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 Mon reflet, ma moitié.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Mon reflet, ma moitié.    Jeu 3 Avr - 22:51

Ren… ma moitié. Ce n’était pas n’importe qui pour moi, même si je ne lui accordais pas beaucoup de ma personne, j’avais toujours une pensée pour elle. Je ne comprenais toujours pas ce qui me poussait à agir de la sorte avec elle, quel genre de sentiment pouvait qualifier cet attachement ? Aimer Ren valait autant que m’aimer moi-même. De l’égocentrisme donc… Non, c’était encore autre chose. Lorsque je regardais Ren, je me voyais, lorsqu’elle était dans les parages, je la sentais, lorsque son corps se tordait sous la douleur, un pincement au cœur me submergeait. Mais je ne réagissais pas à cela, je me retenais de débouler à l’endroit où l’enfant se trouvait… car au fond, j’avais peur de ce sentiment encore incompréhensible pour ma personne.

« Tu sais je suis comme toi maintenant. Moi aussi je peux tuer. » Mais lorsque j’entendis ça, je n’ai pas pu me retenir de foncer, de me dématérialiser pour mieux me retrouver devant cet être qui m’avouer un acte bien trop gros pour son jeune âge. Tuer. Elle avait commis un crime… Pourquoi ? Que s’était-il passé pour qu’elle doive agir ainsi ?! Je ne savais pas et Ayame n’avait l’air enclin à me donner les informations tant voulues par ma personne. Ma première réaction fut d’emporter Ren avec moi, si elle n’était pas bien avec sa dite famille alors… alors quoi ? Je l’élèverai ? Non… Je ne pouvais le faire sans le consentement de Kaïla et même, je n’étais pas assez responsable pour m’occuper d’un enfant… Non. Mais je pouvais au moins me montre présente lorsqu’elle en avait besoin.

Déposant Ren sur le sol de ma chambre, je ne pus retenir un long soupir de décontenance alors que je me dirigeais directement vers mon frigo tout en lançant à la volée « Installe-toi, Ren. » Cherchant dans ledit frigo de quoi boire, je sortis sans plus attendre deux canettes avant de retourner auprès de l’enfant. Prenant place dans mon divan, je lui tendis le liquide froid avant d’ouvrir moi-même ma canette. Ah… merde. Quoi ? Bah…

Avant l’appel d’Ayame, j’étais avec Kaïla dans nos appartements. Elle en train de massacrer des zombies comme à son habitude tandis que moi, de mon côté j’étais affairée dans notre chambre pour remettre de l’ordre dans nos armoires. Sans vraiment crier garde je me suis barrée… A combien de pour cent ma chère amie ne sait toujours pas que je suis partie et qu’elle continue à parler dans le vide sans capter que si je ne lui réponds pas, c’est que je ne suis pas là ? Haha… Rien que pour ça, j’aurais aimé l’appeler avant qu’elle ne se rende compte. Chose qui n’arriva pas malheureusement puisque mon portable sonna et que de l’autre côté, je me fis littéralement gueuler dessus.

« Oï, t'es où ?! » Au pôle nord ? Haha… C’est bon, j’arrête de plaisanter. Hum. Répondant oisivement que je me trouvais avec Ren à Undai, la suite de l’engueulade ne tarda pas à me percer les tympans. « Sérieux ? T'as rien d'autre à faire ? Pourquoi t'es partie comme ça ? » Je n’allais pas tout lui expliquer, moi-même je ne savais pas ce qu’il en était vraiment. Me raclant la gorge en prenant un instant pour répondre, je finis par lui demander d’attendre demain plutôt que de m’avancer sur un sujet que je ne connaissais pas spécifiquement, marquant le tout sur « Des soucis », je n’avais pas spécialement envie de continuer cette conversation en vue du silence que je recevais à l’autre bout de l’appareil… Haha… Plus con que ça tu meurs. « Hum... Tu rentreras quand ? » Jamais ? Autant mourir plutôt que lui dire ça. « …Sais pas… » Mais oui Yume, de mieux en mieux. « …Ouais… » Sur le coup, t’es pas mieux que moi Kaïla. Essayant de rétablir un semblant de conversation je me permettais de donner plus de précision sur mon retour tout en restant vaste. Demain était suffisant, je ne savais pas ce qui allait se passer, ni comment cette nuit allait se finir non plus et, et… « Eh... Pas trop tard alors. Et rapporte un chinois au passage. ... Encore une chose ! Tu vas mordre la poussière pour cela ! » Je n’en doutais même pas. Arquant un sourire amoureux, seule une dernière phrase traversa mes lèvres avant que je ne raccroche. « Haha ~ Moi aussi je t'aime ~ ». Déposant mon portable sur la table basse me faisant face, je reportais mon attention sur Ren, restée en retrait depuis notre arrivée dans ma chambre. Je n’ai pas vraiment attendu qu’elle me réponde avant de la voler à Ayame… Ai-je mal fait ? Je ne me lancerai pas sur ce sujet.

- Si tu peux rester célibataire toute ta vie, fais le. Et puis même… t’es un peu trop jeune pour sortir avec quelqu’un de toute manière hein ? Haha… Hum.

Bingo Yume, tu joues le gros lot là. Détournant le regard en me grattant la joue d’un air gêné, je finis par reprendre contenance et me lancer vraiment sur le vrai sujet que je voulais aborder. Tuer. Qui, pourquoi et comment ?

- Au téléphone… tu m’as dit que tu étais comme moi. Pourquoi… Comment, et qui était-ce… La personne que tu as tuée, Ren ?

Je veux savoir, pas pour la juger, mais pour comprendre comment des mains si jeunes pouvaient déjà être tâchées de sang. Moi… j’avais son âge également lorsqu’Ayame me fit commettre mon premier crime, était-ce Deady qui l’eut poussée vers ce chemin également ? Non, n’a-t-elle pas dit qu’elle ne répéterait pas les mêmes erreurs deux fois ?! Je ne savais quoi, ou même, qui croire.

