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 Mise au point, ou prise de poings.

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Mise au point, ou prise de poings.   Mar 2 Juil - 20:56

Où était-elle ? Où pouvait bien se trouver son être ? Pourquoi, pourquoi je n'arrivais pas à l'atteindre ? Pourtant je cherchais, je courais à perdre halène dans cet endroit trop beau, trop coloré tandis que seul le sang régnait dans ce lieu. Je n'en pouvais plus, j'étais épuisée, mais je ne lâchais pas l'affaire, je ne pouvais abandonner maintenant, pas avant que je ne sois sûre de rater. Là, j'avais de l'espoir, j'étais persuadée que je pouvais la retrouver, que je pouvais réussir dans le but que je me suis fixée, que j'étais destinée à faire ce que je faisais. Il n'y avait rien à ajouter, si j'étais là c'était pour elle et personne d'autre, et ce n'est pas une contradiction, un petit obstacle du genre qui allait m'arrêter ou me décourager. J'étais plus forte que cela, je croyais en moi. Alors... Pourquoi je ne parvenais pas au résultat voulu ?

Découragée, je tombais à genoux, poings serrés sur la terre ferme et fraîche où la verdure se propageait démontrant sa fertilité. C'était faux. Tout ici était faux. Cette beauté cachait des horreurs, cette terre brune était parsemée de sang, ce monde n'était que vice et malheur et nous, humains, y respirions cet air pollué qui nous contaminait et nous rendait aussi mauvais. Faux ! Ce n'était pas le monde, ce n'était pas la terre qui était à blâmer, c'étaient les humains qui la rendirent ainsi, elle, elle ne s'est juste pas défendue. Lâche... Mais en même temps, comment se défendre des monstres que nous étions ? Impossible.

Tous ses efforts que j'eus fait, à quoi servaient-ils au juste, si je ne pouvais avoir ce que je voulais même en bossant de toutes mes forces ? Pourquoi ce fichu monde m'était tombé dessus?! Pourquoi ce destin ne voulait pas me rendre la tache plus simple ? Parce que j'étais une partie du rouage qui a tout détruit. J'étais... un être mauvais. Et je payais les vices de mes ancêtres ainsi que de mes compatriotes. Me relevant du sol, rageant de me laisser aller, surtout que je me suis promise de ne pas abandonner, je me remis à courir, toujours plus vite, toujours plus loin. Mes poumons allaient exploser, l'air me manquait, mon corps me brûlait, tandis que ma vision se brouillait sous la sueur perlant sur mon front. Où était-elle ?!

Ma vie était un désastre que j'essayais à tout prix de redresser. Parce que je ne voulais pas que cela continue, je voulais que le monde autour de moi s'adapte, que je ne sois pas le mouton noir de l'univers. J'exagérais peut-être les choses, je n'étais pas si mal placée, j'avais eu tout, mais ce tout m'a été retiré. C'était pour cela. Si je n'avais jamais rien eu, rien ne me manquerait, je me contenterai d'une simple vie humaine, où je respirerai jusqu'à qu'un accident me fasse finir au fond d'une tombe. Une simple vie... Ce n'était pas pour moi. Moi, je faisais tout pour rendre cette existence difficile, meilleure, mieux supportable. J'ai tout fait pour. J'ai joué avec le feu, comme j'ai profité de la douceur de l'eau. J'ai pris des risques, comme je me rendais prudente. J'ai détesté autant que j'ai aimé. J'ai été une meilleure personne autant que je suis devenue terrible. J'ai fait du mal aux autres, je devais l'avouer, mais c'était parce qu'eux aussi m'ont blessés. Œil pour œil, dent pour dent. Sauf que je m'en prenais plein la figure au lieu de rendre les coups.

Trébuchant sur le sol glissant, je tombais une fois de plus, reprenant ma respiration comme si ma vie en dépendait, je serrais les dents en me disant que tout cela, n'a finalement servi qu'à me pousser dans mes retranchements, dans mes dernières limites. Je me suis battue tout ce temps pour ce moment, et maintenant, c'était terminé... Non, non, je ne pouvais dire cela, rien n'était fini, il y avait encore tant à faire. La preuve, je me trouvais là, à courir derrière un être, en désespérant presque de ne pas pouvoir le toucher. Le passé reste le passé, le présent peut être manié pour que le futur soit meilleur. C'est ce qu'ils m'ont dit, c'est ce que j'ai cru après maintes méditations. Le résultat auquel je suis arrivée était unanime. Je n'ai pas lutté pour rien. Je suis arrivée à remonter la pente de ce désastre, je suis parvenue à m'accrocher encaissant erreur sur erreur. J'ai réussi, mais pourtant, je veux abandonner si près de ce but que je ne pourrais que frôler du bout des doigts, le voyant, me disant qu'il est tout proche, mais que jamais je ne pourrais l'attraper pleinement.

J'ai suivis des cours particulier. J'ai bossé comme une malade, j'ai même fait partie du Conseil pour mon propre matricule. J'ai aidé les autres, ces gens qui m'ont blessés, je les ai épaulés dans leurs malheurs, sans demander quoi que ce soit en retour. Quoi que, j'ai tout de même espéré avoir la paix. Cette paisible sensation de bien être qui m'enveloppait telle une brume, qui se dissipait telle une fumée. Je me suis améliorée dans tout. Dans les matières grâce à un fantôme très aimable. Dans ma façon de vivre, grâce à un être aimant d'un amour pur. Dans ma vision du monde, grâce à une personne aux croyances douces. Combien de temps c'est écoulé depuis mon dernier échec ? Assez pour que je dise que tout cela était dépassé. Je suis parvenue à obtenir énormément. J'étais guérie, j'étais libre, j'ai nettoyé mes dettes, j'ai accompli mes vengeances -la plupart-, je suis revenue dans la compétition. Sauf une. Une pour laquelle j'étais là, ordinateur portable dans un sac traînant au sol, un uniforme débraillé -ou ce qu'il en restait-, une vision floue du monde qui m'entourait, un besoin de la voir me tiraillant de l'intérieur. J'étais si près du but que j'étais effrayée de l'atteindre. J'avais peur de continuer dans cette voie trop déblayée d'obstacles, trop facile à suivre.

