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 Dis le moi, et je te le dirai.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Dis le moi, et je te le dirai.   Dim 27 Jan - 0:21

Un battement de cœur, une sueur chaude sur le corps, un léger gémissement et le réveil brutal d’un matin quand on retrouve son corps sur le sol, la tête la première dans les pantoufles fièrement dressées aux pieds du lit. Un grognement sourd et une envie oisive de regrimper dans ce qui fut notre nid pour la nuit, agrippant donc ainsi mes couvertures pour finalement les emporter avec moi sur le sol, je refermais les yeux. Un grognement me fit lever un sourcil alors qu’en moins d’une seconde, une masse atrocement lourde à six heures du matin me tomba dessus. Un deuxième grognement mais cette fois-ci fâché, suivit de celui mécontent pour finalement conclure ce réveil par un soupir long et sourd.

- Debout Yume, va pas te plaindre si t’arrives en retard au conseil, t’as une réunion aujourd’hui !

Et quelle ne fut pas ma joie en sentant la même pantoufle de mon réveil précédent venir se heurter violemment contre mon front ? Non, il était plus facile de me balancer cette chaussure que venir me secouer l’épaule n’est-ce pas ?! La peur du toucher ? Depuis longtemps il n’y avait plus ça entre nous, non, c’était fini. Maintenant … nous étions intime. Intime au point de me faire traîner par la main dans la salle de bain, dézapper en deux trois mouvements et balancer dans une baignoire à température parfaite. Ma réaction ? Durant la « traînée » je crois avoir ronronné, et lors du jet ? J’ai cru crier de surprise. Et sous l’eau ? Haha. J’ai faillit m’étouffer. Alors maintenant, je vais conditionner votre esprit à fabriquer l’image d’une meuf qui se noie dans une flaque d’eau, tu vois ? Oui, non ? Et bien quoi qu’il en soit, je me suis noyée -j’ai cru du moins- dans ma baignoire. Faisant des grands gestes pour retrouver l’air -se trouvant à cinq centimètres de ma noyade- je humais l’air une fois celui-ci à ma portée. Foudroyant du regard une personne me faisant face pliée en deux, le rire moqueur s’élevant partout dans la salle de bain, je ne trouvais guère mieux que de lui balancer de l’eau sur le visage. De l’eau … ce qui veut dire en terme clair les deux tiers du bain. Du moins c’était ce que je comptais faire, si elle ne m’avait pas sauté dessus pour venir capturer mes lèvres … Oui, j’aurais fait ça.

- Les contusions sont multiples Dead Master-Sama, sans votre intervention, elles seraient toutes les deux mortes.

Assise devant la fenêtre, je regardais le paysage enneigé de ce mois d’hiver. Il était rare, à dire invraisemblable de trouver de la neige à Undai, mais au moins une fois par an celle-ci tombait. Parfois un jour, parfois plusieurs. Je n’aimais pas le froid, mais j’aimais l’hiver. La neige n’était qu’un moyen que je décrivais amusant pour les étudiants, une bataille de boules de neiges ? Si ce n’était que ça. Il allait de soit qu’après un affrontement amical et inoffensif, que certains se devaient de rétablir les règles de Undai, qui dit affrontement dit massacre. La neige peinte en rouge ? Chaque année.

- Encore une boucherie en bas, moi je parie que c’est les premières qui vont gagner, regarde les.

Levant les yeux vers Kaïla qui venait d’arriver, je lui adressais un fin sourire alors que celle-ci se tenait dans mon dos, tasse chaude en main, les yeux rivés sur mon ancienne préoccupation. Reprenant moi aussi le spectacle se dressant sous nos yeux, je me décidais de prendre son corps comme dossier, fondant à perfection ma chair contre elle, cherchant une quelconque parcelle de chaleur que je savais introuvable. Sa main se posa sur ma tête, ébouriffant légèrement mes cheveux alors que la première boule de neige remplie de ce qu’il semblait être des clous fut lancée sur un seconde. La deuxième boule qui ne fut même plus composée de neige mais de feu, la troisième … était-ce une bombe que je voyais là ?

- Sérieusement, on a rien d’autre à faire ?


- Yume-Sama commence à se réveiller Dead Master-Sama ! Dead Master-Sama !


Un vacarme fou se pressait autour de moi, je ne voyais pas mais j’entendais très bien. Grimaçant sans savoir si mon visage suivait les instructions de mon cerveau, j’essayais péniblement d’ouvrir les yeux, cherchant à savoir où j’étais pour qu’un tel boucan se fasse entendre. En vain. J’avais beau essayer les ouvrir je n’y arrivais pas, du moins c’est ce que je crus jusqu’à ce que je me rende compte que je distinguais parfaitement la silhouette de la femme me faisant face. Depuis quand … mes yeux étaient-ils ouverts ? Et pourquoi l’information ne venait que maintenant ? Sentant une douleur violente me lacérer le crâne, je levais avec difficulté ma main jusqu’à mon front. Grimaçant une fois de plus alors que la voix stridente de la femme sifflait dans mes oreilles, je lui intimidais du regard par une parole qui ne sorti jamais. Ses cris me rendaient folle, sa voix me pétait les tympans, ses gestes me donnaient mal à la tête. Qu’elle se taise, qu’elle ne bouge plus !

Oui, le silence. Et c’est en descendant mes yeux sur ma main ensanglantée que je compris que je venais de la faire taire. A jamais. Ses cordes vocales dans ma paume, son trou béant dans la gorge, elle se vidait. Regardant un instant autour de moi, je fus un peu perturbée en ne reconnaissant nullement l’endroit, où étais-je ? Ayame m’avait encore envoyé dans un hôpital à l’autre bout de monde ?! Non, je pouvais sentir la matérialisation d’où j’étais. Kyoto, j’y étais encore. Lâchant les tuyaux que je tenais dans la paume, j’ouvris la porte pour me retrouver dans le couloir, la main dégoulinant d’un sang qui n’était pas le mien. Marcher, partir. C’est ce que je fis jusqu’à croiser des pupilles verdâtres et le noir.

J’étais bien mise dans le creux de ses bras, je me sentais bien. Terriblement bien, ma main sur sa joue, un léger sourire se fit sentir par mes doigts avant que des lèvres ne s’y posent. Je souris, j’aime. Mais il allait de soi que ce bien-être allait se faire estomper et c’est en voyant une masse poilue et énorme sauter sur le lit pour venir nous lécher la face de sa langue collante et puante que je me cachais sous les draps dans un cri de mécontentement.

- Haha ! Wo-Kun arrête !

Kaïla riait aux éclats sous l’attaque affective de son chien, de notre chien. Je ne sais pas comment nous l’avons eu, seul son pelage gris et ses yeux d’acier se présentaient devant ma personne, une lueur bleutée, un semblant d’affection et une éternité de questions informulables ici. Oui, ici c’était chez moi, dans mon cœur, dans ma tête. D’un mouvement de pieds j’essayais d’extirper la bête de mon lit en vain, il fallut que Kaïla ordonne à sa bête de partir pour qu’elle le fasse. Je n’ai jamais compris pourquoi d’ailleurs, nous avions été ses maîtres en même temps, alors pourquoi ne m’écoutait-il pas ? Sale bête.

- Fais pas cette tête, sinon je dis à Wo-Kun de t’attaquer !


Il faisait nuit, non … mes yeux étaient juste fermés. Les ouvrant en me redressant du fauteuil sur lequel j’étais vautrée, je regardais avidement la pièce dans laquelle j’étais. Ma chambre, j’étais dans ma chambre mais loin d’être seule. Non, des yeux brillants tels que des émeraudes me fixaient, la femme était assise sur mon lit, lit qui d’ailleurs n’étais pas libre. Ayame. Kaïla. Me redressant en frottant ce qu’il semblait être du sang ayant coulé de mon nez, je reniflais disgracieusement tout en penchant la tête vers l’arrière. Dégoûtant.

- Pourquoi … ?

Ce n’était qu’une question parmi tant d’autres que je n’ai su formuler, Ayame me regardait et moi j’avançais, encore et encore jusqu’à ce que mes genoux se tapent contre la paroi du lit et que je sente mon corps tomber sur le sol. Laissant mon corps près des genoux de la femme me faisant hauteur, me regardant de son air si indescriptible. J’aurais dû rire quand je me mis à la fixer, mais rien ne traversa mes lèvres une fois de plus. Un ange passa.

- Ne m’en aurais-tu pas voulu si je l’avais tué Yume-Chan ? Nous avons une promesse mon cœur, je la respecterai quitte à laisser cette bombe à retardement en vie ~

Je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire, ses mots n’avaient nul sens pour ma personne, j’avais beau essayer de décrypter ses paroles, seule l’image d’un poulet rôti me parvint en image fixe. Joli, fumant, goûteux poulet rôti. Secouant la tête pour faire disparaître cette image qui n’avait pas lieu d’être, je me retournais de manière à ce que je puisse utiliser l’une des planches de mon lit comme dossier. Fermant les yeux en me disant que je suis en plein rêve et que non, je ne suis pas avec Kaïla endormie dans mon lit et Ayame la berçant à ses côtés, je frappais doucement ma tête contre le bois froid avant que les paroles d’Ayame ne viennent une fois de plus perturber mon esprit ;

- Profite-en avant qu’il ne soit trop tard mon cœur ~

Trop tard … mais pourquoi trop tard ? Quand, quelque chose … allait-il se passer ?

Je ne sais pas quelle heure il était, et encore moins si j’avais passé toute ma nuit assise sur le bas côté de mon lit à regarder Kaïla dormir. Levant une main jusqu’à son front pour venir défaire une mèche rebelle, je la contemplais encore un moment avant de me décider à m’occuper. Sept heures sans bouger à fixer une personne dans une position peu confortable ? Très peu pour moi. Me relevant en m’étirant de tous mes muscles, je décidais de prendre place dans le sofa non loin du lit, m’y vautrant un instant avant de me saisir d’une revue se trouvant sur ma table basse.

Une mélodie, un sursaut de ma part et me voilà le cellulaire écrasé contre l’un des murs. Mon téléphone ? Non. Une sueur froide au dos en sentant des frissons me prendre de l’échine jusqu’à mon gros orteil du pied droit, je me retournais en sentant un regard pesant dans mon dos. Faisant donc à présent volte-face à des pupilles rougeâtres me fixant étrangement, je fis un pas en avant, avant de m’arrêter. Que devais-je faire, que devais-je dire ? Seul le poulet rôti me donnait un indice sur mes prochaines phrases.

- ...

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Dim 27 Jan - 2:15

Déchirures, plaies, blessures en tout genre. Était-il juste possible de supporter de tels dégâts avec tant de suffisance ? Non, non si nous ne sommes que des êtres humains ordinaire, les six milliards et dès. Mais oui, si nous faisions partie de ce petit cercle fermé qu'était Undai, oui nous les quelques centaines de fous furieux aux capacités inhumaines, ces quelques monstres qui pourraient éradiquer toute la planète avec le sourire. Et malheureusement, ou heureusement en vue de la situation, je faisais partie de ces poussières néfastes à la nature logique de l'humanité. Alors, me direz-vous, qu'était-ce de souffrir quand on était indestructible ? Je vous répondrais que si, c'était tout autant affreux de se voir le corps mit en lambeaux, de sentir les chairs se décomposer, chaque membre se disloquer... C'était l'horreur. Même si nous étions limite des dieux comparés aux humains communs, nous n'étions pas préservés de la douleur et de la souffrance, tant physique que mentale. Et même si nos corps usés par la recomposition s'en sortaient tant bien que mal, nous, en fin de compte, nous étions de plus en plus ébranlés à chaque nouvelle coupure. Tout cela pour dire que personnellement, j'avais marre, marre de défier la mort à tout bout de champ, à chaque centimètre que je faisais dans les murs de cette Académie. J'étais tellement épuisée de toute la douleur ressentie qui en tuerait plus d'un, que parfois je me disais qu'il vaudrait mieux que je meurs sous un surplus de perte de sang. Car oui, quoi que vous disiez, le choc était là, tout aussi vif que si je n'étais qu'une simple étudiante d'une école banale. Se voir arracher un bras pouvait être fatal, et cela l'était. Non physiquement, mais plus mentalement... Ainsi, après deux ans de combats, même si mon corps n'avait aucune cicatrice de ces derniers, il n'en pouvait plus. Fatiguée, je ne voulais qu'une chose, c'est laisser mon être se reposer sans plus jamais devoir subir plus, pas plus qu'une petite coupure en taillant des légumes ou encore, une égratignure en s'écorchant contre un arbre, ou alors, au plus grand des cas, une plaie suivie d'un hématome après être tombée dans les escaliers. Oui, une vie parfaite pour un corps moyennement normal. Mais le mien n'avait pas ce genre de privilège, il était presque merveilleux de me voir juste avec un bras en moins dans les meilleurs jours... Ou alors, au pire des cas, comme aujourd'hui, à moitié morte avec un corps parsemé des lésions... à condition que j'avais encore un, de corps. Sincèrement, à cette question, là maintenant, je ne saurais répondre.

Un cri, un autre, un hurlement, une explosion, et puis le silence. Ma tête ne gardait aucun souvenir de ce qu'il s'est passé avant que tout ne déraille et encore moins de ce qui est arrivé par la suite, quand le trou noir envahi ma vision et embrouilla mon esprit. Rien, le néant total ne laissant que la désolation à la fin. Des flashes d'images passant comme dans un rêve, laissant un espoir d'un réveil mouvementé mais non douloureux. Tout cela, c'était vain, je savais, je le sus avant même de réaliser que j'allais souffrir dès que mon cerveau se remettrait en marche. Je le savais, parce que je m'en rappelais dans des vagues zigzags de ressentiments. Encore des bruits, et puis une douleur sourde, aiguë qui me martelait la tête, qui rappelait à chaque parcelle de ma peau les souffrances subies. Mais qu'est-ce qu'il s'était passé ? Quelle importance quand autour de moi, tandis que j'ouvrais doucement les yeux, je voyais défiler des centaines de spectres plus étranges les uns aux autres ? Aucune importance. Mes paupières lourdes s'ouvrirent peu à peu pour se refermer aussi rapidement sous l'agression de la lumière, mon esprit à nouveau éveillé ne laissait trace que de souffrance. Je ne reconnaissais rien autour de moi, je n'entendais rien non plus à part un bourdonnement agaçant dans mes oreilles. Et c'est quand j'ai vis tous ces machines que je m’évanouis à nouveau, espérant qu'au prochain réveil, la douleur disparaisse avec le sommeil, ainsi que l'endroit dans lequel je me trouvais.

Un son lointain mais familier, une odeur désagréable et ce goût pâteux de fer dans la bouche. Ce ne fut pas la première fois que je me sentais comme si une horde de Mammouths m'était passé sur le corps, non, ce ne fut pas la première fois, mais certainement pas la dernière. Oh joie de vivre direz-vous, mais c'est après, pendant la convalescence que la douleur est le plus insupportable, au point de vouloir se tuer une bonne fois pour toutes. Le bruit se fit plus intense et mon corps, habitué voulu bouger de lui même pour saisir mon cellulaire avant même que mon esprit embrouillé ne se rende compte de mon état déplorable. Comme après un réveil en plein dans la nuit, je me relevais et m'assis dans ce lit moelleux qui... d'ailleurs était-il mien ? Quelle importance quand des marteaux toquent à mon crâne et quand des tondeuses heurtent mon corps de pleine puissance. Un autre bruit, et le silence. Un grognement ensommeillé de ma part, et le monde se remit à tourner autour de moi, lentement, mais assurément. Un soupir qui me déchira le corps, un mouvement de tête qui me valut une grimace et devant moi la personne que je m'attendais le moins à voir ici. Ici ? Oh, ce n'était pas ma chambre. Un instant de flottement, un claquement de langue suivit d'un rictus de dégoût et tout revint. Le combat, les attaques, la fin, mais surtout la cause de ce désastre, sans oublier tous les sentiments qui défilèrent en même temps, mettant de la bouille dans mon esprit. Et qu'est-ce qui suit quand celle qui était sensée te tuer, te regarde sans broncher pendant que tu squattes son lit ? Des questions, bien sûr. Sauf que je n'avais pas la force d'ouvrir la bouche et encore moins de réfléchir. Un autre soupir et j'essayais de bouger mes membres endoloris, essayant de faire abstraction de sa présence, de toute cette situation gênante. Pourtant, j'étais une Kurayami, et je me devais de suivre mon éthique de détendre l'atmosphère. Ha ha.

- Ah... Je me souviens... de qui tu es, c'est un bon début.

Une autre inspiration, un visage déformé par la douleur gênant tout déplacement, et j'eus la bonne idée de me lever enfin. Engourdie par le manque de mouvement et certainement par l'effet des médicaments, je m’auscultais d'un regard rapide, inutilement. Si j'étais là, ce que j'étais en vie et entière. Comment je suis arrivée là, c'était une autre question. Et là... Il y avait Yume, et je ne savais quoi lui dire à part lui demander pourquoi me trouvais-je ici. Sentant mon corps perdre toute consistance, je me rassis et fixais bêtement celle qui était là avec moi. Cette situation était vraiment dérangeante. Jusqu'à ce que mes yeux fassent le tour de la pièce et se plantent dans le mur où un petit bout de verre dépassait...

- Ne me dis pas ce que les restes de mon portable font dans ce mur... Ne me dis pas non plus comment cela se fait que je sois dans ta chambre... Dis moi juste...

Une toux aiguë me saisit à la gorge au point que je dus me contenir pour ne pas vomir mes tripes, tandis que mon corps convulsait sous le mouvement. Une trentaine de secondes après, le corps en sueur, je me ressaisis en pestant contre le monde entier. Grognant de mécontentement, je me relevais encore une fois pour faire face au poteau sous mes yeux fatigués. C'était fou comment je pouvais me sentir à moitié dans le coma tandis que la douleur se diffusait et brûlait tout l'intérieur de mon être.

- Tu as l'air d'aller bien. Par contre, si cela ne te dérange pas, je vais me coucher sur ton sofa, et tu m'expliqueras comment se fait-il que je sois en vie. Tu aimes tant que cela ma compagnie ?

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Dim 27 Jan - 2:49

Ne pas bouger. C’était ce que je faisais en regardant Kaïla me fixer également, la respiration soutenue, le corps fixe et des milliers d’alternatives sur son réveil passèrent par mon esprit sans prendre forme dans la réalité. J’aurais pu lui sauter dessus en lui disant Ô combien je voulais qu’on se réconcilie, je pouvais tout aussi lui faire dos et partir de ma chambre à attendre qu’elle même, après s’être remise en forme, s’en aille. Ou encore mieux, lui sauter dessus en venant frotter ma tête contre la sienne en fondant en larmes. Mais non, je ne fis aucune de mes envies, non je préférais rester là à la regarder dans le blanc des yeux tel un pélican devant un poisson ayant fraîchement sauté devant sa gueule.

- Ah... Je me souviens... de qui tu es, c'est un bon début.