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Ren Ketsuki

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MessageSujet: Re: Mon reflet, ma moitié.    Ven 4 Avr - 19:46

Elle déposa sa canette sur le divan juste à côté d'elle, peu fanatique de soda et tendit l'oreille discrètement, curieuse de savoir qui Yume pouvait appelé ainsi brusquement. Il lui sembla reconnaître une voix, celle d'une jeune femme qu'elle n'avait du voir qu'une ou deux fois et qui avait la fâcheuse manie de toujours se tenir à l'écart quand elles se retrouvaient, elle et Yume. Personne ne le lui avait dit mais il lui paraissait évident que cette personne partageait la vie de sa moitié. On le sentait dans leurs regards et dans leurs gestes. Aussi, elle sentit rapidement couler dans ses veines le venin de la jalousie alors qu'elles les entendaient "roucouler". C'était donc à cause de cette femme qu'elle ne pouvait quasiment plus voir Black Rock Shooter ? Qu'avait-elle de plus qu'elle ? Elle ne paraissait pas particulièrement belle, ni riche, ni rien. Alors quoi ? Il devait bien avoir en cette personne une quelconque qualité qui aurait su attiré l'attention de sa moitié. Qu'importe : Elle avait décidé de la haïr, pour la simple raison qu'elle s'accaparait SON autre en toute impunité.

- Si tu peux rester célibataire toute ta vie, fais le. Et puis même… t’es un peu trop jeune pour sortir avec quelqu’un de toute manière hein ? Haha… Hum.

Sortir avec quelqu'un ne lui avait jamais effleuré l'esprit mais maintenant qu'on lui en parlait, elle se demandait si cela avait une quelconque utilité. Rester avec Yume et sa mère lui suffisait amplement, elle ne voyait pas pourquoi, elle irait se trouver quelqu'un d'autre. Et de toute façon, elle s'imaginait mal s'enticher de quelqu'un alors qu'elle ne quittait quasiment jamais l'Académie et qu'il n'y avait ici que des fous furieux. De plus, cela semblait déplaire à Yume ... Ses joues rosirent à cette idée. Si c'était Yume, elle était d'accord de partager sa vie avec elle. Pour les autres, c'était totalement hors de question. Elle souriait à cette idée plaisante mais déchanta très vite quand son interlocutrice lança un sujet qui ne lui faisait guère envie :

- Au téléphone… tu m’as dit que tu étais comme moi. Pourquoi… Comment, et qui était-ce… La personne que tu as tuée, Ren ?

Elle grimaça en repensant à ce qu'il s'était passé avec son ex-enseignante. Tout ce sang et ces ... "Choses" ... Elle ne pouvait pas décemment décrire à son aîné la répugnante scène de la matinée. Elle avait tout de même défoncé le crâne de la sorcière à coups de bâton. Même son oncle, habituellement indifférent, avait pâlit à la vue du carnage alors il lui était difficilement envisageable de conter ses péripéties. D'autant plus qu'elle ne voulait pas que Yume apprenne qu'elle avait été battue par une sous-femme, faible et vieille. C'était trop honteux, trop inconvenant. Alors elle resta silencieuse un long moment, se demandant ce qu'elle pouvait répondre. Son oncle avait-il fait déplacer le cadavre ? Elle en doutait fortement : ce n'était visiblement pas son genre de se préoccuper des autres. Alors si elle ne pouvait en parler, elle pouvait toujours le montrer. Elle saisit la main de son interlocutrice et répondit, attendant que celle ci se lève pour la suivre :

-Je peux te montrer, ils n'ont peut être pas bouger le cadavre.

Elle ouvra la marche, n'attendant pas de réponse de sa part. De toute façon, il fallait bien qu'elle se débarrasse du corps, non ? C'était en tout cas ce qu'elle avait pu lire dans ses romans. A moins que quelqu'un ne s'en est déjà chargé à sa place ... Et bien, au pire des cas, cette petite ballade lui permettrait de passer du temps avec Yume. D'ailleurs, elle se sentait toute chose de tenir de cette façon sa main dans la sienne. Ce petit détail faisait travailler son esprit de gamine rêveuse et, plongée dans ses rêves, elle faillit bien se heurter à un poteau alors qu'elles traversaient le pont reliant Undai Gakuen au reste du monde. Elle bouda sa maladresse et reprit la parole, revenant sur les dires de Yume :

-Si Yume ne veut pas que je fréquente quelqu'un, je ne fréquenterais jamais personne ...

Elles arrivèrent rapidement à l'appartement de son ancienne éducatrice, celui ci se trouvant en contrebas du pont, sur une plage artificielle et mal entretenue. Elles durent, pour l'atteindre, emprunter de petites marches de béton érodée par l'humidité et le temps dans lesquelles la fillette avait faillit chuter plusieurs fois sous le regard indifférent de son oncle. Puis elles se frayèrent un chemin à travers diverses épaves que cette vieille folle avait jeté là comme si de rien n'était avant de finalement parvenir à ce bâtiment tombant en ruine dans lequel elle avait passé de longues journées. Il donnait l'impression d'être abandonné mais contrairement à ce qu'on pouvait pensé, des gens y "vivaient" encore. Ces reclus de la société qui n'avait eu d'autre choix que de s'exiler, s’étaient réfugiés ici, dans de petites pièces humides et malodorantes telle que celle dans laquelle elles venaient de pénétrer.

-Penses-tu qu'Ayame m'aime au moins un peu ?

