces ~ Voilà, les êtres que je voulais. Et je comptais les avoir. Matérialisant un réceptacle pour le corps de l’ombre d’Akiha-Chan, il ne fallut qu’un mouvement de ma part pour que sa chose se détache de son corps et vienne dans sa copie. Élargissant mon sourire, je déposais mes lèvres sur la joue de la chose détestable en la mordillant délicatement -ou pas ~-. Affichant un nouveau sourire satisfait, je reportais mon attention sur les actions de Keitaro avant de prendre la parole ~

- Akiha-Chan, pourrais-tu commencer la programmation de la synthèse psychologique de ces sujets ? ~ Ma chère et tendre chose détestable, veux-tu bien me donner une paire de mains en plus pour que l’on s’occupe de cette étape ? ~

Tendant une liste à l’ombre, je me posais devant Keitaro qui poursuivait la première partie de la phase de création. Laissant l’aura meurtrière du mauvais côté envahir la place, je l’invitais à se poser à mes côtés alors que j’enfilais déjà des gants pour commencer à manipuler les fioles. Préparant un boxon de figuration, j’attrapais les ingrédients de formations cellulaires alors que je laissais l’ombre s’occuper des vitamines servant à la constructions des os et ainsi de suite ~ Suivant à la lettre les informations présentes sur ma tablette, je fis glisser celle-ci sous chacune de mes mains d’œuvres ~ Du café ~ Matérialisant une tasse à côté de moi, je fis de même pour les autres personnes présentes dans la salle ~ Du sucre peut être ? ~

- Cela sera trop long ~ Je veux réussir en trois mois ~ Trouve une solution, Izanagi-Kun ~ Akiha-Chan, mon sang servira ici uniquement, n’est-ce pas ? ~

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Mar 16 Juil - 22:30

L'impatience de mon être battait son comble dans cette salle dépourvue de lumière. J'avais beau me répéter qu'il faudra longtemps pour atteindre mon rêve, pourtant, rien à y faire, je projetais déjà mes visions du futur sur le présent qui se tenait devant nous. Des enfants... Je n'ai jamais voulu en avoir, valorisant ma passion pour les sciences. Ce n'est que sur un coup de tête que Rei Yu est apparu en tant que membre de ma famille, et je me permettrai de dire que c'est grâce à lui que j'ai connu le bonheur d'avoir des enfants, de les voir grandir, d'être fière quand ils progressaient, ainsi qu'être responsable d'une autre vie que la sienne. Certes, je pouvais dire que ce genre de responsabilité me suivait partout dans l'exercice de mon métier premier, mais jamais de cette façon, jamais avec tant d'amour. L'amour ? J'y croyais, dans un sens. Évidemment, après la mort de mon fils, je me suis jurée de ne plus tomber dans ce piège qu'était la maternité, de ne jamais risquer la perte de mon caractère sous des sentiments douloureux. Alors... Que faisais-je au juste ici ? Qu'attendais-je de cette expérience ? Des enfants. Mais pourquoi ? Parce que même après ce premier échec d'une vie familiale, je ne voulais m'arrêter sur ce dernier, je voulais persévérer et atteindre ce bonheur que beaucoup considéraient comme étant ultime. Moi-même -en contradiction avec mon ombre- je trouvais qu'avoir des êtres vivant pour les éduquer à son image, était une chose incroyable. Chose que je voulais connaître, il était temps. J'avais presque tout. Presque. Il ne me manquait que cette petite parcelle de bonheur pour que je puisse être en paix. Je devais saisir cette opportunité qui se présentait sous mes yeux, juste aux bouts de mes doigts. Opportunité que j'allais saisir pour l'avoir. Mon Rei Yu.

« Autant faire ceux-là ~ » Oui. Même si je ne pensais pas de la même manière que mon alter-ego démoniaque, il n'en était pas moins que parfois, je lui donnais raison. Pour l'instant, je pesais les pour et les contres de ses pensées mêlées aux miennes. Si elle devait céder à mes demandes d'avoir une famille, elle préférait de loin qu'ils soient l’œuvre d'une expérience révolutionnaire, plutôt qu'une chair sortie de mes entrailles après neuf mois. Je pouvais la comprendre, dans un sens, me voir enceinte, impuissante et faible avec l’incapacité de poursuivre mes buts, la rongerait. Cela tuerait mon ombre, ou alors, elle essayerait de tuer la cause de cette incapacité à vivre selon nos plans. Pourtant, je voulais des enfants quitte à tenter de la contredire. C'est pourquoi, ces humains artificiels étaient comme une sorte de compromis entre ma conscience de scientifique et celle de femme. Oui, ces enfants qui grandiraient dans ces bocaux allaient être aimés. Par moi, comme par une mère. Par mon alter-ego, comme une réussite. J'étais définitivement aux anges, mais je ne criais pas victoire... Il y avait encore Ayame. Ma femme, mon amante, celle qui devra se plier une fois de plus à mes envies après qu'elle m'eut enlevée ma liberté ~

- Une fille ainsi qu’un garçon ~ Je veux qu’ils me ressemblent ~ Pour ce qui en est du caractère, une dévotion complète à ma personne, nous laisserons cette partie à Akiha-Chan ~

Je me saisis de la main d'Ayame, un sourire ravageur sur les lèvres après mon manège avec la fiole contenant son sang, son gène. Et croire qu'avant, j'aurais tué pour avoir ce genre d'échantillon, tandis que maintenant, mon centre d’intérêt se résumait à différentes formules chimiques défilant sous mes yeux. C'était... Incroyablement déstabilisant ~ Hochant de la tête devant les dires de ma chère amante, tout fut clair dans mon esprit. Elle voulaient que ces êtres lui ressemblent... Cela voulait dire qu'elle aussi, les aimera. Mais il allait de soi que cela ne serait pas de la même manière que je l'imaginais, il ne fallait que se pencher sur sa demande concernant les sentiments de ces créations pour savoir. Ayame voulait des machines. Et mon cœur m'empêchait de l'accepter. Si elle voulait créer des êtres vivants avec ma participation, elle les aura, mais ils ne seront pas des simples coquilles vides qu'elle pourrait donner en pâture à des chiens. Ces enfants seront nôtres, et ils se feront traiter comme des membres de notre famille. Cela ne pouvait se passer autrement. Une fille et un garçon. Un fils et une fille. Une famille ~ Je m'en occuperais personnellement ~

- Akiha-Chan, pourrais-tu commencer la programmation de la synthèse psychologique de ces sujets ? ~ Ma chère et tendre chose détestable, veux-tu bien me donner une paire de mains en plus pour que l’on s’occupe de cette étape ? ~

Souriant en constatant que tout allait dans mon sens, je ne clignais même plus des yeux quand je vis ma copie conforme -à part les yeux- se matérialiser dans le laboratoire. Une pair de mains en plus, n'est jamais de refus, n'est-ce pas ? Cela m'arrangeait aussi, au moins je n'aurais pas sa voix lugubre dans mes oreilles en train de me dire à quel point je commettais une chose irréversible. Quoi qu'il en soit, me voilà débout devant Ayame, un air éblouissant tandis que mes pensées étaient plus que sombres, tandis que mon ombre voltigeait déjà autour de sa magnifique silhouette ténébreuse, prête à sauter sur les premières fioles pour découvrir d'elle-même, ce qui se cachait derrière ces formules.

Tournant le dos à mon ombre et à Ayame, j'oubliais presque l'existence de Keitaro qui restait terriblement silencieux depuis que ma chère amante décida du sexe de nos enfants. Non, je ne me suis pas détournée complètement de tous pour aller mijoter tranquillement sur mes plans concernant les sentiments de ces êtres qui allaient naître, mais parce que d'un coté pervers, je n'aimais guère voir mon ombre profiter de l'attachement de la directrice envers elle. Oui, nous étions une seule entité, mais divisées de la sorte, cela restait perturbant, différent de quand nous étions dans un même corps.

- Cela sera trop long ~ Je veux réussir en trois mois ~ Trouve une solution, Izanagi-Kun ~ Akiha-Chan, mon sang servira ici uniquement, n’est-ce pas ? ~

Relevant le regard après m'être installée à une table afin de créer des schémas cérébraux pour mes futurs enfants, c'est avec un certain désintérêt que je regardais les trois personnes concentrées sur leurs tâches respectives. Pourquoi donc ? Parce que je voyais tout. J'emmagasinais toutes les informations et tout ce que voyais mon ombre, au point que même en me trouvant à l'autre bout de la pièce, ne discernant pas clairement ce que les autres faisaient, je pouvais reproduire les mêmes gestes sans moindre soucis. Ce n'est que quand mon sombre coté ricana sous les paroles de Dead Master tout en poursuivant sa tache, que je me décidais à leur prêter plus attention. Détaillant Keitaro d'un regard discret, je pouvais deviner avec une certaine facilité ce qu'il ressentait à ce moment. J'eus le loisir de lire ses notes aussi, et je savais pertinemment qu'il avait fait tout son possible pour réduire le temps de création des corps artificiels, qu'il a poussé jusqu'à la dernière limite -afin qu'ils soient humains et fonctionnels- pour donner ce délai. En somme, cet homme a fait son possible de ce coté, et je pouvais constater tout cela sur son visage, quand son indescriptible -et éternel- sourire n'était plus là, laissant un visage fermé et froid remplacer ses traits chaleureux.

« - Ouais, le sang est la pièce maîtresse pour l'ADN, à partir de cette étape les corps se formeront tous seuls ~ Un peu comme un processus humain ~ Hehehe ~ Alors Kei, un problème, veux tu que je m'occupe de ton cas d'une manière plus subtile ? »

Silence. Fusillant mon sombre coté du regard quand elle s'approcha de Keitaro avec une intention palpable de lui arracher les bras, je me raclais la gorge en priant intérieurement qu'elle n'aille dévoiler mes pensées à l'assemblée. Et je devais avouer que je fus soulagée quand mon ex-fiancé se reprit afin de remettre tout sous son contrôle. Pour une fois, je lui étais reconnaissante d'avoir un tel caractère. Affichant son sourire doux, il ne perdit rien de son assurance en donnant un mélange -en fiole- à mon ombre et lui disant de faire attention à ne pas le faire tomber, sans prendre en compte ses menaces, appuyant sur le fait qu'il la trouvait charmante même quand elle était en dehors de moi. Évidemment, ceci se finit par un rire dédaigneux de mon alter-ego monstrueux avant qu'elle ne vienne me lancer un regard amusé -pour une raison bien plus importante- et retourner à sa besogne. Keitaro dans tout cela ? « Maaah, tu es fort impatience, petite sœur ~ Mais je trouverai, bien évidemment ~ » Bien évidemment. Et même si il faudra que je l'aide afin de répondre aux envies de ma chère amante, je le ferai ~ Et j'y ajouterai un petit quelque chose de ma part aussi.

- Il serait d'autant mieux qu'ils aient une conscience... dès la formation du fœtus. Ainsi leurs cerveaux seront conditionnés dès le début. D'ailleurs, je vais les créer, ainsi nous irons -déjà- plus vite ~

Devrais-je avouer tout bonnement que le micro-moment de flottement était dû au fait que je voulus dire « conscience propre » ? Non, ce petit détail insignifiant -ou trop important justement- resterait mon petit secret sous les ricanements incessants de ma deuxième moitié. Je me demandais d'ailleurs ce qu'en pensait Kei. Était-il d'accord qu'une de ses inventions finisse comme un simple jouet entre les mains d'Ayame ? Oui, parce que c'était justement Ayame, et c'était pour elle qu'il a fait cela. Ainsi donc, je ne pouvais pas le mettre dans la confidence non plus, il fallait que je gère tout avec mon ombre. Parfait, après tout, nous étions le couple parfait ~ Dans tous les sens du terme ~ Envoyant un baiser de la main à ma femme, suivi d'un clin d’œil amusé, je replongeais dans mes propres taches avec un sérieux plus qu'évident. J'avais du boulot... Beaucoup de manipulations très délicates.

Tout d'abord j'avais besoin de fœtus pour pouvoir manipuler plus aisément cette minuscule partie qu'était le cerveau dans un corps aussi petit. Un travail d'artiste, comme aurait dit Akiha de sa voix glauque. Mais avant qu'ils ne finissent de le créer et qu'il commence à se développer, je pouvais dorénavant procéder à une simulation qu'il ne me suffira qu'à injecter par la suite à travers la matérialisation dans le fœtus -chose qui devrait être créée dans peu de temps, normalement. Me penchant sur un écran, je pris un stylet pour y tracer les premières ébauches de la création cérébrale. Jamais je n'aurais espéré travailler sur un cerveau, sur les nerfs qui le relient, et ainsi de suite. C'était véritablement un chose impensable mais pourtant réalisable. C'est d'autant plus enthousiaste que je me lançais dans cette tache. Évidemment, j'allais créer deux ébauches, une que je soumettrais à Ayame, et une autre que je garderai secret et que j'utiliserai pour mes futurs enfants. Oui, ils allaient être parfaits, ils allaient être humains.

Commençons par les parties de la conscience qui seront similaires aux deux plans. Aire visuelle -yeux-, l'aire auditive -oreilles-, l'aire associative -la reconnaissance- ainsi que celle des sens, l'aire olfactive -odeurs-, la Broca -le langage-, l'aire de compréhension -liée aux autres-, le cortex moteur et l'aire prèmotrice -mouvements-, l'aire somesthésique -toucher-, tout ceci est similaire à chaque humain, il ne me restait qu'à le créer dans la mesure du possible, rendant mes enfants tout saufs handicapés. C'est pour le reste que cela allait se corser, et plus précisément pour l'aire émotionnelle et le cervelet qui serait relié aux fonctions motrices. C'est pour ces deux choses primordiales que je devrais faire des distinctions. Chose qui devrait me prendre énormément de temps... du moins, si j'étais une scientifique moyenne ayant la connaissance parfaite de cet organe primordial dans l'existence même d'une créature dite humaine. Mais j'étais le maître des sentiments, et pour ce qui était du reste, j'avais des notes forts utiles sous mes yeux.

« - Surtout ne te sens pas obligée d'aller lentement, Akiha ~ »

Et toi, surtout concentre-toi sur ce que tu fais au lieu de venir détourner l'attention d'Ayame vers moi. Roulant des yeux en ne prêtant guère attention aux moqueries de mon alter-ego, c'est sur mon amante que je relevais mon regard clair inondé par l'excitation de ce que je faisais. Et ce n'était pas compté sur mon élocution pour me trahir, c'est d'une voix chantante que je m'adressais à mon amante, la regardant droit dans les yeux, un air tout à fait professionnel et détendu sur le visage. « Ils seront parfaits, Ayame. J'attendrai que vous finissiez le fœtus pour vous montrer la programmation cérébrale ~ » Un dernier sourire et je me plongeais à nouveau dans mes papiers, évitant la vision de mon ombre qui vint se coller littéralement contre celle qui devait être ma femme, pour venir la submerger de ses envies perverses et pas très douces. Alala... Au moins une qui prenait cela comme une simple expérience amusante.

Donc... Le cervelet qui déterminera les sentiments comme la joie ou la peur, et ainsi de suite. Il fallait que je l'ajuste à la moyenne de chaque humain, ainsi ces corps artificiels auront qu'à s'adapter eux-mêmes selon leurs envies, leurs niveaux de tous leurs sentiments. Tandis que pour l'ébauche d'Ayame, il allait de soi que cela serait plus délicat, mais en même temps, beaucoup plus simple. Aucune émotion de peur, sauf celle qui sera insufflée par la suite -quand ils seront nés- pour déterminer le taux vis-à-vis de la directrice de Undai. La douleur ? Dans le même contexte. Ils auront mal, mais ne seront pas fuyards. Des vrais petits soldats, des machines humaines... Sans âmes, sans consciences sauf celle de la loyauté envers leur maîtresse. L'horreur. Jamais je ne permettrais que cela arrive. Non, ils seront normaux, avec leurs propres envies et ressentis, avec leurs propres visions du monde et de ce qui les entoure. Oui, ils seront humains... dans mes notes à moi.

C'est après quelques heures du travail non-stop et de calculs divers que je finis par avoir la première image de ce que j'allais leur insuffler. Relevant mon regard sur les autres membres de la salle auxquels je ne fis attention sous la concentration de mon exploit, je laissais mon regard couler par-ci par-là satisfaite de moi. Non, je n'ai pas encore fini, je devais encore faire divers ajustements pour que tout soit en ordre, après tout un cerveau -deux d'ailleurs- cela n'était pas n'importe quel organe. C'était le centre, le plus important dans un sens.

-Ayame ? Voulez-vous voir ce que j'ai déjà préparé ? ~

N'attendant pas sa réponse, je me levais du siège que j'eus occupé sans bouger depuis plusieurs heures et allais à sa rencontre, évitant soigneusement le regard rouge de mon ombre et encore plus celui -intéressé- de Keitaro. Ne prêtant attention qu'à ma chère directrice, je me saisis de sa taille tout en lui imposant ma présence. Soufflant dans son cou, je plaçais l'écran tactile sous ses yeux pour qu'elle puisse juger d'elle-même l'excellence -et surtout la précision- pour ce qu'elle voulait.

-Ce n'est que la partie théorique. Mais je trouve qu'ils seront...monstrueux.

Évidemment, en pratique, manipuler ces notes, cela sera beaucoup plus complexe, beaucoup plus élaboré et risqué. Parlant des risques, je n'avais aucune gêne de dire clairement à Ayame à quel point je trouvais que ses créations seraient des machines. Ils seront certes humains, mais rien qu'à l'extérieur et rien qu'en apparences... Mais leurs sentiments seront quasiment effacés... C'était... Terrible ~ Surtout ce que j'allais faire.

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Jeu 18 Juil - 14:50

Le travail était laborieux, mais j’aimais cela. Cette création … elle représentait un pas important dans ma vie. En parlant de vie, je ne savais pas combien de temps il me restait, cela faisait déjà cent ans que mon corps vivait. Selon mes recherches, un corps humain pouvait vivre cent cinquante ans sans pourrir, mais qu’en était-il d’un corps nourri par la matérialisation ? Et bien même … bingo. Levant les yeux vers Izanagi, c’est avec un sourire vainqueur que je compris la raison de sa venue. Du moins, ce que j’en déduisais … si un corps ne vit pas plus de cent cinquante ans en bonne santé, il ne lui restait plus que trente quatre ans. Alors pourquoi ne pas attendre jusqu’à la dernière limite ? Tout simplement parce que pour le moment il était en bonne santé, aucun rhumatisme, aucunes infections, grâce à la matérialisation, son corps resterait comme le mien, il ne pourrira pas. Faux. Que voulait-il, ou plutôt que lui fallait-il de plus pour ne pas pourrir ? La matérialisation … régénération corporelle ? Cela expliquerait tellement. Dieu, je suis un génie ~

Ricanant presque sous cette découverte, je me repenchais sur mes mélanges. Enfoiré ~ Non, je ne disais pas cela, les insultes étaient laissées à Yume-Chan, mais sur le coup, je ne pouvais être plus que fière de découvrir Ô comment l’esprit de mon frère aîné tournait. Croisant les jambes en attrapant une fiole à l’arrache, je déversais son contenu dans un récipient, matérialisant une nouvelle fiole beaucoup plus grosse, j’y mélangeais le tout jusqu’à ce que le tout prenne une couleur rosée. Magnifique, j’ai raté ~ Ce ne fut pas rose ce que j’eus, mais noir. Maaah, ce n’est pas grave, j’ai encore tellement d’ingrédients … n’est-ce pas ? ~

« - Même après cent ans tu n’es pas capable de mélanger correctement des ingrédients Ayame ? ~ Heh. »

Envoyant un regard meurtrier à l’ombre, je lui fis un signe de la tête dédaigneux avant de lui dire, de ma voix certes mielleuse mais cassante ces quelques mots qui … résonnèrent avec colère ? ~ Non, j’étais une gentille personne qui vivait dans un monde rose rempli de bisounours, n’est-ce pas ? ~ « Et je dois en déduire que tu ferais mieux que moi ? ~ Mais vas y, prouve moi que tu vaux tant que cela, Akiha-Chan ~ ». Prouve le moi, oui, mais pas en venant se glisser sous la table pour me mordiller le clitoris. Dieu, je fondais et le pire dans tout ça ? Je ne pouvais même pas le laisser paraître alors qu’elle était là, sous la table à … Hum ~ Bon, ne nous arrêtons pas sur les actions de l’ombre … mélanges, retournons aux mélanges. Non, bon sang, je n’y arrive même pas, du moins pas au début. Je dus éclater encore une dizaine de fioles pour arriver à ce fameux mélange rose. Et une fois cela finit ? La chose remontra enfin, sourire jusqu’aux oreilles en venant me susurrer tendrement à l’oreille « Tu vois, il ne te fallait qu’un peu d’encouragements la vieille ~ Heh. ». Pauvre chose inutile.

Roulant des yeux en me levant, je me dirigeais vers mon cher frère, coincé entre les machines depuis une heure déjà. Le regardant brancher les flux liquéfiés dans les bocaux, lui tendant le mélange en prenant une des masses se trouvant sur l’un des plateaux, je repartis à ma place, commençant à modeler la nouvelle partie du processus. Akiha ? Laquelle ? Non, celle qui eut accepté de prendre ma main, je n’y faisais pas plus attention que cela, et l’autre … comment est-ce possible de ne pas la remarquer ? Il y a parfois des moments où il est inutile de poser des questions. Soit, passons à la chose ~ Malaxant la forme dans mes mains, je sculptais ce à quoi le corps humain devrait ressembler en faisant attention à chaque détail. Pourquoi former un moule si le fœtus devait se former lui-même ? Pour que cela soit parfait bien entendu. Prenant un scalpel pour faire les tracés fins, je fis cela avec minuties, du moins jusqu’à ce que la voix trop joyeuse de mon épouse ne vienne résonner dans mes oreilles. Levant les yeux de mon chef-d’œuvre, je tendis une oreille à ses paroles.

-Ayame ? Voulez-vous voir ce que j'ai déjà préparé ? ~

N’attendant nullement que je bouge moi-même, celle-ci vint à ma rencontre en posant ses lèvres sur mon visage. Appréciant ce doux toucher, je la tirais jusqu’à mes lèvres en intimant d’entrouvrir ses lèvres pour que je puisse y passer ma langue. Avide et encore excitée des événements précédents, gloussant sous ses gestes trop délicats et me donnant trop d’envies, je me détachais de sa personne pour venir voir ce qu’elle me montrait. La tablette donc ~

-Ce n'est que la partie théorique. Mais je trouve qu'ils seront...monstrueux.

