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 Parce que je ne suis que AC670D.

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Rei Yu K. E.

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MessageSujet: Parce que je ne suis que AC670D.   Lun 27 Mai - 23:26

Aujourd’hui c’est… c’est spécial ! Parce qu’aujourd’hui tout allait changer pour moi. Et ça, ce truc qui allait changer c’était quelque chose de super ! Oui, vraiment super que… que je ne sais pas par où commencer ! Tout d’abord, ce matin quand je me suis réveillé, j’ai été voir Okasan et Okasama, mais comme je ne peux pas rentrer dans leur chambre, j’ai attendu devant la porte. Mais comme elles n’avaient pas l’air d’avoir envie de sortir, après cinq minutes, je suis retourné dans ma chambre. Et là, j’ai commencé à m’ennuyer. Mais en quelque sorte non, parce que dans ma chambre il y a beaucoup de choses, comme des jouets, des livres dont je comprends les mots, et même des trucs bizarres que j’ai « emprunté » dans la maison. Parce que je ne vole plus ! Maman m’a dit que ce n’était pas bien, alors j’emprunte. Ca veut dire que je ne le prends pas pour moi pour toujours mais que quand je n’en aurai plus besoin, je le rendrai. C’est comme le livre avec les drôles de personnes qui dansent dedans. Oui, ils dansent mais bizarrement… Et en plus tout nu ! Les adultes, ils sont bizarres.

Mais passons, les livres pour les grands ils sont intéressants, mais en même temps pas vraiment. Tout simplement parce que moi je préfère quand il y a beaucoup plus d’images que de textes, mais dans les livres de mes mamans, c’est que des mots et encore des mots que je ne comprends pas. C’est comme « vagin », je ne sais pas ce que ça veut dire mais il y a beaucoup de livres qui parlent de ça. C’est peut être une pâtisserie ? Parce que j’aime bien les pâtisseries, parfois j’en mange quand Okasan me dit que je peux. Mais comme elle n’est pas souvent là, bah je n’en mange pas beaucoup. En plus, mes mamans, j’ai l’impression qu’elles sont fâchées, parce qu’elles ne s’embrassent plus. Et quand elles se voient, elles se regardent bizarrement et elles se tournent le dos. Je ne crois pas que c’est ma faute, je n’ai pas fait de bêtises depuis longtemps. J’ai envie de les aider à se re-aimer, parce que quand elles se re-aiment, elles sont plus souvent à la maison avec moi. Okasan du moins, parce que Okasama, elle, elle est jamais là même quand elle est contente. En journée je parle, parce que la nuit, je sais qu’elle rentre ! J’entends des bruits bizarres venant de la chambre de mes mamans.

Bon ! Faut qu’on parle de la suite, parce que si je parle toujours de mes mamans, on ne parlera jamais de moi. Alors quand je suis retourné dans ma chambre, j’ai un peu fait du dessin, j’ai dessiné la maison et nous qui y habitions. Il y avait maman Akiha, Okasama, les servantes, Rêve-Chan, la fille dans la chaise et moi ! C’est maman qui dit toujours que quand on parle de soi, on doit se mettre à la fin, parce que comme ça c’est poli. Moi je trouve ça bizarre, ce n’est pas parce que je suis devant ou derrière que ça change quelque chose ! Quand j’ai eu fini de faire des beaux dessins, j’ai été me laver parce qu’il était déjà sept heures sur mon réveil ! Alors j’ai vite filé sous la douche et comme un grand, j’ai mis mes habits. Normalement on me prépare toujours mes vêtements, mais aujourd’hui je voulais le faire tout seul. Alors j’ai pris dans la grosse armoire bleue un short blanc et un petit polo vert, je voulais mettre mes chaussures mais Okasama n’aime pas quand je marche avec mes chaussures à la maison, parce qu’elle dit que je traîne trop les pieds alors, ça fait trop de bruit. Elle n’aime pas le bruit, maman Ayame.

Quand je fus enfin habillé, je suis allé dans le salon pour regarder la télévision. Quand je l’ai allumé, j’ai sursauté très haut parce que ça a fait beaucoup de bruit d’un coup ! J’ai même cru que mes mamans elles allaient se réveiller ! Mais elles ne l’ont pas fait, j’ai eu chaud. Assis dans le fauteuil, je regardais un dessin animé où il y avait des méchants qui gagnaient tout le temps. Je ne sais pas comment on dit le titre, il y a la drôle de lettre avec un truc à l’envers que je ne comprends pas encore, mais ce n’est pas grave. J’ai mangé aussi devant la télé, normalement je ne peux pas, mais comme il n’y avait personne pour me regarder, j’ai pris mon bol dans le divan. J’ai été très propre, je n’ai pas fait une seule tache ! C’est parce que je suis un grand garçon, un gentil riche grand garçon !

La télévision c’est chouette, mais je n’aime pas trop la regarder. Alors j’ai eu vite marre et j’ai voulu faire autre chose, j’ai tourné en rond dans la maison jusqu’à ce que je m’arrête devant la porte. Je veux sortir. Mais dehors ça fait peur, dehors ça fait mal, dehors ce n’est pas bien pour moi. J’ai peur qu’en sortant je tombe encore sur le sol et que je crie, les grands garçons ils ne pleurent plus, ils sont forts, ils ont peur de rien ! Mais bien que je sois un grand garçon, j’ai encore peur de ça. Parce que quand je passe par la porte, ça fait mal là, dans ma tête et dans mon ventre et partout !

Oui… Ca fait tellement mal que je n’ose pas. J’ai fait quelques pas en arrière, jusqu’à ce que mon dos touche la bibliothèque d’Okasama, il y a même un livre qui m’est tombé sur la tête ! J’ai eu mal ! Mais je n’ai pas pleuré, j’ai juste fait « Aïe ! ». J’ai un peu frotté la tête avant de ramasser le livre et de le remettre en place, et quand je l’ai remis, j’ai trouvé un livre qui avait l’air intéressant, sur le dos de celui-ci, il était inscrit un truc bizarre comme « matérial..zertazion ? ». Je ne sais pas, je n’ai pas compris toutes les lettres. Et moi je suis un garçon curieux, alors comme je suis curieux j’ai escaladé la bibliothèque pour arriver jusqu’au livre que je voulais voir ! Mais quand j’ai tiré dessus, je n’ai pas eu le livre, mais un drôle de truc est arrivé ! Oui, une porte magique est apparue !

