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 La réforme, déchéance.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: La réforme, déchéance.    Dim 27 Avr - 15:00

La réforme d’Undai Gakuen.

Une connerie monumentale impliquant bien trop de choses pour que cela se passe sans encombre. Depuis que Miri ait décidé de reprendre la gouvernance d’Undai, mes jours dans cet institut n’était pas des plus reposants. Bien au contraire, je n’avais plus le temps. Tout simplement. Au premier abord, j’étais contre que l’ancienne présidente du conseil pose ses vouloirs sur la gestion de l’académie, mais après coup… Je n’avais pas vraiment la force ni le pouvoir, de la soumettre à d’autres idéaux.

Undai était un monde de sang, une terre désolée où vivaient des combattants, se tuant, se battant pour exprimer leurs sentiments. L’arène… Mon sanctuaire était l’endroit dédié à cet effet, cet échiquier géant où un millier de tombes jonchaient impunément le sol. Seule la lune était observatrice de tous combats s’étant passés entre ses murs mystiques, seule ma personne avait le droit d’y séjourner à tout jamais. L’Arène était mon tombeau, mon refuge, l’unique endroit où je pouvais me détacher de mon humanité pour me laisser tomber dans les ténèbres de ma vie. J’aimais me sentir dévastée par mes souvenirs, vibrer sous mon chagrin, haïr l’humanité pour ce qu’il m’a causé. L’homme… Je le tuerai.

Undai… Qu’allait-ce devenir ?


Je ne savais répondre à cette question. Après la réunion, nous sommes tous partis dans des directions différentes. Le conseil des cinq s’en est allé, Ayame et Akiha sont reparties avec leur fille tandis que de mon côté… J’ai délaissé Kaïla pour errer dans l’académie. Était-ce laid d’ainsi délaisser celle que nous aimions pour nous morfondre dans un coin ? Je n’en avais que faire… Kurayami savait qu’il était préférable de me laisser seule dans ces moments là, et je lui en étais reconnaissante.  La décision de la directrice n’était pas moindre, donner raison à Miri voulait dire me destituer de ma place, bouleverser ma vie… Ma vision des choses. Je n’acceptais pas… Car je ne voyais aucune rentabilité à cela. Undai devait rester comme il était. Un vouloir qui ne s’exaucera pas.




Les nouvelles règles se mirent rapidement en place, Miri siégeait à ma place sur le siège de la présidence du conseil tandis que je me trouvais assise sur mon bureau. Tous documents administratifs se faisaient trier par ses bons soins tandis que de mon côté, je m’enfermais dans un mutisme sans nom. Aujourd’hui ne dérogeait guère à la règle.

Assise sur mon bureau, tablette en main, je faisais un peu de nettoyage dans l’organisation des classes des secondes. Retirant toutes personnes ne se trouvant plus à Undai pour mieux rassembler des classes afin de réduire le nombre d’étudiants par classe. Une tâche simple en soi, chiante, je l’accorde. Soupirant en relevant le regard de ma tablette, c’est d’un mouvement las que j’examinais le conseil des étudiants… Personne. Nous n’étions que deux, joie.

- Cet endroit est vide…

Un simple murmure s’adressant à ma personne plus qu’à autre chose. Nous étions tellement avant, nous… Ceux qui représentaient l’élite d’Undai. Et maintenant ? Regardez devant vous, ils sont tous… « La réforme Yume-Chan, cela s’applique également au conseil des étudiants. Vous n’êtes plus que cinq. Et cela est bien suffisant. » Cinq ?! Me tournant vers la femme fantôme, je la dévisageais longuement, ne comprenant guère le sens de ses dires quant au départ des autres membres. Départ disais-je ? Chasser, serait plus judicieux.

- Même eux ?! Ils étaient…

« Inutiles. » Ce n’est pas vrai. Certains méritaient leurs places ici, ils étaient puissants et respectaient assez l’académie pour punir tous étudiants se défaisant des règles. Oui, il arrivait que le conseil tuait inutilement des élèves  pour se divertir, mais n’était-ce pas normal pour un lieu comme Undai ?! Nous étions libres de faire ce que nous voulions, seuls les plus forts devaient vivre, les autres ne valaient guère mieux que de simples humains ! « Qui ? » Qui restait-il dans ce lieu dans ce cas ? Avait-elle banni tout mes alliés pour un jour, réussir à me défaire complètement de mon rôle de présidente du conseil ?! J’en étais rouge de colère.

- Tu n’as guère à t’inquiéter Yume-Chan, je n’ai gardé que les plus utiles à ce poste. Hibari Ishinose, Yomi Tsuchimiya, Mei Mashiro, Soi Fon ainsi que Kaïla Kurayami.

Les plus importants. Des conneries. Autant Aria que Kyo avaient leur place parmi nous, deux élémentaires ne peuvent être chassés ainsi. Avait-elle soumise cela à Ayame avant d’agir ? Dead Master ne l’aurait pas autorisé ! Tapant mon poing sur le bureau, j’exprimais ma colère quant à ses faits. Elle n’avait le droit, j’étais la présidente, j’étais la seule à pouvoir décider de qui me serait utile ou non ! Lucas aussi devait rester à nos côtés !

- Tu n’as pas le droit d’agir ainsi ! Ils étaient… Ils avaient leurs places à mes côtés.

Des paroles auxquelles elle ne tint compte. Se levant sans demander son reste, seul « J’agis pour le bien d’Undai » traversa ses lèvres avant qu’elle ne me laisse dans les méandres de ses actions démesurées. Je ne pouvais lui donner raison, qui le ferait d’ailleurs ?! L’Élite était sous mon commandement, ils ne recevaient leurs ordres que de ma personne et celle d’Ayame. Jamais il a été question que Miri vienne les expulser de la sorte ! Une fois de plus, je n’acceptais pas cela. Tapant du poing sur le bureau, c’est sous un excès de rage que je saisis celui-ci pour mieux le faire valser au milieu de la pièce. Détruisant sur son passage les bancs formant un demi-cercle au milieu du conseil. Me laissant tomber au sol, j’essayais vainement de relâcher prise…

Impossible. Pas après ce que je venais d’apprendre. Nous… n’étions plus que cinq. Dont deux personnes ne se trouvant sans doute déjà plus à Undai… Hibari, Yomi… Bande de cons.

- Quelle idée de tomber enceinte dans un tel moment…

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Soi Fon

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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Dim 27 Avr - 19:01

Ce n'était pas encore l'aube et on frappait à ma porte. Je déteste avoir affaire à qui que ce soit au réveil, encore plus de sortir du sommeil sur un bruit déplaisant. Quoiqu'il en soit, personne ne serait assez idiot pour venir me déranger à cette heure sans une très bonne raison.
Inspire, expire, temporise...

En une demi-seconde, j'avais rétabli mon calme intérieur et allumé toutes les bougies en consumant les derniers résidus d'aggacement. Neko lové contre moi, je sortis du lit en prenant soin de me réveiller, tenta en vain de rabattre en arrière les mèches me tombant devant les yeux. Un dernier coup fut frappé à la porte avant que je l'ouvre, avec moins de retenue que j'avais escompté.

Un jeune garçon, la main droite encore tendue vers une porte fantomatique, restait figé là, à me dévisager de la tête au pied. Dans sa main gauche, une lettre qui avait manifestement connue des jours meilleurs et plus haut, à son poignet, un bracelet bleu significatif.
Depuis quand envoyait-on un élève de seconde, avant l'aurore, faire le facteur et, qui plus est, remettre le courrier en main propre au lieu de le glisser simplement sous la porte ?

Constatant qu'il était un peu long à la détente -ou simplement idiot-, je lui demandais alors posément : « Bonjour...C'est à quel sujet ? » Laissant, glisser mon regard de l'enveloppe à son visage pour revenir à l'enveloppe. Il finit simplement par me tendre l'enveloppe, saluer, et tourner les talons sans demander son reste, et surtout, sans un mot. Courageux mais pas téméraire, celui-là.
L'enveloppe est dans un état consternant. Pragmatique, je l’aplanissais sur mon bureau et me servit d'une généreuse pile de livre pour achever le travail. La lettre serait toujours là à mon retour de la douche...et elle aurait meilleur mine.

