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 Ce n'est pas qu'une chanson, c'est l'histoire de mon coeur.

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Kaori Eimin
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Messages : 96
Date d'inscription : 11/07/2014

MessageSujet: Ce n'est pas qu'une chanson, c'est l'histoire de mon coeur.    Jeu 23 Oct - 23:40

Et dire, que le temps d’un instant j’ai vraiment cru que j’allais pouvoir passer un samedi tranquillement. A faire la grasse matinée comme un phoque sur sa banquise, à rêvasser d’un harem de femelles plus belles les unes que les autres dont Akiha serait le centre. Oui, j’aurais aimé que cela se passe ainsi.

Mais si j’en parle de la sorte, c’est que cela ne s’est pas produit et la cause ne fut pas mon réveil qui sonna, non, mais plutôt la présence d’un imbécile de premier ordre qui m’a secouée alors que j’étais tendrement emmitouflée dans mes couvertures. « Super Kaoriiiiiii ! J’ai SUPER b’soin de toi ! » Ouvrant un œil pour découvrir l’ahuri qui venait de m’extirper du lit, je restais impassible devant ses traits graves. Inerte, ouais, jusqu’à ce que mon poing atterrisse dans son visage, que je le fasse basculer en arrière pour mieux écraser mon pied dans sa face de thon. Pourquoi… Pourquoi était-il réveillé si tôt celui-là aussi ?!

- Parle avant que je ne t’exécute.

Certaines personnes disent qu’en plus d’avoir la voix de ma chère maman directrice, j’avais également son tempérament ~ Je ne le nierai pas. « SUPER TU ME FAIS MAL LA ! » Et super tu me fais chier oui ! Dégageant mon emprise de mon grand-frère, je me laissais tomber sur le lit d’un air las avant de faire un mouvement de la main pour qu’il parle. Après réflexion, j’aurais dû l’abattre.

C’est donc ainsi que mon réveil se passa.

La suite… Elle n’est pas meilleure. Après ce moment inopportun, il finit par m’expliquer la raison de sa venue. Raison que je ne justifiais pas valable pour me sortir du lit à neuf heures un samedi, non, ces jours là je restais au moins jusqu’à midi si pas quinze heures, si je n’avais rien à faire ! Mais laissons ce détail -des plus importants- pour nous concentrer sur les dires de Kiseki.

- Tu vois je dois super faire un truc pour mon super groupe de super idoles… En fait, ils veulent super que je trouve une super nouvelle chanson avec une voix super féminine et si super possible, avec un arrière de super piano…  Et comme je sais que…

Il n’avait pas besoin d’en dire plus pour que je ne l’arrête. « Hors de question. » Fut ma réponse à sa demande à moitié formulée, je n’étais pas encline à rentrer dans son petit groupe de gays en chaleur et encore moins de me remettre au piano pour la beauté de ses yeux. Me détournant de ce gamin qui resta sans voix devant mon refus, c’est sans demander mon reste que je me remis au lit, ma couverture déjà sur le corps.

- Mais j’ai super besoin de toi ! T’es super la seule sur qui je peux compter !

« Ouais et Hikari ? » Si il avait une jumelle, qu’elle lui serve à quelque chose non ? « Bah… Elle a super refusé. En mode, je lui ai super demandé et elle m’a répondu « Shinai » Super comme ça… » Je peux au moins l’applaudir pour son imitation de sa sœur, chose qui me fit rire en imaginant la scène. Mais qu’importe le rire que je laissais détonner dans MA chambre, ce n’était pas pour autant que j’allais me plier au vice de cet ignorant. Et contrairement à toute attente, il le comprit, et ce assez vite pour surenchérir sur un sujet qui ne me laissa pas l’opportunité de l’envoyer balader…

- T’sais, si tu super acceptes, je pourrais super t’arranger un super rendez-vous avec ma super manager de groupe. Elle m’a super dit qu’elle te trouvait super mignonne ~ Et puis, c’est une super recruteuse, donc elle sera super impressionnée si t’arrivais à super faire quelque chose pour nous ~

Ce perfide ! Tellement que je me suis redressée pour venir le pointer du doigt tout en le faisant reculer sur des « Tu… ! Tu ! » Qui voulaient tout dire. Il avait titillé la corde sensible, et un rendez-vous avec la femme qui s’occupait de son groupe de chant… J’en ai rêvé. Et ça, tellement que seul un « On commence quand ? » Traversa mes lèvres avant que je n’accoure dans la salle de bains pour me rafraichir et débuter cette journée.