Je n’ai pas hésité un seul instant pour aller voir ce qu’il y avait derrière, j’ai même couru pour arriver au grand couloir et faire des « ooooh » et des « aaaah » avec ma bouche ! Et tout d’un coup, je me suis arrêté. Parce que je ne criais pas, je n’avais pas mal, je ne souffrais pas, j’avais franchis une porte, mais… mon ventre et ma tête allaient bien, très bien même. Affichant un sourire jusqu’aux oreilles, j’enfilais mon rôle de détective et je me mis à la découverte de ce drôle d’endroit que je ne connaissais pas du tout. J’ai beaucoup marché pour arriver jusqu'aux d'autres pièces. Mais là, j’ai eu vraiment peur quand j’ai vu des gens dedans ! Je me suis caché et je n’ai pas fait des bruit quand deux messieurs habillés avec des blouses blanches sont passés devant moi, j’ai été même super méga silencieux qu’ils n’ont même pas vu que je les suivais !

Et comme je les ai suivi, je suis arrivé dehors, dans la forêt en fait parce qu’il y avait beaucoup d’arbres autour de moi. C’était la première fois que je venais là, c’était beau, mais grand aussi ! Ca faisait aussi partie de l’école d’Okasama ? Si c’est le cas, ca veut dire qu’elle est encore plus riche que ce que je pensais ! Soit, il faut que je détective cet endroit ! Parce que je suis dehors pour une fois ! Je ne peux pas être là, mais ce n’est pas grave, je rentrerai vite quand j’aurai vu l’endroit, oui, juste UNE MINUTE et je rentre ! Écureuil ! J’en ai vu déjà à la télévision, mais jamais en vrai ! J’ai encore couru, mais cette fois-ci après l’animal, et ce jusqu’à son nid dans un arbre. Je crois qu’il ne voulait pas jouer avec moi, ou alors il avait peur de moi. Oui, c’est sans doute les deux en fait !

Après avoir marché longtemps, j’étais fatigué, et comme j’étais fatigué, j’ai voulu rentrer à la maison, alors j’ai essayé de retrouver mon chemin. Mais je n’ai pas réussi, je ne savais plus par où j’étais passé quand je courrais après l’écureuil, je suis perdu ? Non, si j’ai un problème, Okasama et Okasan elles vont venir ! Oui, elles viendront si j’ai besoin d’elles, mais je suis un grand garçon, alors je retrouverai la maison seul !

- Haha… Mais c’est quoi ça ? On fait dans la nurserie à Undai, maintenant ?!

Je me suis retourné quand j’ai entendu parler, j’ai vu une grosse fille toute moche, mais si elle est ici, ça veut dire qu’elle est riche. Mais les gens riches-, quand ils sont moches ils savent se changer non ? Oui, le truc qui fait tirer la peau, j’ai vu ça à la télévision ! Mais bon, cette fille, elle n’était pas riche alors… INTRUS ! Et là j’ai commencé à avoir peur, elle riait bizarrement et elle me regardait comme si elle allait me manger ! Elle avançait, moi je reculais, elle parlait et moi je n’osais pas répondre tout de suite. « T’es qui d’ailleurs ? Non mais attend, m’dit pas que t’es le gosse des deux folles là ! Mais ouais, c’toi le gamin dont parlait la rumeur ! Haha, t’sais que si je te tue, je deviendrai populaire dans c’te pt’n d’école ? Haha, buter le gosse de la dirlo et d’sa pute ! T’vas crever gamin ! ».

Et c’est là que tout est parti très vite, elle a changé ses habits en des trucs bizarres, elle était plus la même, elle faisait de la magie comme Okasama ! Sauf que elle, elle faisait encore plus peur que ma maman, son corps c’était des poils et son visage, c’était moche aussi, on aurait dit un cochon, mais un cochon qui fait peur ! Un cochon qui fait peur, c’est un sanglier non ? Et la femme du sanglier c’est… c’est la… la laide ! Oui, la moche elle était laide ! Et comme j’avais peur, j’ai couru pour fuir mais elle, elle courait plus vite que moi la laide ! Okasama… Okasan… Aidez moi ! J’ai pleuré quand j’essayais de la fuir, j’ai encore plus pleuré et crié quand elle me lançait des choses dans le corps, j’ai encore plus crié quand elle a tapé dans mon ventre pour que je ne sache plus bouger, j’ai encore plus pleuré quand j’ai compris qu’Okasama et Okasan n’arriveront pas. Parce que j’ai été un vilain garçon, parce que j’ai été un mauvais détective, parce que moi le petit orphelin venant de la rue, j’ai cru devenir riche, en me faisant adopter par mes belles mamans. Rei Yu… AC670D.

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Parce que je ne suis que AC670D.   Jeu 6 Juin - 21:46

Le soleil était au zénith en cette belle journée de printemps, rien ne pouvait prédire ce qu'il allait se passer un peu plus tard dans l'après-midi, du moins, moi je ne l'aurais jamais cru si quelqu'un me l'aurait prédit. Il faisait beau et j'étais coincée à l'infirmerie avec une tonne de papiers à remplir. Le pire dans tout cela ce n'était sans doute pas le fait que j'avais une tonne de choses à faire au lieu de profiter de cette journée comme tous les « sécheurs » qui se prélassait dans le parc -la moitié de Undai en somme- non, le problème était tout autre. Vu que j'aimais travailler et que j'avais un sens des responsabilités fort encré dans mes principes, je ne prêtais guère attention aux cris enjoués me provenant de la fenêtre ouverte, ce qui me perturbait dans mon travail, c'était mes pensées. Je pensais à Ayame-Sama et moi, à notre réconciliation un peu improvisée après que ma vengeance eut lamentablement échouée sous une scène des plus amusantes. Yume Kuroi, cette fille sans manières qui a dû me sauter dessus au pire moment qu'elle pouvait trouver. « Ca t'amuse, hein, Akiha ~ » En quelque sorte oui, ce n'était pas une situation que je vivais tous les jours non plus, et je la catégoriserai sans moindre hésitation dans la partie « amusant », sauf peut-être pour l'expression de Dead Master-Sama quand elle nous a surpris dans une position peu convenable selon l'avis de cette dernière. Personnellement, je ne m'offusquais pas d'un baiser échangé avec un autre humain, au contraire, je pourrais faire ça toute ma vie, des baisers. Ce qui me perturbait, ce fut sans doute Ayame-Sama qui -comme je m'y attendais- n’appréciait guère à ce que l'on touche à ce qui était sien. Seul dilemme, ce que je ne savais définir à qui elle en voulait le plus, à moi qui était censée être son amante un peu dépravée, ou à Yume qui n'aurait pas dû se retrouver ainsi avec justement moi -son amante. En y pensant plus en profondeur, je devrais définitivement mettre une croix sur cette histoire et ne pas chercher à rentrer d'avantage dans les détails pouvant me faire couler au plus bas de l'estime de la directrice. Comment dire... Autant éviter des sujets blessants dont la réponse n'apporterait rien que ce soit à moi, à Yume ou à Ayame-Sama. L'essentiel était que je me sois réconcilié avec la directrice de Undai, en quelque sorte du moins, vu que je lui en voulais toujours un peu pour l'histoire avec mon petit Rei Yu, mais en même temps, je crois qu'elle l'a bien senti passer sur le coup. Non, définitivement, j'étais bien... Nous étions bien ~ Parlant de Rei Yu, il faudra à tout prix que j'aille le voir ce soir, après que j'aurais fini toutes mes obligations à l'infirmerie.