C’est le moins qu’on puisse dire, agrandissant mon sourire alors que le regard d’Izanagi vint s’initier dans notre intimité, je faisais descendre les slides avec curiosité. Des machines, elle avait reproduit exactement ce que je voulais. Etais-je assez dupe pour accepter ce projet en disant « Félicitations mon cœur ? ~ ». Non, quelque chose clochait, terriblement et je voulais découvrir ce que c’était. Levant mon regard vers son plan de travail, je cherchais instinctivement de quoi fonder mes suspicions, mais rien. C’était tellement propre … tellement … Hum. Gardant mon sourire en me levant, je tendis la tablette à mon frère, lui intimant d’y jeter un coup d’œil également avant de prendre ma femme par les mains. Lui adressant un petit sourire en déposant mes lèvres sur les siennes, je lui demandais calmement si une petite pause l’intéressait ? ~

Levant les yeux vers l’ombre et Izanagi, je demandais à celle-ci « Je suppose que cela ne te dérange pas de garder un œil sur celui-ci ~ Après tout, te trouver seule à surveiller cet homme dans mon laboratoire ne devrait pas être trop dur pour toi, ma chère ombre ? ~ ». Lui faisant un clin d’œil, j’emportais Akiha-Chan avec moi dans mon étreinte, nous rematérialisant dans la cour. Tenant toujours la main de mon amante, un fin gloussement traversa mes lèvres alors que je dirigeais nos pas vers la cafétéria ~

- Allons manger un bout mon cœur ~ Cependant … évite d’essayer de me transpercer de tout l’immobilier s’y trouvant d’accord ? ~

Gloussant une fois de plus, nous arrivâmes dans cette salle … bondée de petites têtes étonnées de nous voir ici ? Même pas ~ Ils n’avaient que peur ~ Huhu ~

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Ven 19 Juil - 13:44

J'étais sans doute fière du fruit de mon laborieux travail. J'ai réussi à créer quelque chose dont je n'eus le loisir d'entendre vraiment parler avant aujourd'hui, du moins, je ne me suis jamais risquée à mettre en pratiques mes connaissances sur le sujet. Quoi qu'il en soit, je pouvais affirmer avec une certaine satisfaction, que je n'ai pas perdu de mon ingéniosité depuis que je passais mon temps entre les murs de Undai. Non que cet endroit soit défavorable à mes ambitions personnelles, au contraire, il était plus qu'idéal pour ce que j'avais à faire. Mais avec toutes ces choses qui sont arrivées dernièrement, je devais dire que je n'avais guère le temps pour me lancer dans des projets scientifiques, tellement pas, que seuls des questions de vie ou de mort planaient au-dessus de ma tête depuis un certain moment. Évidemment dans un sens, cela me rendait assez nerveuse si pas déçue, jusqu'à ce que je constate ce que je reçois en contrepartie. Il a fallut beaucoup de temps gaspillé pour que j'arrive à toucher le sommet, mais en retour, je reçois plus que je n'aurais espéré atteindre durant toute ma vie. Oui, définitivement, accepter cette invitation pour donner cours dans cette école, cela valait la peine.

Il allait de soi que je m'horrifiais moi-même d’un coté, vu la chose que je vins de créer pour Ayame. Mais ma conscience ce fit vite rattraper par une simple pensée que jamais je ne dirai à mon amante. J'étais peut-être un monstre, mais un, avec un cœur, de là, il en découlait presque naturellement que au grand jamais, ces êtres artificiels n'auraient des esprits vides. Non, ils seront humains, et cela, parce que je l'étais peu importe ce que certains de mes chers chatons pourraient dire pour le démentir. Et Dead Master dans tout cela ? Elle aussi, elle avait un cœur -du moins une infime partie- et rien que pour cela, je ne priverai pas nos créations de ces sentiments typiquement humains. Eux aussi, avaient droit à une chance, à une existence moins lugubre de celle qu'Ayame leur réservait. Quoi qu'il en soit, ma chère « épouse » n'aura le droit de me reprocher cela, si elle voulait des robots, qu'elle en construise, mais en métal. Plus sérieusement, je redoutais tout de même les réactions d'Ayame vis-à-vis de ce que j'allais faire, je ne cessais de peser les pours et les contres, ainsi que les conséquences qui s'engendreront quand elle saura. Mais aussi, je me demandais si effectivement, ces enfants auront une vie meilleure en ressentant et en pensant, plutôt qu'en étant des coquilles vides. Oui. Oui, ils auront une vie digne de ce nom, je m'en assurerai personnellement. Et la directrice de Undai dans tout cela ? J'y réfléchis encore...

- Je suppose que cela ne te dérange pas de garder un œil sur celui-ci ~ Après tout, te trouver seule à surveiller cet homme dans mon laboratoire ne devrait pas être trop dur pour toi, ma chère ombre ? ~

Aller manger ? J'oubliais presque ce besoin devant l’excitation de ce que nous faisions. Délaisser un instant ce projet pour aller se remplir l'estomac était une résiliation douloureuse, mais mon cerveau me rappela rapidement à l'ordre. Pourquoi risquer d'être épuisée et donc, pas opérationnelle à cent pour cent, alors qu'il ne suffirait que de prendre un peu d'air et retourner avec des idées fraîches au boulot ? Définitivement, j'avais besoin d'une pause, ne serait-ce que pour remettre mes pensées en place afin de ne commettre aucune erreur pouvant mettre en péril mon plan. Seul problème ? Laisser mon alter-ego démoniaque seul-à-seul avec l'homme devant partager ma vie. Mon sombre coté -donc moi, au fond- voulait la mort de Keitaro en trophée de vengeance, c'était indéniable. Mais en même temps, il serait d'autant plus pratique de le laisser en vie, pour moi -le bon coté- et le projet sur lequel nous travaillons. Je savais pertinemment que si à notre -Ayame et moi- retour, il serait vivant, ce serait d'avantage vis-à-vis du projet que de mes ressentis. C'est pour cela que je ne menaçais en rien mon ombre ou quoi que ce soit, laissant son sourire sadique se peindre sur ses lèvres -si similaires aux miennes- dans un dernier flash qui marqua notre disparition du laboratoire.

Où allions-nous manger ? Cette question eut rapidement une réponse quand nous arrivâmes dans la cours, nous dirigeant déjà vers l'intérieur où une cafétéria pleine de nourritures -et de petits chatons- nous attendait. Fronçant les sourcils tandis que je passais l'entrée du hall, je me retournais vers l'extérieur. Alala, je me disais bien qu'il y avait quelque chose. Je pus voir, au sol, une flaque de sang assez répondue, affirmant des blessures internes importantes dues sans doute à un combat. J'espérais que le chaton qui dut subir cela n'apparaîtrait pas dans les fiches que je devrai signer et qu'il se faisait soigner à cet instant précis à l'infirmerie. Mais je n'eus le temps d'y penser plus que cela que je me fis tirer par Ayame jusqu'à la cantine.

- Allons manger un bout mon cœur ~ Cependant … évite d’essayer de me transpercer de tout l’immobilier s’y trouvant d’accord ? ~

Laissant échapper un léger rire sans moindre gêne, je me saisis d'autant plus de la main de mon amante pour venir déposer mes lèvres sur sa joue, tandis que nous arrivâmes dans la grande salle bondée. Cela pourrait être amusant dans un sens. Je me rappelais très bien ce jour où mes nerfs me lâchèrent à cause d'une histoire mettant en scène mon défunt fils. Je me souviens encore avoir pété un câble quand Ayame m'eut dit qu'elle a laissé sortir Rei Yu en dehors de ses appartements. Et j'eus bien raison de le prendre si mal ce jour là, en vue du résultat. Non, je ne devais pas penser de la sorte, surtout pas quand Akiha -l'autre- n'était pas là pour me soutenir de sa haine incessante. Ne perdant pas mon sourire inné, je me mis dans la file d'attente comme tout chacun, tout d'abord étonnée de voir les étudiants nous laisser leurs places, pour finalement faire comme si cela était tout naturel, remerciant tout chaton qui nous laissait gentiment passer. Évidemment, Ayame était crainte ~

- Vous envoyer des chaises sur la tête n'est pas dans mes projets Ayame, ne vous en inquiétez pas ~

Arrivant devant le comptoir, c'est sans hésitation que je demandais un déjeuner typiquement anglais. Du bacon sur du pain beurré, sans oublier le fameux œuf qui l'accompagne, l'éternel verre de jus d'orange et une salade de fruits sur le coté. Parfait pour se remplir l'estomac pour toute la journée, sans que cela aille dans de la mauvaise alimentation. Prenant mon plateau, j'attendis patiemment qu'Ayame choisisse ce qu'elle voulait pour que nous puissions aller nous trouver une table. De préférence vide... M'approchant d'une table ne comportant que deux chatons, je m'assis à l'autre extrémité en déballant déjà mon déjeuner. Relevant mon regard étonné quand les étudiants en questions se levèrent et partirent, les plateaux presque remplis, c'est avec l'envie de les retenir en leur disant qu'ils pouvaient rester, que je voulus me lever pour aller à leur encontre. Idée qui disparut tout aussi vite qu'elle fut venue quand Ayame s'assit en face de moi. Soupirant légèrement, j'entamais mon plat, me disant que si je finissais rapidement, je pourrais retourner plus vite dans les sous-sols.

- Vous devriez davantage vous inquiéter pour la vie de votre frère, le laisser avec Akiha, n'est peut-être pas la meilleure des idées.

Il allait de soi que c'était une très mauvaise idée. Non que j’aie peur qu'il aille fouiller à gauche et à droite sous les rires de mon ombre, mais plutôt qu'elle n'aille fouiller dans son corps. Rien qu'y penser me donnait froid dans le dos. D'ailleurs, que faisaient-ils au juste ? Pas compliqué à savoir, il suffisait juste que je rentre en liaison avec ma deuxième moitié pour y voir plus clair. Alors... Penché tous les deux sur le projet, avec mon ombre qui lance des piques -dans tous les sens du terme- à Keitaro, tout en s'émerveillant devant des formules, essayant de lui dire ce que je manigance en se rattrapant au dernier moment avec un sourire sadique m'étant destiné sans doute. Bon, cela pouvait être pire.

- Je me demande... Que comptez-vous faire de ces êtres ? ~ D'ailleurs, vous voulez qu'on y retourne dès que le repas sera fini, ou vous avez d'autres projets en tête ?

Prenant un air détendu, j'entamais mon repas sans accorder trop d'intérêt à ce que je disais, par simple principe. Même si j'avais une idée globale de ce qu'elle voulait faire avec ces créations et que je n'allais pas la laisser y parvenir, ce n'était pas pour autant que le savoir me serait d’une quelconque utilité. Cela m'intéressait. Mais je me devais tout autant d'être prudente et ne pas pousser dans des explications qui risqueraient de me déplaire. Après tout, si je lui montre à quel point cela m'horrifiait, elle risquerait de devenir beaucoup plus prudente et aller même jusqu'à m'écarter du projet. Prudence, prudence ~

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Ven 19 Juil - 20:04

Était-ce honteux de douter de sa femme ? Sans doute si vous écoutiez THE couple parfait qui vous dirait Ô combien la confiance est le mot d’ordre dans leur couple. Mais chez nous ce n’était pas pareil, nous nous étions mariées, du moins vis-à-vis des papiers et c’est justement ces papiers qui nous tiennent « en vie ». Non pas moi, moi je ne meurs jamais, mais Akiha oui. Ce document signé il y a peu certifie que pour rien au monde je ne peux la tuer, que ce soit parce qu’elle essaye de me tuer ou encore qu’elle ruine mes expériences. Pourquoi parlais-je d’expériences ? Tout simplement parce que nous étions sur une, qui justement pouvait porter des problèmes. Que se passerait-il si elle faisait rater celle-ci ? Je ne sais comment je réagirais, peut être laisserais-je passer cela en disant que ce n’est pas grave -chose impossible- ou que je renierais mes engagements en criant à la trahison et que seule la mort peut nettoyer ses pêchés. Mais je n’étais pas ainsi, un engagement était un engagement, je tenais parole, bien que cela puisse sembler impossible venant de ma part. Mais quoi qu’il en soit, je sentais … que quelque chose clochait. Et dire que nous avons commencés il y a moins de trois heures … Qu’en sera-t-il dans une semaine, un mois, un an ?
Je ne savais pas.
 
Mais laissons le futur à plus tard et concentrons-nous plutôt sur le présent. Nous étions enfin arrivées dans la cafétéria bondée de petits gens. Passant à travers la masse s’écartant sous notre passage, je me plaçais malgré moi dans la file d’attente sous la tirade d’Akiha-Chan. « Vous envoyer des chaises sur la tête n'est pas dans mes projets Ayame, ne vous en inquiétez pas ~ ». Gloussant légèrement en faisant un pas en avant, avant que les autres ne suivent sous la gentillesse de nos élèves nous laissant passer devant eux, je ne réagis guère à ses dires, préférant me plonger dans mes songes alors que mon amante commanda un plateau trop British à mon goût. Comment est-ce possible qu’une femme aussi magnifique soit anglaise ? Non pas que je les trouve moches ou que sais-je, mais en vue de ce qu’ils ingurgitaient, n’était-ce pas normal qu’il soit assujetti aux rondeurs ? De la graisse, que de la graisse. Du bacon, un peu de viande pour une tonne de gras, des œufs, un nutriment gras également, la sauce brune, le mot sauce en dit long sur ses contenants, des pois … saucés bien entendu. Soupirant en voyant le plateau d’Akiha-Chan défiler sous mes yeux, je pris commande à mon tour. Optant pour quelque chose de sain, je me contentai d’une petite salade accompagnée d’un thé fruité.
 
Me dirigeant là où Akiha nous trouva une table, c’est avec un certain contentement que je remarquais que nous serions seules, manger avec les écervelés est certes amusant, mais qu’on ne vienne pas nous dire que nous faisons des favoris parmi nos étudiants. Déposant mon plateau devant sa personne, je me posais sur mon siège en croisant les jambes, récipient contenant ma nourriture dans mes mains, je l’écoutais tout en mangeant ce plat vert.
 
- Vous devriez davantage vous inquiéter pour la vie de votre frère, le laisser avec Akiha, n'est peut-être pas la meilleure des idées.
 
Cela n’était pas faux, mais je savais autant que l’ombre, Ô combien Izanagi était important pour cette expérience. Sans lui, il m’aurait fallu encore une bonne dizaine d’années pour mettre la main sur la formule exacte et jusqu’à preuve du contraire, il était le seul à savoir comment la faire fonctionner. Du moins jusqu’à ce que je sois là dans les parages pour retenir ses techniques. Laissant un fin sourire se peindre sur mon visage alors que ma fourchette -oui, je ne vis pas qu’avec des baguettes- dans mon plat, je déposais mes yeux sur la jeune femme me faisant face. Craignait-elle que son cher ex-fiancé meure ? Hum.
 
- Je me demande... Que comptez-vous faire de ces êtres ? ~ D'ailleurs, vous voulez qu'on y retourne dès que le repas sera fini, ou vous avez d'autres projets en tête ?
 
Agrandissant mon sourire une fois de plus en finissant de mâcher ce que j’avais en bouche, je reposai mon plat sur la table pour venir y mettre mes coudes. Prenant un air sérieux en survolant la cafétéria, je redéposais mes pupilles dans celles de ma chère scientifique. Qu’allais-je faire de ces choses ? Tellement et si peu pour le moment. J’avais au moins une tonne d’âmes exploitables ne demandant qu’à renaître pour mieux exister, les corps que j’allais créer serviraient de réceptacles pour ces âmes. Mais cela dans le long terme, avant toute chose, il fallait voir ce que nous avons à notre disponibilité, pour cette première expérience, je voulais des machines principalement, des êtres capables d’obéir sans sourciller à mes demandes. Qu’ils me servent comme presbytères à ma colère ou comme de simples petits soldats suivant mes ordres, je n’avais pas encore de but idyllique à leur accorder.
 
- Je n’ai nulle autre projet en tête, bien que passer du temps seule à seule en ta compagnie me remplirait également de joie, Akiha-Chan ~
 
Faisant un petit clin d’œil à sa personne, je repris ma nourriture, mangeant tranquillement en réfléchissant comment j’allais répondre à son autre question, je restais silencieuse un court instant. A peine trois minutes ressemblant à des heures pour Akiha-Chan, en connaissant son caractère d’impatiente ~ Oui, après tant de temps passé en sa compagnie je savais la cerner, c’est aussi de là que venait ma méfiance en vue de notre projet actuel.
 
- Ces sujets me seront utiles pour diverses choses, je ne peux te dire ce que je vais faire d'eux encore dans l’immédiat, pour moi ce sont des prototypes, les premiers de leurs espèces si je puisse le dire ainsi ~ Dans un futur certain ces corps « humains » recevront les âmes que j’eus collectées jusqu’à présent, donnant donc une seconde chance à mes défuntes victimes ~ Nous avons déjà eu cette conversation mon cœur, t’en rappelles-tu ? ~
 
Sachant pertinemment que oui en me rappelant Ô combien cela fut désastreux puisque ce fut notre première dispute, je laissais un gloussement amusé traverser mes lèvres en croisant les jambes. Remuant la salade à la recherche de viande, j’attrapais un petit morceau entre les dents avant de l’avaler. Gardant toujours ce petit air amusé sur le visage et dans les mots, je poursuivis de ma petite voix mielleuse ~
 
- Je n’ai nullement peur pour Izanagi-Kun, après tout ta personne sait Ô combien nous avons besoin de lui. Veux-tu des enfants, Akiha-Chan ? ~ Mais cela ne veut pas dire non plus que ta chère ombre ne le fasse pas souffrir. Mais qu’il en soit ainsi, je ne lui en voudrai nullement ~
 
Esquissant un nouveau sourire en ne revenant nullement sur ma demande des plus explicites, je déviais le regard quand deux petites se dirigèrent en notre direction. Haussant un sourcil en me demandant ce qu’elles nous voulaient, je me tournais dans leurs directions quand celles-ci arrivèrent à notre hauteur. Premièrement surprise de voir ce qu’elles nous voulaient, c’est avec encore plus d’étonnement que je les vis se diriger vers Akiha. Se penchant respectueusement devant elle -en m’ignorant complètement-, elles parlèrent.
 
- Sensei-Sama, pourquoi m’avez-vous donné une telle note à notre dernier test ? Mi-San a mis exactement les mêmes que les miennes, alors pourquoi a-t-elle tout bon elle ?
 

Tricherie ? Sans doute. Gloussant légèrement en prenant le papier que la jeune fille d’âgée d’un peu plus de quatorze ans tendait à mon amante, je regardais celui-ci. Du moins jusqu’à ce qu’elle se fâche et me l’arrache des mains … A moi, Dead Master-Sama. Penchant la tête sur le côté sous l’étonnement, ce furent des cris qui parvinrent à mon ouïe « T’as beau être prof ou une terminale, tu me fais pas peur ! Ce n’est pas à toi que je cause là, alors soit tu la fermes, soit tu dégages ! ». Pardon ? Un blanc. Un énorme vide, même la cafétéria se tut sous les dires de la gamine. Et moi dans tout cela ? J’ai ris, non, je me suis effondrée dans un fou rire. Dieu, depuis combien de temps cela ne s’était pas passé ? Ca y est, je suis de bonne humeur, laissant un souffle froid se glisser dans la salle, je me relevais en activant ma robe de combat alors que ma faux se trouvait déjà sous la gorge de ma victime. Tournant les yeux vers Akiha, je lui demandais d’une petite voix suppliante ;
 
- Puis-je décapiter ceux qui me manquent de respect mon cœur ? ~

Huhu, ca y est, je suis excitée ~

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Sam 3 Aoû - 21:27

Je ne levais pas tout de suite le regard de mon plat, préférant enrichir cette ambiance calme par un comportement calme et une posture détendue. Personne n'était dupe à cette table -à savoir, occupée par Ayame et moi- autant elle que moi, nous savions que les paroles prononcées entre nous étaient et auront toujours une signification que nous ne voulions exposer au premier plan. Toutes les deux, nous avions des langues acérées et des esprits critiques bien développés, où une parole prononcée à haute voix laissait place à une réponse n'ayant rien à voir avec la question posée. Telles étaient les choses entre nous, la ruse mise en évidence dans chacune de nos actions.

- Je n’ai nulle autre projet en tête, bien que passer du temps seule à seule en ta compagnie me remplirait également de joie, Akiha-Chan ~

Mes yeux s'étrécirent légèrement quand sa voix détonna significativement dans le brouhaha ambiant d'une cafétéria remplie de chatons de tous âges. Sa voix, reconnaissable entre mille, dont mon ouïe prit l'habitude au point de l'entendre au loin, de discerner les nuances dans les vibrations de son ton jusqu'à discerner -derrière son ton mielleux- ses ressentis. Tout d'abord, je crus qu'elle me répondait à ma question concernant les deux êtres qui bientôt naîtraient dans l'endroit le plus mystérieux et inaccessible de cet institut dans lequel je fis mes années d'études. Mais mon impatience -terrible qu'elle puisse être- ne fit guère surface tandis que les mots coulaient gracieusement de la bouche de mon amante. Relevant mon regard sur sa personne -enfin- je la gratifiais d'un sourire doux, si prompt à apparaître spontanément sur mon visage à la peau claire. Que pouvais-je dire ou faire au juste ? Rien, rien que l'écouter et me armer de patience. Akiha -mon sombre coté si détesté- n'était guère là pour exposer son incapacité à attendre et son avidité, c'est pourquoi j'avais tant d'aisance à rester indifférente aux mots qui se prononçaient dans cet espace ouvert. Sauf quand rien ne se disait, à ce moment, un fin agacement pouvait se voir sur mes traits occidentaux. Répercussion que j'essayais de brider du mieux possible. À l'évidence, Ayame le voyait et le sentait en vue de son sourire indéchiffrable.

- Ces sujets me seront utiles pour diverses choses, je ne peux te dire ce que je vais faire d'eux encore dans l’immédiat, pour moi ce sont des prototypes, les premiers de leurs espèces si je puisse le dire ainsi ~ Dans un futur certain ces corps « humains » recevront les âmes que j’eus collectées jusqu’à présent, donnant donc une seconde chance à mes défuntes victimes ~ Nous avons déjà eu cette conversation mon cœur, t’en rappelles-tu ? ~

Retenant mon souffle une fraction de seconde à l'évocation des souvenirs douloureux du passé, mes lèvres formèrent un mince sourire en réponse aux gloussements d'Ayame. Je me rappelais parfaitement de cet échec cuisant qui fut le mien quand toutes mes fondations s'effondrèrent pour laisser ma nature première sortir au grand jour sous une avidité dont j'avais honte aujourd'hui. C'était une vieille histoire remontant à ma première année en tant que professeur à Undai, où me laissant aller au jeu mortel des conspirations, je finis par tomber dans mon propre piège, poussée par mon ombre voulant obtenir ce qu'elle désirait quitte à tout sacrifier. Seulement, nous n'avions rien obtenu, mais beaucoup perdu. Assez pour que j'avoue faire preuve de plus de prudence à présent, même si cela était d'un autre ressort. Oui, j'eus tout perdu, et ce n'est que par la clémence d'Ayame que j'ai tout retrouvé et même plus. Évidemment, c'était une arme à double tranchant, mais je me plaisais dans ma situation actuelle peu importe ce que des langues de vipères pourraient dire à mon sujet. Entre folie et ambition, la frontière était presque inexistence après tout.

Quoi qu'il en soit, j'allais mettre ma -notre- relation à rude épreuve une fois de plus. Entre Dead Master désirant que ces humains soient des poupées sans moindre valeur sentimentale, et moi qui voulais faire d'eux mes propres enfants, la lutte serait dure, et les conséquences désastreuses. Je ne doutais pas de l'ambition d'Ayame et la grandeur de ses projets à long terme, je pouvais visualiser facilement le futur sous son emprise, avec une « école » ne comportant que d'anciens étudiants loyaux et fidèles ainsi que ces poupées, toutes possédant les compétences des âmes tuées en ce lieu. Et tout cela pourquoi ? Parce qu'Ayame avait le pouvoir de régner sur ce monde comme elle le désirait, de faire de lui quelque chose de moins sale, ou de plus glacial. Quoi qu'il en soit, je ne mesurais pas complètement l'étendue de cet avenir, préférant me contenter d'un présent moins apocalyptique, plus à ma portée. Je ne comptais pas empêcher Ayame d'atteindre son but, je n'étais pas aussi téméraire et encore moins suicidaire. Mais tant que ses projets rentraient en collision avec les miens, je ne lâcherai pas prise. Si elle voulait conquérir le monde, je ne l'en empêcherai pas -je ne la soutiendrai pas non plus- mais cela ne sera pas avec ces deux corps artificiels là. Ceux-là, seront mes enfants.

