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 Retrouvailles, Post Mortem ?

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Yume Kuroi
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Date d'inscription : 11/03/2012
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Localisation : Undai Gakuen

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MessageSujet: Retrouvailles, Post Mortem ?    Mer 23 Jan - 22:47

C’était l’heure. Aujourd’hui marquera sans doute une avancée cruciale dans mon histoire à Undai, aujourd’hui sera peut être même le dernier ou alors, celui d’une aventure changeant mon destin. Quelle route allais-je prendre, celle me menant droit à un mur sur lequel je me fracasserai sans plus de ménagement ? Ou alors celui me menant à une liberté accompagnée d’une amie m’étant chère ? Je ne saurais le dire, pas maintenant, pas si tôt. Avant toute chose, il fallait commencer par le début, parler de ce jour maudit pouvant être magnifique.

Réveil matin. Six heures, je me lève comme d’habitude, enfourchant une mine maussade en me dirigeant vers ma salle de bain. D’un pas lent mais marquant bien ma résolution à bouger de mes couettes, j’ouvris ce lieu dit de lavage suprême. Réflexe premier dans cette salle aussi banale que toute autre pièce pour diverses personnes ? Ouvrir les robinets, attendant que ma baignoire se remplisse jusqu’à rebord d’une eau tiède, adaptée à mes besoins corporels. Oui, comme tout le monde ? Certaines la préféraient chaude, d’autre froide, moi je dirais tiède. Foutaises, qu’avais-je à parler de la température de l’eau ?! Soit. Pendant que ma dite baignoire se remplissait, je regardais mon reflet dans le miroir d’un air las, la brosse à dent en bouche en faisant des mouvements circulaires, « je m’occupais » avant de pouvoir rentrer dans mon bain. Une fois le lavage de dents et le dentifrice en place, je plongeais dans cette eau décrite plus haut pour m’y relaxer, noyant ma tête dans ses profondeurs me quittant du monde extérieur ne serait-ce qu’un instant. Douceur, éternité, peur … Je n’aimais pas l’eau. Du moins, pas tant que ça et c’est en ressortant ma tête que ma main vint embrocher mon cher Pyon-Kun, qui de ses yeux globuleux me fixait avec son air pervers. Canard en plastique, redevenu mon seul ami.

- Pyon-Kun … Il faut te laver aussi.

Quoi de mieux que de le plonger dans mon eau pour finalement déverser ma bouteille de champoing dessus ? Rien de tel en frottant ce plastique jaune lui servant de peau, lui expliquant mes attentions de ma journée en maltraitant son pauvre corps de jouet de bain. Oui, mon ami était un jouet de bain. Hilarant. Ou pas. Ce fut peut être une heure plus tard après avoir réchauffé l’eau une dizaine de fois en la faisant déborder que je me décidais enfin à sortir, me séchant rapidement pour me retrouver devant le miroir avec cette question cruciale ; m’étais-je lavée les dents déjà ? Oui, non ? Je ne savais plus et c’est donc pour la deuxième fois en moins d’une heure que je repris ma brosse et refis mon lavage intensif. Dent blanche, corps sec, les vêtements ? Oui, les vêtements. Et quoi d’autre que l’uniforme d’Undai pour plaire à mon corps … un autre ensemble peut être ? Tant qu’il était bleu, je ne pouvais qu’accepter et adorer non ? Oui, peut être si je n’étais pas d’une humeur si … froide dès le réveil. Et c’est donc sans plus grande hésitation que j’attrapais un jeans, un T-shirt clair avec mon éternel étoile brisée bleue et une paire de ballerines sortant de je ne sais où. Le blaser de Undai sur les épaules, un dernier au revoir à Pyon-Kun et me voilà en dehors de ma chambre. En dehors ? Pour y rentrer une seconde plus tard en comprenant que j’avais oublié les dossiers de la veille sur mon bureau. Dans un grognement sourd, je claquais la porte, décidée à ne plus y retourner avant ce soir. D’un pas rapide, ce fut le restaurant du dortoir qui m’accueillit les bras ouverts où je ne me fis pas prier pour attraper des viennoiseries fraichement sorties du four. Croissant en bouche et dossier sous les bras, direction le bâtiment principal, plus spécifiquement le bureau d’Ayame.

Cinq minutes de marche rapide et me voilà devant le bureau de celle-ci, enfourchant la poignée, j’ouvris la porte avant de me rendre compte, en m’arrêtant au milieu de la salle que cette femme que je ne cherchais pas spécialement n’était pas là … Où était-elle ? Avec Akiha sans doute. Après tout, qu’en avais-je à faire ? Jalouser leur relation alors que la mienne n’était plus ? Oui. Assez pour que je dépose mon rendu sur le bureau de ladit directrice et que je fasse demi-tour en direction des appartements de Dead Master, prête à venir chambouler leur réveil matinal en amoureuses en leur forçant ma présence pouvant sans doute être néfaste -pour Akiha-. Un monstre ? Non, humaine. Trop, trop pour être Black Rock Shooter mais parfaite pour être Yume Kuroi. Et ce fut dans un élan de je m’en foutisme que j’ouvris la porte de la chambre de la directrice, pour … pour m’y engouffrer et perdre le souffle tellement que l’air y était oppressant. Ayame était là, mais elle était seule. Mais alors pourquoi ce pressentiment de je ne sais quoi ? Parce que si je n’avais pas bougé ma tête de deux centimètres sur la gauche, je me serais retrouvée avec deux couteaux de cuisine plantés dans les yeux. La raison de cela ? Une, non, deux têtes grises me fixant de haut avant de faire résonner leurs voix -glaciales- peut être même plus que la mienne, dans ce hall trop grand pour s’imaginer qu’un tel lieu existe dans les dortoirs.

- Yume Kuroi. Te voilà donc de retour. Ayame est dans sa chambre.

Et genre il fallait qu’elles le disent en même temps dans une sorte d’écho morbide en m’envoyant des lames sur la tronche ? Mais oui, salutation à vous aussi mes chères débiles profondes ! Et c’est avec un rire sarcastique que je leur répondis avant d’emprunter les escaliers de verres pour accéder au premier étage. Dans un soupir bien prononcé, je fis fi de leurs personnes et me dirigeais donc vers la chambre de la maitresse de maison. M’arrêtant devant cette pièce me séparant d’une porte, mon regard se balada un peu plus loin dans le couloir, voyant la porte de mon ancienne chambre où une pancarte enfantine contenait encore mon prénom, accrochée au bois de celle-ci. Un énième soupir et je me décidais de rentrer dans la pièce où Ayame devait dormir. Dormir ? Dès que je mettrai les pieds dedans, elle se réveillera, j’en étais sûre, tellement sûre que je ne fis pas de discrétion pour laisser la porte grincer.

Un pas, deux pas, trois pas et plein d’autres et voilà que je me laissais tomber dans le lit rond et gigantesque de la femme s’y trouvant en plein centre. Tombant presque sur ses jambes, je me tournais pour être sur le ventre et me hissais à sa hauteur où je ne me fis pas prier pour attraper une partie de son coussin et y déposer ma tête en fermant les yeux. Sentant une main caresser ma joue, je fronçais les sourcils alors qu’une voix trop connue de ma personne résonna à mi mot dans cet espace qui n’était mien. Penser que je me vautrais dans le lit où elle couchait avec Akiha ? Répugnant, à tel point que je préférais laisser ce détail à mes songes futurs.

- Cela fait longtemps que ma Yume-Chan n’est pas venue me réveiller ~

Lui répondant d’un simple hum, ce fut son rire mielleux qui engloba la chambre alors que ma tête s’enfonçait dans les draps. Tête qui ne comptait en ressortir avant un bon moment tellement que mon corps avait réagit de lui même au confort que me procurait ma position. Position qui se fit chambouler quand je me retrouvais le nez entre deux seins bien ronds, bien doux. Perverse et pédophile ? Malheureusement je n’étais plus un enfant pour pouvoir lui dire « pédophile » dans une insulte … malheur, depuis quand étais-je devenue si vieille ? Depuis longtemps déjà. Oui, tellement longtemps … Ironie du sort ? Qu’en savais-je.

- Dormir, laisse moi dormir encore un peu ici.