- Voyons comment se portent mes petits chatons.

« Oui, fuis la paperasse, ça nous fera du bien » Sentirais-je une pointe de soulagement dans la voix lugubre de ma deuxième moitié ? Sans doute, elle préférait de loin s'occuper des patients ou donner cours, plutôt que de rester assise à une table à remplir des papiers ennuyeux mais tellement nécessaire au bon déroulement de l'administration interne et externe de Undai. Dommage que je ne donnais pas cours aujourd'hui, cela me laisserait un peu de temps pour me divertir. Mais bon, d'un autre coté, encore heureux que j'avais un tas de petits malades à soigner. Par « tas », je veux dire deux étudiants dans des états relativement stables. L'un avec tous ses os cassés, l'autre avec... Me levant de ma place, je m'approchais du lit du ledit malade pour vérifier ce qu'il avait au juste. Une simple baisse d'énergie après un combat, en somme quelques heures de sommeil et il serait en forme. Soupirant légèrement sous l'ennui qui pointait son nez à l'horizon, je changeais les bandages du chaton aux os cassés, et retournais à ma paperasse d'un pas lent. Moi qui traînais des pieds pour faire quelque chose ? À croire que ce boulot me désespérait. Et pourquoi ? La plus grande des raisons, c'était parce que je devais faire l'inventaire des morts, ce qui ne me plaisait en aucun cas. « Tu pourrais dire à l'une de tes alléchantes subordonnées de faire ça ~ ». Oui, je pourrais, mais je ne le voulais pas. Je préférais de loin m'occuper de cela afin de constater justement les désastres survenus dans cette Académie. De plus, mes infirmières avaient assez à faire sans que je ne vienne ajouter mes propres obligations à leurs comptes. Oui, j'étais définitivement trop gentille.

- Ketsuki-San ! Nous avons une dizaine d'étudiants blessés dans une explosion !

Sursautant sur ma chaise, je me maudissais moi même de mon manque de self-control. Mais d'un autre coté quand une infirmière affolée défonce limite la porte et hurle à qui veut l'entendre ses informations d'une voix paniqué, il ne fallait pas s'étonner que ça perturbe radicalement ma tranquillité. Me levant tel un ressort, je vins constater les dégâts quand une multitude d'infirmières déboula pour installer les blessés dans les lits vides de l'infirmerie. Cachant ma joie de pouvoir enfin me libérer de la paperasse pour quelque chose de plus intéressant, je donnais quelques ordres pour que cette pagaille cesse, et pour qu'on puisse donner les premiers soins au plus vite aux blessés. Ainsi donc, entre des brûlures et des coupures, j'étais occupée pour au moins deux heures avant que la situation ne retourne à l'initiale tranquillité des lieux. Et comment je me suis retrouvée avec sept étudiants blessés dont au moins trois dans un état grave ? À cause d'un petit chaton qui n'a pas su contrôler son pouvoir en pleine leçon de math et qui a fait exploser la moitié de ses camarades. Définitivement, Dead Master-Sama devrait interdire l'utilisation de la matérialisation dans les salles de classe. Cela m'a bien pris une demi-heure de soigner ce petit monde avec l'aide de mes assistantes, entre nettoyer les plaies, changer les bandages, recoudre les membres et ainsi de suite, j'eus le temps de me fatiguer.

- Bien, je vous laisse vous occuper du reste.

Enlevant mes gants tachés de sang, j'allais me nettoyer les mains avant de retourner à mon bureau, jugeant qu'il n'y avait plus besoin de moi pour poursuivre les soins. Les plus graves blessés étaient stabilisés et pour les autres, j'étais trop qualifié pour m'amuser à leur faire des bandages autour des poignets. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas pour me reposer que j'abandonnais ce travail oh combien important, non, c'était pour poursuivre ma paperasse. Après le divertissement, viennent les responsabilités. « Même si t'aimes pas ça, avoue que ça t'a plu d'avoir quelques morveux à soigner, Akiha ~ » Ce n'était pas faux, d'ailleurs je n'allais pas contredire mon ombre non plus, vu qu'elle était celle qui savait tout sur moi. Souriant à moi-même, je revins dans mes papiers. Et ainsi, une autre heure passa sans d'autres incidents. Au moins, je pouvais dire que je me sentais moins seule vu le nombre de patients et infirmières présent dans ce lieu. Absorbée dans les papiers, je ne fis pas attention à la porte qui s'ouvrit pour laisser passer d'autres gens. « Je l'ai trouvé dans la forêt, j'vous l'apporte, à plus » Encore un blessé, heureusement qu'il y avait assez de lits ici pour les accueillir.

- Oh le pauvre, il est déjà mort. Quelle tristesse.

Relevant la tête à l'entente du mot magique qui me désappointait au plus haut point, je vis deux infirmières encadrer un lit avec des mines déconfites. Soupirant lourdement en me disant que ça ne s'arrêtera jamais dans cette école, je me levais, déjà prête à les engueuler. Au lieu de rester à prier devant un cadavre, qu'elles l'envoient à la morgue et libèrent le lit pour des patients encore en vie. Non que j'étais sans cœur, cela m'attristait de voir des morts, mais en laisser un là où les étudiants étaient censés venir pour se reposer, ça ne le faisait pas. « Ouais, Halloween en force, heh ». Très drôle, en effet. Même mon sens de l'humour prenait un sacré coup là.

