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 Puis-je, emprisonner ta personne à la place de ton coeur ?

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Dead Master

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MessageSujet: Puis-je, emprisonner ta personne à la place de ton coeur ?    Mer 23 Jan - 23:17

Une dernière phrase. La seule et l’unique et elle disparut de mon bureau. Aurais-je dû la retenir, lui dire que j’effaçais cette ardoise tachée de ses erreurs aussi simplement que quand elle ouvrit la porte pour disparaître de mon champ de vision ? Non, j’étais la directrice et il était mieux qu’elle s’en aille. Pour l’école, pour les élèves, pour Yume ... Pour moi. Idioties. Oui, c’était affreux, dès que la porte claqua un vide se fit sentir en mon être. Cela n’était pas arrivé depuis longtemps, après tout la mort se contentait d’elle même non ? Faux, cela était faux. Sans la vie, la mort n’avait lieu d’être et elle, Akiha était devenue ma … ma lumière dans ces ténèbres fulgurants que m’avait apporté la création de Undai. J’étais … mal. Mal d’avoir rogné celle qui fut un divertissement, une amante et des plaisirs incessants … Pourquoi, pourquoi devais-je le faire ? Pour mon honneur, pour montrer que non, je n’étais pas le jouet mais bel et bien le maître. Étais-je si horrible que cela ? Oui, je l’étais.

Les minutes découlèrent au rythme des heures, mes yeux restèrent rivés sur des papiers dont je n’arrivais à comprendre le sens tellement mon esprit se ressassait mon entretien avec la jeune scientifique que je venais de mettre à la porte. Les mots se mélangèrent dans les phrases, les phrases se perdirent dans cette étendue de blanc qui recouvrait les feuilles. La chercher. Lui dire que je l’aimais encore. Lui rappeler qu’elle m’était indispensable … Faux, je savais me passer d’elle, mais mon cœur, du moins ce qu’il restait d’humain en moi, pouvait-il se passer de cet amour naissant, débordant et que dirais-je de plus ? Fou ? Il le fallait. Mais en même temps … Non, je devais rester forte.

- T’as l’air aussi dépité que moi. T’as perdu ta bouteille de Whisky ?

Levant le regard pour croiser un azuré, un soupir traversa mes lèvres en même temps que ma tête fit un signe négatif de la tête. Tellement absorbée par mes pensées, je n’avais même pas entendu son arrivée, depuis quand étais-je devenue si vulnérable ? Non, je ne l’étais pas. Yume était une exception à la règle, préférais-je dire. Me levant en laissant un rire joyeux traverser mes lèvres, je m’approchais de mon petit agneau pour venir enrober son corps de mes bras protecteurs, me perdant dans son cou en humant son doux parfum, je m’étonnais que celle-ci ne me repousse pas. Restant un instant ainsi en approfondissant le dit câlin quand ses bras vinrent se poser autour de mon corps, je fermais les yeux, laissant mes sentiments prendre le dessus sur le monstre que j’étais. Arrivant même à savourer la chaleur de mon enfant me berçant … Yume, pourquoi devais-tu arriver à des moments comme ceux-ci ?

- Dépitée est trop faible, déprimée dirais-je. Se passe quoi ?

Avec autant de charme qu’elle pouvait avoir, elle me recula légèrement pour plonger ses pupilles dans les miennes. Qu’allais-je lui dire ? Maaah, rien du tout Yume-Chan, je n’ai fait que virer Akiha-Chan ~ Non, lui dire cela revenait à être aussi douce qu’un bulldozer abattant un immeuble. En d’autres mots, être comme celle qui me faisait face, un vilain toutou montrant ses dents en aboyant à la place de parler. Un soupir de plus et me voilà me détacher complètement de sa personne pour venir me perdre près de ma baie vitrée -nouvellement reconstruite- en laissant ma vision se balader sur le paysage se dressant sous ma vue. Un ange passa, un deuxième et peut être même que j’ai eu le plaisir d’entrevoir les portes du paradis.

- Elle est partie ~

Aussi simple que cela. De mon ton mielleux, j’avais dit cette unique phrase alors qu’un rire moqueur traversa les lèvres de mon chef-d’œuvre. Un rire moqueur, non, je décrirais celui-ci entre angoissé et … curieux peut être. De là à savoir d’où venait une quelconque angoisse, il ne fallait pas creuser plus loin pour savoir qu’après le départ d’Akiha j’allais être insupportable … à ma manière. Comment ? Et bien je pourrai m’immiscer encore plus dans la vie de mon enfant, venir chambouler la vie de certaines autres personnes, laisser toutes mes responsabilités de directrice ou encore mieux, éradiquer quiconque poserait un regard trop prétentieux sur ma personne ~ Ce genre de choses pouvant faire vivre un enfer à Black Rock Shooter en somme ~

- Te demander qui, serait aussi stupide que de te demander si tu fais des colorations dans tes cheveux pour leur donner ce reflet vert. Mais en même temps, la subtilité n’a jamais été mon fort … Alors, pourquoi ?