Matérialisant mon épée géante, je me plaisais dans cette force n'étant mienne, que je m'étais appropriée. Traversant la foule des étudiants à toute allure, je ne prenais garde aux insultes et cris me suivant à la trace, je n'avais pas le temps de m'occuper des autres, j'avais assez avec moi-même. J'avais assez avec elle. Cette femme m'ayant retourné l'esprit, m'ayant rendue heureuse, m'ayant trahie autant que réconforté. Cette personne que j'eus craint, que j'eus respecté, que j'eus haïe autant que je l'aimais. Elle était devenue en peu de temps mon amie, ma bouée, ma confidente autant que mon adversaire et mon professeur. Celle qui me comprenait... Mais qui ne réalisait pas ce qui se passait de l'autre coté de cette belle idylle créée par le destin. Elle ne comprenait pas que les gens en qui elle croyait n'étaient que des monstres, mauvais à souhait. Elle me répondrait facilement -tout naturellement- qu'elle était comme eux, mais cela non plus, je ne pouvais lui pardonner. Dire ce genre de choses, était inconcevable, elle n'était pas comme eux, elle était une personne toute différente. Monstrueuse peut-être, mais trop douce en même temps. Comment devrais-je vous expliquer cela ? Elle avait des croyances fortes, mais elle était paradoxale. D'un coté elle savait qu'ils étaient mauvais, qu'ils lui faisaient du mal aussi, mais d'un autre, elle les aimait alors, elle leur pardonnait. Je détestais cette facette de sa personnalité.

Pestant contre mes pensées, j'ai finalement décidée de ne pas abandonner, et si je ne pourrais lui faire comprendre, alors je la forcerai à m'écouter. Non, je n'avais que faire qu'elle m'écoute, je voulais qu'elle réalise que je n'accepterai plus cette situation. Sautant en plein milieu d'un groupe d'étudiants, je plantais mon épée au sol en échiquier et pris appuis dessus afin de me propulser dans les airs, sur un pilier. Elle devait être là... Elle n'avait pas le choix. J'ai fait énormément d'effort pour arriver jusque là, alors, elle ne pouvait pas tout bonnement être ailleurs. Et c'est là, essoufflée, que je la vis, cette mince silhouette aux couettes se balançant au grès d'un vent de matérialisation, surplombant cet univers gris de son regard si bleu. Elle était pure, mais tellement tachée en même temps.

- Yume !

Sautant d'un pilier à l'autre, j'arrivais rapidement à sa hauteur. Elle était là, je pouvais la toucher, mais je ne pouvais pas l'avoir rien qu'à moi, je ne pouvais pas la convaincre que ceux en qui elle croyait, n'étaient que des monstres ne méritant pas sa clémence. Me mouvant dans ma robe de combat dans laquelle je me sentais tellement agile, tellement forte, je vins prendre mon amie dans mes bras sans demander mon reste. « Je suis désolée, mais je n'ai pas le choix... » Soufflant ces quelques mots à son oreille, je matérialisais dans ma main une certaine Silver Sword que je plantais à travers du corps de Black Rock Shooter, la prenant sans doute au dépourvu. Regard déterminé, ne montrant pas la moindre pitié ou peine, visage fermé, je vins l'embrasser, goûtant au sang qui s'échappait de sa bouche. Une fraction de seconde en plus, et tout son corps fut parcouru d'électricité qui émanait de tout mon corps, un autre flash de surprise et je lui brisais la nuque dans une grimace involontaire. Dématérialisant mon arme, j'attrapais mon amie dans les bras et nous fit disparaître dans un dernier soupir fatigué. J'étais si près...

Nous téléportant sur le pont, mon amie dans les bras, je dématérialisais ma robe de combat ainsi que la sienne. Ma chemise relativement blanche se transforma en un petit ensemble moulant et noir, tandis que j’accélérais mon pas, jusqu'à une voiture noire se trouvant un peu plus loin. Faisant un signe de la tête au chauffeur, se dernier sortit pour m'ouvrir la porte, où je me glissais, installant le corps de mon amie en position couchée, son beau visage sur mes genoux. Caressant ce dernier, j'indiquais une adresse à l'homme vêtu de noir se trouvant à l'avant du véhicule. Dix minutes. Peut-être quinze, pendant lesquels la peur grognait en moi tandis que tous mes muscles étaient contractés sous la concentration. Si elle se réveillait, je devrais lui administrer un nouveau traitement brutal, même si cela ne me plaisait pas. Je ne voulais pas lui faire du mal, mais... c'était le seul moyen.

La voiture s'arrêta, mais je ne me détendis pas, pas encore. Sortant du véhicule, j'allais à l'arrière du bâtiment sombre se trouvant dans un petit quartier reculé de Kyoto. Entrant par une porte plaquée de rouge vif, je fis irruption dans l'ambiance étouffante des lieux. N'attendant guère que quelqu'un vienne m'accueillir, je sortis la clé de la chambre voulue -que j'eus réservée deux jours avant- et amenai Yume dedans. Fermant derrière moi à clé après avoir déposée mon amie sur le lit double tapissé de draps rouges, je me laissais tomber dans un fauteuil en cuir de la même couleur, ne détachant pas mon regard rubis du corps de Yume.