- Que faites-vous ? Identifiiez le et envo...

Et mon monde s'effondra. Après que j'eus vu la tête du défunt, tout se passa très vite. D'abord vint le choc pétrifiant d'avoir découvert qu'il s'agissait de mon petit Rei Yu, ensuite, une poussée de zèle et la panique totale. Repoussant les infirmières devant le lit, j'examinais mon fils à la vitesse de l'éclair, priant qu'il ne soit pas mort, cela ne se pouvait pas après tout, Rei Yu était sous la meilleure protection possible, et que ferait-il dehors aussi ! Impossible qu'il lui soit arrivé quelque chose de mauvais. Empoignant son corps, essayant de le réveiller, je ne tardais pas à hurler aux infirmières de se bouger pour m'aider à réanimer mon fils. Mais aucune d'elles ne bougeait, furieuse, je pris les choses en main, faisant tomber tout sur mon passage, je trouvais des palettes de réanimation que je mis en fonctionnement priant qu'il ne soit pas trop tard. « Akiha... » Silence, je suis occupée ! Dégageant les vêtements de la poitrine de mon fils, je fus horrifiée de voir tant de plaies béantes dans un si petit corps. Dégager une fois, rien. Deux fois, je t'en supplie respire. Trois fois, tu es mon fils tu peux le faire, quatre fois... Rei Yu ! Cinq... Je sentis des mains et des voix en arrière-fond qui essayaient de me dire quelque chose, mais je n'en avais que faire. Laissant tomber la réanimation, j'attrapais le corps en sang de mon enfant dans mes bras, le secouant pour qu'il réagisse. Aller Rei, souris, crie, parle si tu veux, dis n'importe quoi ! « Akiha, il est mort. » Non...Non !

- Reculez ! Il n'est pas mort ! Il ne peut pas ! Il va s'en sortir ! SILENCE !

Hurlant sur les infirmières... ou sur mon ombre, je ne sais pas, je serrais le corps de ma petite tête blanche contre moi. Caressant sa tignasse immaculée, je ne me rendais même pas compte que des larmes dévalaient mes joues tel un torrent de chagrin inconsolable. Je ne savais pas ce qu'il se passait au juste autour de moi, je voyais flou et seul mon fils comptait à mes yeux. Je sentais qu'on voulait me le retirer à un moment, mais je n'allais le permettre, personne, rien ni personne ne pourra me reprendre mon enfant. Matérialisant ma robe de combat, j'intimais à mon ombre de tuer toute personne s'approchant de mon garçon. Mais même cette stupide entité n'avait pas l'air d'être contrainte à m'écouter. Tant pis, le premier qui s'approche, je l'étrange à mains nues.

- Rei Yu... Mon cœur, ouvre les yeux... REI !

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MessageSujet: Re: Parce que je ne suis que AC670D.   Jeu 6 Juin - 22:20

Une nuit de rêve pour un réveil un peu plus brutal, aussi étrange que cela puisse l’être, je m’étais souvenue de m’être endormie sur le sol avec Akiha-Chan, alors l’un de vous pourrait-il me dire ce que je fais allongée sur mon divan ? Certes, je suis encore nue, mais tout de même, je m’attendais à ce que de un, je sois pas seule et de deux, toujours sur le sol ~ Saviez-vous pourquoi coucher sur le sol est si amusant ? Tout simplement parce que rien à part le corps de l’autre personne peut nous servir d’accroche, on aura beau essayer de gratter le sol, cela sera vain, vous n’avez qu’une bouée lorsque vos sens explosent, votre aimée, votre amante ~

Me levant donc de ce lit de fortune, je heurtais mes pieds sur le sol froid pour me lever, dévêtue et nulle envie de m’habiller, je me dirigeais vers la fenêtre pour voir que les cours avaient déjà commencés. Quelle heure est-il ? Je ne saurai le dire, mais soit, commençons cette journée quand même ~ Me téléportant dans mes appartements, je me dirigeais sans m’arrêter ailleurs vers la salle de bain, restant dans celle-ci une bonne heure pour me détendre et essayer de faire partir les courbatures de la nuit torride que j’eus passé, me délectant sous l’eau chaude m’étant accordée. Une fois lavée et en ne serait-ce qu’un peu plus en forme, je me téléportais sans plus attendre dans mon bureau. Joyeuse -aussi étrange que cela puisse l'être-, je pris place sur mon siège tout en boutonnant le chemisier blanc que je portais sur moi en ce jour magnifique. Chantonnant presque de joie, j’ouvris le premier dossier me tombant sur la main ~ Qu’était-ce donc aujourd’hui ? Des fiches de disparitions ? Non, quel dommage. Quoi que, n’avais-je pas mieux sous les yeux ? Composant le numéro écrit sur le papier cartonné, j’attendis que le bip habituel ne disparaisse pour qu’une voix si connue pour ma personne ne me réponde. Conversant avec cette personne dont je ne vous dirai le nom, je me plaisais à prendre de ses nouvelles tout en lui demandant de passer à Undai dans les jours qui suivent ~ Non pas pour me rendre visite deux, trois jours, mais bien plus. Et pourquoi convoquais-je une personne ainsi ? Parce qu’il était temps qu’elle s’occupe d’un cas bien spécifique voyons ~ Huhu ~

Raccrochant au bout d’une heure de conversation et sur un accord de sa part de venir à Undai, je laissais ledit dossier ainsi que le téléphone pour recevoir une autre personne. Yume-Chan serait-elle venue me demander quelque chose ou serait-ce plutôt pour me parler de ses actions de hier soir ? ~ Je ne saurai le dire, mais je l’entendrai bien assez tôt en tout cas. Il n’y avait qu’à regarder sa petite tête de chiot perdu pour lui pardonner tout ce qu’elle voulait avant même que cela ne se produise, Dieu, depuis quand étais-je devenue une telle mère adorable ? Toujours, cela allait de soi, je l’avais toujours été ~ Huhu ~