Sur le coup, je ne sus m’empêcher de rire à ses dires, levant un sourcil presque amusé à son monologue, je la toisais du regard avant de le déposer à nouveau sur le paysage. Pourquoi … parce que je l’avais mise à nu, parce que j’avais arrêté de me voiler la face et parce qu’elle ne m’aimait pas. Oui, elle ne m’aimait pas … faux et vrai. Je ne savais toujours pas si il y avait ne serait-ce qu’une parcelle d’amour dans son cœur pour ma personne. A dire vrai, je le savais depuis le début. Que son admiration envers ma personne se transformait en amour, que cet amour s’était fait bouffer par son envie de connaissances, que cette même ivresse de savoir venait se faire surpasser par celui du pouvoir. Les humains, des êtres si vulnérables.

- Parce qu’elle ne m’aimait pas ~

Un autre rire et voilà qu’un soupir aussi long que la brise soufflant dehors parvint à mes oreilles, elle le savait elle, qu’au final, seule Yume savait combler ma personne. Mais Yume-Chan ne m’avait-elle pas rejetée d’une manière ? Si, elle n’avait pas accepté … cet amour véritable que je lui portais. Préférant me haïr que supporter le poids de mes sentiments ~ Dieu, étais-je une victime ? Oui, celle qui se voyait victime à force de s’entourer de briseuses de cœur.

- C’est mieux ainsi. Tu le savais non ? Et puis, tu n’as pas besoin d’elle non plus.

Et ce fut sur ce dire qu’elle s’en alla aussi sèchement que l’avait fait Akiha. « Je n’ai pas besoin d’elle. » Faux. Mais vrai. Tellement que ma tête me torturait encore plus, me perdant dans un songe qui n’aurait jamais une fin réelle . Mais que faire ? Partir en courant de mon bureau pour aller la rattraper et lui dire que non, qu’elle devait rester et que moi, je devais … continuer à souffrir ? Akiha, l’autre Akiha oui, l’appeler pour obliger ma Akiha à revenir … Non. Lui rendre sa liberté et arrêter de la manipuler … C’était déjà fait, puisqu’elle n’avait plus sa boucle … Y avait-il un autre moyen pour la joindre sans me déplacer et … Non, j’abandonnais. Maaah, pensez-vous que je me laisserai si vite décourager ? ~

Non. Je suis Ayame, mais je suis avant tout Dead Master. Sortant donc de mon antre, je me décidais d’aller rattraper Yume. Pourquoi ? Parce que je voulais distraction maintenant que je savais que mon ancien jouet renvoyé ne serait plus me satisfaire ~ Et c’est donc ainsi qu’en sentant sa présence non loin, que je me dirigeais vers sa personne avant de m’arrêter au tournant du couloir. Regardant la scène devant moi avec un léger sourcil levé, je fis un pas un avant, avant de me raviser.

Devant moi, oui, devant mon unique personne se trouvait Yume. J’aurais pu crier, rire, la prendre dans mes bras mais rien, je ne bougeais pas, ne laissant qu’un sourire traverser mes lèvres alors qu’un craquement sourd retenti dans le couloir. Un bruit de giclement et un soupir agacé. Un croisement de regards, un « QUOI ?! » Présageant rein de bon et … des intestins, beaucoup d’intestins ~ Mais que se passait-il me demanderiez-vous ? Et bien je ne saurai vous répondre pour le moment, à dire vrai, je ne savais ce que faisais Yume les mains plongées dans le ventre d’une étudiante et encore moins pourquoi ledit corps de l’inconnue se retrouvait en lambeaux et que son pouvoir diminuait … encore, et encore. Oserai-je demander ?

- Si tu comptes la tuer je te prierai de le faire dans l’arène mon cœur, ici tu risquerais de tacher le pavement … quoi que, il est déjà tellement sale ~

Un ricanement et je m’avançais enfin, m’arrêtant alors que Yume continuait sa popote sans se soucier de ma personne en renfonçant les boyaux de la fille dans son ventre, j’eus un sursaut quand ladite morte eut assez de force pour venir agripper la gorge de mon enfant et que ma dite chérie se voit dans l’unique recourt de … de lui empoigner le cœur pour le retrouver dans ses mains. Haha. Jouerait-elle au cardiologue après avoir fait la bouchère ?

- Boum, boum, il bat encore, n’est-ce pas magnifique ? Maaah … courte durée, il ne bouge déjà plus ~

M’accroupissant pour venir tapoter la tête de Yume, je lui adressais un sourire maternel avant de lui dire avec la plus grande des gentillesses de ramasser ses déchets et de ne pas oublier d’appeler quelqu’un pour le ménage. Lui avisant par la même occasion de se doucher ~ Vous savez, les traces d’un combat et l’odeur de sang n’ont rien de sexy ~ Me relevant en tournant les talons vers la sortie, je lui adressais un dernier gloussement avant que le vent extérieur ne vienne chatouiller mon visage. Un soupir sans grande motivation et me voilà à fixer un pont que je voyais tous les jours, sans avoir pris le temps de vraiment le traverser « à pieds » ne serait-ce qu’un instant. D’un pas décidé à accomplir quelque chose, je marchais jusqu’à son bout avant de m’arrêter et de me retourner, admirant donc ainsi mon établissement … Akiha. Avait-elle déjà quitté le pont ? Était-elle déjà loin d’ici ? Non, sa présence était toujours … perceptible pour ma personne. Approcher. Elle ne faisait … un bruit de voiture et je vis un taxi se garer à côté de ma personne, le chauffeur descendit et me salua.

- Ketsuki Akiha-Sama ? Vous n’avez pas de bagages ?