C'est à ce moment là que je me fis la réflexion que la réaction de ce seconde n'était peut-être pas étrangère à ma mise vestimentaire. Je prenais trop mes aises dans mon petit nid, et ouvrir ma porte en sous-vêtement était tout sauf approprié quelque soit l'heure.  Les nouvelles recrues et leur innocence ; je tournais mon regard vers Neko encore roulé en boule dans ma couverture : ce qu'il reste de ma propre innocence, ce qu'il reste de l'ancienne moi, matérialisé sous la forme de ce petit chat qui me suivait partout.

Une fois sous la douche, je laissais glisser tout ces pensées comme l'eau sur ma peau. Je devais lire ce courrier sans me laisser influencer par quoi que ce soit. Je laissais l'eau froide réveiller tout mon corps, encore engourdi par le sommeil. J'aurais pu l'expédier en cinq minutes, mais je préférais prendre mon temps. L'académie n'écrivait jamais sans raison et quelque soit le contenu de cette lettre, être sur mon trente-et-un ne pouvait pas me faire de mal, comme pour n'importe quel autre événement officiel.

Une fois parfaitement propre, soignée et alerte, j'enfilais mon peignoir et m'installait directement à mon bureau pour prendre connaissance du contenu de cette lettre. À peine dépliée, sans même l'avoir lu, je m'étais faite un avis sur son expéditeur.

Miri Okugi. Alors il restait encore des personnes dans cette académie pour m'écrire en Onyomi parce que je suis d'origine chinoise ? C'était affligeant qu'une personne tienne encore à ce genre de considération, quatre ans après mon arrivée. À cela pouvait s'ajouter la calligraphie trop soignée -les lettres manuscrites étaient rares qui plus est. J'avais clairement sous les yeux les multiples raisons qui explique l'ascension fulgurante de Miri Okugi. Trop mielleuse, trop soignée, cette lettre était l'incarnation d'une intrigante, trop propre sur elle. Une main de fer dans un gant de velours, c'était ça la nouvelle politique? Undai Gakuen devenait soucieuse des apparence ?

Une invitation à rejoindre le conseil étudiant ; sous la direction de Dead Master ça se serait réduit à une simple sommation -ou une invitation qu'on ne peut pas se permettre de refuser, tout dépend sous quel angle on souhaitait le voir.
Ainsi donc, j'avais le droit de refuser ? ...Ou question plus pertinente : quel était le bon plaisir de notre très chère Okugi pour me vouloir siéger au conseil ?

La majorité de ses membres avaient été remerciés pour leur bons et loyaux services sans plus de cérémonie et j'étais pré-sentie pour les remplacer. Du moment où je saurais exactement pourquoi, il sera temps d'en aviser. Pour le moment, il valait mieux suspendre mon jugement et aller voir sur place de quoi il retourne. Sur cette résolution, je m'apprêtais, prenant tout mon temps pour considérer quelles sournois desseins avait-on à mon égard.

Les anciens membres étaient connus pour pêcher par excès. Okugi me voyait-elle comme un pantin docile au contraire de mes prédécesseurs ? La résistance passive, telle était toujours ma voie, mais elle n'était pas là depuis assez longtemps pour le savoir. Il me suffisait d'être complaisante, de faire ce que l'on attendait de moi – comme tout un chacun à Undai – et de montrer en temps utile que je n'étais pas une marionnette. Attendre une ouverture pour frapper ; ne jamais s'engager dans une bataille qu'on ne peut pas gagner ; laisser le temps éclaircir tout les doutes soulevés par cette lettre.

L'autre éventualité que je puisse envisager est qu'on me veuille pour mes talents. Ce serait évidemment fort pratique pour sa nouvelle politique de m'avoir à son service pour faire le ménage de manière nette et sans bavure. Cette possibilité impliquait une longue liste noire de personne qu'elle aurait de le collimateur. Sans surprise, il y aurait d'autre personnes que moi pour trouver sa douceur trop écoeurante pour être honnête. C'était avant tout une femme de pouvoir. À vouloir un pantin, n'importe qui ferait l'affaire, alors a fortiori, on ne m'invitait pas juste à remplir un siège et à jouer aux cartes.

La matinée était déjà bien avancée. J'arrivais en vue de mon objectif d'un pas assuré. La porte était ouverte -fort pratique pour gagner du temps en formalité. Je franchissais le seuil en ne manquant pas de signaler ma présence d'un petit coup sec mais retenu sur la porte ouverte. Il était temps de voir de quoi il en retourne. Attendant qu'on reporta l'attention sur moi, c'est sur Yume Kuroi que j'attardais la mienne.

Cette fille jouait avec ces victimes comme un chat avec sa nourriture. Un peu comme Neko, mais en beaucoup moins sympathique ; je doute fort qu'elle soit du genre à dormir 14h par jour et encore moins du genre à demander des câlins. À sa posture, il était facile de deviner qu'elle était d'humeur à tuer.

En somme, une journée normale à Undai... commençant sous les meilleurs hospices.


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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Dim 27 Avr - 19:35

Mon humeur était aussi désolante que la pièce dans laquelle je me trouvais. C’était pathétique, moi, Black Rock Shooter se retrouvant ainsi assise à même le sol… Mon heure d’esclavage avait cessé depuis longtemps déjà, que faisais-je ainsi affalée comme un détritus ?! Posez cette question à ceux qui ne cessent de me dévaster.

Tapant mon poing sur le sol, je grognais mon mécontentement tout en retenant la mélancolie de submerger mon corps. Pleurer… Je le faisais déjà bien trop pour continuer ainsi. Et si quelqu’un se permettait d’entrer, de quoi aurais-je l’air ? D’un être faible. C’est sous cette pensée que je me décidais de me lever, m’appuyant contre le mur sur lequel je m’étais adossée, je m’arrêtais en plein mouvement lorsqu’un bruit significatif me fit dévier le regard vers une personne que je connaissais bien assez de nom, pour ne pas froncer les sourcils.

Soi Fon… Une terminale à part des autres si je puisse le dire ainsi. Que ce soit par ses techniques martiales ou encore ses passages en rang –auxquels j’ai été le juge-, sa froideur était aussi exemplaire que la mienne. Laissant une interjection traverser mes lèvres, je me redressais complètement pour mieux apposer mon regard scrutateur sur la nouvelle arrivante. Que me voulait-elle ? Réclamer son titre d’Élite peut être ? La bonne blague. Soupirant en lui faisant dos, c’est d’un simple claquement de doigts que je remis en place le désordre causé par ma colère. Redressant mon siège, j’y pris place pour mieux sonder la fille de mes pupilles azurées.

- Je ne suis pas d’humeur.

A quoi donc ? Combattre, parler, respirer. Tout ce qui consistait en l’existence d’autrui à dire vrai. Soupir après soupir, je rattrapais rapidement ma tablette pour mieux remarquer que celle-ci avait l’écran brisé… Sérieusement, n’aurais-je pas pu faire attention à cela ?! Même pas. Balançant l’outil cassé sur mon bureau, je relevais mon regard. Elle compte parler ou elle veut que je lui raconte ma vie ? Miri, je te hais.

- J’ai entendu dire que tu faisais partir du conseil maintenant… Joie. Miri… est venue te voir ?

C’est ce que veut la logique des choses. Lorsqu’un étudiant est promis au titre d’Élite, je me déplaçais jusqu’à sa chambre pour lui annoncer la nouvelle. Seules sont les rares personnes qui eurent osés me dire non… Mei en faisait partie, mais n’était-elle pas membre du conseil a présent ? Haha… Cinq. Nous n’étions plus que cinq.

- Ou alors tu es là pour me dire que cette place ne t’intéresse pas et que tu ne vois aucun privilège à en faire partie. Qu’importe, cela ne me regarde plus.