Et ce fut sous un second rire que je laissais mon corps vaguer à ses envies de repos, laissant Ayame me couver de ses bras chauds et de son corps protecteur. Les yeux fermés, n’entendant plus qu’à peine ce qu’elle me fredonnait. Se moquait-elle de moi ? Je ne sais pas, les seules brides intéressantes qui parvinrent à mon oreilles fut « Yume-Chan ne me repousse pas, voilà qui est étrange ~ » ou encore « … Amusante cette partie là ~ » Avant que je ne bouge ses mains trop baladeuses à mon goût en tapant de ma paume sur son front. Silence, je voulais repos … Je ne voulais pas être seule. Oui … Sans doute.

Deux heures plus tard j’immergeais pour la deuxième fois de la journée, la tête dans le cul et des courbatures partout produites par une position dite étrange -la tête entre les seins d’une femme mince mais bien gâtée par la nature, une jambe disant merde à l’autre et le dos recroquevillé en mode fétus- quoi de mieux pour se réveiller avec un mal de chien partout. Rien, rien que ça et me voilà à m’étirer dans un bâillement avant de me faire rattraper par des bras demandant encore chaleur et détente. Tombant en arrière dans un grognement, je me retrouvais sous Ayame qui, avec la plus grande des délicatesses usa de mon corps tel un matelas. Bouge, bouge de là.

- Tu m’écrases, bouge.

Et c’est encore de ma paume que j’attrapais sa tête pour la pousser à côté, du moins c’est ce que je voulus faire avant que celle-ci ne réagisse avant moi. Sa tête sur mon front, son souffle caressant mes lèvres, je fixais ses billes verdâtres avant de lever les yeux au ciel et de lui demander dans un « Quoi ?! » Bien marqué ce qu’elle comptait faire de moi. Sa réponse ? Un rire. Rire saugrenu se transformant rapidement en un ton dit joyeux avant de me demander, le plus simplement du monde ;

- N’est-ce pas toi qui t’es glissée sous mes draps ? Maaah ~ Yume-Chan serait vilaine de me laisser seule après ça non ? ~

Elle n’avait pas tort, j’étais la première à être venue ici. Certes dans un but différent de celui de pioncer dans son lit, mais je me voyais mal lui dire « Je suis là parce que je voulais pas que tu couches avec Akiha. » Ca l’aurait pas fait, pas du tout même. Me débattant légèrement, je me redressais avant d’attraper l’ordinateur se trouvant sur sa table de nuit et de poser celui-ci sur mes genoux, montrant bien que non, je n’allais pas bouger mais je n’allais pas pour autant rester dans ce lit à rien faire. Oui, fallait que je travaille aujourd’hui aussi, qu’on soit dimanche ou mercredi, la présidente n’avait pas de vacances et la directrice non plus d’ailleurs !

- Soit. Autant travailler sauf si tu ne m’y autorises pas Ayame.

Un autre rire et un « fait mon cœur, va y, travaille seulement ~ » Suivit à ma demande explicite. Un nouveau sourire et me voilà devant des listes d’élèves présentes sur le réseau de Undai. Un regard fatigué et je zieutais de gauche à droite à la recherche d’une quelconque erreur ou demande que je pourrai faire à la grande et savante femme me faisant face. Face et nue ? Devrais-je lui dire de s’habiller ? Non, nous étions des nudistes après tout dans ce pays ! Haha. Soit, cela n’était pas marrant. Hum … Secondes, listes d’élèves … Nouvelles entrées … Enveloppes envoyées ? Ah … Les prochains.

- Y a pas mal de personnes qui ont reçues l’invitation de Undai … Trop pour ce trimestre. Faut faire un tri Ayame.

Un tri oui, parce que sur les milles enveloppes que nous envoyons par jour, nous recevons la réponse de huit cents d’entres elles et sur ces huit cents, seules la moitié avait leurs places à Undai dans les mois qui suivirent. Oui, après tout ces enveloppes étaient envoyées dans le monde entier, certains ne parlaient même pas japonais et d’autres non pas peureux de la langue n’avaient pas le courage de quitter leurs continents. Bien que nous étions rapides dans nos réponses concernant les invitations, il allait de soit que nous ne donnions guère plus de nouvelles aux personnes n’intéressant pas le profil voulu. Un profil prédéfini ? Courageux, intéressants ou différents. Des critères pouvant être trouvés dans chacun en somme. Soit, tel n’était pas … Awh.

- Depuis quand y a-t-il des invitations envoyées dans les prisons ? Tu comptes faire de cette école un lieu pour les repris de justices où quoi ? Sérieusement. Refusé.

Sa réaction à la folle me faisant acte de présence ? Un grognement, un redressement, une fusillade du regard et sa voix qui s’élève dans une exclamation devant me prouver que c’est bien pour que finalement, elle s’enfonce seule en -oui en plus- me mettant de mauvaise humeur. Déjà qu’elle n’était pas bonne, aller voir maintenant à quel point je pouvais être irritable.

- Yume-Chan n’est pas gentille ! Tout le monde à droit à sa place ici ! Et puis, ne va pas me dire que ceux que nous ramassons dans la rue sont mieux que ceux qui eurent déjà tués un jour ! Regarde moi comment un chaton devient un lion assoiffé de sang dans la cage dorée de Undai ~

Dois-je me sentir rassurée ? Raté. Tellement raté que je voulus lui mettre en exemple que ces dires étaient faux. Que bien que certains devenaient des monstres se faisant trancher avant leurs sorties, les criminels de Undai étaient les pires des élèves ! Un exemple … Mathilde Lange : Fille de bonne famille, première, capacité normale, nombre de victimes, 37 depuis son arrivée dont 4 morts. Une élève des plus banales en somme. Suivant … Artur Grange : Sorti de prison en intégrant Undai, première, capacité défensive supérieure à la normale, 1 … victime … NON ! Ceci était une exception, une mauvaise … un mauvais exemple ! Oui, c’est ça ! Et c’est évidemment sous un rire compréhensif que je déviais le regard pour regarder Deady zieuter sur mon écran, lisant en même temps que moi que finalement, elle n’avait pas si tort que ça en accordant à ces routiers des bas fonds, la chance de devenir quelqu’un. Foutaises, je les tuerai tous, ceux qui … tuent.

- Raaah ! Après tout on s’en fout. Ils risquent tous leurs vies ici de toutes manières, qu’ils soient experts en Judo ou je ne sais quoi, ils sont tous à la même échelle en arrivant à Undai. Œil pour œil, dent pour dent … telle est la règle de Undai hum ?

Oui. C’était le cas, malheureusement. Cet institut pourvu de pouvoir ne pouvait … être simple. Non, cela aurait été trop beau, trop similaire au reste du monde. Dead Master devait sortir du lot après tout, cette femme qui avait tant souffert, devait avoir « un semblant de remerciement » du monde. Lequel était-ce ? Montrer à celui-ci sa grandeur. Balançant l’ordinateur non loin de ma personne, je m’étendis dans un soupir avant de me lever. Aller, bougeons, bougeons et partons de cet endroit trop tentant, trop traitre. Le visage marquant une certaine motivation, je pointais du doigt ma supérieure avant de lui dire haut et fort « Debout, lave-toi, va bosser ». Charmant n’est-ce pas ? Sans doute assez pour qu’elle le fasse puisqu’elle me suivit quand je quittais sa chambre. Un dernier baiser -sur la joue- que j’essayais tant bien que mal d’éviter et me voilà en bas des escaliers, refaisant mon habit froissé par un sommeil turbulent et … une dame turbulente. Ayame …

- Soit. Je n’ai pas que ça à faire …

Et ce fut sur cette conclusion que je me retirais des appartements de la directrice, d’un pas lent, ne sachant quelle destination prendre, mes pas me menèrent d’eux même vers un endroit m’étant idéal. Mon lieu, mon temple, mon monde ; l’arène. Oui, cet endroit magiquement lugubre créé par les vices de mon esprit, sombré par mon cœur, déchiqueté par mon passé. Un sourire triste sur le coin des lèvres et je passais le mur de matérialisation, d’un pas devenu décidé et le visage passant en mode neutre alors que ma robe s’activait, je n’attendis pas une seconde de plus pour voir que ma robe de combat s’activait. Un léger grognement de la gorge et me voilà prête … prête à m’accueillir dans ce lieu. Me battre avec des misérables ? Regarder ceux-ci ? Ou encore mieux, les aider à progresser ? Foutaises.