Ah ? Si cela n’était pas plaisant ~ Il me prenait pour elle ? Et ce fut après un signe de négation qu’une fois dans son dos, je lui brisais la nuque avant de le balancer dans la baie. Pourquoi ce geste ? Aucune idée. Un claquement de talons et je retournais vers mon établissement, le regard plongé dans la vision devant moi, mon cœur manqua un battement tout de même en voyant Akiha. Aucune expression, nullement un sourire et encore moi un quelconque mot et je passais à côté d’elle, faisant complètement abstraction de sa personne ... Douleur. Me retournant un instant après m’être arrêtée, je levais les yeux vers sa silhouette avant de … de je ne savais que faire. La tuer ? « Fais le. » .

- Tu devrais appeler un autre chauffeur mon cœur ~ Le précédent a eu un souci en se garant ~

Du sarcasme. Pourquoi ? Pour qu’elle me regarde une dernière fois et que je vois le regret dans ses yeux ? Ou alors pour lui dire de revenir et que j’oubliais tout ? Trahison. Je ne le pouvais parce que je me trahirai de cette manière, moi et tous mes principes. J’étais Dieu, j’étais la reine et non pas une personne qu’on pouvait amadouer … Oui, j’étais Dead Master … Mais j’avais quand même ce qu’il me restait d’humain dans ma poitrine. La seule chose qui me fit avancer et capturer Akiha dans le creux de mes bras, logeant instinctivement ma tête contre son front pour venir lui voler un doux baiser les yeux légèrement plissés. Je l’aimais, tellement, je l’aimais à en mourir, je l’aimais à lui pardonner, mais je la haïssais assez pour la faire souffrir.

- Je ne te laisserai pas partir, mais maintenant, je ne te laisserai plus le choix non plus ~

Un pas en arrière, la trace de ma main sur sa joue et un dernier sourire. Tournant les talons, je lui fis un signe de la main de me suivre, la faire quitter Undai ? Mais qui allait donc devenir mon jouet sexuel si elle partait ? Ce serait du gâchis, pour moi et mon minou ~ « Vulgaire et bête ». C’était ce que ma tête me hurlait à cet instant précis, oui je me mentais en préférant me voiler la face plutôt que subir une fois de plus cette déchéance que mon amour pour elle m’avait fait subir. Oui, se préserver en se disant ne pas aimer quelqu’un pour ne plus se laisser baratiner et pour finalement ne plus souffrir ? Jamais. Jamais je n’y arriverai. Je l’aimais, trop. Tellement que je ne pouvais réagir aussi simplement en sachant pertinemment que face à mes dires, Akiha n’allait faire qu’une chose. Fuir. Et avant que cela ne se produise … Kufkufkuf ~ Un pas sur le côté et son cou craqua. Lui briser la nuque n’avait pas été si facile depuis si longtemps, peut être ne s’y attendait-elle pas ? Maaah, j’adore être imprévisible ~ Et c’est après un léger ricanement que je l’attrapais avant qu’elle ne s’effondre sur le sol, telle une mariée, il fallait l’amener dans un endroit sûr ~

Et ce fut donc pour cette raison là qu’elle se retrouva sur ma table de dissection dans mon labo, le métal froid contre son corps alors que ma personne tournait autour d’elle d’un air curieux. Un dernier rire et me voilà occupée à matérialiser un nouveau cristal pour sa personne, non, je ne pouvais pas la laisser fuir, oui, il fallait qu’elle reste avec moi, qu’elle me comble, qu’elle m’aime et que ~ Un fin bout d’argent passa sur son annulaire et je ressentis l’ivresse de son monstre se fondre en moi, Dieu, même cette ordure m’avait manquée ! Un nouveau sourire charismatique sur les lèvres et la pierre vira à l’orange ~ Il ne manquait plus qu’une chose alors que mes oreilles se firent envahir par les dires d’une Akiha monstrueusement inquiète et que mes doigts ne retentissent dans le labo. Un claquement et les yeux de ma charmante déesse se rouvrir, magnifique. Devrais-je … retirer les sangles qui lui laceraient les poignets ? Non, elle s’enfuirait, je lui ferai jurer de ne pas partir avant de les lui retirer ~

- Bonjour mon amour, tu as bien dormi ? ~

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Puis-je, emprisonner ta personne à la place de ton coeur ?    Dim 3 Fév - 19:00