Haha. Ma réaction ? Rire de pleine gorge sans mouvement. Donc en terme clair, je n’avais toujours pas bougé d’un poil, fixer et encore fixer. Et puis quoi, devais-je répondre à son sarcasme par du sarcasme aussi ? Genre, la réponse aurait-elle été plus amusante si je lui balançais à la gueule « Tiens ? Moi qui croyais t’avoir tué, je vois que tu es toujours là pour savoir qui je suis. Plaisant n’est-ce pas ? ». Pas du tout. Non, vraiment pas. Mais quoi qu’il en soit, j’étais contente de la voir comme ça, je ne voulais pas qu’on se mette à crier une fois de plus ou encore mieux, qu’on fonde en larmes comme dans les films où les gens qui se sont perdus de vues se retrouvent. Non, nos retrouvailles c’était un combat, finissant par des corps en lambeaux pour que finalement, on se mette devant un écran à parler en même temps que les faits divers passent à la TV. Oui, ou alors en plein jeu vidéo à dégommer des zombies … poulet rôti !

- Ne me dis pas ce que les restes de mon portable font dans ce mur... Ne me dis pas non plus comment cela se fait que je sois dans ta chambre... Dis moi juste...

Suivant ses yeux, je tombais en même temps qu’elle devant une sorte d’éclat d’écran coincé entre une fissure de mon mur. Analysant lentement celui-ci, inéluctablement je me disais que non, ce n’était pas son portable. Vu comment le verre était enfoncé et la fissure du mur … ce coup devait remonter à bien plus longtemps et avec un appareil plus grand aussi … peut être le jour où j’ai vu mon pc portable voler parce que j’avais mangé la dernière crème glacée ? Sans doute. Souriant jaune à ce souvenir, je bougeai. Enfin et quel mouvement ! Passer sa main sur sa tête.

Et puis, je fis de grands progrès, de très grands progrès dans ma mobilité quand je fis un pas en avant en levant les bras quand je vis Kaïla se relever pour finalement se rasseoir à bout de forces. Douée comme elle était, elle réussirait à finir la tête la première contre le rebord du lit … Oui, elle avait vécu bien pire que ça, mais tout de même … Autant la préserver de … Rien. Après tout, à cause de qui elle était si amochée ? De moi, et d’elle-même. Si elle n’était pas venue me quémander combat, elle aurait continué sa popote tranquillement à manger tous les matins son pain pour finir avec celui-ci en bouche en courant direction les salles de classes.

- Tu as l'air d'aller bien. Par contre, si cela ne te dérange pas, je vais me coucher sur ton sofa, et tu m'expliqueras comment se fait-il que je sois en vie. Tu aimes tant que cela ma compagnie ?

Oui, très bien vois-tu ? Ah, ces cernes immenses sous mes yeux ? Maaah, c’est parce que j’ai du mal à dormir tu vois. Non je n’allais pas bien, oui je me sentais stressée comme jamais et non je ne comptais pas la laisser pioncer sur mon divan et attendre gentiment qu’elle se réveille à nouveau pour parler de ce qu’il s’est passé. M’excuser ? Je n’avais pas à le faire, je l’avais fait pour elle, je l’avais perdue pour elle et elle … Elle, elle me torturait, encore et encore.

- Non.

Ce fut le seul mot qui traversa mes lèvres. Restant toujours fixe, je la surplombais de mon regard avant de faire un pas en avant suivit d’un deuxième pour que j’arrive à sa hauteur. L’invitant à retourner dans le lit en imitant un mouvement de la main sans la toucher, j’attendis qu’elle se recouche pour venir m’asseoir à ses pieds, bien loin d’elle et bien sur le bord. Le contact, non. Pas maintenant, je ne voulais pas et elle non plus, j’en étais sûre alors, éviter serait la meilleure des choses à faire.

- Reste dans le lit et repose toi autant que tu veux.

Des phrases courtes, sortant tel un flot glacial, n’ayant d’ailleurs aucune intonation. Génial, j’aurais pu faire mieux non ? Et bien non. Me décidant tout de même de m’approcher ne serait-ce qu’un peu, je pris appuis sur le mur qui fut un jour l’endroit fétiche de nos deux personnes. Fermant les yeux en inspirant lourdement en me repassant les images du combat, une question sorti ;

- Comment as-tu retrouvé tes souvenirs ? Je … Je ne me savais pas si nulle que ça sur le contrôle psychologique.

Oui, comment sinon ? Certes c’était la première fois que je volais des souvenirs à des gens, du moins de cette manière là. Je gobais les capacités des gens en les tuant, les combats dont j’ai participé m’ont toujours offerts quelque chose en plus, non pas l’expérience, mais une once de pouvoir ainsi que des techniques diverses. Mais je n’étais pas là pour m’étaler sur « qu’est-ce qui a été bénéfique à notre combat », mais bel et bien sur le reste ;

- Je ne m’excuserai pas de ce que j’ai fait. C’était le seul moyen, sinon elle t’aurait tué Kaïla.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Mer 30 Jan - 18:52

Un pas en avant, un autre un peu plus gauche, un soupir de ma part complètement découragée de temps de mal que je me donnais pour avancer, et me voilà m'arrêter net quand la voix glaciale de Yume résonna enfin après que j'eus cru que seul mes monologues allaient combler le froid de l’atmosphère nous couvant. « Non. » Un simple mot qui me fit hausser un sourcil, perplexe. Non à quoi ? Non, elle n'aimait pas ma compagnie, ou non elle n'allait pas bien ? Cette fille pourrait au moins une fois dans sa vie être plus clair quand elle s'exprimait, parce que là, je n'étais pas médium non plus. Tordant mes lèvres dans une grimace qui accentuait mon air perturbé, j'eus un haussement d'épaule indifférent quand elle s'approcha pas à pas de ma personne. Froide, toujours aussi inexpressive, elle me poussa à force de gestes indirects, à retourner dans son lit. Aucun son ne sorti de ma bouche pour protester, de toute façon à quoi bon, j'étais fatiguée, je n'avais qu'une seule envie et c'était de me poser pour dormir. Le seul fait que je voulus prendre son sofa au lieu de son lit, c'est que c'était justement le sien et que... que trop de souvenirs y étaient attachés.

- Reste dans le lit et repose toi autant que tu veux.

Un soupir de soulagement quand mon corps rentra à nouveau en contact avec les draps chauds et mous, et je m'emmitouflais dedans sans demander mon reste. Fermant les yeux en profitant de ce calme soudain mais assez déplacé, je laissais mon esprit vaguer dans la paix intérieure qui me surplombait peu à peu tandis que la fatigue déversait un sentiment de lourdeur sur chaque parcelle de mon corps. Le lit bougea comme pour me signaler la présence de Yume tout près de moi. Ce que cela me faisait ? Je ne saurais le dire, ni le décrire. Je savais juste qu'un équilibre était en train de se rétablir dans tout ce foutoir, même s'il faudra beaucoup de temps pour que je lui pardonne entièrement cette trahison. Mais il était certain qu'à l'heure actuelle, je n'allais pas soulever le sujet, profitant consciencieusement de l'invitation qu'elle m'a si gentiment proposée. Son lit ? Oui, j'aurai autant dû retourner dans le mien, mais pourquoi faire cela, surtout si je pouvais rester ici ? Aucun intérêt.

- Comment as-tu retrouvé tes souvenirs ? Je … Je ne me savais pas si nulle que ça sur le contrôle psychologique.

Rouvrant légèrement les yeux, un mince sourire se peignit sur mes lèvres, rapidement remplacé par une mine boudeuse. Genre quoi ? Elle était nulle et non moi j'étais douée ? Merci Yume, tu me tiens en grande estime à ce que je vois. Laissant échapper un grognement mécontent, je ne bougeais pas, éveillée à regarder le plafond. Comment ? Si je lui disais que c'était relativement grâce aux rumeurs et langues pendues des autres étudiants, que ferait-elle la prochaine fois ? Elle tuerait tout le monde ou se contenterait de me planter un couteau dans le cœur ? Bonne question. Et je n'allais certainement pas lui révéler que j'ai fouillé le Conseil ainsi que sa chambre, inconsciente de qui elle était pour moi à cette époque. Non, elle me prendrait pour une folle. Autant rire jaune et ne rien lui répondre sur le pourquoi du comment. Yume était un danger sur pattes sans moindre moralité, autant prévenir sa fragilité de malade plutôt que la pousser à inventer de nouveaux plans farfelus pour rendre la vie plus jolie.

- Je ne m’excuserai pas de ce que j’ai fait. C’était le seul moyen, sinon elle t’aurait tué Kaïla.

Était-ce une forme de se fondre en excuses spécial Yume Kuroi ? Non, plutôt la recherche de la raison qu'elle se donnait en commettant certains actes. Qui l'aurait cru après tout, Black Rock Shooter qui prête attention à ses agissements démontrant les pours et les contres de ce qu'elle a fait. J'étais quasiment certaine que, quand elle tuait un étudiant, elle ne se lançait pas dans des ébats sur le pourquoi du meurtre. Et là, elle essayait médiocrement de me persuader que, si elle a fait ce qu'elle a fait, c'était pour mon bien. Désolée Yume, je sais très bien ce qu'il me serait arrivé, et pourtant, jamais, au grand jamais, je ne lui permettrais de m'effacer la mémoire, même si ma vie en dépendait. Sentant la colère refluer à la surface, je laissais vibrer ma voix dans l'air, comme pour désamorcer cette montée néfaste.

- T'es bornée, si elle m'aurait tué au moins je n'aurais pas à t'en vouloir.

Me relevant sur le coude pour pouvoir contempler sa personne assise non-loin de moi, aucune expression ne se peignait sur mon visage tandis que j'essayais du mieux que je le pouvais de me redresser en position assise. Toujours en colère, la seule chose logique que j'eus réussi à faire, c'était de me traîner -couvertures à la suite- à coté de ma prétendue amie afin de positionner mon dos contre le mur froid et regarder le mur devant moi. Prise de vertige, je réprimais la nausée qui pointait le bout de son nez, retournant mon estomac à chaque respiration. Cela dura environ une minute avant que je ne perde le peu de patience que j'avais dans ce silence pesant. Toujours fixée sur le mur bleu en face de nous, je plongeais mon coude dans ses côtes, assez puissamment pour qu'elle le sente passer -dans le but de la réveiller de sa liturgie- pour finalement changer de tactique et opter pour quelque chose de moins invasif. C'est ainsi que, avec une voix monotone, je lui plantais mon indexe dans la joue à répétition, au rythme de mes « excuse-toi », attendant que la veine sur son front gonfle et qu'elle se décide à réagir. Oui, à ce jeu là, je pouvais jouer pendant des heures... Enfin, jusqu'à ce que je ne m'énerve et que je la tabasse. Chose que j'aurais bien voulu faire si je n'avais pas tant mal partout.

- Tu n'y es pas allée de mainmorte, même si t'aurais pas dû me sauver au dernier moment pour mieux m'enfoncer par la suite. Mais bon, c'était enrichissant. Excuse-toi, Yume.

Tout cela en continuant mon manège du doigt dans la joue de plus en plus fort à mesure que je parlais. Devrais-je lui tirer ses éternels couettes ? Bonne idée, et c'est ainsi, de ma deuxième main valide, je lui attrapais une mèche ébène de ses cheveux soyeux pour mieux tirer dessus à une cadence soutenue. Finalement, même après tout ce temps, la toucher -avec sadisme ou non- ne me dérangeait pas du tout. Peut-être que si, justement, cela me mettait hors de moi d'être si à l'aise avec elle, surtout qu'elle m'eut enlevé tout souvenir de ce sentiment de bien-être. Définitivement, il me serait difficile de dire qui souffrait le plus à cet instant.

- Pour les souvenirs... Ce n'est pas que t'es nulle, mais je viens de me découvrir des dons de détective. Excuse-toi sincèrement et apporte-moi à manger... quoi que non, je risque de tout rendre. Reste là.

Arrêtant enfin de lui enfoncer la joue dans sa mâchoire, je me laissais complètement choir contre le mur m'entourant des couvertures en rabattant les genoux contre ma poitrine. Regard vide en fixant un point invisible, je me laissais aller à toute la tristesse que cela avait engendré.

-Tu n'aurais pas dû même au prix de ma vie. C'est comme si tout ce qui s'est passé entre nous, ne comptait pas à tes yeux. Je comprends pourquoi tu l'as fait, mais je ne l'accepte pas. C'est mal.

Et sur ce, je levais ma main et l'abattit sur sa tête pour accentuer mes paroles.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Mer 30 Jan - 20:02

Le silence. Pesant, étouffant et peut être même alarmant. Je ne bougeais pas, restant stoïque à ses côtés à fixer un mur que je voyais tous les jours, cherchant des millions de petits grains qui avaient pu concevoir ce même mur, cherchant les imperfections dans le traçage de la peinture pour finalement me rabattre à regarder la multitude de trous que j’avais pu causer sous plusieurs prétextes. Une fois en étant énervée pour X et X raisons, une autre fois par simple réveil malencontreusement trop bruyant pour ma personne de la part de mon cher réveil ou encore mieux, en ayant tapé mon poing dans le mur de manière à savoir si celui-ci était assez épais pour que les gens se trouvant de l’autre côté, n’entendent rien … un peu d’intimité en somme.

- T'es bornée, si elle m'aurait tué au moins je n'aurais pas à t'en vouloir.

Le silence se brisa en même temps que sa voix retenti dans les airs, haussant un sourcil à mon tour à la regarder se mouvoir tel un vieux dépourvu de ses jambes, si la situation me l’aurait permise, je serais sans doute pliée en deux pour tant … d’efforts. C’était pitoyable mais en même temps j’étais coupable de son état, si j’avais fait moins fort … Mais les « si » ne changeront jamais notre présent et à cet instant précis ce n’était plus des gémissements de douleur qui me parvenaient aux oreilles mais bel et bien un « excuse toi » aussi froid que si celui-ci sortait de mes cordes vocales. D’ailleurs cette même demande changea radicalement de proportion quand ce fut des gestes répétitifs d’un écrasement de doigt sur la joue tendue qui se fit sentir. Comme si cela pouvait détendre l’atmosphère elle m’enfonçait son doigt dans la joue à chaque fois que sa voix s’élevait. Malheur.

Une minute passa, puis deux. Et rien ne s’arrêta. Fronçant légèrement les sourcils en m’empêchant de lui crier dessus qu’elle arrête et qu’elle aille se faire voir avec ses excuses, je me contenais de ne pas bouger, restant la plus austère possible. En mode ronchon ? Non, quand même pas mais je ne bougeais pas et je n’éclatais certainement pas de rire non plus.

- Tu n'y es pas allée de mainmorte, même si t'aurais pas dû me sauver au dernier moment pour mieux m'enfoncer par la suite. Mais bon, c'était enrichissant. Excuse-toi, Yume.

Serait-ce une sorte de compliment que ma charmante demoiselle venait de me faire ? Sans doute, du moins je le prenais comme tel. Ne m’avait-elle pas demandé un vrai combat ? Et bien elle l’avait eu. J’avais mis ma puissance dans mes gestes, j’avais fait en sorte que cela aille assez haut dans son estime pour lui montrer que j’étais sérieuse, je voulais … peut être même qu’elle soit fière de moi. En vain, cela ne pouvait être comme ça. Oui, j’ai combattu dans le but de la tuer à un moment donné, oui, mon pouvoir s’est réveillé parce que mon corps entier me disait de la trancher en deux et ainsi … ainsi j’aurai pu me sentir mieux ? Ainsi je ne devrais plus supporter le poids de mes sentiments pour elle. Une amitié pure vite transformée en un lien, même brisé, qui persiste. Comment, pourquoi elle, pourquoi moi, pourquoi nous ?
Je ne m’excuserai pas.

- Pour les souvenirs... Ce n'est pas que t'es nulle, mais je viens de me découvrir des dons de détective. Excuse-toi sincèrement et apporte-moi à manger... quoi que non, je risque de tout rendre. Reste là.

Haha. Sur le coup je dois avouer que mes lèvres se sont étendues dans un sourire jaune pour vite se dissoudre dans une neutralité déconcertante. Des dons de détectives donc, devrais-je lui demander combien de magazines de Undai elle avait lu pour découvrir qui nous étions ? Peut être que même encore maintenant elle ne sait pas tout, peut être qu’elle simule pour que moi-même « source sûre » lui dise ce qui un jour fut « nous ». Oui. Mais non, bien que j’avais des penchants parano, sur le coup … il ne fallait pas exagérer n’est-ce pas ? Ma colère ainsi que mes questionnements se calmèrent en même temps que ses doigts s’enfonçaient toujours un peu plus dans ma peau, un haussement d’épaule et voilà que celle-ci s’arrête enfin. Mais dans quel but ? Haha.

-Tu n'aurais pas dû même au prix de ma vie. C'est comme si tout ce qui s'est passé entre nous, ne comptait pas à tes yeux. Je comprends pourquoi tu l'as fait, mais je ne l'accepte pas. C'est mal.

Au prix de sa vie disait-elle ? Idiotie. Oui, elle était conne, conne de croire que je la préférais morte que de garder ce qui fut nous. Même si je n’avais pas envisagé le fait que celle-ci recouvre la mémoire si vite, j’eus espéré ne serait-ce qu’un instant qu’elle vive normalement. J’ai même parfois voulu qu’elle ne vienne jamais à Undai, qu’elle ne découvre jamais ce monde, qu’elle ne soit jamais blessée … Jamais. Tenir à ses souvenirs n’était pas aussi fort que tenir à sa vie, j’aurais sacrifié les miens et ceux d’un monde entier pour sa sécurité. Undai n’était déjà pas un lieu sûr en lui même, y vivre avec la directrice sur le dos … Non, cela aurait été impossible mais en même temps, ce que je décrivais à cet instant précis risquait d’être notre futur proche. Oui, Ayame le saura, Ayame voudra la tuer, Ayame … Je ne la laisserai pas faire.
Accroître mon pouvoir, je le dois.

Me levant du lit dans un soupir marquant bien ma négation à donner une quelconque excuse, je ramassais mes chaussures rapidement avant de les enfiler pour finalement prendre la porte et sortir de cet endroit. Non, s’excuser serait … Non. Je refuse. La tête en feu et les nerfs à fleur de peau, je me dirigeais vers la cafétéria des dortoirs pour aller lui chercher une quelconque nourriture qui pourrait remplir son organisme. Attrapant à la va-vite un plateau sur lequel je posais quelque plats suivis de boissons et de desserts en tout genre, j’attrapais le dernier ravier de glace stracciatella -la préférée de Kiwi- pour finalement retourner dans la chambre. D’un pas assuré m’accordant de repousser ceux devant ma personne d’un regard froid, j’arrivais rapidement dans ma chambre, chambre qui était occupée par une certaine demoiselle.
Manger, pour guérir ?

- Je …

M’arrêtant net en entendant la respiration régulière de Kaïla, je déposais silencieusement le plateau dans le coin cuisine pour finalement m’approcher de Kurayami. Dormait-elle ? Peut être … Me penchant légèrement en avant au niveau de ses lèvres, je bloquais un instant avant de sceller un contact doux. Me reculant après cet échange des plus délectant pour ma personne, je bougeais une des mèches frivoles s’étant posée sur son front pour finalement me laisser tomber sur le sol. Dos contre le sommier du lit, les jambes écartées. Matérialisant une bouteille d’eau dans un soupir inaudible, je pris une gorgée avant de laisser mon esprit vaguer entre deux étourdissements. J’avais tant rêvé de lui en voler un de plus … Mais là, ce n’était plus comme avant, non … un goût prononcé d’amertume … Non, de regrets. Je m’étais privée de tout ça, je l’avais privé de tout ça. Les excuses étaient-elles seulement suffisantes ? Non.
Pas encore, pas maintenant.

