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 Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.   Lun 19 Aoû - 0:11

L'anéantissement était palpable dans tout mon corps, ce sentiment de déchéance de soi. J'étais accablée de ma propre existence. J'avais mal d'avoir perdu l'être m'étant le plus cher au monde. Je souffrais de ce vide qui s'est formé depuis le jour où j'ai failli me faire tuer par ses mains... Encore une fois. Cette fille que j'ai vu d'abord comme une amie, puis comme un professeur particulier pour qu'on finisse finalement dans un lit en tant qu'amoureuse, elle n'était pas une simple amourette de passage. Je l'ai vraiment aimée, je donnerai tout pour qu'elle soit heureuse à mes cotés, j'étais même prête à sacrifier mes principes pour qu'elle puisse être avec moi. Mais rien de cela n'arriva, car quand j'ai agis, cela s'est terriblement mal fini. Ne laissant qu'une rage sourde résonner dans mon cœur blessé. Yume Kuroi, j'ai tracé une croix sur sa personne, j'ai laissé tomber la lutte que je menais contre les gens qu'elle appréciait -de trop- tandis qu'ils me faisaient souffrir. Cela pouvait se terminer sur une stupide dispute qu'on pourrait régler comme d'habitude, en se croisant dans un couloir, se larguant pour finalement soupirer et remettre notre amitié d'actualité. Mais ceci aussi, était impossible dans ce cas de figure. Non, car ce coup de gueule eut débouché sur un combat, un véritable combat où j'ai failli perdre la vie. Où j'aurais été pulvérisée si Miri-San ne serait pas intervenue.

Par la suite, de fureur en colère, de regret en orgueil, les choses se solidifièrent et restèrent inexpliquées. Et je ne comptais pas faire quoi que ce soit pour régler la situation, j'ai déjà trop risqué en venant taper à la tête de Dead Master et de l'autre conne de blonde pour leur dire à quel point elles n'étaient que des salopes dignes de se faire massacrer. Depuis, je ne me suis plus exposée, restant terrée dans mon coin, comme si le monde continuait à tourner tranquillement -façon de parler, nous étions à Undai après tout-. Et, malheureusement -ou alors heureusement?- pour moi, il continuait à avancer, et je ne pouvais rester en arrière. C'est ainsi que ma nouvelle vie dans cette école commença, une vie sans Yume à mes cotés, une vie où je n'étais qu'une Terminale parmi tant d'autres. Du moins, c'est ce que je me disais souvent, en refusant de répondre à ses appels, préférant l'oublier. Mais il était difficile d'oublier la vedette de Undai, Black Rock Shooter qui semait tant l'admiration que la terreur autour d'elle. Et comme j'étais l'amie attitrée de cette fille, il m'arrivait souvent d'entendre des questionnements d'autrui, des gens qui se demandaient pourquoi je n'étais pas en compagnie de Kuroi et, si je n'étais plus son amie, pourquoi j'étais encore en vie. Bonne blague, hein. Mes réponses à cela étaient tout aussi bien choisies, je ne disais rien, je tournais le dos et je partais. Hahaha, ce n’est pas vrai. J'abattais mon poing sur l'imbécile qui osait me parler de Yume. Voilà qu'était devenu mon quotidien. Une lutte constante entre ce qui me faisait mal au plus profond de moi et le besoin de recouvrer un semblant de normalité. Et quand je craquais, j'avais Miri-San.  

Je n'ai pas chômé depuis ma séparation, mettant aux points de nouvelles techniques, m'appliquant aux cours pour en ressortir des leçons pouvant m'être utiles pour la suite de mon apprentissage dans l'art des combats. Par exemple, aujourd'hui, j'avais un rendez-vous dans l'Arène avec un camarade de classe qui se porta volontiers pour m'aider. Enfin... Dans un sens, on va dire. Après tout, parfois il est bien de coopérer avec ceux qui sont dans la même année que nous. Quoi qu'il en soit, me voilà plantée dans un coin de l'Arène, le mec en face de moi tenant une énorme massue aux pointes d'aciers aussi larges que mes bras, entre ses deux mains, pas décidé à faire ce que je lui demandais.

-Vas y Giso. Bouge-toi qu'on en finisse.

Fronçant les sourcils, une pointe de colère exaspérée pointait son nez sur mon visage. Qu'attendait-il au juste ? Je lui ai pourtant promis que je ne me vengerais pas si il me défonçait d'un coup de massue. Attendant encore quelques secondes, je me préparais mentalement à ce qui allait suivre. Et j'ai bien fait, car je l'ai senti passer sur ma joue. L'impact fut énorme, j'entendis plus qu'autre chose ma mâchoire craquer tandis que tout mon corps vola à quelques mètres de ma position initiale dans des gerbes de sang. Retombant lourdement au sol en me courbant de douleur, je ne voulais même pas voir l'état de mon visage à cet instant précis. Ce qui se renforça quand le mec vint à ma rencontre complètement alerté pour s'exclamer d'incrédulité.

- Kaï-Chan ! Ça va ?!

Comment tu veux que cela aille quand t'as la moitié du visage en moins et que tu vomis ton propre sang toi ?! Crachant le surplus du liquide s'accumulant dans ma bouche, j'essayais de me remettre tant bien que mal assise, totalement sonnée. Et maintenant... Il fallait que je procède à grande échelle sur mon corps. La reconstruction structurelle de cellules, sauf qu'en changeant les parties susceptibles de se faire déchirer à nouveau par du métal solide, assez dur pour qu'une entaille ne me déchire pas en deux. Je ne savais pas le faire sur mes cellules vivantes-les entourer donc-, ni les échanger avec du métal, les faisant disparaître par la même occasion. Par contre ce dont j'étais capable, c'est de reconstruire des parties manquantes de mon corps pour qu'il retrouve son état normal, sauf que celles-ci seraient devenues terriblement fragiles. J'ai déjà réussi à le faire avec une entaille au bras, même un bras entier, je suis arrivée à le reconstruire et le manier comme s'il s'agissait du mien. Évidemment, cela m'a pris un bon mois de sueur et de douleur pour y arriver, avec un millier d'échecs dont je faisais part à Miri-San pour qu'elle me conseille entre deux crises de nerfs par rapport à Yume que je lui faisais. Et aujourd'hui, j'ai tenté de le faire dans un cadre beaucoup plus grand, plus délicat à modeler. Je m'y prenais assez bien en évidence, même si cela me prenait du temps et de l'énergie. C'est ainsi, après quelques minutes d'efforts et de souffrance intense, je finis par donner un semblant de pureté à mon visage déformé.

-Alors ? Ça donne quoi ?

Relevant mon regard rubis sur le mec toujours abasourdit à mes cotés, il vint taper de ses phalanges sur la partie reconstruite de mon visage -en métal- pour voir ce qu'il en était. C'est quand il leva son pouce en signe de « Ok » que je me relevais finalement, matérialisant un miroir sous mes yeux. C'était... étrange de voir la moitié de son visage normal mélangé à l'autre moitié brillante et métallique. Bon... Je pouvais le bouger, je ne sentais plus rien de ce coté mais quand j'ouvrais la bouche cela allait. Le seul souci c'était que cela faisait plus masque que visage. En somme, un peu brouillant. Souriant comme une folle sortie d'un asile, je tapotais le « masque » de mon doigt pour faire comprendre à Giso qu'il recommence ce qu'il a fait. Et c'est ce qu'il fit, m'envoyant un coup à cet endroit précis. Comme avant, j'ai volé, sauf que je n'avais pas mal, d'ailleurs, il n'y avait qu'une petite égratignure comme preuve de son attaque. Assez pour aujourd'hui.

- T'es folle quand tu t'y mets, faudra que tu me montres comment t'arrives à faire ça. Sinon... Tu viens ? Y a Iyu et Denis qui ont découverts un coin sympa près de la forêt.

Un coin sympa ? Iyu ? Une fille de ma classe aussi. Haussant les épaules, je me suis dite, pourquoi pas, de toute façon je n'avais rien d'autre à faire et nous étions que... tôt, il ne devait pas être plus de dix heures du matin. J'ai prévu d'aller voir Miri vers quatorze heures, et quoi de mieux que la forêt pour éviter de croiser une certaine fille aux couettes ébènes dans l'Académie. Acceptant surtout pour cette dernière éventualité, j’emboîtais le pas au garçon, sortant de l'Arène, contente de retrouver mon uniforme ainsi que mon visage dans toute sa beauté. Nous arrivions rapidement à la lisière de la forêt en question, parlant de tout et de rien, surtout nous moquant des profs, jusqu'à ce que je vois les deux silhouettes de nos camarades de classes assises un peu plus loin à même le sol recouvert d'herbe. M'approchant d'eux, je constatais que cela puait. Assez pour que je grimace en me demandant ce que c'était. Et je découvris fort aisément de quoi il s'agissait.

- Tu en veux ?

Hors de question. Faisant un pas en arrière en levant les mains en signe de refus, je foudroyais les personnes présentes avec moi de mon regard de braise. De l'herbe, ils fumaient de la beuh ! Comme dans les films ! Je me demandais d'ailleurs comment ils arrivaient à s'en procurer. À moitié curieuse, je finis par céder, car je cite « tu vas oublier tous tes soucis, ça va être génial » et quand on dit cela à une dépressive qui ne fait que se prendre la tête... Bah voilà. Donc donc... Par la suite, je ne saurais dire ce que j'en pensais, ou alors, je n'étais pas vraiment fière pour le raconter. Mais bon. De un, j'ai eu droit à un joint un peu trop fort à mon goût, ensuite, c'était la première fois que je fumais quoi que ce soit -mes problèmes de santé ne me permettait pas ce genre d'égard- et donc je vous fait rapidement le schéma maintenant que vous savez tous ça. Un, j'ai failli m'étouffer. Deux, il me fallait encore du temps pour comprendre comment faire pour fumer. Trois, j'ai réussi à prendre une taf. Quatre, je vus tout en rose. Cinq, je me suis retrouvée couchée dans l'herbe à rire comme une conne en regardant les nuages. Six, je planais. Sept, je me suis retrouvée avec des bleus partout après une fuite acharnée -et à moitié consciente- car des surveillants étaient dans les parages. Huit... Et bien huit, je me suis retrouvée avec un sourire béat sur un banc du parc à attendre que les effets passent. Et quand ils passèrent, je me suis dite que c'était trop génial. Génial pour ne penser à rien quoi. Faudrait que je recommence ! Ce n’était pas si mal, pas comme les gens qui décrivaient cela comme nocif dans les films. Bande de cons, s'ils essayaient, ils trouveraient cela sans doute extra. Mais soit ! Il était déjà quasiment quatorze heures, autant que j'aille dans le bâtiment principal.