Mon âme était en vrac, mon corps n'était que le semblant de ma prestance naturelle et tout mon être ne brillait plus de sa gloire et suffisante bienveillante, je n'étais plus rien, rien que l'ombre de moi-même. « Belle métaphore ». Même mon mauvais coté -toujours aussi sarcastique certes- n'était pas d'humeur à montrer son savoir meurtrier. Nous n'étions que deux spectres dans un seul corps qui s'échappaient de la vie monotone qui les attendait. Maintenant, tout était perdu dans les limbes de la simplicité, toutes les routes m'étaient obstruées, tous ces chemins dégagés n'étaient que sentiers difficiles à présent. Oui, maintenant que j'ai perdu mes pouvoirs rien ne serait aussi évident, aussi facile et surtout, si efficace. Tout était déchéance à présent. Et le pire dans tout ce conte macabre, ce n'était pas le fait d'être moins puissante, ou encore, de ne plus pouvoir être deux entités distinctes, non... C'était surtout à cause des circonstances abjectement ridicules qui m'ont poussées à tout dévoiler sans moindre conscience, qui me rendait aussi dépitée. Une idiote. Voilà le terme qui me décrirait avec la plus grande des précisions dans ce monde vicieux. Croire que j'étais une de ces vipères sachant jouer des autres, les manipulant avec aisance pour parvenir à ses buts. Pourtant, je suis tombée sur mon modèle qui avait encore tant à m'apprendre, qui était tant au-dessus de tous, au dessus de ma personne, cette même dame qui est tombée dans mon piège tissé inconsciemment... Et j'ai tout gâché, prétentieuse que je pouvais l'être, j'ai cru un instant trop fort, que je pourrais avoir ce que je voulais quitte à tout dévoiler. Une erreur, une grave boulette qui m'a coûté mon poste, mon pouvoir, ainsi que l'amour que me portait cet être supérieur à tout ce qui existait et qui jamais n'existerait. J'ai joué un jeu trop compliqué entre bluff et vérité, et voilà où cela m'a mené... à faire mes cartons, abandonnée et insignifiante. « Tu dramatises quand même beaucoup les choses, Akiha ». Certes, d'un autre coté, je pouvais toujours retourner dans cette vie que je me suis forgée pendant des longues années, dans ce monde banal ou mon nom était connu et apprécié. Même si je ne serai pas aussi performante que je l'étais avec mes deux mains maléfiques, je ne resterai pas moins un prodige de la médecine apte à relever tous les cas, même ceux les plus improbables. Oui, finalement, rien n'était complètement perdu, même si je savais, sans me voiler la face à présent, que si je vivrai heureuse, tôt ou tard Undai se ferait entendre dans mon dos sous le nom de Dead Master-Sama, cette femme qui -j'en étais certaine- viendrait me rendre visite pour bafouer mon nom dans le milieu professionnel, assez bien pour que je me retrouve anéantie et dépourvue de tout moyen de vivre. J'ai déjà vu la directrice de Undai en colère, je l'ai déjà vu épargner certains des insolents ayant placé ses pattes sur son chemin, tout cela avec sa clémence légendaire. Mais qu'arrivait-il par la suite à ces imbéciles heureux s'étant cru à l'abri ? Ils se voyaient tout perdre, au point de se suicider eux-mêmes. Je ne voulais pas finir comme cela, j'avais encore tant de choses à faire dans ce monde, j'étais douée et je ne voulais pas gâcher cela. Mais trahir Dead Master-Sama était comme se tuer à petit feu, et rien ne pouvait stopper ce processus.

C'est consciente de tout cela que je faisais mes valises, prenant grade à ne pas tomber sur des étudiants trop avenants sur mon chemin. Tel un rat... Voilà ce que je valais entourée de ces êtres qui, un jour, deviendraient supérieur à la moyenne. Des grands hommes... Enfin, ceux qui survivraient, bien évidement. Et moi, dans ce monde peuplé par des êtres théoriquement invincibles, je ne serais qu'une expérience ratée et fort regrettée. Une poussière qui s'est trop approchée d'un aspirateur se croyant invincible, et qui finalement se retrouve au fond d'un tiroir enterré et oublié. Je me sentais ainsi, c'est-à-dire, mal. Entre deux cartons de mes affaires, j'essayais de ne plus trop me poser sur mes remords et de continuer ma vie, comptant chaque minute, chaque seconde en espérant voir la directrice m'accorder une nouvelle chance de me racheter. Mais finalement que pouvais-je espérer de cette femme qui m'a donné le pouvoir et les moyens pour développer mes connaissances, sans oublier toute sa bienveillance ? Rien, je n'avais droit à plus rien de sa part. Elle m'a déjà tant donné pour que je bafoue le tout en un claquement des doigts. Maintenant il ne me restait qu'à prier de sortir de cette école sans moindre encombre. « L'espoir... Cela ne sert plus à rien. » Toujours aussi fataliste. Mais il était vrai que le mieux que j'avais à faire, était de partir sans laisser de trace, de me terrer dans un trou à rat au fin fond de la Sibérie, ou alors quelque part en Afrique à sauver les petits noirs de la misère et de la maladie. Oui, mais... Non, il n'y avait pas de 'mais', j'avais toujours des gens sur qui me rabattre pour finaliser un départ soudain sans billet de retour. Voilà. C'est ainsi, avec des projets d'extradition rapide, que je préparais mes cartons discrètement, oubliant de dire au revoir à mes collègues ou encore de visiter la dernière fois ce qui était mon antre de prodiges -tel que l'infirmerie ou le laboratoire-. Non, je n'avais aucun droit de m'attarder dans cet institut, et je n'allais pas tenter ma chance déjà si mince, certainement pas pour le moment de nostalgie teinté de regrets.

À chaque détour du couloir, j'avais peur -mais aussi j'espérais- croiser les billes vert forêt d'Ayame-Sama, à chaque respiration je voulus la voir débarquer dans mon champ de vision pour me dire que, finalement, elle a revu les pours et les contres, et ne me vire pas. Ou alors qu'elle me rende mes pouvoirs... Mais rien, une journée entière à arpenter les couloirs avec conviction et stress, sans moindre résultat. Me voici donc maintenant, un sac à main rempli d'affaires sous le bras à traverser l'ultime couloir des dortoirs pour arriver dans ma chambre où je me laissais vaguer au rangement. Mes affaires personnelles ? Pas grand-chose, quelques vêtements installés dans une valise, quelques babioles technologiques et l'ultime dernière chose à faire. Appeler. Appeler le taxi pour qu'il vienne me chercher à Undai et me conduise jusqu'à l'aéroport de Kyoto. Appeler Keitaro pour lui signaler mon retour soudain dans la ville de Tokyo. Appeler l'hôpital de Kyoto pour leur signaler ma regrettable démission. Appeler mes contacts pour demander s'il n'y aurait pas de place dans un centre humanitaire. Appeler pour mieux s’effondrer, pour mieux ressentir le plus grand échec de mon existence.