- Je n’ai nullement peur pour Izanagi-Kun, après tout ta personne sait Ô combien nous avons besoin de lui. Veux-tu des enfants, Akiha-Chan ? ~ Mais cela ne veut pas dire non plus que ta chère ombre ne le fasse pas souffrir. Mais qu’il en soit ainsi, je ne lui en voudrai nullement ~

Affichant un doux sourire pour faire disparaître cette détermination qui m'enflamma les yeux, je pris note de sa question soi-disant innocente au premier abord. D'ailleurs, elle m'eut assez aiguillée pour que j'oublie le sort de mon ex-fiancé pour me concentrer pleinement sur les mots que je devrais utiliser pour répondre à ses paroles. Si je veux des enfants... Pourquoi cette question à un moment pareil ? Je ne saurais le dire, mais quelque chose au fond de mon âme me hurlait de prendre garde à ce détail. Elle s'en doutait ? Elle ne pouvait pas, je n'eus jamais donné un quelconque signe de ma résolution à faire de ces clones des êtres humains, alors pourquoi ? Parce qu'Ayame connaissait mieux que quiconque ma nature profonde, elle savait avant moi ce que je voulais. C'est pourquoi, je ne pouvais lui donner raison, mais avec la subtilité de ne pas réfuter toutes ses déclarations camouflées. Et croire que ces pensées se chamboulaient dans mon esprit, tandis qu'en extérieur, je ne montrais qu'une sobre amabilité.

- Sensei-Sama, pourquoi m’avez-vous donné une telle note à notre dernier test ? Mi-San a mis exactement les mêmes que les miennes, alors pourquoi a-t-elle tout bon elle ?

Je ne sais pas si je devrais me réjouir de la venue de cette fille de Seconde en vue de ce qui lui arriverait par la suite, mais sur le coup, j'étais heureuse de cette interruption m'ayant sauvée la mise en quelque sorte. Relevant mon regard de mon amante, sur laquelle mes billes se sont perdues dans une longue réflexion, il m'a fallut un moment de flottement avant que je comprenne ce que ce chaton me voulait. Son nom... Rin Yamato. Suivant la feuille qu'elle tendait et qui atterri entre les mains douce de mon amante, il ne m'a pas fallut plus de temps pour comprendre la situation. Hier encore j'ai rendu les copies corrigées d'un contrôle à mes étudiants, constatant à quel point mes chatons suivaient assidûment les cours pour que je n'aie à utiliser tout l'encre de mon stylo rouge. Sauf que pendant le contrôle en question, il allait de soi que ma vigilance silencieuse remarqua avec précision un certain regard zieutant sur la feuille ne lui appartenant en rien. Sur le coup -même sous les menaces de mon ombre- je n'ai rien dit, préférant laisser couler, tandis que mes pensées étaient plongées dans des méandres de la vie beaucoup plus importantes qu'une tricherie à un contrôle. Pourtant, au moment de la correction, j'étais bien éveillée pour ne laisser guère passer ce genre de chose, d'où cette note.

Je m'apprêtais déjà à lui donner ma réponse le plus naturellement du monde, omettant son audace de venir me pointer sa propre tricherie sous les yeux, allant jusqu'à accepter ses arguments pour mieux les démentir un par un. Après tout, j'aimais les jeux des esprits, surtout quand il s'agissait d'en briser un que ce soit dans la honte et la confusion, ou la douleur et la résolution. Quoi qu'il en soit, c'est avec une mine composée et sérieuse que je levais mon regard imperturbable sur la jeune fille m'ayant interrompue dans mon dîner... Sauf que... Je n'ai pas prévu ce qui allait se passer. Qui se passa, en fait. Des paroles abjectes et si peu appropriés aux étudiants d'une prestigieuse Académie comme celle-ci. Réprimander était une partie amusante de la vie d'un professeur et je me contenterai sans doute de cela si... Si ces paroles abjectes n'étaient pas destinées à Ayame en personne. À la directrice de Undai. À cette femme qu'en étant jeune, j'admirais et craignais. Et là... Une enfant -pas douée dans son genre- osait défier son autorité de la sorte, c'était inadmissible. Si cela fit rire Ayame, moi au contraire, je fulminais tandis que mes traits se durcirent ne montrant qu'une sombre désapprobation.

- Puis-je décapiter ceux qui me manquent de respect mon cœur ? ~

Un silence mortel tomba sur la salle, aucun étudiant n'osant s'exprimer. Et je peux le dire sincèrement, tout cela était dû à l'aura de mon amante, une aura noire et froide contrastant avec affolement avec son sourire amusé. Que pouvais-je dire ? Ayame allait jusqu'à me demander mon approbation, ce que je devais avouer, me surpris au premier abord, pour qu'enfin, une bise de plaisir coule sur mon corps sous le respect de nos engagements. Cela me faisait presque mal au cœur de cacher à son éminente personne mes plans secrets. J'ai bien dit presque. Pour revenir sur sa question, je voulais lui souffler un simple « oui », un seul petit mot qui condamnerait cet enfant au néant, tout cela à cause de l'insolence dont elle fit preuve devant la reine de Undai. Moi-même, à son âge et son grade, je ne me risquerai jamais à défier un adulte de Undai de la sorte, qu'il soit professeur étudiant ou autre. Le fait que ce fut la directrice que Rin-San eut insultée ne faisait qu'aggraver son cas. C'est en me rendant compte que je serais avec force ma fourchette que je finis par me relever -toujours sans rien dire- et ainsi décompresser, résolue à donner une dernière leçon à cette enfant ingrate, de ma vois la plus pédagogique et tranchante, sous le regard affolé de la fille qui se rendait enfin compte de ce qu'elle venait de faire.

- Yamato-San, vous devez sans doute réaliser que vos paroles sont plus que blâmables. Il ne s'agit pas seulement du fait qu'elles soient destinées à la directrice de Undai, Dead Master-Sama, qui t'a donné la chance d'un nouveau départ dans ce monde avec, en prime, un cadeau inestimable qu'est la matérialisation... Mais aussi au simple respect d'autrui qui n'admet pas qu'un étudiant de cette prestigieuse école qu'est Undai, ose souiller sa réputation de...

Et ma tirade solennelle et tellement belle n'eut jamais de fin, du moins, je ne sus jamais la terminer en dues et bonnes formes. La raison de ceci me prit au dépourvu, ne m'attendant guère à cette tournure des événements. J'aurais plutôt parié sur Rin-San -ce chaton insolant- de me couper, ou s'enfuir, ou se mettre à pleurer brisant mon cœur au point que j'essaye de raisonner Ayame d'être clémente. Oui, j'allais à l'extrême, disant bien que j'envisageais énormément de possibilités, mais pas celle qui arriva. C'est dans un fracas monstre de métal que je vis une personne aux yeux flamboyants faire irruption dans la cafétéria, brisant le silence pesant s'y étant installé pour... crier haut et fort quelques paroles du mauvais goût dans notre direction, un doit ganté pointé dans notre direction. « Espèce de pauvre conne blonde, je t'interdis de t'approcher de Yume avec tes pattes de salope ! Épargne nous tes manigances de vipère.» Sans oublier un gentil mot adressé à la directrice dans la volée. « Et vous ! Dead Master ou pas, vous devriez mieux garder cette vipère et arrêter de vous approprier ce qui n'est pas votre ! Et surtout cesser de vous comporter comme une gamine capricieuse en blessant ce qui vous est cher ! » Et sur ce, un dernier raclement de chaussures sur le sol ciré, un claquement de je ne sais quoi et le silence se fit à nouveau, tandis que notre chère Kurayami décampa aussi vite qu'elle fut venue, laissant tout le monde dans une incertitude morbide.

Mon sourcil tiqua sous une irritation incrédule qui m'eut submergée. Je me rassis et levai mon regard vers Ayame qui n'eut toujours pas bougée tandis que les étudiants gardaient leurs souffles, n'osant pas commenter ce qui venait de se passer, même si on pouvait sentir que les murmures ne tarderaient pas à affluer de tous les cotés. Et moi ? J'étais plus qu'anéantie que mon beau discours se vit aussi lamentablement dégrader sous une pulsion incompréhensible de la jeune Kurayami. C'était décidé -même si je ne comprenais pas les aléas de cette mitraillette d'insultes- j'allais remettre les idées en place à cette gamine qui n'était pas reconnaissante pour tout ce que nous avions fait pour sa petite personne. Mais avant cela... Transperçant Ayame du regard, je savais bien qu'elle allait exploser, c'est pour cette raison que je repris mes couverts et fis mine de rien avant d'ajouter quelques paroles tendues à son encontre.

- Je ne compte pas en avoir dans un futur proche. Et sinon... Je vous demanderai juste d'éviter mon repas, Ayame ~

Non que je trouve la situation amusante, mais je tenais vraiment à mon œuf au bacon. Pour ce qui est de l'ambiance générale, je n'avais pas à montrer ma mauvaise humeur dans les lieux, vu que l'ambiance était déjà bien lugubre en soi. Évidemment, cette tournure des événements m'a fait presque oublier notre conversation passée, même si j'ai appuyé -en réponse- sur la seule question dont elle devait se préoccuper dans notre échange anodin. Quoi qu'il en soit, j'étais disposée à faire fi du sang et des cris si cela pouvait détendre ne serait-ce qu'un peu mon amante. Car contrairement à moi, elle avait besoin de s'extérioriser. Et son honneur était en jeu devant la moitié de son Académie après tout. Certes, moi aussi je me fis ouvertement traiter de tous les noms, mais je relativisais. Je n'étais qu'une professeure qui se vengerait pendant les cours s'il le faudrait, tandis qu'Ayame, elle, elle était la directrice, c'était donc différent.

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Dim 4 Aoû - 18:27

Disgrâces. Je ne savais comment réagir en vue de cette situation, seul mon rire glacial résonnait dans cet espace clos. Affichant un sourire mélangeant mon malaise à mon envie de meurtre, je m’étonnais moi-même de ma réaction. Je devais me moquer des dires de cet enfant, je devais passer au dessus d’elle en lui répondant par l’ignorance, oui, je n’avais guère besoin de la tuer pour si peu. Et pourtant, ce dit si peu était tellement énorme, tellement gros et mal placé que je ne savais me retenir. Ce n’était pas que pour nourrir mon ego que je voulais sa mort, mais également pour nettoyer la tâche qu’elle venait d’infliger à mon ego. La moitié de l’académie était présente, comment pourrais-je la laisser faire ? Comment ? En ne lui accordant que la mort, bien évidemment ~

Il était de mon devoir de punir sa stupidité. Baissant mes yeux sur sa petite personne comprenant -enfin- sa situation, je me plaisais à sentir sa peau tendre sur le métal de ma faux. Suant à grosses gouttes en essayant vainement de formuler je ne sais quelles paroles inutiles, je voulais son sang sur le sol du réfectoire. Mais il allait de soi que je ne pus avoir cette satisfaction, non, Akiha décida plutôt de calmer les jeux en se levant à son tour, trônant du regard l’assemblée avant de se délecter sur cette petite chose infime devant nous. Dématérialisant ma faux, je reculais, laissant ma tendre épouse « sermonner » l’enfant. Allais-je m’en satisfaire ? Non, bien entendu ~

- Yamato-San, vous devez sans doute réaliser que vos paroles sont plus que blâmables. Il ne s'agit pas seulement du fait qu'elles soient destinées à la directrice de Undai, Dead Master-Sama, qui t'a donné la chance d'un nouveau départ dans ce monde avec, en prime, un cadeau inestimable qu'est la matérialisation... Mais aussi au simple respect d'autrui qui n'admet pas qu'un étudiant de cette prestigieuse école qu'est Undai, ose souiller sa réputation de...

Quelle joie, je sentais presque mon aura devenir aussi douce qu’heureuse à l’entente de ses dires ~ Me flatter de la sorte, Dieu, voulait-elle que je m'extasie devant sa personne ici ? ~ Huhu ~ Non plus sérieusement, je ne m’étais pas laissée aller de la sorte, j’étais restée droite à écouter cette charmante enseignante, jusqu’à même acquiescer de la tête sous ses dires. Tout en gardant mon sourire certain, je fis le tour du réfectoire, me plaisant de la sorte à voir les expressions des personnes se trouvant dans nos dos. Certains avaient l’air amusés, tandis que d’autres complètement stressés, sans compter sur ceux qui ne savaient comment réagir ~ Mais il n’y avait rien à dire, ils étaient tous …

Ah ? ~ Et ce « Ah » ce fit quand une nouvelle personne arriva dans cet endroit déjà chargé de monde, levant les yeux avec étonnement vers l’enfant qui s’approchait de nous, j’étais déjà prête à lui accorder une étreinte en signe de salutation quand ses mots se mirent à résonner … Huhu ~

- Espèce de pauvre conne blonde, je t'interdis de t'approcher de Yume avec tes pattes de salope ! Épargne nous tes manigances de vipère.

« Pauvre », « Conne », « Blonde » ? En ai-je oublié un ? Oui, quelle manque d’attention de ma part ~ « Salope ». Et maintenant, que faire ? Rire, pleurer, courir après cette jeunette ne sachant s’exprimer ou tout simplement regarder Akiha en attendant une quelconque réaction de sa part ? Personnellement, j’ai ris premièrement, jusqu’à comprendre que finalement, la situation n’avait rien de comique. Arrêtant donc de glousser, je passais ma main sur mon visage, sentant une certaine tension palpable n’émanant nullement de mon corps, cette fois-ci. Et sinon, pourquoi tant d’amour ? La question ne se posait pas vraiment, il était facile de comprendre où cette jeune Kaïla voulait en venir. Après tout, n’avais-je pas réagi de la sorte en voyant Ô combien Yume et Akiha s’entendaient il y a peu … Oui, oui, je parle de cette fois-là où ma chère amante se retrouvait sous Yume, à moitié dévêtue ~ Pour ce qu’il en est de Kurayami, je suppose que sa jalousie obsessionnelle a fini par se montrer ~ Certes pas au bon moment, mais tout de même et après tout …

- Et vous ! Dead Master ou pas, vous devriez mieux garder cette vipère et arrêter de vous approprier ce qui n'est pas votre ! Et surtout cesser de vous comporter comme une gamine capricieuse en blessant ce qui vous est cher !

Pardon ? ~ Ne suis-je donc pas épargnée ? Huhu ~ Bon, il va de soit que ses mots à mon égard avaient été plus doux, mais tout de même, j’aurais préféré qu’elle fasse abstraction de moi en vue de ma mauvaise humeur euphorique … Que dis-je ? Rien, rien du tout ~ Et tellement rien que mon poing se serra d’autant plus, brisant presque mes os sous cette pression se propageant par-ci par-là. Faire attention à ce qui était mien, ne pas prendre ce qui n’est pas mien, folies. Tout était mien. Et à commencer par Yume, sentant mes dents grincer sous une colère sourde, je ne laissais cependant rien paraître, ne faisant qu’un pas en avant quand Kaïla repartit après son petit sketch des plus grossiers. Et sinon, quand est-ce que je peux m’énerver ? Parce que m’insulter moi, était une chose, m’insulter moi devant la cafétéria par une gamine, une autre, et m’insulter moi par Kaïla Kurayami devant Undai, une autre. Sans compter que la blonde salope et conne y était passée également ~

- Je ne compte pas en avoir dans un futur proche. Et sinon... Je vous demanderai juste d'éviter mon repas, Ayame ~

Laissant un fin rire traverser mes lèvres suite à ses dires, je déposais mes yeux sur sa personne. Repartie s’asseoir à notre table, faisant mine de rien alors que je pouvais sentir aisément que les dires de la chienne de mon chef-d’œuvre ne l’avaient pas laissée de marbre. Pauvre petit cœur, devrais-je la consoler une fois que j’aurai fini avec … que devais-je faire encore ? Ah, oui ~ Matérialisant ma faux, je fis tourner celle-ci sur elle-même au dessus de ma tête avant de la tendre d’un coup sec pour venir ôter la tête de l’imprudente … Ya…mato-Chan ? Oui, c’est cela ~ Ne faisant plus de zèles devant celle-ci, je lui fis dos, laissant son pauvre cadavre s’abattre sous le sol alors que la cafétéria était toujours en haleine. Plus aucun rire ni sourire ne fit place, seule une sensation universelle de peur se fit sentir dans ce lieu. Faisant grincer ma chaise dans ce calme plat pour venir m’y poser, je la tirais vers moi avant qu’un nouveau bruit ne se fasse entendre. Métallique ? Une fourchette ~

Déviant comme le reste de l’assemblée mon regard vers l’objet en question qui venait de tomber, nous arrivâmes tous sur un jeune homme, tremblant comme une feuille, plateau en main, fourchette au sol. Décidant à présent de venir à sa rencontre plutôt que manger, je me dirigeais vers lui, m’arrêtant à deux pas de son corps en affichant un sourire certain. Me penchant lentement vers lui, je ramassais le bout métallique qu’il fit tomber pour la redéposer sur son plateau. Devais-je faire autre chose ? Non, pas vraiment bien que l’idée de lui faire « Bouh ! » m’était passée par la tête … Non, je n'allais pas le faire ~ Autant lui donner de la tendresse plutôt que de la peur et c’est ce que je fis. Déposant ma main sur sa tignasse, je frottais celle-ci avant de lui faire fi. Pauvre petit homme, je crus entendre un son disgracieux sortir de sa personne … Comme si il faisait couler son soda sur le sol, de manière … plus douce ? ~

Reprenant ma place, je soupirais silencieusement en fermant les yeux un court instant. Le silence était toujours de vigueur … allait-on continuer ainsi ? Non, du moins, pas après une nouvelle apparition signée Miri Okugi, une nouvelle posture terrifiante pour cette académie. Du moins pour ceux qui eurent la possibilité de la voir. Déviant mon regard vers la porte quand elle arriva, je la laissais arriver à ma hauteur pour faire comprendre à Akiha-Chan que nous n’étions, une fois de plus, plus seules.

- Une de plus ~

Bougeant légèrement ma chaise vers l’arrière pour me tourner dans sa direction, je la détaillais de mes yeux forêts, me demandant presque pourquoi ma chère Miri-Chan portait une tenue aussi … différente que celle qui lui allait si bien d’ailleurs. Laissant tomber le kimono pour une combinaison sombre, digne des motards -cela explique donc la raison du casque-, la jeune femme s’agenouilla devant ma personne, gardant la tête baissée jusqu’à ce que ses mots résonnent à mon ouïe telle une soumission à un affrontement risquant de jaillir d’ici peu.

- Si vous n’étiez pas Dead Master-Sama, depuis longtemps je vous aurais giflée. Insane s’est réveillée très chère, je la garde sous ma tutelle en attendant que celle-ci se rétablisse. Nous avons à parler, lorsque vous aurez fini … d’être avec Ketsuki-San, autorisez-moi à être à vos côtés, Ayame-Sama.

Polie ? Trop même. Et que faire à tant de politesse ? L’ignorer royalement bien entendu ~ Et c’est ce que je fis, sans crier garde, j’adressais un dernier regard dédaigneux à Miri-Chan avant de poser ma main sur celle d’Akiha. Emportant mon amante à ma suite dans un nouvel espace, je nous dématérialisais du réfectoire nous ayant apporté que soucis depuis notre arrivée. Et quelle était ma nouvelle destination ? Chez moi bien entendu, et c’est dans une fumée verdâtre que nous fîmes notre apparition dans ce lieu que nous appelions « Maison ». Soupirant en touchant le sol, je me dirigeais instinctivement vers le centre du salon, faisant cent pas avant de me mettre face à Akiha pour lui demander, sans plus de tact ;

- Est-ce maintenant que nous devons nous fâcher mon cœur ? ~ Personnellement, j’ai bien envie de me laisser aller ~

Détruire mon appartement ? Oui, si cela me soulage, nous soulage ~

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Dim 4 Aoû - 21:14

Ce qui dut arriver, arriva comme prévu. Je m'attendais à ce que l'enfant insolente nous faisant face -moins fière qu'il y a de là quelques minutes- tombe dans l'oubli emportée par la mort adonnée de la main de la plus grande représentent de ce concept même qui faisait tant peur à l'être humain. Quoi qu'il en soit, les faits étaient là. Ayame décapita d'un simple coup de sa faux ladite gamine, et ce sans moindre remord, avec une teinte de satisfaction lugubre qui s'en suivit. Et moi, je n'ai pas bronché plus qu'il ne le fallait, ne relevant guère mon regard du plat sous mes yeux, sachant pertinemment que je ne saurais poursuivre mon repas. Non pas à cause du sang qui giclait dans tous les sens, déposant des traînées rougeâtres sur le sol dorénavant sale de la cafétéria. C'était mes propres ressentis qui ne me donnèrent le confort de manger, j'étais trop tourmentée par les paroles qui eurent blessés ma fierté. Les paroles dites par la bouche d'une de mes patientes que j'eus sauvée d'une mort certaine. Certes, je ne me voilais pas la face, je ne démentais pas mes responsabilités quant aux malheurs lui étant arrivées. Mais j'étais pas moins une scientifique sans compassion quand il s'agissait d'une découverte allant au-delà des mœurs inventés par les humains.

Ce qu'il en était pour l'instant, ce fut l'exacte pointe de la brûlure qui fulminait au fond de mon âme réclamant vengeance d'un tel outrage ayant mis ma réputation à rude épreuve. Je n’en me suis jamais inquiétée de ma notoriété en soi, jusqu'à peu, jusqu'à ce que je doive devenir quelqu'un d'assez important pour que les yeux d'Ayame se braque sur moi avec fierté. Et il était facile de se voir dégrader en moins de quelques secondes devant celle qu'on voulait épater, sous les paroles abjectes d'une autre personne. Voilà ce qu'il en était, j'étais traversée par une rage sourde qui jamais ne sortirait au grand jour, pas tant qu'Akiha -mon sombre coté maléfique- ne sera pas là pour s'occuper de cette charge m'encombrant avec tant de lourdeur. Seule une infime partie de ma dignité m'empêchait à me lever là et maintenant, pour extérioriser toutes mes ondes négatives.

Du moins, c'est ce dont j'essayais de me persuader tandis qu'un vacarme -anodin si le lieu était dans son état habituel- résonna dans la salle. C'est à ce moment que je daignais relever enfin mon regard perçant d'un œuf à moitié entamé. Qu'était-ce ? Je n'en savais rien, mais aux têtes que tiraient les petits chatons « innocents » de la salle, je pouvais aisément constater que la peur qu'inspirait Ayame les a imprégnée plus que de rigueur. Soupirant légèrement, je rivais mes billes sur le dos fin de mon amante qui ne tarda pas à se lever pour aller vers la provenance de ce bruit. La terreur... Un sentiment de peur panique que sa puissance et ses actions sanguinaires et aléatoires engendraient dans les esprits d'autrui. Dans le mien, ce ne fut qu'une douce appréhension se formant sous sa démarche féline. Allait-elle le tuer pour sa maladresse qui brisait cette horrible atmosphère de crainte maladive ? J'en doutais. Du moins, j'espérais que telles ne furent pas ses intentions. Cela se confirma sous une douceur morbide de sa part vis-à-vis de l'étudiant en « faute ». Assez pour qu'un sourire imperceptible se dessine sur mon visage composé. À présent, je comprenais avec doigté ce qui m'attirait tant dans sa personnalité bipolaire. Il m'en a fallu du temps, mais enfin, je savais.

- Une de plus ~

Impassible comme un roc, j'abandonnais les tentatives vaines d'instaurer un calme en mon sein, ne gardant qu'une enveloppe d'apparences plus que fausses. D'abord déconcertée, je ne tardais guère à comprendre le sens des mots de mon amante revenue calme après son meurtre sans scrupules. Déviant mes yeux clairs clamant mes origines autre que nippones, j'exprimais mon exaspération dans un soupir que je n'eus la possibilité de masquer sous ma frustration. Miri. Comme si j'avais besoin de sa présence inexistante pour que ma mauvaise humeur se manifeste d'au temps plus.