- Il faut super que je sois au super studio à dix huit heures, on a super pas beaucoup de temps !

Dix huit heures ? Il se fout de moi ou quoi, il vient de me réveiller, on a donc toute la journée devant nous ! Ce n’est que par éthique que j’étais sortie de l’eau pour attraper mon téléphone se trouvant sur l’évier afin de regarder l’heure… L’heure… Quelle honte. Je suppose que tu t’attends à ce que je te dise l’heure qu’il était hein ? Haha. Je me permets d’utiliser l’expression de mon aînée, SHINAI. J’en rajoute avec du « Kaïla » ? Bande de cons. Done ~

Heu… Ouais, c’est comme ça que ma journée débuta.

Une fois apprêtée, c’est vers la classe de musique que nous nous sommes dirigés. Classe occupée par le club de musique qui nous a gentiment dit que ça ne servait à rien d’attendre ici car la classe allait être prise jusqu’à dix huit heures. Qu’importe les jérémiades de Kiseki, le prof était ferme sur le sujet et ce assez pour nous foutre dehors qu’importent les plaintes disant haut et fort qu’il était prohibé de chasser deux Eimin de Undai. Deux ? Personnellement je n’en vois qu’une seule ~ Non, mon frère ne s’est toujours pas transformé en transsexuel.  Oui, oui, tout Undai sait que ça n’a pas d’importance que t’ais une queue ou un trou pour Kiseki, mais tout de même. Ahem.

C’est comme ça que nous nous sommes fait chasser.

Quoi, t’aimes pas ma manière subtile de résumer mes blocs ? Haha. Soit, on devait donc trouver un autre endroit… Et ce avec un piano. Chose qui fut tellement impossible que je finis dans l’arène avec un Kiseki demandant à sa jumelle de l’aider à matérialiser cette boite musicale pour que je puisse composer. La réaction d’Hikari ? Bah après l’avoir tapé pour l’avoir dérangée, elle lui a juste dit F*** sous prétexte que sa journée était déjà assez remplie ainsi pour qu’elle s’amuse avec des singeries. Kiseki a pleuré, Hikari est partie. Pire qu’un vieux couple…

Tout ça pour dire, que nous n’avons pas trouvé de solution.

Et l’heure du départ de Kiseki était bien trop proche pour que nous puissions faire quelque chose ensemble, c’est donc d’un accord en commun -ouais, j’ai mis mon prix dessus également- que je me retrouvais devant la classe de musique à attendre que les singes imberbes finissent leur soi-disant cours. Chose qui arriva à l’heure convenue. Et j’attendis que la masse de crapauds quitte le local suivi du professeur qui me laissa les clés sous un dernier « Ferme la porte en quittant l’endroit et dépose les clés dans la salle des professeurs. » Oui, chef, oui !

Et voilà ! FIN ! Non ? Evidemment que non, finir ce récit sous un truc aussi banal laisse juste le lecteur avec une boule dans la gorge. Donc, on reprend. Une fois l’endroit vide, je pénétrais la pièce… Vide alors qu’il y a cinq minutes de là, une fanfare y jouait son récital. Laissant mes muscles se relâcher sous le calme de la salle, c’est vers le piano que je me dirigeais… Je n’aimais pas être seule, c’était bien la dernière chose qui me plaisait mais lorsque je jouais -aussi rare soit-il- le temps comme le lieu avait l’air de s’effacer autour de moi. Mais on s’en fout de mes ressentis… N’est-ce pas ?

- Ce con m’en fera vraiment voir de toutes les couleurs… Bon… Commençons.