Pas ou plus. Plus sans aucun doute. Avant je faisais attention aux membres, mais cela est un temps révolu.

HRP : Dis moi, as-tu un DC sur ce forum ou tu t’es amusée à lire la plupart des Rp’s ? Je dois avouer que c’est flippant de voir une personne semblant connaître Undai avec tant de profondeur. C’est plaisant, ne t’inquiète pas, cela nous motive nous en tant qu’Admin de nous dire qu’autrui s’informe avant de s’inscrire sur ce forum !

HRP2 : Un peu court, je me rattraperai au prochain post.

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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Lun 28 Avr - 14:59

S'il est une constance, dans les règles de politesse à observer à Undai, c'est d'éviter de prendre au dépourvu les personnes comme elle et moi. C'est d'autant plus dangereux que nous sommes difficiles à surprendre et prompt à y réagir. J'avais tendance à pêcher par excès de discrétion et il faudrait que je fasse attention, à l'avenir. Yoruichi est pareil et le mobilier en a plusieurs fois pris un coup avant que je prenne le pli. Un maugrèment me confirmait présentement que j'étais passée à « ça » d'une situation problématique.

Elle me regarde, je lui rends son regard. Tu ne me fais pas peur, je ne te fais pas peur. Je ne suis pas une de ces loques qui rampe à tes pieds. Nos yeux sont en rien comparable, mais pour ne l'avoir jamais vu d'aussi près, je sais que son regard et le mien sont aussi semblables que deux regards peuvent l'être. Celui d'une rivale jaugeant une paire. Une fraction de seconde seulement et nous détournons toutes deux le regard.

Je reporte mon attention sur son bureau vide et l'instant d'après, elle s'y installe corps et bien, callée sur son siège comme sur un trône de fortune. Black Rock Shooter, tu veux savoir qui de nous deux à l'ascendant sur l'autre ? Résumons la situation Miri Okugi vient de s'emparer de la présidence et du conseil et sans avoir l'air d'y toucher, tu ruinerais le conseil de fond en comble plutôt que de me laisser la seconde place. Inutile, ma pauvre fille. Je n'ai pas ce genre d'ambition politique. Toi non plus d'ailleurs... Alors à quoi rime ce petit jeu ?

À nouveau, je plante mon regard dans le sien. Elle me dévisage sans vergogne. Non, la politique ne l'intéresse pas. Mais le conseil oui. Parce que, pour l'enfant terrible de Undai, c'était là son dernier loisir digne de ce nom pour tromper l'ennui entre deux jeux de massacre ? Jamais elle ne quittera Undai tant que Dead Master ne la mettra pas au pied du mur. Tu devrais avoir ton diplôme depuis belle lurette, mais tu ne te vois pas devenir prof -il faudrait inventer un poste, pour que tu en remplisses les conditions- et tu ne te vois pas pas partir. Et tout ça Dead Master le sait.

Ce qui me ramène à la raison de ma présence ici. Si Okugi avait pu t'éjecter, tu aurais été la première à partir. Mais à choisir entre elle et toi, Dead Master te choisirait très probablement, ce qui fait que notre très chère nouvelle présidente te garde à contre coeur. Je ne suis là qu'en raison du bon vouloir d'Okugi et sur cinq, nous ne sommes que trois. Sur le papier, la stricte démocratie pour sauvegarder les apparences et dans les faits Miri Okugi seule à la barre de l'académie.
Jusqu'au retour de Dead Master.

Il ne peut y avoir qu'une seule directrice, et s'y Dead Master revient, se sera au tour d'Okugi d'être remerciée pour ses services. Pour le conseil, le mal est fait. Pour ses jeux de massacre, elle a encore de bons jours devant elle...Mais a-t-elle suffisamment de loyauté envers Dead Master pour faire jouer un intérêt commun ? Danser avec ces deux là jusqu'au retour de Dead Master. Impossible de ménager la chèvre et le chou entre Black Rock Shooter et Jingoku. Mais ce que Miri ignore peut faire le jeu de Yume Kuroi...et le mien.

- Je ne suis pas d’humeur.

Merde. Je viens de baisser ma garde et me laisser absorber par mes pensées. Une erreur de plus, c'est déjà deux de trop. Au delà de ça, mon interlocutrice était fidèle à sa réputation : un éléphant dans un magasin de porcelaine. Elle n'a aucun tact mais j'approuve totalement. Je manque de sommeil et ni elle ni moi ne sommes très portée sur la conversation. Cette confrontation n'a eu qu'un seul intérêt : définir clairement la situation. Enfin Yume Kuroi s'agite toute seule et tripote un clavier défectueux. Qu'est-ce que tu attends de moi pour que je t’agace autant ?

-J’ai entendu dire que tu faisais partir du conseil maintenant… Joie. Miri… est venue te voir ? Ou alors tu es là pour me dire que cette place ne t’intéresse pas et que tu ne vois aucun privilège à en faire partie. Qu’importe, cela ne me regarde plus.

Ce que j'aurais aimé lui répondre à ce moment là...si j'avais autant de tact qu'elle :
Au contraire de toi, Dead Master a des valeurs -on ne met pas un enfant au monde lorsqu'on ne croit en rien. Elle n'est pas qu'un ramassis de haine. Elle impose le respect et même Miri Okugi en son absence ne touchera pas un seul de tes cheveux parce que Dead Master -pour une raison obscure- à foi en toi. Ce sont les mêmes qui te craignent et te vomirait dessus à la première occasion. Mais tu es tellement indécrottable que la présidente n'a eu aucun effort à faire pour dissoudre l'ancien conseil sous ton nez.

-À dire vrai, je n'approuve pas plus que toi que l'on est congédié en masse les membres du conseil. Hormis ça, tes sentiments me vont droit au coeur. Et après ? Tu vas abandonner simplement parce que tu ne peux pas y remédier en faisant un carton ?

Ça ne répondait pas à la question, à savoir « est-ce que cette place m'intéresse ou non ? ». Si on me l'avait demandé, tout ou presque valait mieux qu'un conseil vide. Et si même Yume Kuroi jetait l'éponge à quoi bon même en parler...

HRP : J'ai bien failli faire un end sur "ça ne me regarde plus", j'espère que ma petite pique de fin va t'inspirer ;)
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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Lun 28 Avr - 20:37

Je n’étais guère enclin à de grandes discussions, et la présence de Soi en ce jour sombre me dérangeait plus qu’autre chose. Je l’admettais, je n’étais pas quelqu’un de social qui se plaisait à converser avec autrui pour se divertir. Je n’avais que quelques loisirs dans ce bas monde, et cela ne concernait en rien l’humanité. Oui, il va de soi que certaines personnes s’arrachent à cette règle, Kaïla en faisait partie. Mais le simple fait d’oser la comparer à une personne tierce était déjà bien assez dégradant pour que je continue sur ma lancée. Elle était la seule.

-À dire vrai, je n'approuve pas plus que toi que l'on est congédié en masse les membres du conseil. Hormis ça, tes sentiments me vont droit au cœur. Et après ? Tu vas abandonner simplement parce que tu ne peux pas y remédier en faisant un carton ?

Je ne m’attendais guère à mieux de sa part. M’énervais-je sous ses dires ? Évidemment. Je n’appréciais guère que l’on me fasse du rendre-dedans, et osez dire que ses paroles étaient là pour caresser ma personne et je vous fous mon poing dans la gueule. D’ailleurs, pour qui se prenait-elle pour ainsi me parler ?! Depuis quand un simple terminale se plaisait à ainsi rabaisser l’être que j’étais ?! Ca non plus je ne l’acceptais pas. Qu’elle se taise plutôt que de sortir des stupidités du genre. Abandonner… Cela était impossible. Jamais je ne quitterai Undai, ce monde était mien. Ayame était mienne, les autres n’étaient que des plantes décorant l’espace. Cela s’arrêtait à ça. Ca l’aurait dû, effectivement.