- Si vous n’étiez pas Dead Master-Sama, depuis longtemps je vous aurais giflée. Insane s’est réveillée très chère, je la garde sous ma tutelle en attendant que celle-ci se rétablisse. Nous avons à parler, lorsque vous aurez fini … d’être avec Ketsuki-San, autorisez-moi à être à vos côtés, Ayame-Sama.

Mes sourcils se soulevèrent sous l’incrédulité de ce que j'entendais. Peu suspicieuse de nature, je devais avouer que Miri était un énergumène qui me donnait froid dans le dos, mais pas dans le sens qu'on pourrait le croire. Comment osait-elle juste venir dans ce lieu de la sorte, pour mieux blâmer les manières de faire de la directrice de Undai ?! De plus, le fait que je concevais ce qu'elle voulait dire par « être avec moi », me mettait hors de moi. À croire que l'insolence dans ce lieu prit le dessus sur tout le reste. Tellement trop grossier. Je dus mordre l'intérieure de ma joue pour ne pas dire quelque chose de déplacé. Mon self-control se dilatant sous l'agacement qui bouillait ardemment dans mon âme. Si... Si seulement Ayame lui aurait répondu, je pense sincèrement -même mon ombre loin de moi- que je sauterais à la gorge de cette femme sous le moindre signe montrant son dédain à mon égard. Mais tel ne fut pas le cas. Le paysage m'accueillant en son antre se changea en un seul battement de cœur, emportant mon aversion ainsi que mon estomac fraîchement nourri, loin de l'ambiance chargée en nervosité de la cafétéria.

- Est-ce maintenant que nous devons nous fâcher mon cœur ? ~ Personnellement, j’ai bien envie de me laisser aller ~

Nourriture et téléportation ne font pas bon ménage. Se laisser aller. J'en avais envie aussi, et ce terriblement. Et cette certitude se renforça quand une voix envahissante empli mon cerveau de sa voix moqueuse. « Amusant ~ Je ne peux te laisser une minute seule que tu passes pour une serpillière aux morveux. » Lentement, je relevais mon visage serin pour déchiffrer les traits de la femme devant moi qui me fixait de son regard brillant. Toute nausée m'ayant quittée, laissant place à une évidente tempête de frustration attisée par le feu de la langue acérée de l'autre moitié de mon esprit. Serpillière aux morveux donc... Croyait-elle vraiment que je ne pouvais me débrouiller sans sa présence néfaste ?! Sans vraiment saisir mes propres gestes au premier abord, je sentis mon corps se détendre, telle des digues se pliant pour mieux se briser sous une masse d'eau indomptable.

Je me laissais aller avec la bénédiction formulée de ma chère déesse de la mort. Non que j'eusse pris ses paroles au premier degré dans toute ma lucidité, mais au final, cela m'arrangeait de le prendre de la sorte. D'abord composée et clame, je finis par montrer ce qui grondait au fond de mon être après l'affront répété subi même pas deux minutes auparavant. Ne prenant garde à une quelconque réaction pouvant venir de ma femme toujours aussi stoïque au milieu du salon, je me lâchais dans un souffle et un cri de colère retenu. Et ma première victime ne fut autre que la bibliothèque se trouvant dans mon dos. D'un geste plutôt incroyable et trop puissant pour une femme d'âge moyen, j'agrippais les étagères pour mieux les tirer vers moi, les faisant tomber dans un fracas monstre au sol, éparpillant les livres et autres babioles s'y trouvant dans tous les coins. Non-rassasiée de ce petit manège, je poursuivis, attrapant des objets quelconques pour les lancer à travers la pièce, me déplaçant d'un coté à l'autre du salon pour mieux y faire naître une anarchie sans nom, accompagnée de jurons subtiles et plaintes dites à mi-voix tandis que je m’essoufflais sous tant de mouvements soudain. Entre mes « Petite gamine insolente, elle va m'entendre » ou des « Aucun respect, impardonnable » pour poursuivre dans des abjures concernant mon ego sur un « oser parler de moi de la sorte ! Inimaginable ! » Et tout cela pour finir par balancer -avec un cri offusqué- un livre à travers la pièce qui atterrit droit sur l'écran noir, le détruisant dans des crépitements électriques. Et là, fatiguée et passablement calmée, une idée germa dans mon esprit, sans prendre en compte le désordre monstre régnant dans l'appartement de mon amante. Tournant mon regard à moitié fou vers Ayame, je m'exclamais éblouie, comme si je n'avais jamais mis sans dessus-dessous sa maison.

- Des corps ! C'est ça ! J'aurai besoin de corps Ayame !

M'approchant d'elle en trois grandes enjambées, je la saisis fortement par les épaules pour plonger mon regard brillant dans ses billes vertes, essayant de lui communiquer vainement ce qui traversait mon esprit sur le moment. Agacée par ce manque de compréhension, je claquais la langue contre mon palais avant de me détourner de la femme devant se demander ce qui me passait par l'esprit, prenant mon menton entre mon pouce et mon indexe, je pris une position de réflexion tout en continuant à m'exprimer avec une voix perchée dans les aigus, usant quasiment de la conscience de mon ombre pour oser émettre ce genre d'idées entre des bribes d'informations tels que « de différents âges, un bébé, un adolescent, mais aussi un adulte... », pour mieux y ajouter quelques propositions de plus comme « un sexagénaire aussi... tous dépourvu de matérialisation. » Tout cela en me rendant peu à peu compte de l'horripilante vérité sur les expériences qu'il fallait que je pratique. Et dans ma tête, tandis que j'exposais moyennement mes pensées à Ayame, un rire lugubre m'envahit, confirmant à quel point j'étais un monstre. Chassant la voix du monstre devant s'occuper de Kei en ce moment, je fis brusquement volte-face en direction de la seule âme vivante de l'appartement. Comprenant qu'elle devait me prendre pour une folle apte à être enfermée dans un asile, je me calmais finalement. Soupirant légèrement, je vins lui exposer enfin mes idées en quelques mots qui devraient lui faire comprendre le fond de ma pensée, tout en prenant une de ses mains froides dans les miennes.

- L'excroissance Ayame ! Ce ne sera pas évident à concevoir, mais si ça marche, je pourrai les faire grandir plus vite... Mais i y a un hic quant à la progression...

Me mordant une phalange tout en réfléchissant, je fis les cents pas, plongée dans des calculs scientifiques, écrasant malencontreusement un morceau de verre qui craqua sous mon talon. Ah... Je soupirais légèrement en remettant mes mèches rebelles en place -défaites à cause de ma folie passagère- revenant vers Ayame, mais cette fois-ci avec une mine mi-honteuse mi-innocente.

- Retournons au labo Ayame … nous y serons mieux « pour réfléchir ».

Cette fois, c'est un sourire digne de mon nom qui se fraya un chemin sur mes traits détendus. Nous avions tant à faire... Personnellement, je préférais qu'Ayame n'accède pas à ma requête, en vue de l'abomination que cela provoquerait en pratique. Ma conscience ne supporterait sans doute pas, mais mon génie si. Et je laisserai à Akiha le plaisir d'insister auprès de ma femme afin d'obtenir les éléments demandés. Prenant Ayame par les mains, je déposais un baiser fugace sur ses lèvres douces, après m'être défoulée.

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Dim 4 Aoû - 22:22

Je lui donnais le champ libre, elle avait le droit de détruire cet endroit si cela pouvait la calmer. Son énervement était palpable, d’où je me trouvais, je pouvais voir les filaments de colère s’échapper d’elle. En riais-je ? Littéralement oui ~ Et la suite ne pouvait être que meilleure, surtout quand un hurlement de frustration risqua de briser mon tympan et que je vis ma magnifique bibliothèque se retrouver au sol dans un boucan monstre. Mais ma chère épouse n’allait guère s’arrêter à cela, ce n’était que le début. Évitant pendant une vingtaine de minutes les projectiles qui traversèrent la pièce, je me posais sur mon sofa, livre ramassé au préalable dans les mains ~ Je n’ai guère fait attention à ses dires, après tout, lorsque nous sommes dans un tel état, nous ne voulons nullement être dérangé et je respectais cela. Prenant donc l’œuvre de mon cru en main, je déchiffrais les mots s’y trouvant. « L’internement ». Choix amusant n’est-ce pas ?

Ce livre raconte la vie d’une jeune femme -scientifique retenue- finissant par se faire interner après avoir brusquement mis feu à son établissement universitaire. La raison ? Le traitement des étudiants ~ Mais le plus amusant dans cet acte fut qu’elle enferma toutes les classes et les salles se trouvant dans le bâtiment. Ne serait-ce que pour être sûre que tout le monde flambera n’est-ce pas ? ~ Et la suite ? Sur l’incident une centaine de pages, le plus important du livre fut sans doute la manière dont son internement fut décrit. Premièrement, cela se lisait comme étant le journal de la malade, le livre avait été écrit par la patiente se trouvant à côté de la cellule de cette enseignante délirante ~ Et que disait-elle ? « Il lui arrivait souvent de se jeter sur les barreaux en criant que si personne ne la sortait d’ici, elle nous tuerait tous ». « Le plus terrifiant étant sans doute quand elle parlait toute seule, à croire qu’elle n’était pas seule dans sa tête » … Oui, j’ai ri en levant mon regard vers Akiha ~ Serait-ce sa mère ? Non, arrêtons donc ces aberrations et regardons plutôt Ô comment mon écran plasma se fit littéralement éclater par … serait-ce ma tasse favorite qui se trouvait brisée parmi les morceaux de l’écran ? ~

Soupirant en levant mes épaules en signe de résolution, je me relevais en évitant de justesse un nouveau je ne sais quoi s’éclatant contre le mur derrière moi. M’avançant vers le centre de la pièce pour juger les dégâts alors que des bruits étranges sortirent des lèvres de mon amante, je croisais les bras. Avais-je eu raison de l’épouser ? Non, depuis le début cette décision était absurde, mais l’amour, que voulez-vous ? ~ Ce n’était pas comme-ci je ne connaissais pas non plus le monstre qu’elle était, depuis le début je savais Ô combien Akiha-Chan n’était en rien un ange ~ Après tout, jamais je n’aurais pu aimer une personne n’ayant pas autant de sadisme que moi-même ~
Monstrueuses ~

- Des corps ! C'est ça ! J'aurai besoin de corps Ayame !

Voyant ma tendre et charmante compagne accourir dans ma direction, j’ouvris les bras instinctivement pour la recevoir alors que celle-ci préféra me secouer comme-ci je n’étais qu’un simple pommier afin de faire tomber les pommes. Finalement, j’en étais un à l’écoute de ses dires. Des corps, ma chère et tendre sauveuse de l’humanité me demandait clairement de lui apporter des corps … vivants ? ~ Sans doute, sinon où serait la raison de m’en demander, ne savait-elle peut être plus où se trouvait la morgue ? Trêves de plaisanteries, des corps. Je pouvais en avoir par centaines, milliers, après tout, n’étais-je pas la directrice de Undai, peuplé d’environs des centaines de corps humains grouillant mes couloirs ? ~

- De différents âges, un bébé, un adolescent, mais aussi un adulte... un sexagénaire aussi... tous dépourvu de matérialisation.

Et c’est ainsi que tout se corsa … plus ou moins. Des corps dépourvus de matérialisation signifiait donc autre chose que des enfants de Undai. Soupirant légèrement en prenant mon cellulaire, je fis glisser mon doigt sur les touches afin d’atteindre mon répertoire pour appeler Yume-Chan ~ Du moins c’est ce que je comptais faire quand je me rappelai -cela m’arrive- des paroles de Miri-Chan. Mon ange se trouvait dans une posture telle, qu’elle ne pouvait subvenir à mes besoins … demander directement à quelqu’un d’autre ? Yomi-Chan ? Autant aller le faire moi-même si je veux des personnes vivantes avec une tête sur les épaules ~ Soupirant une fois de plus en me demandant pour quand ces corps avaient besoin d’être livrés, je m’apprêtais déjà à lui poser la question, mais celle-ci m’interrompait.
En y pensant … pourquoi voulait-elle des corps ? Huhu ~

- L'excroissance Ayame ! Ce ne sera pas évident à concevoir, mais si ça marche, je pourrai les faire grandir plus vite... Mais i y a un hic quant à la progression...

L’excroissance ? Voulait-elle leur faire pousser une tête de plus pour qu’ils pensent mieux ? Huhu, je plaisante ~ Et plus sérieusement, les faire grandir plus vite disait-elle. Chose difficilement concevable, du moins mon esprit n’arrivait à assimiler ces deux informations, les faire grandir plus vite les ferait mourir plus vite également. Il y avait cette équation sur laquelle j’étais tombée récemment démontrant comment il était possible de faire dupliquer des cellules souches afin de guérir x et x maladies plus vites … Cela ne nous serait pas utile … Bien que … Non, il y avait plus simple. Les plonger dans un espace tempo-spatial … Oui ! Les faire grandir dans un espace temps conçu pour qu’un jour dans notre monde, représente trois jours dans le leur par exemple ! L’excroissance … Une génie ~

- Retournons au labo Ayame … nous y serons mieux « pour réfléchir ».

La réponse était déjà là, j’avais déjà le schémas en tête, à présent il ne suffisait plus qu’à le créer. Mais avant toute chose, je voulais de l’amusement, et c’est pour cela que la folle idée de ne pas partager mes idées avec Akiha-Chan me traversa l’esprit. Préférant voir si cette enfant trouverait à son tour un moyen pour faire grandir ces prototypes, ou si elle échouerait lamentablement ~ La méchanceté était innée chez les monstres, c’est la nature que vous devez juger pour avoir laissé de tels êtres naître ~ Gloussant légèrement sur mes pensées, j’acceptais avec avidité son baiser, m’embrasant au point de vouloir l’approfondir, attrapant sa taille pour venir nous poser délicatement contre le fauteuil -entier- dans ce paysage apocalyptique. Agrandissant mon sourire en passant une main sur sa peau devenant brûlante, je fis glisser mes doigts jusqu’à son bas ventre sans moindre dérogation. Emprisonnant sa peau entre mes dents, je jouissais de ce corps devenant humide sous chacune de mes caresses tendres ~

- Nous pouvons tout aussi bien réfléchir ici mon cœur ~ Ton idée est à creuser mon cœur, comment selon toi pouvons-nous empêcher le vieillissement des cellules motrices de la croissance selon toi ? ~ Qu’entends-tu par futur proche ? ~ D’autant plus, je ne crois pas qu’en injectant une dose décuplée de lactose dans ces sujets, tu arriveras à les faire pousser plus vite ~

Me moquais-je de son idée ? Nullement, je m’amusais simplement à l’inciter à réfléchir plus vite ~ Après tout, ne dit-on pas que contraint à la mort, nous luttons jusqu’à la survie ? L’homme est bête, un animal vivant pour se protéger et ne jamais être remi en question ~ Je savais qu’Akiha-Chan n’allait pas s’offusquer sur mes dires, au contraire, de simples paroles pouvaient faire naître un livre, ainsi donc des idées ~ Glissant un doigt entre ses lèvres humides, je rentrais en elle avec lenteur tout en laissant mon visage descendre sur sa poitrine, faisant éclater ses boutons du chemisier de mes dents pour venir me heurter à un soutien si attrayant que je laissais ma vue se perdre dessus ~

- Tu le disais toi-même, il faudra savoir l’arrêter ~ Premièrement préoccupons-nous de la technique que tu utiliseras pour faire grandir ces êtres ~ Stimulant le cerveau, un hémisphère en particulier que tu charcuteras ? ~

Remontant pour venir enfermer mes lèvres sur les siennes, je laissais mes mains gérer son corps avec tendresse et envie, accentuant des vas et viens jusqu’à ce que son corps se raidisse, jusqu’à ce que je la sente jouir entre mes lèvres ~ Donnant un dernier mouvement de main en elle et ce fut la fin, une douce et longue agonie de plaisir envahissant l’atmosphère et je me détachais de son corps, remettant mon col correctement en laissant un fin sourire satisfait se dessiner sur mes lèvres. Laissant mes talons claquer sur le sol, je me dirigeais vers ma cuisine où j’allumais l’eau ~ me lavant les mains rapidement en préparant le café d’Akiha-Chan, j’attendis un court instant avant de faire ma réapparition dans le salon … catastrophique.

- Restons ici pour l’instant ~ Akiha-Chan me fera-t-elle le plaisir de ramener son ombre ainsi qu’Izanagi-Kun ici ? ~ Demande lui juste de le ligoter et de mettre un sac sur son visage, cela l’amusera sans doute encore, Huhu ~

Lui tendant sa tasse tout en disant cela, je me dirigeais vers ma bibliothèque, remettant les livres et les armoires en place d’un simple battement de cils. Faisant de même pour le reste de la pièce, je me dirigeais à présent vers mon téléviseur … Hum. Serait-ce étrange de vous dire que je ne savais le réparer aussi aisément que le reste ? ~ Gloussant légèrement en rassemblant les débris dans un coin de la pièce, je finis par m’asseoir à côté de mon amante tout en fixant le mur me faisant face.

- Devrais-je le retirer de ton salaire mon amour ? ~ Huhu ~

Une plaisanterie comme une autre, suivie d’un simple baiser sur la joue pour lui faire comprendre que je plaisantais. Cependant, je ne serai tout de même pas contre le fait d’aller en chercher une nouvelle en sa compagnie ~

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Lun 5 Aoû - 20:19

Je réfléchissais à toute allure, ne faisant guère attention au bazar digne d'un ouragan qui eut ravagé la pièce principale de la demeure d'Ayame. Soupirant d'aisance entre deux bouffées d'air prises sous des baisers doux et embrasant, je me laissais aller aux touchers attentionnés de mon amante. Mon esprit tournait à cent à l'heure, essayant de trouver une solution théorique au problème posé avant de la mettre en pratique dans un bain de sang à nature scientifique. Ce qui fut d'autant plus compliquée quand la voix d'Ayame -qui prit toute mon attention- résonna doucereusement sur les murs du salon et surtout, à mon ouïe. Ah, sa voix ! Elle m'enrobait de son miel et m'embrouillait l'esprit au point que ce fut mon corps qui prit le dessus sur la réflexion. Ce corps quémandant plus, s'embrasant sous les doigts glacials de mon amante. Mon Dieu que je la voulais en moi... Tout le temps, à tout moment, je ne désirais qu'une chose, que ses mains expertes se saisissent de mon être, qu'elle me fasse perdre la tête jusqu'à ce que je m'abandonne à elle, complètement sous sa merci.

- Nous pouvons tout aussi bien réfléchir ici mon cœur ~ Ton idée est à creuser mon cœur, comment selon toi pouvons-nous empêcher le vieillissement des cellules motrices de la croissance ? ~ Qu’entends-tu par futur proche ? ~ D’autant plus, je ne crois pas qu’en injectant une dose décuplée de lactose dans ces sujets, tu arriveras à les faire pousser plus vite ~

Un frisson me parcourut quand elle me pénétra délibérément, doucement. Trop lentement, tellement que j'aurais voulu grincer des dents et la repousser brusquement. Mais mon envie me trahit avec une grâce inexistante. La vague chaude m'envahit avec tendresse, je gémis sous l'impuissance qui me gagna aussi lentement que les vas et viens d'Ayame me labouraient aisément. Je fermai les yeux, goûtant à toutes ces sensations, oubliant l'énigme qui engagea mon esprit dans une lutte de connaissances. Que pouvais-je faire au juste, sous la main d'une telle femme ? Rien, rien que profiter et me plaire dans ses attouchements. Seulement penser que Dead Master me faisait l'amour me donnait des frisions insupportables que je ne saurais cacher dans un tel instant. Je la voulais en moi, plus, toujours plus. Son souffle chaud, son sourire, ses murmures, cela me rendait folle, totalement incontrôlable et affamée de jouissance. D'ailleurs, ceci se confirma sous mes déhanchés disparates qui enflammèrent mon âme au plus profond de mon être.

- Tu le disais toi-même, il faudra savoir l’arrêter ~ Premièrement préoccupons-nous de la technique que tu utiliseras pour faire grandir ces êtres ~ Stimulant le cerveau, un hémisphère en particulier que tu charcuteras ? ~ 

De quoi parlions-nous encore ? Je le savais, je n'oubliais guère ce qui me préoccupait au premier plan. Par contre, aucune réponse ne saurait franchir le pas de ma bouche, ni de mon cerveau au préalable. J'étais condamnée au plaisir doux qui m'était administré. Ayame... Oh Ayame ! Je n'ouvris pas les yeux, me perdant dans son baiser langoureux, un geste simple mais avec tant de sous-entendus. Mes gémissements se faisaient étouffer par la bouche de mon amante, à mon plus grand soulagement. Toutes les forces me quittèrent, et je laissais mon amante prendre le dessus sur la danse de nos deux langues envieuses. Je n'en pouvais plus. Et plus je luttais, plus mon désir grandissait, plus ma tête demandait à se refroidir, plus mes mouvements devenaient désespérés. Plus. Je voulais plus. Mais mon corps n'en pouvait plus. Ceci se marquant sous un dernier râle de ma part et mes mains qui se décrochèrent avec lourdeur des habits de ma compagne. Je ne me rappelais même pas l'avoir agrippée sous le plaisir violent m'ayant saisi. J'étais bien, terriblement bien, mais en rien efficace.

Un soupir las traversa mes lèvres quand Ayame s'éloigna tout aussi vite qu'elle fut venue me posséder. Je me brisais dans le gouffre de son absence, désireuse du plaisir passé. Mon corps langui et détendu n'avait guère envie de se lever, réagir et à nouveau, être opérationnel. Quelle douce torture qu'était d’être satisfaite sexuellement ~ « Plaisant, effectivement, Akiha. » Je ris, délicatement, et secouais la tête avec incrédulité. Ma chère ombre ténébreuse fulminait de jalousie, elle qui devait s'occuper du frère aîné de mon amante, sans pouvoir goûter à l'exquis déclin d'une âme rassasiée. Reboutonnant ma chemise sans perdre ma bonne humeur soudaine -chose improbable après mon énervement de tout à l'heure- c'est avec une certaine sensation de gêne limitée que je portais mon regard sur ce qui m'entourait. Alala, comme il était facile de semer la destruction... Dommage que la reconstruction n'était pas tout aussi aisée. Bon, où étaient les balais que j'en fasse bon usage ? Ah. Pour la petite histoire -avant de se retourner vers le vif du sujet dont je fus la créatrice avant les assauts sexuels m'ayant attrapés- je devais avouer que moi et le ménage ne faisions pas bon ménage. La dernière fois que j'eus rangé quelque chose, cela remontait à mon enfance, à dire, il y a très longtemps d'ici. Par la suite, quand je sus me payer un appartement, j'ai engagé des personnes qui s'occupaient de l'hygiène de mon lieu de vie. Je peux assurer une chose, les scientifiques étaient bordéliques, ce n'était pas qu'un mythe. Et je le fus aussi, avant de devenir assez ordonnée dans mes idées pour que tout autour de moi devienne stérile. Je ne raconterai pas l'histoire qui me fit devenir complètement maniaque par contre, ce n'était pas un bon souvenir.