C'était la seule chose qui lui venait à l'esprit alors que devant-elle s'affichait un sol immaculé, dénué de tout sang, de toute chair alors qu'il n'aurait pas du l'être. Quelqu'un avait fait le ménage ici et ça ne pouvait être l’œuvre que de la directrice et de ses chiens. Elle était impressionnée de la rapidité à laquelle on avait fait disparaître le corps mais bizarrement, elle aurait préféré le retrouver là où elle l'avait laissé, pour la simple et bonne raison que ce sol vierge lui donnait l'impression d'avoir tout imaginé et cela la mettait profondément mal à l'aise. Elle s'attendait à voir surgir à tout instant, comme revenue de parmi les morts, sa faible victime.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Mon reflet, ma moitié.    Ven 4 Avr - 22:51

« Je peux te montrer, ils n'ont peut être pas bouger le cadavre. » Je n’avais pas forcément envie de voir un cadavre en cette belle soirée, personnellement, je trouvais plus plaisant de regarder un film à la télévision plutôt que de remuer une morte. Mais qu’importe mon vouloir, Ren était décidée à me montrer ce fameux cadavre, et dans mon inactivité -active- je me laissais faire. Me levant de ma place, je n’eus le temps que d’enfiler mes chaussures pour mieux rejoindre les couloirs des dortoirs. Où me conduisait-elle ainsi ? Je ne savais pas, à dire vrai, le seul endroit dans lequel Ren restait devait être les appartements de Keitaro ou encore, mon ancienne chambre dans les appartements d’Ayame… Alors pourquoi quittions-nous peu à peu ce dit bâtiment ? Je restais muette face à cela, ne frémissant qu’invisiblement sous l’air frais de la nuit tombée.

Marchant en tenant toujours la main de Ren, je restais curieuse sur notre destination. Il fallait le dire, ma curiosité était l’un de mes plus gros défauts. A votre avis, pourquoi je me retrouve toujours dans des situations pas possibles ? Parce que Kaïla me pousse dedans ? Aussi… Mais j’avais ma part de responsabilités là-dedans également. Retenant Ren avant qu’elle ne fonce dans un poteau, j’essayais tant bien que mal de lui faire reprendre un chemin plus sûr. Oui, qu’elle soit sur la route ou dans un champ alors qu’elle est perdue dans ses pensées, ne changera en rien sa maladresse. Je t’emmerde d’abord. Hum. Ca faisait longtemps.

-Si Yume ne veut pas que je fréquente quelqu'un, je ne fréquenterais jamais personne ...

Je… Je n’avais pas dit ça. Du moins, je ne voulais pas qu’elle finisse seule et aigrie toute sa vie non plus. Elle avait le droit de se faire des amis, de trouver quelqu’un… plus tard. De toute manière, là n’était pas un sujet à aborder avec un enfant aussi jeune. Si elle me présentait quelqu’un dans les jours qui suivent, il aurait été logique que j’aurais remballé l’être infâme qui s’en serait pris à une enfant… Oui, même si ce dit être, serait également un gosse pas plus vieux que Ren. Hum. Non, rien que l’imaginer avec quelqu’un du haut de ses douze ans m’était impossible. Secouant la tête pour reprendre contenance, je continuais à suivre Ren en dehors d’Undai. Le pont paraissait terriblement court lorsque l’on se trouve perdu dans ses songes. Il ne fallut guère longtemps pour que nous arrivions sur une plage desséchée, mise à l’abandon par l’humanité. Du moins, c’est ce que je crus aux premiers abords.

Gardant une poigne de fer sur Ren pour qu’elle ne glisse pas sur les pavés mouillés par les algues, je marchais dans ses pas jusqu’à un immeuble ou des flatulences fétides piquèrent mes narines sans retenue. Grimaçant à cela, je poursuivis mon exploration des lieux, et ce jusqu’à arriver dans une petite pièce moisie… un bureau ? Il y avait un pupitre ainsi qu’un tableau dans la pièce… une salle d’étude dans ce cas. Dans un tel lieu ? Était-ce…

-Penses-tu qu'Ayame m'aime au moins un peu ?

La question de Ren me sortit de mon analyse de la pièce… Ayame ? Aimer ? Haha. Oui, j’aurais ris en premier lieu, mais devant la mine de l’enfant, je ne pouvais que sourire avec désolation. Je ne connaissais les sentiments de la directrice pour Ren, Ayame a toujours été « spéciale » sentimentalement parlant… Je me disais que oui, qu’il était possible qu’elle éprouve ne serait-ce qu’un peu d’intérêt pour Ren, sinon elle serait déjà morte depuis longtemps mais en même temps, pouvais-je qualifier d’amour, cet intérêt ? Non. M’agenouillant afin que je sois à la hauteur de la gamine, je tirais gentiment sur sa joue avant de lui adresser une mine confiante et positive.

- Ayame est bizarre, mais tu restes sa fille, Ren.

Me redressant après ces paroles se voulant réconfortantes, je repris mon attention sur la pièce… Que faisait Ren ici ? La réponse était évidente. Keitaro, ce salopard allait entendre de mes nouvelles, et ce, dans les heures, jours au plus tard, qui suivrait cet instant. Me détournant de la scène en proposant à Ren de partir de cet endroit infecte, je la tirais à ma suite jusqu’à l’extérieur. Me remplissant d’un air moins chargé et plus serein. Oppressant… Comme la cellule dans laquelle je… Non. Mon passé était derrière moi, seul le présent et le futur comptaient.

- Tu ne reviendras plus jamais ici Ren… Cet endroit n’est plus à présent.

Reculant l’enfant, je matérialisais dans ma paume une sorte d’orbe noire que je lançais sans moindre retenue vers l’immeuble. Une détonation retentit avant que toutes pièces, mobiliers, et mêmes personnes, se trouvant dans l’habitation délabrée ne se fassent attirer par le centre de ma boule. Une lueur vive apparut et tout disparut. Plus jamais… Ren n’aura à y mettre les pieds.

- Rentons à Undai, notre place est là-bas Ren.