Miri avait tout changé ici, même le respect qu’il m’était dû avait l’air d’avoir été bafoué en même temps que cette réforme. Serrant les dents imperceptiblement, je détournais le regard pour ne pas laisser mes expressions se dévoiler en plein jour. Non, mes méandres n’appartenaient qu’à ma personne, je n’avais pas à les exposer devant autrui.

- Et que veux-tu donc que je fasse ? Je ne suis de taille… contre Miri.

Une vérité qui me restait en travers de la gorge. Si cette femme n’avait pas cinq cristaux plantés dans le dos, j’aurais pu me la jouer fourbe, et briser l’essence même de son pouvoir. Qu’avais-je vraiment comme choix ? Me reposer sur Insane et risquer une fois de plus, de perdre Kaïla ? Non, je ne domptais pas assez cette puissance destructrice pour me permettre de l’invoquer aussi futilement. Je devais agir, mais la manière me restait encore inconnue. Nuire à Miri, signifiait nuire à Undai, donc à Dead Master. Étais-je à ce point fourbe pour m’y prendre de la sorte ? Non. Je ne voulais guère être un ramassis de merde comme celle qui dirigeait à présent cette terre de pouvoir.

- Abandonner m’est impossible. Undai m’appartient depuis mon arrivée, je ne compte pas le laisser filer entre mes doigts aussi facilement.

Des dires qui revigoraient ma colère. Tapant du poing contre mon bureau, je me redressais sous un long soupir pour mieux me déplacer jusqu’à la baie vitrée, donnant sur la cours de l’académie. Undai… Était ma maison, mon unique refuge. Il était vrai que je n’avais pas qu’ici… Mais la vie d’une simple humaine me convenait-elle vraiment ? Me complaire dans les bras de celle que j’aime, voir les jours défiler dans une monotonie sans nom ? Non. Cela ne me convenait pas, seul Undai pouvait m’apporter son lot de frissons jour pour jour.

- Même Ayame à l’air de s’en foutre… A croire qu’il n’y a que moi pour me soucier de cet institut. Tu ne m'as toujours pas répondu.

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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Mar 29 Avr - 17:54

Les choses ont bien changé depuis l'arrivée d'Okugi. Avant, tout se réglait par la mort ou la survie. Avec la réforme, il y a le bon et le mauvais grain. Aucun doute qu'à terme, je serais bien en haut, sur la black-liste de notre très chère présidente. Yume Kuroi y était n°1 et je venais d'attiser sa colère, volontairement. Il y a peu, elle m'aurait sautée à la gorge pour moins que ça. C'était une certitude.

Hors de l'académie, il devait déjà y avoir des sous-fifres avec ordre de tuer tout les anciens membres du conseil. Au sein de l'académie, la seul raison de ma nomination était que j'y fasse le sale travail. Et tant qu'à faire, Miri Okugi aurait été ravie qu'on se batte sans qu'elle est à en donner l'ordre, quelque soit l'issue du combat. C'était une autre certitude.

Isoler Yume, si possible l'affaiblir en lui envoyant autant d'adversaire que nécessaire. Et elle avait sans doute un nom pour finir la besogne. Et une fois qu'elle aurait fait tout ça, si j'étais encore vivante, je serais son prochain nom en tête de liste. Sous Dead Master, ma survie ne dépendait que de moi. C'était son régime  : qu'importe qu'on soit une erreur de la nature ou non. Notre présente directrice était bien plus sombre sur ce point, derrière les apparences.

Même en faisant obstruction à ces plans, dans tous les cas, si je ne meure pas avant Yume, ma petite vie ne ferra pas grand poids dans la balance. Sous couvert de rendre l'établissement respectable, Miri Okugi allait faire imploser notre petit microcosme et anéantir toute l'oeuvre de Dead Master corps et âme en l'espace de trois ans...tout au plus. Ses motivations ? J'en avais strictement aucune idée...Mais j’espérais secrètement en apprendre plus. Ça ne me fait pas plaisir de l'admettre, mais qui d'autre que toi est mieux placé pour le savoir, Yume.

C'était hypocrite de prendre vouloir éviter les morts inutiles et éviter de créer des psychopathes incontinents lorsque l'académie recrutait depuis des années des Serial Killer en activité et couvrait leur activité. Ils ne restaient jamais bien longtemps à l'académie. Leur formation était finie en un éclair. Et ils étaient prêts à servir sur « le marché ». C'est comme ça que l'académie tournait. Le monde extérieur était toujours en demande de nouvelles machines à tuer...et Undai leur fournissait le modèle dernier cri. C'était pour ça qu'on tolérait notre existence.

Passé deux secondes, sa colère avait reflué, mais les effets s'en faisait encore sentir. Yume Kuroi, sais-tu que ta gemme charrie le chi à travers toute une pièce chaque fois que tu te mets en colère? Il y avait toujours eu des énergies corrompus, dans cette académie, mais bien davantage depuis le changement de direction. C'était totalement involontaire et je n'irais pas retenté l'expérience exprès mais c'était une bouffée d'air frais bienvenue. Pour quelques heures, ce serait la pièce la plus « propre » de toute l'académie.

- Que veux-tu donc que je fasse ? Je ne suis pas de taille...contre Miri.

Puissance, intelligence, respect. La directrice avait effectivement ça pour elle, quoi qu'elle ne mérite pas réellement cette dernière qualité, au regard de ces intentions. N'était-ce pas pour nous apprendre que le pouvoir ne fait pas tout que l'on avait crée les restrictions des gemmes d'une année sur l'autre ? Qu'un étudiant se ballade dans la nature sans restriction n'était pas vraiment le souci majeur de l'académie...Et tout à Undai était conçu à une seule fin : forger le caractère.

-Abandonner m'est impossible. Undai m'appartient depuis mon arrivée, je ne compte pas le laisser filer entre mes doigts aussi facilement.

Non seulement, c'est un droit que je te conteste pas, mais il est dans mon intérêt de faire en sorte que Undai reste à flot avec toi à son bord. Si Undai disparaît se sera la chasse aux porteurs de gemme -ceux de l'académie autant que les diplômés- dans tout le japon, voir au delà. J'étais déjà une marginale à l’académie, ça ne me changerait pas beaucoup. Mais pour Yoruichi...
Yume Kuroi regardait la cours à travers la baie vitrée, comme pour illustrer son propos. Elle couvait intérieurement sa colère comme un grand feu de joie. Je me tournais moi aussi dans la direction de son regard. C'était bien assez ainsi de se dévisager.

- Même Ayame à l'air de s'en foutre. À croire qu'il n'y a que moi pour me soucier de cet institut. Tu ne m'as toujours pas répondu.

Elle énonçait ça avec lassitude. Et sa question tombait avec le plus grand désintérêt du monde. Exactement comme elle l'avait dit au départ, elle ne se sent plus concernée. Et mon absence ou ma présence l’indifférait complètement, pour peu que je garde mes avis pour moi à l'avenir. C'était tout aussi bien dans l'immédiat.

- Miri n'est pas du genre à se déplacer pour me demander mon avis de vive voix, ou me demander mon avis tout court. Conseil des cinq, hein ? Bakemono...

Pourvu qu'ils aient tous vu le coup venir. Cito, longe fugeas, et tarde redeas. Un jour, je serais peut-être contrainte d'en faire autant.
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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Mer 30 Avr - 0:40

« Miri n'est pas du genre à se déplacer pour me demander mon avis de vive voix, ou me demander mon avis tout court. Conseil des cinq, hein ? Bakemono... » Miri… Elle ne la connaissait pas. Comme tout étudiant ici d’ailleurs, le simple fait de la voir relevait déjà du miracle, alors comment pouvais-je m’attendre à ce qu’une terminale connaisse cette femme fantôme. Miri a été longtemps respectée par ma personne, que cela soit vis-à-vis de sa gentillesse à mon égard ou encore sa puissance des plus affolantes… Oui, cela remontait.