Quelques heures plus tard, les bagages bouclées, le taxi appelé, les cheveux blés lâchés au vent pour masquer l'inexistence de ma boucle de pouvoir, la conviction de refaire une vie revigorée, je traînais mes valises à ma suite à travers les dortoirs sous les regards suspicieux des étudiants. « Forte. Sois forte. » Une froideur glaciale sur le visage ne montrant aucune expression, au fond de moi, je me disais que mon ombre était courageuse, ne cédant pas à ma mélancolie pour me soutenir. Oui, nous formions un couple parfait, nous nous complétions à merveille. Quand une se laissait aller, l'autre était là pour la soutenir. Mais quand on sait que j'étais Akiha autant qu'elle était moi, nous n'étions que une seule même personne rongée par la haine de l'impuissance, gardant les apparences d'intouchabilité. C'est avec cet air inviolable que je me retrouvais poussée par une force nouvelle, marchant vers le pont de Undai avec une valise faisant un horrible bruit à ma suite. Peut-être que finalement, Dead Master-Sama me laisserait vivre ce qui me restait de vie banale, tout cela pour l'amour qu'elle me portait... Relâchant la tension quand mes talons frôlèrent le pont, j’accélérais le pas pour finalement sentir mes muscles se raidir quand la silhouette de la reine de Undai m'apparut au loin. « Avance, Akiha ». Serrant les mâchoires, posture droite, je regardais devant moi tout en avançant à un rythme soutenu sous les encouragements de mon mauvais coté, tandis que ma tête était remplie de questions. Que faisait-elle là ? Était-elle venue pour me dire au revoir ? Pour me tuer ? Pour me dégrader ? Tant de questions auxquels ma fierté ne laisserait pas le plaisir de s'exprimer. Dix mètres, sa personne m'apparaisse dans toute sa splendeur. Neuf mètres, si proche mais si loin. Huit mètres, je pouvais sentir sa froideur en-dessous de ma peau. Sept mètres, j'allais m’effondrer à ses pieds et lui demander pardon. Six mètres, rien à y faire, il fallait que je me préserve, que je l'oublie. Cinq mètres, si elle voulait me décapiter, je n'aurai même pas le temps de réagir. Quatre mètres, son souffle, sa douceur, ses mains, sa voix, cela me manquait déjà. Trois mètres, tout mon corps était rongé par la culpabilité. Deux mètres, ma respiration était inexistante. Un... Et puis... Rien. Elle passa à coté de moi sans même un regard et j'en fis de même. Le pont. Le taxi, il fallait que je me concentre sur cela, et surtout, surtout il ne fallait pas que je me retourne. Mais comment faire quand chaque centimètre carré de mon corps, tendu au maximum ne pouvait s’empêcher de réagir au premier son sorti de la bouche de cette femme maléfique, sans que je ne puisse l'arrêter dans la soumission qu'il s’exerçait soi-même devant cette entité.

- Tu devrais appeler un autre chauffeur mon cœur ~ Le précédent a eu un souci en se garant ~

Je vibrais à la même sonorité que sa voix résonna dans l'air, me retournant instinctivement pour lui faire face, je la vis s'approcher de moi, je la vis me prêter attention, je la vis... je fondais littéralement quand ses lèvres capturèrent les mienne. Plus rien ne comptait à présent, plus aucune question ne se faisait entendre, rien que le vide et le soulagement. « Elle va te pourrir la vie, elle commence déjà. » Danger. Akiha avait raison, et cette intuition se révéla exacte quand elle m'intima un ordre inaudible que je pouvais traduire comme un souhait égoïste de sa part.

- Je ne te laisserai pas partir, mais maintenant, je ne te laisserai plus le choix non plus ~

Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire par là, mais j'étais certaine que si je restais à Undai -avec son consentement- je n'aurais plus aucune liberté et quelque chose de mauvais allait m'arriver. C'est pour cette raison que, sur le « On dégage » de mon ombre, je fis un pas en arrière, sentant dans chaque fibre de mon corps que je crus avoir la vie sauve trop tôt. Oui, j'ai crié « youppie » avant de sauter, et à présent, j'allais m'écraser douloureusement au sol, la face la première. Mais je n'eus pas le temps de contempler son dos que je sentis ses mains douces sur mon visage pour, une fraction de seconde après, ne sentir plus rien, ne voir rien, n'entendre rien. Rien. Rien que le néant, le vide, le noir.

Un réveil douloureux, ou du moins mouvementé. Une grimace de mécontentement se mêlant à la rudesse de mon corps raide. Un soupir tandis que la voix de mon ombre s'interposait avec une autre, beaucoup plus mielleuse. « Akiha ! Akiha, ça va ? T'as pas trop mal ? Cette enflure, je te jure que je vais la massacrer ! » Quoi ? Pourquoi tant de haine dès le matin, pourquoi hurles-tu Akiha, tu ne vois pas que je suis pas en position, et surtout que je n'ai pas envie de te répondre ? Si, j'avais mal, surtout au cou, une violente douleur me picotait dans le crâne tandis que je me concentrais sur ce que je voyais.