C'est en sniffant mes vêtements que je me rendis compte que je puais, et ce, comme pas possible. Changeant donc de destination, ce furent les dortoirs qui apparurent devant mes yeux. Oui, une douche. Contente de ma journée, je me dirigeais à grandes enjambées à travers le parc, puis le hall de la réception, pour arriver dans les couloirs de l'aile des filles. Lasse, soupirant comme si je venais de faire un marathon, l'air sombre comme à mon habitude, mes pas me dirigèrent automatiquement vers ma chambre. Jusqu'à ce qu'un détail m'arrête net sur place, comme si je venais de me faire foudroyer par un fichu éclair ne sachant pas où atterrir. Et cette foudre se marqua par la présence d'un être du nom de Yume Kuroi qui venait en face de moi. J'eus un mouvement d'hésitation tandis que tout mon corps me disait de fuir, de rebrousser chemin et prendre mes jambes à mon cou. Mais je n'en fis rien de cela, au contraire, j'avançais à sa rencontre. Peut-être heureuse de la voir quand même. Cela faisait un bon mois que je l'évitais et la voir ici comme ça, par hasard, c'était comme recevoir une gifle et retomber à la réalité. Visage fermé, je croisais ses billes bleutées et retins mon souffle. Inutilement. Elle passa à coté de moi comme si elle ne me voyait pas, comme si je n'était qu'une des nombreuses élèves de cette Académie qu'elle considérait comme étant un insecte. Je levais ma main vers elle, mais je me ravissais bien vite, blessée par la réalité des choses. Yume et moi, nous n'étions plus rien. Je l'ai ignoré tout ce temps, je n'avais pas à m'étonner de sa réaction... Aucune réaction. J'étais mal, terriblement mal. Et furieuse aussi. Laissant échapper un bruit de colère, j'avançais sans me retourner vers ma chambre, claquant la porte de toute mes forces et fuyant trouver du réconfort sous une douche froide.

Yume... Yume... ! J'avais envie de m’effondrer. De me lamenter, de pleurer sous sa froideur. Cela faisait mal, peu importe ce que j'essayais de me foutre dans le crâne, c'était douloureux. Horriblement. Et merde ! Tapant contre le mur carrelé de ma salle de bains, je détruisis tout sous une rage montante, envoyant valser toutes mes affaires, brisant le miroir pour finalement sortir de cet endroit embué, m'habiller et... me poser devant la télé. J'avais la rage. Mais même me calmer devant un jeu sanglant, je ne pouvais le faire. Décidant donc de passer mes nerfs sur autre chose, je sortis de ma chambre. Où irais-je bien ? Miri, il fallait que je voie cette femme sobre avant de commettre une faute assez grave tel qu'essayer de démolir tout sur mon passage. Car oui, le règlement était important. Sauf quand j'étais hors de moi. Et cela se marqua par une pulsion de ma part, matérialisant ma Silver Sword, je l'envoyais contre un des murs en face, sauf que je venais, sans vraiment faire exprès, de trancher le bras d'une fille qui se trouvait devant sa chambre. Pauvre conne, qu'est-ce qu'elle foutait là ?! Je n'en savais rien, et je n'attendais pas de le savoir, entendant déjà des cris au loin pour venir trancher le coupable. Aïe ! Faisant un tour sur moi même, je me mis à courir dans le couloir, mes pas me guidèrent d'eux-mêmes vers l'aile des professeurs où je me heurtais -après une course effrénée- contre une plaquette indiquant « Okugi Miri ». Parfait. Ne toquant même pas, je m'engouffrais à l'intérieur, remerciant les cieux que la porte soit ouverte, refermant derrière moi dans un bruit sec -un boucan monstre quoi- je tirais le verrou avant de m'affaler contre la porte. C'était chaud. Vraiment chaud.

- Miri-San ? Vous êtes là ? C'est joli chez vous...

Bah ouais, depuis le temps que je passe en sa compagnie, je sais parfaitement que parfois elle peut être juste à coté de moi sans que je ne m'en rende compte. Reprenant mon souffle en me relevant, je fis un tour d'horizon, surplombant la pièce de mon regard devenu terriblement sombre depuis ma rupture et mon acharnement à faire comme si j'étais mieux ainsi. Soupirant lourdement en prenant place dans le fauteuil, ayant remarqué une tasse encore fumante posée sur la table basse, je me laissais aller contre le dossier, tête posée sur la main dont le coude était posé sur l'accoudoir. Cet appartement... Il était rempli de babioles, pas du tout ressemblant à la Miri que je connaissais. Mais soit. Donc... était-elle là ou pas ? Oui, alors autant que je parle na ? Ouais.

- Désolée de l'irruption, j'ai eu quelques soucis en venant. J'ai croisé Yume aussi... Rien que la voir, cela m'énerve ! Vous imaginez qu'elle m'a tout simplement ignorée ? Bah... Peut-être c'est mieux comme cela, mais quand même quoi !

Shootant de mon pied dans le vide, je soupirais lourdement en posant mon regard sur la tasse. Boire.  Prenant celle-ci dans mes mains, je m'apprêtais déjà à faire cul sec du liquide brûlant s'y trouvant. Je m'arrêtais tout de même tel un ressort quand j'entendis un bruit, tournant ma tête vers sa provenance.

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MessageSujet: Re: Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.   Lun 19 Aoû - 0:45

C’est avec une joie sans nom que je me réveillais ce matin, me collant au corps chaud qui se trouvait contre moi, je ronronnais presque de plaisir alors que ses fins ronflements berçaient mon corps. Il devait être huit heures quand j’ouvris les yeux, cherchant instinctivement le réveil de mes yeux, je regardais également la date qu’il était … Lundi … Yomi-Chan commençait ses cours dans une heure plus ou moins … Non ~ Je n’avais pas envie de la réveiller, préférant me blottir contre son corps pour mieux refermer mes yeux, laissant mon visage se poser sur son dos dénudé et me rendormir comme-ci de rien était ~ Me tuerait-elle quand elle comprendra que je ne l’ai pas réveillée ? Essayerait-elle de m’étouffer durant mon sommeil ? Cela serait encore amusant et c’est sur cette pensée que je me laissais tomber dans les bras de Morphée, me plaisant dans de doux rêves mettant en scène mille et une personnes.

Huit heures trente ~

Soulevant un œil, je jurais silencieusement qu’il n’y avait qu’une demi-heure qui s’était écoulée depuis là tantôt. Comment se faisait-il qu’en si peu de temps de sommeil, je crus avoir vécu une nouvelle vie, depuis la naissance jusqu’à la mort alors qu’une demi-heure seulement s’était écoulée ? Un mystère de la vie que je ne saurais résoudre maintenant. Me redressant légèrement pour venir me poser au dessus de mon élève, je regardais son petit minois endormi, préférant la laisser ainsi plutôt que la réveiller pour qu’elle se mette à hurler avant de partir suivre ses cours ~ Après tout, elle avait besoin de repos, et ce, terriblement, depuis plus d’une semaine, nous nous étions amusées à nous entraîner, bataillant avec sa personne jusqu’à ce qu’elle arrive à me faire, ne serait-ce qu’une égratignure avec son sabre ~ En sachant que nous nous levions chaque matin à six heures pour nous entraîner, pour qu’à neuf heures, elle puisse se rendre dans sa classe, et qu’une fois les cours terminés, le travail du conseil accompli, elle rentre pour s’entraîner une fois de plus jusqu’à ce qu’elle tombe de fatigue ~ Et c’est ce qu’elle fit. Sauf que contrairement aux autres jours -excepté le vendredi- Yomi-Chan s’était fatiguée toute la journée pour finalement, tomber d’épuisement dans mes bras ~ Voilà également la raison de sa présence dans mes appartements, Hum ~

Huit heures trente sept ~

C’est décidé, je me rendors. Fermant les yeux, pensant fort à ce de quoi je voulais rêver, un dernier bâillement, mille et une questions et je m’enfonçais dans mon lit, ma tête collée au dos de ma chère Yomi-Chan ~ Ce n’est que quelques heures plus tard dans un sursaut que je me fis extirpé du sommeil, par une Yomi-Chan excessivement active pour ma personne encore endormie. La voyant tourner en rond dans la chambre à la recherche de je ne sais quoi tout en hurlant une fois de plus, je ne sais quoi ~ Gardant un sourire aux lèvres en sortant de mon lit, je la réceptionnais dans sa course effrénée pour -de un- lui faire savoir ma présence ainsi que la calmer. Attrapant le pli de sa jupe en laissant mes yeux couler sur sa personne, je lui adressais un fin sourire -je tirais toujours la même tête énigmatique- avant de laisser ma voix douce résonner dans ma chambre ~

- Si tu continues de courir dans tous les sens, tu finiras par oublier ce que tu cherchais, pour finalement te faire mal et être incapable d’accomplir ce que tu désires faire, Yomi-Chan ~