Une minute passa... Peut-être deux. Je me relevais, et matérialisais un couteau de chasse dans la main. Montant sur le lit douillet, je me positionnais sur son corps à califourchon. Maintenant, il fallait qu'elle se réveille, qu'elle m'entende enfin hurler silencieusement mon désaccord. Mettant la lame sous sa gorge, j'attendis qu'elle remue, qu'elle donne signe de vie. Chose qui ne tarda pas, chose qui arrivait et qui me rendait d'autant plus déterminée. Ses yeux, ses beaux yeux azurés s'ouvrirent enfin, doucement. Je ne lui laissais le temps de réagir que ma vois détonna dans cette pièce sombre éclairée par des lumières tamisées.

- Je ne te laisserai pas aller la voir, Yume. Je me fiche que ta maîtresse te permette de sortir ou non, tu n'as pas à lui demander la permission. Tu vas rester avec moi aujourd'hui, parce que j'ai décidé ainsi.

Son portable ? Broyé en mille morceaux depuis longtemps. Détachant la lame de sa gorge, je la fis disparaître dans un soupir lourd avant de bouger du corps se trouvant sous moi. Me levant dans un grognement mécontent, je repris place sur le fauteuil en pointant la table du doigt où des plats n'attendaient qu'à être mangés.

- Je n'apprécie pas la manière dont tu te comportes avec l'autre chienne blonde.

Roulant des yeux, je fis une moue boudeuse avant de sortir mon ordinateur portable de sa protection, l'ouvrir, et le lancer sur le lit afin que Yume aie la vue sur la page ouverte se trouvant dessus. Et sur cet écran, il y avait deux choses, un tableau montrant mes derniers résultats après que Miri m'eut « torturée » dans mon apprentissage, ainsi qu'une note quémandant à Yume de cesser toutes activités qui demanderait la présence d'Akiha. Non, je n'étais pas jalouse ou quoi que ce soit de tel, je voulais juste préserver mon amie de la mauvaise influence que l'autre chose avait sur elle. Cela se sentait, cela se voyait, elles étaient quasiment amies. Et je ne le supporterai en aucun cas.

- Dis-moi, qu'est-ce que tu lui trouves à cette hyène ?

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Mise au point, ou prise de poings.   Mar 2 Juil - 21:25

C’était un autre jour, un différent du présent, un appartenant au passé, à ces gens que j’aimais tant, à ce monde que je ne connais plus vraiment, que je me suis forcée à oublier, que j’ai préféré … renier. Que s’était-il passé avant la tragédie de mon enfance, qui étais-je ? Qui sont mes parents, sont-ils toujours vivants ? Des questions auxquelles je connaissais les réponses, parce que oui, je l’ai toujours su. Cela remonte à plus de dix ans, si pas plus d’ailleurs … cela faisait un peu moins d’un an que je me retrouvais à Undai, un an durant lequel je me faisais déjà former pour être l’enfant idéal pour Dead Master. Oui, je devais être parfaite, parce qu’elle était mon modèle. Je devais être comme elle, je devais être splendide, je devais être grande, intelligente et puissante. Et ça … cette pierre qu’elle m’a donné me permettra de marcher à ses côtés. A croire que finalement … la seule chose que j’eus toujours désiré fut de pouvoir marcher à côté d’Ayame, main dans la main … comme étant son égal. Ma chère et tendre sauveuse, mon modèle, ma sœur, ma mère … mon unique famille.

Commençons réellement mon histoire, sur une nuit peu commune qui se déroula à Undai. Tapie dans l’ombre, je regardais par la fente de la porte ce qu’il se passait dans le bureau d’Ayame cette nuit là. Silencieuse en laissant mon corps trembler sous l’adrénaline de se faire choper, j’écoutais et regardais avec attention les trois personnes présentes. Il y avait deux femmes avec la directrice … Elles parlaient de moi. J’ai entendu mon nom de famille plusieurs fois … Elles parlaient également des raisons ayant poussé Ayame à me prendre … les deux femmes criaient beaucoup en disant que c’était de la folie … et de la connerie. Je crois que j’ai voulu pleurer à ce moment là en me disant que même ici je ne serai pas acceptée, mais je me suis retenue et je suis restée. Regardant, encaissant, écoutant, me retenant de venir hurler mon désaccord sur leurs dires. Elles … elles n’avaient pas le droit de me juger. Ces humains, ces choses … elles étaient toutes comme lui … Ayame … Ayame-Chan … Ayame-Sama … Dead Master. Sauvez-moi, ne m’abandonnez pas !

Ouvrant la porte de mes petits bras, je fonçais dans le bureau en ouvrant les bras tout en fusillant du regard les deux protagonistes. Je serrais mes dents, mes poings, mon corps entier était contracté alors que ma voix sortie comme un hurlement disant clairement « VOS GUEULES ! ». La politesse n’a jamais été de vigueur chez ma personne quand je suis énervée … Hum. Une des femmes s’est approchée et est venue me gifler, je me souviens encore de cette douleur quand mon corps est tombé lourdement sur le sol, mais ce dont je me souviens surtout fut la manière dont Ayame est arrivée dans son dos pour venir la décapiter … en souriant. Je crois que c’est là, la première fois que j’ai vu l’aura terrifiante de cette femme et pourtant … pourtant je la trouvais si magnifique à cet instant. Elle … elle m’avait défendue, elle m’avait sauvée une fois de plus. Que fit la dernière ennemie ? Elle cria et changea ses vêtements pour foncer dans la directrice, enfonçant sans gêne une sorte de tige dans son abdomen avant de la retirer pour venir l’abattre sur sa tête. Elle ne l’a pas touché, non, elle est morte bien avant … son corps a explosé … Encore maintenant, je ne sais comment Ayame s’y était prise pour. Le sang étranger couvrant mon corps, je restais tremblante au sol, perdant mes moyens devant cette scène si grandiose, si importante … Pourquoi … Devrais-je …