Un mouvement du pied, un pilier, une place en hauteur et me voilà les jambes pendues à trois mètres de hauteur à surplomber l’endroit de mon regard. Remarquant chaque détail pouvant s’offrir à moi, admirant ou plutôt appréciant toutes nouveautés pouvant attirer mon regard. Oui, regarder les autres était aussi utile pour l’apprentissage, même encore à mon niveau. Les élèves étaient des machines à imagination et donc à créations. Et quoi de mieux que de voir ce qu’ils faisaient pour en apprendre d’avantage ? Oui, comme par exemple l’étudiant qui était sous mes yeux, fixant celui-ci avec attention quand je vis une chose que je n’aurais jamais pensé faire jusqu’à présent ;

- Utiliser les dalles de l’échiquier comme projectiles … Une source inépuisable ?

Pas mal. Oui, du moins pour ceux qui n’avaient guère d’imagination … Finalement, cette idée n’était pas plus intéressante que cela si on n’était pas du genre à matérialiser une sorte de pelle pour soulever le sol et puis, à force de bras les envoyer sur son adversaire … Soit. Un long soupir et là, tout s’arrêtait.

- Kaïla.

Une simple brise, une odeur commune à mon odorat et mes yeux cherchèrent déjà la nouvelle arrivante. Rivant mon regard sur sa personne, je fronçais les sourcils avant de retomber agilement sur mes pattes quand mon pilier se fit « bousiller » par une arme venant de je ne sais où. Un rire amusé ? Non, un haussement de sourcils et voilà que la lune vira déjà au rouge. Un combat ? Opposant qui ? Moi ?! Foutaises. Foutaises certes, mais la salle se vida, ne laissant plus que deux personnes l’une devant l’autre. Et à votre avis, en faisais-je partie ? Oui.

- Quoi ?!

Toujours aussi subtile. J’aurais pu dire « Que me veux-tu ? » ou encore « Que fais-tu ici, pourquoi la lune est rouge ? » … Ce genre de choses en somme. Mais rien à faire, ce ne fut que cet unique mot me seyant si bien qui traversa mes lèvres dans un ton glacial. Kaïla … Saloperie. Que me voulait-elle ?! Avais-je eu un reflexe quelconque ? Aucun, je restais juste penaude devant elle en mode renfermée, n’acceptant pas qu’elle m’atteigne une fois de plus alors que je lui avais dit que la prochaine fois que je la verrai, ce serait la mort qui l’attendrait.

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Re: Retrouvailles, Post Mortem ?    Ven 25 Jan - 0:10

Ce souvenir flou mais tellement tenace, me hantait depuis déjà plusieurs jours, j'ai même planifié des séquences spéciales avec des étudiants se devant de me connaître afin de découvrir la vérité qui planait sur ma tête tel un vautour n'attendant que le bon moment pour fendre sur sa proie. Mais qu'était donc ce bout d'espoir qui attirait tant ma curiosité ? Il ne fallait pas chercher loin pour comprendre que j'étais obsédée par Black Rock Shooter, il suffisait juste de passer une journée en ma compagnie pour s'apercevoir à quoi je passais mes heures libres. La recherche de vérité sur Yume Kuroi. Parfois, quand je ne trouvais rien, je me disais que la meilleure chose c'était de suivre le conseil de cette gamine surpuissante et de laisser tomber, vivre ma vie comme je l'aie vécue pendant un mois avant que nos chemins ne se croisent. Oui, ce serait tellement plus simple. Mais je ne pouvais pas, par ma nature désinvolte, je n'étais qu'une plaie sur ce monde, trop curieuse pour être indifférente, mais trop insouciante pour préserver sa vie hors du danger. Le résultat, le voilà, j'étais en train de fouiller les archives de la bibliothèque pour tomber ne serait-ce sur un petit indice pouvant m'indiquer les marches à suivre.

Le processus n'était pas digne d'un détective expérimenté, mais je me surprenais quand même d'avoir ce petit don d'intrigue et d'envie de connaissances sur des sujets soi-disant futiles. Après tout, qui s'intéresserait tant à cette fille dangereuse autant que moi ? Qui chercherait à défier ses ordres pour venir mettre les pieds devant son regard meurtrier ? J'aurais pu dire que ce ne serait certainement pas moi. Mais ce souvenir ayant refait surface, me procurant ce sentiment de familiarité et d'amitié que j'eus avec Kuroi, m'avait poussé à être ce genre de personne suicidaire qui veut à tout prix atteindre ses objectifs futiles et pouvant me coûter la mort. C'est ainsi que je commençais mon enquête avec cette désagréable impression de foncer dans un chemin semé de douleur et de peine. Effectivement, si je ne me souvenais pas de cette complicité avec Black Rock Shooter, il dut vraiment se passer quelque chose d'assez improbable et mauvais pour que je l'oublie, non ? Certainement. Mais là, mon cœur me faisait trop mal pour que je tire un trait sur cette découverte. Ainsi, après avoir découvert le cristal, j’ai procédé à écouter les rumeurs des autres étudiants fous de cette école, au point même de passer mes dîners en leurs compagnies, ou encore à discuter avec entrain avec des gens croisés dans les couloirs. Dernièrement, j'eus même une petite conversation avec mon adversaire de l'Arène. D'ailleurs, ce gars là, après des litres et des litres de sang perdus de chaque coté, eut la gentillesse de m'apprendre beaucoup sur la relation Kuroi Kurayami. Comment était-ce encore... ? Ah oui !

Des lames qui s'entrechoquent, des cris d'encouragement, des sifflements de moqueries, des hurlements de rage, c'était la recette parfaite pour qu'un simple entraînement supervisé par un professeur un peu trop zélé, se transforme en un combat pour prouver la suprématie d'un étudiant sur un autre. Et qui fut dans le centre de cette mini-guerre ? Moi, bien sûr. Pourquoi ? Parce que notre cher enseignant nous proposa sadiquement de nous mettre par deux, pour exploiter nos techniques de combat. La seule règle ? Celle de l'Arène, je cite « aucune règle, juste celle de survivre ». Ce qui ne s'arrange en aucun cas quand on oppose deux acharnés de la vie qui n’arrive pas à se blairer. Résultat ? Des contusions, du sang, une lune virant au rouge, un professeur éclaté de rire mais qui comprend, après avoir vu ses deux étudiants voulant se couper les têtes, qu'il faut arrêter cet « entraînement ». Pourquoi donc un simple exercice a viré aussi vite au désastre et au massacre ? À cause de Yume Kuroi bien sûr.

- Il m'énerve ce prof avec ses stupides exercices. Si j'ai toi comme adversaire, on va pimenter les choses.

Un soupir de ma part, et voilà que je regardais mon interlocuteur avec ennui. Sincèrement, je n'avais aucune envie de combattre vraiment aujourd'hui, ma tête fut trop encombrée sur les milliers de rumeurs entendues, plutôt que sur « comment frapper un adversaire pour qu'il perdre conscience sans subir trop de dégâts ». Voilà un sujet peu avenant pour des tueurs en série frôlant la boucherie.

- Tu veux dire quoi par là ?

Des sueurs froides, une bouffée de chaleur et la frénésie du combat s'installa dans mon corps tandis que les flots de paroles intéressantes tombaient de la bouche du garçon léopard me faisant face. Des mots qui m'intriguèrent et attirèrent mon attention tandis que je luttais pour ma survie et, pour être le vainqueur du combat.

- Bah ouais, à chaque fois que tu pars avec Kuroi en voyage, tu reviens avec des nouvelles techniques. Mais là, y a rien. Je veux savoir ce que tu caches. Et si je te bats, je serai certain d'être le meilleur, alors bats-toi, Kurayami-San.

Évidement que je ne compris rien à son charabia. Quels voyages ? Quelles compétences ? C'est ainsi, qu'après des nombreuses questions, j'appris qu'il y a deux mois d'ici, l'école ne ressemblait à rien car Yume Kuroi a déserté son poste pour aller en vacances en ma compagnie. Mais aussi que, il y a une année de là quand je suis passée en Première, j'eus aussi cette surprise d'avoir Black Rock Shooter en tant que professeur sur mon propre terrain de vie commune qu'était Kobe. Cela m'a tellement intrigué qu'après le combat, la seule chose que j'ai fait, fût d'aller m'enfermer dans ma chambre, sans même prendre la peine de me doucher ou de manger quelque chose, pour appeler ma mère et lui demander si elle ne connaissait pas celle qui m'obsédait jour et nuit. Ce que j'ai appris quand sa voix soucieuse retenti de l'autre coté du fil ? Ce fut la confirmation que les rumeurs étaient peut-être plus vraies qu'il ne le paraissait au premier coup d’œil. Tout se construisit peu à peu dans mon esprit. Le champ entraînement que ma mère me décrivit se dessina avec aisance dans ma tête, les plaintes de mon corps fatigué sous le regard désapprobateur et impartial de mon amie aussi. Les coups de gueule, les séances manger, les confessions douloureuses. Peu à peu tout avait un sens, à part le fait que j'eus tout oublié et que j'avais l'impression de passer à coté de quelque chose d'encore plus improbable mais important.