Laissant un fin rire traverser mes lèvres, je lâchais sa personne en quittant la pièce, décidant d’aller dans la cuisine pour aller nous préparer de quoi nous ravigoter. La voyant arriver à ma suite, sa voix retentit dans mes oreilles tel un hurlement me disant clairement que j’avais fait quelque chose de mal ~ « Miri Okugi. Je vais te flageller pour ne pas m’avoir réveillé, à cause de ton incapacité, je me retrouve à avoir séché mes cours, chose inadmissible pour l’élite de Undai. Non mais sérieusement, finalement tu m’es bien inutile ~ Crève ~ ». Lançant son katana dans ma direction, je ne bougeais pas d’un poil, fermant les yeux pour goûter à ce breuvage exquis que je ne venais de remplir dans ma tasse, je laissais le métal froid effleurer ma peau avant que celui-ci ne s’effrite, tombant en poussières au contact de ma peau ~ Seul un frison me parcourut l’échine au contact avec le métal froid ~ Rouvrant les yeux en faisant dos à Yomi-Chan, je pris sa tasse avant de lui demander, toujours avec calme ;

- Désires-tu du sucre, ou plutôt du lait dans ton thé, Yomi-Chan ? ~

Un sourire compatissant à son égard et elle partit, furieuse de mon inactivité en vue de ses mouvements combatifs. La voyant s’enfermer dans ma chambre dans un claquement de porte, je laissais un nouveau rire traverser mes lèvres. Me dirigeant vers mon salon pour boire ma tasse en toute tranquillité, je soupirais en atterrissant contre le cuir doux de mon fauteuil, les yeux clos, je me laissais bercer par le bruit de la douche que Yomi-Chan devait sans doute prendre. Devrais-je me changer également ? Sans doute, rester en pyjama n’était guère appréciable à cette heure-ci ~ Me décidant de rejoindre mon élève, c’est dans un dernier « Je te laisse fantasmer, mais sache que tu le payeras pour avoir posé tes yeux sur mon corps parfait, Miri ~ ». M’enfermant avec elle dans la douche, je me lavais rapidement avant de me rhabiller, prenant un temps considérable à enfiler mon kimono, je laissais l’enfant aux cheveux sombres prendre son bain en toute tranquillité alors que je retournais dans la cuisine pour me faire un nouveau thé tout en, en préparant un également pour Yomi-Chan, évidemment avec un plus ~ Retournant dans le salon, propre cette fois-ci, je posais sa tasse sur la table basse avant de croiser les jambes et m’enfoncer dans mon sofa ~ Qu’allais-je bien pouvoir faire aujourd’hui ? ~

Et bien terriblement de chose en sentant Kaïla-Chan arriver à toute vitesse dans cette direction ~ Courrait-elle ?  Sans doute, et cela se confirma quand elle déboula à toute allure dans mes appartements, fermant derrière elle à double tour avant de s’affaler sur la porte. Serait-elle poursuivie ? Élargissant mon sourire en ne daignant montrer ma présence, c’est avec un certain amusement que je l’écoutais quémander ma présence ~ « Miri-San ? Vous êtes là ? C'est joli chez vous... » Merci beaucoup ? Devrais-je peut être répondre ~ La laissant s’asseoir à mes côtés sans prendre la peine de lui faire un quelconque signe démonstratif, je la regardais avec amusement. Ce pouvoir pouvait être intéressant, il n’y avait rien à dire, rien que dans ces moments comme ceux-ci ~ Je m’en réjouissais et d’autant plus en voyant son petit air. Lasse de je ne sais quoi, je la détaillais des yeux alors qu’elle prenait ses aises dans mes appartements ~ Et donc, qui la poursuivait ? ~

- Désolée de l'irruption, j'ai eu quelques soucis en venant. J'ai croisé Yume aussi... Rien que la voir, cela m'énerve ! Vous imaginez qu'elle m'a tout simplement ignorée ? Bah... Peut-être c'est mieux comme cela, mais quand même quoi !

Elle avait au moins la gentillesse de s’excuse de sa manière si brutale d’entrer chez les gens, voilà une enfant bien polie au moins ~ Déviant le regard vers la porte de ma chambre quand celle-ci s’ouvrit dans un fracas, laissant Yomi-Chan en serviette apparaître, je ne parlais toujours pas quand ma chère élève élargit son sourire avant de courir dans la direction de notre invité surprise et de lui sauter dessus, considérablement. Se retrouvant donc sur ses genoux à califourchon, les mains posées sur le visage de Kurayami en le malaxant dans tous les sens, elle parla enfin ~

- Helloooooo Kaïla-Chan ~ Alors, ça te fait quoi d’être devenue une pauvre chose inutile ne valant même pas le regard de Yume-Sama ? ~ Héhé ~

Sentant l’énervement pointer son nez dans les secondes qui allaient suivre, je daignais enfin signaler ma présence. Prenant la tasse des mains de Kaïla-Chan avant qu’elle ne la renverse « sans faire exprès » sur Yomi-Chan, je lui accordais un sourire avant faire descendre Yomi de son corps en tirant sur la joue de mon élève, un sourire impassible constant sur mes lèvres, je parlais enfin, usant de la douceur de ma voix pour calmer le jeu ~

- Yomi-Chan ~ Il est imprudent de s’attaquer à une âme peinée, veux-tu bien te vêtir s’il te plaît ? ~ Tu n’as guère à t’excuser Kaïla-Chan, puis-je cependant savoir pourquoi cela te fruste tant qu’elle t’ignore alors que tu n’as nullement daigné répondre à ses nombreux appels ? ~ Je ne te juge pas Kaïla-Chan, tu le sais n’est-ce pas ? Mais cette réaction est pleinement justifiée, désires-tu boire quelque chose, je ne pense pas qu’un thé avec du laxatif dedans te sera bénéfique ~

« Laxatif ?! », affichant un petit sourire sournois, un seul mot résonna à mon esprit sous le signe d’une vengeance en vue des paroles déplacées qu’elle m’eut adressé plutôt ~

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Re: Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.   Lun 19 Aoû - 13:23

J'allais massacrer cette pauvre tache à deux pattes. Mieux, j'allais lui faire bouffer ses propres cheveux et la regarder s'étouffer avec ces derniers, un sourire sadique aux lèvres, ne daignant pas lui venir en aide, prenant plaisir à la voir changer de couleur sur le manque d'air. Quoi qu'il en soit, je ne lui laisserai pas passer sa stupide manière de venir me provoquer sans moindre gêne. Parlant de gêne, si je n'étais pas si pointilleuse sur le toucher, je crois que je l'enverrais valser, elle est son corps nu sous une serviette. De quoi parlais-je au juste ? De Yomi bien évidemment. Cette folle sans manière qui déboula de la chambre de Miri, entourée d'une serviette preuve qu'elle a pris un bain, et qui me sauta dessus pour mieux m'énerver. J'aurais dû m'en douter, j'aurais dû savoir qu'elle serait là, après tout partout où est Miri, elle y est aussi. C'était un truc entre elles, à se suivre comme deux amies inséparables, du moins, c'est Miri-San qui suivait Yomi. Yomi la pauvre tache qui se prenait pour le centre du monde en traitant son aînée d'Alien comme s'il s'agissait d'un esclave. Rien que pour cela, j'admirais la femme invisible, car il fallait avoir des nerfs d'acier pour ne pas sourciller aux façons de se comporter de la malade mentale au katana.

- Helloooooo Kaïla-Chan ~ Alors, ça te fait quoi d’être devenue une pauvre chose inutile ne valant même pas le regard de Yume-Sama ? ~ Héhé ~

Grimaçant de dégoût quand ses mains se posèrent sur mon visage pour mieux jouer avec, tout mon corps se mit à bouillir d'une colère noire. Enfoirée. J'allais la trancher. Non mais vous imaginez le truc ?! Déjà qu'elle vient envahir ma bulle privée, en plus de cela, elle se permet de commenter ce qui ne lui était en rien adressé. Devrais-je lui signaler qu'elle ne valait pas mieux que moi sur ce point, et que seul son ego d'égocentrique et de chieuse en puissance lui donnait l'honneur d'un regard exaspéré de Yume ? Je devrais, d'ailleurs je comptais le faire, mais d'abord je l'abats. Ou pas. Et ce « ou pas » se marqua par le propriétaire des lieux qui -à ma plus grande surprise- se trouvait juste à coté de moi, assise dans le fauteuil de cuir. Bon sang, et moi qui voulais déjà libérer mes mains de la tasse -que je faillis renverser plus d'une fois à cause de l'irruption de Yomi- que j'aurais bien utilisé pour l'assommer d'ailleurs. Affichant un air mécontent, je la laissais faire pour qu'elle me débarrasse du poids lourd qui m'eut agressé.

- Yomi-Chan ~ Il est imprudent de s’attaquer à une âme peinée, veux-tu bien te vêtir s’il te plaît ? ~ Tu n’as guère à t’excuser Kaïla-Chan, puis-je cependant savoir pourquoi cela te fruste tant qu’elle t’ignore alors que tu n’as nullement daigné répondre à ses nombreux appels ? ~ Je ne te juge pas Kaïla-Chan, tu le sais n’est-ce pas ? Mais cette réaction est pleinement justifiée, désires-tu boire quelque chose, je ne pense pas qu’un thé avec du laxatif dedans te sera bénéfique ~

Âme peinée hein ? Je n'avais guère besoin de pitié, juste qu'on m'écoute. D'ailleurs, je me demandais s'il ne serait pas plus judicieux de passer mes nerfs sur la fille aux yeux mauves plutôt qu'en paroles vaines. D'ailleurs parlant de cela, je n'étais en rien d'accord avec l'avis de Miri. Si je ne répondais pas aux appels de Yume, c'est que j'avais de bonnes raisons. Oui, après il en découlait qu'elle m'ignorait, mais cela m'énervait quand même. Bon... Pour faire plus simple, Yomi était autant égocentrique et chiante que, moi, irréfléchie et têtue. Cela vous facilite la tache pour comprendre le pourquoi du comment ? Ah... Attends, quoi le thé ? « Laxatif ?! » Vraiment ?