Flash Back

- Yume-Chan a bien grandi, quelle âge as-tu à présent ? ~

Une voix luxurieuse, un sourire des plus charmeurs, une main douce qui se posa sur ma tête. Elle était une femme très belle, très grande, et dégageait une aura des plus harmonieuses pour l’enfant que j’étais. Ce jour là je me trouvais dans le bureau de la directrice, assise sur un des sièges, gobelet en main. Lorsque la femme entra dans ledit bureau, je ne l’ai guère entendue arriver. C’est pour cela que mon premier réflexe fut de sursauter lorsque son timbre de voix résonna dans cette pièce sombre. Levant mes pupilles bleutées vers Ayame pour savoir si il m’était autorisé de répondre, c’est après approbation de sa part que je m’étais tournée vers Miri-Tan. Sourire aux lèvres pour mieux lui répondre de ma voix timide ;

- Quinze ans… Depuis un mois, déjà.

Quinze ans. Si jeune, et pourtant, combien de victimes comptais-je déjà à mon actif ? Trop pour que je n’en fasse le compte. Recevant un geste tendre de la part de la posture noble que représentait Miri, j’eus plissé les yeux alors que son regard s’était détaché de ma bouille pour mieux se forger dans celui de Dead Master. « Ayame, j’espère que tu ne la brusques pas ~ » La brusquer, non… Ayame était gentille avec moi. A cette époque, je la voyais encore comme ma sauveuse, une mère, une amie, une confidente. Un être que je devais chérir et à tout jamais servir. Un doux gloussement traversa les lèvres de celle que je tenais en estime dans mon cœur avant que sa voix mielleuse ne vienne ronronner au gré de mon ouïe fine.

- Maaah ~ Yume-Chan est une enfant exemplaire, elle est digne de l’amour que je lui porte ~

J’en rougis alors que les rires de mes aînées battirent en chœur dans ce monde déjà bien noirci par les desseins de la directrice. Déjà à cette époque, je m’étais demandée pourquoi Miri… appréciait tant Deady. Éprouvait-elle de l’amour pour sa personne ? J’étais bien trop jeune et bête pour comprendre la valeur des sentiments tels que ceux-là.


Flash Back End

Elle s’était toujours montrée gentille. Jusqu’à ce que je détruise son monde. Je n’avais que ma personne pour maudire, mais j’étais bien trop fière pour rester la coupable de mes erreurs. Je lui en voulais de vouloir rétablir une paix qui pourrait à tous, nous apporter satisfaction, mais mon orgueil était bien trop grand pour que je me permette de prendre ces pensées au sérieux. Non, je n’acceptais pas car… Je ne pouvais concevoir que cette femme faite de bonté, eut le temps d’un instant émis l’idée de me voir morte. La destruction de Gokusha, je n’étais guère la véritable fautive. Si Ayame n’avait touché à ce que je chérissais, si elle n’avait posé les mains sur Kaïla… Si Kaïla n’avait accepté les caresses de la directrice, jamais je n’aurais commis un tel acte.

Reprenant contenance peu à peu, je fermais les yeux pour extérioriser cette peine qui tentait de s’afficher sur mes traits. Relevant le visage en prenant une grande inspiration, c’est en les rouvrant que je relâchais enfin la pression. Me retournant vers Soi, c’est le visage inexpressif que je vins lui adresser quelques mots… Bien moins froids qu’à mon habitude. Un court instant, je crus sentir mes cordes vocales vibrer avec sympathie.

- Imbécilité.

Ha, je me fourvoyais ~ J’en souris même dans cette atmosphère oppressante. « Tu n’as pas connu Undai avant, tu ne sais pas ce à quoi elle aspire vraiment… Miri a toujours été une personne que j’admirais, par sa puissance et sa manière si subtile de ramener Dead Master à la réalité. Sais-tu pourquoi elle m’en veut tant ? Je suppose que cela ne t’intéresse pas. D’ici peu tu seras diplômée, d’ici peu… Tu quitteras Undai pour te fondre dans la société humaine comme toutes personnes normales. » Ce qui n’était pas faux… Soi n’avait pas encore les compétences nécessaires pour quitter l’académie, mais cela n’était qu’une question de temps… D’ici un an, peut être moins, elle retournera à sa vie passée. Son quotidien allait-il redevenir ce qu’il était avant ? Non, Undai nous change tous. Certains en bien, d’autres en mal.

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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Mer 30 Avr - 14:24

Les nommés : les invoqués. C'était la règle. Les anciens membres du conseil, trop nombreux, trop puissants pour ne pas laisser une trace derrière eux. Depuis que Yume Kuroi avait fait le grand nettoyage dans la pièce, leurs auras jusqu'à lors réduits au silence, irradiaient à travers la pièce. Je l'ai avais nommé et maintenant, tous les objets inanimés imprégnés à travers la pièce se faisaient entendre. Je venais de reconnaître leur présence et c'était l'erreur à ne pas faire.

Une impulsion me suffit à les repousser. Yume, elle, ne les perçoit pas, et ils se ruent sur elle. Les gemmes ne servaient pas qu'à projeter, elles amplifiaient tout. L'énergie mentale et physique, le chi, et ses conséquences sur ceux qui y était sensibles. Les rares secondes concernés devenaient des déchets, pris de folie ou babillant comme des bébés des paroles inintelligibles et ils disparaissaient bien vite. Les tsukumogami, ces objets éveillés temporairement à la conscience par un usage persistant avaient la fâcheuse tendance à manipuler les esprits. Ils ne disaient que la vérité, remémorait inlassablement le passé, mais de manière parcellaire.

Merde Yume ! Miri ferait n'importe quoi pour avoir ta peau et tu te laisses avoir par ces choses...
J'hésitais à envoyer une deuxième impulsion pour la libérer, mais c'était aussi dangereux que de réveiller un somnanbule. Ces chose manipulaient les souvenirs, les sentiments, rendaient fous ou poussaient carrément au suicide, il fallait s'en méfier. Elle était assez forte pour s'en dépêtrer toute seule, quoiqu'elle puisse voir, qu'importe les souvenirs et sentiments qui s'imposaient à elle.

Le monde extérieur ne connaissait pas ce phénomène. Les objets ne servaient pas assez longtemps ou les gens n'avaient pas assez de présence, selon la manière dont on voyait les choses. Seuls de très vieux objets imprégnés par des décennies d'usage connaissaient ce genre de phénomène. Comme les vieilles maisons et leurs prétendus fantômes. À Undai, c'était une réalité omniprésente, imprégnée jusque dans les murs. Hormis l’arène, qui était un monde à part, et le parc, la nature obéissant à ces propres règles, c'était une réalité que je ne pouvais pas éviter. Trop d'élève, avec beaucoup trop d'énergie, ça résumait assez bien la situation.

J'étais une expérience ratée, et au contraire des autres, j'avais survécu. Je fuyais les rassemblements lorsqu'ils n'étaient pas strictement obligatoire, je réagissais aux énergies de toutes l'académie, lorsque les autres n'en percevaient que les manifestations émergentes et je combattais selon mes propres principes : autant de choses qui me rendaient aussi différente qu'il était possible en sortant d'un même moule. Nous étions tous les créations de Dead Master, j'étais juste une erreur qui avait gagnée le droit de survivre.

Il y en avait une autre, en première, lorsque j'étais encore en seconde, Akiko Inari. C'est elle qui m'a aidée à survivre durant mes six premiers mois à Undai. Elle était obnubilée par les tsukumogami et les entassaient dans sa chambre du sol au plafond. Syllogomaniaque et voleuse de surcroit...mais elle était brillante et je l'admirais. Elle étudiait ses trouvailles, menait des expériences dessus, puis les entassait avec les autres. Jusqu'à ce qu'elle disparaisse.

Il ne restait d'elle que son journal, tissu entremêlé de vérités et d'inepties tirées de ses expériences, où on constatait la folie qui la dévorait page après page. Elle voulait découvrir les secrets de l'académie, ainsi que les pouvoirs cachés des gemmes, pour s'en servir comme d'une arme. C'est avec elle que j'ai appris qui j'étais ; c'est sa disparition qui m'a appris les limites à ne pas dépasser. Monstre parmi les monstres, je devais apprendre à tenir ma place.