Après cet événement, de plus en plus perplexe sur ce que j'apprenais, je me décidais de fouiller les archives. J'osais même me prétendre assez courageuse pour aller directement voir le Conseil. Et c'est ce que je fis, même si je ne pourrais dire que c'était dans la plus grande beauté du courage. Parce que oui, qui dit fouiller, dit s'exposer. Et je n'avais aucun droit de croiser la route de Yume Kuroi. Pourquoi ? Parce que je risquais ma vie et j'étais certaine qu'elle n'apprécierait guère que je fouine autour de ses affaires... qui par la même occasion me concernaient aussi. C'est ainsi que, à deux heures du matin, une lampe-torche fraîchement matérialisée, je me retrouvais assise derrière un bureau au-dessus d'un tas de dossiers, à zieuter toutes les cinq secondes sur la porte et tendre l'oreille à chaque bruit suspect. L'infraction, chose facile quand on pouvait matérialiser toutes sortes d'objets, tels que des clés ou encore, des tronçonneuses. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas la chose sur laquelle je vais m'étaler et raconter à tout bout de champ. Combien parient que si l'on me découvrirait dans ce lieu en pleine nuit, j'allais me faire bousiller sous un interrogatoire digne de pires brutes ? Et si c'était Kuroi qui m'y détecterait ? Je ne voulais même pas l'imaginer. Mais peu importe, l'essentiel est que j'ai trouvé un dossier qui retraçait toute ma vie à Undai et certaines parties de celle que j'eus avant ma venue ici. Chose intrigante, je suis tombée sur une information comme quoi j'ai changé de chambres plusieurs fois sous la signature de Black Rock Shooter. Dont mon passage en coloc' avec Naoko Oshima après la destruction de ma première planque. Mais où étais-je logée en vue de mes absences constantes à cause de ce qui m'est arrivé avec la petite blonde ? Où ? Eh bien, si je me fiais aux nouvelles de l'école et surtout au journal des conneries publié tous les mois, ce serait dans la chambre de Black Rock Shooter que je passais mes nuits. En vue de ma perte de mémoire, je dirai que ce serait bien probable. Une nouvelle chose de découverte. Et là, là j'avais un horrible trou noir qui me frustrait encore plus. Évidement, stressée mais déterminée, j'ai aussi cherché des infos sur Kuroi, mais je n'ai rien trouvé, aucun dossier portant son nom. À bout de force, je rangeai tout et partis, sans laisser de traces.

L'incident majeur de ma découverte, celui qui me fit enlever tout doute après tant d'interrogations, ce fut le jour après mon infraction, quand l'action de supprimer ma boîte de messagerie bourrée et saturée, s'imposa. Ce jour, nous étions dimanche. D'ailleurs, c'était aujourd'hui. Ce dimanche là, assise sur le rebord de la fenêtre de ma chambre personnelle, je m'amusais à ressasser des anciens messages, insouciante de ce que je faisais, plus préoccupée par mon état déplorablement passionné. Ben oui, au lieu de passer ma vie à courir derrière un fantôme qui veut ma mort, je devrais m'entraîner ou suivre mes cours. Mais non, même cela ne marchait pas en vue de mon excuse bidon que nous étions dimanche. Jour de repos.
Un soupir après l'autre, je baissais mes yeux sur le petit écran lumineux sous mes mains et fronçais les sourcils tandis que mon cœur manquait un battement sous ce que j'avais sous mon regard rubis. Une conversation par portable avec un numéro inconnu dont je me doutais qui était le propriétaire.
« T'es libre après ? », « J'ai faim, si tu apportes quelque chose de bon, alors oui. », « Ok, ok. Et pour ce qui est de Kagoshima... T'sais bien... », « Ok. », « Quoi ok, c'est tout ? », « Faim. », « C'est bon, j'arrive. » Et c'est en lisant les bulles colorées de chaque réception que je pris une décision frôlant la folie. Il fallait que j'aie le cœur net, et pour cela quoi de mieux que d'aller fouiller la chambre de Yume, cette chambre qui soi-disant fut aussi mienne à une époque. Kagoshima. Kagoshima. Je n'y suis jamais allée, n'est-ce pas ? Je me pris la tête entre les mains, laissant mon portable reposer sur le rebord de la fenêtre. Je ne savais plus ce qui était vrai et ce qui était faux, je ne savais rien, je n'avais aucune base, rien que des questions sans réponse. C'était tellement frustrant et perturbant qu'il ne m'a pas fallu plus de temps pour me relever, mettre mon uniforme et sortir illico dans les couloirs des dortoirs. Chambre de Yume Kuroi.

Je ne savais pas où cette pièce se trouvait, et pourtant, sans demander quoi aux autres, mes pas me menèrent naturellement devant une pancarte où ce nom figurait. Prenant une inspiration, je jetais des regards à gauche et à droite pour m'assurer que personne ne me voyait. Rassurée, je toquais à la porte et quand aucune réponse ne me parvint, je souris et poussais la porte devant moi. Ouverte. L'angoisse me saisit dès que je franchis le seuil, refermant derrière moi tel un voleur en plein cambriolage. Je ne saurais dire pourquoi, mais j'étais persuadée que l'antre de ce monstre craint de tous, serait disponible. La peur au ventre de voir des yeux azurs me fixer soudainement, je fis le tour de la pièce à toute vitesse avant de m'arrêter devant une étagère pleine de jeux vidéo. MES jeux vidéo. Et là tout s'éclaircit. C'était comme si cette pièce ravivait tous mes souvenirs oubliés dont je n'avais aucune conscience. Tout s'illumina tandis que je me mis à fouiller partout, dans les armoires, les tiroirs, partout, à la recherche de je ne savais pas. D'une preuve envoyant en l'air deux mois de vie insouciante. Remplaçant le tout par une douleur aiguë, une peine incurable et une peur sans nom. Et rien n'arrangea mon état de suffocation, quand je tombais sur un manuscrit que j'ouvris sans me soucier de ce que cela pouvait représenter aux yeux de la propriétaire de cette chambre. Et là... Tout s’effondra. Tout se dévoila.

Une heure, ou peut-être deux heures après, j'étais assise sur le lit aux couleurs bleutées, les larmes aux yeux, la gorge serrées et une haine monstrueuse grognant au fond de mon être. L'amitié, l'appréciation, le respect, la confiance. Tout cela, tout cela fut anéantit de ma vie par une seule et unique personne, la même qui m'a insufflé tous ces sentiments en moi, avant de mes les reprendre. Qu'est-ce que cela voulait-il dire ? Yume était mon amie, une vraie amie pour laquelle je risquerai ma vie. Yume était celle que j'appréciais, que j'aimais. Et elle, elle a tout fait disparaître d'un claquement des doigts. Le pont. Le baiser. Le trou noir. Elle m'a trahis. Elle m'a effacé de sa vie. Jeté comme un vulgaire jouet cassé duquel elle s'est lassée. Mais ce genre de haine, je pouvais la supporter, jusqu'à ce que le nom d'une ville me tape en plein visage, tel un coup de poing bien senti. Kagoshima. Je comprenais à présent pourquoi Naoko n'avait plus aucun effet sur moi, je me rendais compte de l'importance de mes actes jusqu'à aller même défier Akiha. Tout cela parce que j'eus Yume dans mes bras, tout cela parce que j'ai partagé avec elle tant de moments heureux comme malheureux. Et elle, elle m'a trahis.

Dimanche. Le dimanche qui marqua ma haine, le dimanche qui vit naître en moi un sentiment de force féroce ne voulant que se répercuter sur une unique tête. Yume Kuroi. Une amie, une amante, une menteuse. De là, je ne me préoccupais de rien d'autre que d'aller retrouver cette fille, de lui dire mes quatre vérités avant de la battre jusqu'à la mort pour m'avoir effacé tous ces souvenirs et me laisser vivre dans l'incompréhension. Idioties. Elle m'a ridiculisée. Elle m'a laissé dans l'ignorance. Trahison. Bouillant d'humiliation et de ce sentiment de rage, je sortis de sa chambre sans prendre garde à ce qui m'entourait, claquant la porte à ma suite et bousculant tout élève sur mon passage. Enjambant les escaliers et les mètres me séparant de la sortie des dortoirs, je me retrouvais rapidement dans le parc, mes pas me menant aux bâtiments principaux de l'Académie. Je devais trouver Yume Kuroi. Je n'avais plus que cela en tête tandis que des flashes de souvenirs me revenaient, s’entremêlant avec les lignes des lettres que je lus un instant avant que tout n'éclate. Yume... Comment tu as pu me faire cela ?!