Un ange passa. Un poulet rôti naquit dans mon esprit. Ma tête se baissa, mes yeux fixèrent à présent le sol avant que ma voix ne se décide à bouleverser le silence calme qui s’était imposé.

- Je n’ai pas aimé, je me suis détestée de te faire ça. La tristesse a été un moteur tellement puissant que je me suis enfuie de Undai, tu crois ça toi ? Moi, m’enfuir d’ici ? Impossible n’est-ce pas. Mais si, parce que j’avais peur de te revoir, j’avais peur de te recroiser, d’entendre ta voix … Te frôler … J’avais peur parce que je savais que te revoir me ferait encore plus souffrir. J’ai fait un choix, ta vie contre ce qui fut nous.

Un nouveau soupir et mon corps se leva de lui-même, traînant mes pieds jusqu’à la porte de la chambre, je m’arrêtais sur la clenche avant de tourner celle-ci, prête à partir et laisser dormir Kaïla, du moins, la laisser continuer à dormir.

- Je suis désolée, Kaïla.

Entrouvrant la porte doucement, je me hissais hors de la chambre avant qu’un son ne vienne m’arrêter dans ma démarche, m’arrêtant à l’arcade, ne laissant que la moitié de mon corps dépasser … Kaïla.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Mer 30 Jan - 22:20

Déception. Ou devrais-je dire plutôt, le mécontentement. Mais à quoi devrais-je m'attendre d'autre ? Yume était ainsi, Yume fuyait quand quelque chose la dérangeait et qu'elle ne pouvait l'éradiquer. J'avais l'habitude de la voir partir en plein milieu d'une conversation qui touchait un sujet qu'elle ne voulait aborder. Ou encore mieux, comme ici, lâcher tout, me laissant en vent rien que parce qu'elle ne voulait m'accorder raison. Et encore moins s'expliquer. Alors je ne devrais pas être étonnée de la voir se lever, soupirer et partir aussi vite que possible de la chambre sans donner moindre explication de sa destination. Un vent, un monologue, voilà ce que je faisais quand je lui parlais. Quand la porte se referma, je me laissais envahir par des soupirs similaires à ceux de la propriétaire de cette chambre. Maudite chambre.

Les minutes passaient tandis que mes muscles devenaient douloureux sous l'inactivité, sans ajouter l'inconfort de ma position. Frustrée de voir que Yume ne revenait pas, je repris ma position initiale avec une grimace de dégoût. Était-il juste possible d'être plus minable que moi en cet instant ? On aurait dit qu'un éléphant m'est passé dessus, et ce, deux fois si pas trois de suite. Grognant avec colère, je ramenais les couvertures sur moi en plongeant ma tête dans les coussins mous. Un soupir de soulagement et je me détendis. Il faudrait que je lui demande d'aller voir l'infirmière pour avoir des antidouleurs, parce que là, c'était insoutenable. Mais bon, ce sera quand cet Iceberg ambulant se décidera à me parler franchement. Un autre soupir et je fermais les yeux, me laissant bercer par le silence des lieux. C'était fou, derrières ces murs ce n'était que combats et cris et pourtant, tout avait l'air si paisible en apparence. Tellement que si on permettait une visite guidée des lieux, en interdisant aux étudiants d'utiliser de la matérialisation, alors personne ne trouverait cet endroit si dangereux, au contraire même, tout le monde dirait que c'est un havre de paix, un endroit luxueux ressemblant à un paradis. Sauf que ce n'était pas du tout le cas. La mort planait partout, ami ou ennemi, personne ne restait sans séquelles dans cet institut dépourvu de moralité et de bon sens. Tout à l'image de la directrice, pourrais-je dire.

Je devais tout de même avouer que je boudais un peu ma condition physique. Yume avait limite l'air d'être remise de ce combat, alors pourquoi pas moi ? Et ne me dites pas que c'est parce que mon corps n'est pas habitué. Si, si j'étais carrément une adepte de me prendre les pires raclées de ce monde, alors va savoir pourquoi mon corps ne s'y était pas encore habitué. J'avais une petite idée sur la question, mais je préférais ne pas m'avancer sur ce terrain trop marécageux. Laissant le temps filer sans pouvoir trouver le sommeil, plongée dans mes songes, j'entendis un bruit me parvenir aux oreilles. Ne bougeant pas d'un millimètre, laissant mon corps endolori se reposer je me détendis complètement quand je reconnus les mouvements furtifs de ma chère amie. Comment, comment pouvais-je la reconnaître rien qu'au son de ses chaussures, surtout après avoir tout oublié de son existence... C'était fou, tellement absurde que je ne bronchais pas quand je la sentis tout près de moi, évitant tout mouvement suspect. Après tout, elle m'a laissé comme un poteau après ma tirade, qu'elle ne s'attende pas à ce que je réagisse au moindre son de sa voix. Je boudais, voilà tout.

Mais quel ne fut le choc quand je sentis un contact frivole sur ma peau. Mon premier réflexe serait d'ouvrir les yeux et m'exclamer à son encontre de ne pas faire n'importe quoi. Et pourtant, je ne changeais rien à mon état de... croyait-elle que je dormais pour se permettre ce genre d'acte ? Probablement oui. Devrais-je en être contente ou au contraire, devrais-je me sentir mal de voir à quel point elle se voilait la face devant ma personne ? Je ne saurais dire, mais la mission primordiale était de ne pas réagir à ses touchers attentionnés. Garder une respiration soutenue e les yeux fermés, parfait. Je laissais tout de même un soupir inaudible m'échapper quand je sentis sa présence s'éloigner de moi. Devrais-je lui dire que je ne dormais pas ? Oui. Mais je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche que sa voix se fit entendre, comblant le silence pesant qui s'était instauré depuis son départ.

- Je n’ai pas aimé, je me suis détestée de te faire ça. La tristesse a été un moteur tellement puissant que je me suis enfuie de Undai, tu crois ça toi ? Moi, m’enfuir d’ici ? Impossible n’est-ce pas. Mais si, parce que j’avais peur de te revoir, j’avais peur de te recroiser, d’entendre ta voix … Te frôler … J’avais peur parce que je savais que te revoir me ferait encore plus souffrir. J’ai fait un choix, ta vie contre ce qui fut nous. 

Je retins ma respiration sous tant de pression. Je ne savais pas si je devais être heureuse de l'entendre dire cela, ou alors me détester d'être une personne lui faisant si mal. Mais que pouvais-je faire ? Rien. Rien que laisser une mine désolée flotter sur mon visage censé serein. Jamais je n’ai voulu être une entrave à son existence, mais tout est allé si vite. Nous étions amies. Tout le monde pouvait avoir des potes à qui se confier, avec qui passer son temps libre, rire, jouer, s'amuser. C'était humain et primordiale à tout être vivant. Mais Yume n'avait pas droit à ce privilège censé être commun, non elle était entravée, elle avait droit à un amour possessif et dangereux. Et croire qu'elle a vécu ainsi pendant longtemps. Rien que pour cela, j'étais désolée, j'étais navrée de lui avoir imposée mes habitudes, la sortant complètement de sa vie de monstre... L'étais-je vraiment ? Pas dans un sens, d'un coté j'étais contente de lui avoir changé ses idées, de l'avoir transformée ne serait-ce qu'un peu de son état de robot. Et rien que pour revoir son sourire, je serais prête à tout recommencer. J'allais refaire les mêmes erreurs...

- Je suis désolée, Kaïla.

Non. Non, à présent tout changerait, ou du moins une partie. Elle était mon amie, ma précieuse âme sœur, celle qui m'a montré un autre aspect de cette vie de merde, celle qui m'a changé en mieux. Et quitte à souffrir, quitte à voir mon corps en lambeaux tous les jours, j'allais me battre pour cette amitié. Et si je perdais, au pire des cas je mourrai, mais sans laisser de regrets. Mission numéro un ? Faire comprendre tout cela à cette tête de mule dégénérée aux idées farfelues. Parce que oui, si elle s'imagine pouvoir faire à sa manière, elle allait en baver. Mais pour l'instant, il fallait juste qu'elle arrête de s'en vouloir, il fallait que je lui pardonne, justement pour ce qui fut nous.

- Moi aussi...

Un simple souffle que je laissais échapper quand j'entendis sa personne se lever. Ouvrant les yeux, je positionnais un sourire amusé sur mes lèvres avant de tourner ma tête vers la porte d'où une couette dépassait. Me raclant la gorge, je pris un ton moqueur dans ma voix et lui sorti :

- Alors c'est comme cela... Dès que je baisse la garde tu me sautes dessus hein... C'est clair maintenant. Perverse.

Je lui tirais la langue, ne pouvant m'empêcher de rire de sa froideur. Si elle voulait jouer le jeu de qui est le plus fâché et le plus boudeur, elle pouvait le gagner. Par contre, j'avais marre d'être en froid avec elle de la sorte. Nous venions de nous retrouver, je voulais profiter des ces instants de joie volée avant que tout ne s'écroule encore et toujours. Parce que oui, où était la directrice dans l'histoire ? Je ne savais pas, mais j'étais certaine qu'elle ne tarderait pas avant de pointer son nez et de chambouler la délicatesse de ces précieux moments où Yume pouvait être amie avec moi. Me redressant sur les coussins, je fis signe à mon amie de revenir dans la chambre, remarquant par la même occasion un plateau de nourriture posée non-loin. Manger ou pas ? Faim. Oui, mais qui dit faim, dit mon estomac allait se retourner. On s'en fout, j'ai la dalle.

- Viens Yume. Fuis pas et passe-moi le plateau, parce que là, à part m'écrouler et baver sur ton parquet, cela ne mènera à rien.

Un sourire jaune de ma part, et je l'invitais de la tête à suivre mes directives, tout en laissant échapper un soupir terrassé. Bah ouais, c'est pas tous les jours que je me voyais invalide. D'ailleurs, quand me remettrais-je de cet état végétal ? Bientôt. Et en y pensant, combien de temps j'étais dans sa chambre ? Je n'en savais rien, je savais juste ce qu'il se passait là. C'est pour cela, une idée saugrenue en tête, je ne pouvais m'empêcher d'ajouter d'un ton fort naturel.

- Et... Parlant bisou, tu sais, j'aurais préféré que tu m'en fasses un quand je ne dors pas, soi-disant. Autant en profiter comme il se doit.

Un clin d’œil amusé de ma part, un sourire bienveillant et je ne pouvais m'empêcher de détourner le regard, après avoir compris le double sens de mes paroles. Bon sang, j'étais certaine que c'est son influence qui me rendait ainsi. Une vraie perverse cette gamine. Tendant ma main en sa direction avec un seul mot qui était « plateau », je regardais la porte de sortie devant mes yeux en m'imaginant seule dans la pièce. Changer de sujet ! Oui il fallait que je trouve quelque chose à dire. Toussotant légèrement, je me repris en main et me décidais à la regarder enfin, et pour bien faire les choses, c'était droit dans les yeux et intensément.

- Arrête de te torturer, madame glaçon. Ca te va pas du tout... Bon ! Je m'appelle Kurayami Kaïla, enchantée de faire votre connaissance Yume-San, soyons amies ! Dis non et je t’arrache la tête.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Mer 30 Jan - 22:59

Désarçonnée. Je l’étais, je l’étais tellement que je manquais un battement de cœur quand j’entendis sa voix. Un murmure inaudible me diriez-vous ? Pour une personne tierce sans doute, mais pour moi non. Toutes paroles de Kaïla étaient les paroles de Kaïla, en terme clair, tout ce qui sortait de sa bouche, rentrait dans mon oreille. Une allusion perverse là dedans ? Allez vous faire foutre et flagellez-vous le crâne de tympans si vous le voulez ! Soit, le temps n’était pas au sadisme, m’étant arrêtée en I ou plutôt en T puisque mes bras étaient levés, je voulus faire un pas en arrière, mais mon corps entier se raidit, fixant une étudiante quelconque devant ma porte alors que les paroles de Kurayami retentirent une fois de plus.

- Alors c'est comme cela... Dès que je baisse la garde tu me sautes dessus hein... C'est clair maintenant. Perverse.

Souriant jaune à ses dires, je finis finalement par faire un pas en arrière, fermant la porte d’un geste lent je pris une grande inspiration. Rouge ? Non, j’étais toujours aussi pâle mais mon visage était devenu beaucoup moins inexpressif, oui, en dehors d’un air hébété, ce fut un soupçon de mal-être qui se dessina sur mon visage. Être prise en plein délit, lui faire ça alors qu’elle dormait … Haha. On dirait un vieux pervers. Tellement que je ne pouvais même pas contredire ses dires puisque tout mon corps me traitait lui même de vicieuse. Dieu, qu’avais-je fait pour finir ainsi ? Pourquoi ne me suis-je pas plu comme les autres personnes dans des hobbys autres que tourner autour de ma dite ancienne élève ?! Parce que tout le monde n’avait pas Kaïla Kurayami devant les yeux, elle et sa paire de … juteuses … Soit.
Poitrine.

- Viens Yume. Fuis pas et passe-moi le plateau, parce que là, à part m'écrouler et baver sur ton parquet, cela ne mènera à rien.

Tel un automate, je me dirigeais vers la cuisine, retirant l’assiette du plateau pour la mettre dans le four à micro-onde, je préparais la suite du repas de mademoiselle sans prendre en compte ce qu’elle me disait alors que les informations parvenaient très, trop clairement à mon esprit. Mon parquet … que comptait-elle faire à mon parquet ?! Instinctivement, mes yeux descendirent sur le sol alors que ma tête se releva en entendant le « ding » disant que la nourriture était prête. Plaçant le tout correctement sur le plateau, avancer droitement sans montrer aucun signe de confusion, tu peux le faire Yume !
Ou pas.

- Et... Parlant bisou, tu sais, j'aurais préféré que tu m'en fasses un quand je ne dors pas, soi-disant. Autant en profiter comme il se doit.

Ou pas du tout oui ! Rouge. J’étais rouge et en plus d’être rouge, j’étais à découvert. Face à elle, plateau entre les mains, les lèvres légèrement entrouvertes. Un ange passa, un deuxième et le troisième se péta la gueule. En même temps que moi face à ses dires. Qu’était-ce ? Ce sentiment si commun mais si inconnu qui me réchauffait le cœur quand mes yeux se mettaient à contempler Kaïla ? Tout ça … Ca m’avait manqué.
Tellement.

- Arrête de te torturer, madame glaçon. Ca te va pas du tout... Bon ! Je m'appelle Kurayami Kaïla, enchantée de faire votre connaissance Yume-San, soyons amies ! Dis non et je t’arrache la tête.

La seule chose que je voulus faire ? Dire « non ». Mais je ne fis rien, je ne répondis même pas à ses dires, comme si je l’ignorais ou encore mieux, que je n’avais pas écouté une seule miette de ses demandes -sauf pour ce qui concerne le plateau puisque je l’ai en mains. Faisant un pas en avant, je me dirigeais vers le lit dans lequel mon amie était posée, m’agenouillant à côté de celui-ci, je déposais le plateau devant sa personne avant de poser mes coudes sur le lit pour soutenir ma tête. Regardant Kaïla un long moment, je ne bougeais pas. Seule ma respiration se fit entendre en accompagnement des couverts s’entrechoquant de ma colocataire. Un sourire doux naquit doucement sur mes lèvres alors qu’un bout de riz s’était posé sur sa joue ;

- Riz.

Levant la main pour attraper celui-ci, je le mis en bouche en lui accordant un sourire plus audacieux, plus grand, plus amical, plus « nous ». Plissant les yeux un court instant en laissant ma vision descendre sur sa personne, mes doigts touchèrent instinctivement une sorte de rosaire que je ne connaissais pas. L’avait-elle reçu en cadeau ? Qui, comment, pourquoi, des tas de questions qui s’évaporèrent quand je touchais l’espèce de pierre présente sur ce même bijou. Un sentiment de malaise s'en dégagea alors qu’une impression de je ne sais quoi s’y mélangeait. Reculant ma main pour plonger mes yeux dans ceux de la jeune personne me faisant face, je penchais légèrement la tête sur le côté avant de lui dire -tout bonnement- ;

- Je t’aime.

Un simple mot fort amical pour moi, montrant la manière la plus forte que je pouvais pour exprimer mon appréciation pour Kaïla. Fermant les yeux en inspirant grandement, je me redressais finalement pour venir lui voler son pot de glace. Matérialisant une cuillère, je me mis à manger son dit dessert préféré. Du moins ce que je voulus qu’elle croie avant de mettre -lui enfoncer- la cuillère dans la bouche gauchement.

- Question baiser, tu peux m’en donner aussi, c’est pas marrant si je suis la seule à me faire passer pour l’adulte responsable ici. Et sinon, moi c’est Yume Kuroi, enchantée, tu aimes ?

Haha. Je parlais du repas, qu’elle ne croit pas que je lui demande si elle m’aime … Mais avec son esprit perdu … elle sera encore capable. Dieu, était-ce vraiment pour une fille pareille que j’avais bousillé mes principes ? Oui, parce qu’elle était Kaïla Kurayami. La descendante de Mato-Chan ? Non, nous étions au dessus de ça. Oui, nous étions encore plus … elle était mon âme sœur.
A tout jamais.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Mer 30 Jan - 23:52

Une chose était sûre, cette fille m'entendait quand je parlais. Ou du moins, elle prenait en compte juste quelques informations qui lui seyaient et balançait le reste dans un coin de sa tête, ou mieux encore, ne laissait même pas rentrer mes paroles dans ses orifices. Quoi qu'il en soit, je devais être au moins contente qu'elle n'eut pas répondu « non » à ma question. Chose qui refroidirait complètement cette atmosphère étrange vacillant entre le malaise et la froideur teintée de moquerie. Ah que le monde pouvait être beau. C'est pour cette raison que je restais stoïque tandis que le plateau... Pardon. Yume et le plateau s'avançaient peu à peu sous mes yeux. De là où j'étais, je pouvais sentir les bonnes odeurs de nourriture taper dans mes narines comme pour me dire que oui, bientôt je serai rassasiée. Tout sentiment nauséeux s'évapora pour ne laisser qu'un grognement fatal de mon ventre en face de tant de bonnes choses, autant froides que chaudes. Que demander de plus ? Rien, surtout si j'avais Yume pour me tenir compagnie. Plateau sur les genoux, couverts dans les mains, mon amie juste à coté, je ne me privais pas d'entamer mon plat. J'avais l'impression de n'avoir rien avalé depuis des années, chose fort impossible, et pourtant, plus je mangeais, plus j'avais faim. Obnubilée par mon bol de riz, je ne compris pas directement quand Yume éleva sa voix dans la chambre.

- Riz.

Relevant la tête en même temps avec le visage qui disait bien « hein ? », j'eus un moment de flottement quand elle approcha sa main pour me débarrasser d'un maudit grain de riz s'étant collé à ma joue. Troublée par tant d'affection d'une personne qui était glaciale trois secondes auparavant, j'essayais de me concentrer sur mon plat, ou plutôt sur ce qu'il en restait. Mais comment voulez-vous quand une Yume invasive est juste à quelques centimètres en train de tripoter... Oh. Faisant abstraction de ses expressions faciales, je me raclais la gorge tout en continuant à me nourrir. Si je lui disais d'où provenait cette chose, m’engueulerait-elle ? Je ne pense pas, mais je suis sûre qu'elle demanderait explication. Chose que je ne voulais pas lui fournir. Autant faire abstraction et éviter les sujets sensibles. Plongée dans mes songes, je faillis m'étouffer avec ma propre bave quand sa bouche s'ouvrit à nouveau.