Ouais, allons y et… C’est quoi le sujet ? Ou plutôt, quel est donc le sujet de ma composition ? ~ Je n’en avais aucune idée. Dans mon intelligence suprême, je n’avais même pas pris le temps de le demander à Kiseki. Faut dire, devant les tournures des événements et sous le cour des circonstances, je n’en avais pas vraiment eu le temps… Soupirant en sortant mon cellulaire de ma poche, je tentais d’appeler mon frère, et ce, quitte à réessayer jusqu’à ce qu’il réponde. Chose qu’il fit au dixième appel, sans doute poussé par les membres de son groupe car sa sonnerie emmerdait le peuple ~

- T’es un comique toi, tu m’as pas dit le thème de ta chanson.

« Heu… Y en a super pas vraiment, fais super comme tu veux ! Heu… Super pense à maman ! » Maman ? Laquelle ? Chose que je lui demandais avant qu’un blanc ne prenne place et qu’il me lâche un « Bah Akiha » Comme-ci ça coulait de source. Raccrochant en première, je laissais mon téléphone sur le rebord du piano avant d’ouvrir la trappe couvrant les touches… Une chanson… Avec Akiha comme thème ? Et genre, c’était censé m’aider.

Pas du tout, c’était de la connerie. Voilà comment je me retrouvais désemparée.

Et ce assez pour qu’une tonne de feuilles chiffonnées jonche le sol autour de ma personne, entre essayer de trouver une mélodie et des paroles, c’était le vide intersidérale. Carrément… Comment… Comment était Akiha ? Que ressentais-je pour elle ? De l’amour. Oui, mais pas vraiment, je ne l’aimais pas comme Ayame l’aimait, non, je l’aimais davantage. Mais en même temps… Ce genre d’amour était néfaste. Oui, un amour noir… Fort, beau, mais ignoble.

Cela m’a-t-il aidé ? Non.

Au contraire, j’avais l’impression que plus je réfléchissais, plus il me serait impossible d’accomplir mon devoir. D’ailleurs, pourquoi tenais-je tant à le faire ? Ce n’est pas comme-ci la fameuse manager était la seule femme qui me plaisait dans ce monde, bien au contraire. Mais j’avais cet esprit de challenge, l’envie de finir ce dans quoi je me suis plongée, et exceller là-dedans… Comme Akiha lorsqu’elle commençait l’une de ses expériences folles. La passion ou plutôt, la détermination.

Un amour déterminé ? Je l’aime, mais je veux qu’elle parte parce que cet amour est néfaste. Serait-ce un morceau de mes paroles ? Tout était si parfait… Nous étions parfaites.

Un début qui me lança sur une bonne voix, croyais-je. Posant mes doigts sur les touches immaculées du piano, je tâtais le bois avec douceur avant de faire retentir la première mélodie. Celle-ci rapidement suivie par une autre, s’enchainant en un son régulier qui s’accordait de plus en plus avec mes fredonnements.

Why can't it, be perfect?
This love's not, even real
Why don't I, cry for you?
Love was dead, from the start

Ce n’est pas des mensonges que je tente de te faire écouter, c’est une vérité qui me blesse bien trop pour que je ne puisse te le dire clairement. J’ai peur que cela soit vrai…

I don't want you
I don't need you
I'll forget you
It doesn't matter

C’est faux, je te veux, j’ai besoin de toi, je ne te pardonnerai pas si tu me quittes… Ca a de l’importance.

I'll play along
Writing our song
We are perfect
I love you

Plus que tout, sais-tu seulement ce que je ferai pour te le faire comprendre, jusqu’où j’irai pour que tu me vois, que tu me sentes…

No, this all wrong
Why aren't you gone?
I know you're not that strong
Don't listen to me
We'll always be so perfectly
Happy

Pourquoi penser ainsi, pourquoi agir de la sorte si au fond, je sais que cela est faux ? Que notre bonheur actuel est tâché par mes désirs… Je veux te voir… Heureuse à mes côtés, comme nous le sommes déjà. De la sincérité, voilà ce que je cherche au fond de mes sentiments, de ton regard, de cet amour que nous partageons…

Cela… N’était que le premier couplet.