Dans le parc, rouge de haine, j'activais ma robe de combat tandis que la flamme rubis de mon œil droit marqua mon état incontrôlable. Attrapant un étudiant au passage je lui hurlais littéralement à la figure de me dire où se trouvait Black Rock Shooter, sous menace de mort. « L'arène ». L'arène donc. Me dirigeant vers l'endroit indiqué, je ne laissais personne me parler, repoussant tout ce qui se trouvait sur mon passage, ne prenant même pas compte au toucher. Toucher. Yume m'a touché, et je l'ai laissé faire. C'est grâce à elle que je ne saute plus à la gorge du premier qui ose poser ne serait-ce qu'un regard sur moi. Et ce progrès aussi, elle voulut le supprimer. Sans mon accord. Je la détestais pour tout cela. C'est sans moindre surprise que je pénétrais dans le sanctuaire de combat et sentis ma rage et ma force se décupler. Ici tout pouvait exploser, tout pouvait arriver, le lieu de l'expression sera mon théâtre de trahison. C'est sans aucun mal que je trouvais celle que je cherchais, perchée au sommet d'un pilier, dans sa position fétiche. Comment je le savais ? Parce qu'elle faisait toujours cela, observer les étudiants de haut en attendant que je vienne lui apporter quelque chose pour se mettre sous la dent. Mais là, je n'avais rien à lui proposer, rien que ma colère et mes reproches.

Matérialisant mes fils d'acier, je coupais à travers les groupes d'étudiants en extases de leurs progrès, pour venir enrober le pilier de ma chère ancienne amie. Tirant de toutes mes forces sur les bouts de ces fils, je coupais dans la pierre comme dans du beurre avant de dématérialiser mon arme et de me concentrer sur la construction de Wo-Kun. Wo-Kun... Un nom qu'elle lui a donné. Enfoirée. Serrant mes poings, je restais plantée à une vingtaine de mètres d'elle, les yeux rivés sur sa silhouette, la haine perçant tout centimètre carré de ma peau, irradiant mon être de sa puissance.

- Quoi ?!

Quoi... ? Quoi ?! J'explosais littéralement à la voir ainsi, comme si de rien était, comme si ce qu'elle m'avait fait serait un fait anodin, comme s'il était normal d'effacer la mémoire d'autrui sans moindre remord. Tous ces moments. Elle me les a volée. Mais surtout, comme si j'allais lui pardonner de m'avoir traité comme un vulgaire objet dont elle s'est lassée et donc, dont elle s'est débarrassé. Matérialisant ma Silver Sword, ne supportant plus regarder son visage froid et sans émotions, je lui fonçais droit dessus sans prendre la peine de répondre. Après tout, je n'avais rien à lui dire, ses actes parlaient à la place. Mais quelle serait grande ma connerie de lui foncer dessus, tête baissée. Même sous l'influence des sentiments négatifs je n'étais pas assez stupide pour défier Black Rock Shooter de face. C'est pour cette raison qu'au dernier moment, juste avant d'être à sa portée, je m'arrêtais net et pivotais sur la gauche pour venir, non pas lui planter mon épée dans le corps, mais sauter en l'air et viser directement sa tête. En espérant de la toucher ? Non, au contraire. Ma lame remplie d'énergie électrique, je fondis l'air en sachant pertinemment qu'elle allait éviter cette attaque, rapide ou non, je ne frappais pas dans un angle mort. Je ne faisais que la distraire. L'angle mort était assuré par mon loup métallique qui choisit ce même moment, parfaitement synchronisé à mes actions, pour venir par derrière afin de planter ses crocs de métal dans son bras. Entre mon épée et mon loup, il n'y avait aucune fuite possible et c'est en constatant que son bras se fit arracher de ses membres que je mis une certaine distance entre nous et rappelai Wo-Kun auprès de ma personne, le bras ballottant dans sa gueule géante. Une satisfaction démesurée s'empara de mon être tandis que le bras ensanglanté de Yume Kuroi tomba à mes pieds. Pointant ma lame sur sa silhouette, mon loup en position d'attaque, je matérialisais trois cercles de fer et filaments énergétiques que je positionnais autour de moi afin qu'ils me protègent au cas où mon adversaire voudrait se venger. Haine dans les yeux aussi rouge que la lune, voix glaciale dont un semblant de grognement de colère perçait, je décidais enfin à lui adresser la parole.

- Je te donne un prétexte en or pour me tuer. Alors vas y, Yume Kuroi, tue-moi, cela t'arrangera certainement. Viens ou je viendrai à toi.

Mettant toute ma fureur dans mes gestes, je me concentrai une infime seconde pour matérialiser une boule d’énergie destructrice au fond de ma main géante avant de l'emprisonner dans ma poigne, trouvant une tactique parfaite pour mon prochain mouvement. Préserver ma vie, blesser le plus possible celle qui m'a fait tant de mal dans son inconscience. Si je voulais la battre, il fallait que j'agisse et vite, avant que ma jauge d'énergie ne se vide sous le surplus de pouvoir que j'utilisais déjà dans toute ma construction de forteresse mouvante. Je connaissais le potentielle de Yume, après tout, elle était mon amie la plus proche. Et le problème était qu'elle aussi, savait déterminer mes attaques et même mes mouvements. C'est pour cela qu'il fallait compte sur la vitesse, l'effet de surprise et la précision. Il fallait que je la fasse exploser avec Wo-Kun. Mais si cela se produisait, elle mourrait. Et je ne voulais pas... Si. Peu importe, là, j'allai me faire tuer si j'hésiterai. Parce que elle... Elle ne me considère plus comme une amie.

- Pour qui te prends-tu au juste ? Tu te crois tout permise, c'est cela ? Alors viens, bats-toi sérieusement au lieu de te cacher de la sorte, assume !

Ouais, assume m'avoir volé tous les bons souvenirs que tu eus avec moi, assume m'avoir jeté comme une vilaine ordure dans une poubelle après avoir tant traversé à mes cotés, avant de m'avoir... Non ! Il ne fallait pas que je me laisse aller ici, il fallait que je lutte contre toute faiblesse pour me défouler. Pour la punir de m'avoir fait cela. Pour... Elle l'a fait pour moi. Mais en même temps... Non. Il ne fallait pas que je perde ma détermination. Elle m'a effacé la mémoire ! Mais ce fut pour me protéger. Stop. Dans un excès de questions mentales, je lui balançai la boule d'électricité dessus, gaspillant par la même occasion un bon nombre de mon énergie en vue de mon inaction par la suite. Agis Kaïla, agis.

- Menteuse.

Et c'est sur ce dernier mot soufflé dans un murmure de haine que je me mis en position de défense tandis que je lâchais Wo-Kun sur sa personne, attendant une ouverture pour lui enfoncer toute cette douleur qui hurlait dans mon cœur, en plein dans sa chair. Idiote, elle n'était qu'une idiote. Et cela faisait mal.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles, Post Mortem ?    Ven 25 Jan - 1:12

Haine. Elle me détestait, me haïssait au point d’en vouloir à ma vie, je le savais, je le sentais et par-dessus tout, je le voyais. Moi, je ne bougeais pas, je restais plantée devant sa personne. Impassible et dépourvue d’expressions alors que mon for intérieur hurlait de la prendre dans mes bras et lui avouer mes vices ou encore mieux, partir pour ne pas affronter ce qui allait suivre. Les cris des étudiants me firent retomber sur terre quand je la vis se déplacer, le visage fermé, mais la colère grondant. Wo-Kun était là également. Cet animal dont nous avions mis notre temps et notre cœur pour le construire, cette matérialisation aussi important que Pyon-Kun à mes yeux. Son chien, son ami, le seul qui avait pu lui rester fidèle jusqu’à présent sans doute. Mais ce même chien venait de m’arracher le bras alors que je me penchais en arrière pour éviter une lame trop grosse, trop coupante pour que je la perçoive comme une chose dont je pouvais faire abstraction. Un soupir et une légère grimace alors que je voyais la bête métallique se pavaner avec mon os dans sa gueule ensanglantée. Que faisais-je là ? Il fallait que je parte, mais en même temps. Peut être qu’il était temps d’affronter ça à présent … peut être qu’après tant de temps, il fallait lui dire la vérité, mais en même temps ? A quoi aurait servit ces deux mois de souffrances pour lui cracher à la gueule que je lui avais effacé nos souvenirs pour la préserver, pour … qu’elle vive encore … ne serait-ce qu’un mois de plus.