- Je t’aime.

Vous voyez à présent une idiote fixant intensément une fille complètement détendue comme si le monde s'était arrêté de tourner pour mieux reprendre sa rotation par la suite. Quoi je t'aime ? Et pourquoi l'a-t-elle dit tellement naturellement. Non, elle ne m'aimait pas... Enfin si, comme une amie, n'est-ce pas ? Bah oui, logiquement oui. Mais on ne dit pas à une personne qu'on l'aime de la sorte, surtout après ce genre de situation que nous vivons en ce moment même. Oui mais... Mais je ne devrais pas me faire des idées étranges, après tout, je me trouvais devant Yume Kuroi, Black Rock Shooter qui ne sait pas s'exprimer convenablement. Ben oui. Ha ha... Un sourire jaune se peignit sur mon visage avant que je ne détourne le visage de sa personne, profitant qu'elle eut un moment de flottement en fermant les yeux. Autant qu'elle ne s’aperçoive pas de mes états d'âme. Oui, malheureusement, j'étais fort expressive, si ce n'étaient pas mes paroles explosives, c'étaient mes mimiques qui dévoilaient ce que je pensais.

Mais mon malaise ne dura pas longtemps quand je vis mon pot de glace s'envoler de mes mains pour mieux atterrir entre celles de Yume. Et moi qui gardais celle glace stracciatella exprès pour la fin. Mais ce qui suivit fut la pire erreur que je pus commettre en cet instant, ouvrant la bouche pour protester de son acte impardonnable et intolérable, ce n'est pas ma voix qui en sortit, mais une cuillère qui y rentre avec le moins de grâce possible. Il faudra peut-être acheter des lunettes à cette fille... Quoi qu'il en soit, me voilà à savourer tant bien que mal le goût léger du chocolat dans de la crème fraîche à base de lait.

- Question baiser, tu peux m’en donner aussi, c’est pas marrant si je suis la seule à me faire passer pour l’adulte responsable ici. Et sinon, moi c’est Yume Kuroi, enchantée, tu aimes ?

Hum... Si c'était moi, je serais étonnée de la voir parler, moi qui ai cru qu'elle avait perdu cette faculté, me voilà rassurée... ou pas. Et là je crois que je virai au rouge sous ses paroles abjectement trop directes. Vraiment, aucune délicatesse. M'étouffant avec ma cuillère, je la laissais tomber sur le plateau avant de la fixer d'un air hébété. Comment ça, adulte responsable ? Elle était tout sauf responsable, et avec ses airs de gosse de quinze ans, on ne pouvait pas dire qu'elle donnait une impression de femme non plus. Et genre quoi... était-ce une invitation à l'embrasser ? J'avais comme une horrible impression que oui, et je ne sais pourquoi, mais cela me rendait toute chose. Enfin, dans le bon sens du terme, s'il existe. Aimais... J'aime quoi ? Clignant un instant des yeux, je devins rouge pivoine avant de me racler la gorge et de lui tendre –balancer- le plateau.

-Oui, j'aime. Enfin, qui n'aimerait pas hein... Enfin, non... Ah. Enfin...

Heu... C'est de ses baisers qu'elle parlait non ? Non mais quelle question celle là aussi, cela ne se demande pas ainsi. Même si oui, j'aimais ses baisers, je les tolérais et les appréciais. Et puis merde, sale fille dépourvue de tact ! Me raclant la gorge pour la énième fois, je me laissais aller contre les coussins avant de la dévisager, perplexe.

-Toi... Adulte responsable ? À prouver.

Voilà que c'était à mon tour de parler en monosyllabes. Haussant les sourcils pour mieux les froncer par la suite, je restais ainsi à la fixer bêtement avant de me lancer et de lui faire un chaste baiser sur la joue. Oui, nous avions dépassé ce stade depuis bien longtemps, mais tout de même, j'avais un semblant de délicatesse dans mes agissements, tandis qu'elle, elle fonçait la tête la première dans les déclarations.

-Enchantée de faire ta connaissance eeeet... merci pour le repas, Yume.

Faisant le signe de gratitude, un sourire sur les lèvres, j'étais tout de même perturbée par une chose. Après tout, il était évident que Yume a repris son comportement normal vis-à-vis de notre amitié, mais elle ne restait pas moins peu claire sur ses paroles. Et que de mieux que d'éclaircir les choses, hein. Me redressant légèrement, je pris son menton entre mon pouce et mon indexe et m'approchai de son visage à quelques centimètres pour mieux plonger mes rubis dans ses azurs.

-Tu m'aimes comment ? Genre... comme ça ?

Déposant chastement mes lèvres sur les siennes, je me reculais à nouveau de quelques centimètres pour mieux ressouder le contact une deuxième fois, mais cette fois-ci en m'attardant sur sa peau douce. Reculant, je lui demandais « Ou genre plus comme ça ? ». Me reculant enfin contre les coussins, je lui lançais un sourire provocateur avant de me refroidir et soupirer doucement. Cela ne faisait pas deux heures que nous nous avions reparlé normalement et voilà que je me permettais de faire comme si aucun mal ne s'était produit entre nous, profitant à nouveau de cette proximité dans la distance a rendu tristement désirable.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Jeu 31 Jan - 0:38

Un léger moment de flottement surplombait mon corps alors que je ne bougeais pas d’un poil pour analyser ce qu’il se passait ici, un rire nerveux traversa mes lèvres alors que les paroles de Kaïla résonnèrent dans cet espace devenu plus serein. C’était étrange, nous étions étranges, nous passions d’un sujet à un autre sans … Je ne sais pas. Aurais-je imaginé cela ainsi ? Certainement pas. Non, je nous aurais vue chacune dans une chambre bien distincte pour finalement se croiser qu’une fois par mois dans l’arène, oui … comme ça. Mais je ne dis pas que j’aurais préféré l’autre manière, celle-ci me convenait parfaitement après tout ! Oui … Tellement que j’étais, une fois de plus en sa compagnie, heureuse.
J’aime.

Tellement heureuse que je me permis de rire quand elle s’étouffa après mes dires, ou plutôt mes déclarations à moitié formulées. Entre un je t’aime et un tu aimes, il ne fallait pas chercher plus loin pour comprendre que j’avais du mal à m’exprimer. Oui, tellement de mal que je ne donnais que les informations décrites dans mon cerveau, à moitié de vive voix. C’est comme si je pensais à un poulet rôti que je voudrai manger, mes mots se résumeraient dans la vie de tous les jours à dire « Poulet Rôti ». Compris ? Non ? Moi non plus.

-Oui, j'aime. Enfin, qui n'aimerait pas hein... Enfin, non... Ah. Enfin...

Haha. C’est qu’elle est marrante la petite Kurayami ! Et sinon, de quoi parlait-elle ? Parce que moi-même en posant la question, je n’étais pas vraiment sûre de savoir ce que je demandais après tout. Parce que oui, j’aurais pu lui demander si elle m’aimait, si elle aimait la nourriture ou encore mieux mes baisers, et que sais-je ? Ma présence ? Enfin … peut être mais sa réponse suggérait plus à … à rien du tout en fait. Non, je restais penaude à la regarder tel un pélican devant un poisson sautant fraîchement sous ses yeux ou encore, un panda à ronger sa branche de bambou favorite. Que suis-je donc ? Un pélican ou un panda ?

-Toi... Adulte responsable ? À prouver.

Prouver donc, il ne fallait que d’un claquement et je le lui prouvais en reprenant l’apparence qui était mienne, cette même apparence que je n’ai revêtit depuis Kagoshima d’ailleurs. Même durant mon escapade au fin fond du monde sauvage américain, j’étais restée la gamine que je « porte » à cet instant précis. Gamine qui a eu pas mal de soucis pour voyager « seule », mais reprendre ma véritable apparence sonnait comme … comme me rappeler de Kagoshima, me rappeler d’elle. Dieu, que j’étais vulnérable. Tellement que je me trouvais hideuse à penser ainsi, depuis quand, depuis quand étais-je devenue si gnangnan ?

Depuis que je suis avec Kurayami sans doute, non inéluctablement. Oui, depuis qu’elle a ramolli ce qui me servait de cœur pour en faire une fontaine de chocolat quand j’étais à ses côtés, tellement que maintenant le simple fait de la voir, de l’entendre et de la sentir me rendait étrangement mieux. Comme si … j’étais envahie d’un pouvoir encore plus grand que celui de la matérialisation, comme si tout mon corps m’obligeait à savourer cet instant surtout quand ses lèvres se posèrent sur ma joue, un léger rougissement vite effacé par un sourire radieux de ma part. J’aime … tellement.

-Enchantée de faire ta connaissance eeeet... merci pour le repas, Yume.

Plissant les yeux en faisant un signe positif de la tête -genre c’est moi qui l’ai cuisiné- pas du tout en fait, j’acceptais ses remerciements avec gaieté. Entrouvrant la bouche pour lui dire qu’elle n’avait pas à s’excuser je me figeais un instant quand sa main vint attraper mon menton, surplombant ma vision de ses yeux flamboyants. Magnifiques. Des billes rouges scintillantes, un regard qui vous transperce pour finalement vous habiller, tel était le pouvoir du regard de Kaïla sur ma personne. Éblouie et peut être un peu déroutée, je l’écoutais.

-Tu m'aimes comment ? Genre... comme ça ?

Ses lèvres se posèrent sur les miennes, instinctivement mes yeux se fermèrent pour savourer ce contact alors que, d’un mouvement net du corps, je montais un peu plus sur le lit pour que finalement celle-ci quitte mes lèvres pour venir se poser sur ma joue, me demandant timidement de quelle manière je pouvais l’aimer. Je n’en savais rien, j’aimais c’est tout. Oui, je l’aimais comme amie, comme amante, comme élève, comme âme sœur … Elle était celle que j’aimais et rien ni personne ne pourrait changer cela. Que ce soit pour ses défauts multiples et ses minces qualités, Kaïla était Kaïla … Je l’aimais. De toutes les manières possibles, oui, aimer à se sacrifier pour l’autre.
Je l’aime.

- Hum …

Entrelaçant mes mains avec les siennes en poussant le plateau du lit pour que celui-ci vienne s’écraser sur le sol, je pris sa place en me mettant sur Kurayami. Les yeux mi clos, j’avançais mon visage du sien, lui intimant de se coucher ne serait-ce qu’un peu plus. Approchant à pas de loup de son visage, je déviais avant d’atterrir sur ses lèvres pour poser mes lèvres dans son cou, mordant légèrement la chair de celle-ci avant de remonter et de sceller mes lèvres sur les siennes, les yeux fermés à savourer ce doux contact dont je réclamais plus d’intimité.

Profitant d’une proximité dont je n’avais plus l’habitude, mon corps réagissait de lui-même en se collant à celui de Kaïla, cherchant une chaleur perdue. Détachant mes lèvres des siennes, je lui baisais le front avant de me reculer et de finalement me lever. Me retrouvant à présent debout face au lit, face à ma tendre amie, je lui tendis la main pour lui dire, cette fois-ci d’une voix douce :

- Tout simplement.

Aimer tout simplement, était-ce seulement permis ? Oui, pour nous, oui. En même temps que ces mots retentirent dans ma gorge, mon corps se changea, retrouvant mon apparence originelle, mon corps grandit, mes courbes se formèrent alors que ma voix devenait légèrement plus légère, telle une douce brise non plus entravée par le chant glacial porté par le plus grand vent venant du nord. Un sourire peint sur le visage, je levais les épaules, lui disant bien « tu vois, je suis grande et responsable » ;

- Me trouves-tu plus à ton goût, Kaïla-Sama ?

Un air moqueur sur le visage, j’attendis qu’elle se redresse pour la conduire à ma suite dans la salle de bain. Allumant l’eau de la douche, je pris la jeune femme qui m’accompagnait par les hanches pour venir l’enfermer dans une étreinte, étreinte qui ne se forma pas puisque je me décidais de m’arrêter à quelque mouvement près pour la regarder dans les yeux et lui dire « lave toi, tu vas finir par puer le phacochère comme ça. » Et comme si je m’attendais à une réaction brusque de sa part, je m’éclipsais rapidement en fermant la porte derrière ma personne.

Un léger rire, et un soupir. Posée contre la porte, j’ouvris les yeux pour regarder la pièce se dessinant sous mes yeux. Depuis quand ma chambre n’avait-elle pas été si animée ? Depuis quand … hum ? M’avançant vers ma garde robe, j’attrapais un des uniformes de Undai que je déposais sur le lit -uniforme appartenant à Kaïla d’ailleurs- avec un air de nostalgie en me demandant si elle savait encore rentrer dedans. Oui, je crus voir que sa poitrine avait encore grossie non ? Serait-ce moi ? Haha. Non, non, ils ont grossis, j’en suis sûre !
Ou pas.

Une dizaine de minutes passa, après avoir rangé mon semblant d’appartement, je me vautrais sur mon lit, pour finalement me rasseoir dans un soupir soutenu. Regardant ma tenue en grimaçant -> une femme de trente ans avec un uniforme d’enfant ? Non, ca ne le fait pas. Pas du tout, me levant pour venir chipoter une fois de plus dans ma garde-robe, j’en sortis rapidement un ensemble classique de mon cru : slim, T-shirt, talons ? Oui, même si cela ne se voyait pas souvent, j’aimais être coquette. Détachant mes cheveux, je détournais le regard pour voir Kiwi sortir de la salle de bain. Rattachant mes cheveux après les avoir remis « droit », je me dirigeais vers mon accompagnatrice du moment pour lui dire -ironiquement- ;

- C’est déjà mieux ainsi n’est-ce pas ? Je t’ai préparé des vêtements, si ils sont trop petits, plains toi à ton sens aiguisé de manger tout et n’importe quoi.

Lui faisant un clin d’œil en me dirigeant vers la salle de bain pour réajuster mes couettes, je sortis pour finalement me poser contre un mur et regarder -tel un pervers- mon œuf poilu s’habiller.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Jeu 31 Jan - 1:38

Bouleversant, toute situation m'étant familière, restait différente de mes deux mois de vie paisible. Au point même que je me trouvais trop avenante par rapport à ma relation avec Yume, tellement trop que je ne me rendais compte de mes actes après les avoir fait. Alors oui, rougissant comme pas possible, je songeais à ma manière d'être en sa compagnie. Trop désinvolte, trop libre, trop... trop ce que je n'étais pas en temps normal avec des gens normaux. Mais après tout, Yume n'était pas n'importe qui. Cela me donnait le droit d'être différente aussi ? Je ne saurais le dire, mais je me sentais bien avec elle, si bien que je faisais tout et n'importe quoi. Non mais franchement, vous m'imaginez comme cela y a un an de là ? Jamais de la vie, je me disais aussi. Quoi qu'il en soit, j'étais contente de voir ma chère amie reprendre du poil de la bête au point même d'oublier ces deux mois de froideur et de peines. Tout cela était tellement invraisemblable, tellement magique et en même temps absurde que j'eus du mal à retenir mon couinement de surprise quand son corps se hissa au-dessus de moi. Ce que je ressentis à ce moment précis ? Un choc, ou plutôt le début d'un sentiment oublié depuis longtemps, d'une sensation ironiquement paisible sous des vagues d'incertitudes. Qu'était-ce au juste ? Je ne saurais le dire, mais sa proximité invasive et étouffante me rendait étrange. Entre l'incapacité à réagir et le vouloir de plus de dynamique, je ne pouvais que rester de marbre, tandis que ses baisers doux et insistants mettaient mon corps à rude épreuve. C'était tellement happant que tout centimètre de mon corps voulu plus au point même que cela pourrait me rendre folle. C'était abject, intolérable pour moi d'avoir ce genre de pensées à son égard surtout maintenant... Mais, n'était-ce pas sa faute ? N'était-elle pas la responsable ? Pas totalement. Sale gosse.

- Tout simplement. 

Tout simplement... Je pourrais pleurer de joie, de cette amitié étrange recouvrée. De ce semblant d'amour moqueur qui nous régissait. Saloperie, tous mes principes pouvaient s'écrouler pour un seul de ses sourires, cela était presque invraisemblable. Mais qu'avons-nous fait pendant ces deux mois ?! Bon sang. Elle m'a manquée. Tout en elle m'a manqué. Que ce soit sa façon de parler ou d'agir. Et surtout, je ne pus m'empêcher de rougir quand elle reprit son apparence normale, celle d'une femme mure comme pour me signaler que oui, elle savait ce qu'elle faisait, que oui, tout n'était pas perdu, que oui, nous étions encore capable de recoller les morceaux brisés. Pendant combien de temps ? Cela n'avait -pour l'instant- aucune importance.

- Me trouves-tu plus à ton goût, Kaïla-Sama ?

Je ris jaune en sentant mes joues brûler sous les images qui me venaient en tête. Oui, je retire tout ce que j'ai dit auparavant, elle était une sale garce d'adulte qui savait me déstabiliser d'un claquement des doigts, un vrai monstre qui ne se croyait plus. Et qu'est-ce que j'étais encore douée de faire en réponse à sa question ? C'était de hocher la tête positivement, avec vigueur comme s'il s'agissait d'une question diplomatique. Me rendant compte du ridicule -non, de l'effet- qu'elle me faisait, je me redressais pour la suivre dans la salle de bain, tel un zombie ne faisant pas attention au fait qu'il se prenait des poteaux à chaque pas. Bah ouais, mes douleurs ne disparaîtront pas avec la vision d'une Yume que j'ai déjà pu contempler sans ses vêtements hein... Si ? La ferme. Et la ferme encore plus quand, me détournant une seconde, je ne la vis plus dans la salle de bain. Seule réaction que j'eus ? Rester une bonne minute à fixer la porte en me tapant le front de la main en mode « mais qu'est-ce que je me suis imaginée bordel ?! ». Quoi qu'il en soit, je restais sans voix et honteuse sous la douche, me moussant de partout avant de rincer le tout avec un goût amer dans la bouche. Profitant au maximum de la chaleur de l'eau sur mes muscles endoloris, je me laissais aller à la contemplation de la salle de bain. Non mais, cette fille -même en femme- restait toujours munie de son cerveau de gosse méchant.

- Une plaie... ne crois-tu pas, Pyon-Kun ?

Même ce canard jaune m'avait manqué. C'était fou de voir à quel point je me suis attachée à Kuroi... Tellement fou que magique. Sortant de la douche en m'entourant d'un essuie, j'hésitais un court instant à sortir ainsi de la salle de bain. Je n'avais aucun autre accoutrement sur moi, et me pavaner de la sorte dans sa chambre était... était quoi au juste ? Je ne saurais dire, mais d'un coté je ne pouvais me résoudre à poursuivre là où nous nous étions arrêtées. Après un moment de flottement, je me décidais tout de même d'agir et arrêter de me poser trop de questions inutiles. Yume et moi, amies. Très bonnes amies. Rien à ajouter. Rien à part que cette femme, dans un accoutrement de femme était juste magnifique.

- C’est déjà mieux ainsi n’est-ce pas ? Je t’ai préparé des vêtements, si ils sont trop petits, plains toi à ton sens aiguisé de manger tout et n’importe quoi.

