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 Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-

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Hikari Ketsuki

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MessageSujet: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Lun 25 Nov - 23:47

Un désagréable sentiment ronronnait en moi ce matin, quand j’ai ouvert les yeux, je me retrouvais encore dans les bras de Kiseki, couchée contre son torse chaud et doux. Un rêve. J’ai rêvé cette nuit, et celui-ci était… étrange. Un semblant de terreur et de bien-être bourdonnait en mon être alors que je me redressais, m’asseyant sur le lit m’ayant accueilli une fois de plus. Un regard lancé vers la gauche, endroit où se trouvait Kiseki, un sourire ébauché et je me penchais vers sa tignasse verte pour venir le réveiller. Frottant mon nez contre sa joue jusqu’à la première protestation de sa part et un « Lève-toi Kiseki » qui sortit telle une lame de rasoir d’entre mes lèvres.
Debout et étirée, j’attrapais son bras pour qu’il se bouge, quitte à le traîner jusqu’à la salle de bains. Chose que je fis d’ailleurs tout en accentuant mon geste par un « Marche Kiseki » avant de le poser sur la cuvette en lui disant « Déshabille-toi Kiseki » alors que j’ôtais moi-même mes vêtements. Allumant l’eau de la douche, je tirais mon jumeau à ma suite, le laissais à moitié mort sur le carrelage glacial de la douche avant de lui dire « Savonne toi Kiseki ». Une fois propre, ce fut le tour du séchage, et une fois de plus, rien de bien facile avec l’espèce d’endormi qui me servait de moitié. « Essuies toi Kiseki ». Oui, tous les matins étaient pareils surtout les Lundis.
Matinée durant laquelle j’étais presque joyeuse d’aller en cours en sachant que nous avions sciences, donc Akiha-Okasama. Une fois que je fus sèche je sortis de la salle de bains, afin de rejoindre la chambre et donc la garde-robe. Oui, même dans la chambre de Kiseki je pouvais retrouver un de ces hideux uniformes que nous faisait porter Dead Master-Sama. Je ne disais pas ça contre elle… Dead Master-Sama était l’exemple même de la perfection… Cette femme… Je ne pouvais me permettre de dire du mal à son encontre. Après tout… n’était-elle pas… Ayame-Okasama.
Secouant ma tête en essayant de sortir ces pensées de ma tête, j’enfilais mes vêtements avant de me retourner vers Kiseki et lui dire d’en faire de même « Habille toi Kiseki ». Une fois la jupe, le chemisier, le blaser et le nœud en place, les chaussures et les chaussettes, les sacs près, nous pouvions y aller. Ou pas. Et cela fut une fois de plus à cause du retard fatiguant de mon jumeau, incapable d’être en temps et en heure au premier cours de la journée. Parce que oui, ce n’était pas comme-ci nous pouvions tout simplement aller en cours, non, monsieur devait également prendre son déjeuner bourré de colorants indigestible.
Je m’adossais contre un mur en l’attendant, sortant mon livre de mon sac, je commençais ma lecture entamée hier soir et attendis qu’il soit prêt. Chose qui n’arriva pas assez vite à mon goût, levant les yeux vers l’heure, je soupirais avant de refermer mon livre dans le calme de la pièce. Un pas vers Kiseki, j’attrapais sa main, avant d’user l’autre pour mettre sa cravate correctement et le tirer à ma suite. Aucun mot, alors que j’avais déjà les nerfs à vif par cette attente. Je n’aimais pas attendre. Je devais lui dire quelque chose peut être ? Hum.

- Pas de déjeuner sinon on sera en retard. Cours Kiseki.

Et nous courûmes jusqu’au bâtiment principal, vers la classe 210 plus précisément. Arrivant devant celle-ci, je lâchais Kiseki, ébouriffant un semblant de sourire en rentrant dans la classe pour saluer Akiha-Okasama… Mais elle n’était pas là. Ce n’était pas elle… Non, un autre enseignant se trouvant à son bureau, j’aurais pu croire que je m’étais trompée de classe, mais non, mes camarades de classe se trouvaient à leur place… Pourquoi ? Je n’aimais pas les surprises.

- Alala… Comme-ci je pouvais m'attendre à mieux des enfants de Ketsuki-San ~ Vous êtes en retard, rejoignez vos places au plus vite ~

Je n’ai pas tout saisi, ni sa réflexion vis-à-vis d’Akiha-Okasama ou encore la raison pour laquelle elle me regardait de haut. Je ne l’aimais pas. Je n’aimais pas les humains comme elle, ceux qui dénigrent ce que j’aime, ce que je désire par dessus tout protéger, aussi faible que je pouvais l’être. Baissant les yeux en me dirigeant vers mon bureau se trouvant au premier rang, je me fis arrêter dans mon avancée quand notre enseignante m’interpella et me dit de me mettre tout derrière… pourquoi ? Je ne savais pas, et le lui demander ne rentrait pas en ligne de mire vu elle me fit dos. Restant silencieuse en prenant une place libre du fond, je laissais mon regard planer sur sa personne alors que je sentais ceux des autres rivés dans ma direction. Je n’aimais pas que l’on me regarde.

- Bien ~ Je suis votre nouvelle enseignante de sciences, j’espère que nous pourrons parfaitement nous entendre ~ Je m’appelle Ami Ebisu, j’ai également fait mes études à Undai, cela fait un peu moins de deux ans que je suis partie d’ici ~ Mais ne nous arrêtons pas sur ma vie, et commençons le cours ~ Prenez vos manuels à la plage 215. Petite chose délavée au fond, lis.

Froid. Elle l’était avec nous… Un mauvais pressentiment résonnait en moi alors que mon regard se tournait vers Kiseki après qu’il fut désigné pour lire le manuel… « Petite chose délavée » avait-elle dit.

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Kiseki Ketsuki

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Mer 27 Nov - 1:51

Les lundis étaient des jours super dérangeants dans la semaine. Je n'aimais super pas me réveiller tôt le matin après un dimanche souvent super chargé, entre les entraînements avec Hikari -ma super jumelle-, les parties de jeux vidéo avec mes super amis, le dîner obligatoire chez nos super mamans, ou encore la super soirée devant ma console, il n'y avait pas de raison à ce que je doive me lever super à pas d'heure pour suivre le cours de super maman Akiha. Oui, il faudra que je lui explique tout ça, question qu'elle réalise qu'il est super impossible d'entamer un lundi avant au moins dix heures, comme quoi c'était à cause du super dîner du dimanche que je n'arrivais pas à me lever.

Mais malheureusement pour mon corps super fatigué, Hikari n'était du même avis. C'était carrément le super contraire, elle adorait les lundis matins, c'était super pas génial. Tellement pas que je ne comptais bouger quand je sentis la chaleur de son super corps fuir le lit. Pas grave, je m'emmitouflais joyeusement dans ces dernières... Mes super lapins jaunes, je cours derrière vous, j'arrive ! Mais je n'arrivai jamais. Gémissant de mécontentement quand j'ai super senti ma sœur essayer de faire je ne sais pas quoi, à croire qu'elle voulait manger les super lapins tout mignons, j'ouvris un œil et la regardais, genre comme ça, elle va super croire que je suis réveillé, et je pourrais retourner pioncer. Contrairement à mes super espérances, je n'ai pas compris tout de suite quand elle m'ordonna super méchamment de me lever, et me tira à sa suite vers la salle de bains. Super pas envie, surtout pas pour aller suivre un cours sur comment faut pas manger de grenouilles !

- Déshabille-toi Kiseki.

Ne contactant pas le monde encore entièrement, je regardais dans le vide en super soupirant tout le temps. Peut-être que je pourrais m'endormir sur la cuvette, ça doit être super pratique d'apprendre à dormir assis, non ? J'essaye ? On dirait que non, vu que mes mains -super davantage réveillées que mon cerveau- suivirent les demandes de super Hikari. C'est ainsi qu'après des longues tentatives de me mettre super nu, après une guerre énorme avec mon pantalon de pyjama, j'ai réussi à me mettre à poil. Non, je n'étais super pas poilu, j'ai appris qu'il était plus super sympa d'être rasé quand... t'sais, tu super forniques ! « Savonne toi Kiseki » J'arriiive pas ! Je suis super trop fatigué ! Mais ma jumelle ne voulait super rien entendre, c'était comme si elle devenait sourde à mes protestations... Aurait-elle mis des boules quies ? Je vérifie ? Ouais. Eh bien non, elle n'en avait pas, et moi j'étais savonné, puis comme les produits super chimiques commençaient à me piquer, je me rinçais, ensuite j'avais froid parce que ma tortionnaire de super sœur éteignit l'eau, donc, je m'essuyais. Mais pour cette partie, je me mis à pleurer pour qu'elle m'essuie super bien. Chose qu'elle n'a pas trop fait, à part me balancer l'essuie à la tête. Super un peu plus réveillé, je m'habillais, enfin... Je n'aime super pas l'uniforme de super Undai ! Tellement pas que je l'aurais bien trafiqué pour un de mes gros pull, mais si je croise maman super Ayame accoutré de la sorte, elle risque de s'énerver, et maman super Ayame énervée, c'est pas beau à voir. Résigné, complètement dépité, je m'habillais, question de pouvoir super manger mon déjeuner. Repas super primordial selon les dires de maman blonde, sur ce point là, je suivais super à la lettre son conseil ! Paquets de bonbons, on !

- Pas de déjeuner sinon on sera en retard. Cours Kiseki.

Super hein ?! Je ne suis super pas d'accord, tellement pas que je fourrais le paquet dans la poche de mon uniforme -plus ou moins-, et puis, je n'ai pas eu le choix que de courir, tiré par la super furie aux cheveux verts. Super pas content... je pleurais. Mais genre super fort, les larmes coulant à flot de mes super yeux bleus. Et ce, jusqu'à ce que nous arrivions devant la classe, ou j'ai changé de tactique, décidant de demander à maman Akiha une petite pause avant le cours pour que je puisse nourri mon super estomac. Ouais, super bon plan !

- Alala… Comme-ci je pouvais m'attendre à mieux des enfants de Ketsuki-San ~ Vous êtes en retard, rejoignez vos places au plus vite ~

Ou pas. Et ce super pas se marqua quand ce ne fut pas super maman Akiha qui se trouvait dans la classe en tant que super prof ennuyante, mais une autre femme...rousse... Je ne la connaissais super pas, me serais-je trompé de classe ? Regardant super Hikari en mode ce n’est pas la bonne classe, je n’ai pas capté quand elle s'avança dans la salle sous les super paroles du renard là. Enfin, si j'ai capté quand j'ai vu un pote me faire des grands signes, et là... bah j'ai super fait des grands signes à mon tour avant de le rejoindre, vu qu'il m'a gardé une super place. Mais ce que j'ai trouvé de bizarre, c'est que ma super jumelle doive se mettre derrière -encore plus derrière que moi, c'était super pas croyable !- parce que la prof le voulait... Super bizarre celle-là ! Mais au moins, elle ne nous a pas collé pour le retard, c'était déjà super ça.

- Bien ~ Je suis votre nouvelle enseignante de sciences, j’espère que nous pourrons parfaitement nous entendre ~ Je m’appelle Ami Ebisu, j’ai également fait mes études à Undai, cela fait un peu moins de deux ans que je suis partie d’ici ~ Mais ne nous arrêtons pas sur ma vie, et commençons le cours ~ Prenez vos manuels à la plage 215. Petite chose délavée au fond, lis.

La renarde s’appelait donc super Ami, moi qui aurait juré que normalement elle devrait s'appeler Rox, comme dans le super dessin animé que j'ai vu dernièrement. Super étrange, mais ce qui l'était encore plus c’est que maman Akiha ne nous donnait pas cours. En même temps, peut-être que ce sera super mieux avec cette rousse... Attends, super stop ! Pourquoi tout le monde me regarde comme si je devais faire super quelque chose ? Je ne comprenais pas trop, jusqu'à ce que je capte que c'était moi la... Attends, vous êtes super sûrs ? Levant l'indexe vers ma super poitrine, je me pointais du doigt et demandais avec une tête super surprise « Super moi ? » Ne devrait-elle pas m'appeler par mon nom ? C'était peut-être parce qu'elle était nouvelle et ne le connaissait super pas encore. Voilà l'explication ! Me levant d'un bon, un air solennel sur les traits, j'ai super souris, genre d'une oreille à l'autre et puis, me présentais.

- Je m'appelle super Ketsuki Kiseki, et je...