- Restons ici pour l’instant ~ Akiha-Chan me fera-t-elle le plaisir de ramener son ombre ainsi qu’Izanagi-Kun ici ? ~ Demande lui juste de le ligoter et de lui mettre un sac sur son visage, cela l’amusera sans doute encore, Huhu ~

Pardon ? Un masque de surprise parut sur mon visage tandis que je m'arrachais de mes souvenirs, prenant machinalement la tasse tenue par cette main qui m'eut donnée tant de plaisir. Aaah. Un geste anodin de la main pour consentir à sa demande, je laissais mon ombre s'en charger, certaine qu'elle épiait notre conversation depuis que nous avions quittées le laboratoire. Je m'adossais confortablement contre le canapé, recouvrant mon calme serein tint d'une amabilité innée et habituelle en moi. Je me demandais... Ce qu'Ayame pensait de son lieu de vie. Qu'il était en désordre, vu que tout se rétablit dans ce lieu en un clin d’œil. Douée... Elle l'était, après tout elle fut la créatrice de la matérialisation. Personnellement, cela m'aurait pris plus de temps de tout arranger en utilisant cet art. J'étais habile pour charcuter et recoudre les êtres humains, mais pas pour faire du ménage express.

- Devrais-je le retirer de ton salaire mon amour ? ~ Huhu ~

Quelle plaisanterie digne de me rappeler ma folie passagère. Cela eut aussi de bons cotés, comme le fait que je me remette à réfléchir sur les questions qu'elle m'eut posée pendant nos ébats enflammés. Je n'avais aucune raison de m'offusquer de ses paroles, j'étais vraiment en tort dans l'histoire. Mais si je devais valoir mon esprit calculateur dans le débat, je dirais que cette petite merveille accrochée au mur du salon devait coûter dans les septante milles -si pas plus-, une petite merveille difficile à trouver sur le marché. Le sang se dégagea de mon visage devenu blême. Pour plus de précision, un enseignant dans cet institut gagnait en moyenne entre quatre à dix milles par mois. Avec mes heures supplémentaires -en tant que hôte d'Ayame, oui- je pourrais arrive à dégoter douze milles par mois, sans oublier les frais de mon propre entretien. En somme, pour faire court, il me faudrait au moins une année entière à travailler gratuitement pour rembourser le prix de ce téléviseur. Qu'est-ce qui m'est passé par la tête de détruire cet objet sous une crise de colère ?! Changeons de sujet, pitié.

- Non... Mais on pourrait en chercher une nouvelle en même temps que des vêtements pour un enfant que je voudrais avoir dans un futur proche ~

Plaisanterie malsaine ? Pas du tout, c'était elle qui lançait le sujet sur le tapis depuis tout à l'heure, je ne faisais que lui répondre avec malice, la taquinant par la même occasion. « Ouais, mais entre-temps tu es condamnée à payer pour tes excès de colère, Akiha ~ » Oui, mais si tu étais là, je n'aurais pas à m'extérioriser de la sorte. D'où une jolie pique de sa part, comme quoi c'est moi qui suis partie sans demander mon reste. En somme, j'étais plongée dans un échange silencieux et à distance avec ma sombre moitié faite de méchanceté. Sauf qu'il faudrait que je me concentre sur mon amante de peur qu'elle prenne mal mes dires. Souriant doucement, j'attrapais sa main avec délicatesse pour continuer à m'exprimer à son égard, cette fois-ci, d'un ton dépourvu de toute moquerie.

- Accélérer la croissance est dangereuse, entre les malformations et un vieillissement rapide, nous avons une marge de manœuvre minime... Si même Keitaro n'a pas trouvé comment...

Je m'interrompis dans l'exposition de mes pensées à haute voix, quand un bruit nous parvint du passage secret en dessous des escaliers en verre. Fronçant les sourcils, je vis Akiha aux yeux rouges, pénétrer dans le hall, un large sourire de satisfaction faisant démonstration de son humeur pleine de sadisme. Grimaçant quand je vis la cause de sa joie, je passais la main dans mes cheveux de blé, exaspérée. Et la raison de cela ? Mon ombre morbide eut la bonne idée de suivre les directives d'Ayame à la lettre. Je pouvais voir, dans sa poigne, une chaîne au bout de laquelle Keitaro était attaché par les poignets, ses yeux bandés par une étoffe noire et sa bouche obstruée par une lanière de cuir. Outrée de voir que mon ex-fiancé ressemblait à un otage de Bagdad, un petit cri d’exclamation sortit de ma bouche avant que je n'ordonne à Akiha de relâcher sa prise.

« -Je t'assure que ça l'amuse ~ »

Quoi qu'elle puisse m'assurer, je m'en fichais complètement, claquant des doigts pour évaporer toute cette garnison digne d'une œuvre sadomasochiste. Keitaro libéré de ses entraves, je me rassis tandis qu'il vint à nous, fidèle à lui même avec son sourire tranquille lui barrant le visage, tandis que dans le fond, mon ombre riait d'amusement. Une petite vengeance n'est-ce pas ? Je n'étais pas dupe, je savais parfaitement que cela commençait par des petites blagues pour se terminer -innocemment- par un meurtre prémédité.

- Maaah. L'autre partie de ton âme est d'une subtilité incroyable. Un peu vulgaire, mais cela te ressemble bien, Akiha ~

Détournant le regard sous le « compliment » teintée de ruse de Kei, je ne commentais pas ses paroles. Deux Eimin à l'humeur taquine dans une pièce, c'était trop, même pour moi. Portant la tasse de café à mes lèvres, je fermais les yeux, essayant de remettre mes idées en place. Il a dû essayer aussi d'accélérer la croissance humaine... Il a réussi dans une mesure incroyable, fabriquant un corps à l'âge adolescent en un an seulement... Donc, le problème ne venait pas de comment stopper l'accélération, mais de comment procéder afin que cette accélération ne tue pas le sujet et le développe correctement... Mais...

- Le seul facteur pouvant stopper le vieillissement des cellules avec facilité, c'est votre gène. Mais comment... Keitaro ?

Toujours en pleine réflexion, je relevais mes billes interrogatrices sur le seul homme présent dans la pièce. Comme de conserve, son expression changea pour montrer une sorte de sombre concentration, pour finalement se changer en une simple impuissance déductible par des années d'essais. « J'ai poussé au maximum. Il est humainement irrationnel d'augmenter la vitesse ~ » Hochant de la tête pour unique réponse, je comprenais ce qu'il voulait dire, nous étions d'accord sur le sujet. Pourquoi vouloir accélérer un développement déjà extraordinairement rapide, sous risque d'avoir un être imparfait sous l'impatience. Sauf qu'Ayame était ce qu'elle était, et l'impatience d'une vie humaine était un de ses défauts. Et quand Dead Master demande, elle l'a, au grand damne des concernés.

« - Hmmmm... Je peux tout aussi bien te payer en nature pour cette tv, heh ~ »

Tournant ma tête vers la provenance de ces paroles, je fis 'non' de la tête en voyant une scène complètement exaspérante. À savoir, ma chère ombre jouissant de son enveloppe charnelle, ne tarda pas à sauter sur Ayame avec sa grâce féline et son envie de sexe inassouvie. Bon, j'exagérais tout de même les choses, elle vint juste se placer derrière le canapé là où Ayame était assise, elle passa ses bras autour du cou de la directrice de Undai pour mieux lui lécher l'oreille avec obscénité. Encore un peu et elle passerait ses mains sur son décolleté pour la tripoter en toute impunité. Et tout cela sous le regard étrangement amusé de Kei. Me raclant la gorge, mais sachant que cette chose abominable ne s'en préoccupera pas, je me levais vivement, pris l'homme par le bras et l’entraînais avec moi vers la cuisine. Autant lui épargner ce spectacle qui me mettait mal à l'aise.

- Alors ainsi, Ayame-Chan s'est vraiment amourachée de toi ~ Cela ne m'étonne pas en soi... J'ai entendu des choses, dont beaucoup qui me désolent. Dis-moi Akiha, que veux-tu obtenir de cette expérience ?

Ne répondant rien à ses demandes, je lui tournais le dos, sentant son regard pesant sur ce dernier. À croire que tous les Eimin étaient pareils, essayant de deviner ce qu’il se trame dans l'esprit d'autrui pour mieux le déchiffrer. Sauf que, malheureusement pour eux, j'étais douée à ce jeu aussi, c'est pourquoi je ne flanchais pas, préférant infuser un café à l'homme qui se tint toujours debout, à me surplomber de ses yeux si similaires à ceux de sa sœur. Attendant que le café soit préparé, je me tournais finalement vers lui, brisant le mutisme en lui tendant la tasse dans un « Si tu es aussi perspicace, tu n'as qu'à le deviner par toi-même » sans moindre douceur. Croisant ses billes, je soutins son regard, et je me rappelai. Il n'y avait pas besoin de mots pour que nous nous comprenions. Nous n'avions eu guère le temps de parler de ce qui s'est passé, et maintenant, tout se disait et s'expliquait dans ce simple échange visuel, pour qu'au final, Kei hausse les épaules et sorte de la cuisine sous un « Excellent, ce café ~ ». Attendant quelques secondes qui me parurent être des heures, j’emboîtais ses pas, décidée à ne relever aucun signe avant-coureur de cette conversation pleine de méfiance.

- Je pense... Qu'il me faudra du temps pour développer une équation efficace avec toute l'aide que vous pourrez m’apporter, je pense procéder par la méthode de fusion entre la matérialisation et la culture de cellules. Sinon... Akiha, veux-tu bien arrêter ? ~

Tout en parlant, je me suis approchée de ma place initiale, aux cotés d'Ayame, m'asseyant à sa droite, juste sous le feu du regard de Keitaro qui était abîmé dans une réflexion teintée d'amusement. Sauf que ma chère ombre, à qui j'ai manqué dirait-on, finit par lâcher Ayame pour venir mieux titiller ma conscience de ses suppositions dérangeantes. Assez pour que je lui intime le silence. Pourquoi devais-je réfléchir à tant de choses ? Pourquoi devais-je être saisie d'une telle paranoïa concernant cette expérience au point de me sentir démaquée de plus en plus à chaque battement de cœur ? Je ne savais pas, mais je n'aimais pas cela.

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Mer 7 Aoû - 20:55

Satisfaite de mes exploits passés, je me laissais aller dans ce divan ayant survécu à la tempête nommée Akiha. Croisant les jambes en me posant un peu plus en profondeur, je jouais avec le liquide flottant dans ma tasse en me relaxant dans ce lieu devenu ne serait-ce qu’un peu plus propre. Oui, tout le monde savait que j’étais maniaque, au point de tuer quiconque oserait détruire mes appartements … Cette règle ne s’appliquait pas à Akiha-Chan, cela va de soit. Et après tout, elle n’était pas tout le monde … D’autant plus que je lui avais donné ma bénédiction ! Oui, l’amour n’avait rien avoir là dedans ~

- Non... Mais on pourrait en chercher une nouvelle en même temps que des vêtements pour un enfant que je voudrais avoir dans un futur proche ~

Parlait-on de mon téléviseur qui m’avait coûté une certaine fortune ? Sans doute en vue de son air dédaigneux. Ce genre d’appareil coûtait dans les septante milles, un écran aussi grand, sur mesure avec tous les gadgets intégrés voyait son prix doublé … en comptant correctement, pouvais-je dire qu’Akiha-Chan travaillerait pendant deux années consécutives gratuitement ? Plaisant, bien que je ne crois pas que cette personne puisse s’y faire ~ Cela remonte à un bon mois d’ici, lors de son dernier payement, j’avais pris l’habitude de faire ses versements les dix du mois à dix heures piles ~ Une certaine régularité que je ne sus respecter le mois passé étant donné que je n’étais pas présente. Les versements automatiques ? Pour que l’on vide mes comptes ? ~ Hors de question. Mais revenons plutôt à ce qu’il s’est passé lorsque mon payement est arrivé avec -exactement- trois heures vingt quatre minutes en retard ~ Je me suis retrouvée avec ma chère Akiha-Chan, presque en larmes, me demandant pourquoi elle n’avait pas reçu son bien … Pauvre chose, il était tout aussi marrant de voir sa tête quand elle comprit que ce n’était qu’un petit retard ~

- Accélérer la croissance est dangereuse, entre les malformations et un vieillissement rapide, nous avons une marge de manœuvre minime... Si même Keitaro n'a pas trouvé comment...

Comme le dit l’expression, sauter du coq à l’âne, nous en arrivâmes à parler des expériences à présent. Toujours assise aisément, je laissais ses fins mots se glisser jusqu’à mon ouïe quand elle émettait l’hypothèse dite précédemment que l’accélération était dangereuse. Ce que je retenus principalement de ses dires fut qu’elle me compara à mon cher frère. Quelle méchanceté, mon intelligence le dépassait tellement qu’il en revenait à comparer une huître et Einstein. N’abordant tout de même pas mon air boudeur en entendant du bruit venir de non loin de nous, je déviais mon regard vers la trappe servant de passage secret vers mon laboratoire. Sirotant toujours mon thé en voyant l’ombre arriver en compagnie de mon cher frère, c’est avec un certain sourire moqueur que je le vis ~ « Je t'assure que ça l'amuse ~ » Serait-ce donc ce genre d’homme ? Et je n’en doute même pas ~

- Maaah. L'autre partie de ton âme est d'une subtilité incroyable. Un peu vulgaire, mais cela te ressemble bien, Akiha ~

Riant légèrement à ces dires, je soulevais les épaules en me levant. Décidée à accueillir mon cher frère comme il se le doit, je lui adressais une fine étreinte avant de lui accorder un sourire amical. Sa réaction ? Digne de sa splendeur « Eimin ». Reprenant ma place en jugeant du regard l’ombre -étrangement excitée à mon goût-, je laissais couler mon regard envieux sur sa personne. Coucher avec la gentille est magnifique, avec le sombre côté également … et l’une après l’autre, encore mieux. Me mordillant la lèvre inférieure en signe d’envie, je me laissais planer sur mes pensées alors que la parole fut reprise par ma tendre épouse.

- Le seul facteur pouvant stopper le vieillissement des cellules avec facilité, c'est votre gène. Mais comment... Keitaro ?

Non, décidément je n’avais pas la tête à ça. Pour pouvoir travailler et réfléchir pleinement sur ce sujet, il fallait que je sois conditionnée pour, que j’aie envie de travailler et non sauter sur la chose en chaleur qui se rapprochait à pas de loup de ma personne. Acceptant sans le montrer l’ombre se glisser dans mon dos, je fermais les yeux en laissant mon épouse et son ex-fiancé s’éclipser dans la cuisine. « Hmmmm... Je peux tout aussi bien te payer en nature pour cette tv, heh ~ » Autant dire clairement que je n’attendais que ça, bien que l’envie de lui faire payer ce téléviseur persistait quelque part dans mon esprit radin. Gloussant légèrement en attirant son visage au mien, j’y déposais un chaste baiser avant de lui répondre avec avidité ;

- Tu pourras toujours faire les deux ma chère ~ Mais dire cela ainsi est dangereux, depuis tout ce temps, ne connais-tu donc toujours pas mon avidité à ces pratiques des plus … Hum ~

Gémissant trop bruyamment sans doute sous les actions de l’ombre, je me fis surprendre quand celle-ci glissa ses mains dans mon décolleté. Avide d’être soumise à celle-ci, je l’attirais littéralement vers moi, la faisant basculer de manière à ce qu’elle se retrouve contre mon corps glacial. Affichant un petit sourire carnassier, je laissais son souffle ainsi que ses canines se planter dans ma chair tendre. Mauvaise fille ~ Tellement mauvaise, que je la poussais dans un dernier ricanement pour reprendre ma place assise. Reprenant mon livre en montrant bien que je n’avais pas envie d’elle -ce qui était faux-, je me plaisais à la laisser essayer de me déconcentrer, que ce soit en m’attouchant ou encore en me gloussant dans l’oreille des dires obscènes humidifiant avec aisance mes sous-vêtements ~

- Après tout, je ne peux pas être plus mouillée que je ne le suis déjà ~

« On parie ? Heh ~ ». Aurais-je dû dire non avant qu’elle ne passe sa main entre mes jambes ? Sans doute, mais il était trop tard ~ Nous amusant de la sorte jusqu’à ce que mon épouse revienne, je levais le regard dans sa direction quand elle nous foudroya. Jalouse d’elle-même ? Voilà un concept intéressant. Huhu ~ Toussotant légèrement en réinstaurant le calme en moi, je me redressais, tout d’un coup intéressée par les dires des deux scientifiques présents devant ma grandiose personne ~

- Je pense... Qu'il me faudra du temps pour développer une équation efficace avec toute l'aide que vous pourrez m’apporter, je pense procéder par la méthode de fusion entre la matérialisation et la culture de cellules. Sinon... Akiha, veux-tu bien arrêter ? ~

Jalousie donc ~ Et au grand jamais je ne voudrais que cette rivalité entre ces deux êtres unifiés ne s’arrêtent. C’était plaisant de se faire vouloir par deux entités, surtout quand le maître se plaisant à montrer à son esclave que j’étais sienne ~ Posée à mes côtés, elle ne se gênait pas de montrer mon appartenance à sa personne. Jouant le jeu en venant enlacer ma main dans la sienne, je laissais un fin sourire d’amusement se dessiner sur mes lèvres. Bon. Parlons à présent de notre création future, mélanger la matérialisation à ce processus était inadmissible. Dans un sens. Créer ces êtres à partir de la matérialisation, depuis longtemps j’aurais pu le faire, mais là nous ne parlons pas de création, mais d’une manière à ce que ça aille plus vite ~

Me levant de mon siège, je me dirigeais vers le centre de la pièce où je fis apparaître des tableaux blancs. Matérialisant un feutre dans ma main, je schématisais ce que nous avions besoin pour accélérer le processus, en donnant mes idées à voix haute.

- Utiliser la matérialisation pour accélérer le processus est une idée comme une autre. Mais il faut savoir s’y prendre ~ J’eus pensé à créer un espace-temps relatif, une autre réalité dans laquelle ces êtres grandiraient en formant un algorithme spatio-temporel ~ En décrivant qu’une minute chez nous représenterait une heure dans cette bulle « temps », nous saurons aisément accélérer la chose … Mais cette idée ne me plaît pas. Nous avons une multitude d’autres moyens pour y parvenir … le cortex cérébral temps ? Si nous donnons l’information au corps qu’il n’y a que trois mois pour développer le fétus au lieu de neuf mois, le problème se posera quand il faudra arrêter l’évolution et pour cela j’ai mon idée ~ Je vous demande juste de la trouver à présent ~

Gloussant en finissant de remplir mes tableaux, je les exposais devant les yeux de mes chers amis. Confiante de mes calculs comme de mes dires, je mettais le doigt sur une synthèse mathématique devant être transformée physiquement.

- Suis-je la seule à être affamée ici ? ~

Oui, quand je pense beaucoup, j’ai faim, c’est rare, mais ca arrive ~

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Jeu 8 Aoû - 22:02

Pour le coté scientifique de la conversation, il fallait dire que notre sujet était bien choisi, et surtout qu'il donnait du fil à retordre à mon esprit concentré. Je fouillais au plus profond de mon cerveau, comparant des formules chimiques et des algorithmes afin de trouver une solution au problème qui révolutionnerait le point de vue général de la situation. Mais rien d'assez radical ne me venait à l'esprit, et si oui, cela serait pratiquement impossible à constituer ou représenterait des risques trop élevés pour les futures créations qui attendaient l'heure pour se réveiller et vivre. Vivre... Ils le devaient, mais en pleines possessions de leurs moyens et attributs humains. Mais comment faire quand on se retrouve confronté à un obstacle d'une envergure plus qu'imaginable ? Ce n'était pas évident. Dans un sens. Car, il y avait toujours la matérialisation pour régler les tâches qu'un simple pouvoir de réflexion humaine ne saurait éradiquer. Sauf que... Il y avait aussi Ayame -la créatrice de ce problème par ses envies- qui n'était pas amène de passer par ce procédé pourtant efficace. Comment pouvais-je en être aussi certaine ? Il ne suffisait qu'à la regarder se lever pour nous présenter un tableau se remplissant de schémas divers à mesure qu'elle parlait.

- Utiliser la matérialisation pour accélérer le processus est une idée comme une autre. Mais il faut savoir s’y prendre ~ J’eus pensé à créer un espace-temps relatif, une autre réalité dans laquelle ces êtres grandiraient en formant un algorithme spatio-temporel ~ En décrivant qu’une minute chez nous représenterait une heure dans cette bulle « temps », nous saurons aisément accélérer la chose … Mais cette idée ne me plaît pas. Nous avons une multitude d’autres moyens pour y parvenir … le cortex cérébral temps ? Si nous donnons l’information au corps qu’il n’y a que trois mois pour développer le fétus au lieu de neuf mois, le problème se posera quand il faudra arrêter l’évolution et pour cela j’ai mon idée ~ Je vous demande juste de la trouver à présent ~ 

Autant moi que Kei -mais aussi ma ténébreuse deuxième moitié- nous décortiquions les dires de la femme scientifique qui eut révolutionné le monde par sa découverte. Parfois, mais seulement parfois, je me demandais pourquoi et comment elle a fait pour ne pas accepter diverses propositions du gouvernement -car je suis certaine qu'il y en avait- pour mettre la matérialisation au profit de ce dernier, à savoir de l'armée en occurrence. Il était évident que certaines personnes hautement placées connaissaient la vraie nature de Undai, il ne fallait qu'à regarder le taux des anciens étudiants se trouvant dans les hautes sphères de la politique nippone ou étrangère. Personnellement, je n'ai jamais visé aussi haut, préférant me contenter de mes buts modestes, mais tellement plus grandioses à la fin. Certes, j'ai eu des propositions de travailler avec des personnes de ces cercles restreints là, que j'eus d'ailleurs accepté à une époque pour avoir les fonds nécessaires à mes recherches personnelles. Mais nous ne parlions pas d'une petite scientifique au QI développé et à une chance plus que protubérante, nous parlions là d'Ayame Eimin, Une femme étant partie de rien pour arriver à plus que tout. Mais en fait... Qu'en savais-je au juste ? Je ne connaissais pas les relations de ma dite femme, peut-être qu'à part son Académie, elle était plus que mêlée aux affaires d’État. Qui sait... Pas moi en tout cas, mais pourtant une certitude était là. Derrière ces fameux sourires charmeurs, cette femme savait tirer les ficelles pour obtenir ce qu'elle voulait, et probablement, je ne connaissais qu'une minime partie de ses capacités à gouverner. Effrayante. Elle l'était.

Mais revenons à ce qu'elle disait tout en traçant ses mots sous formes de formules sur le tableau devenant rapidement noir d’écriteaux. Elle était ingénieuse, terriblement intelligente, et surtout, elle savait utiliser pleinement les capacités que lui offrait la matérialisation. Par contre, ce qu'elle disait n'était pas accessible à tout le monde. Rares étaient les êtres pourvus de matérialisation sachant créer un espace-temps capable de maintenir un organisme vivant en soi, et le modeler à sa guise. D'ailleurs, une certaine étudiante que j'eus disséqué un jour présentait ce genre de pouvoir inné. Inné dans le sens que c'était une chose tombée avec la matérialisation, et non-acquise au fur des entraînements. En somme, je ne saurais parvenir à le faire par ce chemin là, qu'Ayame accepte d'utiliser son pouvoir pour la création de ces corps ou non. Sur le coup, elle ne le voulait pas. Pourquoi ? La raison la plus probable, c'est qu'elle voulait un organisme n'ayant pas de la matérialisation en soi, et donc ne pouvant disparaître dès que son créateur serait à court d'énergie. Mais alors... comment ?
Le cortex cérébral. C'était la bonne solution.