- Ayame … Avec Akiha …

Ne lui laissant le temps de dire quoi que ce soit de plus, je me déplaçais vers elle, déposant un doigt sur sa bouche pour qu’elle n’en dise plus. Je n’avais rien demandé à Akiha et je ne voulais pas savoir quoique ce soit à ce sujet là. Cette histoire était close, cela s’arrêtait à cela. « Il est inutile de parler du passé Yume-Chan, pensons plutôt au présent ~ ». Déposant mes lèvres sur les siennes innocemment, je tapotais sa petite tête tout en lui adressant un fin sourire maternel. Prenant sa personne -bien entendu outrée- dans mes bras, je me plaisais à l’étouffer contre ma poitrine avant de lui parler de la personne que j’avais eu au téléphone, entre des « Oh » et de « Ah » sans oublier le « Quand ? » de sa part, je commençais presque à jalouser ma future invitée. L’informant que son arrivée était prévue pour dans quelques jours, je la laissais partir une fois qu’elle eut fini de m’harceler de questions. N’était-elle pas venue pour s’excuser plutôt ? Les enfants de nos jours ~

En parlant d’enfant, je me demandais ce que ma petite tête blanche faisait en ce moment. Si mes souvenirs étaient bons, n’était-il pas censé être en « congé » ? En congé alors qu’il était toujours à la maison, oui, je comprends votre étonnement, mais nous avions placé un planning pour sa petite personne. Accordant à chaque jour une activité spéciale, que ce soit mental ou physique, il n’avait qu’aujourd’hui pour « jouer toute la journée » si je pouvais le dire ainsi. En parlant de lui, il évoluait relativement bien, tellement bien que je trouvais cela amusant de le voir grandir. La matérialisation dans son corps stagnait, elle n’évoluait certes pas en vue de son incapacité à la pratiquer, mais je ne trouvais pas cela dérangeant après tout. Si Akiha-Chan ne voulait le laisser à mes bons soins, qu’il en soit ainsi. Pour le moment ~

Soupirant de lassitude en vue de l’ennui se propageant peu à peu dans la pièce, je cherchais une distraction quelconque. Non, je ne voulais déjà plus travailler ~ Regardant la porte en espérant que quelqu’un rentre, ce n’est qu’après cinq minutes que j’arrêtais cette activité des plus ennuyeuses. Devrais-je lire ? Il n’y a nul livre intéressant ces temps-ci, autant oublier cette idée. Ouvrant mon portable pour naviguer sur le net, je me cherchais de quoi me distraite, en vain, une fois de plus. La Corée du Nord en guerre contre le monde ? Et ce n’est que maintenant que les humains l’ont compris ? Pauvres choses futiles, à se demander à quoi ils pensaient en sachant que toutes personnes se trouvant dans ce pays devenaient de mignons petits soldats sous la solde d’un fou furieux ~

Levant la tête en entendant un bruit assourdissant me parvenir par les oreilles, je me levais de mon siège pour ouvrir ma porte et passer ma tête tout en criant haut et fort « Un peu de silence s’il vous plaît ~ ». Qu’eus-je comme réponse ? Des regards tétanisés venant des infirmières. Auraient-elles découverts un cadavre si amoché que cela pour faire une tête pareille ? Et quel était ce remue-ménage d’ailleurs ? Soupirant mais contente de m’être peut être trouvée une distraction digne de ce nom, je me dirigeais vers ladite infirmerie sous des regards étranges. Je n’allais pas les tuer, il ne fallait pas me regarder comme ça ~

Du moins c’est ce que je pensais avant de traverser le lieu, m’arrêtant sur le pas de la porte en voyant Akiha en robe de combat, hurlant à tout vas en tenant … Rei Yu-Kun ? Surprise et incompréhensive de ce qu’il se passait, je regardais la scène sans comprendre, déboussolée par les cris de ma chère amante, il me fallut attirer l’ombre vers moi pour que je comprenne ce qu’il se passe. « Mort ? » Surprise, non, je ne savais me décrire à ce moment là, mais je crois que le plus terrible, encore pire que la mort de Rei fut que je me trouvais horrible de ne pas ressentir de tristesse en voyant ce petit corps sans vie, sa boucle grise, perdu dans les méandre des ténèbres. Ne le disais-je pas ? Seul la mort serait accordée à cet enfant ~

Mais bon, je n’allais pas sauter de joie non plus, il fallait que je feigne de la tristesse pour ne pas me retrouver traitée de sans cœur par Akiha-Chan. Bien que cela était inutile, la première chose à faire était de la calmer, et qui de mieux que ma personne pour le faire. Matérialisant ma robe de combat à mon tour dans un halo verdâtre, je m’avançais vers elle, évitant toutes attaques de sa part pouvant survenir, j’arrivais à la toucher. La prenant dans mes bras tout en serrant le corps de Rei entre nous, je déposais ma tête sur la sienne, hurlant encore la mort de notre enfant. Elle était encore inconsolable, elle le sera à tout jamais à ce sujet. Fermant les yeux en berçant ma tendre amante dans une aura de douceur que j’imposais à toutes les personnes présentes, j’ouvris un œil en sentant l’aura puissante d’une autre personne arriver. Yume-Chan ne sait donc jamais quand elle doit arriver à ce que je vois ~ Sans un mot, je la laissais comprendre ce qu’il se passait et l’invitai à m’aider. Retirer le corps de Rei Yu à sa mère, en étais-je seulement capable ? Oui et ce, sans plus attendre. Prenant mon fils entre les bras alors que je savais pertinemment qu’Akiha ne voudrait le lâcher, je le donnais à Yume avant de me volatiliser avec elle ailleurs, quittant cette scène « de mort » désastreuse. Allait-on combattre ? Pourquoi avoir choisi la forêt pour m’échapper avec elle ? Je ne saurai le dire.

- Akiha-Chan.