Fouillant en même temps dans mon super sac, je remarquais que je n'avais pas mon livre. Super catastrophé, je levais le regard vers la prof pour lui dire que je l'ai oublié super dans ma chambre, mais que j'allais trouver une super alternative, je me tournais super vers Hikari, un air implorant sur le visage et un « Hiiikarriiii, super prête-moi ton super livre ! » Parce que faut le dire, ma super sœur était consciencieuse, elle avait toujours tout ce qu'il fallait dans son sac, une vraie super femme ! Mais, je crois que la super rousse n'était pas d'accord avec mon idée de génie, vue qu'elle me stoppa en plein élan ;

- Je pouvais m'y attendre, même pas capable d'avoir ses affaires ~ Lamentable. Undai n'a guère besoin d'étudiants ne sachant se montrer à la hauteur. En punition, tu vas aller contre le mur, et faire dos à la classe. Je puis espérer que tu sais le faire, non ? ~ Exécution.

Pardon ? Je n'ai pas capté tout ce qu'elle voulait dire par là. Genre super quoi ? J'étais un très bon étudiant, après tout j'étais le fils de maman Akiha et de maman Ayame qui de surcroît était la super directrice de Undai. Et c'était super vache de donner une punition pour un oubli, surtout que c'était le super premier ! Bon... Premier avec cette prof, mais quand même, je ne crois pas que les profs marquent les super punitions débiles qu'ils donnent aux étudiants dans un carnet spécial dédicace aux mecs super sympa comme moi. Non, je n'étais super pas d'accord, et je le montrais en faisant ma tête de petit chien battu, super triste. Mais ça n'a pas marché... Mais j'ai marché. Je sais super pas comment ça s'est fait, mais mes propres pieds m'ont amené contre le mur, et puis, justement dos à la classe. Super choqué, je ne bougeais plus, tandis que la classe était plongée dans un super silence de mort. Ensuite ? La prof méchante super rousse a repris son cours, et après quelques minutes j'ai pu enfin bouger.

Tournant la tête super discrètement vers mes amis, je fis volte-face en croisant un regard super de feu. Souriant super jaune, je me tortillais dans tous les sens, m'ennuyant à souhait. C'était encore pire que me retrouver dans la super classe de math avec des super formules incompréhensibles partout. Dépité, j'ai super fait des signes à Hikari, mais je crois qu'elle ne l'a pas vu, super trop pas, parce que la prof la questionnait tout le temps ! Super pas cool quoi ! En attendant, j'ai fait des signes obscènes à son encontre -à la rousse hein-, sous les rires d'un de mes super amis, tellement que j'en riais aussi, tirant la langue en mode elle ne me voit super pas.

- Aucune éducation en plus. Cela ne m'étonne pas, avec une mère comme la votre ~

Super meeeerde ! On dirait qu'elle avait des yeux derrière la tête, un peu comme super Orochimaru qui sait tourner sa tête à 360 degrés. Voulant super m'excuser -mais aussi lui dire qu'elle n'a super pas le droit d'insulter maman-, je n'ai pas eu le temps que je me retrouvais super attaché au mur par les chevilles et les poignets, c'était comme si le mur s'était liquéfié pour entourer mes super quatre extrémités. Super apeuré cette fois-ci, je voulus protester mais un sparadrap se posa sur ma bouche empêchant toute parole sortir de cette dernière. À part des « Mhhhmmee » ou des « Heeeeeemmeee » -parce que ouais, j'ai super essayé de communiquer- rien de compréhensible ne pouvait sortir de ma personne. Super incrédule, j'ouvris grand les yeux, tandis que toute la classe était tournée vers moi. Enfin, jusqu'à ce que la prof claque de doigts, me regarde méchamment, et poursuive son cours comme si je n'étais plus là.

En attendant, je ne sens plus mes doigts de pieds ! J'ai super vu à la télé, que quand on ne les bouge pas assez, ils deviennent violets et après faut les couper ! Je ne voulais super pas perdre mes orteils ! Super paniqué, je le fus encore plus quand je ne sentais plus mes mains, et que j'avais faim ! Ce n'était pas la meilleure position dans laquelle je pouvais me trouver, super inconfortable à souhait. Ça y est, je pleure... Je me débats avant ! Ca ne marchait super pas ! Maintenant c'est décidé, je pleure super fort ! J'ai mal en plus. Il faut... Cette super rousse de Ami...

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Hikari Ketsuki

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Mer 27 Nov - 20:14

Je n’aimais pas. Je n’aimais pas cette prof, je n’aimais pas cette classe sans Akiha-Okasama, je n’aimais pas ma nouvelle place, je n’aimais pas la voix de Ami-Sensei, je n’aimais pas, je n’aimais rien ici, rien du tout. Je me sentais mal. Tellement que je n’avais qu’une envie, partir d’ici en courant à la recherche de ma créatrice, la retrouver pour lui dire Ô combien une fois de plus je me sentais pathétique… Stop. Jamais je ne dirai cela à Akiha-Okasama, si je souffrais, je devais le faire en silence, si je me sentais mal, je devais mordre sur ma chique, si je n’aimais pas ce qu’il se passait ici, je devais le subir. Un objet n’avait le droit de se plaindre, un objet n’avait le droit de ressentir quoi que ce soit.

Et pourtant quand elle adressa ses paroles sanglantes à mon jumeau, un grognement régissait mon être, je me crispais à mon banc en la foudroyant du regard. Je n’avais le droit de le faire, les humains m’étaient supérieurs. Mais elle… elle dénigrait celui que j’aimais, et d’autant plus quand celui-ci se rendit compte qu’il n’avait pas son livre. Fautive. Je l’étais. J’aurais dû vérifier son sac, j’aurais dû l’écouter et ne pas aller en cours ce matin, j’aurais dû… lui donner plus de crédits. « Hiiikarriiii, super prête-moi ton super livre ! » J’aurais tant aimé te le donner Kiseki, j’aurais tant voulu te venir en aide. Mais non, j’étais faible. Baissant le regard quand la voix perçante de l’enseignante envoûta la classe de son timbre trop doux, mais trop pressant, je me résignais à ne rien faire. « Je pouvais m'y attendre, même pas capable d'avoir ses affaires ~ Lamentable. Undai n'a guère besoin d'étudiants ne sachant se montrer à la hauteur. En punition, tu vas aller contre le mur, et faire dos à la classe. Je puis espérer que tu sais le faire, non ? ~ Exécution. ». Elle avait faux ! Elle n’avait le droit… Si elle l'avait, et je… que faisais-je debout devant des yeux étonnés me fixant ? Je…

- Je… Kiseki… Non.

« Assis ~ » Et mon corps se retrouva plaqué contre la chaise alors que mon frère se trouvait face contre le mur, bêtement puni comme un gosse de maternelle. Durant quelques secondes j’ai essayé de me tourner vers lui, vainement, je ne pouvais pas bouger… Je… Pitoyable. Tellement que je me serais mise à pleurer si des tonnes de questions ne venaient pas perturber mes pensées. Cette femme s’acharnait contre moi, entre des questions n’ayant lieu d’être et d’autres bien trop compliqués pour que je puisse les comprendre, les tirades ne s’arrêtèrent, dénigrant autant ma personne qu’Akiha-Okasama sous des « Elle ne vous a pas enseigné cela ? Quelle femme inutile, et dire que Dead Master-Sama… ~ Passons. » Shinai. « As-tu un cerveau sous ta chevelure ? ~ ». Shinai. « Votre intelligence est aussi minable que celle de votre mère ~ » Shinai. « Alala, et dire que je l’enviais à une époque ~ » Shinai. « Sais-tu lire ? ~ » Shinai !

- Aucune éducation en plus. Cela ne m'étonne pas, avec une mère comme la votre ~

Kiseki. Me tournant vers celui-ci, c’est avec douleur que je voyais son état… collé contre un mur les larmes aux yeux… Kiseki… Kiseki. Fermant les yeux en me relevant, je laissais ma chaise racler le sol dans un bruit sourd avant de lever mon regard vers celle qui nous enseignait les sciences. Une expression mauvaise mais fermée sur le visage, j’entrouvris les lèvres et laissais mon flot de paroles se déverser sur sa personne. Je pouvais presque m’étonner de parler autant… Mais c’était pour Kiseki.

- Relâchez le Ami-Sensei… Il… Kiseki. Relâchez le.

Finalement… Même au niveau de la parole, j’étais défectueuse. « Silence petite chose immonde ~ » Et je ne sus me retenir. « Shinai ! » Traversa mes lèvres en même temps que des regards étonnés se tournèrent vers moi. Faisant un pas en arrière en comprenant le sens de mes dires, je portais mes mains à mes lèvres avant de… sentir un désagrément. Une douleur… dans tout mon corps. Me recroquevillant sur moi-même, je laissais un cri de plainte s’échapper alors que le rire macabre de la rousse se rapprochait de ma personne en même temps que sa main aux ongles aiguisés souleva mon menton pour venir me glisser à l’oreille deux trois mots qui me firent l’effet d’une baffe en plein visage. « Ce n’est pas moi qui n’ai le droit d’exister ~ Tu es celle qui devrait mourir, tu es l’enfant du démon après tout, une anomalie ~ ».

Elle… avait raison. Mon corps s’arrêta de lui-même en même temps que je repris ma place sur ma chaise, déconnectée du monde extérieur avec les pupilles tremblantes en me répétant en boucle les paroles de ce monstre. Une anomalie, une anomalie, une anomalie… Je sais ! Et je détestais cela… Akiha-Okasama… pourquoi n’êtes-vous pas là aujourd’hui ?

- Tu resteras avec moi après les cours, Hikari-San ~ Bien, reprenons le cours ~

Et le cours reprit. Sans Kiseki, sans moi. Deux heures infernales qui passèrent cependant tellement vite… mais tellement douloureusement. Akiha-Okasama… Maman… Je… Pourquoi n’es-tu pas là pour nous protéger, pour ME protéger ? Parce que je n’étais rien pour toi, une simple poupée pouvant se faire souiller à tout va. Dead Master-Sama… Ayame-Okasama… Maman. Je n’attends rien de toi, mais sauve le… Lui, mon frère. Le visage baissé, les larmes se déversèrent sur mes joues alors que la cloche sonna annonciatrice de la fin des cours. Je ne bougeais pas, ni le corps ni le visage. Kiseki se fit détacher… Me disait-il quelque chose ? Je ne sais pas…

- Bien, pour la peine, tu m’écriras cent fois « Je ne dois guère insulter ceux qui me sont supérieurs » ~ Utilise ceci.

Me saisissant du stylo qu’elle me tendait, je regardais un court instant la feuille blanche avant d’y apposer la plume. Un mot s’écrit, une douleur vive me prit sur le bras gauche, je continuais à écrire et la douleur s’accentua. Relevant ma manche, c’est avec effroi que je remarquais que les mots écrits sur la feuille se gravèrent dans ma chair, troquant l’encre noire contre mon propre sang… Akiha-Okasama…

- Comptes-tu subir la même punition, Kiseki-San ? ~ Non ? Et bien sort d’ici dans ce cas ~

Kiseki… Kiseki !

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Kiseki Ketsuki

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Jeu 28 Nov - 22:21

C'était super douloureux, je ne me rappelle pas d'avoir subi une punition du genre parmi toutes celles qui me furent octroyées. C'était super horrible, j'en pleurais mais personne ne réagissait, ce qui me faisait super mal au cœur. Après tout, j'étais super sympa, il n'y avait pas de raison de me clouer de la sorte au mur, c'était super sadique, maman Ayame devrait interdire des punitions corporelles sur les étudiants, surtout pas des enseignantes super rousses. Parce que ouais, elle était la super pire de tous ceux qui me criaient pour des devoirs non faits ou pour des bêtises super géniales que je faisais pendant les heures de cours. Même maman super Akiha n'était pas aussi méchante quand elle m'interdisait de manger des sucreries ou quand elle me donnait un devoir en plus à faire. J'ai même super essayé de faire des signes à mes super potes, mais ils n'osaient pas contredire Ami-Sensei, trop effrayés qu'ils puissent connaître le même sort que ma personne. Super triste -j'ai mal !-, une once d'espoir s'alluma dans mes super yeux quand ma jumelle protesta pour me faire libérer. « Relâchez le Ami-Sensei… Il… Kiseki. Relâchez le. » Ouais ! J'étais super fier de Hikari -ma sœur adorée-, elle était courageuse et ça se voyait qu'elle m'aimait plus que les autres, vu qu'elle voulait m'aider. Ça y est, je l'aime plus que tout... Effectivement, je ne vous apprends super rien sur le sujet, ma deuxième moitié était depuis toujours l'être le plus important dans ma vie, après tout nous étions un. Pleurant donc super fort de joie quand elle vint à ma rescousse, c'est un hoquet de surprise -bâillonné- qui traversa mon corps et mes yeux s'écarquillèrent au maximum quand je vis Hikari se tordre de douleur. Mais que... ?! Non ! Hors de question que Ami fasse super du mal à ma jumelle ! Je n'acceptais pas ! Qu'elle me fasse souffrir, ce n'était rien à coté de cela, je pouvais prendre sur moi et après je la tuerais super fort ! Mais pas super Hikari ! J'allais la tuer, elle... ! Super furieux, ce ne furent plus des larmes qui coulèrent de mes yeux, mais mon regard bleu devenu dur qui se déversa sur la prof, qui m'ignora super fort en y passant.