- Yume-Chan est à moi, personne ne peut lui faire du mal n’est-ce pas ? ~

Personne, non personne, sauf elle. Je me vois encore dans ses bras, elle n’ayant peur de salir ses vêtements, j’essuyais tant bien que mal le sang se trouvant sur mon visage tout en frottant mes larmes sur la directrice, cherchant du réconfort. Trop jeune … j’étais trop jeune et pourtant, là n’était le début de ce que j’allais apprendre, ou du moins créer. « Yume-Chan me considère comme son unique famille, n’est-ce pas ? ~ ». Oui, sans elle je ne serai rien, elle était tout pour moi. « Yume-Chan m’aime plus que tout n’est-ce pas ? ~ ». Je me serais sacrifiée pour elle, je l’aurais défendue si j’en avais eu le pouvoir, jamais, jamais je n’aurais voulu la trahir, je l’aimais, je l’aime. « Yume-Chan restera à tout jamais à mes côtés, n’est-ce pas ? ~ ». Toujours, jamais … jamais je ne voudrais la quitter. A tout jamais, nous serons ensemble. « Yume-Chan comprendra que je doive me débarrasser de ceux qui risquent de nous séparer, n’est-ce pas ? ~ ». Tous, qu’elle les tue tous ! Je n’ai besoin que d’elle. « Que d’elle » … Une pensée futile d’enfant qui me suivit encore maintenant sauf que maintenant, je n’avais plus besoin que d’elle, non, j’avais aussi d’autres personnes. Et à cette époque … jamais je n’aurais cru que j’allais perdre autant en disant « Oui » à ses questions. Mes parents, mes amis, Strength … Kaïla. Non, ce n’est pas moi qui les ai tué !
… Je ne veux pas de cette responsabilité.

Et pourtant, j’étais coupable, et cela je le compris quand elle partit la nuit d’après, je savais où elle allait et ce qu’elle allait faire. J’avais compris que ce n’était pas que de moi qu’elle parlait mais également de ce qui un jour, constituait ma famille. Maman, papa … qu’ils meurent. Tous. C’est eux les montres, eux qui m’ont abandonnés, eux qui doivent en payer le prix plein, qu’ils souffrent. Je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai attendu qu’elle revienne, j’ai voulu la voir traverser la porte après avoir fait son devoir, je voulais voir le sang de mes parents sur ses manches, sur ses vêtements, sur sa peau. Je m’étais assise devant la porte, assise dans le nuit au milieu du couloir à attendre, fixant inlassablement la porte jusqu’à ce qu’elle s’ouvre.

- Ayame … okaerinasai Ayame-Sama.

Silence … Non. Levant les yeux vers les personnes se trouvant dans l’arène, un simple « Ah » traversa mes lèvres quand je retombais sur terre, laissant mes pensées s’en aller en même temps que la brise qui caressait mon visage. Mes parents … Haha. Je ne les ai jamais revu, je ne me souviens même pas du visage de ma mère ni celui de mon père … à qui ressemble-je ? Parfois, je me disais que ma génitrice devait avoir le même physique que le mien, que mes yeux bleus se mélangeraient aux siens s’ils se croisaient. Mon caractère venait de mon géniteur, un homme fort et courageux, endurant. Pensée futile alors que je décrivais ces gens comme lâches et fourbes. Je ne voulais même pas leur chercher d’excuses, ils avaient trahis leurs chairs.

Bouger, il fallait que je bouge … J’avais rendez-vous avec Akiha aujourd’hui encore. Depuis peu on se voyait au moins tous les jours, si pas deux à trois, à quatre fois sur la même journée. Et le pire dans tout ça ? C’est qu’on ne se tapait même pas dessus, non, nous avions appris à nous parler et peut être même, à rire ne serait-ce qu’un peu ensemble … Hum. Passons. Soupirant en faisant balancer mes pieds dans le vide, je regardais au loin, cherchant un point d’accroche pour me donner de nouvelles idées. Et à quoi, ou plutôt à qui pensais-je ? Kaïla. Toujours, toujours elle. Affichant un petit sourire en pensant à mon amie, je baillais silencieusement en me disant que pour elle aussi, je m’étais battue. Pour qu’elle ne finisse pas comme les autres, qu’elle vive. Elle m’avait séparé d’Ayame, elle avait été la cause de beaucoup de mes malheurs mais en même temps, tout ce qu’elle m’avait offert complétait aisément les trous qu’elle avait formé. Elle était … ma lumière. La chose la plus belle qui me soit arrivée de connaître, un être à part, unique, et je me dis digne d’être avec elle. Oui … je l’aimais. Détachant mes yeux du paysage, je les déposais à présent sur une personne qui venait de faire son entrée. Voyant sa personne se mouvoir jusqu’à non loin de ma personne, un simple « Yume ! » de sa part et je tournais complètement mon corps pour voir ce qu’elle me voulait. Non, la phrase fait genre que je ne suis pas contente qu’elle vienne me voir, au contraire ! Oui … je veux qu’elle soit là. Mais je ne bougeais pas, je restais impassible en la voyant sauter de pilier en pilier pour me retrouver. Décidant tout de même de me lever alors qu’elle arrivait à ma hauteur, j’affichais un petit sourire tout en commençant à lui dire « Kaïla … Je… ». Ma phrase ne s’est jamais finie. Et ce parce que sa Silver Sword vint se planter dans mon abdomen, me faisant perdre pieds aussi bien sur la surprise que sur je ne sais quoi. Je n’ai pas compris le reste, j’ai senti du sang couler de ma bouche, ses lèvres sur les miennes et une douleur atroce me parcourant tout le corps. Serait-ce possible que ? Kaïla …