- Je te donne un prétexte en or pour me tuer. Alors vas y, Yume Kuroi, tue-moi, cela t'arrangera certainement. Viens ou je viendrai à toi.

Et là tout s’arrêta. Ma plaie se guérit, le monde continua à tourner, les gens à crier. Mais moi non, je m’étais arrêtée. Mon cœur manqua un battement. Ma gorge se dessécha. Mes yeux s’ouvrirent ne serait-ce qu’un peu plus. Un mouvement net, un corps qui fait un pas en avant. Était-ce le mien ? Oui, c’était le cas, je venais d’avancer, froncer les sourcils et fusiller du regard celle qui me faisait face. Que voulait-elle dire ? Non, que comprenais-je plutôt dans cette unique phrase qui ne voulait sans doute rien dire pour les autres ? Tout. Il ne fallait que humer sa colère, voir ses pupilles écarlates pour comprendre … qu’elle savait. Et qu’elle m’en voulait. Me confondre en excuses ? Jamais. J’avais fait ça pour elle, tout a toujours été pour elle alors … J’attendais ce moment depuis si longtemps, mais pas dans ce contexte, pas avec un bras broyé par un nounours d’acier et certainement pas entourée de centaines d’étudiants nous fixant presque aussi incrédules que cette misérable lune qui ne perdit toujours pas de sa couleur vive. Conneries. Comment pouvait-elle savoir ? Et puis quoi ? Un prétexte pour la tuer ? Après l’avoir protégé en me sacrifiant ? Elle ne savait pas. Si, elle savait des choses, mais sans doute pas tout. Elle a toujours été comme ça, foncer la tête la première dans un mur et se poser après les bonnes questions. Kaïla …
« Sort lui, sors moi ».
Jamais plus ici. Je ne la laisserai pas sortir parce qu’une situation m’échappait, jamais plus je n’utiliserai Insane contre Kurayami et sans doute pas à cet instant précis, à cet instant où ma personne devait … Que devais-je faire d’ailleurs ?!

- Pour qui te prends-tu au juste ? Tu te crois tout permise, c'est cela ? Alors viens, bats-toi sérieusement au lieu de te cacher de la sorte, assume !

C’est parce que j’assumais que j’étais encore là devant elle à la place de prendre la poudre d'escampette ! Mais que croyait-elle ?! Si elle se souvenait de nous, elle devait aussi se souvenir du fait que mes actions n’étaient jamais irréfléchies ! Elle devrait savoir que ce que je faisais était toujours, oui, toujours pour que ma personne lui convienne, pour qu’elle soit protégée de ce monde qu’était Undai, que je l’aimais tellement que je ne pouvais penser ne serait-ce qu’un instant … Que je ne pouvais me faire à l’idée de la perdre ! Oui, le simple fait de m’imaginer elle morte me faisait remonter mes tripes. C’était absurde …

- Menteuse.

Et c’est avec autant de tac que ma main vint hurler son attaque que je pulvérisais d’un clignement de cil et que ma voix se fit retentir dans l’arène tel un cri surhumain de colère partant en résonance avec la sienne. Non je n’étais pas une menteuse, non je ne me plaisais pas à la faire souffrir et encore moins à la rogner de ma vie ! Elle était devenue mon tout, mon amie, mon amante et par dessus tout, ma raison de lutter ! D’aller de l’avant et à défier celle qui était ma maîtresse ! Kaïla, ouvre les yeux ! Putain mais pourquoi, pourquoi ne comprenait-elle pas une chose si évidente hein ?! Parce qu’elle était Kaïla Kurayami.

D’un autre mouvement, je fis un pas en avant pour finalement me retrouver devant son arme la plus prometteuse, attrapant cette même bestiole par la gueule avec laquelle il m’avait enlevé un bras -déjà bien reconstruit, bien prêt à être utilisé-, je vins désarticuler sa mâchoire avant d’éclater son corps contre les dalles formant le sol. Un nouveau coup et il en sera fini de lui, un dernier coup que je ne saurai lui administrer maintenant puisque sa propriétaire était elle aussi sur le qui-vive prête à m’arracher la tête. D’un souffle de puissance je matérialisais une épée que j’enfonçais entre les côtes en ferrailles de l’animal pour l’immobiliser et d’un deuxième coup, je vins contrer l’attaque de mon ancienne élève en la désarmant. Déstabilisant par des chocs électriques ses sphères métalliques, je passais à travers ses protections et d’un simple tour de passe-passe servant à taper sur ses poignets pour la faire lâcher prise, aussi fort pour les lui briser, mais pas assez pour les trancher. Sadique ? Non, je ne supportais pas que l’on me batte et encore moins devant autant de gens. Mais ce n’était pas ça le pire pour moi, le pire était de la voir ainsi.
« Tais toi, libère moi ».

C’était devenu insupportable, depuis que Kaïla n’était plus avec moi, qu’elle ne faisait plus partie de mon quotidien une bien drôle de compagnie infligeait mon corps. Une personne qui n’était autre que ma personne … J’en devenais presque folle, en plus d’avoir cette chose en moi, mon esprit était assez vicieux pour me dire que je devenais comme Akiha. Non pas pute et décervelée, mais bien schizophrène à un point tel que je me voyais parfois m’éclater la tête contre un mur pour que cette chose ne gronde pas en moi, qu’elle ne me supplie pas de sortir, de détruire et d’annihiler toutes choses, respirant, aimant et vivant. Pourquoi, pourquoi était-ce là ? Parce que sans Kaïla, je n’avais plus de raisons de conserver ma part d’humanité qui me faisait aimer les autres. Sans Kaïla … Reviens moi.

- A croire que ça n’a servit à rien tout ça ! Tu veux me haïr, tu veux me tuer, me faire souffrir ?! Mais vas y seulement !

Frénétiquement sous la colère, ma voix prit des tons aigus à son tour alors que le silence plana enfin autour de nous. Plus personne ne bougeait, ne parlait et encore moins rigolait. Comme si le temps s’était figé sous l’excès de ma colère, comme si ils savaient tous qu’un simple mouvement pouvaient leur coûter la vie. Ces enfants, eux, je n’en avais que faire, qu’ils meurent, pleurent ou me haïssent comme bon leur semble, je m’en foutais ! Oui, parce qu’eux n’était pas Kaïla, ils n’avaient jamais su et ressentis ce que nous un jour, nous avions ressenties l’une pour l’autre ! Mon cœur manqua encore un battement et ce ne fut pas des larmes qui coulèrent de mes yeux, mais des armes se frayant un chemin autour de mon corps, comme me suppliants de leurs résonances métalliques de les prendre et de les plonger dans le corps de cette impudente qui me faisait face. Mais ces lames n’étaient pas miennes, elles n’étaient venues de mon corps, de mon pouvoir … se demander de qui n’était pas nécessaire, il ne fallait que humer l’aura maléfique qui planait autour de ma personne pour.
« Maman est arrivée, bats-toi ».

- N’y songe même pas !

Ces mots étaient réservés à une seule personne et après ce cri d’ordre impérial, tout mon corps se retourna vers Kaïla. Je la regardais, je la voyais, je m’en souvenais, de tous ces moments, de nous, de toutes ces choses qui me faisaient tant souffrir. L’aimer me faisait souffrir, la sauver aussi, mais par dessus tout, cela me remplissait de joie quand je la voyais heureuse et c’était pour préserver ça que j’étais partie.

- Tu n’y comprends rien, sinon tu ne serais pas là Kurayami !

Une expression peinée sur le visage, je matérialisais mon épée à mon tour, cette épée contre laquelle Kaïla s’était déjà tant de fois mesurée, cette épée qui avait fait couler son sang, cette épée que nous usions à chacun de nos entretiens, cette épée qu’elle n’avait jamais réussi à soulever jusqu’à présent, cette épée qui ne lui laissait aucun cadeau face à la souffrance. Veux-tu vraiment un combat ? Non, tu veux des réponses, mais je ne peux pas, je ne peux pas me permettre d’avoir tant souffert pour que finalement tu reviennes la gueule grande ouverte pour me quémander informations. Je t’offre ce combat et ma récompense sera ta mémoire, je te l’effacerai encore, encore et toujours jusqu’à ce que tu m’oublies complètement. Pour te protéger …

- Parce que je t’ai aimé, encore et toujours.