- Tu resteras avec moi après les cours, Hikari-San ~ Bien, reprenons le cours ~

Transvasant mon regard colérique et inquiet entre le super dos de Hikari et la tête rousse de Ami-Sensei, j'aurais voulu grincer super fort des dents ou serrer mes poings, mais vu que j'avais un bâillon dans la bouche, et que le sang ne circulait presque plus dans mes poignets, je m'abstenais. Du moins, j'aurais super voulu garder un calme froid comme parfois mes super mamans le faisaient quand elles étaient contrariées, mais je n'y arrivais pas. J'avais une envie monstrueuse de sauter à la gorge de cette super femme. Selon les enseignements de maman Ayame, il faut détruire les obstacles qui se trouvent sur notre super chemin, pour avancer. Et Ami en était un super grand, tellement que je comptais suivre les conseils de maman la super directrice à la lettre. Et même si je n'étais qu'un bout d'homme pas assez fort pour protéger super Hikari, un jour cela changera, je m'entraînerai super fort, et je brûlerai cette femme de feu ! Et c'est sur mes pensées noires que le pas super cours se termina, que mes membres se firent libérer, que je tombais sur les fesses en me frottant les poignets, qu'un super ami m'aida à me relever et que je voulais super aller vers ma sœur tandis que mes super amis me disaient qu'il serait préférable de quitter la classe. Mais c'était super hors de question ! Punie ou pas, je ne laisserai pas ma jumelle seule avec cette femme !

- Comptes-tu subir la même punition, Kiseki-San ? ~ Non ? Et bien sort d’ici dans ce cas ~

Trop choqué de voir Hikari blessée par un stylo super ensorcelé par la sorcière de prof, je ne lui prêtais pas d'attention au premier abord, optant par attraper la main blessée de ma sœur et voulant la tirer de la classe. Parce que oui, c'était super mauvais d'y rester, je ne saurais pas la protéger, ni me défendre. Mais que je veuille ou non, ma main se desserra d'elle même de celle de ma sœur, sous une force que je ne connaissais pas, mais dont j'ai compris qu'elle provenait de la prof qui me fusillait de son regard chaud. Lançant un super regard implorant à Hikari, je voulus lui dire combien j'étais super désolé, mais aucun son ne voulait traverser ma gorge, une boule de chagrin obstruant le passage du son. Sentant la colère et l'impuissance passées revenir au galop, je fusillais avec une super haine Ami-Sensei, avant de prendre la parole sans plus demander, hurlant à son encontre tout ce que je pensais de sa super personne pourrie.

- Tu n'as pas le droit de nous traiter comme ça, espèce d'enflure ! Je vais te montrer c'est quoi un Ketsuki, tu ne vas rien comprendre à la vie ! Va crever !

Les traits super durs, je défiais l'enseignante du regard avant de pâlir instantanément quand une expression super effrayante se dessina sur son visage. Sentant le poisson roussi -donc cramé, donc pas bon- arriver, je m'abaissais une fraction de seconde au niveau de ma super sœur assise et lui soufflais une dernière indication dans un « Je reviendrai. » extrêmement sérieux. Ayant fait cela, je fis volte-face et me jetais -littéralement- en dehors de la super classe, effrayé que la femme puisse me faire du mal et donc, que je n'aie le pouvoir de sauver ma super jumelle. Courant dans les couloirs à en perdre halène, je bousculais les foules sur le passage sans en prendre conscience. Il y avait super plus important, et c'était de sauver super Hikari ! Mais pour cela, il me fallait quelqu'un, maman super Akiha ! C'était sa classe, elle devait savoir quoi faire dans ces cas là ! Super pressé, je dévalais les escaliers deux à deux, arrivant rapidement devant le bureau de maman Ayame. Parce que si maman super Akiha était avec elle, c'est là qu'elle serait, et si non... peut-être dans le labo ! Faut que j'exploite toutes les super pistes, au plus vite ! Ouvrant la super porte du bureau de la directrice, je fis irruption dans la pièce et vis que maman Ayame y était seule.

- Y a un super problème !

Donnant donc l'explication de ma super présence soudaine dans son bureau, je n'attendis pas qu'elle affirme avoir compris que je me lançais déjà vers le passage secret, vers les sous-sols. Courant toujours, dérapant par-ci par-là, le souffle coupé, j'arrivais dans le labo de super maman Akiha, et la trouvais attelée à des trucs bizarres dans des fioles. Qu'était-ce, d'ailleurs ? Stop ! Y avait plus important ! Et je le fis comprendre à maman super blonde en hurlant littéralement dans ses oreilles, tout en tirant la manche de sa blouse blanche pour qu'elle me suive sans attendre, chose qu'elle n'avait l'air de vouloir exécuter.

- Maman ! Super viens, dépêche-toi ! Hikari... Super Hikari a besoin d'aide ! L'autre... Ami-Sensei, elle lui fait super du mal !

Et je crois qu'elle capta finalement ce que je lui voulais, car son super regard -similaire au mien- qui était contrarié de me voir ici, se changea en quelque chose d'autre, de bien plus super terrifiant. C'est donc ainsi, sous ses demandes, que je lui indiquais tant bien que super mal la direction, le cœur battant la chamade sous ses pas super rapides que j'avais difficile à suivre, et ce jusqu'à la classe où je restais bien derrière sans dos de super mère protectrice tandis que elle... C'était vraiment notre super maman !

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Ven 29 Nov - 1:08

Une belle journée d'automne, pluvieuse ne donnant envie à un être humain moyen de se lever, d'aller bosser, le déprimant plus qu'autre chose. Une journée comme une autre dans l'univers de Undai avec ses obligations et ses contraintes, ses histoires d'amour et de rancœurs. Une journée que certains mettraient à profit pour sécher au chaud dans leurs lits, et que d'autres utiliseraient pour faire quelque chose de plus productif, innovant. Pourquoi ne pas ramasser les feuilles mortes dans les allées du parc question qu'il y ait moins de petits chatons qui se casseraient la figure et donc, qui se retrouveraient dans l'infirmerie avec des différentes parties du corps en morceaux ? Définitivement, ceux qui se lèveraient pour nettoyer sous la pluie, devraient se faire récompenser par une médaille, ainsi ils diminueraient le travail des autres infirmières qui auraient sans doute préférées boire leurs cafés tranquillement plutôt que mettre des plâtres aux étudiants. Personnellement, je n'avais ni le temps de rêvasser sous la couette, ni celui de m'occuper de mes petits chatons adorés, que ce soit au niveau éducatif ou celui des soins. Parce que aujourd'hui, moche qu'il puisse faire dehors, je ne profiterais pas de la brume apportant l'hiver, ni de la pluie froide se glissant dans mon décolleté.

Alala... Finalement, cela me convenait parfaitement, tellement que je fus même motivée à me lever, et ce depuis six heures du matin que je parcours mon labo de long en large, travaillant parfois avec les autres chercheurs m'étant assignés, parfois seule, cela dépendant de ce que je faisais. Entre deux formules à vérifier, d'autres à créer, je n'avais le temps de réfléchir à d'autres préoccupations de la vie quotidienne, je n'avais même pas le temps de souffler un instant, mes recherches me passionnant au point que j'oublie de manger, que je ne fasse plus attention à l'heure et ainsi de suite. Absorbée totalement dans ce que je faisais le mieux, je me sentais extrêmement bien, cela faisait longtemps que je n'eus autant apprécié de me perdre ainsi dans le travail, je vibrais littéralement à chaque fois que je m'approchais d'une solution qui au final mélangées avec d'autres résultats, me donnerait le déclic afin d'arriver à mes buts.

« - Ajoute encore une goutte là-dedans. »

Même mon ombre lugubre, malpolie et irrespectueuse, se modérait dans son intolérance pour donner ses ordres aux autres chercheurs, les supervisant d'une main de fer, tout en gardant un semblant de sérieux entre deux envies de meurtres. Nous étions bien ainsi, toutes les deux plongées dans un projet qui -abouti- serait révolutionnaire. Je me plaisais entre-autres à analyser le gène si gentiment offert de ma femme sous toutes les coutures, ayant attendu des mois et des mois avant de me lancer dessus, me voilà finalement la main à la pâte, sous la complexité de ce que je manipulais. Il n'y avait rien à ajouter, j'étais dans mon mode, cela m'avait manqué, et je comptais me raccrocher à ce semblant de liberté intellectuelle retrouvée. En plus de cela, Ayame était là pour que je ne doive m'en faire pour le reste, que ce soit pour les cours dont elle eut trouvé un enseignant remplaçant, nos enfants qu'elle surveillait, ou encore le boulot à l'infirmerie que j'avais la possibilité de mettre de coté. En somme, je me retrouvais dans une position parfaite afin de me donner à cœur-joie dans les sciences.

« - Concentre-toi, Akiha. »

Oui, oui ~ Elle était d'un sérieux mortel quand elle était concentrée, d'autant plus qu'elle partageait mes pensées qui parasitaient littéralement son esprit calculateur. Riant à cela -pour le peu de fois où je peux l'énerver-, je finis tout de même par reprendre mon sérieux et poursuivre notre avancée. Et ceci sans limites, ne prenant même pas la pause de dix heures avec les autres chercheurs, trop accrochée à ce que je faisais, ne voulant en aucun cas lâcher mes formules sur le feu, pour l'inutilité de grignoter un bout. Franchement, s'ils prenaient un petit déjeuner convenable, ils ne devraient guère s'encombrer d'une pause. Parlant de cela, utiliser ma matérialisation depuis tant d'heures -que ce soit modéré ou pas- me fatiguait, c'est pour cela que je rappelais mon ombre à se loger dans mon corps afin que je reprenne un semblant de force avant de la laisser sortir à nouveau. Cela fait, je mis une préparation sur le feu, regardant avec émerveillement le changement de couleur, jusqu'à tirer une tête déçue quand celle-ci vira non pas au rouge, mais au jaune.

- Deux milligramme de sodium en plus...

Me parlant à moi-même, j'adaptais les proportions selon les manipulations, les inscrivant sur un carnet de bord -page sur tablette- où les notes erronées jumelaient les bonnes. Parlant des jumeaux à présent... Je ne m'y attendais vraiment pas, j'en fus même terriblement agacée, si pas contrariée d'entendre un bruit monstre dans le couloir, se rapprocher du laboratoire, tandis que je manipulais une préparation relativement compliquée à exécuter. Les sourcils froncés, j'essayais d'en faire abstraction, mais quand une porte s'ouvre à la volée et que quelqu'un hurle dans vos oreilles, je ne crois pas qu'il est humainement possible d'en faire abstraction. « Je vais tuer l'imbécile qui nous dérange. » Et sur le coup, j'étais du même avis que mon ombre, surtout que j'eus raté une fois de plus mon coup car j'eus ajouté genre une poussière de plus d'un produit chimique en sursautant quand le bruit m'eut saisi et surtout quand une main me tira. Tournant un regard furieux vers l'arrivant, je ne m'adoucis guère en voyant mon fils unique débarquer dans le labo, même si cela me surprenait. Ne devrait-il pas être en cours à cette heure-ci ? Voilà un facteur en plus pour me mettre de mauvaise humeur. Affichant un air fâché, je m'apprêtais déjà à crier contre sa petite tête délavée, mais il me devança dans l'expression de ma colère.

- Maman ! Super viens, dépêche-toi ! Hikari... Super Hikari a besoin d'aide ! L'autre... Ami-Sensei, elle lui fait super du mal !