Restant un instant figée à la contempler, je me décalais sur le coté pour la laisser passer et, le temps que l'information arrive à mon cerveau, je me mis à pester contre sa personne. Comment ça ? Disait-elle que j'ai grossis ou c'était juste l'impression qu'elle voulait donner ? Boudant, je me dirigeais vers l'uniforme sur le lit et le regardai un instant. C'était le mien, un de mes anciens tout du moins. Je ne pourrais dire qu'était ce sentiment qui pointa son nez dans mon cœur, mais il fallait que j'avoue une chose, j'étais flattée de voir qu'elle ne m'a pas éradiqué de son existence. Oubliant complètement que j'étais censée bouder Kuroi, je laissais glisser mon essuie... jusqu’aux épaules, et m'arrêtai net, sentant un regard pesant dans mon dos. Me retournant lentement, je plantais mon regard dans celui de mon amie, avant de prendre une grande inspiration et...

- Merci de m'avoir préparé cet uniforme. Ne t'en fais pas, j'ai pas besoin de ton aide pour l'enfiler. Alors...

Ne finissant pas ma phrase, un sourire figé sur le visage, je m'approchais d'elle à pas de loup, l'attrapai par les épaules notant par la même occasion sa taille plus haute, avant de la tourner d'un seul mouvement sec vers la porte de la salle de bain. La laissant ainsi en lui soufflant bien de ne pas se retourner au risque de me voir la tuer, je retournais près du lit à reculons avant de commencer à m'habiller, un œil vigilant sur cette perverse pédophile démunie de tout tact. C'était stressant l'air de rien, non qu'elle ne m’ait pas vu nue, mais je préférais garder une certaine distance entre ma pudeur et certaines pratiques moins... à raconter. Soit ! Habits enfilés -qui au passage m'allaient parfaitement bien au contraire des pensées de Yume- je me sentis beaucoup mieux. Laissant mon essuie sécher sur une chaise, j'élevais à nouveau la voix dans la pièce, sentant que mon corps allait déjà mieux.

- Oui. Enfin, oui, tu es très jolie comme ça, ça te change de tes quinze ans de morveuse.

Quoi j'étais un monstre. Il ne fallait pas croire hein, mais je gardais mon caractère spécial en toute occasion... ou presque toutes. Hum. Quoi qu'il en soit, il fallait réagir, et mon corps engourdi avait besoin de se défouler un peu, de prendre l'air et évacuer tous ces sentiments pesants. Sourire aux lèvres, je lui demandais d'un mouvement de la tête vers la porte de sortie, si cela lui dirait d'aller dehors. Prenant les devants, je m'arrêtais en attrapant la clenche et me tournais vers elle, avec une dernière question :

- Te promener en ma compagnie, cela risque d'éveiller les mauvaises langues. D'ailleurs faudra que je les remercie, ils parlent beaucoup et c'est parfois utile.

Lui faisant un clin d’œil entendu, démontrant bien l'allusion que je faisais à l'égard de mes souvenirs perdus, je laissais échapper un rire amusé avant d'ouvrir la porte et de me positionner à coté de la sortie. Je lui dis quoi là ? Bah, le plus logiquement possible, le plus normalement :

- Sors.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Jeu 31 Jan - 2:45

Ne serait-ce qu’un instant, je crus qu’elle allait me laisser contempler sa personne en train de se déshabiller. Comme si elle faisait exprès d’éveiller chacun de mes sens, elle fit descendre son essuie sur ses épaules pour finalement me fusiller du regard pour m’intimer, d’un délicat -brutal- mouvement de la main de me retourner. Horreur. Imaginez-vous passer votre temps à contempler un bout de bois quand une créature aussi belle que vous-même se change dans votre dos ? C’était dur, tellement dur que je me suis retournée au moins une dizaine de fois, évitant à merveille de croiser le regard de Kiwi. Son dos, quelle ivresse. Ses hanches, puis-je les saisir ? Ses jambes, Dieu qu’elles sont douces. Aimante, oui je l’étais. Je ne savais dire si ce que je ressentais était de l’amour ou quelque chose encore au dessus de cela, mais ce que je savais c’était que je voulais préserver ces moments de bonheur. C’est à cet instant précis que je compris que mon geste était bête et irréfléchi. Comment avais-je pu mettre notre bonheur à la poubelle ? Finalement … n’était-ce pas mieux de vivre peu dans le bonheur éphémère que vivre beaucoup mais dans la tristesse ? Oui, je reconnaissais mon erreur et je crois que j’aurais choisis vivre peu pour pouvoir toucher du bout des doigts ne serait-ce qu’un instant « le bonheur ».

- Merci de m'avoir préparé cet uniforme. Ne t'en fais pas, j'ai pas besoin de ton aide pour l'enfiler. Alors...

Me retournant à l’instar de ses dires, je fis vite demi-tour quand je la vis enfiler sa jupe pour l’ajuster à sa taille, me privant de la vue de ses sous-vêtements gentiment choisis par mes soins. Levant les yeux au plafond à la recherche d’une quelconque distraction pour ne pas me répéter ses paroles montrant une fois de plus qu’elle avait raison et que non, elle n’avait pas grossi, je laissais un fin ricanement traverser mes lèvres. Disons que si je la trouvais grossie, c’était parce que ses seins m’avaient tellement manqués que j’en avais oublié leur taille démesurée ? Oserai-je lui dire ça en face ? Non, non, non ça va. Je me retiens.

- Oui. Enfin, oui, tu es très jolie comme ça, ça te change de tes quinze ans de morveuse.

Souriant jaune en me retournant complètement, je lui fis un signe de la tête pour finalement avancer vers sa personne avec un sourire certain sur le visage avant de me faire refouler dehors comme si j’étais l’une des pestiférées, rodant trop près du poison. Je n’eus même pas le temps de la regarder, elle aurait pu tout de même m’accorder ça non ? Après tout, elle m’avait obligé de fixer des planches, n’était-ce pas injuste ?! C’est pas comme si je ne connaissais pas son corps, ses courbes, sa douceur … Awh. Je chauffe.

- Te promener en ma compagnie, cela risque d'éveiller les mauvaises langues. D'ailleurs faudra que je les remercie, ils parlent beaucoup et c'est parfois utile.

Ah ? Genre, ça la dérange de se promener avec moi ? Ou plutôt l’inverse, personnellement je n’avais rien contre et que les gens parlent, et bien qu’ils parlent … Ou pas. Haha. Je vois, je voyais très bien même. C’était donc ça … c’était tellement évident que cela me surprit à moitié, mais en même temps, il fallait un truc déclencheur pour, oui, elle n’allait pas chercher bêtement à savoir qui j’étais pour elle si elle n’avait pas une once de soupçon sur notre relation … n’est-ce pas ? Je veux dire, Kaïla n’était pas médium à ce que je sache et aussi intelligente que perspicace qu’elle pouvait l’être, je n’avais pas laissé de grands indices sur notre relation. A dire vrai, je n’allais pas éradiquer tous les étudiants sous prétexte qu’ils la ferment et si mes souvenirs étaient bons, les ¾ de ses chers camarades se retrouvaient soit morts, soit quelque part à œuvrer dans l’ombre pour attirer les grâces des terminales -contre qui certains risquaient de se battre-. Oui, le passage en rang était proche … Mais Kurayami, était-elle proche ? Kagoshima était là pour ça, cet endroit qui tourna en autre chose qu’un banal entrainement, cet endroit qui à tout jamais avait scellé nos corps.
L’ivresse des souvenirs.

- Sors.

Laissant ma vue se poser sur la fenêtre, je grimaçais légèrement avant de me diriger vers ma commode pour en retirer une veste rouge et une paire de protections contre le grand froid : gants-écharpe. Enroulant celle-ci autour du cou de Kurayami, je lui posais sa veste sur les épaules avant d’enfiler la mienne. Avant d’enfiler un bout de laine autour du cou, je posais mes lèvres sur ceux de Kurayami, lui accordant en plus d’un contact doux et chaud, un moyen rapide pour soigner ses diverses douleurs. Engouffrant finalement ma tête sous mon écharpe en cachant un rougissement certain, j’attrapais Kiwi par la main pour venir la tirer en dehors du dortoir ne lui laissant nul choix d’un quelconque questionnement « sur son accoutrement ». Bien que nous étions au Japon, nous étions à Undai surtout et une fois par an, deux jours ou plus, il neigeait. Un semblant de déjà-vu sous les yeux et me voilà, les talons les premiers dans la neige.

- Non, tu n’as pas comaté pendant une année entière.

Histoire de bien lui faire comprendre que c’était le premier jour de neige et que non, elle n’avait pas été propulsée dans le passé par X et X moyens. Je n’étais pas du genre à contrôler le temps et jusqu’à présent, à part Ayame, je ne connaissais personne d’autre qui savait le faire … Je crois ? Faisant un pas en avant, me faisant toujours un peu plus bousculer par le froid hivernal, je lâchais enfin la main de la jeune femme qui m’accompagnait pour lui dire d’un ton sarcastique ;

- Je n’allais pas leur couper la langue non plus, mais ne va pas me dire que l’idée de savoir qui j’étais t’es apparue comme ça … alors, c’était quoi ? T’as vu un canard en plastique dans une vitrine et tu t’es souvenue de Pyon-Kun ?

Laissant un rire m’échapper alors que je me dirigeais peu à peu vers le parc, je gardais tout de même un œil sur la personne que me suivait. Marchant avec sérénité, je ne priais que pour une chose. Ne pas croiser Ayame, même si étrangement je savais qu’elle ne tenterait rien contre Kaïla … pourquoi le savais-je ? Parce qu’elle eut une multitude de possibilités de lui ôter la vie durant sa convalescence. Et à la place de la tuer, elle l’avait tout bonnement laissé choir sur mon lit, sachant inéluctablement que nous risquions de redevenir « nous ». Dieu, mais que se passait-il dans l’esprit de cette folle ?!

- Kurayami-San !

Sortant de nulle part, un étudiant déboula pour venir se pencher devant Kaïla, ne gratifiant ma personne que d’une légère mine apeurée, il tendit une lettre à ma compagne avant de se fondre dans un monologue n’aillant aucun sens. « Ca fait longtemps que je te vois ! Et y a pleins de gens qui t’admirent t’sais, alors voilà, lis là et … rendez-vous demain après les cours sur le toit ! Je t’attendrai si il le faut ! Viens Kurayami-San ! ». Ma réaction ? Je crois que j’ai ris pour finalement m’interposer entre Kaïla et cet inconnu sortant de nulle part pour dévisager le nouvel arrivé. Dévisager … Non, si j’avais la capacité de le faire, je crois que je l’aurais tué d’un regard. Dieu, pourquoi n’a-t-il pas fait de crise cardiaque ?! Malheur.

- Hum.

Ce fut mon unique mot, ou plutôt bruitage, mais sans doute assez pour l’étudiant puisque celui-ci prit ses jambes à son cou après avoir laissé l’enveloppe dans les mains de Kaïla. Me retournant en regardant ce bout de papier, je levais mes yeux vers ceux de ma dite amante pour finalement dévier mon regard vers un point invisible tout en me décalant sur le côté. Jalouse ? Moi ? Non. Possessive ? Pas plus que ça. Conservatrice ? Vous me prenez pour une petite vieille ? Alors pourquoi ? Je ne savais pas, et je ne saurais le décrire non plus.

- Les dires des autres disais-tu ? Je n’en ai que faire, ma réputation n’est plus à refaire.

Non, j’étais et je resterai aux yeux des autres, le monstre de Undai. Quitte à me faire détester par la planète entière, si Kaïla continuait à m’apprécier je ne pouvais être « que bien ». Un léger sourire sur les lèvres suite à cette pensée et le voilà s’envoler par un souffle frais sortant des entrailles de l’atlantique. Je n’aimais pas le froid. Si, c’est le chaud que je n’aimais pas. Quoi que, les deux, je n’aime pas. Tellement pas. Et comme si ce n’était pas assez, voilà que le brouillard se forge et qu’il reneige ! Magnifique. Tellement magnifique que ma mauvaise humeur revenait au gallot. Un endroit pour s’abriter ? L’hangar dans lequel les ouvriers postent leurs outils … Je crois qu’il n’est pas loin … Je crois.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Jeu 31 Jan - 23:34

Le Japon. C'était le pays du soleil levant, de la diversité et surtout d'une culture traditionnelle. Mais qu'était-il des saisons ? La neige ? Oui, pendant une courte période, il neigeait dans le nord-ouest du pays d'où les vents les plus violents s'abattaient sur l'île. Mais il était plus rare de voir ce pelage blanc recouvrir le sud du pays, tellement rare que, quand Yume m'apporta ma veste et des gants, je crus qu'il pleuvait assez fort pour devoir se protéger. Mais rien du tout, quelle ne fut ma surprise quand un froid hivernal attaqua ma peau, la faisant rougir sous la rudesse de la température. De la neige à Undai. Aimais-je cette saison ? Il faisait froid, et les vêtements dans lesquelles des flocons s'attachaient, devenaient humides quand la neige fondait. Sans parler des plaques de verglas et des jeux stupides qu’entraînait cette saison. Non, définitivement, je n'appréciais pas. Quoi que... En tout cas, étant enfant, je donnais à la neige un aspect magique et intouchable. Une pureté absorbante s'en dégageait et je n'avais qu'une envie, c'était de la toucher. Alors finalement, oui, j'aimais la neige, j'aimais toutes les saisons dont la beauté m'était interdite pendant des longues années.

- Non, tu n’as pas comaté pendant une année entière.

Suivant mon amie en se référant à ses traces de pas, s'amusant à marcher dedans tel un enfant ayant une mission spéciale de ne pas dépasser le terrain défini, je levais les yeux pour voir son dos se mouvoir devant moi. Il était vrai que pendant une seconde, je me suis posée la question, il était étrange de voir tant de duvet blanc tomber ainsi du jour au lendemain, mais -après mûre réflexion- je me suis dite que c'était Undai, tout pouvait arriver là-dedans. Sans oublier que la neige obnubilait tellement mon esprit que je ne me préoccupais pas de ce genre de détails.

- Je n’allais pas leur couper la langue non plus, mais ne va pas me dire que l’idée de savoir qui j’étais t’es apparue comme ça … alors, c’était quoi ? T’as vu un canard en plastique dans une vitrine et tu t’es souvenue de Pyon-Kun ?

Affichant une mine outrée sous ses rires, je sautais pieds joints à ses cotés, savourant mes capacités de se mouvoir sans douleurs revenues. À croire que Yume était un remède à tout, à l'ennui, à la peine, à la tristesse... oui bon, elle était énervante et méchante tout autant, mais au moins avec elle je ne me lassais jamais de ces moments de joie. J'allais commettre une mauvaise action -celle de pousser cette impertinente face la première sur le verglas- mais je me fis stopper par une voix m'interpellant. Arrêtant donc d’échafauder un plan vengeur, je me tournais vers un garçon brun dont je ne connaissais pas le visage. Perplexe, je le vis s'approcher de moi pour me tendre une enveloppe, par réflexe je l'attrapais méfiante avant que sa voix ne résonne à nouveau dans l'espace enneigé.

-Ca fait longtemps que je te vois ! Et y a pleins de gens qui t’admirent t’sais, alors voilà, lis la et … rendez-vous demain après les cours sur le toit ! Je t’attendrai si il le faut ! Viens Kurayami-San ! 

Passant de la méfiance à la surprise, je dévisageais ce bonhomme tombé du ciel comme s'il s'agissait d'un spécimen rare de poisson. Ne sachant pas quoi répondre ni quoi faire, je remerciais mentalement Yume d'avoir réagit à ma place en... se positionnant simplement devant le garçon avec un de ses bruits caractéristiques sortant de sa bouche. Résultat, le pauvre innocent s'enfuit sans demander son reste. Je regardais toute cette scène avec un recul ne m'étant pas habituel. Il était vrai que Black Rock Shooter était impressionnante dans son apparence adulte, si je ne la connaissais pas et me fiais juste aux dires des autres, je serais certainement intimidée par cette femme. Oui, si elle jouerait le rôle d'un professeur super sexy et sadiquement indifférent, je crois que j'en pincerais pour elle... Hum. Sortant toutes sortes d'idées saugrenues de ma tête dérangée, j'abaissais mes yeux sur la lettre avant de les relever pour capter le regard de Yume qui s'y était figé aussi. Jalouse ? Ah... ?

- Les dires des autres disais-tu ? Je n’en ai que faire, ma réputation n’est plus à refaire. 

Ça, c'était certain. Yume était Yume, Yume pouvait tout et n'avait pas à se justifier... Enfin, sauf devant la directrice, mais c'était une autre histoire. En somme, peu importe ce que l'on disait sur elle, elle n'avait rien à craindre de personne, elle était bien au-dessus de cela. Haussant les épaules tandis que le froid me mordait le visage, je l'attrapais par la main pour que l'on s'abrite dans un endroit sec afin que je puisse lire la lettre et, en profiter pour taquiner le glaçon qui me servait d'amie. Fourrant la lettre dans ma poche, il ne fallut pas longtemps pour trouver un petit espace relativement accueillant dans les fins fonds du parc, un genre d’arrêt de bus se dessinait devant mes yeux et, directement je me dirigeais vers ce lieu. Voyant qu'il y avait déjà deux étudiants dedans, je traînais Yume à l'autre bout de l'espace clos pour me positionner contre une vitre, regarder un instant les deux élèves avec une pointe de méfiance avant de me focaliser sur mon amie.

- Pour dire vrai, c'est surtout ta boucle d'oreille qui m'a perturbée. Cela t'apprendra de vouloir être originale.

Souriant de manière énigmatique, je n'attendis pas une seconde de plus pour lui sauter littéralement dessus et lui attraper son oreille avec -évidement- le moins de délicatesse possible. Non, je n'étais pas une brute... Mais dans le feu de l'action, je ne contrôlais pas ma force, hein. Riant aux éclats, je déposais mes lèvres sur sa joue avant de me reculer, sortir la lettre de ma poche, et lui taper le bout du nez avec. Laissant un sourire amusé planer sur mes lèvres, je l'ouvris profitant de la tranquillité des lieux. Qui dit ouvrir, dit lire. Qui dit lire des lettres enflammées, dit rougir. Qui dit... Depuis quand avais-je des admirateurs ? Il allait de soi qu'il m'était facile de se faire des amis tant qu'ils ne m'approchaient pas de trop près, j'avais cette habitude formelle de sympathiser avec les gens. Ma réputation à Undai était tout autant forgée, que ce soit par le biais de Yume ou par ma cruauté à m'attaquer à tout ce qui bouge -que ce soit un Terminal ou un Seconde. Mais de là à être populaire dans le bon sens, j'en étais perturbée. Toussotant légèrement quand j'eus fini ma lecture, j'éclatais de rire en pesant les pours et les contres de ce mystérieux rendez-vous de demain. Y aller ou non ? Étrangement, je n'avais pas trop envie de me retrouver avec un mec collant. Ou alors, était-ce un piège ? Non, je ne pensais pas. Intéressant ? J'avais encore mieux sous mes yeux.

- Yume... Tu ne trouves pas que ce mec était trop mignon ? Haha. Ta réputation à être jalouse est connue aussi.