Je ne sais pas combien de temps je me suis assoupie, autant que je ne connais toujours pas la raison qui a poussé Kurayami à me faire ça. J’avais beau m’imaginer mille et un films, aucun ne pouvait assez me satisfaire pour que je dise « Oui, c’est ça ! ». Peut être qu’elle a décidé de me trahir et de rejoindre le camps de l’imposteur et sous, trop de confiance en sa personne, elle savait qu’elle n’aurait pas de difficulté à m’avoir par surprise. Ou alors c’est Ayame … qui la forcé à me faire ça pour que je la déteste. On peut dire aussi que ce n’était que par envie, sous un coup de folie pour me montrer que je ne dois pas trop lui faire confiance. Je ne sais pas et je veux savoir. Et c’est ce que j’allais découvrir. Ouvrant les yeux en sentant un métal froid sous la gorge, je croisais le regard de Kaïla en comprenant ma situation. On aurait pu trouver cela érotique, son corps sur le mien, un endroit semblant m’être inconnu … on oublie le couteau et on passe à « Un, deux, trois, on s’aime comme ça » ? Haha. Grinçant des dents en ne faisant aucun mouvement, j’étais déjà prête à lui aboyer dessus, mais rien ne sortit de ma bouche puisque tout sortit de la sienne ;

- Je ne te laisserai pas aller la voir, Yume. Je me fiche que ta maîtresse te permette de sortir ou non, tu n'as pas à lui demander la permission. Tu vas rester avec moi aujourd'hui, parce que j'ai décidé ainsi.

Pardon ? Non que je ne comprends pas mais c’est tout comme. Comment ça j’avais pas le droit d’aller voir Ayame et de la prévenir que je sortais ? Non, minute papillon ! Ha. Non, je ne comprends toujours pas. Me redressant quand elle ôta l’arme de ma gorge, je la questionnais du regard, mais rien ne sortit de sa bouche, à part peut être des grognements incompréhensibles. Détaillant son visage froid et fermé, je cherchais vainement l’erreur que j’eus pu commettre ces derniers jours … Non, je n’avais rien à me rapprocher. Sentant une colère sourde naître en moi également, je croisais les jambes en la fixant jusqu’à ce que « Je n'apprécie pas la manière dont tu te comportes avec l'autre chienne blonde. ». Soupirant silencieusement en faisant « non » de la tête invisiblement, je passais une main sur celle-ci avant de poser mes yeux sur le pc qui se fit jeter à côté de moi. Faisant glisser la fenêtre du doigt, c’est avec un certain contentement que je vis que les cours de Miri-Tan avaient donnés ses fruits. Au moins quatre-vingt pour cent partout … Et dire que le semestre passé elle n’arrivait même pas à toucher le cinquante. Déplaçant la fenêtre en voyant une autre en dessous, je blanchissais en lisant les lignes inscrites en « bold ». Haha, je cite ;

« Règlement rentrant en vigueur à partir de maintenant, concernant Yume Kuroi ;

… »

Vous avez vraiment cru que j’allais vous décrire ce qu’il y avait écrit là dessus ? Il en était hors de question … C’était tellement … grotesque. Et ce tellement que je perdis mes moyens devant tant de choses dérisoires concernant UNIQUEMENT Akiha. Une fixation sur l’autre blonde ? Sans doute et cela se concrétisa par la suite des ses paroles. « Dis-moi, qu'est-ce que tu lui trouves à cette hyène ? ». Complètement fou, terriblement fou. Tellement que je n’avais qu’une envie, lui répondre de but en blanc, « Ce ne sont pas tes affaires ». Mais je n’étais pas comme ça, non, moi je préférais soupirer ou tout simplement ignorer. Et je fis même les deux. Me levant du lit en regardant ce que je portais, je me dirigeais vers l’unique fenêtre de la chambre. Tirant les rideaux afin de donner de la clarté à la pièce, je plissais les yeux en regardant ce que je pouvais voir dehors … des poubelles. Hum. On est où ? Zieutant de gauche à droite pour trouver un indice de l’endroit, je me dirigeais vers la table de nuit sur laquelle trônait la carte de visite … du lieu je suppose. « Le paradis des autres ~ » Qui était assez con pour appeler … un hôtel comme ça ?! Soit. Me frottant la tête en laissant tomber le bout de carton, je me tournais enfin vers Kaïla pour venir lui demander -sans doute trop sèchement- ;

- Et c’est pour me conduire ici que tu m’as poignardé, électrocuté et finalement kidnappé ? Tu aurais pu être plus douce.

Lui faisant dos en passant ma main dans mes poches à la recherche de mon gsm, je soupirais une fois de plus. Où était-il ? Je ne le demanderai pas. Et il fallait que je dise ou fasse quelque chose, parce que là … l’ambiance se chauffait mais pas dans le bon sens. Soupirant pour la énième fois, je me retournais pour venir près de mon amie, m’asseyant sur le sol, déposant ma tête contre ses genoux en remontant les miens sur ma poitrine, j’hésitais à lui répondre. Cherchant les mots corrects pour ses questions, je fermais les yeux avant de faire vibrer mes dires en les claquant un à un sur ma langue ;

- Je ne lui trouve rien. Elle est juste là et on arrive à s’entendre ne serait-ce qu’assez pour arranger nos différents … Je … lui fais confiance. Elle a montré qu’elle tenait à Ayame, c’est ce qui compte pour moi.

Levant les yeux vers Kaïla en sachant que mes mots devaient être durs pour elle, je glissais ma main dans la sienne en venant déposer mes lèvres sur les siennes. Sachant que je risquais de me faire repousser, je me redressais de moi-même. Me dirigeant vers la porte en posant ma main sur la poignée, j’essayais de l’ouvrir. Fermée … Hum. Affichant un petit sourire à l’encontre de mon amie, je lui demandais timidement ;

- Tu comptes vraiment me séquestrer ? Ca ne me dérange pas … Au moins je pourrai te féliciter pour tes notes. Tu crois que je devrais demander à Miri-Tan de nous rejoindre ? ~

Haha. Personne ne rit. Haha … merde ?