Écarquillant les yeux sous une surprise teinte d'horreur, je déglutis heureuse de m'être fait interrompre avant de boire le contenu de la tasse. Je n'étais guère disposée à passer ma journée -si pas semaine- au pot. Mais ce qui me sauta encore plus clairement aux yeux, ce fut son utilité. Ces deux femmes étaient folles. Mais en même temps, pourquoi gâcher cette mauvaise « surprise » ? Réagissant au quart du tour, j'arrachais la tasse des mains de Miri et me jetais -façon de parler- sur Yomi afin de lui faire avaler le liquide s'y trouvant. Résultat des courses ? J'en avais partout et elle aussi, mais je n'ai pas réussi à lui en faire avaler ne serait-ce qu'une goutte.

- Va t'habiller. Nudiste. Et puis crève dans un coin.

Me redressant, la tasse vide déposée sur la table basse, je remis mon uniforme en place en lançant un regard de mépris à Yomi. Cela me démangeait de lui foutre mon poing dans la figure avec fracas. Faut dire, c'était toujours comme cela entre nous, dès qu'on se voyait, elle me lançait des piques et moi, je répondais par des poings. D'ailleurs, je pourrais dire que cela se passait de la sorte depuis que je venais me confier à Miri, vu que Yomi était toujours quelque part dans les parages à faire sa chieuse de malheur. D'ailleurs, pourquoi Miri-San ? Je n'en savais trop rien. Ce fut depuis qu'elle m'eut sauvée des mains de Yume que je la considérais digne de confiance, en quelque sorte. En plus, elle était une des rares personnes dans cette Académie qui était gentille. Et puis, elle m'écoutait sans me juger, en fait parfois je passais des heures à parler dans le vide -du moins c'était ce qu'il en paraissait vu son invisibilité innée- mais ensuite j'allais mieux. Et maintenant, dès que j'avais un souci, je venais me plaindre chez elle. Et il faut le dire, j'aimais me plaindre.

- Et dire que je crus un instant pouvoir vous trouver une raison de vivre ~ Quoi qu’il en soit, je m’en vais, votre air pollue le mien, noble ~ Miri, n’oublie pas de venir chercher mes affaires après les cours ~ Kaïla-Chan, sèche encore une fois et je t’enfonce des laxatifs dans ton petit cul à croquer ~ Bye Bye ~

Serrant les poings sous les mots jaillissant de la bouche de cette malade à moitié nue, je m'apprêtais déjà à lui foutre mon poing dans sa face question de la remettre à sa place. Mais étrange que cela puisse l'être, elle mit ses mots à exécution et sortis des appartements de Miri comme elle était, sous un dernier au revoir moqueur digne de sa personne. Furieuse de voir sa dite silhouette partir comme si de rien était après avoir foutu le bordel dans toute la situation, je me tournais vers la porte qu'elle venait de traverser et criais quelques mots cinglants à son égard.

- Fais toi séquestrer et violer, cela nous fera des vacances !

Laissant échapper un soupir furieux, je me laissais tomber dans le fauteuil après un dernier regard haineux vers la porte d'entrée. Cherchant Miri des yeux vu qu'elle avait le malheur de disparaître dès qu'on ne faisait plus attention à elle, j'abandonnais -sachant tout de même qu'elle devait être là- je posais mes yeux rubis sur la tasse vide déposée sur la table. Mes vêtements, autant en rematérialiser cela ira plus vite que les sécher ou se changer.

- Du coca, si vous en avez.

Bah quoi, elle m'a demandé si je voulais boire quelque chose de potable, non ? Et alors que c'était y a bien dix minutes avant que je n'agresse son élève attitrée ? Vous voulez que je vienne vous abattre mon poing dans la face ? Non, alors silence. Passant ma main dans les cheveux, je ne pouvais attendre plus longtemps à remuer au fond de moi ce que je pensais de ma rencontre avec Yume. D'ailleurs cela me frustrait plus qu'autre chose, c'est pour cela que je commençais à me justifier d'une voix sombre en pesant les pours et les contres en même temps que je parlais.

- Oui mais non. Je n’allais pas lui répondre comme si de rien était après qu'elle a failli me tuer ! Elle ne comprendrait rien à la vie, elle s'excuserait et puis tout recommencerait comme avant. C'est Yume après tout ! C'est à elle d'agir et pas à moi ! Et puis même si je l'ignore, elle devrait quand même venir s'excuser, quoi qu'il en soit. Sauf que non, parce que madame n'a rien à faire de moi, préférant se terrer dans ses occupations ô combien importantes, et servir sa maîtresse comme si c'était l'essentiel de sa vie ! Et cela, rien à faire, je n’accepte pas. Plus. Vous comprenez, Miri-San ?

Ah ouais, quand je lâche le sac, c'est entièrement. Les sourcils froncés, une pointe d'agacement me saisit du fait que je ne voyais pas mon interlocuteur. Non, c'était faux, c'est repenser à la vérité des choses qui m'énervait encore plus. Yume, elle m'énervait. Pas autant que Yomi, mais quand même. Mais... Pourquoi étais-je si furieuse ? Elle m'a oublié, je devrais tout simplement faire de même et laisser passer ceci. Ouais, bah cela me faisait chier quand même.

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MessageSujet: Re: Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.   Mer 21 Aoû - 20:46

Ma relation avec Yomi-Chan était quelque peu étrange pour les regards extérieurs, contrairement à toutes personnes finissant en couple dans cet institut, nous n’étions pas comme eux. Peut être parce que nous n’étions pas un couple justement ? Mais c’était tout comme, après tout ne passions-nous pas nos journées ensemble ? Oui, je dois avouer que je la suivais plus qu’elle ne l’acceptait mais je n’en avais que faire, j’étais la plus âgée, j’avais le droit de faire ce que je voulais ~ D’ailleurs, cela faisait longtemps que Yomi-Chan n’avait eu la chance de se faire de nouveaux amis … Depuis mon arrivée, ne traînait-elle pas moins avec cette chère Kirai-Chan ? C’était bien son prénom n’est-ce pas ? Mais bon, elle n’était pas le centre des mes occupations, non, Tsuchimiya était l’unique vers qui toutes mes pensées étaient tournées ~

Après tout ne la désirais-je pas comme descendante directe pour ma prestigieuse prison ? Un être comme elle, était fait pour ce poste, mais elle était encore trop futile pour que je l’informe de cela, préférant éviter le sujet quand elle me demandait « Non mais t’as rien de mieux à me faire que me coller le fessier ?! ». Non, justement ~ Oui, quand même en fait. Il m’arrivait de retourner vers la Corée pour vérifier les réglages, après tout nous ne pouvions laisser éternellement les enfants présents dans ces cages dormir à tout jamais … Voilà un point poussant l’avis que je n’avais pas beaucoup de temps, trop peu de temps ici. J’eus pensé la prendre avec moi, lui montrer ce qu’était Gokusha, lui enseigner là, où elle finira sa vie. Mais cela n’était qu’une idée … La mettre devant un tel fait accompli serait-il favorable pour sa personne ? Ne risquerait-elle pas de libérer toutes ces personnes dans un élan de générosité bien à elle ? Non, il était encore trop tôt.

Levant la tête quand un « Fais toi séquestrer et violer, cela nous fera des vacances ! » me parvint aux oreilles, je souriais légèrement. Faux, mon visage n’avait guère daigné bouger, comme ma personne depuis qu’elles ont décidées de se chercher des poux ~ Ces histoires d’enfants ne concernaient en rien une femme de mon âge, je préférais pleinement siroter mon café ou mon thé plutôt que d’intervenir dans leurs disputes dont le but est de faire le plus mal à l’autre. Que ce soit verbalement ou physiquement ~ En parlant de cela, pourquoi voyais-je toujours Kaïla comme un bouc-émissaire quand elle se battait avec Yomi-Chan ? ~ Cela ne devait être qu’une impression étant donnée que Yomi-Chan en ressortait également avec quelques bleus … Non, décidément, Kaïla-Chan était une victime, trop sensible à tout cela alors que Yomi-Chan savait passer au dessus … grâce à son égocentrisme ? ~

- Du coca, si vous en avez.

Me levant de mon siège comme s’il s’agissait d’un ordre impérial donné par Ayame, je me dirigeais sans plus attendre dans ma cuisine pour aller chercher un verre ainsi que la bouteille. Ne prenant plus de temps qu’il en fallait pour revenir, je versais la boisson pétillante dans son verre, sachant partialement qu’elle ne me voyait pas -puisqu’elle regardait à gauche alors que j’étais à droite- je tapais légèrement sur la table pour attirer son attention. Voyait-elle seulement le verre ? Non, décidément je n’en avais nullement l’impression. Soupirant légèrement, je refermais la bouteille avant de la poser sur la table, croisant les jambes pour écouter ses dires, j’affichais le visage doux qui me seyait tant tout en gardant une pensée active sur ce que j’allais manger ce soir.

- Oui mais non. Je n’allais pas lui répondre comme si de rien était après qu'elle a failli me tuer ! Elle ne comprendrait rien à la vie, elle s'excuserait et puis tout recommencerait comme avant. C'est Yume après tout ! C'est à elle d'agir et pas à moi ! Et puis même si je l'ignore, elle devrait quand même venir s'excuser, quoi qu'il en soit. Sauf que non, parce que madame n'a rien à faire de moi, préférant se terrer dans ses occupations ô combien importantes, et servir sa maîtresse comme si c'était l'essentiel de sa vie ! Et cela, rien à faire, je n’accepte pas. Plus. Vous comprenez, Miri-San ?