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Parce que je ne suis que AC670D.   Ven 7 Juin - 0:15

Il ne voulait pas se réveiller, et il n'y avait personne pour m'aider, personne ne voulait me prêter main forte, ils voulaient tous me prendre mon garçon pour le balancer dans la baie comme s'il s'agissait d'un vulgaire chien mort au bord d'une route. Je n'allais pas le permettre, il était hors de question que mon fils meurt. Et peu importe mon esprit rationnel, peu importe le nombre incalculable de décès que j'ai vu, je ne savais accepter cette mort là. Mon fils, le petit garçon abandonné que je pris sous mon aile, sous ma protection pour qu'il ait une vie meilleure... Et là, il n'en aura plus jamais de vie, il ne grandira plus jamais, il ne fera pas ses premiers pas dans la joie de l'adolescence, il ne se trouvera jamais un travail décent, il n'aura pas d'enfants, aucun avenir... Parce qu'il était... Non, je ne l'accepterai pas ! Ma raison pouvait me hurler toute la vérité à la figure, mon cœur saignant de douleur ne voulait rien savoir. Je voulais juste rester comme ça, essayant de réchauffer son corps froid, à tout jamais. Hurlant ma peine sans pouvoir me contenir, je laissais mon pouvoir déferler sous les émotions négatives qui se chamboulaient en mon être. Bande de montres ! Je ne les laisserai pas avoir la dernière chose qui me restait de Rei Yu, jamais. Jamais... Mais une personne passa, quelqu'un arriva à m'atteindre même sous toutes les peines du monde que je me donnais pour que l'on nous laisse tranquille. Akiha, Akiha, où es-tu ?! Décime cet être, décime le avant qu'il ne me vole mon fils. Cet être, je savais qui il était, je savais que cette entité surpuissante m'encerclant de ses bras n'était autre qu'Ayame-Sama. Je le savais et je me laissais aller dans son étreinte rassurante. Elle, elle ne me reprendra pas mon enfant, elle comprenait la peine que je ressentais. Il fallait... Je devais lui parler, je devais lui communiquer mon incapacité à expliquer pourquoi il était là, pourquoi il ne respirait plus, pourquoi je n'ai pas réussi à sauver mon propre enfant, celui que j'eus reconnu comme tel du moins. J'étais médecin pourtant, j'aurais dû le prévenir de tout le mal, mais il était déjà trop tard. Ayame, aidez-moi, je ne peux supporter une telle perte.

On me le retirait, je perdais la poigne que j'avais sur le corps inerte de l'enfant. Cela ne fit qu'accentuer mes cris -si pas hurlements- tandis que mon regard fou cherchait le coupable de ce manque soudain. Ayame... Ayame que fais-tu ?! Fais qu'ils me le rendent, ils ne peuvent pas me le retirer de la sorte ! Je voulais le récupérer, j'ai même eu la force de tendre ma main pour l'attraper et le serrer dans mes bras, mais j'eus juste le temps de l'effleurer avant qu'il ne disparaisse de mon champ de vision. Non, ce n'était pas Rei Yu qui est parti, c'est moi, c'est nous. Je n'étais plus dans l'infirmerie... Ailleurs... Où ça ? Dans la forêt en vue des arbres, pourquoi ? Qui, qui eut osé m'éloigner de mon enfant sans me demander mon consentement ?! Je devais être avec lui et non ailleurs ! Qui... ? Ayame ! Accrochant mon regard chagriné sur sa silhouette, je la repoussais pour me défaire de ses bras trop envahissants à mon goût.

- Il faut... Il faut que j'y retourne, il a besoin de moi !

Hurlant sur Ayame, je cherchais des repères pour retrouver le chemin vers le bâtiment principal de l'Académie. M'éloignant de cette femme qui m'eut téléportée loin de Rei Yu, je tombais à genoux à quelques mètres d'elle devant une masse noire et imposante qui se présenta sur mon chemin. « Il est mort ! Il n'a plus besoin de toi, il n'est plus. Laisse-moi laver cette peine, Akiha ~ ». Monstre. Espèce de chose infâme et horrible, cette ombre diffamatoire qui osait prétendre savoir mieux que moi ce qui était meilleur à mon existence. Je la détestais, je la haïssais, elle et son éternel sourire cruel. Pourtant elle avait raison, elle ne pouvait que dire la vérité. Mais même elle, elle ne saurait me convaincre de laisser tomber ce sentiment maternel de la sorte, comme si cette peine n'eut jamais existé, comme si Rei Yu n'était qu'un jouet cassé, facilement remplaçable. Et là, je la sentais au-dessus de moi, sa consistance vaporeuse m'entourant, voulant me voler la dernière once d'humanité qui me restait, ce sentiment d'amour que je ressentais pour cet enfant n'ayant rien demandé pour finir de la sorte. Il en était hors de question !

- Non ! Vas-t-en !

Dématérialisant mon ombre pour qu'elle s'éloigne, je la vis réapparaitre tout aussi vite à quelques mètres de moi, flottant dans l'air sans bouger, comme si elle attendait -frustrée et agacée- un signal de ma part qui n'arrivait pas. Furieuse contre moi-même, je matérialisais une multitude de miroirs autour de nous, et dans chacun d'eux, je pouvais voir des moments. Des moments précieux passées avec Rei Yu dès notre rencontre avec cette petite tête blanche jusqu'à aujourd'hui, où son corps se montrait sous mes yeux, pâle et sans vie. Voyant cette dernière image défiler, je poussais un hurlement chagriné en attrapant ma tête entre mes mains, tandis que tous les miroirs éclatèrent en même temps dans un vacarme significatif. Me relevant au milieu de cette pagaille, vision troublée, je m'approchais d'Ayame, m'accrochant à elle comme s'il s'agissait d'une bouée, une bouée qui était là pour me sauver.

- Il ne l'a pas mérité, c'est ma faute... je n’aurais pas dû le laisser seul... Ayame... Ramène-le, fais le revenir ! S'il te plaît.

Tout ça, c'était de ma faute. Si j'avais été avec lui plus souvent, si aujourd'hui j'étais passée à la maison au lieu de travailler sur de la stupide paperasse, jamais il ne serait mort... Non, c'était pire, ce sentiment de culpabilité vicieuse était plus profondément encré que je croyais. Si seulement je n'avais pas insisté à la ramener à Undai, si seulement je l'avais laissé ce jour dans la rue, il ne serait pas mort. Il vivrait, il sourirait, il aurait une vie...

« -Misérable ! Venge-toi et oublie. » 

La ferme ! Je ne veux pas oublier, je veux le retrouver, je veux le voir, là maintenant, tout de suite ! Me venger... je n'y ai même pas pensé, je n'ai même pas réfléchi aux circonstances de sa... de sa mort. Qui aurait pu faire ça à un enfant innocent, quel monstre foulait cette terre pour avoir fait ça... Qui ?! J'aillais le traquer, le trouver, et le tuer... Après, là je voulais mon fils. Dématérialisant ma robe de combat pour faire disparaître ce sourire horrible me surplombant de haut, effondrée, je reportais toute mon attention sur la seule personne présence avec moi en ces lieux. Ayame-Sama, c'était aussi son enfant...