- Bonjour mon amour, tu as bien dormi ? ~

Bien dormi ? Heeeeein ? Si je n'étais pas celle que j'étais, ce serait certainement le son qui sortirait de ma bouche, mais là, rien d'autre qu'un « Dead Master-Sama ? » à moitié endormi qui fit surface dans cette salle à résonance... Salle à... ? « Akiha, ne regarde pas, laisse-moi ta place avant que... » Salle... blanche. Affolée, mon regard passait de la directrice debout au-dessus de ma personne, sur le reste de la pièce qui n'était autre que le laboratoire de cette femme. Mais ce ne fut pas le plus perturbant, le pire dans cette situation était que je sentais le froid traversant le fin tissu de mon pull léger, dans mon dos, me prouvant, me montrant cruellement que j'étais couchée sur la table d'opération qui a dû servir des nombreuses fois à tuer lentement ses victimes. Complètement éveillée, je sentais une bouffée de puissance me submerger tandis que tout mon être cherchait désespérément une échappatoire. Mon pouvoir, il était de retour, je pouvais sentir sa chaleur rassurante ainsi que la puissance ténébreuse de ma chère moitié, grogner dans toute mon enveloppe charnelle. Et c'est, tout à fait en moyen de réagir que je compris pourquoi Akiha voulut tant prendre ma place. J'étais sur une table à dissection, ce genre d'endroit que j'utilisais, qu'elle utilisait pour ses expériences. Et la seule chose qui pouvait me terrifier encore plus que de mourir, c'était bel et bien d'être le cobaye de mes propres expériences. Voudrait-ce dire que finalement, la directrice eut décidée de me tuer de la pire des manières qu'elle pouvait inventer contre moi, et non me laisser partir ? Mais alors, pourquoi étais-je munie de mon cristal ? Et là, la panique quand je voulus me relever, il n'y avait aucun moyen de bouger car des sangles me tenaient attachée à cette même horreur des tortures. Même mon pouvoir n'y servait à rien, et surtout, je ne comptais pas exposer mon mauvais coté au danger en la faisant sortir. Et cette chose à ma main que je sentais en serrant mes poings... une bague ?

- Ayame-Sama ! Pourquoi ? Dé... Détachez-moi, je vous en supplie.

Elle était tellement dangereuse, cette femme. Elle était au point que je sente la froideur de son âme au fond de mes tripes. Et ce n'était pas compté sur la position délicate dans laquelle je me trouvais pour que je garde mon sang-froid. Mes yeux bleus accrochés à ceux de Dead Master-Sama, je luttais contre mes entraves en vain, mais pourtant, je ne pouvais me résoudre à arrêter toute résistance. Non, moi je ne pouvais pas, mais « moi si ». Et c'est pour cette raison que, trop effrayée, je laissais ma place à mon maléfique coté, refoulant tout sentiment de peur de la surface de mon visage, la remplaçant par un sourire mauvais.

« -Détache-moi, Ayame ~ Haha. Plus sérieusement, nous n'apprécions pas. À ce que je sache, tu m'as viré, alors qu'est-ce que tu veux maintenant ? Si tu crois que je vais ramper à tes pieds pour que tu m'épargnes, tu peux te mettre la main dans l’œil jusqu'au coude. »

Le rire qui sortit de ma bouche me fit froid dans le dos, tant qu'il était lugubre, dépourvu de tout sens logique. Akiha était dans son élément, mais elle savait qu'elle jouait gros, c'était certainement pour cette raison qu'elle se donnait à cœur joie. La douleur ? Elle risquerait encore d'apprécier. La peur ? Cela la faisait rire. La haine ? Cela la rendait plus forte. C'est ainsi que je vis mes poignets se tendre, frottant ma peau contre ce qui m'enserrait, pour que je en sois ne serait-ce qu'un centimètre plus près du visage de la directrice pour lui souffler la mi menace qui suivit mes précédentes paroles.

« -Si tu veux, amuse-toi sur ce corps, vas y. Mais tu n'arriveras jamais à nous soumettre, Dead Master. Autant que tu me libères, ça ira plus vite ~ »

Mon corps se détendit à nouveau et mon regard quitta ce magnifique visage pour se poser sur ce qui m'entourait, comme si je faisais une visite guidée ou chaque détail comptait. Un rire secoua mon corps avant qu'il ne soit remplacé par un sifflement de haie tellement caractéristique de mon mauvais coté. « Akiha, arrête... Arrête ça, je ne veux pas souffrir ». Je n'avais pas à le souligner, mon bon coté était fait pour la contemplation, pour le confort, et mon ombre le savait. Il n'allait pas moins qu'elle adorait la provocation et qu'elle risquait mon bien pour le défi qu'elle se donnait. Surtout devant la directrice.

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MessageSujet: Re: Puis-je, emprisonner ta personne à la place de ton coeur ?    Mar 5 Fév - 19:24

L’ivresse était omniprésente, j’avais enfin ce corps sous mon contrôle, du moins la situation le laissait paraître. Aux anges, je l’étais et tellement que je devais me retenir de jouir d’exaltation sur place. Combien de temps avais-je attendue pour l’avoir une fois de plus, combien de souffrances avais-je endurée pour ? Aucunes. En moins d’une journée, je n’avais pas vraiment eu le temps pour … Bien que mon être entier avait réclamé Akiha, je n’en restais pas moins toujours en bonne santé et pleine de mes actions. Oui, ma personne n’avait été que légèrement affectée par son départ -départ que j’avais moi-même suscité d’ailleurs-. Dead Master, la grande et l’unique ~

- Ayame-Sama ! Pourquoi ? Dé... Détachez-moi, je vous en supplie.