- Suis-je la seule à être affamée ici ? ~

Un « non » de la tête en réponse à la question n'ayant rien à voir avec le sujet, et je replongeais dans mes pensées calculateurs. Je pus voir que Keitaro fit de même, s'asseyant à coté de moi, son regard rivé sur le tableau. Je saurais le faire... Claquant des doigts pour que l'enveloppe d'Akiha disparaisse en même temps qu'elle rejoigne mon corps, je préférais l'avoir en moi pour réfléchir pleinement sur l'énigme posée par Ayame, et son sourire toujours aussi confiant. Elle savait. Alors pourquoi ne le disait-elle pas clairement ? « Par pure méchanceté ~ » Sans doute. Même si son plan devait quand même présenter des failles, sinon, elle ne retarderait pas son expérience volontairement.
Le fœtus. C'était cela le problème majeur, cette réalité s'imposa à ma personne du premier coup. Ou devrais-je dire, le cerveau en lui-même. Si je voulais injecter des produits dans le cerveau pour qu'il stimule une autre réalité, cela serait théoriquement faisable. Mais quand il n'y a pas de cerveau ? En fabriquer un tout prêt tout fait, était impossible. Cette partie du corps était à ce jour le système le plus complexe auquel un être humain n'a jamais été confronté. Même aujourd'hui, nous ne savions pas tout de cet organe vital mais tout autant mystérieux. Non, il devait se créer de lui même. Dans un processus durant un mois au moins.

- Je vois...

Je me levais sur cette simple affirmation dite à moi-même avant de faire les cent pas dans la pièce. Kei a procédé de la sorte aussi. Attendant la formation complète du fœtus pour accélérer la croissance par la suite. Mais ce que nous voulions, c'était de construire le cerveau dans un embryon n'étant pas encore développé. Les risques d'échec étaient plus de nonante pour cent à ma connaissance. Et une erreur rimait avec la mort du sujet. De mes futurs enfants. Mauvais. Sans oublier qu'arrêter une telle progression -si elle aurait lieu- pourrait aussi entraîner des conséquences irrévocables. Oui, il faudrait que je me penche dessus, mais pour cela, j'avais besoin de sujets d’expérimentations ainsi que d'un laboratoire. Oui... J'y parviendrais. Et si non, au moins, j'essayerai.

- Kei, je te demanderai de nous laisser pour le moment.

« Mais qu'as-tu en tête, Akiha ? Heh, t'es plus folle que je ne l'imaginais ~ » Drôle de remarque venant de celle qui me rendait complètement détraquée. Ne laissant rien paraître de mon idée soudaine, je fusillais mon ex-fiancé des yeux, en lui imposant ma demande tel un ordre. Auquel il ne répondit que par un simple sourire en coin sans pour autant bouger de sa place. Ceci ne me dérangea pas en soi, je gardais toujours mon air indéchiffrable sur les traits en croisant les bras sous ma poitrine -volumineuse?-. Cela dura encore une minute avant qu'il n'affiche un sourire entendu -comme s'il aurait lu à travers mes pensées- et se relève, allant tout d'abord embrasser sa sœur sur la joue en signe d'au revoir avant de venir vers moi et me chuchoter un « Maaah, cet air sur ton visage en dit long, Akiha ~ » Avant de disposer dans un dernier rire chaleureux et un signe de la main. Je restais à fixer la porte, sans porter de l'attention à Ayame, jusqu'à ce qu'elle se referme derrière le frère de Dead Master, et puis encore une bonne minute sans véritable raison.

- Ayame ~

Je fis volte-face soudainement et m'approchai à grandes enjambées de la femme qui allait m'être extrêmement utile. Je la pris par les épaules sans montrer un quelconque signe de folie qui prenait peu à peu possession de mes sens. Je l'aimais. Ô combien je l'adorais et Ô combien elle s'avérera utile à ce que j'allais faire... Du moins ce qu'Akiha -mon ombre- allait faire. Vu que moi, je n'avais assez de nerfs pour ce genre d'entreprises audacieuses. Passant mes bras autour de son cou, affichant inlassablement mon sourire doucereux, je m'emparais délicatement de ses lèvres généreuses, désirant les « mordre aux sangs ~ ». Et c'est ce qui arriva, dans une impulsion n'étant mienne. Retirant mes crocs de sa lèvre quand je sentis un goût métallique sur mon palais, je grimaçais légèrement avant de prononcer une dernière parole, l'ultime déclaration avant que mon esprit deviendrait embrouillé et totalement possédé par mon sombre coté détestable. Ce coté qui resurgissait aux moments les plus horribles de mon existence, me laissant dans un coin de l'esprit, protégée de toutes abominations.

- Me laisserez-vous réfléchir à la solution à ma manière ?

Ce fut une supplique aucunement teinte d'une quelconque malice ou délicatesse, mais seulement d'une impuissance sadique qui disparut en même temps que mon air devient plus dur, plus ténébreux, et qu'un sourire sauvage se peigne sur mes lèvres en un mince arque désirant le pouvoir. Je n'ai jamais su ce qu'Ayame répondit à cela, au moment de sa réponse, mon esprit s'était évadé -pour la première fois en présence de mon amante- dans un coin de mon esprit, laissant le champ libre aux ténèbres à face humaine qui m’habitait. Ces sentiments et envies néfastes purement sadiques qui s'éprenaient de moi au moment de la mort de mes adversaires, généralement.

« - Désires-tu te perdre dans ma haine ~  Désire-le, et je te montrerai un plaisir dévasté par la douleur ~ »

Ce furent les seuls mots que j'entendis distinctement, des paroles pleines de venin transmettant une promesse de souffrance inédite. Des mauvaise paroles suivie par des actes tout aussi prometteurs. La main si douce d'habitude qu'était la mienne, vint se poser dans la nuque d'Ayame, la tenant avec fermeté tandis que ma langue chaude vint lécher avidement la plaie ouverte à sa lèvre inférieure, goûtant avec extase le sang de mon amante. Ce sang plein de pouvoir, ce sang inhumain. J'en devenais tremblante de désir, rien qu'en constatant avec avidité ce que j'avais à ma disposition. Ma prise devint plus puissance, mon corps déjà chauffé par une envie grandissante vint se coller avec force à celui d'Ayame, frottant sa poitrine contre la mienne. Je pouvais sentir mes tétons durcir à vue d’œil tandis que ma langue vint lécher la mâchoire de mon amante, goûtant sa peau, je m’exhalais en humant son odeur si particulière, cette fragrance unique à elle. La sentir si proche de moi, me mettait dans tous mes états et un picotement vint irradier dans mon bas-ventre, descendant jusqu'à mon intimité dans une profusion de chaleur humide.

Soudainement, d'un geste brusque, j'empoignais sa chevelure aux couleurs sombres, tirant sa tête en arrière, découvrant la pâleur de son cou à ma bouche gourmande. Tenant ma main fortement fermée sur sa chevelure soyeuse, je léchais cette partie s'offrant à moi tout le long de sa clavicule, montant jusqu'à la courbe de sa mâchoire, s’emparant de sa bouche en dardant ma langue à travers ses lèvres pincées. Je n'en pouvais plus. Poussant son corps contre la bibliothèque avec une violence inouïe, je  ne me formalisais pas de la douleur pouvant irradier dans son dos, passant avec une certaine domination, ma jambe entre les siennes, remontant jusqu'à son intimité et y calant mon genoux dans des mouvements de frottement pouvant s'avérer autant agréables que désagréables. Détachant ma bouche de la sienne après lui avoir mordu la langue délicatement -en désaccord avec mes actions-, je repris mon souffle, mirant mon regard dans le sien où seule une envie sadique s'y lisait. Sans attendre un moment de plus, je mordis à pleines canines dans la chair tendre de son cou, suçant la partie endolorie et y imposant une marque détonnant avec sa peau blafarde.

Resserrant une fois de plus ma mâchoire sur la partie meurtrie de son cou, je déchirais d'une main avide ses vêtements. Accrochant mes doigts fin au haut de sa robe, je tirais dessus dans un grognement inhumain, dévoilant la naissance de sa poitrine. Lâchant finalement ses cheveux, j'empoignais ses fesses de cette main tandis que ma bouche descendait avidement sur les seins à moitié découverts de mon amante. Baisant cette partie fragile de son corps, je griffais son autre sein de ma main avide tandis que j'arrachais sa robe jusqu'à la taille, apposant trois lignes rouges et distinctes allant de son sein jusqu'au nombril y démontrant ma trajectoire, tandis que j'enfonçais mes ongles dans sa cuisse, de l'autre main.

Là, je commençais ma descente, brutale et tout sauf lente jusqu'à son téton, le titillant d'abord du bout de ma langue pour finalement le saisir entre mes dents aiguisées, mordillant d'abord doucement, puis plus fort, puis relâchant la pression pour venir le lécher avidement et mieux y planter ma marque jusqu'au sang. Mes mains empoignèrent promptement les hanches de la femme sous ma merci, la plaquant davantage contre la bibliothèque, relevant ses jambes à la hauteur de mon bassin. Je la voulais. Nous la voulions. Akiha voulait la posséder entièrement et ce, sans qu'elle ne puisse protester.

D'un mouvement souple et prémédité, je décollais le corps de mon amante du mur de livres et vint la porter jusqu'à un autre mur, plus dégagé. Remontant jusqu'à sa bouche, un sourire trop important pour être normal, je laissais traîner ma main sur son épaule, puis le long de son bras pour que j'attrape au bout son poignet que j'abattis violemment contre le mur. Et là, mes yeux changèrent de couleur, prenant une sombre teinte de rouge, bordeaux, tandis que son poignet se fit emprisonner dans des liens d'acier. Écartant son autre main, je fis de même, la mettant dans une position explicite, les muscles des bras écartés au maximum, cloués aux murs, dévoilant son corps à moitié dévêtu.

« - Laisse-moi t'aimer entièrement. »

Il n'y avait aucune douceur dans cette parole soufflée à moitié, juste une sombre résolution d'un abandon aux pires vices de l'humanité. À la perversité sadique. Malaxant ses deux seins avec mes mains, mon souffle se fit court tandis que je déposais un léger baiser au creux de sa gorge, descendant doucement, à la même vitesse que mes doigts fins se frayèrent un chemin sur son ventre, jusqu'à ce que j'arrache les derniers vêtements d'elle, exposant ainsi son corps nu à mes yeux désireux. Je m'agenouillais devant elle, écartant ses cuisses abruptement pour apposer un coup de langue lent et appuyé sur son intimité, tout le long de ses lèvres intimes, titillant sa perle de plaisir du bout de ma langue tendue et dure. Griffant ses cuisses en même temps que je mordis doucement cette partie d'elle la plus sensible, je soupirais de plaisance, sentant son liquide divin dévaler ses cuisses dans des chaudes traînées de plaisir douloureuses. Léchant sa cuisse, je remontais jusqu'à son bassin où je la mordis, cette fois-ci avec toute la violence dans je pouvais faire preuve. Je le sentais, son désaccord teinté de je ne sais quoi. Et je ris. Me perdant d'avantage dans cette pratique des plus horribles. J'aimais. Akiha aimait. Et Ayame ? Jusqu'où aimait-elle Akiha ?

Mes mains se baladèrent sur son corps, ici-là délicatement du bout des doigts, chatouillant son intimité sans la pénétrer, parfois plus violemment, griffant son corps de long en large, appuyant sur sa partie intime sans pour autant lui accorder la délivrance, et parfois tout simplement, avec une application dure mais non brutale, se plaisant dans les frissons sous chacun de mes mouvements. Mon propre jardin secret était inondé de ce liquide chaud glissant à merveille sous une main habile. Et là. Je reculais de deux pas. Admirant ce corps magnifique, sublime. Ayame... Ayame. Ce nom emplissait mon esprit, Son nom me faisait frémir au plus profond de mon âme noire. Ayame. Je voulais la posséder.

C'est en croisant ses billes d'un vert si profond que je pouvais m'y noyer, que je me mis à trembler d'un sentiment étrange. Entre l'envie et une haine indescriptible. Entre mépris et une admiration sans limites. Matérialisant une fine lame dans ma main, à peine d'un demi centimètre de longueur, je m'approchais de son corps d'ivoire, caressant son visage du plat de l’ustensile tranchant et aiguisé. Appuyant sur sa joue l'outil meurtrier, mais pas assez pour qu'il transperce sa peau, je grinçais des dents avant de m'éloigner soudainement de son corps, apposant ma main sur son ventre et la tirant par la force de la matérialisation au milieu de la pièce, déchirant ses liens précédents pour que d'autres viennent tomber du mur et s'enrouler autour de ses poignets, la mettant dans une position debout, les bras vers le ciel. Le petit couteau dans une main, je vins attacher un foulard noir autour de sa tête pour masquer sa vue, positionnée dans son dos, je soufflais délicatement à son oreille quelques paroles rassurantes.

« - N'avoir aucune perception augmente l'adrénaline. Tu ne sais pas ce que je vais faire, tu ne sais pas où je vais le faire ~ Mais sache que je le ferai ~ »

Et sur ce, je me mis à tourner autour de son corps suspendu, le plat de la lame ne se détachant quasiment pas de sa peau, la fraîcheur de cette dernière soufflant une promesse inaudible d'une douleur imminente. Je m'amusais ainsi, tel un prédateur attendant de sauter sur sa proie, traçant un fin chemin innocent entre ses omoplates, le long de sa colonne vertébrale, sur son cou, sur ses cuisses, pour mieux tourner autour de ses tétons et de son nombril, descendant jusqu'à son bas-ventre, passant à coté de son intimité pour remonter jusqu'à la galbe de son sein, sans jamais couper dans sa peau. Jusqu'à ce que je n'en puisse plus et que j'enfonce la lame à la naissance de son sein gauche, retenant mon souffle tandis qu'un mince filet rouge apparaissait, tandis que ma lame descendait à une lenteur calculée, traçant une fine ligne de sang d'un centimètre. Pour mieux décoller la lame de sa peau en sueur et en replanter l'extrémité sur le sein gauche, juste au-dessus de son téton, promettant que sa trace descendrait avec douceur sur son téton, l'écorchant lui aussi au passage. Ces lames... Elles n'étaient pas faites pour tuer, elles étaient faites pour infliger une douleur d'agonie. On ne sentait pas quand elles s'enfonçaient dans la peau, ni quand elles y traçaient des arabesques, c'est seulement après une bonne seconde que l'endroit meurtri s'enflammait d'une douleur irradiante. Où des rougeurs naissaient avec délicatesse et des fines traînées de sang perlaient à l'endroit même de l'incision.

Je poursuivis ce jeu lent et excitant. Une fois du plat de la lame glaciale pour l'induire en erreur, une autre fois du tranchant pour provoquer ce désir de douleur intense, pour qu'elle n'oublie pas que je pouvais faire autant l'un que l'autre. Je m'attardais un instant dans son dos, collant ma joue entre ses deux omoplates, baisant sa colonne vertébrale du bout des lèvres tandis que ma lame se plantait légèrement le long de ses côtes, toujours à la surface, mais provoquant une profonde agonie à l'intérieur. Puis, après peut-être une bonne demi-heure de cette torture. Je revins me placer en face d'elle, sa vue toujours masquée, son corps plus que tendu. Et je l’embrassais. Avec une douceur infinie, caressant de ma langue chaude ses lèvres, trouvant sa langue pour danser avec elle dans un ballet de peine. Et la lame, ô qu'elle était présente, bien là, apposant sa marque près de son nombril, descendant et descendant toujours, insensiblement, jurant qu'elle irait là où elle n'avait accès. Détachant ma bouche de la sienne, je mordis délicatement son oreille, mon souffle chaud la faisant frémir, sans lui faire mal, pour qu'elle puisse se concentrer entièrement sur la lame qui était sur sa cuisse, son tranchant délicat dessinant un chemin en direction de son entre-jambe.

« - Je te délivrerai... maintenant. »

Et sur ce « maintenant » rauque, ma lame s'enfonça plus profondément dans sa cuisse avant de se reculer légèrement pour mieux pénétrer l'intimité de mon amante. Sauf qu'au moment où elle allait plonger entre ses lèvres intimes, au plus profond de ses entrailles, je la dématérialisais juste à l'instant où elle pouvait sentir le bout froid et pointu toucher ses lèvres gonflées de désir, y insérant trois doigts directement, il n'a pas fallu plus de quelques va-et-vient brutaux pour qu'elle jouisse sous mon soupir satisfait.

Ma respiration qui s'est accélérée pour ses quelques secondes ultimes revint peu à peu à la normale, reprenant son calme posé tandis que d'un claquement des doigts, je libérais Ayame de ses chaînes, ainsi que de son aveuglement. C'était... magnifique. Son corps en sang, son visage défait. Et mon âme sombre, ô combien satisfaite d'avoir joué avec les nerfs de ce monstre, de l'avoir soumise dans une danse de douce douleur interminable.

- Je... Ayame...

Je revenais à la surface, sous un ronronnement de mon ombre, mon ombre satisfaite et qui n'avait rien à ajouter, pour la première fois de son existence, complètement repue et silencieuse. Et moi, moi je voyais cela avec un autre point de vue.

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Dead Master

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Jeu 8 Aoû - 23:15

C’est un sentiment étrange qui vient vous arracher au plus profond de votre être, cette petite chose, si importante à vos yeux. Ma dignité. Je ne saurai décrire ce qu’il s’est passé au début, je ne saurai même pas dire quand j’ai lâché prise, quand le plaisir ne fut plus et que seul la haine résonnait en moi. C’était la première fois, la première fois où je me sentais si soumise depuis un siècle. Mon corps entier brûlait, mon être s’enflammait, mes plaies s’ouvraient, la matérialisation refermait, mais mon être se refusait une reconstruction, je me blessais moi-même dans cette douleur, je me perdais peu à peu à ce sentiment m’arrachant un cri, non de plaisir, mais de peur. J’avais peur … Elle m’avait emmené là, où jamais je n’aurais voulu retourner.

Le temps, un siècle, un an, une heure, une minute, une seconde.
Désarroi. Trouble moral impliquant l'indécision, l'anxiété. Je ne comprenais pas, en moins d’un instant la situation m’avait échappée, je ne savais plus penser, je ne savais plus bouger. Mon corps n’était plus mien … Je. Je me perdais une fois de plus. Fermant les yeux alors que seul les bruits et les gestes se firent sentir sur mon corps, mon esprit s’évadait. Un endroit, un autre, je … moi. Ayame.

Il faisait froid, sombre, je pouvais voir la neige tomber dehors. Neigeait-il au Japon ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais vu de la neige là où nous habitions avant … Non, nous n’avions que du soleil et de la pluie alors pourquoi neigeait-il ici ? Étais-je encore dans mon pays ? Oui, nous l’étions. Mais ici n’était pas ma maison, maman, papa, Oni-San … Suis-je seule ? Ils sont morts. C’est la conclusion que je forçais à me faire du haut de mon âge enfantin. Mort. Seule. Abandonnée … Les hommes, ces hommes. Ils ne m’apportaient pas de chaleur. Je n’aimais pas quand ils sortaient leurs canifs pour dévêtir mon corps, je n’aimais pas quand leurs rires rauques résonnaient dans mes oreilles avant de me coucher sur une table froide. Métallique. Le même goût que le sang. Mon sang perlait. Me vidais-je une fois de plus ?

Mes livres, ils tombèrent l’un après l’autre au sol alors que mon dos tapait dessus. Mais je n’en avais que faire, je me plaisais à ce jeu devenu violent, j’aimais la voir me dominer. Riant à ses faits, je léchais le sang qui s’échappait de mes lèvres tout en me laissant porter dans ses mouvements disparates me faisant m’écraser par-ci par-là. Mes poings s’enflammèrent sous le manque de mouvement qui m’était imposé, je sentais ses canines me perforer alors que ma peau se rebouchait d’elle-même. Mon sourire, ce sourire. Celui d’un être en aimant un autre, ce sourire si tendre que j’accordais à celle que j’aimais. Je les aimais. Akiha et son ombre, elles étaient deux, mais une dans mon cœur. Terriblement … Depuis quand suis-je devenue si humaine ?

Une musique, un son, une fanfare, une résonance, un décibel. Amour. Inclination d'une personne pour une autre, de caractère passionnel et sexuel. Liaison, aventure amoureuse, sentimentale, galante. Personne aimée. Je l’aimais. Cela était indéniable, mon amour pour elle me laissait aller à de telles pratiques, je m’y plaisais au début, je trouvais tout cela si excitant, si changeant, si brutal, mais si fort également. J’aimais son corps contre le mien, j’aimais sa brutalité et son odeur chaude de désir alors que ses gestes brutaux m’immobilisaient. Mais j’aimais également sa délicatesse, cette manière si douce qu’elle utilisait pour me faire souffrir. A tout jamais, je l’aimerai, cet être si différent des autres pour moi.

Chaleur, soleil, étouffant, une atmosphère à laquelle je ne m’étais plus habituée. Je rentrais dans l’adolescence, une école, une université. Quel âge avais-je ? Quinze ans tout au plus, alors pourquoi me retrouvais-je ici ? Mon intelligence. Non, mon apparence, je me calculais déjà vingt ans en âge normal, mais je restais figée, encore. Mais là n’était pas le plus important, je me sentais vivre, je me sentais heureuse. Pourquoi ? Je ne saurais le dire, un sentiment étrange naissait en moi quand je me levais ce matin. Comme-ci cette journée allait être différente des autres.

Sentiments, il l’a fait. Un homme, un jeune homme, mon âge ? Quinze ans. Un enfant me déclara sa flamme. Des mots doux, des promesses tendres d’un avenir heureux, une étreinte, il mourra. J’étais heureuse, cet homme avide était mort, cette chose infâme espérant me bercer dans des dires futiles que représentaient ce sentiment que lui même ne connaissait pas. Je connaissais le vrai amour, un jour, je l’ai vu.

C’est quand je me retrouvais attachée que tout mon monde bascula complètement. Le début devint la fin alors que le milieu se plaçait comme étant notre début … La fin devint le milieu dans ce cas ? Je ne savais pas. J’avais mal, mon corps nu, mon sang coulant, des actes barbares, je n’étais plus un objet d’amour, je n’étais plus qu’un esclave sous les envies passagères d’une détraquée. Humiliée. La mort. Je me sentais vide, terriblement. Je crus même que j’allais pleurer à un moment ou un autre, mais je n’étais pas aussi faible. Et pourtant … pourquoi ne me libérais-je pas ? Pourquoi ne la tuais-je pas ? Parce que je savais que si je me permettais de sortir de son étreinte, je la tuerai et je l’ai promis, jamais je ne m’adonnerai à cela. Serrant des dents en sentant la lame se plonger dans mon corps, je grimaçais. Mon corps ne se réparait plus, mon corps me punissait d’avoir fait tant confiance à cet être qui me dominait, à cette entité vivante qui prenait le dessus sur ma personne. Un flux jaillit, je flanchais, mon visage tomba mais les lèvres avides de l’ombre vinrent à ma rescousse. Non, non, non … Ne me touche plus.

Cri, pleure, hurlement, ténèbres. Détresse. Angoisse causée par un sentiment d'abandon, d'impuissance, par une situation désespérée. Situation critique, malheur exigeant un prompt secours. Le danger était présent, mon corps était en feu, je n’en pouvais plus, la douleur insupportable me faisait plus crier que jouir de plaisir. Serrant mes dents vainement alors qu’elle me déboîtait presque la mâchoire, je me retrouvais impuissante devant ses gestes. Encore, encore une fois je me pliais devant l’humanité.

Un rêve. Le rêve de détruire ce monde, je l’ai déjà vu. Je l’ai déjà espéré et je l’ai transmis à Yume. Cette enfant détruira ce monde, c’est ce que je m’étais dit un jour. Que cette planète devait tout simplement disparaître, que je ferai la gentille femme puissante pour qu’aucun soupçon ne se tourne vers moi, que seule Yume soit coupable de mes vouloirs. Je la protégerai, non, je me cacherai, elle prendra toutes les peines, elle était là pour être la passoire de l’eau boueuse de l’humanité se déversant sur moi. Elle me purgerait, elle en souffrirait, je n’en avais que faire. Je lui donnerai du bonheur, je lui donnerai une vie, une seule, avec moi. Mensonge. Je l’aimais, je la protégerai. Plus que tout, je détruirai ce monde à ses côtés, elle était … là pour moi. Mais là, elle n’était pas là. Je souffrais, silencieusement, sans bruit … La détresse s’emparait de moi.