Oui, Undai était notre maison, à nous, enfants ayant tant perdus, salis par la stupidité des humains. Baissant le regard sur la gamine, je lui emboîtais le pas vers l’académie. « Si tu as un problème, tu dois m’appeler. Tu ne me dérangeras jamais Ren, alors promets le moi. » Tendant mon auriculaire à l’enfant, j’attendis qu’elle le saisisse en signe de promesse. Oui, il m’arrivait d’avoir des réactions enfantines à mes temps perdus.

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Ren Ketsuki

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MessageSujet: Re: Mon reflet, ma moitié.    Mar 8 Avr - 21:47

Était-ce un soulagement qu'elle ressentait à cet instant ? Elle regarda longuement le vide, là ou devait se trouver son ancienne prison et détourna subitement les yeux, plus sereine que jamais. Elle se préoccupait bien peu du sort des squatteurs divers qui s'étaient volatilisés en même temps que le vieux bâtiment, bien qu'elle en ait déjà croisé les regards, surpris les malversations. Ils pouvaient bien souffrir, disparaître tous. Ils ne lui avaient jamais porté secours même lorsque que ses cris lui avaient arraché la gorge, suppliant sous les coups violents de sa tortionnaire. Au contraire, elle éprouvait un plaisir immense à les imaginer pris en étau, écrasés les uns contre les autres, compressés jusqu'à en disparaître.

Elle porta son attention sur sa moitié et serra le petit doigt qu'elle lui tendait du sien, en souriant. Yume représentait tant de choses pour elle : C'était son ange gardien, son modèle, son seul amour ... Elle pouvait se confier à elle, l'aimer, elle le sentait jusqu'au plus profond de sa chair. Si profondément, que l'envie de se plonger en elle, la prenait violemment quand ses yeux jeunes croisaient les siens. Puis elle rougissait à cette idée et emboîtait le pas de son aîné, remontant les marches glissantes avec prudence. L'avait-elle sentit, dans son regard troublé ? Elle espérait que non et ne dit mot durant toute la traversée du pont menant à l'Académie.

Elle rejoignit les dortoirs, retournant dans les appartements de Yume, honteuse et silencieuse et se saisit de la canette encore fraîche qu'elle avait délaissé quelques minutes plus tôt, se forçant à la boire pour calmer ses ardeurs de sauvageonne. Elle grimaça devant le goût sucré de la boisson et jeta le métal vide, s'essuyant la bouche d'une main. Comment Yume pouvait-elle aimé une chose aussi écœurante et pétillante ? Comme quoi, elles avaient beau avoir le même sang, elles n'avaient visiblement pas les mêmes goûts. Son regard se posa sur son accompagnatrice, contemplatif et elle lui demanda, les joues encore roses :

-Combien de temps vas-tu rester ?

Elle savait bien que Yume ne resterait pas indéfiniment avec elle. Elle allait devoir rapidement rejoindre sa ... Chose ? La question était de savoir combien de secondes, de minutes ou d'heures, il lui restait en sa compagnie. Elle soupira, déjà déçue de son départ prochain et se laissa tomber dans le sofa confortable, les yeux fermés. Encore quelques instants et elle allait devoir retrouver la solitude. Elle était lasse, bien lasse ... Que n'aurait-elle pas donner pour être à la place de l'autre, elle qui partageait sa vie avec son aimée quotidiennement ? Rien. Elle se serait saignée, immolée, noyée pour revenir en ce divin corps qui lui faisait face. Elle se sentait comme un poisson ré-péché de la mer et jeté dans un bocal de verre vide et ennuyant. Elle était l'enfant naissant, tiré hors du corps de sa mère avec une violence inouïe.

-Comment est-elle ? Ton ... Ta ... Copine ?

Elle était curieuse de connaître celle qui l'avait séduit. Peut être pouvait-elle la rencontrer ? Mais en avait-elle vraiment envie ? Elle hésitait, vacillant entre une curiosité et une inquiétude grandissante. Puis elle se décidait : Il fallait qu'elle la voit, qu'elle lui parle et qu'elle l'appréhende afin de se faire une idée de cette créature inconnue et pourtant si importante aux yeux de son autre. Peut être était-elle douce ? Et si ce n'était pas le cas ? Son regard changea et elle parut sourire discrètement. Si ce n'était pas le cas alors elle trouverait bien un moyen de la faire disparaître. Cela ne serait qu'une question de temps avant qu'elle ne prenne la place de cet être vil et inutile.

-Présentes-la moi, s'il te plait.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Mon reflet, ma moitié.    Mar 8 Avr - 22:19

Un simple geste qui aurait pu me combler de joie, mais ce ne fut le cas. Bien que Ren me souriait, il n’était guère difficile de s’apercevoir que l’enfant était troublée, dérangée par quelque chose que je ne comprenais pas encore. D’ailleurs, le comprendrais-je un jour ? Sans doute pas. Je n’étais pas vraiment perceptive à ce genre de comportement, je ne savais déceler les vraies intentions d’autrui… Oui, j’ai été entraînée à anticiper leurs attaques, mais non ce qu’ils ressentent. C’est donc d’un pas lent que je me dirigeais vers l’académie, ne détachant mon regard de la fille qui m’accompagnait tout en me torturant l’esprit pour savoir la signification de cette lueur terne dans son regard. Avais-je fait quelque chose de mal ? N’aurais-je pas dû détruire l’endroit dans lequel elle avait été malheureuse ? Moi… Quand Ayame eut mis le feu dans la demeure de mon ancien maître, je m’étais sentie libre. Mais finalement, je n’étais pas Ren, et Ren n’était pas moi non plus. Pour qui me prenais-je d’ainsi prétendre savoir ce que ressent autrui ? Black Rock Shooter, le glaçon d’Undai. Conneries.