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MessageSujet: Re: Mise au point, ou prise de poings.   Jeu 4 Juil - 22:28

Bras croisés, regard insistant, je décidais de ne pas la laisser s'en tirer sans me donner de réponses précises, quitte à devoir lui tirer les vers du nez de force si elle ne voudrait me répondre. Je connaissais assez bien cette fille pour savoir qu'il fallait insister pour qu'elle s'exprime, car si je laissais tomber après ma question, jamais je n'aurais eu de réponse de la part de cet Iceberg plus expressif que vous ne pouvez l'imaginer. Moi je pouvais, je couchais avec elle, je vivais avec elle, je savais par ce fait déchiffrer ses expressions les plus infimes pour en retirer des informations. Et pour le moment, qu'est-ce que je voyais devant moi ? Une femme exaspérée qui n'avait que faire de ma mauvaise humeur. Chose qui me rendait d'autant plus de mauvais poil. Je n'en démordais pas d'autant plus quand elle se leva pour faire le tour de l'endroit se demandant certainement où elle s'est retrouvée.

Pour la petite histoire, cet hôtel discret et méconnu des ruelles sombres de Kyoto n'était pas un choix au hasard. Je l'eus découvert par le biais de certains mecs de ma classe qui ont parlé d'un endroit calme où ils sortaient de temps en temps pour s'aérer d'une certaine manière. Curieuse que je puisse être en mode « je ne fais pas attention à vous », c'est avec une facilité déconcertante que je les écoutais jusqu'à ce que l'un d'eux me capte. Après ? Une longue conversation s'engagea entre nous pendant le cours de math, tellement longue que j'ai même cru voir Yomi quelque part devant à me fusiller de son regard haineux, sous les sujets que nous avancions. De quoi il s'agissait au juste ? Bande de curieux. Nous ne faisions que parler de cette règle stupide qu'était de ne pouvoir coucher avec les personnes du sexe opposé. Entourée de mecs qui n'appréciaient pas forcément les pratiques sodomites, je pus entendre de nombreux astuces qu'ils avaient pour détourner le règlement. Évidemment, dans mon cas je n'avais aucun souci pour cela, depuis que l'autre folle de directrice m'a laissé tranquille, mais ce n'est pas pour autant que je ne me suis pas intéressée aux différents lieux qu'ils mentionnaient. D'ailleurs, j'y étais tellement à fond que j'ai noté l'adresse du « Paradis des autres ~ » constatant que cet hôtel était parfait, discret et personne ne se posait de questions sur ses visiteurs. En somme, même si on tuait ou violait quelqu'un là dedans, cela passerait inaperçu dans une certaine mesure. Endroit parfait pour parler avec Yume sans nous faire déranger par qui que ce soit.

C'est hier -un jour avant- que j'ai réservé une chambre là-dedans, d'abord gênée de rentrer dans un tel lieu, je pris rapidement mes résolutions quand je compris l'importance de cette conversation à venir entre mon amie et moi. C'est ainsi, combattant mes préjugés et échafaudant un plan pour attraper Yume que je parvins à ce que j'avais là maintenant sous mes yeux. Une Yume déconcertée, moi énervée, dans un hôtel méconnu.

- Et c’est pour me conduire ici que tu m’as poignardé, électrocuté et finalement kidnappé ? Tu aurais pu être plus douce.

Rougissant légèrement en constatant qu'effectivement, j'y suis peut-être allée un peu trop fort. Du moins, si j'aurais subi la même chose, je la bouderais pour le restant de nos vies, et même après aussi. Soupirant légèrement en voyant qu'elle cherchait quelque chose dans ses poches, je me félicitais d'avoir détruit son portable au préalable, il était hors de question qu'elle fasse comme si elle était un enfant de dix ans en faute ayant sorti sans prévenir et devant en informer sa maman. Bon sang, cette femme avait la trentaine ! À croire qu'elle-même, ne s'en rendait pas compte. D'autant plus d'une humeur noire après ce constat, je ne daignais bouger du fauteuil en cuir m'étant destiné, fixant les mouvements de mon amie en essayant de ne pas me lever et la tabasser.

C'est tout de même avec une certaine joie incompréhensible -et invisible- qu'il fallait que je dise que le fait qu'elle soit calme après ce que je lui ai fait, me soulageait grandement. Après tout, elle aurait tout autant pu me foutre soi poing dans la figure et partir, et là, elle faisait tout le contraire, préférant s'approcher de moi et... parler.

- Je ne lui trouve rien. Elle est juste là et on arrive à s’entendre ne serait-ce qu’assez pour arranger nos différents … Je … lui fais confiance. Elle a montré qu’elle tenait à Ayame, c’est ce qui compte pour moi.

Cela faisait mal. Mais ce n'était pas grand-chose à coté du mépris qui montait en moi en flèche, ne voulant que s'extérioriser de la pire des manières possibles. J'étais... dégoûtée. Vous ne pouvez comprendre ce que je ressentais, parce que vous n'êtes pas à ma place, alors je vais vous décrire cela en quelques courtes phrases. Comment vous sentiriez-vous si la personne que vous apprécier -que vous aimez- s'entende bien avec des gens qui vous ont fait du mal, qui vous ont blessés ? Et ceci, pas en mode « je te parle, tout va bien », non, c'était encore plus fort. Si la personne que vous aimez, aime une autre peut importe ce que ce être en personne vous a fait, c'était l'horreur. Personnellement, je ne pouvais l'accepter que ce soit pour mes propres principes ou par le simple fait que cela ne se faisait pas. Accentuant cela en refusant le baiser de Yume, détournant la tête tandis qu'elle s'éloignait, je restais froide, mon visage ne montrant qu'une expression fermée.