Un simple murmure et je lançais ma lame vers sa silhouette, bravant ses défenses à vouloir atteindre son corps, plonger ce métal froid dans ses entrailles, lui arrachant la chair pour la voir transpercer son corps jusqu’à ce qu’un jet rougeâtre ne vienne se coller à mon visage, me laissant goûter ainsi à ce sang pur qu’était celui de cet enfant. Je le voulais, et je le ferai.
« Laisse la moi, ne la tue pas ».
Tais toi !

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MessageSujet: Re: Retrouvailles, Post Mortem ?    Sam 26 Jan - 17:01

La force engendre le pouvoir, le pouvoir mène à la douleur. Et la douleur ? À la fin et au malheur. Ce n'est pas plus compliqué que cela, c'est pour cette raison que nombreux sont ceux qui font abstraction des sentiments, les cachant au plus profond d'eux pour ne pas souffrir. Tout n'est que mental, c'est tellement vrai que cela est démontré dans nombreuses recherches scientifiques et même dans beaucoup de maladies. Prenons par exemple une paralysie des membres, une jambe qui ne ressent rien, aucune agression physique, peu importe combien ou comment on tape dessus, aucune information ne sera envoyée au cerveau et donc, aucune douleur n'adviendra. Ainsi, l'humain fonctionne sous le même principe sans pour autant aller jusqu'à devenir malade pour parvenir à faire fi de la douleur. Non, il essaye d’annihiler cette connexion entre le physique et le mental par la simple pensée. Et parfois, cela fonctionnait réellement.

Mais quand on se voit coupé en deux ou démembré, est-ce qu'on peut tout bonnement se dire qu'il n'en est rien et que l'on ne souffre pas ? Difficilement. Sauf pour les étudiants de Undai. Oui, nos corps sont entraînés à se voir démanteler tous les jours de différentes manières les plus cruelles possibles. Nos métabolismes sont construits pour se perdre et revenir ensuite. Cela faisait mal, certes, mais on ne tombait pas évanoui après une fracture ou aux moindres jets de sang sortant de nos corps. Pourtant, à un moment, on atteint notre limite de contrôle, une limite critique où le corps hurle qu'il n'en peut plus de se reconstruire pour mieux se voir détruire par la suite. Ce moment, ici, est appelé « fin d'un combat » ou alors « mort assurée ». Quoi qu'il en soit, dans les deux cas, nous n'en pouvons plus et abandonnant, souffrant trop de nos lésions internes et externes.

Tout cela pour dire que ce qui m'arrivait là, n'était en rien plus dangereux ou douloureux qu'un entraînement amical entre deux adversaires chassant des mouches. Cela m'insupportait au plus au point, surtout après que Yume passa mes attaques et défenses avec une facilité déconcertante. Et tout cela pourquoi ? Pour me briser les poignets dans un bruit affreux de cassure visqueuse. C'était invraisemblablement humiliant pour ma personne dans un sens, parce que je savais pertinemment qu'elle se retenait, qu'elle ne m'attaquait pas comme elle devrait, qu'elle ne me considérait pas comme un adversaire digne d'attention. Ou alors, elle ne voulait tout simplement pas me blesser ? Si c'était le cas, elle se trompait largement sur sa façon d'agir, en vue de ce qu'elle m'a déjà fait. Oui, elle m'a fait mal, non physiquement, mais bel et bien psychiquement. Et ces plaies là, étaient plus douloureuses et incurables que quelques hématomes et trous dans le corps.

- A croire que ça n’a servit à rien tout ça ! Tu veux me haïr, tu veux me tuer, me faire souffrir ?! Mais vas y seulement !

Grimaçant sous la douleur, je la laissais me hurler dessus tandis que mes armes se dématérialisèrent une par une. De toute façon, étant désarmée, je savais pertinemment que je n'aurais jamais le temps de saisir mon épée tombée au sol avant que Yume ne m'attaque. Et donc, il était inutile que je maintienne en « vie » mes ustensiles de combat. Pendant ce temps là, pendant qu'elle me hurlait dessus de son air menaçant et bizarrement triste, je me concentrais à remettre les os de mes poignets en place, évitant d’émettre le moindre son de douleur. Non, il était hors de question que je montre le moindre signe de faiblesse, pas avant qu'elle ne m'accorde pas un combat digne de ce nom. Elle pouvait crier, elle pouvait s'énerver, mais elle avait tort sur un point... La haïr, je le faisais déjà, mais pas pour ce qu'elle devait s'imaginer. La tuer ? Ce serait absurde de ma part d'y avoir songé ne serait-ce qu'un instant, car oui, je n'avais aucune chance contre elle, et encore oui, elle était mon amie même si elle a commit une grave erreur. La faire souffrir ? Pauvre idiote qu'elle était...

- Tu n’y comprends rien, sinon tu ne serais pas là Kurayami !

Si ! Justement si ! C'est parce que je comprenais que j'étais là. Furieuse mais concentrée, des sueurs froides me montèrent au dos quand une multitude d'armes diverses se matérialisa autour de son corps. Ma fin ? Pas de si tôt, pas aussi facilement, pas tant qu'elle ne comprendra ma venue ici, cette horrible manière que j'ai trouvé pour la bousculer et me venger. Une perle de sueur dévalant mon front, une lame remplie de puissance s’élevant dans les airs, un regard bleuté et si froid, un autre rouge de colère, et un sourire dément sur mon visage tandis que sa lame pourfendait l'air à la recherche de mon corps. Pas le temps de souffler, pas le temps de matérialiser, ce ne fut que mes réflexes qui sauvèrent mon être de se vider de son sang. Un sifflement de rage mêlée à la douleur, un grincement de dents tandis que je luttais de toutes mes forces contre sa lame qui, avec tout autant de brutalité s'enfonçait peu à peu dans la chair de ma main gantée.

- Justement, c'est parce que je comprends, que je suis là. Tu n'es qu'une idiote, tu n'avais pas le droit de décider pour moi ! Si tu voulais te débarrasser de moi, fallait le dire au lieu de faire cela.

Prenant appuis avec mes pieds dans le sol, je chargeais ma main d'énergie pour repousser sa lame qui me fendit la paume en deux, bloquant sur l'os de mon avant-bras, déversant mon propre sang sur le sol dallé. Sachant que je n'allais pas tenir longtemps dans cette position et que je n'avais plus assez de force pour matérialiser une lame assez puissante ou encore, reconstruire mon Wo-Kun. Rien du tout, il ne me restait plus qu'à utiliser les attaques physiques et prier de ne pas me faire découper en morceau par le seul souffle de sa puissance. Poussant sur son épée, l'enfonçant encore plus dans mes os, je m'approchais assez près de sa personne pour attraper ses cheveux de ma main encore valide et tirer dessus pour que sa tête soit à ma hauteur. Me retenant de pousser ne serait-ce qu'un bruit de douleur, dents serrés, je m'approchais de son oreille pour lui souffler :

- Ces... Ces deux mois... Ils sont ta punition... Imbécile. Mais si tu ne me tues pas ici... Je ne t'oublierai pas, ma chère amie... Et tu souffriras encore plus.

Un sourire triste, mes yeux se fermèrent un instant pour visualiser dans quoi mes dernières réserves allaient disparaître et, au lieu d'avoir ses mèches de cheveux que j'ai relâché, j'eus un kimono somptueux à la place, que je fourrais devant les yeux bleutés de Yume. Son kimono, le kimono qu'elle portait le dernier soir de Kagoshima. Un dernier souffle et tout disparut soudainement, ne laissant plus que cette ambiance de combat dans l'air sous les cris acharnés des spectateurs. Un dernier regard rempli de regrets et mon visage ne montrait, à nouveau, que la colère de la trahison. Deux pas en arrière, un cri de douleur quand sa lame quitta ma chair dans un bruit peu ragoûtant, un autre en avant, ma main valide qui saisit sa nuque et sa tête que j'abats sur le sol en échiquier, avant de me reculer de sa personne, essoufflée et à bouts de forces. Un instant de flottement et je me ressaisis, fixant mon regard de feu sur sa silhouette, une voix froide et je déclarai :

- Je t'ai défié Yume Kuroi, devant toute cette assemblée. Il est temps d'en finir.