Youkai-girl. La fille élevée par les esprits et les démons, qui se bat comme tel et voit des choses qui n'existe pas. C'était ce qui se disait sur moi. Poétique, pour un monstre, non ? Mon très cher père en pleurerait de rire...et de joie. Une ascendance mythique aussi gratifiante, que pourrait-il demander de mieux ?

Après une bonne minute, Yume était revenue parmi nous. Un brin désorientée et...autre chose. De la colère, de la peine ? Rien de surprenant venant de ces saletés. Elles s'étaient retirées et ne reviendrait pas -tant qu'on ne les appelles pas.

- Imbécillité

À qui réponds t-elle, à elle-même ou à moi ?

« Tu n’as pas connu Undai avant, tu ne sais pas ce à quoi elle aspire vraiment… Miri a toujours été une personne que j’admirais, par sa puissance et sa manière si subtile de ramener Dead Master à la réalité. Sais-tu pourquoi elle m’en veut tant ? Je suppose que cela ne t’intéresse pas. D’ici peu tu seras diplômée, d’ici peu… Tu quitteras Undai pour te fondre dans la société humaine comme toutes personnes normales. »

Les monstres ne quittent plus Undai, tu te rappelles ? Pour le peu qu'elle savait, Miri ne le permettrait pas. Et si elle savait vraiment, elle m'aurait exécutée sur place au lieu de me recruter. Quoiqu'il en soit, même en apparence, je paraissais trop inadaptée pour la société humaine. Comme « toute personne normale »...parce que tu crois que tu es le seul monstre ici ? Combien d'entre nous serons épargnés si elle en épargne ?

Parmi ce que je pensais être les inepties d'Akiko justement, il y avait tout un chapitre sur une tasse de thé...et les sentiments d'Okugi. Un époque où elle aurait été vraiment idéaliste, sans arrière pensée, où elle aurait voulu te sauver comme elle s'apprête à te tuer. Mais te sauver de quoi ? Oui, vouloir sauver quelqu'un pour ensuite le tuer, c'est un non-sens. Sauf si elle ne t'a pas sauvée justement. Il y avait bien pire que la mort, en soit.

Dead Master nous avait tous crées pour être à son image. Des monstres sanguinaires exprimant pleinement les plus clairs comme les plus sombres part de notre âme. J'étais l'image de la retenue ; mes ténèbres enfermées à double tour pour ne pas devenir autre chose que moi-même. Mes armes exprimaient contradictoirement la retenue, et le lâché prise. La discipline martiale et la bête en sommeil qui ne demande qu'à en sortir.

Je laissais tout ça sortir, déborder hors de moi. Je lâchais prise déversant le trop plein de noirceur pour ne pas me laisser envahir. La méditation m'aidait à maintenir cette partie scellée, le juste équilibre entre la répression et la perte de contrôle. J'avais déjà perdue le contrôle, plusieurs fois dans l’arène, sans espoir de retour. Yoruichi était mon ancre, la seule chose qui me ramenait à la raison. Mon amour, ma vie, ma raison de m'accrocher à mon humanité, pour ce qu'il en restait.
Qu'importe où elle voulait aller, j'y serais avec elle. Et son choix, c'était ici.

- Donc c'est une vengeance. Purement et simplement... »

Là d'où je venais, il n'y avait que deux manières de régler une dette pour un mal qui ne pouvait être réparé : Un duel ou la vengeance. Okugi ne pouvait pas réclamer de duel dans les circonstances présentes et tu n'irais pas au devant de ta mort à proposer cette réparation. Donc des centaines de personnes allait mourir, pour soulager le cœur de notre chère directrice. La situation était peut-être moins noire que prévue. Et la directrice l'était peut-être moins que je ne le pensais. Elle ne faisait pas ça pour le pouvoir ou par passion. Elle réclamait juste une vengeance honorable contre une personne qu'elle ne pouvait pas atteindre sans faire de dommage collatéraux. Et après, serait-elle satisfaite...ou lui en faudra t-il davantage ?

- Au contraire, quitte à subir son courroux, je préfère savoir pourquoi. »

En y repensant, Ayame restait tranquille. Akiha aussi. Et ça m'étonnerait que ça est quoi que soit à voir avec un Baby Blues. Yume était sa fille de cœur, c'était impensable qu'elle prenne un tel risque inconsidérément. Il devait y avoir une autre issue. Quelque chose que Miri Okugi pouvait souhaiter davantage que la vengeance...et dont Yume était la clef.

- Je ne devrais pas demander, mais quel est le fin mot de Dead-Master-Sama, dans cette histoire ? »

Une solution pour satisfaire tout les partis. La seule chose qui devrait pouvoir retenir Ayame de faire du Miri-Parmentier – quoi qu'ait pu faire Yume Kuroi pour mériter son courroux.
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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Jeu 1 Mai - 15:40

« Donc c'est une vengeance. Purement et simplement... » N’était-ce vraiment que cela ? Je ne pouvais qu’affirmer. Pour quelle autre raison Miri voudrait-elle me voir disparaître ? Pour Ayame ? Non… Dead Master, je savais que j’avais de l’importance à ses yeux. Je ne pouvais concevoir un monde dans lequel je ne serais plus rien pour cette grande femme, autant que je puisse la détester, j’avais besoin de son amour pour survivre. Plissant les yeux sous mes pensées, je me détachais du décor se remplissant peu à peu d’étudiants. Eux… N’avaient-ils pas la vie facile ? Ceux qui venaient ici pour mieux en ressortir ou mourir, ceux qui n’étaient rien aux yeux des plus grandes puissances de ce monde.

Que serais-je devenue si je n’avais été recueillie par Ayame ? Si j’avais vécu dans une famille normale avec un père et une mère aimants. J’aurais eu une scolarité normale, j’aurais fait des bêtises comme tout humain, je serais tombée amoureuse… Mariée peut être, des enfants. Du haut de mes vingt neuf ans, cette vie « dite banale » m’aurait-elle comblée ? Je n’aurais pas connue Kaïla, ni Akiha et encore moins, Ayame. Faisant un simple geste de la main pour me sortir de ces songes, ce fut la voix de Soi qui m’aida dans cette quête.

- Au contraire, quitte à subir son courroux, je préfère savoir pourquoi.

Je souris à cela. La curiosité n’était-elle pas un mauvais défaut ? Mais n'avais-je pas moi-même insisté à me poser cette question. N’étais-je pas celle ici, qui voulait se libérer de ce poids, en parler pour être plus légère ? Confesser ses erreurs pour mieux avancer dans ce monde… Pathétique. Je l’étais de plus en plus. Aussi égocentrique que je puisse l'être, il m’arrivait de me trouver terriblement faible devant ces sentiments dits « humains ». Si c’est ça être humaine, je préférais rester le monstre de froideur que jadis, j’étais.

- Je ne devrais pas demander, mais quel est le fin mot de Dead-Master-Sama, dans cette histoire ?

Elle n’en avait que faire. Ce fut le ressentiment que je perçus lorsque nous eûmes abordés le sujet avec le conseil des cinq. A part acquiescer aux dires de Miri pour satisfaire sa femme et s’occuper de sa fille, elle avait été inutile dans ce débat. Cependant… Je me suis tout de même posée une question, si cette requête serait venue d’Ayame, aurais-je réagi aussi mal qu’à présent ? Si Dead Master l’avait ordonné… Je n’aurais pu qu’accepter sans rechigner. Miri était l’unique problème dans tout cela… Tel était la vérité de ces faits.

- Ayame… Dead Master. Je ne suis pas dans sa tête, mais elle n’avait pas l’air contre cette idée non plus, elle aussi comme Miri, a connu l’ancien Undai… Cette terre soi-disant prospère ou régnait respect et promesses tenues.