Le trajet se passait sans véritable encombre, seul le silence pesant dérangeait le calme de cette soirée. Lorsque nous arrivâmes dans ma chambre, je laissais la fillette me dépasser pour mieux refermer la porte dans notre dos… Parler. Mais de quoi pouvions-nous seulement discuter ? Je me disais la connaître, être bien avec cette personne qui me ressemblait tant mais finalement… Je ne savais que très peu de choses à son sujet. Connaissais-je seulement son plat préféré ? Même le genre de boissons avec lesquelles elle s’abreuvait m’étaient inconnues. Et cela, je le remarquais bien assez en la voyant grimacer après avoir pris une gorgée du soda. Gazeux. Ren n’aime pas ça, je note.

- Combien de temps vas-tu rester ?

Une question anodine au premier abord, mais pourquoi cela était-il devenu si intense dans ce cas ? Que ressentais-je à cet instant ? De la colère, de la tristesse, de la déception peut être ? Arrêtons-nous en là, je n’étais décidément pas douée pour comprendre ce genre de chose. Soupirant dans mon coin, je me posais contre le plan de travail de ma petite cuisine tout en me saisissant de ma canette… Quand. Combien de temps… Jusqu’à demain. Je ne pouvais me permettre de lui consacrer tout mon temps car… Car j’avais une autre personne que je chérissais également. Oui, Kaïla était mon unique obnubilation… La seule avec laquelle je voulais rester à tout jamais. « Comment est-elle ? Ton ... Ta ... Copine ? » Kaïla est magnifique… Pardon ? Intriguée d’entendre Ren me poser des questions sur mon amie, je restais interdite devant ses questions… Kaïla ne l’intéressait pas. Non, elle ne pouvait pas… N’est-ce pas ? Si on prenait comme base que Ren était comme moi, serait-elle également attirée par Kurayami ? Non, je me faisais des films inutilement, Kaïla… était mienne. Fronçant les sourcils en me rapprochant de Ren, je m’arrêtais dans mon avancée lorsqu’elle reprit la parole.

-Présentes-la moi, s'il te plait.

Ca… Ca je ne pouvais le faire. Abordant un sourire désolé à l’encontre de l’enfant, je me permis de prendre place à ses côtés pour mieux m’enfoncer dans le sofa de ma chambre. Le regard perdu dans le vide, je levais la main vers la tête de Ren pour mieux y abattre mon poing. Un geste amical au premier abord, sans nulle douleur… Je ne me permettrai pas de la blesser. Pas comme ça, pas en dehors d’un entraînement du moins. Hum.

- Kaïla… N’aime pas les enfants, elle est gentille, un peu bizarre mais c’est une personne bien. Je l’aime vraiment, elle est tout pour moi après tout ~

Me laissais-je aller ? Sans doute, mais l’amour nous rend tous fous. Rougissant légèrement, je détournais le regard pour mieux toussoter dans mon coin, tout en essayant vainement de rependre contenance avant de poursuivre… Hum. Allons y.

- Peut être quand tu seras plus grande, ou même tu risqueras de la croiser aussi à Undai… Après tout… Il est temps que tu commences ton intégration dans l’académie comme tout étudiant. Et puis… Kaïla est facilement remarquable, c’est une terminale assez puissante. Un peut tête en l’air et capable de se mettre dans des ennuis alors que le monde est rose, mais tu verras, j’espère que tu t’entendras bien avec elle.

Car… Elle est chère à mes yeux.

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Ren Ketsuki

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MessageSujet: Re: Mon reflet, ma moitié.    Mer 9 Avr - 21:05

- Kaïla… N’aime pas les enfants, elle est gentille, un peu bizarre mais c’est une personne bien. Je l’aime vraiment, elle est tout pour moi après tout ~

Tout ? Comment ça tout ? Et elle alors ? On l'oubliait ? Il n'était pas question que cette chose s'immisce entre elles de la sorte ! Et c'était quoi cette réaction niaise, ce rougissement à peine dissimulé !? Elle sentit le venin de la jalousie la brûler de toute part. Elle n'aimait pas les "enfants" ? Elle n'était donc qu'une enfant à ses yeux !? Impossible ! Impossible, n'est-ce pas ? Puis c'était l'horreur qui se peignait sur son visage. N'était-elle donc pas plus ? Était-elle la seule à ressentir ce qu'elle pouvait ressentir pour Yume ? N'avait-elle donc pas plus d'amour à son égard ? Elle serra les dents, furieuse et inquiète à la fois.

- Peut être quand tu seras plus grande, ou même tu risqueras de la croiser aussi à Undai… Après tout… Il est temps que tu commences ton intégration dans l’académie comme tout étudiant. Et puis… Kaïla est facilement remarquable, c’est une terminale assez puissante. Un peut tête en l’air et capable de se mettre dans des ennuis alors que le monde est rose, mais tu verras, j’espère que tu t’entendras bien avec elle.

-Moi aussi je peux être puissante, Yume.

Elle s'était relevée, avait quasiment crier, pour la première fois de sa vie auprès de sa moitié. Elle se sentait trahie subitement rien qu'à l'idée de savoir Yume entre les griffes d'une femme quelconque et malhabile. Rien qu'en prenant conscience que cette inconnue occupait son cœur et sa tête, à tel point qu'elle devenait transparente à ses yeux dès que son autre prononçait ne serait-ce que son nom : Kaïla ... Quel nom ridicule d'ailleurs ! On n'avait pas idée de se nommer de la sorte ! Elle allait lui apprendre à cette "Kaïla" à faire ainsi le joli cœur auprès de SA moitié ! Elle allait récupérer Yume, de gré ou de force.

-Je ne veux pas la voir, jamais ! Cette ...

Elle grogna puis se ravisa soudainement quand ses yeux courroucés croisèrent ceux de son interlocutrice.
Avait-elle osé haussé le ton contre Yume ? Elle détourna le regard, subitement honteuse de ses paroles. Elle qui avait tant prié pour avoir un peu de temps en sa compagnie, voilà qu'elle se montrait maintenant parfaitement irrespectueuse envers elle. Il fallait qu'elle s'en aille, elle avait tout gâcher. Elle lui tourna donc le dos et s'approcha de la porte, qu'elle n'ouvrit qu'à moitié de sorte à se faufiler jusqu'au dehors comme un vil voleur. Puis elle annonça son départ et quitta la pièce, claquant la porte dans une fureur noire.