Je pouvais comprendre sa frustration, mais non sa logique dérisoire. Il était impossible que Yume-Chan ne réagisse de la sorte après ce que Kaïla-Chan lui avait fait subir … Je ne penchais pour aucun des partis, je ne montrais que des réalités que les deux femmes ne voulaient assumer. Yume-Chan était punissable pour avoir essayé de tuer Kurayami, chose qui arrivait souvent d’après ce que j’ai pu entendre. Mais je ne crois pas que c’était le moteur de leur dispute, non, si elle était si en colère c’était parce que sa chère copine fricotait avec le clan adverse, préférant se plaire dans les étreintes d’Ayame et les beaux-dires de Ketsuki-San. Voilà la véritable raison de leur dispute. Je n’avais eu le plaisir de l’entendre clairement de la bouche de Kaïla, mais ce sujet revenait assez souvent pour que cette hypothèse soit plausible, mais maintenant … elle avait beau être énervée, elle ne voulait plus de Yume-Chan, mais en se sentant blessée de la sorte, ne se méprenait-elle pas ? Si elle était si touchée par ce manque d’attention, c’est que quelque part, elle aurait encore aimé être aimée de Yume-Chan … Elle l’aimait encore et cela s’entendait.

- Il y  a des choses qu’on ne peut comprendre quand la situation n’est pas notre, Kaïla-Chan. Mais tes mots me parlent ~

Chose incompréhensible pour sa personne ~ Je pouvais même deviner qu’elle allait retourner cette phrase dans tous les sens jusqu’à ce qu’elle s’énerve, et qu’elle abandonne cette idée ~ Étais-je mesquine de le faire exprès ? Oui, tout simplement pour qu’elle arrête de penser ne serait-ce qu’une seconde et qu’elle arrête sa crise de nerfs inutile ~ Posant ma tasse sur la table basse, je me rapprochais d’elle, me penchant légèrement vers son épaule, je laissais mon souffle soulever légèrement ses vêtements avant de me décider à agir. Sans crier garde, je la fis basculer de manière à ce qu’elle s’étale sur le divan et que je puisse la grimper pour me placer en position de force. Cette fois-ci, elle ne pourra pas dire qu’elle ne me voit pas ~ Laissant mes billes sombres pénétrer les siennes, je rapprochais mon visage du sien, trop près à son goût comme elle le dirait ~  Affichant un fin sourire -faux-, je me rapprochais de plus en plus pour finalement dévier au dernier moment et lui souffler un simple « Ne devrais-tu pas me repousser si tu l’aimes encore ? ~ Si tu ne m’arrêtes pas, je continuerai, Kaïla-Chan ~ ». Comptais-je vraiment le faire ? Si je n’avais pas le choix, cela serait volontiers ~ Après tout, depuis quand ne m’étais-je trouvée une telle distraction ? Depuis que je ne suis plus tombée follement amoureuse de quelqu’un sans doute ~ Hum ~

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MessageSujet: Re: Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.   Mer 21 Aoû - 23:31

J'étais énervée. Vraiment, affreusement trop furax. Assez pour dire que je bouillais de l'intérieur, non seulement de manière caricaturale, mais en vrai aussi. Ce n'était pas seulement Yume qui me mettait hors de moi, mais aussi ma propre personne ne sachant se poser dans sa nouvelle vie. J'étais comme un putain d'insecte perdu dans une prairie inconnue qui ne savait pas par où aller pour rentrer chez lui. J'exagère peut-être un peu beaucoup les choses, mais cela était fait exprès, je voulais vous faire comprendre mon état d'esprit en cet instant précis. Je ne savais pas quoi penser en somme, et cela m'effrayait. Encore pire était le fait que je voulais oublier, faire comme si de rien était, mais le passé -on peut tout aussi bien dire le présent- me rattrapait au tournant sans que je ne puisse m'enfuir de cette réalité. Car il était difficile d'oublier Black Rock Shooter quand sa personne était partout. Et quand je dis dans tous les lieux que mes pas frôlaient, c'était vraiment le cas. Entre l'Arène qui était son sanctuaire et où je devais m'entraîner, ou le Conseil dont elle était la présidente et où je devais me rendre à chaque punition grave, ou encore, les dortoirs vu que sa chambre se trouvait maintenant au même étage que la mienne... Partout, et surtout dans la bouche d'autres étudiants, qu'ils soient mes camarades de classe, des plus jeunes ou encore les professeurs. Partout. Elle était encore plus en vogue que la directrice de Undai. C'était bon pour avoir des migraines. Ou des crises comme c'était mon cas. Quoi qu'il en soit, je me voilais la face en me disant que je l'oublierais facilement. Cela a marché un temps, mais la revoir me remit les pieds sur terre, brutalement.

- Il y a des choses qu’on ne peut comprendre quand la situation n’est pas notre, Kaïla-Chan. Mais tes mots me parlent ~

Mais les vôtres, Miri-San, pas du tout. Levant mon regard vers sa voix, je pouvais voir l'ébauche de sa silhouette fine postée non loin de moi. Baissant mon regard en le posant sur le verre de coca pétillant sur la table, je me demandais un court instant quand elle me l'eut apportée. Étais-je tellement concentrée sur l'exposition de mon problème que je ne l'ai même pas vu faire ? On dirait bien, j'étais exaspérante à la puissance mille. Soupirant lourdement, je fronçais les sourcils sans daigner bouger, essayant de comprendre les paroles de mon aînée. Donc, elle ne pouvait comprendre ce que je voulais dire avec mes plaintes, mais elle le saisissait ? Ce n'était aucunement logique. Je ne comprenais rien à son raisonnement. D'ailleurs, il y en avait un ? Quoi qu'il en soit, si elle me l'a dit pour me changer les idées, voilà qui aurait fonctionné. Parce que j'en étais tellement perturbée que je n'ai pas compris directement que Miri n'était qu'à deux centimètres de moi. Certes, elle était quand même invisible, mais quand tu sens un truc te souffler dessus, tu sais qu'elle est là. Surtout si tu es un Undai'en digne de ce nom. Par contre... Je crois dire que j'ai complètement baissé la garde en sa présence, et non seulement par son inexistence palpable, mais aussi par mon manque de jugeote sans doute. Mon erreur. Et je m'en rendis compte quand Miri-San me sauta littéralement dessus, bloquant tout mon corps sous elle dans une position suggestive à souhait.

Si j'étais paumée auparavant, ce n'était rien comparé au foutoir qui se déroulait dans ma tête à présent. Mais... Que faisait-elle à me monter dessus et être si… Si trop proche de la mort qui tue ?! Que je sente sa présence ou pas, je la voyais bien, et je pouvais déterminer avec aisance que c'était trop, mais vraiment trop près de moi. Tellement que je blanchis comme un linge tandis que mes yeux ne savaient plus se détacher de ses deux billes d'un noir tellement profond qu'on se croirait tomber dans un gouffre rien qu'en les fixant. J'étais... Perdue, et c’est le moins qu'on puisse dire. Je crois même affirmer que la situation n'est pas directement parvenue à mon cerveau, tellement cela m'a surpris.

- Ne devrais-tu pas me repousser si tu l’aimes encore ? ~ Si tu ne m’arrêtes pas, je continuerai, Kaïla-Chan ~

Quoi ? Pardon ? Pourquoi d'abord ?! Le sang dans mon corps ne fit qu'un tour tandis que la situation me sautait aux yeux tel un torrent indomptable de la réalité. Certes, je ne saisissais pas les motivations de Miri à faire cela, après tout elle était là pour m'écouter déballer mes situations sentimentales, et non pour... Pour faire quoi au juste ? J'avais la désagréable sensation de son corps sur le mien, et c'est sans doute mon dégoût pour le toucher qui me poussa à réagir avant même que mon cerveau ne se mette à fonctionner. Simple réflexe ou pas, j'étais heureuse de l'avoir. Écarquillant les yeux, aucun mot ne voulait traverser ma gorge tellement le choc fut fort. Tendant brusquement mes bras devant moi, je poussais sur le corps m'obstruant la liberté, et repoussais de toutes mes forces la femme sur moi. Il ne m'a fallut que cela -un petit espace de manœuvre- pour m'extirper de sa prise et me retrouver debout près de son fauteuil, les jambes en coton.

- Cela n'a rien à voir... Non mais... Vous faites quoi là ?!

Bafouillant deux trois paroles à l'arrache, je sentis le rouge me monter aux joues. Aux oreilles peut-être aussi. J'étais complètement et totalement incrédule de ce qui se passait dans ce salon. Surtout que cela venait de la part de Miri. Cette femme impartiale qui n'aurait jamais dû... Faire quoi au juste ? Elle allait faire quoi si mon instinct naturel de se protéger de tout toucher ne m'aurait dicté de la repousser ?! Furieuse... Non, je ne pense pas l'être, c'était encore autre chose. Une sorte de colère de déception peut-être ? Ou seulement le choc ? Peu importe, merde. Par contre, une chose me revint à l'esprit et je recollais les morceaux dans le bordel qui me servait de tête. Je l'exprimais de ce pas d'un ton digne d'un petit animal effrayé se retrouvant devant un éléphant.

- Non mais ça va pas ?! Et non ! Ce n'est pas parce que je l'aime ou quoi que ce soit de tel que j'vous ai arrêté ! C'est... Cela ne se fait pas, c'est tout ! Vous !