« - Je te délivrerai... maintenant. »

La lame me pénétra, je frissonnais de terreur quand son métal froid vint se poser contre mon intimité. Mon corps sanglotait, je ne savais refermer mes blessures, je me sentais vide, terriblement vide. Déshonneur. Je me sentais sale et le fait qu’elle me pénètre si abruptement n’y changea rien. Mon corps bougea de lui-même sous les ordres ordonnés de sa main, ses va et viens étaient insoutenables, je n’en pouvais plus, ma voix elle-même réagissait à ce que l’ombre voulait entendre. Du plaisir. Comment pouvais-je ressentir du plaisir alors que je souffrais tant ?! Comment mon corps pouvait-il être aussi indépendant de ma volonté ? Pourquoi cet être osait-il me faire subir cela ? Parce qu’il n’avait pas peur, il n’avait pas peur de moi … L’ombre me défiait de son sadisme, cette chose putride me dominait.

Un dernier cri, mon corps se figea avec douleur lorsque mes muscles se redirent sous ma prise d’orgasme, je sentis mon flux intime se rependre sur le sol alors que mes liens se détachèrent, me faisant tomber sur le marbre froid. Des bras chauds, une parole … SILENCE. Et c’est ce que je lui fis comprendre en la repoussant quand je sentis ses bras m’encercler. Mon visage se ferma, je ne levais pas les yeux vers elle alors que mon corps entier s’écarquillait dans une poussière verdâtre. Me désintégrais-je ? Non, la mort, seule moi je pouvais l’accorder. Serrant des dents ainsi que des poings, une onde de matérialisation irradia de mon corps en repoussant légèrement -non douloureusement- Akiha. Je ne la voulais pas ici, je ne voulais pas que la partie humaine de son être me voie si faible.

- Ne me touche pas.

Je ne lui adressais nullement un regard quand je me relevais, boitant légèrement avant de refermer mes plaies. Mon corps m’avait puni, j’avais souffert, voilà la récompense que je reçus, d’avoir voulu être humaine. Regrettais-je ? A cet instant-ci oui, mais d’ici une heure, j’aurais pris la même décision, quitte à souffrir une seconde fois. Me dirigeant vers la cuisine, je posais sur mon corps meurtri un uniquement sous-vêtement en disparaissant derrière le mur. Prenant appuis sur l’évier, je laissais du sang sortir de ma gorge dans un bruit sourd, remontant mon estomac pour finir dans le bac métallique. Finissant pas me vider l’estomac malgré moi, je me laissais tomber au sol dans un fracas monstre. Je crois … que la suite je ne m’en souviens pas. Non … Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais quand je me suis réveillée … la cuisine n’était plus, seul un lit immense gardait mon corps en son sein. Seule … Non, je n’étais pas seule.

Me redressant avec aisance, mon corps déjà soigné de l’attaque sexuelle de l’ombre, je me posais  sur le dossier du lit en avalant le verre d’eau se trouvant à portée de main. Le silence présent ne se fit briser qu’après une dizaine de minutes. Déchargeant cette atmosphère lourde de ma voix mielleuse. Du moins c’est ce que je voulus, mais seul un ton froid sans moindre clémence traversa mes lèvres.

- Il n’y a que mon amour et ce contrat qui te tient en vie, Akiha.

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Ven 9 Aoû - 1:42

Il existe diverses pratiques sexuelles dont un corps jouit jusqu'à l'extase, jusqu'au point du non-retour de symbiose complète avec la nature, avec sa propre existence. La paix avec soi, un sentiment de quiétude après l'orgasme. Il y avait tant de manières pour y arriver, tellement que tout être humain pouvait trouver sa propre voie dans les plaisirs qui lui étaient accordés. Évidemment, chaque être était différent, ainsi, chacun avait ses propres préférences. Quand les uns se plaisaient dans une douceur infinie passant par des préliminaires langoureux pour se terminer dans une pénétration lente et longue, d'autres signaient pour quelque chose de plus vif, plus vivant, plus agressif aussi. Oui, il y avait tant de manières de faire l'amour que je ne saurais tous les énumérer. Par contre, je connaissais mes propres préférences, mes propres fantasmes et lubies. Et, contrairement à un humain dont le cerveau et constitué de deux hémisphères, chez moi, je pourrais dire que j'en avais quatre, les miennes et celles de mon ombre qui était le miroir sombre de ma personnalité. De là découle une étrange réaction qui est propre aux schizophrènes, un comportement pouvait être classé en tant que maladie. Dans mon cas, il était évident que je n'étais pas équilibrée dans une seule voie, mais dans deux, complètement distinctes l'une de l'autre. Si d'un coté j'étais faite tout de douceur, aimant les pratiques sexuelles pas trop brutales ni trop molles se basant sur une tendresse pure et une passion enflammée, il y avait aussi l'autre partie de moi qui était l'opposé total de ceci, préférant plus la vulgarité, la domination et le sadisme. Alors, au final, qu’aimais-je le plus ? Les deux sans doute. Du moins, j'avais besoin de l'un comme de l'autre pour être pleinement satisfaite, même si normalement, j'arrivais à trouver un équilibre entre mes envies si difformes. Sauf ici. Sauf avec elle aujourd'hui, je me suis laissée aller... Pour le meilleur comme pour le pire.

- Ne me touche pas.

Voilà la première chose que j'entendis quand j'émergeais d'un coin de mon inconscience, lucide de ce qu'il est arrivé sous le commandement de mon ombre haineuse. Je savais. Je n'ai pas interféré, parce que je ne le pouvais pas. Cette entité qui m'habitait voulait montrer sa vraie nature à Ayame, dans toute sa splendeur dégoûtante et repoussante. Je ne saurais dire pourquoi j'ai accepté, pourquoi aujourd'hui, pourquoi dans une telle situation. Je sais juste que je me suis laissée envahir par mes plus sombres fantasmes, toujours freinées par mon bon coté ne voulant qu'amour et passion que je recevais chaque jour, il fallait bien le souligner. Et là, Akiha -les ténèbres en mon âme- voulait tester le pire monstre qu'elle a jamais pu aimer. Sauf que le résultat de ceci me brisait le cœur en mille morceaux. Entendre la voix d'Ayame, dégoûtée et glaciale, la voir me repousser d'un mouvement sec, c'était trop pour que je puisse tout bonnement faire comme si de rien était, comme si... Non. Je ne comprenais pas. Du moins, mon sombre coté, ne comprenait pas la réaction d'Ayame vis-à-vis du traitement passé. Et même si j'étais apte à le lui expliquer, je savais que jamais nous ne serons en accord sur les pratiques sexuelles que nous utilisions à tour de rôle.

Je restais là, à moitié défaite, à moitié incrédule, tandis que mon amante disparaissait dans la cuisine. Impuissante. Ahurie même. Que pouvais-je faire au juste ? Rien. Si je m'en voulais de l'avoir traité de la sorte ? Non, du moins, elle ne s'en voulait pas, elle était juste perdue. Et moi, je l'ai laissé faire seulement parce que j'ai cru que cela ne dérangerait pas le monstre qu'était Ayame, elle qui tuait sans pitié, qui torturait autrui... « à croire que les pratiques sadomasochistes ne lui plaisent pas... Quel dommage. » Je l'entendais, sa voix lugubre dans mon esprit, et son rire à moitié étranglé par sa propre conscience démoniaque qui ne comprenait pas pourquoi une telle réaction défavorable venait percuter notre personne de la part de Dead Master.

Un bruit sourd, je me relevais de ma position, me ressaisissant après la première vague de torpeur. Je n'ai pas hésité à me précipiter vers la cuisine où j'ai découvrit Ayame, étendue au sol, dans un état déplorable. Pourquoi ? Pourquoi un être fait de matérialisation était si impuissant pour si peu ? Je le savais, oh oui que je le savais. Et je me maudissais. La suite se passa rapidement, après avoir découvert Ayame dans une position de faiblesse, je la pris en charge. L'amenant dans son grand lit, dans sa chambre sombre. La couchant, lui administrant quelques soins facultatifs pour terminer par une longue attente en me rongeant les ongles sous la nervosité.

Cela nous est déjà arrivé. De faire certaines choses dépassant les mœurs, de se plaire dans les pires infamies sexuelles. Passant par des coups de fouets jusqu'à utiliser des pratiques moins conventionnelles tels que les couteaux et fléchettes. Évidemment, avec des personnes consentantes, et évidemment, seule mon ombre était présente pendant le déroulement des scènes, moi je restais tapie dans son ombre, loin de cette vision qui m'horrifiait. Mais pour Ayame... Je ne m'attendais en rien à ce qu'elle le prenne si mal. J'aurais dû persévérer, j'aurais dû savoir qu'elle n'était pas aussi monstrueuse... « Si, elle l'est ! C'est juste que jamais personne ne l'a dominé. Mais je suis sûre qu'elle a déjà fait subir ce genre de choses à d'autres. » Si mon alter-ego était persuadée de ce qu'elle avançait, moi, je n'en savais rien, je n'en étais pas si sûre.

Un soupir. Puis un autre. J'épongeais le font de ma chère femme endormie avant de sortir de sa chambre. L'atmosphère autour de moi était chargée d'une tension hors normes, ou alors, c'était moi qui étais nerveuse au point de me sentir mal à l'aise. Je ne saurais le dire. Je suis descendue, nettoyant la cuisine de toute impureté pouvant prouver ce qui s'est passé ici, rangeant les livres à leurs places, pour finalement retourner en haut, auprès de celle qui m'eut tant torturé pour finalement tomber sous l'emprise de ma sombre personnalité. Je m'en voulais. Ô combien je m'en voulais de la voir ainsi, épuisée par mes actes néfastes qui ne collaient pas avec le pouvoir qu'elle exerçait sur autrui. Je comprenais parfaitement ce que mon ombre dédaignait. Ayame avait des limites quant à sa manière de se soumettre, elle était trop forte pour que quelqu'un puisse lui imposer son bon vouloir, que ce soit pour un court instant de plaisir intense, ou alors pour seulement se mesurer à elle. Je le réalisais. Enfin.

Je déposais mes lèvres sur son front, remettant en place quelques mèches folles obstruant sa vision close pour le moment, tandis que mon ombre était tapie dans un silence renfrogné, rongée par le doute. Et moi ? Que pouvais-je dire ? Me confondre en excuses ? Être heureuse de pouvoir encore respirer ? Partir sans rien ajouter ? Non. Non, je devais rester à ses cotés, quitte à payer le prix de mon audace. Un verre d'eau sur le chevet, une chaise à coté du lit et moi dessus, fixant le corps en éveil de mon amante avec une lueur de peine dans les yeux. Je n'aurais pas dû. Si cela dépendait de moi seule, je serai honteuse. Mais je n'étais pas seule.

Ayame se réveilla, plus vite que je ne l'aurais cru d'ailleurs. Et quand ses billes vertes brillèrent dans la pièce sombre, aucun bruit ne vint perturber cela. J'étais en alerte, n'osant pas faire un geste, limite arrêtant de respirer et guettant toute réaction pouvant provenir de la femme assise sur le lit. Et le pire de tout, c'était l'attente. Cette tension incalculable qui se cumule tandis que les minutes passent, une incertitude qui naît, mais qu'on n'ose pas prononcer de vive voix sous la peur de se voir incendier pour de bon. Ceci était si puissant en moi, que je me demandais, à un moment donné, ce que je faisais là, au lieu de disparaître de sa vue.

- Il n’y a que mon amour et ce contrat qui te tient en vie, Akiha.

La parole de son ton tranchant se heurta à moi comme une gifle, me laissant sans voix. Je savais. Je comprenais, à moitié. À la base ce n'était qu'un jeu, une manière d'extérioriser des fantasmes monstrueux, du moins, c'est ce dont mon mauvais coté essayait de me persuader, sans pour autant oser prendre la parole, trop choquée de s'être trompée sur toute la ligne. Et moi j'étais là, assise à deux pas de Dead Master, tremblante de l'impuissance, ne sachant comment réagir. Douée que je pouvais être dans ce jeu là, sur le coup, j'étais larguée. Carrément. Douloureusement perdue dans la stupidité de mes propres actions que je ne regrettais pas. Même pas. Même quand sa menace planait au-dessus de ma tête, je ne pouvais pas lui dire que je n'ai pas voulu que cela arrive, que je n’aie pas voulu lui infliger cet amour sadique et sans limites de mœurs. Parce que si je démentais cette réalité, je mentirai.

- Je sais.

C'était la seule parole qui réussit à traverser ma gorge. Je le savais. Elle s'est laissée soumettre à mes envies, parce qu'elle m'aimait. Elle ne m'a pas tué parce qu'il y avait le contrat. Oui, je le réalisais avec la limpidité d'une eau claire coulant dans un ruisseau des montagnes jamais exploré par l'homme. « Je suis sincèrement désolée... Ayame... » Je voulus l'approcher, tendre ma main au-dessus de l'espace qui nous séparait pour lui apporter mon réconfort, mais je suspendis mon geste à mi-chemin, indécise, hésitante. Je n'avais le droit de la toucher à présent, je l'ai perdu au moment même où elle m'a interdit de l'approcher. Je n'avais le pouvoir de briser cette distance sans son autorisation, sous peine de me brûler sous sa colère. J'ai mal agis. Du moins, c'est ce qui en découlait. Ramenant ma main à moi, je me levais de la chaise que j'eus occupée, sans quitter mon amante des yeux ne serait ce qu'un instant. Je m'en voulais plus le temps passait.

- J'ai dépassé les limites en omettant ma position par rapport à vous. Je n'aurais jamais dû, je le reconnais.

Elle pouvait me briser facilement à présent. D'un seul geste, d'un seul mot qui engendrerait une haine réciproque le temps de se blesser mutuellement. C'était normal, nous étions des monstres, et ce que j'ai fait, ne passera sans doute pas aussi aisément, pas quand il s'agissait de Dead Master. Pas avant qu'Ayame ne me montre sa suprématie, sans doute. Je me levais et me penchais respectueusement devant elle, reconnaissant mon erreur par ce geste purement nippon. Cela dura un instant, jusqu'à ce que je me redresse dans le silence pesant de la pièce. « Ce n'était qu'un jeu pimenté, pourquoi... » Ferme-la. Et elle se tut, sachant que je n'admettrais aucune de ses paroles pour l'instant. Un millier de sentiments se bousculaient en moi -en mon bon coté-, la honte qui prévalait le tout, la peur d'avoir dépassé une limite irrévocable, une sourde colère de me dire que ce n'était pas si grave, une horrible appréhension, et un sentiment de stupidité d'avoir mis cette femme trop puissante pour être contenue sous un pied d'infériorité. Car... Je n'avais pas le droit de la prendre de haut, que ce soit volontaire ou pas. Du moins, pas à ce point.

- Je... Je n'ai pas réalisé... Pardonnez-moi cette insubordination. Plus jamais... Ayame, je vous promets que cela ne se reproduira plus jamais.

Les larmes pointant au bout de mes cils, je ravalais ma fierté et mon orgueil -du moins celui de mon alter-ego- et me confondis en excuses. Je ne savais pas quoi faire de plus, alors, je fis la première chose qui me passa par l'esprit. Toujours debout à coté du lit, dans l'impuissance, je m'avançais et l'enlaçais dans mes bras, cachant mon visage dans ses cheveux, tenant fermement mon emprise de peur qu'elle ne me repousse et que je me brise sous les conséquences de mes actions impulsives.

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Ven 9 Aoû - 2:43

Haine. Je me sentais mal, si mal que je n’avais qu’une envie. Tuer une bonne centaine de touristes venant polluer mon si beau pays qu’était le Japon. Fermant les yeux sous mes pulsions meurtrières, je pris une inspiration avant de me perdre dans mes songes. Je m’étais faite humilier, j’étais descendue si bas dans mon estime que je me dégoûtais moi-même. Un sentiment d’impureté me collait la peau, ne voulant se détacher, m’emprisonnant dans une unique phrase « Je suis sale, elle t’a rendue sale ». En voulais-je à mon épouse ? Oui, autant à elle qu’à son ombre d’ailleurs. Jamais, jamais au grand jamais on ne m’avait rabaissé de la sorte, du moins jamais aussi loin … J’aimais les pratiques sadiques, j’aimais voir mon sang jaillir, un peu. J’étais trop précieuse pour pouvoir être souillée de la sorte, Dead Master … écrasée par une humaine schizophrène. Une bonne blague n’est-ce pas ? De mauvais goût oui.

Mais pas autant que la réponse d’Akiha qui se limita par un simple « Je sais » inexpressif suite à ma menace. Je n’attendais pas d’excuses, je ne voulais pas la voir se confondre dans des paroles inutiles, je ne voulais pas de sa présence, je ne voulais pas la voir, je ne la voulais pas à mes côtés. Pas pour le moment. Si c’était moi, je me dématérialiserai d’ici pour retrouver mon cher laboratoire -seul lieu dans lequel je peux pleinement me calmer-, mais cela servirait-il à quelque chose de fuir de la sorte ? Oui, parce que partir était signe de fuite. Quel que soit l’issue que j’essaye d’emprunter, je me confronte à un obstacle, toujours un peu plus grand que le précédent. Étais-je donc vouée à l’échec ? Stop. Il fallait que j’arrête avant que tout ceci ne prenne des proportions démesurées … Avais-je seulement l’opportunité de revenir en arrière ? Non, ce qui était fait, l’était.

Soupirant silencieusement, je fermais les yeux en cherchant un peu de calme dans mon esprit. Chose fortement impossible quand tout votre être vous crie d’abattre la pauvre femme se trouvant à vos côtés. Tuer Akiha ne servirait à rien, du moins pas pour le long terme. Si je voulais la tuer et la faire renaître, alors oui, je la décapiterai sans détour mais ce monde n’était pas ainsi, si je la tuais maintenant, je pourrais déjà faire une croix sur un futur heureux.  J’étais liée à cette femme, cette personne détestablement monstrueuse m’apportant joie et gaieté … Cette même personne qui pouvait me détruire d’un claquement de doigts. Pouvais-je demander le divorce ? ~

- Je suis sincèrement désolée... Ayame...

Ma bonne humeur serait-elle revenue ? Nullement. Rouvrant les yeux en voyant sa main approcher de mon corps, un geste de recul se fit sans doute sentir puisqu’elle ne continua pas son geste. Ou serait-ce plutôt à cause des ondes négatives que j’envoyais dans sa direction ? Quoi qu’il en soit, je ne voulais pas de contact direct. Pas tout de suite, pas avant une bonne semaine. Oui, je devais m’absenter, je devais partir loin de sa personne ne serait-ce que le temps d'effacer cet épisode détestable de mon esprit. Était-ce seulement possible ? Non, mais je pouvais me changer les idées oui. Cherchant des yeux mon téléphone afin de regarder l’heure -pour occuper mon mutisme-, c’est avec une certaine lassitude que je remarquais que celui-ci n’était pas dans les parages … Où l’avais-je donc laissé ? Mon laboratoire peut être ?  

- J'ai dépassé les limites en omettant ma position par rapport à vous. Je n'aurais jamais dû, je le reconnais.

Ou plutôt mon bureau ? Devrais-je m’en matérialiser un afin de demander à Yume-Chan d’aller me le trouver ? La connaissant si je lui envoyais un message pour lui demander si elle n’avait pas vu mon cellulaire, elle me répondrait bêtement de son air renfrogné « Et là, tu me causes avec quoi, tu crois ? ». Le genre de remarques déplaisantes que les gens disent en se croyant intéressant. Je vous l’assure, ils ne le sont pas du tout. Vraiment pas, autant que cette situation … En parlant de celle-ci, où en étions-nous déjà ? Ah. Nulle part.

- Je... Je n'ai pas réalisé... Pardonnez-moi cette insubordination. Plus jamais... Ayame, je vous promets que cela ne se reproduira plus jamais.

Du moins jusqu’à ce que je sente mon sang ne faire qu'un tour et la matérialisation gorgeant mon être bouillir en moi pour venir éradiquer la chose qui s’oppressa contre mon corps. Ne bougeant pas d’un poil alors que j’avais une envie monstre de l’électrocuter, je restais silencieuse pendant que celle-ci déversait ses larmes sur mon épaule. Me sentais-je peinée de la voir pleurer ? En quelque sorte, mais ma haine du moment s’arrangea de manière à ce que cela ne me touche pas. Du moins c’est ce que je voulus me faire croire, mais contrairement à mon esprit, mon corps réagit de lui-même une fois de plus. Me mordillant presque la lèvre sous mon geste, je me pliais à mon bon vouloir. Levant les bras afin de venir enlacer son corps à mon tour … Non. Et ce non se marqua par un nouveau repoussement de ma part. Plus brutal que le dernier, plus froid, plus insensible alors que je me levais de mon lit. Passant à côté de son corps au sol sans le moindre regard, calquant la porte derrière moi pour venir mieux me reposer dessus. Imbécile. Je l’étais à mes temps perdus, faire cela ne pouvait qu’aggraver plus la situation actuelle et pourtant … pourtant je ne retournais pas dans cette chambre qui était notre. Préférant me diriger vers ma salle de bain -que je fermais à double tour-, j’ouvris l’eau pour me plonger dedans. Laissant mon corps se faire nettoyer, purger.

Ce n’est qu’une bonne heure plus tard que je ressortis de ce lieu humide, habillée d’une simple robe sobre, je ne pris la peine de vérifier si Akiha se trouvait toujours dans notre chambre. Empruntant les escaliers pour descendre d’un étage, mes pas me conduisirent jusqu’à ma cuisine. Regardant d’un regard vide l’endroit où je m’étais échouée plus tôt, je secouais mon visage pâle et ouvris mon frigo ... Rien. Rien ne me tentait. Terriblement rien, tellement que je finis par prendre ce même frigo et l’éclater d’un simple mouvement sur le sol. Comment ? Je l’ai soulevé et puis écrasé sur le carrelage, pourquoi ? Hum. Soupirant après ce petit excès de colère, je ramassais la bouteille de soda se trouvant sur le sol pour m’hydrater et repartir je ne sais où. Et ce je ne sais où s’arrêta dans le fin passage entre la cuisine et le salon quand je percutais ma vision aux billes bleutées de mon épouse. Silencieuse une fois de plus, je poursuivis mon chemin en passant à côté d’elle. M’arrêtant cette fois-ci à sa hauteur, je ne dis toujours rien, gardant son souffle entre deux feux avant de faire descendre ma main dans la sienne et de la tirer à ma suite vers l’extérieur de nos appartements.

Ne répondant nullement à ses demandes alors que je la traînais avec moi d’une main, l’autre soutenant ma bouteille que je vidais à vue d’œil, je nous dirigeais vers l’arène, endroit choisi par ma personne pour venir me défouler comme il se le doit. A-t-elle eu un moment de recul en voyant notre destination ? Peut être, mais je n’en avais que faire, j’avais des choses à régler, et ce, dans l’immédiat. Passant la porte de l’arène en gardant toujours une poigne ferme sur mon épouse, je l’invitais -forçais- à revêtir sa robe de combat et faire sortir sa chose si détestable. La lune prit instinctivement une lueur rougeâtre quand mes yeux se posèrent dessus, un rouge … étrangement plus vif que d’habitude. Matérialisant sans plus attendre ma faux ainsi que mes deux têtes en pierre, j’alimentais leurs puissances de mon souffle faisant miroiter dans leurs yeux deux flammes verdâtres, luttant avec trop d’aisance contre le petit vent se levant peu à peu. Les étudiants ? Je n’en avais que faire, si ils avaient peur de mourir, qu’ils partent, moi je suis occupée.