Le reste se fit entendre également, ma voix se mélangeait à la mélodie de ma chanson. Seuls les lampadaires extérieurs semblaient donner un peu de lumière dans la pénombre du local dont j’étais la pièce principale, tapotant sur le piano telle une virtuose faisant suer ses cordes vocales. Mes émotions, mes ressentis, mon cœur comme mon âme… Je les laissais transparaitre dans ce chant faisant hérisser mon corps sous ma propre intensité.

…No, this all wrong
Why aren't you gone?
I know you're not that strong
Don't listen to me
We'll always be so perfectly
Happy

Fut mon dernier refrain avant que le silence retrouve sa place entre les murs. Les yeux clos, je laissais ma respiration se calmer avant que mes pupilles n’illuminent le monde de mon regard verdâtre…  

- C’est du n’importe quoi…

Comme-ci… J’éprouvais vraiment cela pour toi… Akiha. Laissant un long soupir traverser mes lèvres, je m’arrêtais dans tout mouvement lorsque…

Je LA remarquais… enfin.





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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas qu'une chanson, c'est l'histoire de mon coeur.    Jeu 23 Oct - 23:47

Kaori Faith Eimin, ma fille, mon plus jeune enfant ~ Elle était une jeune fille de seize ans dans tout sa beauté, aimant ce que tout enfant de son âge apprécie, évoluant dans un monde de ténèbres sans pour autant devenir un monstre. Sachant que sa mère n'était autre que Dead Master-Sama, la directrice de l'institution où elle étudiait, il serait rationnel de penser que Kaori serait comme elle, froide et hautaine, méprisante de l'humanité et de ses défauts. Mais son destin à écrit différemment l'histoire, rendant sa personne adorable, têtue certes, mais... humaine ~ Pourrais-je prétendre que c'était grâce à mon éducation de mère douce et emprunte d'un sentiment de bonté qui l'eut rendue comme cela ? Je ne saurais le dire, tant que nous pouvions nous entendre parfaitement à ce jour, il y avait une période de la vie où j'ai dû quitter le pays afin de me libérer de la pression qu'était d'être la génitrice de la fille d'Ayame Eimin. Ce fut une sombre période que je préférais mettre derrière, le laissant dans le passé, pour me plaire dans un présent et un avenir tumultueux mais guère détestable. Après tout, j'eus récupéré ma fille, et j'essayais d'exercer mon rôle de mère avec assiduité ~ Autant que celui de professeur ~ Perfide que cela puisse l'être, j'avais de bonnes raisons de m'arranger d'avoir Kaori dans ma classe de sciences. Ne serait-ce pour son attirance pour les femmes plus âgées, qui me fit voir de toutes les couleurs, les mois passés. Surtout, que ces dites femmes mûres -contrairement à mes espérances- donnaient l'impression de tomber sous les charmes de ma fille sans se poser davantage de questions. «  C’est la fille de Dead Master après tout. » Si c'était seulement le nom, mais son apparence clamait haut et fort que le sang d'Ayame coulait dans ses veines. Que ce soit au niveau de son visage, ses courbes, et même sa voix était identique à celle de mon épouse, particularité qui me fit développer une manière spéciale afin de reconnaître qui était qui sans que je les voie. Et que tenait-elle de ma personne ? Comme je l'eus dit précédemment, c'était son caractère qui la rendait tellement adorable dont je pouvais me venter, mais aussi sa chevelure de blé, tellement unique dans ce pays ~

Mais l'un de mes quatre trésors n'avait guère que des qualités ~ Si elle aimait le shopping -passant des heures en compagnie de sa mère-, elle était tout autant fêtarde, et il m'arrivait de la retrouver dans des situations impossibles, dans des endroits peu fréquentables pour une fille de son âge, à savoir à peine deux/trois ans. Oui, par la présence du gène d'immortalité, Faith eut atteint l'âge de seize ans en si peu de temps au long d'une vie normale ~ Mais quoi qu'il en soit, quoi qu'elle fasse, je l'aimais autant que j'aimais mes autres enfants ~ Ma famille ~