-Je vais partir maintenant.

Elle serra les poings et s'éloigna d'un pas rapide du dortoir. Ça n'allait pas se passer comme ça ! Elle poussa une étudiante sur le côté, celle ci cherchant alors à lui couper la route et accéléra le pas quand elle la vit se relever, le regard noir. Tout ses crétins ! Elle allait tous les tuer ! Les tuer et devenir plus forte, toujours plus forte, jusqu'au jour où elle croiserait le chemin de cette créature qui lui avait volé sa chose. Et là, elle ne ferait pas de quartier. Elle se fichait pas mal de savoir si oui ou non, effectivement cet animal était quelqu'un de bien. Elle voulait simplement l'éliminer, retrouver sa place auprès de Yume, cette place qui lui revenait de droit. Elle fit un pas dans l'arène, ignorant la peur grondante qui montait en elle et se jeta sur le premier venu, le transperçant de sa main alors changé en lame affutée.

-Amenez-vous, tous ...

Une horde décousue se jeta sur elle sans se faire prier, sûrement trop heureuse de tomber nez à nez avec une "faible" chose qu'il lui serait aisé de torturer longuement. Elle recula d'abord, n'ayant pu constater dans sa colère l'immonde foule qui l'avait encerclée rapidement puis se jeta finalement au milieu de la masse, le corps aiguisé et coupant comme un couteau de boucher. Elle échappa grâce à sa petite taille à plusieurs mains hasardeuses et trancha les autres, les plus malheureuses et malhabiles. Puis elle en sorti, juste le temps de saisir une croix à moitié arrachée non loin de là qu'elle abattit sur un étudiant immense qui venait de lui attraper la jambe, lui faisant lâcher prise. Elle allait lui montrer, qu'elle aussi, elle pouvait détruire. Elle creva les yeux de sa précédente victime à peine sonnée, de ses doigts allongés et aiguisés et continua son carnage, accusant les nombreux coups comme elle le pouvait.

-Allez-vous faire foutre !

Ce furent ses dernières paroles puisque le reste de la meute réussit à la plaquer au sol pour mieux la rouer de coups sans aucune pitié. Était-ce son bras qu'on venait d'arracher ? Elle ne savait pas, trop occupée à encaisser d'autres assauts de plus en plus violents. Finalement, son seul réflexe fut de se changer en un liquide rouge et épais qui lui permis d'échapper à ses agresseurs après quelques minutes d'acharnement sur cette pauvre flaque qu'elle avait laissé derrière elle. Quels idiots ... Elle se métamorphosa de nouveau quand ceux ci furent éloignés et dut ramper à la recherche de ses jambes, le corps à moitié arraché et nu puisqu'on avait fait gicler plus loin une partie du liquide qui devait la composer.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Mon reflet, ma moitié.    Mer 9 Avr - 22:40

Kaïla… Elle était mon tout. Mais était-ce judicieux de dire cela alors qu’une enfant vous regarde avec tant d’amour ? Je n’avais pesé mes mots avant de les sortir… Et voilà le résultat de tout cela. « Moi aussi je peux être puissante, Yume. » Un hurlement qui me glaça sur mon siège, seul mon regard s’était abaissé vers la gamine qui se trouvait à mes côtés… Que ? Trop d’incompréhension, un trop mauvais timing pour que je comprenne le sens véritable de ce regard. Encore celui-là… Le même qu’Ayame m’avait lancé lorsqu’elle me vit pour la première fois avec Kaïla. Ce regard était tueur, ce regard était mauvais. Je n’acceptais pas, Ren ne pouvait être comme ça. Sentant une boule de colère exploser en mon sein, je me redressais également, prête à calmer les jeux avant que ceux-ci ne s’enveniment. En avais-je seulement la force ?

« Je ne veux pas la voir, jamais ! Cette ... » Qu’importe ! Si elle ne voulait pas, elle ne la verra jamais ! Grimaçant sous les agissements puérils de Ren, je serrais les poings alors que la fillette se mura dans un silence pesant avant de s’en aller vers la porte de ma chambre pour mieux s’enfuir sous un dernier « Je vais partir maintenant. » Qu’il en soit ainsi. Je ne la retiendrai pas, je ne céderai pas. Je n’étais pas comme ça, je ne courrais pas après les gens lorsqu’ils me hurlaient dessus sans raison… Mais elle n’était pas n’importe qui non plus. Ren était spéciale à mes yeux… Oui, elle n’était pas comme les autres. Elle représentait ma moitié, mon reflet, une partie de mon être mais pourrais-je la mettre sur un piédestal encore plus haut ? Serait-il seulement envisageable que je l’aime comme Kaïla ? Jamais.

C’est sous cette dernière pensée que je laissais exploser ma colère. Soulevant tous les meubles de ma chambre pour mieux les éclater contre les murs, je déchirais, détruisais, écrasais tout ce qui me tombait sous la main. Que se soit mon portable qui n’arrêtait pas de sonner ou encore l’écran de ma télévision, tout explosa en milles morceaux, ne laissant plus que ma personne… Au milieu de ce chaos. Recroquevillée sur moi-même dans ce chantier, je me maudissais. Pourquoi réagissais-je ainsi ?! Pourquoi me sentais-je si mal après le départ de Ren ?! Je… Je voulais savoir… Le voulais-je vraiment ?