Nerveuse à souhait, je passais automatiquement ma main dans mes cheveux en ne lâchant pas la femme une seule seconde du regard. J'étais... mal. Terriblement mal de ce geste déplacé qui... D'ailleurs, je ne savais pas exactement pourquoi je me sentais ainsi ? Peut-être était-ce seulement le fait que je ne m'aurais jamais attendu à un tel déroulement de situation, encore moins avec Miri, cette femme que je prenais pour normale. Un être gentil et aimable de Undai, et non une autre perverse en rut qui sautait sur les autres. Non mais, d'ailleurs cela ne collait pas du tout à l'image que j'avais d'elle, chose pour bien enfoncer le clou et me perturber davantage. Les larmes d'incompréhension se pointant à la lisière de mes yeux trop rouges pour êtres naturels, je fis la première chose qui me passa par l'esprit. Et c'était... Fuir. Fuir le danger soudain que cette femme représentait. Arrivant près de la porte, j'attrapais la clenche brutalement avant de me stopper net. Non, je n'avais pas à fuir. Et non, je n'aimais pas du tout la manière qu'elle utilisait pour me tester. Et non, cela n'avait rien à voir avec Yume. Serrant les dents, les yeux braqués sur la porte, je m'exprimais d'une voix étrangement basse et froide :

- Ne refaites plus jamais cela.

Serait-ce une menace ? Bah quoi, faut que je pose mes marques aussi hein. Si je fuyais sans rien dire, je passerais encore pour une peureuse qui s'échappe à chaque fois que la situation devient hors contrôle à ma personne. Certes, c'était juste pour le principe, vu que je ne faisais pas le poids contre cette femme. Et Yume dans tout cela ? Qu'en penserait-elle ? Non ! Je n'avais pas à penser à elle à chaque fois que j'étais dans une impasse. Elle ne s'intéresse plus à moi, et je devrai faire de même. Oui, merde. C'est à cause d'elle que je me retrouvais dans cette position là maintenant. Si elle ne m'aurait pas ignorée, je ne serais pas là à déballer ma vie à Miri, et elle... Elle n'agirait pas aussi étrangement.

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MessageSujet: Re: Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.   Jeu 22 Aoû - 0:08

Je le savais, je le sentais, je le comprenais et ce, avec une telle facilité que j’en étais presque déçue. Je suis une personne qui passe son temps à me poser mille et une questions, aimant presque se torturer l’esprit pour trouver cette petite explication ne faisant que renfoncer l’énigme de base. Oui, mon esprit n’était pas le même que ceux des autres, j’avais cette petite chose en plus … une force invisible comme personne qui me permettait d’agir en toute impudeur sans que les risques ne viennent me tomber dessus. Pourquoi dans ce cas ? Quoi plutôt ? La popularité ? Non, le physique, j’étais transparente, tellement que personne ne saurait imaginer le monstre que je cache en mon sein, cette chose sombre qui se noie dans la lumière de mon être, après tout, n’étais-je pas également une Undai’enne ? Différente des autres, mais j’en étais une ~

Posant mes pupilles sur le corps se trouvant sous le mien, je détaillais les mimiques de Kaïla-Chan, attendant presque avec impatience qu’elle me repousse. Elle suait, pleurait-elle ? Non, cela n’allait pas jusque là, nous étions à l’état de choc pour le moment, elle se demandait quoi, elle se posait tellement de questions que j’étais presque jalouse de son esprit à cet instant précis. La regardant dans le blanc des yeux, je ne daignais bouger, compressant même plus mon corps contre le sien. Qu’elle me jette, qu’elle m’envoie bouler de l’autre côté de la salle, qu’elle me blesse, mais qu’elle ne laisse pas si facilement son corps se faire avoir de la sorte. Que ce soit moi ou une autre personne, elle n’appartenait qu’à un seul être. Cela été gravé quelque part, dans ses entrailles comme dans celle qui lui est élue. Yume-Chan ne pourrait faire sans Kaïla-Chan, et vice versa. Tout ceci, cette mise en scène grotesque où Insane n’a pu se contenir, n’était-ce pas la faute de Ketsuki-San en fin de compte ? N’était-elle pas celle qui revenait souvent sous l’identité de la chose de Dead Master ? Cette femme était une nuisance, que ce soit à ma personne, à celle de Kaïla, mais surtout à celle de Yume et Ayame. Ces pauvres femmes avaient été bernées, elles avaient été souillées par les paroles de cette vipère. Je n’acceptais pas, et jamais je ne le ferai ~ La tuer ? Je ne suis pas aussi brutale, il y a tellement de manières de ruiner une vie, que je ne m’abaisserai pas à cela. Ma gentillesse m’en empêchait, espérais-je croire.

Et ce que j’espérais arriva enfin. Me faisant pousser -doucement- loin de son corps, je me réceptionnais sans mal sur l’accoudoir de mon fauteuil, restant sur celui-ci tandis que Kaïla se levait pour me foudroyer de son regard ensanglanté, je ne dis rien. Gardant se contact visuel tout en montrant toujours ce masque de sérénité alors qu’en moi, c’était l’inverse total. Je ne me sentais révoltée par son comportement, ce qui me dérangeait fut peut être le temps d’attente. Combien de temps sommes-nous restées l’une sur l’autre ? Une minute, peut être deux ? Trop pour sa personne, trop pour mes espérances. Fermant les yeux en remettant ma chevelure en place, je croisais les jambes en m’enfonçant ne serait qu’un peu plus dans mon sofa alors que l’enfant indigné parla enfin ;

- Cela n'a rien à voir... Non mais... Vous faites quoi là ?!

Tout avait avoir justement, devrais-je lui brûler les pupilles avec de l’acide pour qu’elle comprenne ce qu’était évident ? Fallait-il que je la rende aveugle pour cela ? Je ne savais pas, mais cette sensation de désagrément se propageait dans mon être à une vitesse folle, je pouvais presque sentir des filaments d’énervement émaner de ma personne si calme d’habitude. Relaxation, devrais-je mettre de la musique pour apaiser les mœurs ? Non, cela me rendrait tellement souple que je risquerai de libérer « trop de sentiments » d’un coup. Je n’avais nullement peur pour la vie de cet enfant, j’étais une adulte surpuissante savant me contrôler, mais il est inutile de faire courir un danger à qui que ce soit si cela n’est pas nécessaire, n’est-ce pas ? ~

- Non mais ça va pas ?! Et non ! Ce n'est pas parce que je l'aime ou quoi que ce soit de tel que j'vous ai arrêté ! C'est... Cela ne se fait pas, c'est tout ! Vous !

Elle se leva. La suivant du regard, je ne bougeais pas une fois de plus quand je la vis se diriger vers la sortie, la main posée sur la clenche prête à affronter l’extérieur à tout moment. Mais l’extérieur présentait Yume-Chan également, allait-elle seulement être capable de faire cela ? Non, et cela se confirma sous un refus de fuir de sa part je suppose, ne laissant qu’un fin grésillement détestable à mon ouïe le transpercer « Ne refaites plus jamais cela. » Je n’en avais guère besoin, cela n’était pas un jeu contrairement à ce qu’elle pouvait croire. Et c’est sans doute pour cela que je répondis du tac au tac sans laisser le silence pesant prendre place entre deux paroles.

- Je ne te crois pas ~ « Qu’en pensera-t-elle ? » Oserais-tu me mentir en disant que tu n’y as pas pensé, Kaïla-Chan ? ~

Laissant un fin gloussement traverser ma gorge, je me levais de mon siège, levant le bras gauche vers l’horizon, je matérialisais ma robe de combat. Me voilà à présent visible, dans toute sa splendeur de ses couleurs rayonnantes, contrastant à merveille avec la personne terne que je suis censée être. Je ne comptais pas combattre, simplement lui montrer une autre facette de cette réalité, un autre univers que nous chevauchons tous les jours, qu’elle utilisait sans cesse, cette matérialisation, cette petite chose qui peut lire en nous. Claquant des doigts pour faire apparaître sa robe de combat, je m’approchais d’elle, posant ma main sur la sienne tout en faisant couler ma voix douce jusqu’à ses oreilles.

- Je ne suis nullement ici pour te faire du mal, Kaïla-Chan, mais il y a des vérités que tu n’as guère le choix d’accepter pour avancer. Un pardon n’efface pas le mal, il n’est que la pommade qui le soulage et devient vite une arme pour les prochaines disputes à venir. Si Undai ne te convient plus, pars. Renonce à toutes ces années passées ici, à ce bon temps comme au mauvais, retourne donc dans cette petite demeure où tu persisteras à être un oiseau en cage ~ Ce serait  mentir de me dire qu’Insane est la seule responsable dans l’histoire Kaïla-Chan, n’y a-t-il pas une autre personne à blâmer dans l’histoire, es-tu aussi lâche que cela pour ne pas reconnaître tes torts ? ~ Ce sont des mots qui blessent, je m’en excuse, mais seuls les plus tranchants peuvent arriver à ton cœur ~

Créant autour de nous des centaines d’images de Yume-Chan et Kaïla-Chan en tout genre, des souvenirs que j’avais pu collecter même si je ne les avais vu qu’une seconde lors de la prise, elle était là. Ce sourire l’était, et les dernières images également. Trois cristaux on éclatés d’un coup, la douleur de sa tristesse je l’ai ressentie en même temps que la peur de Kaïla-Chan, un moment épique qui laisse à réfléchir. Yume-Chan est trop puissante pour Undai, pour être entourée. Mais Ayame, jamais ne laisserait son chef-d’œuvre finir à la prison de Undai, ne préférait-elle pas justement sacrifier tout le reste, ne serait-ce que pour Yume-Chan ? La puissance de l’amour ~

- J’aime quelqu’un, une personne ne me seyant pas du tout à première vue, mais elle est parfaite pour moi. Cela serait triste de dire que c’est la seule, mais c’est celle là que je veux. Et toi Kaïla-Chan, que désires-tu vraiment ? ~

Une réponse, j’en désirais une, plus que tout.