« Ne désires-tu pas la voir grandir dans un lieu où règne calme et respect de l’autorité plutôt qu’un asile où seul le sang est témoin des bonnes promesses ? » Ce furent les mots de Miri à l’encontre d’Akiha pour la rallier dans son camp et par logique si Akiha acquiesce à cela, Ayame la suivra. A se demander qui était la vraie directrice dans cette académie. Cette blonde… l’aura eue jusqu’au bout. Non, je ne devais penser ainsi… plus du moins. N’étais-je pas en bonne entente avec la scientifique après tout ? N’avions-nous pas conclu une trêve, un pardon commun pour mieux avancer ? Si mais ce n’était pas pour autant que j’accepte qu’elle sympathise avec le camp ennemi. Des gamineries. Je m’en rendais compte.

- Ce qui s’est passé remonte à peu. Connais-tu Undai Gokusha ? Une légende qui circule dans cette académie depuis bien longtemps déjà. Cet institut… a été créé pour enfermer tous ceux qui en sortant d’Undai, ne respectaient pas la règle ultime. Ne jamais divulguer, démonter ou même parler de ses pouvoirs avec les personnes ne faisant pas partie de l’académie. Les plus chanceux sont morts, les autres se sont vus enfermés dans cet endroit gardé par Miri.

Elle en était la directrice, la plus puissante pour ce rôle qu’était de surveiller les récidivistes. Seule une poignée de personnes se trouvait derrière ces barreaux. Les plus talentueux, ceux dont le pouvoir était bien trop spécial pour qu’on les exécutent aussi simplement.

- Cet endroit… je l’ai détruit.

Pour des raisons ne concernant que ma personne.

- C’est à cause d’Ayame que j’ai agi de la sorte, la seule responsable de cela n’est autre que Dead Master. Si Miri veut tant se venger, ce n’est pas vers moi qu’elle devrait se tourner mais contre la directrice. J’ai certes perdu le contrôle de mes pouvoirs, j’ai agi de mon propre chef en me rendant à Gokusha, mais les actions faites par Ayame m’ont conduites à agir ainsi.

Je ne suis pas fautive… Insane non plus.

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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Sam 3 Mai - 19:26

- Ayame… Dead Master. Je ne suis pas dans sa tête, mais elle n’avait pas l’air contre cette idée non plus, elle aussi comme Miri, a connu l’ancien Undai… Cette terre soi-disant prospère ou régnait respect et promesses tenues.

L'ancien Undai. La première génération ; une expérimentation battant son plein et une rentabilité avoisinant 0. Les pouvoirs significatifs concentrés entre les mains d'une dizaine d'élèves, les autres demeurant en grande partie inoffensif. D'énormes pouvoirs en très peu de mains, beaucoup moins de frictions relationnelles. Facile de maintenir la paix lorsqu'il y avait peu de monde capable de la mettre en danger.

Le Undai actuelle ; la « génération 2.0 » : nous tous avons le pouvoir des gemmes, dont la structure cristalline ne souffre que très peu de variations, quoique chacune soit unique. Nous étions tous des sujets expérimentaux à peu près homogènes, mis en compétition, sans qu'une différence de rapport de force décisive ne nous dissuade vraiment de nous entretuer pour le pouvoir.

Et maintenant, Ayame et Miri préparaient-elles doucement l'entrée en scène de la troisième génération ? Une telle réforme pouvait visée directement à satisfaire un tel objectif : garder l'efficacité de la génération deux, augmenter sa rentabilité et pour se faire, éliminer les interférences causées par les luttes de pouvoirs. Cela impliquait de puissant gardes-fous. Comme Yume si elle se laissait assimiler, ou moins, si j'acceptais de m'y conformer également -jusqu'au jour où je deviendrais impropre à remplir cette tâche.

Il faudrait également trouvé un moyen d'apaiser les tensions, de faire accepter à une masse d'étudiant que l'on disposait de leur vie sans qu'ils aient à s'en inquiéter outre mesure. En déguisant la violence, en augmentant l'activité sportive et les heures d'entrainement, en organisant sainement les loisirs de chaque étudiant. Une plus grande liberté sexuelle était aussi un moyen acceptable : apaiser les tensions sociales par le sexe, comme les bonobos ; une solution simple, radicale, possiblement immorale. Mais était-on suffisamment hypocrite pour avoir des considérations morales entre ces murs ?

M'arrachant à mes réfléxions, Yume Kuroi poursuivit, m'apportant dans le même temps les pièces manquantes du puzzle.

- Ce qui s’est passé remonte à peu. Connais-tu Undai Gokusha ? Une légende qui circule dans cette académie depuis bien longtemps déjà. Cet institut… a été créé pour enfermer tous ceux qui en sortant d’Undai, ne respectaient pas la règle ultime. Ne jamais divulguer, démonter ou même parler de ses pouvoirs avec les personnes ne faisant pas partie de l’académie. Les plus chanceux sont morts, les autres se sont vus enfermés dans cet endroit gardé par Miri.

Qui ne connaissait pas Undai Gokusha ? De notoriété, c'était la première « spooky story » qui se racontait à l'académie. Équivalent des histoires de fantômes, version Undai. Il y avait bien plus à craindre que la mort, et des étudiants disparaissaient chaque année. Ils disparaissaient vraiment : pas de mésaventures dans l'arène ou de dispute qui auraient mal tournée, ou encore de fugue. Les étudiants en question disparaissaient complètement de la surface de la terre et la seule explication à ses histoires était Gokusha.

Y enfermait-on vraiment que les contrevenants à la règle ultime, et encore seulement certains d'entre eux ? Et Miri était connue de loin comme la gardienne de cette institution méconnue et ténébreuse.

- Cet endroit… je l’ai détruit.

Oooh, shit. Miri avait de quoi être en colère. Mais ce n'était que des murs et des pensionnaires. Black-Rock-Shooter avait peut-être détruit l'endroit de fond en comble qu'elle n'aurait pas détruit l'institution. Et ce lieu détruit, Gokusha était désormais là où se trouvrait sa directrice. Gokusha n'avait pas disparu mais simplement été délocalisé. Cela expliquait l'aura pervertie qui régnait sur l'académie depuis son arrivée. Gokusha était désormais sous nos pieds juste en dessous de l'académie. Et le soulagement premier que m'inspirait cette nouvelle fit immédiatement place à l'angoisse.

Peut-être que quelques pensionnaires avait été tuées ou s'était échappés en raison des exactions de Yume, mais cela seul n'aurait pu suffire à motiver la colère froide de Miri. Celle-ci craignait pour son œuvre, pour celle d'Ayame également. Elle avait peur que Yume Kuroi de son sombre trône aliéné, ne fasse la même chose à l'académie qu'à son propre établissement. Évidemment, si l'on se referrait à leurs seules puissances respectives, Yume n'était qu'une de ces mouches nuisibles dont Miri Okugi pouvait se débarrasser d'un revers de la main.

Mais il y avait la protection d'Ayame. Il y aurait sans doute toujours les bons sentiments de Dead-Master pour protéger sa fille de coeur. Aussi nous avions deux institutions que la force des choses avaient réunis en un même lieu, sous la direction d'une seule et même personne, au moins jusqu'à la reconstrution des murs de Gokusha proprement dite. Une nouvelle ligne expérimentale pour Undai Gakuen, qui impliquait une épuration et une sélection nouvelle. Et entre les deux Yume Kuroi, indécrottable résistante de la seconde génération, comme une épine dans le pied de Miri.

- C’est à cause d’Ayame que j’ai agi de la sorte, la seule responsable de cela n’est autre que Dead Master. Si Miri veut tant se venger, ce n’est pas vers moi qu’elle devrait se tourner mais contre la directrice. J’ai certes perdu le contrôle de mes pouvoirs, j’ai agi de mon propre chef en me rendant à Gokusha, mais les actions faites par Ayame m’ont conduites à agir ainsi.

Tu n'as pas à te sentir coupable, mais tu es indéniablement responsable. Ce qui arrive actuellement serait arrivé, avec ou sans ton intervention. Tu as simplement précipité les choses, et donné une motivation supplémentaire à Miri pour activer la mutation de Undai. Sans ton intervention, la transition se serait peut-être faite en douceur, pour épargner encore davantage de mort inutile, n'est-ce pas ? Il y aurait eu consensus entre Ayame, Miri et les autres. Et parce que Dead Master l'aurait dit, tu l'aurais sans doute suivie.