Me relevant des combes, c’est d’un pas incertain que je rejoignis la porte de ma chambre… Allais-je courir après elle ? Non, si j’y allais s’était pour remettre les choses au clair, pour lui faire comprendre qu’elle n’avait le droit de se comporter de la sorte avec moi. Me mentais-je encore ? Moi… Qui finalement ne voulais que prendre ce petit être dans mes bras. Secouant la tête, je sortis enfin…

Tombant sur les hommes en blanc, je restais interdite devant le corps qu’ils ramassaient. Si près de ma chambre, trop près pour que je ne sache pas qui en était coupable. Cela se sentait, ma matérialisation recouvrait le corps de la gamine morte… La mienne ? Non, celle de Ren. Matérialisant ma robe de combat, c’est d’un pas rapide que j’essayais de retrouver l’enfant. Chose aisée, c’est comme se laisser aimanter. Il ne me fallut guère longtemps pour me retrouver dans l’Arène, assistant à un combat barbare défiant les règles d’Undai les unes après les autres. Un groupe d’imbéciles devant Ren… Seule.

Je devais intervenir… Mais je ne fis rien. Restant dans l’ombre, je regardais l’enfant abattre ses adversaires les uns après les autres. Les coups volaient de tous les côtés, le sang gicla à maintes reprises, la lune d’un rouge éclatant et mes yeux azurés étaient les seuls spectateurs de ce massacre. Réagir, tuer tous ces importuns qui levaient la main sur Ren, tuer ces êtres infâmes qui n’obéissaient guère à mon règlement. Tous… « Allez-vous faire foutre ! » Que s’attendre de plus. Une insulte valait mille coups, un mot de trop et le corps se déchira, une minute de plus et Ren arriva à se défaire de ses assaillants dans un piteux état.

- Je ne ferai rien.

Parole lancée à moi-même. Mensonge, dirais-je plutôt. Aussi froide et impassible que je voulais paraître, je ne pouvais rester sans bouger devant un corps en lambeaux. Pas devant celui de Ren… M’avançant vers l’enfant, je déposais un regard las sur sa personne avant de matérialiser ma Blade et d’abattre les pauvres imbéciles encore debout s’acharnant comme des chiens sur un corps quelconque. Faisant tourner ma lame, c’est sans pitié que je tranchais la tête de toutes personnes se trouvant dans mon champ de vision. Matérialisant mon canon, j’anéantissais les deux trois survivants qui restaient avant de me détourner de la scène sous une dernière détonation tardive.

Ren. Je devais… Me montrer forte et impartiale devant elle. C’est ainsi que j’ai grandi, c’est ainsi qu’Ayame m’a forgée pour que je devienne l’être que je suis aujourd’hui. Plus jamais… Je n’accorderai autant de liberté à mes sentiments lorsque je serai avec Ren, à partir de maintenant, je serai son professeur, son… maître.

- Lève-toi.

Glacial. Mais cela se devait d’être ainsi. Ma main se tendit vers l’enfant pour qu’elle la saisisse, qu’elle rematérialise ses jambes, qu’elle se montre digne d’être une partie de moi. « Plus jamais tu n’agiras aussi bêtement, il y a des règles à Undai et elles sont absolues. Se battre contre plusieurs personnes n’est pas permis, seuls les combats opposant le même nombre d'adversaires sont autorisés, si tu ne respectes pas cela, tu ne me respectes pas non plus. Kaïla… Jamais tu ne t’en approcheras, jamais tu ne lui feras quoi que ce soit, Ren. Me suis-je bien faite comprendre ? » Je ne lui en laisserai guère le choix. Je l’ai toujours dit, je me sacrifierai pour la sécurité de Kaïla, je tuerai quiconque pour sa personne… Même moi-même.

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Ren Ketsuki

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MessageSujet: Re: Mon reflet, ma moitié.    Jeu 10 Avr - 13:18

-Plus jamais tu n’agiras aussi bêtement, il y a des règles à Undai et elles sont absolues. Se battre contre plusieurs personnes n’est pas permis, seuls les combats opposant le même nombre d'adversaires sont autorisés, si tu ne respectes pas cela, tu ne me respectes pas non plus. Kaïla… Jamais tu ne t’en approcheras, jamais tu ne lui feras quoi que ce soit, Ren. Me suis-je bien faite comprendre ?

-Je ne peux pas te promettre ça, jamais !

Elle la défia du regard, campée sur ses positions. Il n'était pas question de promettre l'impossible. Elle la voulait pour elle toute entière et elle se méfiait particulièrement de cette "Kaïla" chose qui était alors si chère à ses yeux. Elle n'hésiterait pas, un seul instant, à lever la main sur elle si celle ci venait à blesser SA moitié et tôt ou tard, elle prendrait sa place, à force de persévérance et d'amour. Alors comment pouvait-elle assurer à son autre que jamais elle ne viendrait à se confronter à elle ? Impossible ! Cela allait arrivé et ça serait à Yume de choisir d'éliminer l'une ou l'autre.

Elle tituba quelques instants, le temps de reformer complètement ses jambes et jugea longuement du regard le carnage qu'avait laisser derrière elle son interlocutrice. Il fallait qu'elle devienne forte, aussi forte qu'elle si elle voulait pouvoir un jour rivaliser avec les plus grands d'Undai. Elle plia les genoux plusieurs fois, les décrassant du sang et se jeta sur une élève qui venait tout juste de passer le portail de l'arène, lui écrasant le crâne au sol de sa main changée en une lourde massue d'os dont elle eut bien du mal à supporter elle-même le poids. Elle rendit son aspect normal à son membre, voyant celui-ci se craqueler sous le choc et l'agita plusieurs secondes, le sentant particulièrement douloureux.

Tuer et blesser ... Cela ne lui apportait aucun plaisir, aucune tristesse. Peut être était-ce parce qu'elle ne connaissait concrètement que son ancienne cellule et Undai Gakuen. Elle avait été habitué aux relents de cadavre et aux cris de douleur. Elle avait été spectatrice de tant de violences et de meurtres, que cela été devenu normal à ses yeux. Ren contempla froidement sa victime encore secouée de sursauts nerveux, ne pouvant se décider à l'achever. Puis elle s'en éloigna, revenant vers Yume, comme si de rien n'était. C'était comme d'observer une fourmi en train de se noyer, on hésitait un peu à savoir ce qu'on allait lui faire subir par la suite et au final, on préférait la laisser agoniser puisqu'on la savait pratiquement morte et donc bien pu intéressante.