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MessageSujet: Re: Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.   Jeu 22 Aoû - 19:02

J'étais mitigée, totalement perdue dans les méandres de mes pensées. Non, je ne travaillais pas sur un calcul particulièrement difficile, mais sur la réalité des choses. Sur la vie que je menais en tant qu'étudiante de Undai, sur les malheurs qui me sont arrivés, comme sur les bons moments. Pesant les pours et les contres d'une telle existence, je ne savais arriver au bout du compte, m’emmêlant les pinceaux toujours entre deux avis opposés. Et tout ceci n'était que l’œuvre du cœur en soi. Parce que j'avais le cœur brisé, parce que la vie m'apparaissait moins belle maintenant que Yume n'en faisait plus partie, parce que, tout simplement, je n'avais le courage de délaisser ce qui était mon bonheur dans le passé. Je devrais pourtant. Les choses seraient tellement plus simples si j'abandonnais cet être appartenant à Undai. Oui, Yume ne pouvait être mienne, car sa vie, sa place, toute son existence étaient vouées à ce lieu maudit. Le seul fait que je me batte encore avec mes souvenirs, était dérisoire. Je devrais tout bonnement laisser tomber, poursuivre mes études et faire carrière ailleurs, quelque part où cette période de ma vie ne me poursuivra pas. Sauf que ce lieu me pèsera toujours dessus, sous forme d'une petite pierre orange montrant mon dévouement à Undai, à ce pouvoir qu'était la matérialisation. Alors quoi ? Partir ? Oublier ? Poursuivre comme si de rien était ? Dans mon état, pour le moment, je n'étais capable de choisir la dernière option qui serait sans doute la plus bénéfique pour ma part.

- Je ne te crois pas ~ « Qu’en pensera-t-elle ? » Oserais-tu me mentir en disant que tu n’y as pas pensé, Kaïla-Chan ? ~

Faisant volte-face, furieuse, je fusillais Miri des yeux. Comment pouvait-elle seulement comprendre ce que je ressentais ? Elle ne le pouvait pas, elle n'était pas à ma place, et elle n'avait pas Yume comme problème majeur dans son esprit. Elle ne connaissait rien des intrigues qui tournaient autour de notre couple, ni tous les problèmes s'y liant, ni tous les sacrifices qu'on a dû faire pour... Pour arriver à une séparation. Oui, oui, oui ! J'y ai pensé, mais je n'aurais pas dû. Cela s'arrête à cela, pourquoi enfoncer le clou pour que la réalité vienne me fracasser le crâne douloureusement ? C'était déjà bien pénible ainsi, je n'avais guère besoin qu'on me dise que j'étais faible, que je ne savais pas passer au dessus d'une amourette. Voilà ce qu'il en était. Et me le dire en face, l'entendre, me mettait hors de moi.

- Je ne suis nullement ici pour te faire du mal, Kaïla-Chan, mais il y a des vérités que tu n’as guère le choix d’accepter pour avancer. Un pardon n’efface pas le mal, il n’est que la pommade qui le soulage et devient vite une arme pour les prochaines disputes à venir. Si Undai ne te convient plus, pars. Renonce à toutes ces années passées ici, à ce bon temps comme au mauvais, retourne donc dans cette petite demeure où tu persisteras à être un oiseau en cage ~ Ce serait mentir de me dire qu’Insane est la seule responsable dans l’histoire Kaïla-Chan, n’y a-t-il pas une autre personne à blâmer dans l’histoire, es-tu aussi lâche que cela pour ne pas reconnaître tes torts ? ~ Ce sont des mots qui blessent, je m’en excuse, mais seuls les plus tranchants peuvent arriver à ton cœur ~

Je voyais rouge tandis que ma robe de combat se matérialisa sur mon corps, perturbant tout mon flux d'énergie et me donnant le vertige. Miri... Miri aussi elle avait sa robe de combat. Et étrange que cela puisse l'être, rageuse que je pouvais me sentir, cette femme me donnait toujours autant froid dans le dos. Et ce n'était pas grâce aux couleurs vives que mon appréhension s'évanouira. Mais de quoi avais-je seulement peur ? De l'avoir offensée sans doute. Qu'elle me massacre car j'ai osé la menacer. Mais Miri n'était pas comme cela... Oui, mais après ce qui venait de se passer, je ne saurais quoi penser de sa personne. Mais ce n'est pas ceci qui devrait me perturber le plus, je ne devrais pas me focaliser sur elle, mais sur ses paroles. Car de son coté -je le sentais- je ne craignais plus rien. Vous me demanderez comment je peux en être sûr ? Je ne sais pas. C'était sans doute cette vague de calme monstrueuse qui émanait d'elle qui me confirmait dans cette certitude.

Et si je n'étais pas en face d'elle, si elle ne me tenait pas la main, si les images de Yume et de moi ne défilaient pas autour de nous, montrant les événements marquant de notre vie -du moins ceux que Miri connaissait-, alors je crois que j'aurais essayé de lui arracher la tête sous ses paroles. Car oui, elle enfonçait le clou là où cela faisait le plus mal, là où je n'aurais permis à personne de s'aventurer sous peine d'une mort lente et douloureuse. Elle... Cette femme à l'allure fantomatique, elle a cerné le problème. Dans un sens. Car ouais, il était vrai que je pouvais partir, mais ce serait encore plus difficile à supporter, car là, je serais démunie de tout. Et retourner à Kobe... Je pense que ce serait encore plus difficile à vivre que de rester à Undai quitte à se faire regarder par Yume comme une simple plante. Enfin... Je ne savais pas lequel des deux prévalait l'autre sur le coup, et cela m'énervait encore plus. C'était horrible de se dire à quel point l'avis de mon ancienne amie comptait encore à présent pour moi, après un mois, après toutes ses tentatives malheureuses de meurtre sur ma personne. Faible. Dans tous les cas, je l'étais, et le voir aussi clairement me rendait malade. Et pour ce qui est de mes torts... Je l'avouais. Du moins, je pouvais le comprendre. Si je n'avais jamais eu cette conversation avec Yume, nous ne serions pas séparées, si je ne l'avais pas provoquée, elle serait sans doute encore avec moi. Je n'étais pas innocente dans l'histoire, même si -selon moi- mon but était honorable. Par contre, de ce nouveau point de vue que je pouvais avoir après-coup, je n'arrivais pas à déterminer si cela en valait les sacrifices.

- J’aime quelqu’un, une personne ne me seyant pas du tout à première vue, mais elle est parfaite pour moi. Cela serait triste de dire que c’est la seule, mais c’est celle là que je veux. Et toi Kaïla-Chan, que désires-tu vraiment ? ~

Ce que je désire... Ce que je veux... Grinçant des dents, je me dégageais de l'emprise de Miri, la flamme rouge dans mon œil droit s'allumant telle une allumette sous l'intense fureur m'habitant. Je balayais les images d'un mouvement ample des bras, ne supportant plus de voir tout ceci. C'en était trop, trop pour que j’acquisse de la tête comme s'il s'agissait d'un simple casse-tête facilement ré-solvable. Ce n'était pas le cas, même si dans la bouche de Miri cela sonnait facilement. Trop. Assez pour que je pète un câble puissance mille en m'écriant haut et fort ce que je pensais de ses paroles et demandes. Pourquoi... Pourquoi cela tournait-il dans ce sens ? Pourquoi à la fin c'est moi qui me retrouvais comme étant la pire de tous ?!

- Ce que je veux ?! Il est trop tard pour l'obtenir. Trop-tard ! Alors non ! Je ne veux plus de cela ! Je ne veux plus de ses sourires ! Je ne veux plus de ses regards, je ne veux plus rien !

Je ne veux plus penser à Yume tout simplement ! Sentant mon énergie grimper en moi avec la fureur, je maudissais ce pouvoir sur le moment. Et dites seulement que je devrais me contrôler, et je vous tranche ! Serrant les mains en tremblant presque de rage, je ne voyais pas Miri, non faute de sa robe de combat plus que flash, mais plutôt car mon regard était complètement embrumé par cette fichue fureur. Ou étaient-ce des larmes ? Commentez et je vous massacre, bordel. Tel un animal en cage dans un espace trop restreint, j'eus la lucidité de dématérialiser ma robe de combat avant que je n'explose. Car oui, j'étais au bord de l'énervement à faire les cents pas sans vraiment en faire. Pour que finalement, un simple chagrin colérique prenne possession de mon être tandis que la colère était toujours là, grondant son outrance. Croisant finalement le regard de Miri, j'abandonnais toute résistance contre mes ressentis, détournant ma tête -me tournant complètement vers la porte d'ailleurs- pour qu'elle ne puisse pas discerner les ravages de cette conversation sur mon visage. Ma voix cassée était déjà un bien grand calvaire à supporter pour ma fierté.

- C'est aussi ma faute... Je le sais, je sais ! Si je ne l'avais pas provoqué, si je n'avais pas mis ce sujet sur le tapis... Rien de cela ne serait arrivé, Insane ne se serait pas réveillé... Cela aussi, c'est ma faute, Yume est instable à cause de moi. Je veux... Je veux qu'elle revienne. Mais c'est égoïste, elle ne sera que plus mal avec moi ! En plus maintenant c'est trop tard, je lui ai causé trop de mal, et à présent j'ai ce que je mérite... Et encore ! Si par magie nous nous réconcilions... Je la blesserai encore, encore, et encore ! C'est inévitable... Je ne veux pas ! C'est leurs fautes à elles aussi, à Dead Master, à Akiha, à Insane !

Essuyant rageusement les gouttes salées s'étant glissées sur mes joues, toute colère s'effaça de mon être. Seule la fatalité ravageuse restait encrée en moi. Tellement que je ne voyais plus de solution. Il n'y avait plus rien à faire, juste se résilier à laisser tomber. Après tout, j'étais stupide, j'étais la seule à me préoccuper de ceci, n'est-ce pas ? D'ailleurs, j'en étais assez persuadée pour le souffler à Miri dans une plainte n'en étant pas une, ce n'était qu'un constat des faits qui me faisait mal, qui me brisait. Mais c'était ainsi, et tôt ou tard, il faudrait que je m'en accommode.