Si la première partie de ses paroles me surprit, sachant que ma fille devait se trouver en cours, et donc, ne devrait souffrir d'aucun danger, la suite me tétanisa littéralement. Ami... LA Ami qui draguait ouvertement Ayame à tout bout de champ ? « Heh, cette chienne se permet de jouer avec nos expériences maintenant ? ~ Allons la remettre à sa place de déchet. » La colère que je ressentais envers mon fils s'effaça instantanément au profit de la fureur que m'inspirait la jeune enseignante, ne supportant aucunement les personnes tournant autour de MA femme, il ne fallait pas plus pour mon ombre -et aussi à mon bon coté, vu que finalement mon alter-ego n'avait besoin de raison pour tuer- pour que je m'en prenne à cette rousse. Certes, je savais apprécier la beauté d'un corps, mais j'aimais tout autant dénigrer la stupidité d'un esprit, et s'en prendre à mes enfants était un délit punissable de mort. N'attendant guère plus d'explications de mon fils catastrophé, je le suivis presque tout de suite, jetant mes gants et ma blouse à la volée, j'oubliais complètement mes expériences, étrangement préoccupée par le sort de Hikari. Sortant du passage secret, dépassant bien vite Kiseki tellement j'étais pressée à venir secourir mon autre enfant, je débauchais dans le bureau d'Ayame, et c'est sous un hochement de la tête que je la gratifiais d'un regard sombre.

- Ayame ~

Et ce fut tout ce que je lui accordais avant de tracer mon chemin vers les classes de sciences. Je n'avais le temps pour les baisers, malheureusement... D'ailleurs, en y pensant, elle n'était pas censée s'occuper de nos enfants pendant que je faisais mon boulot de scientifique ? Et aussi, pourquoi -selon les dires de Kiseki- Ami Ebisu eut repris ma classe de sciences ? « Parce qu'elle est prof de sciences. Pas pour longtemps au passage, heh ~ » Le sifflement de menace résonnant dans ma tête en disait long sur notre pensée commune. Il n'y avait pas de pitié pour tous ceux qui essayaient de détruire mon empire à Undai.

Décidée à en découdre, pour le peu que j'utilisais la violence, j'ouvris avec fracas la porte de la salle de classe où ma fille était assise à un banc, la chair en sang, l'air plus que... Cela me suffisait. Déviant mon regard clair de la chevelure verte de mon chaton, je fusillais durement la prénommée Ami, une haine incommensurable se propageant dans tout mon corps, au point que je veuille presque laisser ma place à mon ombre afin de s'occuper de cette jeunotte impertinente. N'ayant l'envie d'entendre une tirade cinglante sortir d'entre ses lèvres, j'agis en un éclair, me retrouvant -je ne sais pas comment moi-même- avec un scalpel en main, coincé sous la jugulaire d'une Ami plaquée contre le tableau. Un sourire étrange flottant sur les lèvres, j'appuyais dessus jusqu'à ce qu'un filet de sang apparaisse à son cou.

- Tu es tombée bien bas, Ami-San ~ Comme mon épouse ne fait guère attention à tes avances lamentables, tu finis par t'en prendre à mes enfants pour soulager ta défaite ? ~ J'en rirai, si je ne trouvais pas cela si pitoyable ~

Mon sang bouillait dans mes veines, j'avais une envie monstrueuse de lui trancher la gorge, maître des sentiments ou pas. Ce n'est que la volonté de préserver mes enfants d'un spectacle macabre qui me freiner dans mes envies, laissant seulement un fin sourire moqueur dessiné sur mes lèvres. D'un autre coté, c'était bien ainsi, une femme de mon rang se devait d'avoir la classe, et que de mieux que déstabiliser son adversaire par la parole, verbalement ~ Au pire, si mon ombre voudra se venger de cet affrontement pitoyable, nous achèverons cette rousse quand mes chatons ne seront pas dans les parages. Après tout, la vengeance est un plat qui se mange froid, principe que je me plairai à suivre quitte à prendre mon temps pour détruire son existence de l'intérieur ~ « Tuons-la ! Laisse-moi sortir et je m'en occupe, on s'en fiche des gosses, faut éradiquer la vermine. » Il était étrange de se dire que les pulsions de mon alter-ego maléfiques pouvaient être tellement puissantes que même moi, je n'arrivais à la dompter. Soupirant délicatement, je demandais à mes deux jumeaux de sortir de la classe, d'un ton terriblement trop calme comparé à ce qui se passait dans mon esprit.

- Kiseki, Hikari, sortez d'ici ~

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Ven 29 Nov - 13:04

Tout allait si mal, tout n’était qu’horreur dans cet endroit, ma chair brulait à chaque ligne que j’écrivais, mon sang se déversait sur chacun des mots se notant sur ma feuille, mes larmes coulèrent sous le surplus de douleur dont je faisais preuve, arrêter. J’y ai songé, je l’ai même fait quand la voix de Kiseki se heurta avec violence à mon ouïe. « Tu n'as pas le droit de nous traiter comme ça, espèce d'enflure ! Je vais te montrer c'est quoi un Ketsuki, tu ne vas rien comprendre à la vie ! Va crever ! » Lui avait-il dit avec effroi, les traits de mon tortionnaire s’était déformés sous les paroles de mon jumeau, ma main s’était levé dans sa direction mais jamais, je l’eus atteint. Il m’eut soufflé quelque chose avant de s’enfuir, une promesse à laquelle je ne donnais fort espoir. Pourquoi viendrait-il me sauver ? Revenir pour mieux se faire trancher ? C’était des inepties, si lui vivait, je n’en avais que faire de mourir. Après tout… Je n’étais qu’une gêne à l’humanité, à sa vie, sa famille, son quotidien. Une tâche qui se fait maltraiter avant de lui apporter le coup final… Une manière comme une autre de me faire encore plus de mal, de me rabaisser d’autant plus. Cette situation se liait à mon grade, je n’étais qu’un bovin se faisant marqué, une simple poupée sur laquelle on gravait le code-barre dans le plastique la formant. Un objet… Ne devant cependant rien éprouver. Mais la douleur était présente, elle me rongeait.

- Enfants du démon. Tu payeras pour les paroles de ton jumeau, Hikari-San.

Et le prix fut fort. Tellement fort que j’en hurlais de douleur. Elle avait pris mon visage entre ses mains, elle avait tracé de son ongle aiguisé une ligne profonde en dessous de mon œil, elle y avait pris du plaisir… Un sourire sadique s’était formé sur son visage alors que mon sang perlait de cette nouvelle fente. Mais ce ne fut pas tout, ce n’était rien comparé à la suite, elle m’eut plaqué contre ma chaise pour mieux déchirer ma chemise, pour mieux graver sur mon torse ces mots invisibles à ma personne lorsqu’elle me déchira la peau. C’est quand elle matérialisa un miroir pour me montrer son œuvre que je vis… Cette chose. « Je ne suis que l’objet d’une putain » Avait-elle noté sans gêne. L’objet… d’une putain. Akiha-Okasama… Non ! Et je protestai, je me levais de ma chaise pour mieux m’y rassoir avec force quand sa main paralysa mes mouvements, que d’un tour de paume elle relança ma punition sans sourcilier, seul son rire macabre résonnait dans la pièce alors que les mots que j’écrivais contre mon gré se gravèrent toujours, et encore dans ma chair. Cela dura, les insultes également. Je n’avais plus aucune croyance quant au retour de Kiseki, m’imaginant même celui-ci s’empiffrer devant l’une de ses séries. Akiha-Okasama non plus ne viendra pas. Ayame-Okasama non plus… Je ne pouvais compter… Sur personne.

- Continue, ne t’arrête surtout pas ~ Je te laisserai partir dès que ton corps en sera recouvert, Hikari-San ~

Un monstre. Un monstre dont la haine n’était pas compréhensible pour ma personne, un monstre qui me flagellait en essayant d’atteindre sa vraie proie. Je n’étais qu’un bouc-émissaire. Quelque chose que l’on pouvait souiller, un défouloir pour sa personne… Me rendais-je donc utile à cet instant ? Atténuais-je donc seulement sa haine en la laissant m’abattre de la sorte ? Rêves futiles ne pouvant être cru que par des êtres cons. Je n’aimais pas les cons.

- Tu es tombée bien bas, Ami-San ~ Comme mon épouse ne fait guère attention à tes avances lamentables, tu finis par t'en prendre à mes enfants pour soulager ta défaite ? ~ J'en rirai, si je ne trouvais pas cela si pitoyable ~

Je ne sais pas ce que j’ai ressenti quand Akiha-Okasama est arrivée dans la classe, la première chose que je fus en entendant la porte s’ouvrir dans un fracas monstre fut de sursauter, mouvement accompagné par celui de ma tortionnaire sans doute tout aussi étonnée que moi de voir… ma créatrice. Retrouvant également mes mouvements, je me relevais légèrement, intriguée de la voir alors que la douleur marquée sur mon visage donnait une vision encore plus sale de ma personne. J’avais honte qu’elle me voit ainsi, aurais-je préféré continuer à souffrir jusqu’à mon dernier souffle ? Jamais je ne répondrai à cette question. Faisant un pas en arrière en resserrant ma blouse déchirée contre mon corps, j’essayais de cacher vainement la marque s’étant apposée sur mon torse, faisant presque dos à la scène. Tête baissée, poings serrés, je tremblotais d’honte et de douleur alors que je pouvais entendre la voix de Kiseki au loin, m’appelant pour que je sorte de la classe, que je le rejoigne. Paroles accentuées par celle d’Akiha-Okasama, me demandant également de sortir alors qu’elle tenait dans son étreinte celle qui m’avait marqué à sang. Relevant le visage pour courir vers Kiseki, je me heurtais violement à la porte qui se referma avant que je ne puisse sortir, tapant la vitre vainement en essayant de me dégager de la pièce, c’est avec effroi que je me retournais en entendant un craquement immonde dans mon dos. Que ? Akiha-Okasama.

Je suis tombée à genoux quand j’ai vu cette scène atroce, mon corps s’est liquéfié d’un coup alors que mon visage transpirant de peur s’était figé dans une expression se mélangeant entre la crainte et la peine… Akiha-Okasama n’était plus en position de force, Akiha-Okasama allait… Non. Se retrouvant tétanisée elle aussi sous le pouvoir diabolique d’Ami-Sensei, je pouvais voir ses mouvements se restreindre de seconde en seconde jusqu’à ce qu’elle ne sache tout simplement plus bouger. C’est quand les paroles de la rousse engloutirent le silence qui régissait mon être qu’un hoquet de terreur se peignit dans l’endroit.

- Alala ~ Regardez moi donc qui accourt pour ses pantins ~ Et dire qu’une putain dans ton genre ose salir mon visage, après tout, je ne devrais pas en être étonnée d’une personne d’une classe aussi inférieure que la tienne ~ Allez ma belle, sois sage, arrête de respirer ~

Arrêter de respirer. Manque d’oxygène. Etouffement. Flux sanguin stoppé. Mort. Akiha-Okasama va mourir ? Mourir…Mourir ? Non, Akiha-Okasama ne peut pas mourir, elle ne mourra pas… Jamais. Cette simple idée de pouvoir perdre un être cher me terrifiait, il était impensable pour moi qu’elle parte alors qu’elle était humaine, si parfaite… Si gentille. Akiha-Okasama ne pouvait pas mourir, c’était de son devoir de rester en vie, de s’occuper de Kiseki, de Ren, de Dead Master-Sama ! Elle… Elle ne pouvait pas. Levant mes mains à ma tête alors que mon corps tremblait de plus en plus, je me recroquevillais sur moi-même alors que les paroles acérées de la rousse fusèrent à l’encontre de ma créatrice, usant autant de sa voix que de ses gestes pour venir pourrir l’air ambiant. « Ne t’inquiète pas, je consolerai facilement Dead Master-Sama ~ Après tout, tu n’as fait qu’écarter les jambes pour l’avoir non ? ~ » Akiha-Okasama… « Aller mon cœur, plus que trente secondes ~ Sauf si tu sais tenir plus longtemps ~ » Akiha-Okasama… « Ah ? ~ Tu ne sais plus matérialiser ? Comment cela se fait-il donc ? M’en veux-tu donc de t’avoir retiré cette magnifique bague ? ~ » Akiha-Okasama.

---

C’est le bruit d’une mélodie lointaine qui berce mon corps.
Je me détachais de ma sensibilité, je laissais ma faiblesse pour mon quotidien, je jugeais de mes gènes mes ennemis, je tuais ceux qui touchaient à ce qui était mien. Je m’enveloppais dans cette masse noire, douce étreinte ténébreuse me rappelant avidement les bras d’Ayame-Okasama. Mes yeux se heurtent à des visions d’horreur, mon corps bougea de lui-même alors que mes gestes rapides et précis attrapèrent sa tête. Akiha-Okasama.

La réalité n’est qu’une douleur que je ne veux plus endurer.
Un cri rugit. Ce n’était pas le mien… Du sang m’éclaboussa alors qu’un craquement étrangement apprécié par ma personne retentit dans la pièce en même temps qu’un corps tomba à mes pieds. La vitre se brisa sous le choc… Ai-je cassé le matériel d’Ayame-Okasama ? Je me punirais pour cela.