De là à tenir Ayame responsable de tes actes. J'avais l'impression de revoir ma petite sœur, dodeliner accroupie d'avant en arrière, la première fois qu'elle a dû se servir d'un couteau autrement que pour faire la cuisine. La culpabilité, un sentiment bien humain pour un monstre...et comme tu ne veux pas reconnaître ce sentiment, c'est à Ayame que tu renvois la faute. Qu'importe ce que t'a fait Ayame, qu'importe pourquoi tu t'es retournée contre Miri plutôt qu'elle, Miri n'assouvirait pas ta véritable vengeance à ta place.

Si Miri avait voulu se venger, tu serais probablement morte, discrètement, sans qu'on puisse faire le lien entre elle et toi. Elle aurait un alibi parfait, sans doute juste en train de tenir la chandelle à Ayame et Akiha quand tu te viderais de ton sang comme un porc. Sur ce point, sa mesure ressemblait à la mienne. Elle connaissait la différence entre neutraliser et détruire. Elle n'avait nul besoin de te tuer, et aucune raison de le faire tant qu'elle avait un espoir de te changer. N'est-ce pas son plus grand souhait ? Toi et Kaïla prenant la relève et formant le couple qu'elles n'ont jamais pu former...J'enjolivais peut-être, mais on ne devait pas être si loin de la réalité.

Yume Kuroi, motivée par l'amour plutôt que la haine, par le désir de protéger plutôt que celui de se venger ; la différence entre utopie et réalité, à ce que la situation présageait. Pourquoi changerait-elle du tout au tout à l'apogée de sa vie ? Ou plutôt, qu'est-ce qui pourrait lui donner l'envie de changer ?

-Tu en as détruit les murs, mais Gokusha existera aussi longtemps que Miri Okugi sera là pour en être la directrice.

C'était la façon la plus diplomate de sous-entendre les autres petites plans de Miri. Il n'y avait pas que Undai Gakuen, ni simplement sa vengeance. Miri avait mis en branle sa politique de reconstruction, et elle ne tolèrerait pas une deuxième « perte de contrôle » de la part de Yume.

-Ressusciter l'ancien Undai Gakuen ? Ça se tient. C'est du Miri tout craché. Ayame n'aurait effectivement aucune raison de ne pas la soutenir. Une utopie reste une utopie ; rien n'échappe à la corruption. Mais les hommes vivent de ça : d'espoir.

Les hommes et pas nous, autre sous-entendu. L'académie créait des monstres avec Yume Kuroi en prototype. Une utopie pareille avec nous dans ses murs, c'était le vers dans la pomme. La promesse de voir l'utopie se transformer en dystopie. Involontairement, des mains de Miri, ou volontairement, par la bêtise de ses élèves. La seule manière de fédérer autant d'étudiant sur la durée, en gardant Yume à leur tête, était la promesse d'un ennemie commun et de sang frais.

Yume Kuroi pourrait accepter de collaborer tant qu'on lui donnerait une cible à détruire. Et les étudiants n'accepteraient d'apprendre à se battre côte à côte que si l'ennemie était à l'extérieur. Je pouvais faire le grand nettoyage, convertir ces tueurs en soldat et les faire se battre côte à côte plutôt que l'un contre l'autre. J'avais été éduqué pour ça. Mais là encore, Dead-Master pourrait commanditer ce genre de raid -pour le bien de l'académie et de sa chère Yume- mais Miri ?

-Nous avons toutes nos raisons. Ayame, Miri Okugi, toi et moi. Inutile de se blâmer les unes les autres, ça ne changera pas le passé. Ensuite, si Ayame acceptait cet arrangement, explicitement, lui ferais-tu assez confiance pour en faire de même ? Quoique tu puisses avoir à lui reprocher...
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MessageSujet: Re: La réforme, déchéance.    Dim 4 Mai - 23:33

« Tu en as détruit les murs, mais Gokusha existera aussi longtemps que Miri Okugi sera là pour en être la directrice. » Elle n’avait pas tort, mais elle n’avait pas raison non plus. J’avais certes détruit les murs et tant que Miri sera vivante, elle restera la directrice de Gokusha, que celui-ci soit détruit ou non. Mais l’erreur se marqua au niveau de ses pertes, combien de personnes avais-je tué dans ma folie ? Combien d’êtres importants aux yeux de la femme fantôme avais-je annihilés lors de mon déchaînement ? Trop. Tellement que je n’aurai assez avec mes mains pour les compter. Ils avaient tous leurs importances pour Dead Master, chacun d’entre eux détenait en son sein un pouvoir unique qu’Ayame voulait. Ce sont ces mêmes personnes que Miri aimait, ne serait-ce qu’assez pour passer ses journées à converser avec eux… Des amis ? Non, mais des connaissances dont elle appréciait sans doute la majorité.

« Ressusciter l'ancien Undai Gakuen ? Ça se tient. C'est du Miri tout craché. Ayame n'aurait effectivement aucune raison de ne pas la soutenir. Une utopie reste une utopie ; rien n'échappe à la corruption. Mais les hommes vivent de ça : d'espoir. » Je n’aimais pas sa façon de parler, un court instant, je crus qu’elle nous connaissait encore mieux que nous-mêmes. Était-ce l’une de ses facultés due à la matérialisation ? Je ne voulais y penser, savoir qu’une personne vous connaissait mieux que vous-même était terrifiant.

Dead Master… la soutenait. Pourquoi ? Je n’en avais aucune idée, et j’étais bien trop orgueilleuse pour m’en aller lui demander directement. Akiha… Oui, elle était la réponse première à tout cela, elle qui avait soutenu Miri pour me convaincre vainement que cette réforme n’était que positive. Tout cela pour un gosse, pour que sa fille puisse vivre une scolarité normale, des conneries. Qui dit que d’ici quinze ans, Undai sera encore debout ? Personne, et essayer de prévoir ainsi l’avenir n’était que stupidité.

« Nous avons toutes nos raisons. Ayame, Miri Okugi, toi et moi. Inutile de se blâmer les unes les autres, ça ne changera pas le passé. Ensuite, si Ayame acceptait cet arrangement, explicitement, lui ferais-tu assez confiance pour en faire de même ? Quoique tu puisses avoir à lui reprocher... » Je lui avais pardonné ses erreurs, plus d’une fois. L’amour agrémenté par la haine me poussaient à rester à ses côtés, à lui faire confiance alors que je savais que sa parole ne valait rien. Elle ne tenait pas ses promesses, elle agissait par caprice, elle restait le monstre qu’elle était depuis le début. Akiha avait beau croire qu’elle l’avait changé, je n’étais pas fourbe au point de me dire que cela était vrai. Dead Master restait ce qu’elle était. Il n’y avait que deux possibilités envisageables. Soit je restais à ses côtés, soit je n’étais plus.

Soupirant pour la énième fois de cette journée, je croisais les bras tout en me tournant vers Soi, mon regard se hissant jusqu’à ses pupilles brillantes avant de répondre à ses questions… Sa question.

- Elle a été mon tout, j’ai beau essayer me détourner d’elle… Elle reste ancrée en moi. Lui faire confiance est un grand mot… Mais je crois en elle.

Je m’étonnais moi-même de mes dires. Croire en Ayame… Cela remontait, depuis que je n’avais sorti de telles inepties. J’en aurais ri si la situation me l’avait permise. Secouant la tête de gauche à droite, je restais songeuse un instant avant de me décider de quitter le conseil des étudiants. Me dirigeant vers la porte d’entrée, je m’arrêtais, la main sur la cloison avant de la tirer.

- Nous nous reverrons, Soi.

Une simple parole avant que je ne m’en aille. J’aurais pu la remercier de m’avoir écouté, mais ce n’était pas dans mon genre, que d’apprécier la présence d’autrui. Me mentais-je ? Nous le faisions tous ici.

END

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La réforme, déchéance.

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