De laquelle je ne pouvais profiter en cette soirée d'automne, occupée à travailler dans une classe vide, depuis longtemps désertée par tous les chatons. Des nombreuses copies sous les yeux, je les lisais, les comparais, les notais également en écrivant des remarques en dessous, c'était une manière de remonter la barre de mes étudiants, de pointer leurs fautes pour qu'ils les corrigent eux-mêmes. On apprenait de ses erreurs, n'est-ce pas ? Les étudiants de Undai Gakuen le comprenaient parfaitement bien ~ « A conditions qu'ils survivent à leurs conneries ~ Heh ~ » Cela va de soi, effectivement. Même si à présent, le taux de mortalité dans l'Académie a brutalement chuté, ne laissant que quelques malheureux morts par mégardes ou pendant des combats officiels. Mais ce n'est guère pour autant que mon travail fut allégé à l'infirmerie, jumelant avec celui de l'hôpital ainsi qu'avec mes nombreuses réunions de scientifiques neurologues que je suivais avec régularité ~

- Je termine cette pile et nous pourrons partir ~ Alala... Dommage qu'Ayame n'est guère là ce soir...

« Elle te trompe, c'est pour cela, heh ~ » Roulant des yeux, je répondis du tac au tac aux absurdités incessantes de mon alter-ego. « Et même-ci c'était le cas ? ~ Tant qu'elle me revient avec son amour, je suis comblée ~ » D'où sa réponse fusa tout aussi rapidement. « Bien sûr ~ Tu ne peux me duper, Akiha, je te connais mieux que tu ne te connaîtras jamais ~ » Seul un silence de marbre répondit à cette voix détestable logée au fin fond de mon esprit. Bien évidemment, elle était la partie noire de mon être, elle détenait la connaissance de tous mes vices, abusant de ma gentillesse pour les faire ressortir. Je vivais avec, je la chérissais parfois, je la haïssais toujours. Telle était mon existence ~

- Bien ~ J'ai terminé pour ce soir, rentrons Akiha ~

Me levant de la chaise que j'eusse occupé depuis plusieurs heures, je me dégourdis les jambes sous des grimaces indiscrètes avant de prendre la direction de la porte. Sortant de la classe en fermant derrière moi, je m'arrêtais, rêveuse devant le silence et la noirceur de l'extérieur que je contemplais par les baies des couloirs. Noir. Vide. Le lieu était désert... Quelle heure était-il au juste ? Vingt-trois heures, le couvre-feu était déjà passé, et les surveillants devaient arpenter les couloirs et le parc à la recherche des chatons ne respectant guère la loi. D'ailleurs, n'en voyais-je guère un d'eux dans le couloir adjacent ? ~ Si ~ Saluant l'homme en question, je conversais quelques secondes avec sa personne avant de me diriger vers les étages inférieurs, lasse de cette journée interminable.

Décidée de rentrer au plus vite, je fus détournée de cette priorité quand un son étrange attira mon attention, roulant telle une vague mélodieuse sur les murs, tentant les curieux à la suivre lentement, discrètement. Je fis de même, abandonnant les rêves d'un sofa douillet, pour trouver la provenance de cette mélodie, de cette voix qui heurtait délicatement mes oreilles ~ C'est au détour d'un énième couloir que j'arrivais devant la classe de musique, légèrement entrouverte, laissant la musique s'échapper clairement du lieu. M'approchant à pas de loup -ou fauve ~- pour voir qui était le possesseur de la voix chantante qui me semblait familière, je zieutais par la minime ouverture pour y voir... Elle. Assise droite, devant un piano, jouant une mélodie fluide qui me surprenait de sa beauté, qui m'émouvait... Et cette chanson, fredonnée en anglais à l'accent japonais, avec en elle, ce quelque chose... l'émotion. La pièce était baignée dans une atmosphère chargée par des sentiments qui me traversaient telles des flèches aiguisées. Des mots qui prenaient toutes leurs places dans un puzzle destructeur. Et moi qui crus qu'elle détestait le piano par ma faute, l'ayant arrêté pour me blesser...

...This love's not, even real
Why don't I, cry for you?
Love was dead, from the start...

Au fond, je l'ai toujours su. Mais j'ai fermé les yeux.
Silencieuse, j'observais sa silhouette svelte bouger dans la pénombre, ses lèvres tracer des mots douloureux.