Dieu, supplie moi encore une fois et je ne me retiendrai pas de te prendre ici même. J’aime, je l’aime et, c’en est tellement irrationnel que j’accorde mon amour à sa personne que je me trouvais moi-même dérisoire. Elle m’avait trahie, humiliée, souillée et voilà que maintenant encore, je ne faisais que regarder son mignon petit minois de mon sourire attendrit. Oui, je ne devais pas être normale pour être aussi masochiste, pourquoi lui accorder encore ma grâce alors qu’elle n’en voulait pas et que surtout, elle ne le méritait pas ?

L’amour n’a pas de loi et j’en subissais ses contraintes. Un amour … un amour à sens unique, un amour dont je ne verrai jamais le bon côté sans doute. Yume, ma chère Yume, toi qui m’as un jour aimé et que j’aime tant, sais-tu me raisonner ? Oui elle le savait, elle n’avait que me demander de lui trancher la gorge et je l’aurai fait, là, sans hésitation. Pourquoi ? Pourquoi alors que j’étais la maîtresse ? Parce que mon amour pour Yume n’était pas comparable à celui que j’offrais à Akiha. A cette femme magnifique je donnais mon corps, mon pouvoir, à Yume … c’était mon âme qui était sienne. Elle était … mon réceptacle. L’amour, l’amour, l’amour ~

« -Détache-moi, Ayame ~ Haha. Plus sérieusement, nous n'apprécions pas. À ce que je sache, tu m'as viré, alors qu'est-ce que tu veux maintenant ? Si tu crois que je vais ramper à tes pieds pour que tu m'épargnes, tu peux te mettre la main dans l’œil jusqu'au coude. »

Et là, ce fut le coup de foudre. Oui, le coup de fondre que l’on a, à la première rencontre sauf que dans mon cas, je l’avais pour la énième fois en entendant la voix de la deuxième face de ma tendre chérie. Ma main vint instinctivement se poser sur son visage, c’était doux, c’était bon, c’était cruel et sadique en même temps. Oui, c’était pire que tout, c’était immonde mais tellement apprécié par ma personne que mon corps entier bouillonnait de plaisir sous ses dires. Oui, je voulais qu’elle rampe sous mes pieds, je voulais qu’elle me supplie de l’épargner, je la voulais, tout, toute entière.

« -Si tu veux, amuse-toi sur ce corps, vas y. Mais tu n'arriveras jamais à nous soumettre, Dead Master. Autant que tu me libères, ça ira plus vite ~ »

Soumise, elle l’était déjà. Oui, tellement qu’en un claquement de doigts je pouvais faire d’elle mon esclave à vie. Mais cela n’aurait plus aucun charme si je pouvais jouir d’une poupée, une autre personne qu’Akiha aurait pu faire l’affaire. Mais justement, c’était Ketsuki que je voulais, elle et personne d’autre. « Elles » je les aimais. Et c’est par amour que je m’obligeais à le lui faire comprendre, que ce soit doucement ou non, que ce soit avec ivresse ou dénis, Dieu, Akiha ~

Oui, ma belle et douce … Je t’aime tant et c’est par amour que je me décidais à te faire souffrir. Je montais sur la table à mon tour, trouvant position sur son corps délicat que je caressais de mes paumes douces. Un sourire toujours certain sur les lèvres, je plissais les yeux en même temps que je déboutonnais sa chemise, doucement, délicatement « Maaah ~ Akiha-Chan ne devrait pas être si brutale avec moi, elle sait très bien que sans ma personne, le monde ne serait qu’une passoire dans laquelle nous déversions de l’eau, n’est-ce pas ? ». Une unique moquerie avant que je ne vienne baiser la peau de son cou de mes lèvres envieuses. Laissant une fine marque avant de claquer brutalement ma main sur sa poitrine. Pointant son cœur de mon ongle que j’enfonçais doucement dans sa chair tendre.

Un doux gémissement traversa mes lèvres alors qu’une douleur vive devait se faire sentir dans le corps de ma tendre amante, plus je sortais mon doigt de la plaie à moitié formée, plus son être intérieur se faisait aspirer par ma personne, c’était … indescriptible, j’avalais son mauvais côté aussi facilement qu’elle devait hurler de douleur si je lui arrachais les membres lentement, très lentement, laissant les tendons se tordre pour finalement se déchirer. Jusqu’à ce que la chair ne fasse plus qu’un crépitement horrible. Souffres-tu mon ange ? Même si ce n’est pas tes bras que j’enlevais, c’était quelque chose de bien pire non ? Alors, qu’en penses-tu ? Si je l’avale entièrement, plus jamais tu ne la verras ~
Si je continue, elle sera mienne ~

- Maaah, ne sois pas triste, je ne fais que te punir mon ange, ne t’inquiète pas, je t’aime toujours autant ~

L’extraction continuait, continuait, continuait ~ Toujours et encore, je devais m’arrêter, je devais arrêter avant de ne lui dérober toute sa mauvaise personnalité, je devais arrêter de me satisfaire en goûtant à cette âme impure, mais elle était si bonne, si vilaine. Une drogue, oui, l’ombre d’Akiha était une drogue pour ma personne, plus je la sentais me pénétrer et faire une avec moi, plus j’avais envie de plus, de consumer tout pour que je puisse atteindre l’orgasme. C’était fou, méprisable, mais tellement délicieux.