Souriant narquoisement en la regardant un instant, je regardais au-dessus de son épaule pour voir les deux étudiants nous regarder d'un air assez inquisiteur en mode « elles foutent quoi là ? Elles parlent de quoi ? » Fronçant les sourcils, je laissais échapper un grognement frustré avant de m'exclamer le plus naturellement possible « QUOI ? ». Ah ? Serait-ce un visage menaçant qui me fixait là, et c'est un couteau qui se trouvait dans la main du propriétaire de ce visage peu avenant? Ah ha ha. Quoi c'est ma faute ?! J'ai rien dit, je n'aimais tout simplement pas les fouineurs. Riant jaune, je me rétractais dans mes paroles en sortant des idioties dignes de mon nom pour qu'on soit tous « Peace and Love ». Après tout c'était l'hiver, la neige, il fallait être joyeux et non abrupte et meurtrier, hein. Et puis... si on regarde de plus près, j'avais comme l'impression qu'ils n'étaient pas disposés à se voir anéantir en un claquement des doigts par ma chère amie déjà de mauvaise humeur.

Profitant de la pagaille -causée par ma personne- je poussais Yume devant moi pour qu'elle fasse face à ces abrutis tandis que je brûlais la lettre d'un claquement des doigts. Et là, quelque chose se dérégla, quelque chose d'assez insoutenable pour que je me détourne de la petite troupe et maudisse ce même truc. Une douleur aiguë se propagea dans mon cou tandis que je manquais d'air pour respirer. Serrant les dents en essayant d'inspirer cet air qui me semblait soudainement lourd, j'attrapais instinctivement mon rosaire pour l'analyser. Le cristal grisâtre n'était plus si mat, virant d'avantage dans un rose sombre, un mélange de gris et de rouge pour être précise. Tandis que je paniquais déjà, un soudain relâchement se fit sentir et tout redevint normal, à part encore cette sensation de malaise qui s'était propagée partout dans mon corps. Me redressant finalement, en laçant un regard discret vers la troupe, je réagis au quart de tour, attrapant Yume par la main et la traînant à ma suite en dehors du petit abri. Les jambes en coton, le vent en pleine figure, je laissais échapper un rire gêné avant de m'adresser enfin à elle pour expliquer ma soudaine « fuite ».

- Heh, désolée, mais c'était stupide de rester avec ces nazes, allons nous trouver un endroit plus calme. Avec un peu de chance, nous arriverons au bâtiment principal en mode congelé. Ça te dit ?

Laissant échapper un rire nerveux tandis que je m'emmitouflais dans mon écharpe pour me cacher de la force de la nature, je serrais ma main d'avantage dans celle de ma chère amie tout en bravant les mètres de neige sans un regard pour mon accompagnatrice. Il fallait que je me ressaisisse, tout cela était impossible... J'étais guérie après tout, je prenais mes médocs comme il le fallait. Alors pourquoi maintenant ? Il va falloir que je voie ça avec l'autre folle... Quoi que, tout avait l'air d'être à nouveau en ordre... Ah et puis merde. Apercevant enfin le grand bâtiment devant nous, j'accélérais le pas avant de me retourner et faire face à Yume avec un air niai sur le visage.

- Alors ? Si on survit au froid, je t'invite quelque part. Si non, alors c'est toi qui m'invites.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Ven 1 Fév - 0:35

Mon corps entier bouillait sous l’énervement, le froid glacial ne me touchait qu’un peu, à dire vrai, j’avais l’impression que sur chacun de mes pas, la neige avait fondu et non, s'affaissée. Un rire jaune traversa mes lèvres alors que je restais inaudible devant Kurayami. Allait-elle y aller ? Non, elle ne ferait pas cela, mais tout de même, n’était-il pas normal pour elle de rencontrer des garçons ? Si, ca l’était. Après tout, je n’étais pas sa copine et encore moins son amoureuse, les amourettes ne m’intéressaient pas. Mais alors, qu’étions-nous ? Toujours cette même question incessante, question dont je ne trouverai que la réponse par hasard, loin très loin de Undai.
Ailleurs, mais pas ici.

Me prenant la main dans un geste dit -peu souple-, elle m’emmena vers un semblant d’abri de bus dans lequel deux étudiants étaient déjà posés. Ne regardant que d’un œil ces personnes, j’évaluais instinctivement leurs classes avant de me retourner vers Kaïla qui se posa sur l’une des vitres gelées de l’arrêt. Lisant tranquillement la lettre de l’homme, je grimaçais sous les rougissements qui se peignaient sur ses joues, le faisait-elle exprès pour me faire chavirer de colère ?! Un instant de flottement et me voilà froncer les sourcils quand des paroles vinrent m’assaillir en même temps qu’une main trop … trop emportée.

- Pour dire vrai, c'est surtout ta boucle d'oreille qui m'a perturbée. Cela t'apprendra de vouloir être originale.

M’attrapant l’oreille adroitement pour justifier ses gestes, je grimaçais sous si peu de délicatesse avant de me reculer dans un geste invasif. Dieu, était-il possible que cette jeune femme ne se conduise pas comme une barbare ?! Non, évidemment que non, une paysanne reste une paysanne, qu’elle se pavane dans une belle robe au milieu d’une ville chic, il n’en reste pas moins que le soir, cette femme ira labourer ses champs. Paysanne. Oui, bourrine mais attachante tout de même et je ne pus que rougir légèrement quand ses lèvres chaudes se posèrent sur ma joue. Ne laissant place à personne d’autre de creuser notre bulle d’intimité, je lui accordais un sourire alors que ses paroles vinrent encore bouleverser mon fort intérieur ;

- Yume... Tu ne trouves pas que ce mec était trop mignon ? Haha. Ta réputation à être jalouse est connue aussi.

Souriant jaune en la dévisageant, je ne risquais pas de gober ses paroles bêtement. Non, elle ne faisait que ça pour m’ennuyer et le pire… C’était que ça fonctionnait. Dites-moi, comment pouvez-vous trouver un homme mignon, si ce même homme est parti les jambes au cou sur un de mes murmures ? Oui, l’homme qui serait bien pour Kaïla devra au moins atteindre ma grandeur. En terme clair, personne ne le saura. Kaïla avec Ayame ? Haha ! Laissez moi rire. Hors de question. Hors de question, autant sur le fait que non, je n’étais pas jalouse. Et ce trait ne faisait nullement partie des traits de ma réputation. J’étais sanguinaire, méchante et vilaine, mais pas jalouse. Parce que pour être jalouse, il faut aimer et donc … Non, je n’aimais personne. A part ma personne, Kiwi et Ayame. Oui, je n’aimais personne.

Un ricanement inaudible traversa mes lèvres avant que celui-ci ne s’estompe quand la voix de Kurayami se fit plus agressive à l’encontre des deux personnes me faisant dos. Me retournant instinctivement pour leur faire face, je ne daignais pas bouger quand le jeune terminal matérialisa un couteau dans sa paume. Très inventif. Ou pas. Fronçant les sourcils quand celui-ci se leva, je fis un pas en avant sous la bousculade de Kiwi. Mettant les bras en avant, montrant bien que si il voulait se battre, je n’allais pas lui dire non, nous finîmes finalement à se lancer des regards titanesques, échauffant plus nos esprits que nos poings. L’autre personne ne bougea pas, sans doute fière d’être en compagnie d’une personne osant me défier, les jambes croisées, devrais-je lui apporter du pop-corn ?

Mais toute mon attention se dé-focalisa de mon assaillant immobile pour me poser sur Kaïla, fronçant une fois de plus les sourcils en voyant que celle-ci perdait pied étrangement, je regardais par dessus mon épaule, ne comprenant pas pourquoi sa personne avait l’air de faire un malaise. Ses blessures n’étaient plus, elle était bien il y a un instant … Que sa passait-il donc ?! Entrouvrant la bouche pour venir lui demander si elle allait bien, je me fis stopper quand le protagoniste me faisant face décida à se mouvoir. Se mouvoir pour que finalement je me fasse tirer tel un sac à patates par mon amie.

- Heh, désolée, mais c'était stupide de rester avec ces nazes, allons nous trouver un endroit plus calme. Avec un peu de chance, nous arriverons au bâtiment principal en mode congelé. Ça te dit ?

Me laissant tirer par sa main de fer en ne répondant que d’un mouvement de la tête, je zieutais sur sa personne, cherchant à savoir pourquoi celle-ci n’allait pas bien. Mais rien, rien ne me montrait les raisons d’un tel « événement ». Se serait-il passé quelque chose durant ces deux mois ? Avait-elle des hématomes plus importants ? Non, même si c’était le cas, mon énergie l’aurait instinctivement guérie. Mais alors quoi ? Et c’est sous ces questionnements que je me retrouvais nez à nez avec le bâtiment principal.

- Alors ? Si on survit au froid, je t'invite quelque part. Si non, alors c'est toi qui m'invites.

Gardant sa main dans ma paume, je lui adressais un fin sourire avant de la tirer -cette fois-ci- à ma suite dans ledit bâtiment. Traversant le couloir en retirant mon écharpe de ma main libre -n’appréciant pas avoir quelque chose de lacérant autour du cou-, mes pas me conduisirent instinctivement vers le conseil des étudiants. Lieu de repos pour ma personne. M’arrêtant devant la porte, je restais un moment stoïque avant de me raviser d’utiliser cet endroit comme lieu de détente à l’entente de voix dites trop bruyantes pour ma personne. Une chatte qui miaule et un transformiste se prenant pour un Dieu, non merci, je me passerai de cette compagnie.

- Une classe, allons dans une classe, on y sera au calme en attendant que la tempête ne s’estompe.

Gravissant donc ainsi les marches de ce lieu, j’arrivais aisément au troisième étage, cherchant des yeux une classe vide, j’ouvris la porte de celle choisie pour venir y accueillir Kurayami. Me défaisant de mon accoutrement hivernal, je déposais le tout sur un banc avant de prendre place sur la chaise du professeur. M’étendant légèrement avant de me rasseoir correctement, je matérialisais deux tasses devant moi. Poussant l’une à l’encontre de Kiwi, je laissais le calme s’installer.
Un instant.

- Tu …

Plongeant mes pupilles azurées dans les rubis de mon amie, je ne me décrochais de ses yeux. Un instant de flottement se fit encore ressentir avant que je ne me redresse complètement dans un soupir pour venir fuir son regard. Qu’allais-je lui demander ? Pourquoi elle s’était sentie mal ? Elle m’aurait traité de paranoïaque. Encore. Alors que lui poser maintenant ? Si elle allait se joindre au rencard de l’homme ? Haha. Jalouse ou perverse allait traverser ses lèvres ?

Souriant une fois de plus, j’attrapais ma tasse chaude entre mes paumes. Fermant les yeux un instant avant de les rouvrir, j’arquais un sourire moqueur avant de venir titiller les sens de ma chère amie en lui demandant, avec un ton certain dans la voix ;

- Et toi ? Comme réagirais-tu si je me faisais draguer ouvertement par un inconnu ? Nous n’avons jamais abordé ce sujet, crois-tu que … Non, ce serait gênant de le dire ainsi -même pour moi-.

Déviant le regard un instant pour venir se refondre encore plus dans celui de mon amie, je me levais en m’avançant vers sa personne. M’arrêtant à quelques centimètres de sa personne, j’arquais une fois de plus un sourire en disant long sur ma pensée pour venir poser mes bras autours des épaules de Kurayami.

- Et nous, que sommes-nous ?

M’approchant dangereusement de ses lèvres, je m’arrêtais juste avant de les toucher, sentant un regard dit dérangeant sur nos personnes. Ne laissant que la vision d’un pas en arrière de ma part, je me retrouvais déjà devant le nouvel inconnu fraîchement arrivé pour venir zieuter sur nos faits et gestes. Sa gorge entre ma main, je grimaçais de mécontentement avant de venir l’assaillir d’une demande explicite pour savoir ce qu’il faisait là, et qu’il n’ose me dire que ce n’était que par erreur. Baratinant des phrases les unes dans les autres, il finit par me dire de sa voix tiraillée ;

- Le conseil Black Rock Shooter-Sama, le conseil vous demande !

Relâchant ma proie en la laissant tomber sur le sol, je ne lui avisais qu’un refus disant pertinemment bien que j’étais occupée et que je n’avais le temps de me confondre dans leurs querelles incessantes. Pourquoi me demandaient-ils à votre avis ? Soit pour savoir quelle robe devrait porter Aria pour son concert de ce soir, ou encore Kiyo pour me montrer ses nouvelles découvertes, et même Hibari pour m’exiger de faire taire ces « deux chiennes en chaleur ».

- Ne l’avais-tu pas remarqué ? Je suis occupée. Fais le savoir au conseil, qu’ils se débrouillent sans moi aujourd’hui. Pars.

Fermant la porte dans un claquement en faisant dos au jeune étudiant qui nous avait surpris, je me redirigeais vers Kaïla pour venir lui dire d’un ton ironique mon idée saugrenue du moment, combien pariez-vous que nous serons une fois de plus le numéro 1 du prochain journal de Undai Gakuen ?

- Que penses-tu de ça pour le prochain pavé de cet institut ; « Une confirmation qui déroute les fans de Silver Sword et Black Rock Shooter ! Les deux princesses diaboliques de Undai, Ensemble ! ».

Imitant presque une intonation dérisoire à mes dires, je secouais la tête tandis qu’un frisson me prit de l’échine. L’horreur, par pitié, que quelqu’un arrête de balancer tant de balivernes ! En y pensant, qui écrivait ce journal ?

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Sam 2 Fév - 21:40

Parfois, je me disais qu'il n'était pas difficile de distraire Yume. Dans le sens qu'il ne suffisait que d'une parole pour qu'elle puisse trouver cela intéressant. Et là, devant le grand bâtiment qui surplombait fièrement Kyoto, je savais qu'elle ne manquera pas de me rappeler le défi que j'ai moi-même proposé. Traversant le hall, me laissant tirer par ma chère amie dans une ambiance lourde de gel, je réfléchissais à grande vitesse quel serait le meilleur restaurant pour qu'on puisse y aller manger quelque chose de savoureux. Un chinois ? C'était discutable. Une cuisine locale ? On en mangeait tous les jours dans cette école réputée pour la nourriture de première qualité. Quelque chose d'exotique tournant plus vers l'Italie ? Je n'étais pas adepte des pâtes. Une pizza ? J'en avais une vingtaine dans mon frigo, idem pour les lasagnes. La Grèce ? Non, je n'aimais pas les fruits de mer... Une cuisine maison ? Je dois vous signaler que j'ai passé ma vie à me faire servir par un cuisiner professionnel ? Je me disais aussi. Peut-être la France avec leurs plats faisant un quart de l'assiette ? Moyennement appréciable... Et au juste, y avait-il un restaurant Français à Kyoto ? Oui, certainement. Optant finalement pour une cuisine épicée -thaï- je m'arrêtais quand les mouvements de Yume se stoppèrent soudainement. Levant les yeux après ma méditation, je me surpris de nous voir devant une porte... Une porte que je redoutais. C'est avec un sourire jaune que je tendis l'oreille pour entendre les voix qui s'en échappaient. Pourquoi nous a-t-elle amenée ici ?

- Une classe, allons dans une classe, on y sera au calme en attendant que la tempête ne s’estompe. 

C'est avec soulagement que j’acquiesçais à ses dires d'un hochement de tête vigoureux. Moins je croisais le Conseil, mieux je me portais. Déjà que j'avais pleins de problèmes avec eux, je n'allais pas sauter dans la gueule du lion volontairement. Plus je les évitais, plus j'allongeais mon espérance de vie monotone. Ben oui, quand on se fait mitrailler des lettres portant leur sceau, dont l'explicité était claire, on se cachait et prolongeait la convocation jusqu'au point critique. Tout cela pour dire que je n'étais pas pressée d'y mettre les pieds. C'est sans me poser plus de question que je rentrais dans une classe fièrement trouvée par ma chère amie. Ce n'est que à l'intérieur que je sentis le doute s'installer en moi. Pourquoi une classe ? Ne pourrions-nous pas simplement aller à la cafétéria ou la bibliothèque ? Cela était louche. Tellement louche que je me cognerai volontiers la tête contre le mur pour me sortir toutes ces idées perverses et abjectes qui sillonnaient mon esprit. Bon sang, quand suis-je devenue si... libertine ?!

- Tu …

Me débarrassant de ma veste que je déposais près de celle de Yume, je vins m'asseoir en face d'elle en tirant une chaise à ma suite. Baissant ma tête sur la tasse fumante, je devins nerveuse sous le manque d'expression qu'elle pouvait avoir. Tu... Tu quoi ? Non mais sérieusement, l'ambiance calme n'était qu'une couverture à ma tête embrouillée. Et rien n'arrangea les choses quand son regard s'accrocha au mien avec intensité. Vous voyez deux filles se fixer dans les blancs des yeux, dont une limite au bord de la syncope et l'autre en mode songeuse ? C'est bon, vous avez imaginé ? Ben voilà à quoi nous ressemblions en ce moment. Je me croyais passer par un interrogatoire... Ou mieux devant un directeur d'une grande boite qui se demande s'il était temps de me virer ou non. Enfin soit, tout cela passa quand Yume se décida enfin à changer d'attitude et de se focaliser sur sa tasse. Je devais lui dire que généralement les aliments matérialisés étaient tous sauf comestibles ? Non, je m'en abstiendrai. Ben oui, pourquoi aller acheter la nourriture à la cafétéria ou ailleurs si on pouvait tout aussi bien la créer de nous-même ? Eh bien parce que cette dernière n'était pas des meilleures... En tout cas quand moi j'essayais d'en créer.

- Et toi ? Comme réagirais-tu si je me faisais draguer ouvertement par un inconnu ? Nous n’avons jamais abordé ce sujet, crois-tu que … Non, ce serait gênant de le dire ainsi -même pour moi. Et nous, que sommes-nous ?

Fronçant les sourcils quand cette question -si similaire à la mienne- traversa ses lèvres, je ne répondis rien, préférant la regarder se mouvoir en ma direction. Que pouvais-je répondre à cela ? Je n'en avais strictement aucune idée, déjà que je n'étais pas sûre de ce que notre relation représentait au juste -n'ayant pas eu l'occasion d'exploiter ce genre de situation- je ne me suis jamais penchée sur cela. Qu'étions-nous ? Des amies proches ? Cela était incontestable. Des sex-friends ? Je ne dirais pas cela, nous étions plus que ça... Mais quoi alors ? De l'amour ? Oui, je considérais Yume comme mon âme sœur, comme une meilleure amie, une confidente, une sœur que je n'ai jamais eu. Mais que ferais-je si justement elle se trouvait quelqu'un ? Je n'en savais rien. Toute la réflexion s'arrêta quand la chaleur de la femme se propulsa sur moi, me signalant qu'elle n'était qu'à deux pas de ma personne, un pas... encore un peu et je goûterai à ses lèvres désirables que j'aimais tant toucher. Une seconde de plus et je savourerai le contact, ce toucher que je haïssais tant mais que j'appréciais si c'était Yume qui me le procurait. Une fraction de seconde en plus, et mon cœur battait la chamade sans que je ne l'y autorise, maudissant cet aspect vulnérable de ma personne. Encore un instant de plus, et j'allais fondre sous ce regard qui ne ressemblait en rien à celui de Yume de tous les jours. Encore une infime poussière et... Et rien. Une fraction de seconde de flottement et sa silhouette disparue de ma vision. Me retournant instinctivement pour découvrir un garçon en train de se faire étouffer par mon amie, je m’empourprais en imaginant ce qu'il pouvait croire de ce qu'il a vu.

- Le conseil Black Rock Shooter-Sama, le conseil vous demande !