I don't want you
I don't need you
I'll forget you
It doesn't matter

Des paroles qui me touchèrent au plus profond de mon âme... Parce que je savais, qu'elle parlait de ma personne. J'en étais persuadée, parce que je la connaissais. Assez pour faire un pas en arrière, hésitant à partir, m'enfuir. Mais je ne le fis guère.

I'll play along
Writing our song
We are perfect
I love you

Au début j'en ai ri, après je m'en suis inquiétée et maintenant, je me résolvais à l'accepter en essayant de le changer. Doucement, avec le temps.

Depuis que je suis revenue dans sa vie, les sentiments de Kaori envers ma personne évoluèrent d'une manière inattendue. Ils devinrent tellement forts, incompréhensibles que j'en restais sans voix. Une tristesse sans nom se grava sur mon visage, chassée par le son de sa voix. Émue, je l'étais.
J'ai déjà essayé de lui faire comprendre que nous ne pourrions jamais... entretenir une relation autre que celle de mère et fille. J'en ai également discuté avec Ayame, mais seule en résultait le besoin d'attendre que cela lui passe. Mais cela ne passait pas, cela s'amplifiait.

No, this all wrong
Why aren't you gone?
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Don't listen to me
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Assez forte pour supporter ses sentiments et les repousser... Je l'étais car j'étais sa mère. Mais la voir triste à cause de ma personne, était une souffrance quotidienne que je m'efforçais d’atténuer avec un amour maternel sans nom.
Me fondant dans sa chanson, j'inspirais profondément avant de laisser le son me bercer dans une agonie suave. Ma fille avait du talent, ternis par ses sentiments... toxiques. Baissant le regard quand sa voix se tut dans un silence apaisant, j'hésitais à m'avancer dans la salle ou rester là, à l'observer en retrait. Mais quelle mère étais-je pour fuir ma propre fille ? Non, je n'étais guère ainsi.

Déterminée, je m'avançais brisant le silence avec le son sourd de mes talons. Dans son dos, je me plaçais, ne voulant la perturber par ma présence inopportune. Un doux sourire flottait sur mes lèvres tandis qu'une phrase contrariée traversa ses lèvres, telle une trahison envers ses émotions. Déposant mes mains sur ses épaules, je m'abaissais et déposais un chaste baiser sur sa chevelure, tellement semblable à la mienne, et dans un murmure à son oreille, je démentis tout ce dont elle voulait se persuader, en vain.

- Non, mon rayon de soleil... C'est réel.

Postée dans son dos, je montais l'une de mes mains le long de son cou, et la posais sur sa joue, caressant doucement sa peau lisse, craignant qu'elle ne me repousse, honteuse de s'être fait prendre dans l'expression la plus sincère de ses ressentis. Contournant sa personne en glissant ma main dans son dos, je vins m'asseoir à ses cotés, lentement, pour ne pas la brusquer, la faire fuir. Ma voix n'était qu'un léger murmure calme.

- Je croyais que tu détestais le piano... Chante-la pour moi une fois de plus, Kaori ~

Gratifiant sa personne d'un doux sourire, j'enlaçais sa main dans la mienne et la posais sur les touches du piano, essayant de retranscrire la mélodie jusqu'à ce qu'une fausse note -presque aussitôt- vienne blesser notre ouïe. Un rire léger, qui se perdit dans le silence étouffant de la salle de musique, un bruit de tissu tandis que je me tournais afin de faire face à ma fille, capturant son visage entre mes mains chaudes.

- Il n'y a guère besoin de mots, n'est-ce pas ? Tu es ma fille, je t'aime de tout mon cœur... et je me déteste de ne pas pouvoir te rendre le même amour que tu éprouves à mon égard... Kaori.

Les paroles n'étaient guère nécessaires dans ce lieu, seul les gestes avaient une importance marquante sur le véritable ressentis de nos cœurs. Et parce que je savais qu'elle en avait besoin, et parce que je voulais que nous ne nous encombrions guère de haine, j'approchais mon visage du sien, je déposais mes lèvres délicatement sur les siennes, et hésitante, je l'ai embrassé. Ce n'était guère vulgaire, c'était profond, emplis de différents sentiments tels l'amour d'une mère, le désir d'une femme, la confusion, la tristesse comme la joie de moments passés ensemble. Tu me comprends aussi bien que je te comprends, n'est-ce pas, Kaori ?