-Il faut que je m'entraîne, pour Kaori ... Pour toi. Je ne ferais rien à Kaïla ...

Pour le moment, en tout cas. Elle n'était pas assez folle pour se risquer contre une terminale. D'ici quelques années ... Encore quelques années. Elle se jurait d'atteindre un niveau suffisant pour impressionner Yume, Sa Yume et elle accomplirait ses fonctions envers ce nouveau petit être qui n'allait pas tarder à voir le jour. S'entraîner, éliminer, protéger, servir : c'est ce qui allait l'attendre pour ses futures années et elle devait s'y préparer consciencieusement. S'entraîner avec Yume ? S'entraîner avec Ayame ? Elle était prête à le faire et la peur grondante de les affronter ne saurait lui faire changer d'avis aussi puissante soit-elle. Elle se résolut et repris la parole, polie et courtoise de nouveau :

-Je serais ravie de pouvoir m'entraîner avec mère, encore plus avec toi, Yume.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Mon reflet, ma moitié.    Mar 15 Avr - 14:37

« Je ne peux pas te promettre ça, jamais ! » Non. Je n’acceptais pas, elle devait m’écouter, elle devait acquiescer à mes dires, elle ne pouvait pas se permettre de refuser ! Si nous étions semblables, elle se devait de l’aimer aussi ! De la respecter, de comprendre l’importance qu’elle avait dans mon cœur ! Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre une chose aussi évidente ?! Trop jeune ? Des conneries ! Si… Elle s’en prenait à Kaïla… Je la tuerai. Sans moindre remord, ma vie, la sienne, n’était rien à côté de celle de mon amie.

Ma colère bouillait en mon être, seule l’envie d’exterminer ce danger qui vacillait sous mes yeux, me saisissait de toute part. Si elle n’avait l’humanité nécessaire pour accepter la présence de Kurayami, elle n’avait pas sa place à mes côtés. Mes membres se contractèrent d’eux-mêmes, prêts à s’abattre sans moindre pitié sur la gamine qui me faisait face. Mais je n’en fis rien, je restais impassible bien qu’en mon sein, tout n’était que destruction. Elle s’en alla, elle tua et elle ne regretta pas. Undai était ainsi, dans cette académie, ce sont des monstres que nous créons… Finalement, notre monde était ainsi fait.

« Il faut que je m'entraîne, pour Kaori ... Pour toi. Je ne ferais rien à Kaïla ... » Sa colère retomba, assez pour qu’un peu de raison ne vienne retrancher sa destruction. Bien que ses mots étaient lointains à mon écoute, sa personne se trouvait juste devant moi. Mon regard la narguait de haut, une expression froide se dessina sur mes traits alors que je tentais vainement de soutenir mon self-control. Mais comment voulez-vous faire en sachant que la fille devant vous, n’est plus que danger ? Ren était la face d’un miroir dans lequel je m’admirais, elle me ressemblait trop pour que je croie en ses dires. Ne rien faire à Kaïla… Elle ne pourra s’en empêcher. S’entrainer pour Kaori… Depuis quand Ren était-elle devenue esclave d’autrui ?!

« Je serais ravie de pouvoir m'entraîner avec mère, encore plus avec toi, Yume. » J’hésitais. Je ne voulais pas entrainer une personne qui tuerait sous peu celle que j’aime, avec des techniques que je lui aurais apprises. Mais n’était-ce pas mon rôle que d’agir ainsi ? Ne pouvais-je pas me permettre d’aider cet enfant jusqu’à lui faire comprendre que Kaïla… Devait impérativement rester en vie ? C’était à parier, un pari bien trop gros pour que je ne décide cela sur un coup de tête.

Me détournant de Ren, je fixais inlassablement un point invisible, incapable de lui répondre quoi que ce soit. S’entrainer… Toujours et encore. Ayame avait été mon meilleur et mon pire professeur, si Ren devant subir ce que j’ai vécu… En sortira-t-elle seulement vivante ?! Pourquoi me souciais-je de sa vie alors que la moitié de mon esprit ne désire que l’éliminer ?! J’en devenais folle.

Prenant une grande inspiration, je posais enfin mon regard sur Ren… Elle était moi, elle était mienne, elle devait ressentir, ce que je ressentais. Je le désirais, plus que tout. M’agenouillant à sa hauteur, c’est par instinct que j’enlaçais mes bras autour de son corps couvert de sang. Ma tête s’était nichée dans son cou, mon souffle chatouillait sa peau pâle et sale par ses attaques inutiles… Tuer pour tuer, vivre pour vivre. Ren… Je ne veux plus… Je ne veux pas que ta vie soit comme la mienne.

- A partir de maintenant… Tu ne tueras plus inutilement, je ne te laisserai pas gâcher ta vie ainsi.

Me redressant en essuyant l’unique larme qui eut percé mes yeux, j’attrapais la main de l’enfant dans la mienne pour mieux y déposer mes lèvres. « Tes mains… Jamais plus, je ne veux y voir du sang. Fais en bon usage, Ren. ». Un mince sourire et je la tirais à ma suite en dehors de l’Arène. N’est-ce pas paradoxal qu’une meurtrière demande à son apprentie de ne jamais tuer ? Si, mais ce n’était que pour préserver Ren, que j’agissais ainsi.

- Tu t’entraîneras uniquement avec moi, je ne veux pas qu’Ayame fasse ton entraînement. Ta vie t’appartient, je n’accepterai jamais que Kaori devienne ton maître.

Mais en avais-je seulement le pouvoir ? Je n’en suis pas sûre.

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