La mort serait ma seule délivrance, mais ma faiblesse me retient de quitter la terre.
Mon reflet dans la fenêtre me laissa de marbre… Mes yeux… Ce ne sont pas mes yeux. Un bruit. Une autre personne. Je me suis retourné pour voir cette femme qui me faisait dos, elle ressemblait beaucoup à Akiha-Okasama. Non… C’était Akiha-Okasama. Maman. Je me suis avancé vers elle, doucement, en la fixant. Une étreinte, je voulais ses bras pour qu’ils me protègent, mais mon corps pensa autrement, il voulait autre chose… Sa mort ? Non… Pourquoi devrais-je tuer Akiha-Okasama ? Non, je ne la tuerai pas. Elle doit juste… disparaître.

L’objet que je suis, depuis longtemps aurait dû se faire jeter.
Mes mains se sont enroulées autour de son cou… Je ne sais pas pourquoi. J’étais pourtant loin d’elle et maintenant, elle est si proche de moi que je peux admirer son visage. Ai-je le droit d’être si prêt d’elle ?

---


- Shinai.

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Dim 1 Déc - 20:41

Je n'étais pas une personne impulsive, je ne m'emportais guère pour un rien, et montrais une image de tranquillité et assurance constante. C'était un atout comme un autre pour quelqu'un qui s'amusait, manipulait et utilisait les sentiments des autres à sa guise, qui offrait aux autres l'apaisement comme les brisait dans un torrent de souffrance imaginaire, ou vraie, cela dépendait ce qui se cachait sous la surface, sous les sourires des gens. Parce que c'était une vérité indéniable, derrière tout bonheur, il y avait la partie sombre, des secrets douloureux que je me plaisais à exploiter afin que tout aille dans mon sens. Mais pour cela, il fallait maîtriser ses propres démons, faire fi de ses mœurs comme de ses propres sentiments. Il fallait être impitoyable, ne ressentir rien. Chose qu'il m'arrivait d'oublier quand je me retrouvais confrontée à quelque chose qui me déplaisait au plus haut point. Comme je pouvais -d'un coté- être calme dans les pires situations, je pouvais tout autant ne savoir me contrôler quand les circonstances étaient assez graves pour que je montre la face cruelle de mon être, la face humaine pleine de sentiments ô combien négatifs. Il suffisait d'observer la scène pour comprendre qu'Ami -la jeune enseignante- m'eut fait sortir de mes gongs en s'attaquant à mes chatons, mes enfants. J'étais tolérante, il m'arrivait de fermer les yeux sur des crimes horribles, mais cela, je ne pouvais en faire abstraction, tout ce qui touchait de près ou de loin mes enfants, était un affront direct contre ma propre personne, contre nous -mon ombre et mon bon coté. Et toute peine apportée à un de mes trois chatons, était inacceptable, en tant que mère, j'étais tenue de remettre les points sur les « i » des gens tels que cette... « Stupide chienne ~ » Bien entendu, sans autant de violence. Dans les paroles ~

Un bruit, un mouvement, et tout vacilla. L'assurance qui me régissait quand je suis rentrée dans la classe se volatilisa en même temps que tout mon être se raidit sous une force puissante. Un moment d'inattention, un seul où je voulus m'assurer que mes enfants étaient sortis de la classe, un coup d’œil afin de m’apercevoir que Hikari y était toujours... Et puis le désastre. Ne sachant exactement de quoi il s'agissait, mon réflexe fut de porter le coup final à la rousse sous la lame du scalpel que je tenais en main. Mais le geste ne se fit jamais, l'immobilité m'ayant gagnée, il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre qu'Ami n'avait pas qu'une manière disgracieuse de se comporter, mais que son pouvoir était tout aussi vicieux.

 - Alala ~ Regardez moi donc qui accourt pour ses pantins ~ Et dire qu’une putain dans ton genre ose salir mon visage, après tout, je ne devrais pas en être étonnée d’une personne d’une classe aussi inférieure que la tienne ~ Allez ma belle, sois sage, arrête de respirer ~

« Salope de rousse, nous allons la réduire au silence ! » E c'est ce que nous comptions faire. Premièrement terrifiée de savoir que ma fille se trouvait dans la classe et que je me voyais dans l'incapacité de la protéger, je dus finalement me résoudre à penser à ma propre posture -sous l'empressement de mon ombre lugubre. Et il fallait l'avouer, je n'étais pas très bien placée pour me reposer sur mes lauriers. Pourquoi donc ? ~ Tout simplement parce que le pouvoir dont jouissait Ami était le contrôle du corps. Pas de l'esprit comme le mien, mais tout autant efficace. Contrariée de m'être si facilement laissée prendre, j'essayais de lutter de toutes mes forces afin de me libérer de son emprise, ne pas céder à ses capacités de me réduire au niveau d'un pantin sans volonté propre. Rien de plus compliqué quand à coté le manque d'oxygène se faisait sentir, rendant mes pensées désagréablement vagues, dont les paroles haineuses de mon alter-ego devenaient qu'un bruit de fond à peine entendu. Je pouvais me libérer, et ce en jouant sur l'esprit de Ami, chose que j'aurais sans doute fait si son vice n'était poussé jusqu'à utiliser des moyens déloyaux pour se battre. Nous ne pouvions même pas appeler cela un combat. Et cela se comprit quand la robe de combat que j'eus fraîchement matérialisée pour puiser de mon pouvoir, se dématérialisa soudainement et qu'aucune chance de m'en sortir apparu devant mes yeux telle une évidence monstrueuse. Ma bague, mon cristal de matérialisation disparut. Et pour être plus précise, ce fut Ami qui profita de mon immobilisation pour me l'enlever, le mettant soigneusement sur le bureau, sous mes yeux clairs afin que je comprenne à quel point, cette vipère ingrate, avait l'avantage, le pouvoir de réduire -mes enfants et moi- à néant. « Enflure ! Je vais... ! »

- Ne t’inquiète pas, je consolerai facilement Dead Master-Sama ~ Après tout, tu n’as fait qu’écarter les jambes pour l’avoir non ? ~

Non... Nous n'y pouvions rien. Un humain dépourvut de matérialisation n'avait aucune chance contre un être puisant dans cette science sans gêne. Nous étions condamnées... et je ne pouvais qu'en vouloir à moi-même. Hikari... Kiseki... Ils devaient se sauver, rejoindre Ayame afin qu'elle puisse les protéger de Ami, cette femme incroyablement vicieuse n'ayant le mérite d'être considérée comme professeur dans Undai. Je devrais sans doute en toucher un mot à ma femme... « La tuer, irait bien plus vite... » Oui, nous pourrions l'éradiquer de cette terre, question que tout le monde se sente mieux, qu'il n'y ait de risque que ma femme se fasse « voler » par un serpent tel qu'elle, que mes enfants en craignent la mort à chaque tournant du couloir... Définitivement... Mais pour cela, il fallait que je respire, que j'arrête de suffoquer, que... je récupère ma bague de matérialisation. Tendant la main vers cette dernière sous l'inattention de mon adversaire, j'essayais de l'atteindre tandis que ma vision devenait floue, que le manque d'oxygène dans mon corps rendait tout geste et pensée molle. Je n'y arriverai jamais, n'est-ce pas ? ~ Quelle mort stupide pour un être arrivé si loin... une mort donnée par une femme quelconque qui eut trop aimée Ayame. Détestable à souhait ~

Tellement qu'un rire étranglé traversa mes lèvres tandis que toute conscience me quittait, que mon corps ne soit debout que par la volonté d'un autre. Quelle ironie du sort, se faire contrôler, tandis qu'on ne faisait que cela avec autrui ~ Et cela arriva, mes jambes cédèrent sous un bruit provenant de loin, ma gorge me brûlait tandis que l'air s'engouffra douloureusement dans mes poumons, dans ma gorge, partout, oxygénant mon esprit embrouillé. La sensation de lourdeur noire dans ma tête revient au galop tandis que les sens reprirent leurs rôles respectifs, que je contacte à nouveau avec le monde qui m'entourait. Que s'était-il passé ? Ami m'aurait-elle épargnée ? Je ne le pensais pas, elle était peut-être désespérée de ne pouvoir rendre Ayame sienne, mais elle ne se risquerait certainement pas à me laisser la vie sauve, ne serait-ce que pour préserver la sienne. Alors pourquoi toute mobilité m'était revenue ? La réponse se trouvait juste là, sous mon regard clair. Hikari...

Ma fille, l'enfant que nous avions crée avec Ayame. Un projet scientifique devant chaque jour vivant, devenant humain et finissant par le fait que je lui porte mon amour, que je la considère comme mon enfant. C'était le cas, du début. Mais la question était, comment ? Pourquoi était-elle là au lieu de fuir ? Pourquoi Ami s'était retrouvée par terre, la tête en sang, éclatée par la main -fragile à la base- de ma dite fille ? Je ne comprenais pas. « Elle l'est, ne me dis pas que tu ne le sens pas, elle transpire les ténèbres de Dead Master ~ » Je le réalisais, mais je ne voulais l'admettre. Il suffisait de s'attarder sur les yeux verts qu'abordait Hikari pour comprendre que quelque chose n'allait pas, que son regard vide et froid n'était pas humain, que tout son corps était régit par une force sombre qui ne lui appartenait pas, dont elle ne pouvait être à son origine. Le gène de Dead Master-Sama. Horrifiée, je me relevais, oubliant complètement la femme en sang -assommée- et me tournant entièrement vers Hikari. Ses traits, son sourire... Elle ressemblait tellement à Ayame dans ses moments de pur sadisme que j'en avais froid dans le dos. Cela faisait des mois que je n'ai plus vu ce genre d'expression, et l'entrapercevoir sur ma fille, était... terrifiant. Mais je n'avais le droit de me décomposer, surtout pas avec une ombre riant moqueusement dans mon esprit, voulant défier notre enfant pour bien la soumettre sous notre puissance recouvrée, avant de s'occuper de l'autre rousse. Non ! Hikari n'était pas un danger, en tant que mère il fallait que je la clame, la rassure, la change de cet état des plus effroyables.

- Shinai.

« Hehehe ! C'est ça, c'est bien, enfonce-toi dans la haine gamine ~ Viens, que je te réduise à ton état de cobaye ~ » La ferme ! Fermant un instant les yeux sous l'étau étroit des mains de mon chaton, je ne bougeais plus, ne réalisant pas encore pourquoi elle m'attaquait... qu'elle s'en prenait à ma personne tout court en fait. La première préoccupation étant les pulsions de mon coté maléfique qui forçait le passage de la barrière physique afin de commettre l'irréparable, de faire souffrir Hikari, d'éveiller sa fureur à un point irréversible. Il en était strictement hors de question ! Mes enfants étaient des anges, ils n'avaient rien de monstrueux en eux, ils étaient innocents de ce qu'étaient leurs mères. Ils devaient... construire leurs vies avec leurs caractères propres... Mais pour cela, il fallait que je sois là pour le leur apprendre, et je ne le saurai pas si je continuais à laisser ma fille m'étouffer. Réalisant cela, luttant contre l'abîme dans lequel mon ombre essayait de me pousser, j'attrapais le poignet de Hikari dans l'étau puissant de ma main, rivant mon regard bleu dans le sien, d'un vert cruel.

- Hikari... Cela suffit... à présent.

« On va crever si tu continues ! » Je réalisais aussitôt que mes paroles ne l'atteignaient nullement, je sentais peu à peu ses mains devenir plus lourdes autour de mon cou, et une panique impuissante s'intensifiait dans mon être instable. Non de peur qu'elle puisse me tuer par étranglement, qu'elle soit puissante physiquement ou pas, mon corps l'était encore plus même sans boucle de matérialisation. Ce qui m'effrayait c'était de lui faire mal dans un moment d'égarement, que l'instinct de survie fasse que je devienne brutale envers mon propre enfant. Je ne voulais utiliser de la violence, mais les mots que je prononçais n’atteignaient guère sa personne, je n'avais plus le choix, si je restais sans rien faire, je mourrais de sa main... Inacceptable. Tellement que j'enserrais à m'en faire mal, la bague de matérialisation que je réussis à saisir, sentant déjà la matérialisation se dégager dans tout mon corps, sentant mon pouvoir revenir. Enfin.