Et je marquais cela, d’une pulsion, je me retrouvais devant le visage de ma charmante amante. Ne lui laissant le temps à une quelconque fuite possible, je déposais brièvement mes lèvres sur les siennes. Elle mourrait si elle me combattait, elle le savait, et moi aussi. Mais contrairement à ce que son cerveau de paranoïaque pouvait penser, elle n’était pas mon adversaire du jour. Du moins pas cette partie là. Déviant le regard vers son ombre, c’est avec un malsain plaisir que je me dirigeais dans sa direction, remplissant ma faux de matérialisation brute, je levais mon arme afin de trancher l’être immatériel. Combattre une ombre par une ombre dit-on … mais cette chose était faite de matérialisation également ~

Tranchant une partie de la matière flottante de ma lame, j’envoyais mes crânes dans sa direction, la bousculant dans tous les sens jusqu’à ce qu’elle arrive au sol et que je tape du pied pour faire sortir de ce même sol des êtres difformes se collant à sa masse telles des sangsues avides de sang frais. Lui faisant dos pour faire face à sa maîtresse, je ne lui montrai nul amusement, préférant aborder mon air froid et intouchable pour lui dire avec dédain ;

- C’est le seul endroit dans lequel je peux te tuer sans que tu ne meures vraiment ma chère. Mais n’aies crainte, seule ton ombre m’intéresse ~

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Ven 9 Aoû - 16:56

J'étais brisée. Ayame me repoussa à nouveau sans prendre en compte mes paroles, les excuses que j'eus prononcée dépassant mes propres sentiments orgueilleux afin de lui donner raison. Fracassée de ce refus de communiquer, je restais là au sol, sa chaleur glaciale -étrange concept- s'était évanouie en même temps que mon corps heurta douloureusement la moquette de la chambre à coucher de mon amante. J'étais abasourdie dans un sens, ne sachant comment réagir à présent, choquée de m'être fait écarter de la sorte par l'être censé m'aimer, celui que je ne voulais en aucun cas offenser. Cette personne qui claqua la porte et dont la présence disparut soudainement de l'espace confit de cet endroit sombre. Pourquoi... Pourquoi réagissait-elle si mal, avec tant de colère ? « Salope. Laisse tomber, nous n'avons pas à nous traîner par terre devant elle pour cela ! » Je bouillais de l'intérieur, d'une rage contenue dans le corps inexistant de mon sombre coté haineux. Elle n'acceptait pas qu'Ayame nous traite de la sorte pour ce qui pour elle, n'était qu'un jeu sexuel comme un autre, une innocente part d'un plaisir plus vaste, plus diabolique. Et ce n'était pas pour cela que nous devrions nous plier pour le monstre qu'était Dead Master. Personnellement -de l'autre coté de ma personnalité si paradoxale- j'essayais de contenir cette rage froide qui m'ensevelissait sous ses convictions. Car moi, je n'étais pas convaincue de mon innocence dans l'histoire. Non... Je m'en voulais, terriblement. J'ai dépassé une limite invisible, et à présent j'en payais le prix. Tout cela parce que je me suis laissée aller, j'ai montré la vraie et noire nature du démon qui sommeillait en moi, caché derrière mon air angélique de bonté suprême. Et que penser maintenant, sachant que j'avais deux avis distincts en un seul corps ?

Je ne saurais dire combien de temps je suis restée ainsi, au sol à regarder dans le vide, sans savoir quoi faire de plus. Évidemment, je finis par me relever, m'asseyant sur le lit, impuissante et anéantie. Où aller ? Chercher Ayame ? Continuer à m'excuser quitte à y laisser des plumes ? Ou alors, abandonner et laisser le temps couler jusqu'à ce qu'elle se calme d'elle-même ? Dur dilemme, mais une chose était certaine, autant mon ombre que moi, nous ne supporterions pas un nouveau repoussement. Et si cela arrivait, sans doute je me noierais dans la mélancolie, tandis que mon cher sombre coté dévastateur, coulerait sous le poids de la rage l'habitant. Quoi qu'il en soit, nous n'en ressortirions que plus détruites, plus promptes à détester cette femme. Mais en même temps, je ne pouvais rester dans le mutisme, il fallait que j'aie le cœur net, que je mette les choses au clair pour avoir des bases solides sur lesquels me rattacher. Et ainsi agir en conséquences.

Les sourcils froncés d'un agacement grandissant, décidée de faire face à Ayame jusqu'à ce qu'elle s'exprime, je me dirigeais vers la porte de la chambre, une main sur la poignée. Mais je ne l'ouvris pas, parce que j'ai sentis du mouvement de l'autre coté. Attendant que l'aura de mon amante s'évanouisse quelque part en bas de son appartement, je pris une inspiration puis ouvris la porte, silencieusement. Descendant vers la provenance du bruit de la cuisine, je m'arrêtais sur le seuil, stoppée par un vacarme monstrueux. Mais que faisait-elle ? Étrangement, je ne voulais guère le savoir. Mon indécision prit pourtant fin quand je croisais ses billes vertes, encadrées par son visage inexpressif, tellement froid que cela me mettait mal à l'aise. Je retins mon souffle quand sa fine silhouette passa à coté de moi, croyant qu'elle allait à nouveau m'ignorer tout simplement. Chose qui n'arriva pas. Mais je ne saurais dire si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Car elle me prit la main, et me conduisit vers une destination connue par elle seule.

Je ne comprenais pas exactement ce qui lui passait par la tête, j'avais besoin de la questionner, de mettre des repères sur son comportement. Mais rien à y faire, encore moins quand ma chère colocataire de corps m'en dissuadait sous ses ricanements outrés. Après tout, je n'avais rien à craindre de cette femme, je n'ai rien fait de mal au point qu'elle me tue -omettant le fait qu'elle pouvait tuer pour un rien-, je n'ai pas tenté de l'assassiner ou quelque chose de la sorte, je n'ai guère attenté à sa vie et encore moins dégradés ses possessions. Non, mais j'ai joué avec sa fierté démesurée. Et ceci, elle ne l'acceptait pas. Je pouvais la comprendre sur le coup, quoi que, je me plairais encore dans ce genre de pratiques en tant que soumise. Mais ce fut une autre histoire, qui disparut de mon esprit quand l'Arène se dessina dans le paysage devant nous.

Mon corps eut un mouvement de recul quand je compris que c'était ici que nos pas nous mèneraient. L'Arène ? Pourquoi aller dans ce lieu ? Que cherchait-elle à prouver ? Ma paranoïa légendaire imaginait un million de films désastreux, plus pire les uns que les autres. Je ne voulais pas y aller, je voulais discuter diplomatiquement et non regarder Ayame se défouler. Sur moi, surtout pas sur moi. Essayant de dégager mon poignet de son emprise de fer, je n'y arrivais pas. Mon amante restait de marbre, seule sa destination l'intéressant tandis que l'étau de sa main se resserrer davantage à chaque fois que j'essayais de m'en libérer. Des sueurs froides dans le dos, je finis par abandonner quand nous franchîmes le pas du seuil de l'Arène, ma robe de combat apparaissant comme par magie, tandis qu'une masse sombre chargée de haine se dessina dans mon dos. Ayame... Je n'eus guère le temps de dire ou penser quoi que ce soit, sous la lune rouge de cet endroit sacré. Seuls mes yeux s'écarquillèrent sous cette vision. Un sentiment d'urgence grondait au fond de mon être, une peur typiquement humaine, l'instinct de survie. Qui se prononça encore plus quand ses yeux partirent de moi pour se figer sur mon ombre souriante, et encore plus quand elle passa à coté de moi pour s'attaquer à cette dernière. Je n'osais pas bouger, je connaissais les conséquences de ceci. Combattre Ayame était une folie pure. Non, je ne me retournais pas pour regarder mon ombre se faire assaillir par le pouvoir de mon amante, et pourtant, je voyais tout, je ressentais tout. La haine de mon alter-ego, son désarroi en voyant sa faiblesse contre cette monstrueuse puissance. C'était... Et cette voix. Je me tournais enfin quand son ton résonna dans l'espace vaste des lieux.

- C’est le seul endroit dans lequel je peux te tuer sans que tu ne meures vraiment ma chère. Mais n’aies crainte, seule ton ombre m’intéresse ~

Je devins blafarde, le sang ayant quitté mon visage sous cette déclaration. Je tournais lentement ma tête vers l'endroit où mon coté sombre hurlait, d'un cri inhumain, strident à en faire peur à plus d'un. Elle était au sol, tenue par des masses sombres qui essayaient de la dévorer. Au fond de moi, je le sentais, je sentais tout l'horreur qu'elle ressentait, toute la douleur qu'elle éprouvait. C'était comme si elle se faisait dévorer par une bête sauvage, comme si ses membres se faisaient arracher un par un, lentement. Sauf qu'elle n'avait pas de membres ! Alors, pourquoi n'arrivait-elle pas à se transformer en fumée et fuir ? La réponse était purement physique, et même sous l'emprise d'un grand stress, je savais encore penser rationnellement. Cette entité non-humaine était faite d'une fumée pouvant se solidifier et dissiper à souhait. Sauf que les crânes d'Ayame qui l'entouraient tout le temps à une vitesse folle, condensaient l'air autour. Ce dernier chauffait et se solidifiait, et donc, ne permettait pas à mon ombre d'en adopter les propriétés et se diluer. Ingénieux. Sans oublier ses êtres qui la dévoraient, faits de matérialisation...

- Non... Ayame, ne faites pas ça...

Rares sont les personnes qui savent ce qui m'arrive quand mon ombre meure. Je peux parier qu'Ayame elle-même ne sait pas ce qui arrive dans ce cas de figure. Moi aussi, j'avais besoin de temps pour le découvrir. Pourquoi ? Parce que dans un combat c'était toujours moi la cible, et non jamais mon ombre lugubre qui était considérée seulement comme une arme. Sauf que, en pratique cela ne se passait pas ainsi. Nous étions liées, de partout, je la considérais comme une partie indissociable de mon âme, et par ce fait, si elle souffrait, je souffrais. Certains pourraient dire que c'était seulement psychologique, que j'étais tellement atteinte que je ne discernais pas la réalité de mon imaginaire. Mais que ce soit vrai ou pas, le savoir ne changeait rien à la chose. Elle était moi, et moi j'étais elle. Cette seule vérité se marqua en moi depuis des années devenant indéniable. Ainsi donc, quand cette entité qui contient tous mes mauvaises actions disparaît, ceux-là transvasent dans mon esprit, et j'ai tous les souvenirs horribles qui assaillent ma tête d'un seul coup, me faisant inéluctablement flancher mentalement. Évidemment, quand l'ombre disparaît parce que je suis épuisée, c'est une autre histoire, à ce moment je me dis que je la congédie seulement dans ma tête, et donc, je ne me fais pas tuer par le poids de mes monstruosités. Mais là... Ayame faisait ce qu'une seule personne avant elle eut réussi de faire. Terrasser mon ombre immatérielle d'une manière horrible. Chaque morsure qu'elle recevait, je la sentais dans mon corps, mon angoisse mentait à chaque instant qu'elle devenait moindre par le fait que sa matérialisation se faisait douloureusement arracher. J'avais mal. C'était dans ma tête, mais je souffrais. Je ne pouvais pas la laisser se faire tuer...

Attrapant ma tête d'une main, je fusillais l'endroit où mon ombre n'était qu'un morceau de noirceur se faisant avaler par des êtres encore plus terrifiants. Désespérée de la voir sans défense dans une position de faiblesse, c'est mon instinct de survie qui prit le dessus. Au lieu de supplier Ayame d'arrêter, je décidais d'agir seule, une conviction que cela marcherait mieux germant dans ma tête. Levant ma paume devant moi, je fis bouger le sol de l'Arène qui sortit de ses fondations en gros murs de bloques solides qui vinrent repousser les crânes de pierre toujours en alertes. Créant ainsi une sorte de prison -défense- solide autour de l'endroit où se trouvait mon ombre. Et maintenant ? Il leur faudrait deux trois coups rapides et le mur se briserait, sans oublier qu'il y avait des monstres qui bouffaient mon âme à l'intérieur. Je n'avais pas le temps, pas beaucoup du moins. Mes yeux changèrent de couleurs, devenant beiges tandis que je remplis l'espace où elle était confiée de l'air froid. Gelé. J'ai gelé tout l'espace se trouvant dedans. Avant de le faire chauffer rapidement au point que tout explosa dedans, dont mon ombre. Ombre qui eut par se fait se transforma en fumée. Et pendant cette fraction de seconde où le vacarme de l'explosion résonnait encore dans la poussière ambiante, je rappelais mon ombre à moi.

« - Saloperie. Tu n'as aucun sens d'humour, espèce de... »

J'ai arrêté ses paroles détestables de la simple force de l'esprit. Je ne voulais pas qu'elle énerve davantage Ayame. Une haine -celle de mon sombre coté- bouillait en moi tandis que mes yeux étaient accrochés à ceux de mon amante. Une telle colère qui me défiait de tenir tête à cette femme trop puissante et trop effrayante. Même si mon ombre était dans un piteux état, elle envoyait ses ondes négatives tout autour d'elle. Son corps difforme ne ressemblait à rien, elle était parsemée de trous que je n'arrivais pas à refermer. Son seul bras -si on peut appeler cela ainsi- était passé autour de mes épaules tandis que son sourire et ses yeux rouges flottaient au dessus de ma tête. Elle voulait par ce geste défier Ayame, je le savais. Elle voulait lui faire comprendre que si elle voulait l'attaquer, elle devrait m'attaquer avant. « Quitte à passer à travers nos deux corps ~ » Personnellement, je ne trouvais pas cette idée plaisante. Mais je devais défendre cette horreur. Je le devais. Autant qu'elle devait me protéger.

- Je ne peux pas simplement vous laisser faire... Si vous vous en prenez à elle, c'est comme si vous vous en preniez à moi. Réglons cela autrement Ayame, je vous en prie... Je suis désolée...

Ma voix tremblait. Mon incertitude était pleine. Je pariais peu sur sa clémence, je m'attendais déjà à ce qu'elle m'attaque, me fasse assez mal pour que je me rappelle à tout jamais l'erreur que j'eus fait. Et puis, je n'avais aucune chance si un combat éclatait, je serais anéantie comme une pauvre poussière et même mon alter-ego -si présomptueux- ne saurait me défendre efficacement. Pas contre cette femme. Pas contre Ayame.

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MessageSujet: Re: Un même sang, deux mondes différents ~    Ven 9 Aoû - 17:48

Mon être tout entier se plaisait dans ces mouvements attaquants, sentir un corps sous ma domination, sentir cette masse dans le creux de ma main … J’en jouissais. Tellement, terriblement que je sentais mon aura noircir sous mes envies plus je me rapprochais de son être. Je la consumais à grandes gorgées, je ne lui laissais la possibilité de se défaire de mon étreinte, ces êtres cloués à ses pieds la dévorant n’étaient autre que des morceaux de mon corps, des êtres faits à partir de mon pouvoir pour contenir cette chose. Je voulais l’anéantir, sa mort m’apporterait tellement de bonheur … Mais je ne le pouvais pas. Non, parce que si je la détruisais, je détruisais également Akiha. Mais en même temps, je pouvais contrôler cette entité, alors pourquoi ne l’avais-je pas fait avant qu’il ne soit trop tard ? Parce que je m’étais promise de ne plus jamais interférer avec celle-ci, du moins de la sorte. La soumettre aveuglement sous le regard de mon épouse, la soumettre sans qu’elle ne le sache … Non, cela n’était pas plaisant, cela ne l’était plus.

J’avais déjà essayé à maintes reprises de trouver un stratagème me permettant de tuer son ombre sans infecter Akiha, cela se résolvait sur une multitude d’échecs malgré moi. Ces deux âmes étaient liées à tout jamais, tuer le corps de mon épouse serait le seul moyen accessible pour détruire l’ombre … Mais je ne savais me résoudre à un tel acte, le simple fait de la blesser me glaçait le sang. Même avec Yume, je n’étais pas ainsi. Même avec mon propre enfant, je n’avais nul scrupule à la faire souffrir. Akiha était différente, je l’aimais d’un amour pur. D’un amour humain. Était-ce seulement possible pour moi ? Cela se confirmait encore aujourd’hui, je m’étais menottée à sa personne … à tout jamais. Durant de longs mois j’eus expérimenté mille et une manière de dissoudre un être si sombre de son esprit, mais rien une fois de plus … Il n’y avait qu’une façon de faire. Les laisser vivre toutes les deux, et c’est en acceptant cela qu’une nouvelle idée germait dans mon esprit. Pourquoi ne pas atténuer la douleur de mon amante, de son ombre en emprisonnant ce qui la faisait souffrir ? Tout simplement parce que son corps frêle avait besoin de ces souvenirs pour avancer, elle avait beau dire que seul son ombre les contenait, mais c’était faux. Elles se les partageaient, jouant de cela pour atteindre un nouveau but, utilisant ces ressources monstrueuses pour braver de nouveaux obstacles. Son intelligence était gravée dans ses souvenirs, seuls les plus horribles l’avaient fait avancer, seuls ses erreurs avaient fait d’elle, la femme qu’elle est actuellement.
Un casse-tête sans nom.

- Non... Ayame, ne faites pas ça...

Ne prêtant aucun intérêt à ses dires, je continuais d’avancer vers l’ombre. Arrivant à deux pas de celle-ci, je matérialisais ma faux alors que son pauvre corps n’était qu’une passoire de désarroi. Levant ma lame vers sa gorge, j’étais prête à décapiter cet être sans moindre retenue. Croyez-vous qu’elle mourrait si elle perdrait sa tête ? Non, du moins pas éternellement … Pour la détruire il fallait tuer la souche. Prenant une inspiration en rivant mon regard dans ses billes rouges, je voulus lui faire perdre son sourire présomptueux, mais un nouvel événement vint bousculer mes plans. Grimaçant de colère en voyant mes crânes se faire littéralement exploser par des murs bétonnés, je reculais également avant qu’une prison de pierres ne vienne ensevelir l’ombre. Interloquée par cela, je déviais le regard vers Akiha. Imbécile. Laissant mon visage se déformer sous la colère, je me tournais dans sa direction, faux toujours en main avant de m’arrêter net quand je compris ce qu’elle faisait. Salope. Changeant la température de cet espace clos, elle gela mes créations avant de les réchauffer trop vite, trop directement ce qui en conclu par une explosion digne de ce nom laissant, son ombre s’évader par la même occasion. Il en allait de même que de mettre un Mentos dans une bouteille de Coca, un gros boum sous l’effet de la cristallisation des particules surchauffées.

« - Saloperie. Tu n'as aucun sens d'humour, espèce de... »

Me protégeant des débits en matérialisant autour de mon corps un bouclier dissolvant toutes choses matérialisées se heurtant à moi, je fis volte-face à l’importune qui eut contrecarrée mes plans. Serrant les dents ainsi que les poings, mon aura s’envenimant sous une couleur sombre teintée de vert autour de mon corps, je la jugeais du regard alors que sa chose se colla à elle, me montrant bien que je ne pourrai la tuer sans tuer celle qui m’était devenue si chère. « Quitte à passer à travers nos deux corps ~ » Je ne m’abaisserai pas à cela, au grand jamais je ne lui accorderai tant de plaisir. Faisant déferler ma matérialiser autour de mon corps, je dématérialisais ma faux quand la voix si douce, si suppliante de mon épouse résonnait à mon ouïe, me quémandant un pardon que je ne pouvais lui accorder.

- Je ne peux pas simplement vous laisser faire... Si vous vous en prenez à elle, c'est comme si vous vous en preniez à moi. Réglons cela autrement Ayame, je vous en prie... Je suis désolée...

Régler cela autrement ? Autour d’une tasse de thé sous le parasol nous protégeant du soleil peut être ? Non. Assombrissant les lieux sous ma mauvaise humeur, le ciel clair prit une teinte sombre alors que de gros nuages noirs se placèrent au-dessus de nos têtes, ne laissant que la lune rouge intacte pour nous surplomber de son regard. Un éclair tapa le sol à côté de mon corps tandis qu’un autre juste derrière moi alors qu’un brouhaha se fit entendre au loin. Prenant une grande inspiration en levant mes bras, je restais en attente avant d’expirer ce trop d’air que j’eus inspiré tout en me déplaçant telle une flèche vers mon amante, arrivant à deux pas de sa hauteur, je ralentis le pas, ne lui ayant accordé la chance de voir mon déplacement précédent. Continuant mon avancée vers son corps, je disparus de sa vision pour venir me caler dans son dos, le mien contre celui de son ombre.

- Il m’est malheureusement impossible de faire autrement … J’en ressens le besoin.

Arquant mon corps en arrière, je me laissais tomber dans la masse intouchable de son ombre en repoussant Akiha. Me trouvant à présent devant cette chose détestable, je déposais mes mains sur ses joues avant de dégager une source importante de matérialisation, réduisant en fumée ce qui l’était déjà. Mais là n’était pas mon attaque, non, ce tour n’était utile que pour fixer ma matérialisation à celle de l’ombre, assez utile pour que je renvois une décharge dans la moindre de ses particules pour finir par aspirer le tout en mon sein. Enveloppant l’ombre de mon aura néfaste, je me nourrissais de son être en l’enfermant dans mon corps pour mieux la broyer de l’intérieur avant de la rejeter avant qu’elle ne m’affecte en laissant s’éjecter un corps solide recouvert d’une sorte de goudron brûlant ce nouveau corps qu’elle abordait. Qu’avais-je fait ? Je lui avais créé un réceptacle matériel que même Akiha ne sera détruire pour récupérer son précieux. Voyant la chose au sol, je m’avançais vers elle en caressant les flux épais se dégageant de son corps. Tel un corps mit à nu, je m’arrêtais à son visage avant de shooter dedans sans moindre pitié.

- A présent, disparaît … A tout jamais.

Levant ma main dans sa direction, je concentrais une boule d’énergie dans celle-ci. Pointant mon attaque vers l’ombre -chose gluante au sol à présent-, je tirais. Mais avant de tirer, je déviais mon geste vers le ciel, ne la touchant donc pas, dissipant les nuages plus qu’autre chose avant qu’un éclat verdâtre aveugle toutes visions et qu’une pluie de paillettes vertes ne tombe sur l’arène. Pourquoi avoir dévier au dernier moment ? Parce qu’il était inutile et impensable de vraiment la tuer, je ne voulais que lui montrer que j’étais supérieure, reforger cette fierté qu’elle m’avait volée. Lui montrer, que j’étais la plus puissante, que j’étais la plus sombre, la plus détestable, et que seule moi pouvait la soumettre et non l’inverse. Je parlais de l’ombre, non pas de mon épouse, comprenez la nuance.

Me retournant vers mon amante en faisant disparaître toute horreur de mon visage, j’avançais vers celle-ci sans dire mots. Allais-je l’ignorer une fois de plus ? L’envie y était, mais le devoir non. M’arrêtant devant son corps, je posais ma main sur sa poitrine, faisant disparaître le corps consumé de l’ombre pour le lui rendre, là où était sa place. Au fond de son esprit, épiant à tout jamais ma relation avec sa maîtresse. Elle était l’animal, elle ne pouvait être le maître … Seule les envies d’Akiha devaient se faire entendre.

- Je suppose qu’elle sera silencieuse à présent, ne serait-ce qu’une semaine avant qu’elle ne me quémande vengeance. Je vous aime, mais je m’aime également. Jamais plus, je ne te laisserai ébranler ma fierté, Akiha-Chan ~

Un fin gloussement traversa mes lèvres, étais-je de retour ? ~

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Un même sang, deux mondes différents ~

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