- Tu comptes vraiment me séquestrer ? Ca ne me dérange pas … Au moins je pourrai te féliciter pour tes notes. Tu crois que je devrais demander à Miri-Tan de nous rejoindre ? ~

J'avais une envie monstre de lui balancer la clé à la figure et de lui dire de s'en aller sans jamais revenir. Mais en même temps, je ne le voulais pas, je préférais qu'elle reste avec moi, même si nous n'étions pas vraiment en bons termes. Après tout, nous avions tant fait pour arriver à cela... Mais elle, elle était en train de tout briser, en quelque sorte. Fusillant mon amie de mes yeux rouges, je ne me décidais guère à répondre à ses tirades. Si elle savait seulement ce que Miri-San m'a fait subir pour arriver à cela. Elle et son sourire imperturbable qui ne la quittait jamais, me répétant tout le temps, à chaque fois que je n'arrivais pas à faire quelque chose, son éternel « recommençons ~ » qui m'a traumatisé à vie. Et si j'essayais de fuir ? Je vous assure, on ne sait pas fuir quand on se retrouve sous sa tutelle. Et sans oublier Yomi qui lui collait aux fesses tout ce temps, me provoquant de toute sa stupidité suprême à chaque fois qu'elle trouvait une opportunité pour le faire. Rien que pour n'avoir pas cette fille dans le champ de vision, j'ai bûché comme une folle. Mais le sujet n'était pas là, là nous parlions d'elle et de moi, de nous.

- Oui. Nous allons rester ici jusqu'à ce que tu comprennes à quel point tu es égoïste.

Mes paroles étaient peut-être trop dure, trop injustes aussi, mais en même temps, si je suis arrivée jusque là, ce n'était pas pour faire des mamours et prétendre que tout allait bien. Je savais parfaitement bien qu'elle a fait énormément pour que cela marche entre nous, qu'elle m'eut défendu contre l'autre malade mentale de directrice s'interposant entre elle et moi, et qu'elle ne voudrait jamais me faire de mal d'une manière ou d'une autre. Mais si on regarde de l'autre coté, elle n'était pas un ange de la bonté non plus, elle était une tête de mule qui ne croyait qu'en ce qu'elle voulait, allant jusqu'à me rejeter pour ses convictions, elle prenait souvent des décisions seule en ce qui concernait nous deux sans prendre en compte mon avis, sans oublier ce fichu fait qu'elle n'avait que faire pour ce qui concernait ma personne. Cela marchait très simplement avec elle, elle voulait tout avoir. Que ce soit l'amour de Dead Master ou le mien, que ce soit le pouvoir ou l'amitié, et tout cela en même temps, refoulant les sentiments des autres tant qu'elle, elle avait tout. Un monstre d'égoïsme. Et le pire dans tout cela, c'était que je l'aimais.

- Tu sais très bien ce que j'en pense. Autant Akiha que Dead Master, je les hais et ce, pour des bonnes raisons. Maintenant, je sais que cela ne te concerne en rien, je ne voulais que te le dire clairement une fois pour toutes.

Soupirant lourdement, je finis par me levais et m'approcher de la table à bouffe sans lui prêter plus attention. Prenant la première chose qui me tomba sous la main -sous forme d'un sandwich- je ne me départis pas de mon air glacial tout en le déballant tranquillement. Et si... Et si maintenant, je m'opposerai à sa maîtresse assez pour que Yume doive choisir entre elle ou moi, qu'adviendrait-il ? Elle m'a déjà montré à plusieurs reprises qu'elle se mettrait de mon coté, mais en même temps, elle ne démentirait pas la légitimité de Dead Master dans ses actes. En somme, peu importe combien elle et ceux qu'elle aiment se font torturer et maltraiter par cette femme de malheur, Yume sera toujours derrière elle... Non, devant elle pour la protéger. Par contre moi, je n'étais pas sadomasochiste, je n'avais aucune raison pour accepter ce genre de traitement, Undai ou pas.

- Par contre, n'attends pas de moi que j'en sois ravie.

Parlant de Undai... Il me restait moins d'un an de cours dans cette Académie à condition que mon dernier passage en rang -pour l'obtention du diplôme- se passe bien. Ensuite, qu'allais-je faire ? Peut-être me trouver une université à l'étranger ou retourner à Kobe en espérant que le pouvoir qui était mien à présent, me serait utile après tout ce que j'eus enduré pour l'avoir. Du moins, si je ne meurs pas avant, ma vie d'Undai'enne se terminera à ce moment là. Mais, il se passera quoi par la suite ? Yume m'accompagnera-t-elle ou elle préférera rester avec Dead Master ? D'ailleurs, aurait-elle un quelconque choix ? On a toujours le choix. Ou alors, il y aura encore une magouille pour que je me retrouve coincée ici ? Non que je ne veuille rester avec Yume, je le voulais, mais pas dans ces conditions. En même temps, je me posais toutes ces questions, mais je ne voulais avoir une réponse de Yume. La redoutais-je ? Oui, terriblement.

- Mange, cela te fera du bien. Et en même temps, dis-moi si tu comptes rester à Undai à tout jamais.

Posant la question sur un ton léger, je me laissais tomber à même le sol en prenant le lit comme appui, ne quittant pas mon amie du regard, fixant et essayant de déchiffrer toute expression -ou non- pouvant se faufiler sur son visage de glace. Black Rock Shooter, un être qui m'eut charmé par sa puissance tout autant que par son caractère allant jusqu'à me soumettre sous sa gentillesse. Je me sentais presque mal de lui imposer cette conversation, au lieu d'aller nos promener dans le parc en parlant du dernier mec qu'elle aurait dû trancher parce qu'il lui a déclaré la guerre.

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MessageSujet: Re: Mise au point, ou prise de poings.   Jeu 4 Juil - 23:04

C’était la guerre. Et ce, je le compris quand elle évita mon baiser, me laissant une désagréable impression de je ne sais quoi en travers de la gorge. Détachant mon regard de sa personne afin de ne pas remarquer son visage haineux me foudroyer, je fixais un point invisible en sentant mon corps entier se raidir sous l’atmosphère. Je ne comprenais pas, je ne comprenais pas pourquoi nous devions parler de tout cela. Etait-ce une crise de jalousie qu’elle me faisait ? Et quel était le sujet phare de notre discussion ? La blonde évidemment. A croire que tout tournait autour d’elle, j’avais beau m’entendre avec Akiha, ce n’était pas pour autant que je l’aimais ou la vénérais non plus. Disons juste que je savais lui faire confiance sur divers sujets, hum.
Et encore.