« Et puis c'est trop tard de toute manière, Yume est passée à autre chose. C'est pitoyable... Je devrais la laisser tranquille, mais je n'y arrive pas... » Je soupirais lourdement et frottais mes yeux avec la manche de mon uniforme, avant de secouer la tête et déposer ma main à nouveau sur la clenche afin d'ouvrir cette fichue porte de malheur. « Je comprends votre point de vue Miri-San, je n'aurais pas dû douter de vous... Mais c'est trop compliqué... Et puis... C'est débile à le dire, mais je ne me sens pas capable de passer cette fichue porte, même si j'ai franchement envie de fuir après tout ce que je vous ai dit. »

Riant jaune sur les pensées que je venais de formuler à haute voix, je me détournais de la porte et posais mon dos contre le bois de cette dernière, rivant mon regard dans celui de Miri. M'étais-je calmée ? Osez dire que je suis bipolaire et je vous ramasse sur place. Et non, j'étais tout sauf sereine, c'était juste que j'étais tellement désespérée que je regardais mon propre malheur avec un stoïcisme digne d'une statue de pierre. Sur le coup, plus pitoyable que moi, cela ne se pouvait pas, donc autant ne pas aggraver les choses davantage. Au moins j'étais sincère avec cette fatalité. Ha ha... Il faut que je crève quelqu'un, ou que je crève moi-même, ce serait tout aussi bien en fait.

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MessageSujet: Re: Jour après jour : Nouvelle vision sur la vie.   Jeu 22 Aoû - 21:01

La situation ne pouvait vraiment être pire que celle dans laquelle nous étions. Regardant son visage se déformer, c’est avec une peine immense que je me trouvais devant elle. Je la blessais, je la bousculais pour qu’elle réalise qu’il était inutile de se cacher derrière de faux semblants dans cette situation. Cela faisait un peu plus d’un mois qu’elle venait me voir, râlant sur le comportement de celle qui fut un jour son grand amour, sur cette personne du nom de Yume Kuroi. Yume-Chan a toujours été un disciple, une enfant à mes yeux, cette fille qui reçut tout l’amour et la méchanceté d’Ayame, cette gamine qui brava des péripéties pour les répéter, encore et encore. Ayame avait fait d’elle un monstre, un monstre sans cœur le jour où elle fut forcée d’annihiler sa chère amie. Je n’avais supporté ce choix, c’est pour cette raison que j'ai quitté Undai à grands pas lorsque mon passage fut fait, lorsque ces cristaux oranges brillèrent de milles feux dans mon dos. Ayame avait détruit cet enfant, mais je continuais à l’aimer. Ce choix, cette décision m’avait fait tellement de mal … que je m’étais forcée à oublier ce détail. Kaïla-Chan se voyait être … la nouvelle victime d’Ayame. Je ne pouvais plus fermer les yeux une fois de plus, mais je n’avais le pouvoir, ni le vouloir, de m’y opposer directement. Kurayami devenait donc une arme que je peaufinais pour arrêter cette guerre de sentiments … Cela était vilain de ma part, je m’en excuserai au moment venu.
Elle était notre unique chance dans ce jeu là.

Fermant les yeux quand les images disparurent de la pièce, je dématérialisais ma robe de combat, laissant disparaître par la même occasion mon apparence. M’enfermant dans mon invisibilité, mon visage s’assombrit de lui-même alors que mes pensées furent tournées vers mon invitée du jour. Levant les yeux vers sa personne, ma poitrine me faisait mal, sa douleur, sa mélancolie était si palpable qu’elle m’affectait presque.

- Ce que je veux ?! Il est trop tard pour l'obtenir. Trop-tard ! Alors non ! Je ne veux plus de cela ! Je ne veux plus de ses sourires ! Je ne veux plus de ses regards, je ne veux plus rien !

Des mots qui me blessèrent directement, quel amusement de voir ses propres tirades nous retomber dessus. Affichant un fin sourire en reposant mon masque d’insensibilité sur le visage, je fis un pas en avant quand elle se dégagea de mon emprise. La laissant dématérialiser sa robe sous la peur d’un surplus d’émotion, j’abdiquais en marquant le silence sur ses dires. Il était trop tard, il n’est jamais trop tard. Yume-Chan avait besoin de Kaïla-Chan, elles avaient besoin l’une de l’autre. Ce n’était pas par égoïsme que je les voulais ensemble, non, c’était pour réparer un tord que je n’avais empêché auparavant. Une sorte de consolation pour le reste de mes jours ? Peut être, mais je préférais pleinement penser que c’était pour leur bien, plutôt que le mien.

Détournant le regard quand elle se tourna pour me montrer son dos, c’est une fois de plus dans un silence mortel que je laissais ses sanglots résonner dans la pièce. Laissant même sa voix si froide, si cassante, si brisée détonner dans mon ouïe tel un cri d’injustice suppliant qu’on ne la juge pas, qu’on ne lui en veuille pas de ses erreurs. Nous étions humains. Nous n’étions pas qu’Undai’ens. C’est ces pensées qui me permirent de garder mon humanité, c’est ses fines paroles non écoutées par Yume-Chan qui la firent sombrer dans le chaos. C’est ces dires que je devais faire entendre à Kaïla-Chan, c’est avec le peu d’amour qu’il lui restait que je veux bâtir un nouvel univers, un monde où elles seules pourront vivre, et ce à tout jamais. Mes grandes idées de bonheur me tueront sans doute, mais je n’avais peur de sacrifier ma vie pour celles de ces deux personnes. Yomi-Chan me suivra dans les ténèbres, là où est sa place de toute manière ~

- C'est aussi ma faute... Je le sais, je sais ! Si je ne l'avais pas provoqué, si je n'avais pas mis ce sujet sur le tapis... Rien de cela ne serait arrivé, Insane ne se serait pas réveillé... Cela aussi, c'est ma faute, Yume est instable à cause de moi. Je veux... Je veux qu'elle revienne. Mais c'est égoïste, elle ne sera que plus mal avec moi ! En plus maintenant c'est trop tard, je lui ai causé trop de mal, et à présent j'ai ce que je mérite... Et encore ! Si par magie nous nous réconcilions... Je la blesserai encore, encore, et encore ! C'est inévitable... Je ne veux pas ! C'est leurs fautes à elles aussi, à Dead Master, à Akiha, à Insane !

Elle le disait enfin, elle avait compris et une certaine fierté plana autour de mon aura si calme. Un sourire légèrement plus large, je me dirigeais vers elle, prête à poser mes mains sur son épaule pour la dissuader de partir. Mais je ne fis rien, voyant qu’elle ne fera pas ce geste en vue des tremblements de sa main sur la clenche. Avait-elle peur de croiser Yume-Chan dehors ? Avait-elle peur d’une nouvelle ignorance de sa part, avait-elle tant peur de cette femme pour être ainsi ? Non, c’était la peur de voir qu’elle n’était plus rien une fois de plus, dans les yeux de Black Rock Shooter ~

- Et puis c'est trop tard de toute manière, Yume est passée à autre chose. C'est pitoyable... Je devrais la laisser tranquille, mais je n'y arrive pas... J comprends votre point de vue Miri-San, je n'aurais pas dû douter de vous... Mais c'est trop compliqué... Et puis... C'est débile à le dire, mais je ne me sens pas être capable de passer cette fichue porte, même si j'ai franchement envie de fuir après tout ce que je vous ai dit.

Élargissant légèrement mon sourire dans une expression de compassion, je bouchais le peu d’écart qu’il y avait entre nous pour venir la blottir dans une étreinte amical. Fermant les yeux durant ce court contact, je me reculais malgré moi, sachant pertinemment que ce toucher pouvait effrayer Kaïla-Chan. Lui adressant un nouveau sourire en remettant en place l’une de ses mèches frivoles, je laissais ma voix douce résonner dans cette pièce chargée en confession. « Tu peux rester ici, Kaïla-Chan ~ ». Un petit clin d’œil et je lui tournais le dos, me dirigeant avec grâce vers la cuisine, laissant cette jeune fille respirer après avoir tant dit. Il était inutile que je réponde à ses paroles, il n’y avait nullement besoin de contradictions, elle avait compris ce que depuis longtemps, je voulais qu’elle sache. Ouvrant le frigo pour voir ce qu’il me restait, je sortis quelques ingrédients de celui-ci, les étalant sur mon plan de travail, je préparais les légumes alors que mes poêles se lancèrent. Restant ainsi une bonne vingtaine de minutes, cuisant le riz, la viande, les légumes, je ressortis de la cuisine, plateau en main, prête à mettre la table. Du moins, ce fut ce que je comptais faire, mais la vision de Yomi-Chan avec Kaïla-Chan me stoppa net. Hum ? ~

- Elle s’est endormie. J’ai écouté … Tu comptes faire quelque chose pour elle, Miri ? C’est pas tes affaires, elles …

« Elles ont besoin de nous, Yomi-Chan ~ Yume-Chan ne t’a-t-elle pas aidée quand tu en avais le plus besoin ? ~ ». Aucune réponse ne sortit des lèvres de mon élève. Affichant un petit sourire, je déposais la nourriture sur la table alors que Yomi-Chan prit Kaïla-Chan à bout de bras pour la conduire dans ma chambre. Tant de générosité n’était pas normal chez sa personne, avait-elle déféqué son mauvais caractère suite à l’odeur du laxatif ? ~ Non, plus sérieusement, je ne pouvais qu’être contente de tout cela. La voyant revenir, je me glissais dans son dos, entourant de mes bras sa taille avant de venir lui murmurer délicatement Ô combien sa gentillesse me touchait ~

- Je ne savais guère que Yomi-Chan pouvait être si gentille ~ C’en est mignon à  croquer, ma chère amie ~

Un simple juron de sa part, une dernier insulte connue sous l’expression « d’Alien », et nous mangeâmes, laissant l’âme en peine se poser dans notre chambre, laissant ce corps si désolé, reprendre des forces pour affronter la vérité.

END

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