Une expression dure sur le visage, les traits tirés, j'usais du pouvoir m'étant restitué. Optant par une approche définitivement posée -comme j'en avais le secret- je contrôlais parfaitement mes actions. Opposant la volonté de mon alter-ego à ce que je comptais faire, je posais la main qui précédemment eut tenue le poignet de Hikari, sur sa tête, faisant croire à son esprit qu'elle était terriblement fatiguée et ce jusqu'à ce que l'étau de ses mains se desserre. Profitant de cette occasion, je me saisis de ses mains fermement afin qu'elle ne puisse plus les utiliser pour faire du mal à qui que ce soit, et portais sa main blessée à mes lèvres, y déposant un doux baiser et ainsi, faisant disparaître ce qui s'est gravé sur sa peau. Plongeant un regard doux dans ses yeux amplis d'une haine sourde, je finis par la serrer contre moi dans une étreinte chaleureuse mais ferme, dont elle ne saurait se défaire. Déposant mes lèvres sur sa tignasse verte, je soupirais délicatement avant de prendre la parole, d'une voix apaisante, calme, rassurante.

- Hikari... Calme-toi ma chérie, Okasan est là à présent, il n'y a plus de danger.

Caressant sa chevelure d'un geste maternel, j'attendis qu'elle reprenne ses esprits avant que je ne la libère de mon étreinte, et pendant ce temps, l'esprit calculateur qui m'habitait se mettait en marche, avec ses questions et ses hypothèses. « Crois-tu que le gène d'Ayame puisse jouer sur leurs mentales ? Étrange non ? Quelle preuve qu'ils ne sont vraiment pas humains ~ » Ce n'était pas vrai, ils l'étaient. Et le fait qu'ils héritaient d'un gène d'immortalité ne les rendait pas inhumain, il suffisait de regarder Keitaro, il n'était pas un monstre pour autant... C'était autre chose... Du moins, il y avait un facteur en plus qui eut fait que Hikari perde contrôle de soi, de la sorte... Mais quoi ? Peu importe pour l'instant. « Et l'autre chienne ? » Ami ? Nous ne la laisserons pas s'en tirer aussi facilement, laisser vivre son ennemi était dangereux... Quoi que, je vais la détruire lentement pour ce qu'elle a fait, notre vengeance sera terrible. Mais avant toute chose, Hikari, ses blessures, son moral, son état... Et Kiseki ? Il n'était plus là.

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Dim 1 Déc - 21:20

Je n’étais pas moi. Mes gestes, mon visage, mon corps, mon esprit n’était plus mien. Je ne ressentais pas l’étreinte que je tenais autour de cou d’Akiha-Okasama, je voyais vaguement ce que je faisais, sans me dire que c’était mal. Je ne comprenais l’importance de mon geste tout autant que la raison de celui-ci. Je devais avoir peur, mais aucun sentiment ne m’atteignait, ma haine se répercutait dans tout mon corps sans que je ne sente un quelconque désagrément. Mais elle était là. Pourquoi, je ne savais pas, comment, je ne savais pas. Je crois. Mais j’arrivais de moins en moins à mettre réponses à mes questions, plus les minutes s’écoulèrent, plus une souffrance me saisissait, mes mains me brûlaient ainsi que mes blessures, mon corps tout entier essayait de faire obstacle à quelque chose qui n’allait pas. Mais je ne savais pas. Et je n’aimais pas, ne pas savoir. Baissant mon regard vers celui d’Akiha-Okasama quand elle me parla, je ne tiltais pas, je pouvais sentir mon sourire toujours aussi large, mes yeux picoter toujours autant alors que la voix de ma mère se faufilait jusqu’à mon ouïe.

- Hikari... Cela suffit... à présent.

Je l’entendais. Mais je ne la comprenais pas. Pourquoi voulait-elle que je… Et ce fut d’un coup. Mon corps se brisa de lui-même alors que mon visage se voyait confiner vers une source chaude, que mes membres se mettent à trembler et que ma peine revint au galop dans un flot de larmes dont je ne pouvais imaginer la fin. La fatigue accentuait mon état, je m’agrippais à celle qui me tenait pour ne pas m’effondre, je la tenais du peu de force qu’il me restait alors que les images de mes actions précédentes se heurtèrent avec violence dans ma tête. Je m’étais levée, régie par une force n’était mienne, j’avais ce visage et je l’avais battue. Ami-Sensei était au sol, je me voyais la mettre, j’avais vu son visage s’éclater et ce sang, tellement de sang, Akiha-Okasama, Akiha-Okasama, Akiha-Okasama !

- Hikari... Calme-toi ma chérie, Okasan est là à présent, il n'y a plus de danger.

Akiha-Okasama était là… si elle était là, tout allait bien, tant qu’Akiha-Okasama était là, je n’avais à avoir peur, je n’avais à souffrir n’est-ce pas ? Je ne voulais pas redevenir cette haine, je ne voulais pas revoir mes yeux ressembler tant à ceux de Dead Master-Sama, je ne voulais pas être comme elle. La puissance et le sadisme me faisaient peur, je ne voulais pas… être encore plus immonde que je l’étais déjà. Enfuyant ma tête dans son cou en la compressant tant bien que mal contre mon corps frêle et tremblotant, j’essayais vainement d’effacer ces images de mon esprit, seule la chaleur d’Akiha-Okasama comptait. Oui, c’était la, mon tout. Les yeux clos en m’apaisant, je me reculais tout de même de cette femme, les yeux légèrement rouverts et le regard viré vers le sol. J’étais honteuse de lui… l’avoir… d’avoir essayé de la tuer. Comment avais-je pu oser ?! Je me dégoûtais.

- Okasama… Je…

Je levais mes mains vers la peau que je tenais dans mon étreinte, caressant du bout des doigts l’endroit où j’avais essayé de l’étrangler. Cela avait été immonde, déshonorant, comment avais-je osé faire ça ? Je devais mourir pour. Je devais… Je ne voulais pas. Je ne comptais pas non plus la supplier de me laisser la vie sauve, je ne comptais guère pleurer d’autant plus, je la regardais, timidement et honteusement. Je vivrai avec le crime que j’eus voulu commettre, telle sera ma punition. Posant mes genoux au sol, je me penchais, me vautrais devant sa personne avant de m’excuser, lui présenter mes plus plates excuses quant à ce qu’il s’était passé, n’attendant pas à ce qu’elle ma pardonne, mais essayant plutôt de soulager mon être de la sorte.

- Akiha-Okasama… je suis… désolée, terriblement… désolée. Puissiez-vous un jour me pardonner… Akiha-Sama.

Et je me redressais pour loger mon regard si similaire au sien dans ses pupilles douces et chaleureuses. Mon vêtement tombant légèrement alors que ma peau se laissait découvrir au niveau du torse pour montrer ma poitrine grandissante -plates selon les dires de Kiseki-. Rougissant en ayant un hoquet de surprise quand cela arriva, je reportais le tissu sur ma peau, ce n’était pas le fait de lui montrer ma nudité qui me dérangeait, mais plutôt la marque que j’eus reçue des mains d’Ami-Sensei. « L’enfant d’une putain » était gravé dans ma chair. Détournant le regard en rougissant de honte, je compressais le tissu déchiré contre mon corps, essayant vainement de croire qu’elle ne l’avait pas vu. Akiha-Okasama, je suis désolée.

- Je me vengerai, soit en sûre Hikari-San ~

Fut le murmure qui résonna jusqu’à mon ouïe. Me retournant vivement pour voir la provenance du son, je me heurtais à une place vide, Ami-Chan ayant disparu de la pièce par je ne sais quel stratagème… Que ?! Akiha-Okasama ? Se téléporter était impossible n’est-ce pas, seule Dead Master-Sama avait ce pouvoir n’est-ce pas ! Alors comment ? Un silence pesant, de nouveaux doutes, la marque m’importait déjà peu… ma vie était en danger, celle de ceux que j’aimais tout autant… alors que faire ?! Mourir pour leur permettre la vie sauve ? Ma loyauté envers eux était telle que je me décidais de retrouver Ami-Sensei moi-même, plus tard, lorsqu’Akiha-Okasama ne sera plus là… avec moi.

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Lun 2 Déc - 0:37

Le soulagement était le sentiment que j'eus ressenti après quelques minutes de tension. Je pouvais aisément sentir la noirceur du cœur de ma fille, se dissiper au vent, aussi vite qu'elle eut apparu. Heureuse de constater que son état n'était permanent et qu'elle reprenait peu à peu le contrôle de son petit corps frêle, je ne me résolvais tout de même pas à la lâcher, préférant garder l'étreinte entre nous, comme pour la rassurer, comme pour me rassurer. Elle n'avait rien, elle était entière, je ne pouvais qu'en être contente, qu'espérer que cela ne se reproduira plus jamais. De quoi ? Le fait qu'elle perde contrôle à cause des forces obscurs, ou celui qu'elle ne se fasse plus jamais attaquer ? Je ne savais pas, peut-être les deux. « La faiblesse. » Qu'était donc ce sentiment de mépris qui nouait mon estomac et laissait un arrière-goût amer dans ma bouche ? J'en frissonnerais si je n'étais pas tant captivée par les tremblements de mon enfant. La faiblesse de mes enfants était ma plus grande faiblesse... S'il leur arrivait quelque chose, je serais perdue. Mais c'est aussi à cause d'eux qu'il pourrait m'arriver quelque chose, c'était une évidence macabre que mon ombre soumettait à mon esprit tandis que j'essayais de calmer ma fille et sa haine. La haine de Dead Master, pas d'Ayame, mais celle de l'être que la directrice était -et est sans doute- avant que nous ne nous marrions. Devrais-je lui en parler, lui dire à quel point sa fille était affectée par le gène et la monstruosité qu'elle lui eut transmis par le sang ? J'avais des doutes quant à la démarche à suivre, alors, autant n'en faire rien, et avec le temps, Ayame le découvrira d'elle-même... Pour l'instant -à condition que cela se reproduise- il fallait que Hikari apprenne à contrôler cet état, même si je savais la tache difficile, si pas vouée à l'échec. Après tout, l'essence de Dead Master-Sama n'était guère une chose aisée à maîtriser, et je savais de quoi je parlais.

- Okasama… Je…

Non. Je ne voulais pas voir une telle expression se peindre sur son visage. Le fait qu'elle n'ose me regarder dans les yeux, me faisait mal au cœur, j'avais de la peine envers sa personne, parce que je comprenais ce qu'elle ressentait, et il n'y avait rien de pire pour une mère que de voir son enfant ainsi. Tout simplement, car elle n'était pas coupable de ce qui est arrivé, après tout, si elle n'était pas là qui saurait si je ne serais morte étouffée à l'heure qu'il est ? Rien que pour cela, je devrais la remercier, n'est-ce pas ? Effectivement, pour la deuxième partie de l'événement, où elle eut essayé de me tuer... Cela aussi, je pouvais en faire abstraction, après tout elle ne l'a pas fait de son plein gré, il suffisait de la regarder à présent, honteuse de son geste déplacé. Non, définitivement, elle n'avait pas à s'accabler de la marque autour de mon cou, qu'elle avait l'air de tenir comme preuve contre son comportement. Marque que je comptais faire disparaître d'un clin d’œil, question que l'on n'en reparle plus, d'ailleurs, je ne comptais le mentionner pendant une conversation avec Ayame non plus, ce sera notre secret, vite oublié, quitte à ce que je doive lui effacer la mémoire si cela la submergerait de trop.

- Akiha-Okasama… je suis… désolée, terriblement… désolée. Puissiez-vous un jour me pardonner… Akiha-Sama.

Serais-je assez cruelle ? Je ne sais pas, mais la voir ainsi au sol devant moi, c'était une vision horrible. Je voulais m'agenouillais, la redresser pour qu'elle se remette droite, je n'étais pas son supérieur, je n'étais que sa mère, et la voir ainsi... Définitivement, je ne pouvais le supporter. Par contre, ce qui arriva par la suite, me glaça le sang littéralement. Croisant ses billes bleues quand elle se redressa, mon regard tomba sur le bout de sa chemise déchirée qu'elle tentait vainement de rattraper pour me cacher la vue de quelque chose... d'une lacération, d'une phrase gravée dans sa chair. « L’enfant d’une putain » Je pâlis littéralement, ne sachant comment réagir quand ses billes bleutées cherchèrent à définir ma réaction. Comment pouvais-je garder mon calme ou faire comme si de rien était quand j'avais une telle chose sous les yeux ? C'était abject. Je... à cet instant précis, je me trouvais dégoûtante, je tombais en morceaux en sentant que cette seule phrase a sans doute fait plus d'effets sur le mental de ma fille que le seul fait d'avoir souffert quand Ami le lui inscrivait... Ami... « Elle va mourir maintenant. Fais dégager le gosse, je me plairais à torturer cette chienne, à entendre ses hurlements de douleur avant de l'achever ~ » Entendu, je n'avais aucune objection. Serrant les poings instinctivement, mon regard devint dur sans que je ne le détourne de Hikari, j'en tremblais de colère.