- Oui. Nous allons rester ici jusqu'à ce que tu comprennes à quel point tu es égoïste.

Egoïste ? Je crois que mon sang n’a fait qu’un tour en moi à la vitesse d’un TGV alors que mon regard fusilla Kaïla. Me parler d’égoïsme alors que … Non. Je ne comptais dire et même penser cela, stop. Mais pourtant ! Qui de nous deux était égoïste ?! Celle qui voulait abandonner l’autre ou celle qui ne voulait accepter tout ce que l’autre demandait ?! Non, c’était frustrant. Je, je l’avais déjà dit et je le redirai encore … En quelque sorte, cela m’avait rendue heureuse de savoir qu’elle s’était faite emprisonner à Undai par Ayame, autant que je trouvais cela injuste. Mais je ne sais pas ce qui m’avait fait le plus mal ? Qu’elle aille demander de l’aide à l’imposteur ou qu’elle ne m’en ait même pas parlé. Et dire que je dus faire de l’espionnage pour le savoir … Moi qui croyais que nous pouvions partager nos problèmes, je lui en voulais. Mais une fois de plus, j’étais passée au dessus de ce sentiment, me disant qu’il était normal qu’elle ne veuille rester ici … Que j’en souffre ou non, cela n’avait pas d’importance puisque « seul son bonheur comptait ». Je me mentais, moi aussi je voulais être heureuse.

Me redisant en serrant les poings, je ne laissais paraitre ma frustration à Kaïla, préférant encore une fois tout cacher plutôt que de la rendre ne serait-ce qu’un peu plus mal à l’aise. L’était-elle seulement ? Non, elle était juste énervée, si pas pire. Craquais-je ? Pas encore, mais si elle continuait à me sortir des conneries comme celle-là, oui.

- Tu sais très bien ce que j'en pense. Autant Akiha que Dead Master, je les hais et ce, pour des bonnes raisons. Maintenant, je sais que cela ne te concerne en rien, je ne voulais que te le dire clairement une fois pour toutes.

Je n’attendais rien d’elle. A présent, je ne voulais plus rien. Tellement que je sentis mon corps entier s’assombrir alors qu’une fine douleur se faisait ressentir dans ma poitrine, me procurant le frisson de « Mon retour ». Conneries. Fermant les yeux en grinçant des dents, je me plaçais de dos à Kurayami afin qu’elle ne voit pas à quel point mes traits pouvaient se crisper. Saloperie. Je savais qu’elle haïssait Akiha, pour ce qu’elle lui avait fait subir, pour sa manière si vorace de vouloir utiliser son corps comme cobaye, mais elle l’avait sauvée. Elle et Ayame, ensemble, elles m’avaient permises de garder Kaïla et rien que pour cela, je ne pouvais que leur être reconnaissante. Et ça, cette tête butée ne le comprenait pas, pire, elle ne voulait même pas l’entendre.

- Par contre, n'attends pas de moi que j'en sois ravie.

Je n’attendais rien de sa part à ce sujet là. Qu’elle accepte ou pas, je n’étais pas sensée m’en faire, c’était mes choix, je me devais de les suivre. L’égoïste, choisissait seule. Et c’est ce que je comptais faire. Me retournant pour lui adresser un visage dépourvu d’expression, je croisais les bras en laissant sa personne s’affaler sur le sol, ne me disant que d’un ton trop neutre à mon goût « Mange, cela te fera du bien. Et en même temps, dis-moi si tu comptes rester à Undai à tout jamais. ». J’allais dire une connerie, une terrible connerie qui marquerait une « rupture » sur ce que nous appelions « nous ». Se taire, tais-toi ! Restant silencieuse en la jugeant du regard, je ne daignais bouger, prendre sa nourriture ne m’intéressait pas. Je n’avais pas faim, et je n’étais pas d’humeur à m’empiffrer non plus. Soupirant légèrement en secouant la tête, je me décidais enfin à lui répondre après trois minutes de silence ;

- Je ne te demande pas de les aimer, ni quoi que ce soit à leur sujet. Je ne le ferai pas. Que ce soit Akiha ou Ayame, tu ne peux pas comprendre ce que je ressens et il en va de même pour Undai. C’est chez moi ici, que ca te plaise ou non.

Lui faisant dos en me dirigeant vers la porte, je posais ma main sur la poignée. Restant immobile un instant, c’est quand mon visage se déforma sur la colère que je brisai la poignée sous la force de mon énervement, ouvrant la porte par la même occasion. Faisant un pas à l’extérieur de la chambre, je m’arrêtais en me retournant pour venir lui dire d’un ton froid et cassant, ces quelques mots allant sans doute marquer une nouvelle histoire dans notre couple. Dispute.

- Et l’égoïste, elle t’emmerde.

Froid, clair, assez pour la choquer sans doute ? Haha. Je n’avais même pas envie de rire. Et c’est sur cette pensée que je quittais la chambre, empruntant le couloir moisi pour rejoindre le rez-de-chaussée sans faire attention aux gens se trouvant par-ci par-là. Les nerfs à fleur de peau, je me dirigeais instinctivement vers Undai, retrouvant mes chemins entre les ruelles pour arriver après une bonne dizaine de minutes de marche au centre de Kyoto. Loin. Tellement loin que je me décomposais dans la rue pour venir réapparaitre sur le pont, robe de combat s’activant d’elle-même en touchant le seuil de matérialisation. Mon corps bouillait de l’intérieur, je ne fuyais pas ! Je l’envoyais tout simplement à la merde. Elle … pauvre conne.

- Je ne suis pas égoïste, c’est elle qui ne capte rien.

« Crois-tu vraiment ? ~ » Ta gueule.

END

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