J'eus un instant froid au dos quand l'aura meurtrière de Yume régna dans la salle de classe. Oui, définitivement elle était impressionnante, tellement que je ne voudrais pas être à la place du pauvre mec entre sa main tueuse. Souriant jaune, je me levais déjà prête à arrêter la fameuse Black Rock Shooter de tuer sa proie. Après tout, il n'a pas fait exprès de venir nous déranger hein ! Mais avant que je ne puisse essayer de m'exprimer -parce que oui, ce n'était pas évident d'arrêter une Yume en pleine action, surtout quand elle était en colère et que je n'avais pas envie de passer sous son courroux- cette dernière relâcha le pauvre étudiant qui tomba au sol.

- Ne l’avais-tu pas remarqué ? Je suis occupée. Fais le savoir au conseil, qu’ils se débrouillent sans moi aujourd’hui. Pars.

Faisant un signe d'excuse à l'envoyé du Conseil, je pris un air gêné avant que Yume ne referme la porte au nez de ce dernier. Soupirant en constatant le manque de délicatesse qu'elle employait, ou plutôt dont elle était naturellement innée, je me laissais retomber sur la chaise tandis qu'elle se retournait déjà vers moi. Bon sang, je m'étonnais parfois de la savoir tant douce et attentionnée que complètement brutale et sans tact. Était-il juste humain d'alterner ainsi son comportement envers les différentes personnes étant dans son estime ? Oui, pour elle oui. Et j'étais contente d'être du bon coté de la balance.

- Que penses-tu de ça pour le prochain pavé de cet institut ; « Une confirmation qui déroute les fans de Silver Sword et Black Rock Shooter ! Les deux princesses diaboliques de Undai, Ensemble ! ».

Éclatant de rire quand elle sortit sa pique d'une voix imitatrice, je me détendis instinctivement quand tout aura de froideur disparue, ne laissant place qu'à une Yume désespérée. Je l'aimais bien comme cela aussi. M'asseyant sur un banc non loin d'elle, je laissais un moment de flottement avant de me rendre compte que oui, le torchon de Undai allait encore frapper et m'emmerder au plus haut point dans les jours à venir. Mais bon, les rumeurs de Undai étaient toujours peu avenantes... Me rappelant d'un souvenir désagréable, je chassais cette idée de ma tête avant de me lever et m'approcher au pas du loup vers mon amie, un sourire des moins rassurants plaqué aux lèvres.

- La popularité n'est pas toujours facile, hein Yume-Sama.

Accentuant mon dernier mot, je pris sa main d'un geste délicat et l'entrelaçais avec mes doigts, tout en gardant un œil songeur sur ce que je faisais. Oui, définitivement son contact ne me dérangeait pas, au contraire même, il me rassurait. Caressant sa peau, je m'approchais de son visage pour, au dernier moment, dévier sur la gauche et plonger mon nez dans son cou. Humant son parfum, je lâchais sa main pour venir balader les miennes dans son dos, en-dessous de son t-shirt, profitant au maximum de la chaleur qu'irradiait de sa personne, faisant limite abstraction du lieu où nous nous trouvions. Savourant la bulle qui s'est installée autour de nous, je la serrais un peu plus dans mes bras avant de parler, d'un air songeur.

- Si une autre personne te draguait dis-tu ? Je ne sais pas... Je crois que je ne serai pas jalouse... quoi que si, un peu... Si, définitivement je le serai, dans un sens. Mais je pense que nous sommes au-dessus de cela... tant que tu restes comme tu es à mon égard même en ayant quelqu'un d'autre, je serai contente... enfin, vu d'une façon.

Compliqué. Encore plus quand je ne savais comment m'expliquer. Et encore plus quand mes paroles sonnaient si faiblement, embrouillés par la réflexion sur l'inconnu. Après tout que savais-je au juste ? Je n'avançais que des suppositions, je ne savais même pas ce que je ressentais véritablement pour Yume. Mais je pense qu'au fond, mes paroles se rapprochaient fort de la probabilité et de la vérité. Quoi que, avec mon impulsivité... Argh, trop complexe pour donner clairement une réponse exacte de mes agissements si une telle ou telle chose arrivait. Oui, avec des « si » on pourrait refaire le monde. Soupirant légèrement après avoir laissé un moment de flottement -le temps que je me ressaisisse et reprenne mon air inexpressif- je me reculais finalement de sa personne après avoir effleuré son cou de mes lèvres. Retirant mes mains, je m'assis sur le premier banc qui rentra en contact avec mes fesses sans quitter Yume des yeux, la scindant de haut en bas du regard. Quelle femme... Et là une idée saugrenue me passa par l'esprit, une idée frôlant la perversité des mangas yuri -que je ne lisais jamais d'ailleurs, préférant me focaliser sur mes jeux violents. Fronçant les sourcils tout en cherchant une manière de dévier les sujets délicats, je détendis finalement mes traits pour laisser une mine intriguée apparaître par dessus.

- Dis Yume... T'es vieille, nous sommes d'accord ? Je me demande... Vu que tu es en Terminale depuis des années -pour ne pas dire décennie haha- et que tu dois de toute façon rester à Undai... Pourquoi ne deviens-tu pas professeur ? La fameuse terreur de l'Académie en tant que professeur sadique, cela ferait un scoop !

Ben oui, et cela la changerait aussi de ses habitudes. Enfin, dans un sens, mais ce qui me poussait le plus à lui suggérer cette idée, c'était surtout son apparence, plutôt que ses capacités à enseigner. Après tout, vous voyez Black Rock Shooter donner cours ? Tous les étudiants seraient morts avant la fin de la première heure. Ou alors, elle s'énerverait et les laisserait se débrouiller seuls... Non, je dis ça, mais c'était plus pour rire qu'autre chose. Évidement les cadavres seraient inévitables et les contusions aussi, mais Yume n'était pas une mauvaise prof, après tout j'ai vécu son « éducation » sur ma peau, dans tous les sens du terme. Et si cette femme serait une de mes enseignants, dans une tenue stricte avec son air sévère... Stop. Rougissant légèrement, je détournais la tête d'un air gêné avant de me relever et de rire nerveusement, tout en me déplaçant vers une des vitres de la classe. Laissant ma main une fraction de seconde sur le chauffage, je la retirais avec une grimace avant de m'exclamer -plus pour changer de sujet encore une fois, qu'autre chose- sans avoir à la regarder :

- C'est fou comment il fait chaud ici, à croire que les chauffages de Undai fonctionnent pour brûler les étudiants imprudents plus que pour les réchauffer. Hum.

Ouais, définitivement, j'aurais pu trouver mieux comme connerie à sortir. Eh, Yume... Cette femme me rendait complètement différente. Je crois qu'il serait temps de la taper pour détendre l'atmosphère... Ou plutôt pour me sortir les idées étranges de la tête. Comme si je n'avais rien d'autre à penser, bientôt il faudra se focaliser sur les Undai'ens qui n'hésiteraient pas un instant pour toucher un mot sur ce que l'autre garçon a vu. Et Dead Master dans le tout ? Cela sentait les problèmes à distance.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Sam 2 Fév - 22:39

Suivant ses rires face à mes dires, je continuais d’avancer dans sa direction d’un air désinvolte. Dieu, était-il seulement possible d’être aussi attirant ? N’était-ce donc pas punissable de me faire fondre ainsi ? Si, ça l’était, mais pas avec Kaïla, pas avec elle. D’elle j’aurais tout supporté, son amour, sa haine, ses hontes comme ses peines … L’amour. Non, je ne pouvais m’y laisser prendre -bien que je sois déjà entremêlée dans ses filets-, mais en même temps … Si cela nous l’était permis, ne serait-ce qu’un instant. Profitons en.

- La popularité n'est pas toujours facile, hein Yume-Sama.

Haussant un sourcil à son interpellation, je me retournais de manière à pouvoir recevoir sa personne de face. Il était vrai que la popularité n’était pas ce qu’il y avait de plus simple à Undai, qui disait popularité, disait aussi qu’aucune intimité m’était permise, sans compter le nombre de personnes abjectes qui eurent envie de me défier en jalousant ma réputation, toute une vie dans laquelle vous n’êtes jamais tranquille en somme.

Soupirant légèrement d’aisance en laissant sa main se mêler à mes doigts, j’arquais un sourire sous-entendu tout en acceptant généreusement son toucher. La laissant frôler de ses lèvres mon cou en levant légèrement la tête, tandis que ses mains devenues plus frivoles vinrent caresser mon dos avec délicatesse. Pouvait-on ? Je veux dire, pouvais-je le faire ici avec elle ? N’était-ce pas … justement plus excisant quand l’on risquait de nous surprendre ? Rougissant sous cette pensée futile, je me figeais sous ses dires ;

- Si une autre personne te draguait dis-tu ? Je ne sais pas... Je crois que je ne serai pas jalouse... quoi que si, un peu... Si, définitivement je le serai, dans un sens. Mais je pense que nous sommes au-dessus de cela... tant que tu restes comme tu es à mon égard même en ayant quelqu'un d'autre, je serai contente... enfin, vu d'une façon.

Hum. Voilà ma seule réponse, pourquoi étais-je si … peu contente de ses dires ? Tout simplement parce que dans mon cas ce serait l’inverse. Du moins, de ce que je ressentais pour Kaïla, je n’aurais apprécié de la voir se faire tourner autour par je ne sais qui -la preuve un peu plutôt-. Mais ce n’était pas tout, qu’elle me dise qu’elle-même accepterait … J’étais un peu déçue. Oui, cette envie irrésistible d’être unique me diriez-vous, ne l’étais-je déjà pas assez pour en vouloir encore plus ? Je ne saurais le dire, mais en même temps, nous étions au dessus de tout cela n’est-ce pas ? Se laisser tenter par quelqu’un d’autre … Non, je n’aime personne.

- Dis Yume... T'es vieille, nous sommes d'accord ? Je me demande... Vu que tu es en Terminale depuis des années -pour ne pas dire décennie haha- et que tu dois de toute façon rester à Undai... Pourquoi ne deviens-tu pas professeur ? La fameuse terreur de l'Académie en tant que professeur sadique, cela ferait un scoop !

Haha. Souriant jaune en m’arrêtant uniquement sur son « vieille », je crus voir une veine se former sur mon front sous l’effet de ses dires. Vieille. Non, je n’étais pas vieille ! Non mais qu’était-ce donc cela ?! Ces gamins de nos jours ! Dieu, j’allais l’étriper. Que l’on soit ensemble ou pas, je restais ce que j’étais et elle aussi d’ailleurs. Par pur réflexe, ce fut une poêle que je voulus matérialiser, mais suite aux pensées saugrenues de mon cerveau, je m’arrêtais dans toute démarche en décortiquant ne serait-ce que plus intensement ce qu’elle venait de dire.

Professeur. Haha, prof de quoi ? Prof de tortures, je suis sure que je serai calée dedans, mais bon. Bien qu’aucune matière ne me faisait défaut, je ne trouverai nulle appréciation à venir enseigner à des demeurés ce que faisait Platon ou encore, quel était le coefficient d’une droite juxtaposée à une autre. Non, les matières cérébrales ne me plaisaient pas, pour ce qui était de « pouvoir », n’avions-nous pas déjà assez de profs de matérialisation ? Si, justement.

Cependant … pour ce qui était du revers de la médaille … Prof voulait dire également que je serai un grade plus haut que Kaïla quand elle passera en terminale et qu’une relation prof-élève se créera donc … Haha. Serait-ce des rougeurs qui se peignent sur mes joues ? Dieu, rien qu’y penser me rendait toute chose ! Moi professeur habillée d’un beau tailleur, Kaïla dans son uniforme, entrelaçant mes doigts dans sa cravate pour l’attirer vers moi sur un bureau … Awh.
Puis-je ?

- C'est fou comment il fait chaud ici, à croire que les chauffages de Undai fonctionnent pour brûler les étudiants imprudents plus que pour les réchauffer. Hum.

Tournant la tête après tant de réflexions, pour retrouver Kaïla se trouvant près d’un chauffage, je me demandais un instant de quoi elle parlait pour venir finalement, me rapprocher d’elle. Me retrouvant dans son dos, je plaçais mes bras autour de sa taille avant de déposer un léger baiser sur sa nuque dégagée. Fermant les yeux un instant pour savourer, toujours et encore ce toucher, je lui dis d’un ton naturel, trop calme pour ne pas trouver anguille sous roche ;

- Si je te voyais avec une autre personne, je ne me retiendrai pas.

Rouvrant les yeux en laissant un fin rire traverser mes lèvres, je restais dans la même position à regarder la tempête nous faisant face s’adoucir. D’ici un instant il ne neigera plus et nous pourrons partir d’ici. Laissant mes mains se balader sur son bas-ventre tandis qu’une autre se faufilait sous sa chemise, je poursuivis mes dires, ne laissant que sa personne savourer mon toucher ;

- Et puis, n’est-il pas normal de garder à ses côtés ceux qu’on aime ? Je ne compte pas aller voir ailleurs non plus d’ailleurs, je reste moi. Et ma personne n’aime personne à part ta personne ~

Donnant plus de permission à mes gestes, je laissais passer une de mes mains sous sa jupe pour venir titiller un sous-vêtement de mon cru -qui lui allait très bien selon moi-. Baisant de mes lèvres douces son dos alors que ma main s’était amusée à défaire sa chemise et à venir quant à elle s’occuper de sa poitrine généreuse, je poursuivis ;

- Ne serait-ce pas par perversité que tu me voudrais enseignante ? Imagines-tu ta personne « sortir » avec un professeur, que des fantasmes Kaïla-Sama ~

Ricanant légèrement à mes dires, je fis le tour de sa personne de manière à ce que je sois face à elle. Attrapant sa lèvre inférieure de mes dents, je vins lui réclamer un doux baiser que je laissais rapidement se changer en un autre bien plus langoureux. Titillant sa langue dans une danse macabre, je continuais mes faits et gestes. Dieu, faire ça dans un classe, serait-ce un avant-goût de notre futur si j’étais professeur ?

- Il faut dire aussi, si tu passes en terminale, je me ferai un plaisir d’assister au cours. Histoire de voir comment tu bûches devant les profs ~

Gardant une voix suave depuis là tantôt, je me reculais légèrement de sa personne pour lui offrir un sourire. Elle était … ce que j’avais toujours attendu. Sous cette pensée, mes lèvres vinrent se poser sur les siennes dans un mouvement doux, d’une délicatesse déconcertante, oui, c’était elle qu’il me fallait.

- Allons y avant qu’une autre personne ne nous surprenne.

Riant légèrement à cela, je vins l’attraper par la main après lui avoir donné ses affaires. La neige s’était certes arrêtée, mais il n’en restait pas moins qu’il faisait toujours un froid de canard. Traversant les couloirs d’un pas assuré, je ne prêtais pas attention aux élèves qui nous croisaient main dans la main. Ils le sauront tout de même d’ici peu non ? Et puis, devais-je m’en cacher ? Haha. Qui sait, après tout, j’étais maître de mes gestes et je ne laisserai personne me dicter ma conduite. Tournant la tête vers Kurayami pour lui accorder un sourire en mode rassurant, nous arrivâmes rapidement dehors.

- Tu as décidée où nous allions maintenant ?

Me dirigeant vers le pont de Undai, je matérialisais un break juste après le commencement du pont. Aller à pied par un temps pareil ? Autant se convaincre qu’un chat roucoule. Lui ouvrant la portière, je montais à ma place en faisant ronronner le moteur, l’utilité d’avoir une voiture automatique, je ne me faisais pas chier avec les vitesses -que je ne savais utiliser d’ailleurs-. Deux pédales s’offrent à moi, le frein dit outil inutile et l’accélérateur appelé par mes soins, le truc fun. Doutait-elle encore de mes capacités à conduire après notre dernier voyage ? Haha, n’en parlons pas.

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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Dim 3 Fév - 16:33

Il ne fallait pas beaucoup pour m'enflammer finalement. Rien qu'un toucher spécialement appréciable, une proximité insistante et me voilà brûler sous une envie encore inconnue à ma personne dans cette proportion là. Mais qu'était-ce au juste ? Je ne pourrais pas dire que c'était la première fois que j'eus envie de commettre l'irréparable, d'ailleurs cela s'est vu à Kagoshima. Mais là, là c'était différent. Nous étions à Undai Gakuen, un lieu, une place dont ce genre de pratiques nous étaient défendues. Ici, nous ne pouvions pas, ici c'était trop dangereux... Et pourtant, je me laissais aller contre ce corps chaud avec plaisir, limite un besoin de tendresse m'envahissait tandis qu'elle s'attelait à m'embraser de ses gestes doux. Complètement le contraire de ses dires d'ailleurs.

- Si je te voyais avec une autre personne, je ne me retiendrai pas.

Laissant un sourire effrayé se peindre sur mon visage, je sentis mes poils de nuque se hérisser sous sa remarque si... si pas elle. Alors oui, définitivement, Yume était une jalouse de la vie. Qui l'aurait cru ? Pas moi en tout cas, mais on apprend chaque jour une nouvelle facette des gens. Et Yume, dans son manque d'expressivité apparente, en avait des milliers de défauts caractériels. Sentant ses gestes plus encrés et plus insistants, je me reculais d'avantage contre elle pour m'éloigner le plus possible de la fenêtre où des étudiants curieux auraient pu nous voir... Enfin, surtout me voir à moitié déshabillée et pleinement tripotée par des mains baladeuses. Les mains d'une jolie femme d'ailleurs... Soit !

- Et puis, n’est-il pas normal de garder à ses côtés ceux qu’on aime ? Je ne compte pas aller voir ailleurs non plus d’ailleurs, je reste moi. Et ma personne n’aime personne à part ta personne ~

Serait-ce une déclaration enflammée ? Devrais-je lui rappeler qu'à la base nous étions amies... certes assez spéciales, mais amies. Et, pire, devrais-je lui signaler que notre comportement serait fort regrettable dans l'enceinte de ces murs ? Depuis quand Yume était devenue si insouciante ? C'était elle-même qui a bien tracée des limites entre notre voyage passé, et notre retour à Undai. En plus, depuis quand était-elle devenue si désinvolte ?! Bon sang, cette femme était un monstre. Et moi dans tout cela... je me laissais faire. Pourquoi ? Parce que cela faisait si longtemps. C'était une sorte de manière de nous retrouver, alors autant en profiter, rien qu'aujourd'hui, rien que pour nous rappeler du bien-être qu'on savourait avant que je n'oublie tout. Oui, nous étions amies. Oui, nous étions dans cette fichue Académie peuplée de monstres sanguinaires. Oui, tout cela était invraisemblable et dangereux. Mais rien que pour quelques secondes, je voulais oublier toutes ces contraintes et profiter de cette présence qui m'a tant manquée. En y pensant, que voulait-elle dire par « aller voir ailleurs » ? Genre quoi, croyait-elle que j'étais une pute de servie sautant sur tout ce qui bouge ? Tiens donc, si cela était une autre facette que j'aurais à me découvrir, je crois que j'en rirais plus qu'autre chose. Kurayami l'intouchable se laisse aller à ses envies de sexe en mode nymphomane... Nan, impossible. Je détestais trop le toucher pour cela. Même avec Yume, j'avais parfois du mal, alors là... Voilà quoi.