- Laisse-moi y retourner. Laisse-moi le voir.

« Surtout pas ! Tu ne le veux pas ! Ça suffit ! ». Bon sang, pourquoi elle était là et jacassait dans mon esprit. Pourquoi ils étaient tous là à m'empêcher de rester avec mon enfant ?! Pourquoi est-il mort ? Il n'a rien fait de mal. Que vais-je faire à présent ? Comment pourrais-je juste penser à pouvoir vivre avec une peine tellement immense sur le cœur ? Toujours en pleurs, mais relativement plus calme qu'avant, j’enserrais le corps de mon amante dans mes bras, cherchant réconfort dans sa chaleur, voulant qu'elle me dise que oui, il était possible qu'elle me ramène mon Rei Yu, même si au fond, je savais. Je savais pertinemment bien que ce n'était pas possible.

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MessageSujet: Re: Parce que je ne suis que AC670D.   Ven 7 Juin - 0:40

C’était désolant de la voir ainsi, à un point tel que je ressentais sa tristesse, je n’aurai jamais cru que la voir dans cet état me rendrait moi aussi, si triste. Ce n’était en rien la mort de Rei Yu qui me rendait ainsi, loin de là. Mais Akiha, ma belle et tendre Akiha tant aimée se voyait plonger dans des ténèbres dans lesquels je n’avais aucun contrôle. Que pouvais-je lui dire, que pouvais-je faire hormis la laisser s’exprimer, hurler sa peine, son désarroi ? Lui offrir un nouvel enfant ? Lui accorder une chose que nulle être raisonnable n’oserait dire à une mère ayant perdu son enfant ? Non, cela était impossible. J’étais faible dans cette situation, la seule chose qui pouvait me conforter c’était son ombre, cette chose machiavélique qui osait dire ce que je n’aurais pas dit. Lui hurlant clairement que son enfant était mort, que ses réactions étaient stupides, que tout ceci était fait et irrévocable.

- Il ne l'a pas mérité, c'est ma faute... je n’aurais pas dû le laisser seul... Ayame... Ramène-le, fais le revenir ! S'il te plaît.

Tenant sa personne dans une étreinte, je ne lui répondis pas, la laissant chercher du réconfort dans ma chaleur, essayant tant bien que mal de ne pas flancher à mon tour. Fermant les yeux en caressant son visage hurlant encore et toujours, que pouvais-je faire ? Ramener son enfant était impossible, son âme n’était plus, il n’était plus qu’une coquille vide. Mes connaissances étaient certes avancées, mais encore maintenant, je ne savais faire revivre les morts. J’étais un monstre, je stockais leurs âmes en moi en attendant le jour du réveil. Mais il fallait cette âme … Mais je ne l’avais pas.

« -Misérable ! Venge-toi et oublie. »

Se venger ne fera revenir son fils. Notre fils. Baissant les yeux à l’entente de ses mots, je me sentais … mal à l’aise. Dépourvue de toutes idées pour nous en sortir de cette impasse, seul mon silence pesant résonnait dans cet endroit. Qui … qui l’avait tué ? Yomi l’aurait-elle découvert ? Non, je l’aurais su, et sa mort n’aurait pas été si belle, si elle avait été la coupable, je n’aurais plus que sa tête, uniquement cela. Mais qui ? Tout le monde. Tout le monde pouvait avoir un prétexte pour le tuer, devrais-je anéantir tous mes étudiants pour trouver un coupable ? Non, cela était ridicule. Je le trouverai, je le trouverai pour Akiha.

- Laisse-moi y retourner. Laisse-moi le voir.

Cela était inutile. Le voir … pour la voir s’effondre sur un corps froid ? Il était impossible que je l’y autorise et son ombre -aussi étrange que cela puisse l’être- était de mon avis. Transperçant l’âme de ma tendre amante pour retrouver cette masse noire, je fus étonnée de me confronter à de nombreux barrages pour y accéder. « Cela suffit. » De simple parole demandant à ce qu’elle se taise pour de bon, il était inutile d’en rajouter plus. La vérité était trop douloureuse … l’enfermerais-je dans ses souvenirs ? Lui accorderais-je des rêves traçant une vie complète avec son fils pour qu’elle aille mieux ? Non, seul le temps saura remplir ce manque. Futile que cela puisse être.

Attrapant Akiha par les épaules, je lui adressais un sourire désolé en enfonçant mon regard dans le sien. Caressant son doux visage en essuyant ses larmes coulant à flot, je la serrais contre mon cœur, dégageant un calme autour de nous, essayant de la relaxer ne serait-ce qu’assez pour qu’elle m’écoute, qu’elle m’entende, pour qu’elle comprenne.

- Akiha-Chan, c’est impossible. Nous ne pouvons le ramener mon cœur, il n’est … Rei …

Perdant mes mots moi-même, je me giflais moi-même de cette impossibilité de communiquer. Levant les yeux en sentant une présence familière, je la questionnais du regard, parlant silencieusement, je compris rapidement où elle voulait en venir. Il en était hors de question, je n’acceptais pas, pour Akiha, pour Rei. Lui disant clairement d’un signe de la main que non, son corps ne finirait pas dans la baie de Kyoto, je lui intimais de le laisser à la morgue en attendant … En attendant ses funérailles. Des funérailles … Comment ? Je ne le savais pas… Du moins j’avais du mal à y penser. Le meilleur endroit serait l’arène, mais l’arène n’acceptait les morts de l’extérieur. Planter une croix dans la forêt ? Ou porter son corps dans le temple maudit, laissant son corps à la merci des âmes maléfiques ? Foutaises, les fantômes n’existaient pas. Laissant Yume disparaître sous mes yeux, je redescendis mon regard sur Akiha. Que faire ?

- Mon cœur, mon ange … Je suis désolée.

Je craquais de la voir ainsi, versant sans que je ne m’en rende compte des larmes, mes joues devinrent rapidement humides par les larmes traversant mes yeux. Je ne désirais pas cela, je ne voulais la voir ainsi … Nulle personne ne peut détruire ceux que j’aimais, nulle personne ne peut les rendre tristes. Akiha-Chan, je t’en supplie, ressaisis-toi.