Aucune expression sur le visage, je matérialisais à nouveau ma Silver Sword cette fois déterminée à mettre fin à ce combat. Plantant mes deux pieds bien dans le sol, tenant ma lame dans ma main valide, je lui envoyais le reste de ma puissance, de mes réserves et me mis en position de défense. Le souffle court, l'épée brandie, j'attendis qu'elle m'attaque. Si elle le fait et que j'arrive à contrer, je lui planterai mon arme droit dans le cœur. Mais si j'échoue... J'en serai tout de même contente.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles, Post Mortem ?    Sam 26 Jan - 23:43

La douleur était vive, telle mise à nue je défiais du regard Kaïla avant de me lancer dans le combat. Le bruit des épées s’entrechoquant, la vision perturbée par une sueur maladive venant tâter de son nez nos fronts pour mieux perler dans nos yeux, les cris ou plutôt les grognements de rage, tout ça … toute cette frénésie du combat fini par me rendre malade. Pourquoi devais-je la combattre ? Pourquoi ne savait-elle pas se taire et rester assise quand elle le devait ? Pourquoi … courait-elle après moi ? Parce que je l’avais trahis, abandonnée et j’en passe, parce que …
Je l’aimais.

Mais je ne pouvais pas m’arrêter maintenant, non, je devais continuer pour lui faire comprendre de ne plus courir après moi, de partir, de vivre sa vie. C’était inutile n’est-ce pas ? Les mots ne l’atteindraient pas et seuls mes poings seront percuter son esprit dans tous les sens du terme. Kaïla, je t’en supplie va-t’en avant qu’il ne soit trop tard ! Dégage de là, ravale ta fierté et pars !
« Tu l’aimais hein ? »

- Justement, c'est parce que je comprends, que je suis là. Tu n'es qu'une idiote, tu n'avais pas le droit de décider pour moi ! Si tu voulais te débarrasser de moi, fallait le dire au lieu de faire cela.

Lui dire ?! Elle n’aurait jamais accepté, elle aurait refusé même si sa vie était en danger ! Bon sang, je te connais Kaïla, jamais tu … tu ne m’aurais abandonné dans un merdier tel que celui-ci ! J’étais en rage, j’avais envie de lui faire ravaler ses paroles, la punir à son tour de toutes ses phrases sans sens qu’elle me balançait sans réfléchir une seconde de plus. Ma lame allait être sa pénitence, ce combat décidera de notre avenir ? Ce n’était pas un roman à l’eau de rose ici, loin de là ! D’un mouvement brusque, j’abattis mon arme vers le ciel, fendant l’air en deux dans un grincement étourdissant, je me heurtais à son épée avant de finalement faire le mouvement décisif pour ma personne, mouvement qui se vit interrompre par mon cœur quand celui-ci manqua un battement.
Oui, énormément.

Tellement. Trop. Ma lame plongée dans ses entrailles, nos regards se croisant et un coup sec quand elle avança pour venir se saisir de ma tête, suivant le mouvement pour me retrouver à deux centimètres de ses lèvres, l’ivresse me montant et la fin des dérisions anéantie par un unique tissu qui me fit ouvrir la bouche. Elle savait, mais je savais déjà cela depuis le début, alors pourquoi étais-je si choquée à cet instant précis ? Pourquoi devant ce kimono tout s’effondra dans mon être intérieur, pourquoi maintenant ?!
Parce qu’elle venait de me mettre face à la réalité.

- Ces... Ces deux mois... Ils sont ta punition... Imbécile. Mais si tu ne me tues pas ici... Je ne t'oublierai pas, ma chère amie... Et tu souffriras encore plus.

Souffrir. Sans toi je souffrais chaque seconde, chaque minute de cette vie. Même l’idée de remplacer le vide de ta personne n’arrivait à se faire tellement j’avais besoin … de toi. Conneries. Oui, pour qui, qui croyait-elle que j’étais ?! Ne valais-je pas mieux qu’un monstre sans cœur pour elle à présent ?! Et bien que cela soit ainsi. La haine qu’elle aura envers moi ne fera qu’accroître plus son pouvoir, son envie de puissances. Qu’elle me haïsse si elle le veut, qu’elle essaye de me tuer si ça puisse l’aider ! Dématérialisant mon épée sous sa dernière tirade avant qu’elle ne me fonce dessus, je fermais les yeux, laissant mon être chercher un semblant d’apaisement dans ce chaos. Kaïla. Ne te méprend pas. Kaïla. Regarde moi. Kaïla. Pardonne moi. Rouvrant légèrement mes yeux pour voir sa personne foncer droit sur moi, je lui adressais un fin sourire avant de lever la main tandis que l’autre, dressée sur mon flan gauche matérialisait une arme de mon cru, mon arme, mes sentiments, mon pouvoir, mon explosion de puissance. Une seconde, deux secondes, trois secondes. Elle arriva. Du flanc de ma main libre, je poussais sur son épaule, empalant par la même occasion son épée dans mon ventre. Un cri de douleur accompagné de sang se vida de ma gorge, une plainte formulée à mi-mot. Quatre secondes, cinq secondes, six secondes. Sa lame me consumait de l’intérieur, déversant dans mes entrailles des milliers de décharges plus douloureuses les unes que les autres. Me reculant de cette douleur immonde, je fis des sauts en arrière en essayant bêtement de rattraper le sang qui se déversait sur le sol pendant que ma plaie béante se recousait. Sept secondes, huit secondes, neuf secondes. Un dernier souffle. Une portée de cinquante mètres, je suis à cinq d’elle. Si je fais ça ici, il en sera fini d’elle, de moi et de tous ceux qui nous regardent. Un dernier regard vers les gradins, des pupilles verdâtres que je croise. Dix secondes.

Un bruit sourd tel un déclic se fit entendre dans l’arène devenue silencieuse. Les yeux rivés sur mon avant-bras gauche, des bouches entrouvertes, la finition parfaite. Là où un bras frêle et blanchâtre avait sa place, ce fut une espèce de grosse armature sombre en acier qui prit place. Ressemblant à un canon n’ayant qu’une sortie énorme et dont les commandes de cet engin se fouillaient entre mes doigts, un mouvement de l’index et tout explosait. Dans un semi-cri de difficulté je le fis bouger de manière à ce que mon cadran soit rivé vers Kaïla. La fixant un long moment qui s’écoulait en moins de deux secondes, j’ouvris la bouche sans qu’aucun son ne traverse celle-ci. Une parole uniquement adressée à Kaïla, des lèvres ne bougeant que pour se faire comprendre par sa personne. « Jamais, jamais je n’ai arrêté de t’aimer ».

Un coup. Une masse colorante traversa l’espace. Un bouclier se forma dans les gradins, soutenus par une Ayame montrant bien sa difficulté dans ce champ de force. Épaulée rapidement par d’autres professeurs. Les élèves se cachant les yeux, criant ou fixant ma personne ou plutôt mon attaque. Kaïla … Où était-elle ? Kaïla. Mon corps bougea de lui même, jouant en une fraction de seconde, j’agrippais sa personne par la main, l’emportant avec moi dans un cercle inter-temporel, nous coinçant dedans pendant l’explosion. Son corps contre le mien, je ne sus me retenir de la serrer aussi fort que je pouvais pour finalement la lâcher et retomber dans le monde réel. Nous téléportant dans le vide, je sentis mon corps se fondre dans les airs alors que la gravité m’invitait à m’écraser contre son noyau terrestre. J’entrouvris les yeux, la vis. Essayant d’attraper sa main, ce fut avec aisance que j’entrelaçais mes doigts avec les siens, un doux moment qui ne dura qu’un instant avant que je ne prenne appuis sur elle pour venir lui donner le coup final. Le dernier. Un mouvement du pied, je fis accélérer sa décente vers le centre de l’arène, traversant le ciel grisâtre de mon sanctuaire à une vitesse folle. Prête à retourner dans le four encore en explosion que j’avais créé, retourner au centre du combat là où les flammes nous consumaient, là où elle trouvera le repos éternel. Tout était encore à l’identique durant notre départ, seuls nos deux corps ne se trouvaient plus à la même place, oui, ils étaient là, je les commandais et m'enfonçant moi-même dans mon attaque, sentant ma peau brûlée par mon pouvoir, j’inspirais à m’en étouffer avant de libérer un champ d’absorption, récupérant mon attaque que j’avalais telle une boule de feu. Un coup de trop. Je tombai sur mes genoux, les yeux rivés sur mon adversaire, ma flamme vira de couleur, ma robe ne bougea pas pour que finalement ma flamme s’éteigne en même temps que mon corps tombe.
C’était fini.

END

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