- Je me vengerai, soit en sûre Hikari-San ~

Et cette voix n'arrangea rien à la fureur qui bouillait au fond de mon être. Cette chose osait encore signaler sa présence ? Je la tuerai de mes propres mains. Levant mes yeux sur l'emplacement où elle devait se trouver, je levais les sourcils de surprise quand je vis un lieu désert de sa présence. Contrariée de cette fuite lâche digne de son caractère de vipère, je me promettais de la retrouver et de lui faire payer ce qu'elle eut fait à mes enfants. Devrais-je laisser Hikari la tuer ? Non, mes enfants étaient purs et innocents, il ne maquerait que cela pour éveiller pleinement le monstre qui sommeillait en elle. Non, Ami Ebisu était ma proie. Inconsciemment, je matérialisais ma robe de combat, propageant une ambiance sombre dans la pièce, bouillant d'une rage incompréhensible, je croisais les billes rouges de mon ombre, la détaillant d'un regard noir -littéralement- et impérial, je sifflais entre mes dents un ordre. « Trouve-la. »

« - Heh, pourquoi se presser ? ~ N'avons nous pas m... »

Et c'est sur cela que je coupais mon alter-ego sous forme de fumée, sans moindre pitié, tranchant dans sa voix lugubre un « TOUT DE SUITE ! » plus que significatif. Il fallait... Je devais me calmer. Mais la douleur dans mon cœur était trop importante pour que je puisse l'effacer sous un faux sourire joyeux. Définitivement, je n'étais pas d'humeur de feindre un désintérêt quelconque, tant que cette charpie rousse était en liberté, mes enfants étaient en danger. Et je ne permettrais à personne de négliger cette évidence, même pas à mon ombre. Entité qui comprit de suite mon ressentit et se volatilisa sous un dernier ricanement en disant long sur sa pensée. Passant une main sur le visage en signe de lassitude, je finis par me tourner vers Hikari, dissipant -essayant du moins- d'une main la lourdeur de l'atmosphère. Et maintenant ? Il fallait que je fasse quelque chose... Au moins cela. Essayant de rester rassurante en omettant du mieux possible l'envie de meurtre qui régissait mon esprit, je m'approchais de mon enfant avec lenteur, tendant ma main vers elle, je la déposais délicatement sur sa joue, l'instant de sentir sa chaleur qui me calme, pour ensuite descendre à l'endroit qu'elle essayait tant bien que mal de cacher. Devrais-je la forcer... Non.

- Hikari... Tu n'as pas à t'en vouloir, c'est grâce à ta présence ici que j'ai pu m'en sortir sans dommages. Maintenant, laisse-moi soigner... cela.

Reprenant mon assurance de toujours, je finis par afficher un doux sourire à son encontre, faisant en même temps, disparaître la trace de strangulation autour de mon cou, ni vu ni connu. Apposant ma main sur la fameuse phrase qui me rendait malade de colère, je fis jouer de mon pouvoir afin d'effacer la partie visible de la blessure, parce que ce qui restait en tête, c'était une autre pair de manches, c'était bien plus profond et difficile à oublier. Chose faite, je déposais un baiser doux sur le front de Hikari avant de soupirer lourdement quand mon ombre me transmit mentalement qu'elle ne trouvait pas Ami. Un rat d’égout qui se cache terriblement bien, excitant ~ Du moins, selon l'avis de la chose ténébreuse qui m'habitait.

- Ce qu'elle t'a fait subir, sera largement sanctionné, tu n'as plus à la craindre. Cependant, comment te sens-tu ? Veux-tu m’en parler ? Je ne te demande pas de le faire maintenant, mais sache que je serais toujours là pour t'écouter, Hikari.

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Lun 2 Déc - 1:20

La peur résonnait en mon être quand ma tortionnaire disparut, seul le doute et l’incertitude d’une mort future planait au-dessus de mon être. Pourquoi avais-je tant peur de mourir ? N’étais-je pas celle qui clamait que la vie n’était que douleur pour elle, que si elle quittait ce monde, tout le monde serait mieux, serait plus heureux et pourrait vivre sans devoir traîner un poids à tout bout de champ ? Si, mais entre se le dire et savoir que l’on risquait de passait de l’autre côté me rendait terriblement peureuse. Quitter le monde, arrêter de respirer, d’être. Est-ce que cela faisait mal de mourir ? Je n’aimais pas la douleur. Et celle de voir Akiha-Okasama perdre son sang-froid était d’autant plus désagréable. Quand elle vit la marque que je portais en mon sein, je crus mourir. Quelle honte étais-je, quel être impuissant je me présentais devant elle pour être un édifice insultant son nom. Je n’étais qu’un déchet marqué au fer rouge, un animal engraissé pour être jeté dans un hachoir en espérant vainement que celui-ci puisse nourrir ses semblables. Dégoûtante au plus haut point, comment puis-je encore tenir debout dans cet état ? Je ne le sais, je me dégoûtais, j’en tremblais d’une fureur sourde. Kiseki-Kun… Lui aussi, je le dégoûtais n’est-ce pas ? Il fallait qu’on m’achève, qu’on détruise ma vie nuisible à autrui.

« - Heh, pourquoi se presser ? ~ N'avons nous pas m... »

« TOUT DE SUITE ! » J’eus un sursaut de peur quand la voix accablée par la haine d’Akiha-Okasama traversa ses lèvres, je n’ai guère osé me retourner quand son ombre apparut en même temps que sa robe de combat, mon regard s’était logé dans le sien, incapable de s’en dégager tellement l’air ambiant me compressait. Un frisson de terreur, une sueur froide, les lèvres tremblantes et cette mobilité macabre. Akiha-Okasama était terrifiante… Tellement que cela me rassurait. Oui, cela me rassurait de savoir qu’elle aussi, elle avait un mauvais côté, qu’elle n’était pas faite que de douceur comme je pus le croire. Un doux sourire rassuré naquit sur mes lèvres en même temps que la haine régissant son corps bouillait et changeant l’atmosphère en quelque chose de lugubre… Elle était si humaine, si protectrice envers ses jouets que je me sentais honorée d’en être… Elle n’aimait pas que l’on souille ce qui était sien n’est-ce pas ? Dead Master-Sama m’eut un jour dit la même chose… Finalement, n’avais-je pas la meilleure place ? Jamais je me suis faite battre, jamais je n’ai eu de la rancœur des ces deux femmes parfaites, j’avais un frère parfait, une sœur parfaite, une école et une maison dans lesquelles évoluer… pourquoi me plaignais-je donc ? Car je ne pouvais me résoudre à appeler cela « bonheur » en sachant que je n’étais qu’un bout de chair ne pouvant ressentir des sentiments. Parfois encore… Je me demandais qui m’avait forgé cela dans le crâne, qui avait fait de moi cet être pitoyable se lamentant sans arrêt sur son être.

- Hikari... Tu n'as pas à t'en vouloir, c'est grâce à ta présence ici que j'ai pu m'en sortir sans dommages. Maintenant, laisse-moi soigner... cela.

Mes yeux s’étaient clos quand sa main douce m’avait caressé la joue, ceux-ci s’étaient légèrement rouverts quand elle traça son chemin vers mon torse, gonflant celui-ci instinctivement, je grimaçais légèrement quand ses doigts tracèrent le chemin sur cette phrase horrible. Elle disparut de la surface de ma chair, mais je la sentais encore, là, en dessous de ces couches de peaux, ce n’était pas que sur ma chair que ces lettres furent gravées, non, mon cœur comme mon âme en était imbibés. A tout jamais… ces notes macabres feront partie de moi. Akiha-Okasama n’était guère une putain, quiconque en dira le contraire subira… ma haine. Portant mes mains là où les stigmates d’une abomination se trouvaient, je soupirais de soulagement, doux son futile en sachant que mon esprit ne comptait lâcher prise. Que pouvais-je faire à présent ? Rire, pleurer, retrouver mon état de neutralité totale ? Non, je ne pouvais faire cela devant Akiha-Okasama, devant elle… je me devais de montrer une face souriante. Mais comment faire quand tout notre corps n’est régit que par la mélancolie ? Me montrer telle que je suis ? Je m’étais interdite de lui montrer mes méandres une fois de plus.

- Ce qu'elle t'a fait subir, sera largement sanctionné, tu n'as plus à la craindre. Cependant, comment te sens-tu ? Veux-tu m’en parler ? Je ne te demande pas de le faire maintenant, mais sache que je serais toujours là pour t'écouter, Hikari.

Sanctionné. Elle la tuera. Je ne voulais pas qu’Akiha-Okasama soit une meurtrière. La craindre. A tout jamais son visage restera gravé dans mon esprit. Se sentir… Je ne me sentais pas bien, un état normal chez ma personne. Parler. Et mon monde s’écroula quand elle finit sa phrase. Comment, comment pouvais-je faire pour lui parler des marques que je lui ai laissée autour du cou ?! Marques qui n’étaient plus là d’ailleurs, sans doute supprimée grâce à la matérialisation, la même magie qui m’avait retirée cette phrase encore gravée invisiblement sur mon corps. Je serrais les dents et les poings en détournant le regard, je ne voulais pas lui parler, je ne voulais pas lui faire voir ce que je ressentais -ce que je n’avais jamais arrêté de ressentir d’ailleurs-, je ne voulais pas de son aide. Je n’avais… J’avais tant besoin d’elle. Pouvais-je être faible une fois de plus ? Non.
Et je ne comptais le faire. Je m’étais relevé en gardant le regard loin de ses billes bleutées, je n’avais guère dit ou fait quelque chose de plus. Un ange passa et ma respiration se calmait en même temps que mes dires se perdirent dans des murmures à peine audibles. Akiha-Okasama, pardonne moi.

- Tout cela… Il n’est guère utile… de vous en parler. Cela ne vous regarde pas.

Cela ne vous regarde pas… Des mots que je regrettais déjà, sachant Ô combien il était difficile d'entendre cela d’une personne que l’on désirait aider. Baissant les yeux, je me penchais devant elle en signe de respect et m’apprêtais à partir, loin de cette classe, de cette scène que je gardais en tête encore et encore. Ma main s’était posée contre la poignée, mes larmes s’étaient mises à couler. Un « déjà-vu ». Je m’étais comporté de la même manière avec Kaïla-Sama… Et je refaisais la même erreur avec Akiha-Okasama. Posant ma tête sur le bois de la porte, je ne bougeais pas, laissant mon corps sauter au flot de mes pleurs alors qu’une rage indomptable grandissait en moi. Non… Je ne pouvais pas. Je ne devais pas ! Elle n’était pas la fautive de tout cela… Si, elle l’eut toujours été, elle et Dead Master-Sama.

- Je suis le fruit de votre monstruosité. Créer des êtres tels que moi pour mieux les laisser se faire user, maltraiter… Ce n’est pas un enfant que vous avez créé Akiha-Sama, ce n’est qu’un objet brisé sur lequel vous laissez tout passer. Vous ai-je seulement amusé en me montrant si pitoyable devant vous ? Avez-vous pris du plaisir au moins ? Si je puis vous être utile…

J’en disais trop. Toujours et encore, je ne savais me contenir, ma haine revenait au galop, mais je ne pouvais compter sur mon état second pour retenir celle-ci, non, ce qui parlait à cet instant était celle que j’étais vraiment. Le fruit de deux monstres. DM001KA.

- DM001KA. Défectueuse. Demande d’être portée à la casse, restitution des commandes d’origines.

Un bouton « reset » aurait été trop demandé le jour de ma création ? On dirait. Je détestais… tout cela. Qu'elle parle, et puis je partirai.

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Lun 2 Déc - 12:01

C'était difficile. Pour la première fois de ma vie, je ne savais comment aborder le sujet, j'avais peur de m'exprimer mal ou de la mettre mal à l'aise par une parole déplacée. En terme clair, j'étais dans l'incapacité de jouer de l'élocution afin de régler le problème, chose qui ne m'arrivait jamais en soi. Pourtant là, devant ma fille, devant ce qui lui est arrivé par -il faut l'avouer- ma faute, devant ce qu'elle est devenue l'espace d'un moment, je ne savais où en donner de la tête, c'était trop gros pour être renfermé et oublié, mais justement parce que c'était douloureux que je ne voulais la brusquer, lui dire ô combien ce n'était pas grave, que Ami retrouvée, mourra et tout reviendrait dans l'ordre. Ce serait un mensonge, le seul moyen que tout reprenne le cours normal de la vie, ce serait que je lui efface ce souvenir, souvenir auquel elle faisait mieux face que moi-même en voyant son expression... Mais cela non plus, je n'oserais lui faire sans son accord, et lui demander si elle voulait oublier ce souvenir serait inapproprié, grossier. Alors que faire ? Attendre patiemment qu'elle m'en parle d'elle-même, que je puisse lui apporter mon soutien comme il se doit, sans envahir son monde intérieur. Tache difficile connaissant ma manie à préserver mes enfants quitte à leur construire leurs vies. D'ailleurs, l'impatience me gagnait au fond de mon être tandis que Hikari n'était décidée à m'en parler, préférant se murer dans un silence sans nom, sans me regarder. Hikari... Elle a toujours été une personne renfermée, cachant sa douleur, souffrant en silence. Il était en mon devoir de la protéger et ne pas la laisser dans une telle confrontation de soi.