- Ne serait-ce pas par perversité que tu me voudrais enseignante ? Imagines-tu ta personne « sortir » avec un professeur, que des fantasmes Kaïla-Sama ~ Il faut dire aussi, si tu passes en terminale, je me ferai un plaisir d’assister au cours. Histoire de voir comment tu bûches devant les profs ~

Savourant ce baiser interdit, je rougis sous sa remarque. Elle a tapé droit dans le mile, mais cela je ne lui avouerai jamais. Me laissant aller à ses gestes déplacés, je profitais de chaque seconde de douceur qu'elle m'accordait. Yume Kuroi, la brute sans foi ni loi qui te bat pour un oui ou pou un non... Mais en même temps, une femme d'une douceur incontestable, avec des gestes aguicheurs et plaisants... Je me demandais combien de personnes ont eu l'occasion de voir cet aspect « gentil » de sa personnalité. En tout cas, je pouvais me venter d'avoir eu l'occasion de trouver de la chaleur sous la tonne de glace qu'elle représentait. Et pour ce qui était de professeur... Certes, elle serait une terrible menace à mes études, surtout si nous restions sur les bases qu'on était en train de forger là. Vous m'imaginez devoir écouter son cours... Bon sang, je passerais plus de temps à la relooker et rire de la peur des autres vis-à-vis de sa grandeur, qu'autre chose. Mais d'un autre coté, j'avais comme une horrible impression qu'elle ne serait pas tendre avec moi si je me tapais des mauvaises notes... Aïe. Par contre, ce qui est de la Terminale... Je sentais déjà de loin la difficulté qu'elle soit avec moi en classe à se récurer le nez d'ennui pendant que je gémirais de mal de crâne, ou alors tout simplement pour le passage qui me vaudrait certainement un nouvel séjour à l'infirmerie. Oui oui, mon corps avait marre de subir les trous, les brûlures et les coups. Avec le temps, à force de me voir persécutée par des personnes aux pouvoirs démesurés, j'ai même perdu l'ivresse des combats... enfin, en théorie. Comment ça ? Eh bien je me bats sans conviction et c'est au cours du combat que je commence à m'amuser. Oui, le genre de flemmarde qui ne veut pas aller au cinéma mais qui au final apprécie le film à condition qu'elle convainque sa flemme de se dissiper.

- Allons y avant qu’une autre personne ne nous surprenne.

Ouvrant les yeux, entendant son rire remplir la salle, je restais sur ma faim. Grognant de frustration en reboutonnant ma chemise pendant que Yume m'apportait ma veste, je la regardais de travers tout en enfilant le tout. Tandis qu'elle se saisit de ma main pour me traîner en dehors de la classe, ma frustration se dissipa peu à peu en me rendant compte de l'heure qu'il faisait. Bientôt les classes se rempliraient pour une après-midi saoulant et j'avais moyennement envie de me faire surprendre par des Secondes excités, à moitié nue me faisant tripoter par Black rock Shooter. Vous voyez le ridicule de la scène ? Inimaginable. Franchement, c'était compliqué tout cela.

Suivant ma compagne du jour dans les couloirs bondés par les élèves, je me rendis compte avec une certaine gêne mêlée de soulagement que tout le monde se décalait à notre passage. C'était bien pour moi, au moins je n'aurais pas à grimacer à gauche et à droite quand un individu x se trouverait trop près de ma silhouette, mais d'un autre coté, notre trajectoire était suivie des yeux et des chuchotements ambiguës. Mal à l'aise, il ne fallut que d'un sourire de Yume – que je lui rendis d'ailleurs- pour que toute gêne disparaisse et que je la suive le cœur léger en dehors du bâtiment principal. Cette femme était vraiment incroyable.

- Tu as décidée où nous allions maintenant ? 

Question ponctuée par une voiture fraîchement matérialisée. Souriant jaune quand elle m'ouvrit la portière, je cachais mon visage dans l'écharpe pour échapper au froid. Elle, conduire ? Ce n'était pas la première fois que je montais avec en voiture, et ce serait une chose que j'aurais préférée ne pas me rappeler. Soupirant plusieurs fois tandis que le moteur était déjà près à faire un bon de cinquante mètres, je me décidais à rentrer dans le véhicule, peu rassurée. Mettant bien ma ceinture, je lui attrapais le poignet pour lui dire -avec tout le sérieux du monde- d'y aller doucement.

- Vu que tu as gagné... Un resto' au centre-ville, je t'indique le chemin.

Prenant mon rôle de guide à cœur tandis que la conductrice faisait de son mieux pour suivre mes directives, je faisais des grands gestes des mains sans oublier de bien gueuler quand elle -ou plutôt moi- se trompait de chemin. Après une longue traversée de la ville, nous arrivâmes enfin devant un joli bâtiment dans les tons sobres. Demandant à ce que l'on s'arrête, je n'attendis pas plus de temps pour descendre du véhicule et d'attendre mon amie à l'extérieur. Lui demandant de me suivre d'un signe de la main, je m'engouffrais à l'intérieur de la bâtisse. Un serveur accourant à notre entrée, nous pûmes rapidement s'installer à une table tranquille dans un coin de la salle. Menu en mains, je me décidais enfin à lancer un sujet quelconque.

-J'espère que tu aimes la nourriture thaï... mais après tout, t'aimes tout toi. Choisi ce que tu veux, je paye.

Lui lançant un clin d’œil, je me plongeais dans mon menu à la recherche d'un nom, d'une appellation familière afin de ne pas prendre je ne sais quoi à manger. Ce serait triste que je tombe sur du chien n'est-ce pas ? Quoi que, manger des sauterelles et ce genre de trucs, était assez commun dans les pays asiatiques... Non, je n'ai jamais goûté la viande provenant d'un chihuahua. Je crois... Non, non, j'en suis certaine ! Tombant sur un plat pouvant rentrer dans la catégorie seine et traditionnelle, j'attendis qu'un serveur vienne prendre notre commande. L'appelant au bout d'une certaine minute trop longue pour mon estomac réclamant justice, je passais commande en attendant que Yume choisisse elle aussi. L'homme parti après une courbette de politesse, je me plongeais dans la contemplation des lieux.

-Tu sais, la Terminale, en même temps c'est mon but, mais je me dis que ça va être la galère pour les cours. En y pensant, je retarde toujours les examens de la Première, donc bon... Si tu veux me voir râler au cours, je t'en prie. Mais j'avoue que toi en prof... En tout cas, je n'aurais manqué aucun de tes cours heh ~

Tout cela avec un sourire douteux sur le visage. Non mais, même si cela ne plairait pas à beaucoup d'avoir Yume comme enseignante, moi personnellement, je trouverais cela trop -mais trop- intéressant. Rien qu'à y penser, j'étais prête à suivre le pire cours de l'Académie pour cela. D'ailleurs que voudrait-elle enseigner si elle se décidait finalement à passer le stade de la Terminal ? Je la voyais bien en professeur de matérialisation, mais ne serait-ce pas trop généraliser ses capacités ? Après tout, elle était excellente dans chaque matière. Parlant cours... Devrais-je lui dire que -même les souvenirs effacés- je gardais mes mauvaises habitudes de sécher mes cours pour picoler à gauche et à droite ? Non plutôt pas. Et de toute façon qu'est-ce qu'elle en avait à faire... ? Justement trop, et j'avais comme l'impression que ma vie sera bien chargée en événements chaque fois que je sortirais de ma chambre. Pourquoi ? Parce que après la déclaration de Yume en mode « t'es mon amie, on couche parfois ensemble, je t'aime, alors fais attention à tout ce qui t'approche, sinon tu risques de ne plus retrouver la tête d'un tel ou d'un tel », il me sera presque impossible de ne pas passer des heures à paranoter. Oui, Kuroi était effrayante quand elle s'y mettait à fond et dans un sens j'adorais cela... Sauf peut-être tous les fois où j'ai failli perdre la vie à cause de sa façon violente d'exprimer ce qu'elle pense. Non, non, je ne suis pas rancunière.

- Quoi qu'il en soit, je préfère t'avoir près de moi de cette façon que ne plus pouvoir t'approcher en tant qu'amie. Heh, nos retrouvailles se passent bien, tu ne trouves pas ?

Lui tirant la langue de ma façon gamine d'agir quand une situation me mettait dans l'embarras, je vis du coin de l’œil que le serveur arrivait avec nos plats. Prête à déguster, je laissais un moment de flottement s'installer, tout en jouant avec mon collier. Oui certains avaient tendance à s'occuper les mains en trifouillant leurs cheveux, moi c'était cette chose qui me pendait jour et nuit au cou. D'ailleurs, devrais-je lui dire pour cela aussi ? Après ma mini crise de ce matin ? Difficile à dire, après tout je ne lui ai rien révélé avant de perdre mes souvenirs, je n'allai pas le faire maintenant que tout se remettait parfaitement en place. Ben ouais, je pouvais régler mes problèmes toute seule, comme je l'ai fait pendant ces deux mois. Il ne me restait qu'à trouver Akiha et de lui demander conseil. Ha ha... En parlant des sciences, là étrangement tous mes points sont remontés. Mais d'un autre coté, pas difficile avec une folle schizophrène aux manières douteuses qui te tourne autour quand tu as moins qu'un A à ses contrôles. Bon sang, rien que pour cela je redoutais la Terminale.

- Bon appétit, Yume !

M'attaquant au plat, je goûtais aux saveurs épicées qui se présentaient à mon palet. C'était quand la dernière fois que je suis venue ici ? Certainement à moitié affamée et bourrée, un jour quelconque. Ouais. Non ? J'en sais plus trop rien. Couverts en mains, lançant de temps en temps un regard amusé à ma chère compagne, je tournais légèrement la tête sur le coté pour lui demander quoi.

-Tu veux qu'on fasse quoi après ?

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Dis le moi, et je te le dirai.   Dim 3 Fév - 17:29

Le moteur gronda, les pieds sur les pédales, je suivais le chemin énoncé par Kaïla silencieusement. Riant ou plutôt souriant à ses dires tiers quand elle m’annonça qu’elle serait l’heureuse payeuse de notre repas. Non pas que j’étais radine, loin de là avec sa personne mais je ne me privais jamais de me faire inviter, du moins quand j’étais en bonne compagnie. Arrivant rapidement -après avoir attenté à la vie d’une dizaine de personnes- dans ledit restaurant de son choix, je la suivis en dehors de la voiture après avoir garé celle-ci juste devant la bâtisse surplombant ma personne.

Un restaurant. Asiatique. Un serveur. Parlait-il japonais ? Sans doute, mais en même temps j’en doutais quand ses mots traversèrent ses lèvres. En terme clair, je ne comprenais qu’à moitié ce qu’il disait, son accent dit étranger était tellement puissant que le japonais se faisait bouffer sous ses « Aaaa » et ses « Heeeewu ». Incompréhensible n’est-ce pas ? Pourtant Kaïla avait l’air de le comprendre, tellement bien qu’il nous amena à une table pour deux à l’écart sous les demandes de Kurayami. Entre illettrées, se comprenaient-ils ? Haha. J’étais méchante, je ne pensais qu’à moitié ce que je me disais. Du moins, je ne formulerai pas cette pensée à voix haute ?

-J'espère que tu aimes la nourriture thaï... mais après tout, t'aimes tout toi. Choisi ce que tu veux, je paye.

Non, sérieusement ? Nous étions dans un restaurant thaïlandais ? Je ne l’avais pas remarqué ! Et bien dit donc ! Haha. Souriant jaune à ses dires en me disant « Oui, j’aime tout » sauf la bouffe thaï, je ne relevais pas ses dires pour finalement plonger ma tête dans la carte. Le blanc, je ne comprenais pas ce que je lisais, stressée ? Ca m’arrivait, surtout quand je ne savais pas ce qu’il y aurait dans mon assiette et encore moins de quel animal pouvait provenir la viande de leur … pseudo nouilles ? Haha. Choisir, choisir … Quand on y connaît rien, je suppose qu’on regarde selon les illustrations, et quand il n’y en a pas, on fait comment ? Chose simple, on prend la même chose que sa partenaire. Et c’est ce que je fis sans plus attendre quand le gentil serveur vint à notre rencontre pour nous demander ce que nous désirions … « la même chose avec une bouteille de vin ».

-Tu sais, la Terminale, en même temps c'est mon but, mais je me dis que ça va être la galère pour les cours. En y pensant, je retarde toujours les examens de la Première, donc bon... Si tu veux me voir râler au cours, je t'en prie. Mais j'avoue que toi en prof... En tout cas, je n'aurais manqué aucun de tes cours heh ~

Levant les sourcils à ses dires, je me remémorais le fait que Kaïla était une nouille dans ses cours. Était-il seulement possible qu’elle obtienne la moitié pour passer en terminale ? Oui, oui si je m’en mêlais. Et qui dit s’en mêler, disait aussi passer du temps avec elle pour lui faire comprendre que « Bonjour » en français ne voulait pas dire « Au revoir » en japonais. Étrange ? Non, non pas quand vous êtes moi et que vous avez une pseudo écervelée comme étudiante … Je mens, elle n’était pas si nulle que ça, je voulais juste me sentir … indispensable ?

Haha. Et c’est là que toute moquerie disparu quand je vis son sourire certain sur les lèvres, manquer un de mes cours disait-elle ? Haha, pourquoi donc ? Je connaissais la réponse, cela allait de soi … Après tout, elle s’amusait avec moi, mais il fallait savoir aussi que mon comportement en privé et lors d’un cours que je lui attitrerai, je ne serai pas tendre, douce et aimante. Non, mode Iceberg reviendrait pour lui coller un « E » si elle ne suit pas attentivement mes directives. En terme clair, à part le côté pervers de moi en enseignante, il n’y avait pas grand-chose d’autre qui pourrait attirer sa convoitise, n’est-ce pas ?

En même temps, c’était déjà tellement que … Awh. Pour quand ma demande en tant que professeur ? Haha. Blague à part, le pourrai-je seulement ? Si je devenais enseignante, qui serait la présidente du conseil ? Et l’arène, serait-elle toujours mienne ? L’arène … Jamais, jamais je ne saurai m’en défaire, elle était mon monde, après tout. Rha ! Tant de questions pour si peu de réponses concrètes.

- Quoi qu'il en soit, je préfère t'avoir près de moi de cette façon que ne plus pouvoir t'approcher en tant qu'amie. Heh, nos retrouvailles se passent bien, tu ne trouves pas ?

Je ne compris pas ses premiers dires, que voulait-elle dire par ne m’avoir que comme simple amie ? Non, je ne percutais pas, mais cette nouvelle énigme restait en suspens pour le moment, oui, j’avais mieux à entendre et à faire d’ailleurs. Attrapant sa main doucement tout en venant titiller sa jambe de mon pied avenant, je lui accordais à mon tour un sourire en disant long sur ma pensée. Oui, nos retrouvailles ne pouvaient être mieux, un combat, un coma et finalement des folies perverses. Que demander de plus ? Une discussion que nous eûmes, courte mais présente.

Après tout, j’avais compris mes erreurs et elle les siennes, pouvons-nous nous dire être quitte ? Je ne savais pas, pas pour le moment, c’était trop tôt après tout mais en même temps nous étions sur une bonne voix, il ne fallait que nous regarder pour comprendre que le lien que j’eus tant de mal à détruire était, finalement indestructible. Âme sœur disions-nous ? Amusant.

- Bon appétit, Yume !

Me reculant pour accepter mon plat en répondant aux dires de Kaïla, je regardais songeusement mon plat avant d’oser planter ma baguette dans ce qu’il semblait être de la viande. Ouvrant la bouche, je ne bougeais plus. J’allais mourir, oui, j’allais mourir à cause de cette nourriture inconnue … C’était juste, horriblement bon. Tellement bon que des étoiles fusaient de mes yeux et qu’il ne me fallut pas longtemps pour que mon assiette se vide -oubliant presque la présence de Kiwi tellement que j’étais absorbée par la nourriture-, j’ignorais sa question « royalement ».

- Je ne m’attendais pas à ça, finalement tu as raison, j’aime tout.

Lui adressant un sourire en attrapant mon verre de vin que je vidais d’une traite, je posais mon coude sur la table pour finalement y déposer ma tête. Regardant attentivement Kiwi manger, je n’attendis pas un instant de plus pour formuler mes dires prochains ;

- Je te donnerai des cours, comme avant. Tu réussiras et si ce n’est pas le cas, tu subiras les châtiments de ton échec.

Lui adressant un sourire en arquant parfaitement les lèvres, je ne me retenais pas de lui envoyer des piques. Après tout, n’était-il pas de mon honneur que reposait sa réussite ? Si elle perdait, en plus de sa personne, moi-même je serai humiliée ! Oui … ou pas. Mais en même temps, Kaïla ne ratera pas. Non, je refuse. Quitte à aller soudoyer la multitude de professeurs qu’elle avait … Soudoyer ? De mes poings, sans doute. Haha.

- Bon, et si on continuait notre discussion ailleurs ?

Me levant en l’invitant à faire de même, je lui accordais un nouveau sourire en lui posant la veste sur les épaules. La prenant dans mes pas en direction de la sortie, j’attendis que le serveur vienne à son bar pour qu’on le paye. Une fois fait, que faire d’autre ? Le regarder dans le blanc des yeux en lui disant d’apprendre le japonais ? Non, partir, partir de cet endroit dit chaleureux qui nous accueillit une petite heure, heure de ravitaillement et de contentement. Ouvrant la porte à Kurayami -polie et serviable que je puisse être-, je l’invitais à rentrer à Undai. Le retour fut plus rapide que l’allée, à dire si j’ai vu le temps passer lorsque j’évitais de heurter les gens et les façades, oui … conduire n’était toujours pas mon fort, même si j’ai traversé le Japon et d’autre pays, je restais un danger public.

Arrivant à Undai, la voiture se dématérialisa en même temps que je lui fis dos et que je demandai à Kaïla de me suivre en direction des dortoirs. Nos pas s’enfoncèrent dans la neige alors que je ne me retenais de lui sortir des vannes sur les hivers précédents -ainsi que le nombre de fois où j’avais réussi à me retrouver les fesses au sol-, sous nos rires, nous arrivâmes rapidement au chaud, chez nous, dans notre bâtiment qui accueillait nos personnes, nos chambres. Plus j’avançais, plus l’envie de lui demander de poursuivre notre discussion dans ma chambre me tentait, chambre que je trouvais vide sans sa présence, chambre que je voulais que nous partagions de nouveau. Notre … chez nous.

Lui attrapant la main en arrivant devant ma porte, je la traînais dans mon lieu de repos avant de claquer la porte derrière nous. Instinctivement, chaudement ou follement, je ne me retenais plus de venir titiller sa personne de mon corps. Compressant sa personne entre la porte et mon buste, je lui arrachais des baisers, des caresses, des soupirs … Pourquoi, pourquoi donc une telle ivresse ? Je ne savais pas, et ce fut presque à contrecœur que je me reculais d’elle après ces baisers torrides, il fallait que les limites soient de retour … Non, je n’en voulais plus de ces limites et de nos retenues, « Exprimer nos sentiments », n’était-ce pas ce que Undai offrait aux élèves ? Si, et ne serait-ce qu’un instant, je voulais être normale.

Me dirigeant vers la cuisine, je sortis un alcool digestif de mon frigo et nous versai deux verres dans lesquels la glace pilée avait déjà pris place. Me dirigeant vers le fauteuil dans lequel je pris Kiwi comme coussin attitré, je lui demandai, dos à sa poitrine, tête contre son cou ;

- Reviens ici, je n’aime pas quand tu n’es pas là.

Gamine ? Non … « amoureuse ».

END

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