Rouvrant les yeux, j'enserrais son corps dans une étreinte chaleureuse, les larmes aux yeux. Avant de me ressaisir, sécher ce semblant de tristesse s'étant peint sur mes lèvres afin d'aborder un sourire désolé, pour mieux me tourner vers le piano, la voix délicatement cassée, vibrant sous ce qui venait d'arriver.

- Tu me ferais le plaisir de me laisser entendre ta voix une fois de plus ? ~

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Kaori Eimin
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas qu'une chanson, c'est l'histoire de mon coeur.    Jeu 23 Oct - 23:49


Je n’aimais pas cela, ce sentiment qui me rongeait depuis bien trop longtemps, ce goût amer qui me restait en travers de la gorge à chaque fois que je posais mon regard sur son visage que je croisais tous les jours. Si pas toutes les heures… Comment ne pas éprouver quelque chose pour une personne intouchable ? C’était un défi qui me faisait vibrer, une sensation de chaleur qui réchauffait mon corps alors qu’importe mes faits, je restais impuissante devant elle. Je l’aimais, je ne pouvais freiner cela, je ne pouvais que vivre avec alors qu’elle, appartenait à quelqu’un d’autre.

A se demander si je ne m’étais déjà pas mise à détester Ayame pour cela… A dire vrai, il m’est arrivé de la détester. Comme ce jour où je me trouvais dans son bureau, assise devant sa posture grandiose, celle de Dead Master, la directrice d’Undai Gakuen. Sans un mot, mon regard s’était posé sur son corps alors que mon esprit brouillait du noir, insultait silencieusement celle qui me faisait face. Ô comment j’aurais aimé avoir la force de la détruire, de l’effacer de ma vie, de sa vie. Vainement n’est-ce pas ? Car elle aussi, je l’aimais. Elle était mon modèle, mon reflet, ce que à quoi j’aspirais, elle détenait, au creux de sa main, ce que toujours, j’ai souhaité enlacer.

Des conneries, des inepties. Jamais… Je n’arriverai à atteindre son cœur comme je le voulais. Qu’importe les mesquineries que je tentais pour l’apprivoiser, rien n’allait. Je n’allais pas… Correctement. Comment pouvais-je parler de bonheur, si je n’étais pas heureuse ? Comment pouvais-je me satisfaire de nos chastes baisers alors que mes yeux dévoraient son corps intouchable, inaccessible ?!
Je me détestais, pour penser ainsi.

- Non, mon rayon de soleil... C'est réel.

Je l’avais sentie, entendue arriver, mais lorsque sa poitrine se posa dans mon dos, je ne pus empêcher un sursaut. Elle m’avait entendue, et il ne fallait pas être savant pour comprendre que cette chanson lui était destinée. Elle le savait, et savoir cela m’énervait. Ses mots si doux, si tendres m’offusquaient, sa présence même me dérangeait alors que je détruirais le monde pour pouvoir rester, un instant de plus à ses côtés. Ainsi, seules.

- Je croyais que tu détestais le piano... Chante-la pour moi une fois de plus, Kaori ~

Je ne voulais pas, pourquoi devais-je le faire alors que je n’aimais pas cela ? Pour lui faire plaisir ? Haha… Je ferai tout pour la rendre heureuse, quitte à… Qu’avais-je seulement en mon pouvoir pour la contraindre à sourire ? Jouer ce morceau, taper des doigts sur ces touches glaciales qui me rappelaient Ayame. Tout ce qui était froid me faisait penser à elle après tout, que ce soit la porte du frigo ou encore l’eau de la fontaine. Quant à Akiha… Je n’avais besoin de rien pour me souvenir de son parfum, de ses courbes ou encore de la tendresse de sa paume. Ses doigts fins qui s’enlaçaient autour des miens pour m’inciter à jouer, mon regard perturbé par son visage crispé par la tristesse que je détenais lorsque ma voix retentissait sur les paroles blessantes et tranchantes de cette chanson qui devint ma propriété.