- Tout cela… Il n’est guère utile… de vous en parler. Cela ne vous regarde pas.

Cela... ne me regardait pas. Cela faisait mal de se l'entendre dire de la bouche de sa propre fille, fille que l'on voulait à tout prix rassurer, trouver des solutions afin qu'elle aille mieux, qu'elle passe au-dessus de ce qui est arrivé. Mais quand on se heurte à un mur, on n'en ressort guère sans séquelles, et j'étais en train de le vivre en vrai. C'était bien pire que ce dont j’aurai pensé. Déjà en colère après qu'Ami eut quitté la classe sous un dernier avertissement impertinent, Hikari n'arrangeait rien à mon état second. Mais en même temps, que pouvais-je faire ? Lui dire ô combien c'était important qu'elle libère ses ressentis, qu'il était horrible de la voir aussi dépitée, aussi... Et ma pensée s'arrêta là, une boule de compassion coincée dans la gorge, je tendis lentement ma main vers sa personne, de dos pleurant contre la porte de la classe. L'instinct maternel me poussait à la réconforter peu importe son refus, parce que je n'avais la force de la voir ainsi, il fallait que je puise dans mon calme intérieur afin de passer outre ce qu'elle a dit, afin de la prendre dans mes bras quitte à encaisser sa peine.

- Je suis le fruit de votre monstruosité. Créer des êtres tels que moi pour mieux les laisser se faire user, maltraiter… Ce n’est pas un enfant que vous avez créé Akiha-Sama, ce n’est qu’un objet brisé sur lequel vous laissez tout passer. Vous ai-je seulement amusé en me montrant si pitoyable devant vous ? Avez-vous pris du plaisir au moins ? Si je puis vous être utile…

Choquée, je l'étais, au point que mon bras retombe lourdement le long de mon corps et que mes yeux s'écarquille légèrement sous... cette révélation des plus improbables sortie avec tant de haine de la bouche de mon enfant, de ma fille qui... Qui jugea sa naissance comme étant la pire erreur que j'ai pu commettre, que tout mon amour envers son petit être, n'était qu'une plaisanterie et qu'au final, je l'eus -avec Ayame- créé pour la voir souffrir, que je me plaisais dans sa peine, que... Cela suffit, je ne pouvais en supporter davantage, tout ce qu'elle disait me blessait énormément. Hikari... Ma propre fille remettait en question les sentiments les plus purs que je n'ai jamais ressentis envers qui que ce soit. C'était abominable, tellement que j'en tremblais d'effroi, une colère sourde se propageant dans tout mon corps, je voulus hurler, exprimer à quel point elle avait tort, à quel point ses paroles étaient abjectes, et comment elle méritait d'être... D'être quoi au juste ? J'eus essayé de lui rendre la vie meilleure, je la protégeais du mieux possible la couvant de mon amour, mais elle n'avait l'air de prendre cette réalité en considération. Et toute les fois où j'étais là pour elle, comment le voyait-elle ? Comme un acte généreux d'un constructeur de jouet qui polit la pièce de collection qu'il affectionne particulièrement ? Rien que penser qu'elle pouvait le croire, me donnait les larmes aux yeux. C'est avec difficulté que je restais là, debout sans broncher, une expression mitigée sur le visage tandis que Hikari poignardait mon cœur avec ses paroles acérées.


- DM001KA. Défectueuse. Demande d’être portée à la casse, restitution des commandes d’origines.

Non... Jamais... Jamais je n'ai considéré mes enfants comme des expériences de qualité. Depuis le début, ils étaient mes chatons, avant qu'ils ne sortent, qu'ils ne se créent, pour moi, ils étaient mes enfants que je chérirais jusqu'à la fin de ma vie. Et là, tout ceci partait en fumée sous le jugement erroné de l'un d'eux. C'était monstrueux, je ne savais faire face à tant de chagrin. Akiha, rev... Non, continue à chercher. Je ne pouvais me rabattre sur mon ombre dans ce cas là, elle envenimerait la situation faisant comprendre à Hikari ô combien cela m'avait affecté, comment nous détestons ne pas nous faire récompenser -reconnaître- pour l'énergie dépensée dans la lutte contre le monde entier afin que les jumeaux soient reconnus comme humains, afin qu'ils puissent avoir une vie normale, vie qu'ils avaient déjà, mais que ma fille n'était décidée d'agripper et de s'en tenir. Pourquoi ?! Pourquoi refusait-elle avec tant de zèle, de mépris, ce qui lui était offert, ce que je m’efforçais de lui donner sans encombre ? Comment pouvait-elle seulement... Et sur cette pensée paranoïaque, mes nerfs lâchèrent. Confrontée à une situation inédite, je ne sais pas ce qui s'est passé au juste, mais en moins d'une seconde, toutes les protections que j'eus forgée autour de mes sentiments, se brisèrent, laissant mon vrai visage faire surface, laissant le chagrin se rependre que ce soit sur les traits de mon visage ou le ton de ma voix qui se brisait à chaque syllabe. Abominable, encore plus du fait que je n'avais la force de m'approcher de sa personne, j'étais trop secouée pour me permettre à quelque élan d'amour.

- Ce n'est... Hikari... Tu as tout faux. Tu n'as jamais été considérée comme un objet, ni toi, ni ton frère, jamais. Vous êtes mes enfants, cela s'arrête à ça. Si j'aurais pu, je t'aurais épargné tout ceci, toutes ces peines que tu dois endurer à Undai ! Je ne t'ai pas... Tu n'es pas née pour que je me plaise à te voir souffrir ! Tu es ma fille, mon sang coule dans tes veines, ne penses-tu pas que cela prouve à quel point tu es importante à mes yeux ? Non pas en tant qu'un objet ou je ne sais ce que tu pourrais t'inventer, mais bel et bien en tant qu'être humain, mon enfant que je voudrais voir grandir, évoluer, et...

Et ma voix se brisa sous un excès de sentiments négatifs. C'était fini, je n'avais plus de moyen de rester impassible, le tout me submergeant avec fracas. Mon visage se décomposait sous la douleur, sous l'horreur de la réalisation que mon propre enfant, n'a jamais considéré sa naissance comme une bénédiction, comme un cadeau qu'elle m'aurait fait en ouvrant les yeux, le plus beau cadeau que je n'ai jamais pu espérer, je donnerai ma vie pour qu'elle puisse vivre, pour que son existence soit meilleure, quitte à défier le monde entier... Sentant les larmes monter à mes yeux, une fureur soudaine me prit de court sous tant d'émotions, je n'avais le droit de me laisser aller de la sorte, je ne pouvais pas... Contrariée contre mes propres ressentis, je balayais le vide devant moi d'un geste rageur, serrant les dents afin de ne pas hurler. Mais c'était déjà trop tard, ma voix d'habitude calme et sereine, se heurta à ses oreilles avec force.

- Trouves-tu égoïste de ma part que je veuille t'offrir mon amour, l'amour d'une mère ?! Pourquoi refuses-tu de le comprendre ?! Comment oses-tu prétendre que tout ceci n'est qu'un mensonge ?!

Définitivement, ce n'était guère mon jour, au point que je sente tout mon être se décomposer sous la charge d'une colère soudaine que je ressentais envers Hikari, une fureur se mélangeant à ce qui prévalait à chaque fois que je posais mon regard clair sur ces enfants, de l'amour, le vrai qu'une mère ressentait avec fierté en regardant ses enfants gambader à travers la vie. « Je ne l'ai pas trouvé. Veux-tu que je revienne te libérer de cette peine à ma manière, Akiha ? ~ » Ne l'écoutant guère, je dématérialisais ma robe de combat laissant l'entité sombre de mon être revenir dans mon corps. Jugeant un instant Hikari du regard, je détournais les yeux avant que ses billes tellement similaires aux miennes ne fassent céder la dernière digue et que je m’effondre devant elle. Je n'avais le droit de me montrer faible devant elle... Je devais rester la figure forte dans son existence malgré tout, quitte à souffrir le martyr, car tel était mon rôle.

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Hikari Ketsuki

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MessageSujet: Re: Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-   Lun 2 Déc - 13:38

Mes paroles avaient été exagérées, j’avais franchi une limite que jamais je n’aurais cru pouvoir ne serait-ce qu’apercevoir. J’étais mal, mais je ne pouvais montrer mon mal être après avoir dit tout cela. Le fond de ma pensée. J’ai détourné les yeux après ma tirade, me contractant sur moi-même en laissant chacun de mes muscles se contracter sous l’énervement. Je n’étais pas comme ça, je n’étais pas méchante avec Akiha-Okasama, je ne voulais pas lui faire du mal. Mais il y a des moments comme ceux-ci, ou ma peine ne pouvait se taire, où celle-ci ne me laissait d’autre choix que d’exploser. Je suis désolée.

- Ce n'est... Hikari... Tu as tout faux. Tu n'as jamais été considérée comme un objet, ni toi, ni ton frère, jamais. Vous êtes mes enfants, cela s'arrête à ça. Si j'aurais pu, je t'aurais épargné tout ceci, toutes ces peines que tu dois endurer à Undai ! Je ne t'ai pas... Tu n'es pas née pour que je me plaise à te voir souffrir ! Tu es ma fille, mon sang coule dans tes veines, ne penses-tu pas que cela prouve à quel point tu es importante à mes yeux ? Non pas en tant qu'un objet ou je ne sais ce que tu pourrais t'inventer, mais bel et bien en tant qu'être humain, mon enfant que je voudrais voir grandir, évoluer, et...

Mensonges. J’avais raison depuis le départ, c’était elle qui se leurrait. Elle ne me considérait pas comme sa fille, mais bel et bien un objet. Je n’étais pas son enfant, Kiseki lui oui, mais moi pas. L’entendre me dire qu’elle aurait voulu que jamais je ne rencontre Ami était des foutaises, si elle ne le voulait pas, elle n’avait qu’à me donner cours plutôt que de faire je ne sais quoi ! Je suis née… pour souffrir, pourquoi donc dans ce cas ? Me leurrer dans un amour tenant sur un fil ? Une illusion créée par mes créatrices afin d’apaiser leurs âmes ? Des conneries, elle ne faisait que mentir. Akiha-Okasama était une menteuse.
Je n’étais rien pour elle.

- Trouves-tu égoïste de ma part que je veuille t'offrir mon amour, l'amour d'une mère ?! Pourquoi refuses-tu de le comprendre ?! Comment oses-tu prétendre que tout ceci n'est qu'un mensonge ?!

Shinai. Elle et ses absurdités. Comment osait-elle me faire croire qu’elle m’aimait vraiment ! Elle mentait ! Je la détestais pour cela. Quand j’ai relevé le regard, je me suis heurté avec peine à son visage déconfit, un râle d’émotions s’était engouffré sur ses traits alors qu’une pointe d’humidité frayait déjà son chemin jusqu’à sa joue. Pleurer. Elle n’avait pas à le faire, cela ne me fera pas voir sa vérité à elle. Pitoyable. Serrant les dents en relevant mon regard vers sa personne, j’essayais de croiser le sien fuyard. Depuis quand paraissait-elle si faible ? Akiha-Okasama était si humaine après tout. Fermant les yeux en essayant de calmer ma fureur, je fis un pas en avant dans sa direction, rapidement suivi par d’autres qui me menèrent droit sur elle. J’ai posé ma main sur son visage, je l’ai levé pour qu’elle croise mes billes si similaires aux siennes. J’ai arqué un fin sourire, et j’ai parlé. D’un timbre calme se voulant rassurant, le même que celui qu’elle utilisait toujours pour s’adresser à ma personne.

- C’est parce que je vous aime, Akiha-Sama.

J’eus fermé les yeux un instant, j’ai soupiré, et je m’en suis allée. Sans me retourner, sans sourcilier, la laissant elle et ses maux dans cette solitude à laquelle je faisais face chaque jour. Akiha-Okasama. Jamais vous ne me comprendrez.

END

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Ami...Ebisu-Sensei -Première rencontre-

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