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MessageSujet: Re: Parce que je ne suis que AC670D.   Ven 7 Juin - 1:28

Pourquoi espérais-je encore ? Je savais pertinemment que mon souhait ne sera en aucun cas exhaussé. Que ce soit de revoir mon petit Rei en vie ou du moins, pouvoir encore une fois le serrer dans mes bras. C'était trop douloureux pour que je puisse le supporter. Quelle ironie du sort, moi qui tuais, torturais sous des vanités, sous des excuses ridicules, j'étais en pleurs après la perte d'un simple enfant orphelin. Non, non, je ne devais penser de la sorte, c'était l'enfant que j'ai choisi de ma propre volonté d'élever, c'était un gamin que je voulais protéger et ainsi de suite. C'était celui que j'ai conduit à une mort brutale sous une envie égoïste d'avoir un fils. J'étais stupide, complètement folle. Seulement croire que je pourrais le protéger entre ces murs, c'était insensé. Et maintenant ? Maintenant il était trop tard pour se réveiller de ce rêve devenu cauchemar. J'étais la pire personne au monde, j'étais un monstre qui ne méritait de vivre avec tant de souffrance que j'eus engendrée. Et pourtant, j'étais encore là, en vie, à me lamenter dans les bras d'Ayame-Sama... J'étais la pire de tous.

- Akiha-Chan, c’est impossible. Nous ne pouvons le ramener mon cœur, il n’est … Rei …

Éclatant en sanglots à ces paroles qui me firent l'effet d'une gifle, je ne sus supporter ce regard, le fuyant pour me plonger dans un autre vert, le vert de la forêt. Pourquoi la forêt au juste ? Je ne savais pas, mais cela ne me dérangeait pas plus que ça, d'ailleurs rien ni personne ne pourrait me déranger dans mon chagrin. Mon cœur brisé en mille morceaux qu'il pouvait l'être, ressentait tout de même une certaine joie, un certain bonheur d'avoir Ayame-Sama près de moi pour me réconforter. Moi-même je ne savais me l'expliquer, peut-être que finalement, je ne considérais pas cette femme comme un monstre sans cœur, peut-être qu'au final, elle se souciait de ce qui nous arrivait là, en ce moment. Je laissais mes larmes dévaler mes joues, ne refusant en aucun cas le toucher doux de ma chère amante.

- Mon cœur, mon ange … Je suis désolée.

Sa voix, c'était la seule chose à laquelle mon esprit embrumé s'attachait à cet instant. Relevant mon regard rougit par les larmes, je ne fis que laisser couler mon chagrin d'avantage en voyant l'invraisemblable. Ayame-Sama... Elle pleurait. Ne sachant supporter ce spectacle qui me poignardait ce qui me restait de mon cœur brisé, j’enfouis ma tête dans son épaule sans lui dire quoi que ce soit... Combien de temps nous sommes restées ainsi ? Je ne saurais le dire, peut-être deux minutes, peut-être quelques secondes, ou alors plus ? Quelle importance, le temps n'en avait pas. Et même ainsi, je ne pouvais laisser mon amante dans un tel état, ce n'était pas elle, c'était trop... trop pour que je puisse juste accepter cette peine monstrueuse dévorer mon âme compromise. Relevant la tête, j'essuyais les larmes de mon amante, ne faisant guère attention à mes propres scions transparents qui se dessinaient sur mon visage. Embrassant délicatement ce visage qui m'était tant familier, je lui murmurais quelques paroles, laissant mes hurlements de coté pour laisser place à un semblant de calme post-traumatique s'insinuer dans mon corps.

- Vous n'avez pas à être désolée, Ayame-Sama... C'est ce monstre... Celui qui a fait ça...

Grinçant des dents sous une soudaine rage qui se propulsa dans tout mon être, je me forçais à arrêter de pleurer pour l'égard de mon amante surtout. Il ne fallait pas que je sois ainsi devant elle, ce n'était pas raisonnable, ce n'était pas moi. J'étais un monstre qui se jouait des autres, je n'avais le droit de flancher... Sauf que là... Rien qu’aujourd’hui, je n'en pouvais plus de ce statut, toute la douleur avalée par mon ombre pour tous mes crimes voulaient reprendre sa place initiale pour me hanter, tellement le choc de perde mon précieux Rei était fort. Me reculant finalement de la directrice, un regard déconfit et décomposé par la tristesse, mon regard était absent, même mon corps, je le trouvais étrangement vide. Et Akiha ? Je ne savais pas, elle se taisait enfin, il n'y avait que cette impression de haine qui me restait en travers de la gorge, me confirmant qu'elle était toujours là, à attendre le bon moment pour frapper. Par contre, je ne voulais rester seule, c'est pourquoi je pris la main d'Ayame-Sama dans la mienne, avant de formuler ma demande, sans oser la regarder.

- Empêchez-moi d'aller le voir, car je ne le supporterai pas.

J'étais égoïste pour oser demander cela, car peut-être dans une heure, ou pire dans dix minutes, je n'aurais qu'une seule envie, et ce serait de retrouver le corps de mon fils. Et à ce moment, j'en voudrais terriblement à Ayame-Sama de ne pas me laisser faire. Mais d'un autre coté, je savais au fond de mon coté le plus sombre –ou clair au choix- que cela m'anéantirait complètement. Il fallait que je me concentre sur autre chose... Non ! Je n'étais pas un monstre, j'étais vraiment chagrinée, j'avais mal, j'avais mal pour mon amante aussi, mais j'étais ce que j'étais, une scientifique côtoyant la mort tous les jours, et savant parfaitement ce qu'un corps vide signifiait. Je ne savais juste pas que la douleur de perdre quelqu'un de précieux pouvait s'avérer si vive, si terrible à supporter. Serrant la main d'Ayame-Sama davantage, je l'invitais à ce que nous rentrions à Undai. Cela ne servirait à rien de rester ici, même si au fond, j'aurais préféré me terrer dans cette forêt, loin des souvenirs horribles de cet endroit... Undai... Devrais-je... ? Non, du moins pas maintenant. Et même si j'ai perdu l'envie de vivre et continuer comme si de rien était, une chose restait forgée au fer rouge dans mon esprit. Le coupable.

- Je dois trouver qui a fait ça... Il faut le trouver, Ayame.

END

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MessageSujet: Re: Parce que je ne suis que AC670D.   

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Parce que je ne suis que AC670D.

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