- Il n'y a guère besoin de mots, n'est-ce pas ? Tu es ma fille, je t'aime de tout mon cœur... et je me déteste de ne pas pouvoir te rendre le même amour que tu éprouves à mon égard... Kaori.

Et pourtant je n’avais que ça. Des mots pour te faire comprendre ce que j’éprouvais pour toi. Je ne veux pas être ta fille, je ne te veux pas comme mère… Je ne veux pas que tu te haïsses. Tu es bien trop parfaite pour ainsi te détériorer, je t’aime trop pour entendre la suite de tes dires, je ne veux pas que tu me dises que cela était impossible alors que ce mot a été banni de mon vocabulaire le jour où mon cœur a raté un battement en te regardant.

Tes lèvres, ton hésitation, pourquoi me le fais-tu subir ? Tu me repousses pour mieux me bercer dans une illusion où toi et moi pourrions être autre chose. Me détestes-tu à ce point pour me faire tant de mal ? C’est ce que je pensais lorsqu’elle se retrouva à quelques millimètres de mes lèvres mais toutes pensées funestes s’envolèrent au gré de ce toucher unique, de ce frottement me faisant vibrer sous l’intensité de ce geste incertain.
Regarde moi… Comme une femme.

Ne m’enlace pas, aime moi ! Est-ce si difficile à comprendre, pourquoi… Ce monde contraint notre amour, pourquoi sommes-nous faites de principes ?! Comment arrive-t-on encore à sourire après cela ? Pourquoi te présentais-je un regard rempli de compassion alors que ta présence m'était meurtrière ? Pourquoi brûle-je sous ton toucher alors que cela me fait mal ? Pourquoi… souris-je… Alors que je n’ai qu’une envie ? Pleurer, voilà ce que tu m’inspires à cet instant.

- Tu me ferais le plaisir de me laisser entendre ta voix une fois de plus ? ~

Je ne veux pas… Mais tout ce que je ressens, ne t’atteindra pas.  C’est pour cela que je tentais de bouleverser cette atmosphère étouffante dans laquelle tu nous as emmitouflées, mes doigts posés sur le piano, je commençais à faire retenir cette mélodie mélancolique avant de te demander du regard de me rejoindre. Akiha, non… Maman.

- Joue avec moi.

Ma voix ne se voulait pas si partiale, je voulus te sortir cela avec une pointe d’ironie, toi qui semblais si mauvaise au piano… Me détestes-tu à présent ? Haha, je devenais folle. M’arrêtant en pleine partie, je fermais les yeux avant de prendre une longue inspiration et relâcher la pression. Broyer du noir était inutile, je me devais de profiter de cet instant, d’agir comme à mon habitude, de lancer sur la table de billard toutes mes cartes.

Me tournant vers Akiha, je me rapprochais de son visage avant de déposer mon front sur sa joue avant de la pousser doucement à l’aide de mes mains sur son bras me faisant face. Que voulait dire ce geste ? Autant que les « Mhmm » Que je n’avais arrêté de prononcer ~

- Je la jouerai si tu le fais avec moi. Tu sais jouer d’un instrument en fait ? Non pas que t’as l’air nulle au piano, mais c’est tout comme ~ Et pour ta gouverne, je n’ai pas arrêté le piano parce que je n’aimais pas ça, mais plutôt parce que je n’avais pas envie de continuer parce que tu aimais ça ~ Tu comprends la nuance ? Haha ~ Mais sérieusement, qu’est-ce tu fais là aussi ? Il est super tard, toi qui es tout le temps toujours occupée, je ne m’attendais pas à me faire surprendre par ta personne ici, Akiha-Chan ~

Dois-je dire que j’ai fini mon pavé par une douce caresse suggestive sur sa cuisse ? Haha ~ Je te hais pour appartenir à quelqu’un d’autre, mais je t’aime plus que cela car j’ai le privilège d’être proche de toi.

- Te perturberais-je avec mes caresses, O-K-A-S-A-M-A ? ~

Ne vous posez pas la question, ce côté taquin me vient d’Ayame. Alala ~

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Ce n'est pas qu'une chanson, c'est l'histoire de mon coeur.

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