Mon doigt se détacha enfin de tout son corps, je stoppais mes envies et j’obligeais l’ombre à se terrer au fond d’Akiha et de ne plus en sortir tant que je ne lui en donnais pas l’ordre, elle pouvait communiquer avec, elle pouvait encore se plaindre de ma personne, mais ressortir ainsi devant moi ? Non, elle ne le saurait plus. Pas pour le moment du moins.

En moi … C’était autre chose, je visualisais ce qu’il s’y passait, toutes les étapes de ma vie et les personnes que je fus s’amusaient avec un malsain plaisir à déchirer mon repas. La maltraitant, la battant, la mordant, la mangeant, une seconde passa. Une deuxième et à la troisième, il en était fini de ce que je pus avoir. Elle était en moi, elle était … une tache en plus sur la liste de mes crimes.

- Pourquoi ne veux-tu pas m’aimer ? N’es-tu pas fière d’avoir la chance de m’avoir ainsi ? Des gens tueraient pour avoir un de mes regards alors que toi, toi tu ne fais que me tromper ~ Je n’aime pas les tromperies, je n’aime pas que l’on m’abaisse. Akiha, comprends-moi, je n’ai jamais voulu t’aimer, mais c’est comme ça ~

Un doux rire traversa mes lèvres après que je dépose celles-ci sur les siennes, je vivais, je vivais tellement que … Dieu, devrais-je changer de sous-vêtements ? ~

- Akiha-Chan, comprends-moi ~

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: Puis-je, emprisonner ta personne à la place de ton coeur ?    Mar 5 Fév - 22:57

Je le savais, je le sentais. J'étais certaine que provoquer Dead Master-Sama était la pire des choses à faire, c'était un acte inconscient et peu fructueux. J'aurais dû réagir, j'aurais dû arrêter tout cela avant que ces paroles étrangères ne sortent de ma bouche. Oui, j'aurais dû l'arrêter... Mais comment faire quand je devais choisir entre deux choses ? Entre la peur de me retrouver dans ce lieu blanc de propreté et sale de la couleur du sang, et une Akiha bouillant d'arrogance, je me suis laissée emportée par le confort, j'ai fuis le dénouement. Mais était-ce une bonne idée ? Était-il judicieux de laisser le monstre en moi s'exprimer librement et dire à la plus grande dame de ce monde qu'elle n'avait aucun pouvoir ? Non, ce fut une grave erreur. Tellement intolérable que je me surpris moi-même à espérer n'avoir pas à entendre tout ce flot de paroles abjectes sortir d'entre mes lèvres. Non, c'était trop. Mais si je n'en prenais pas conscience, je pourrais peut-être être dispensée de la douleur qui suivrait, de la vengeance qui régnerait ? Non, parce que elle et moi, nous étions qu'un. Parce que quand elle souffrait, je souffrais et vice-versa. Parce que quand elle hurlait, je hurlais en chœur avec cette immondice. Il n'y avait rien à faire, nous étions liées au point que parfois j'oubliais même que c'était moi, le maître suprême de mon esprit. Cacher... Je ne faisais que me cacher dans les limbes de mon esprit, faisant abstraction de mon enveloppe charnelle ainsi que des mes fonctions cérébrales motrices. Tout cela n'était qu'une question d'habitude et de pratique, l'abandon de soi, une chose tellement facile quand on se persuade être deux dans un même corps, dans une même tête. Mais quand la douleur nous foudroie de plein fouet, puis-je encore espérer de pouvoir me cacher derrière la carapace cruelle de mon mauvais coté ? Celui qui jouit quand il souffre ?
Ce sourire doux et compatissant n'étant nullement impressionné par les dires de mon ombre, allait me prouver que non, je ne pouvais fuir inlassablement, et certainement pas quand la souffrance prenait le pas sur l'esprit.

J'étais moi mais en même temps pas. Je serrais les dents de fureur tandis que, finalement, ce n'était qu'un sourire qui se dessina sur mon visage quand Dead Master-Sama prit place sur moi, sur cette table en inox immaculée. Mais quelle action j’exerçais véritablement, et quelle était celle que Akiha commandait ? Je ne saurais le dire, mais l'angoisse de mon bon coté montait en moi, en même temps que l'ivresse de mon ombre surplombait mon corps d'un millier de frissons. Abjectes. C'était bon pour me rendre folle, surtout quand ce monstre qu'on appelle directrice de Undai vint déposer ses mains sur moi, dans des gestes imminents un moment de plaisir torride... Plaisir qui prit fin dans les songes de ma chère Akiha quand une douleur vive nous frappa de plein fouet à l'emplacement de notre cœur. Mais ce n'était encore rien, tellement peu que mes lèvres s'entrouvrirent pour laisser passer un seul son, un rire moqueur et amusé de celle qui m'habitait et qui, guère impressionnée par cette plaie banale dans le monde que l'on traverse, ne faisait que savourer cette action. Mais pas pour longtemps... Juste le temps que mon angoisse l'envahisse. Juste le temps que le sourire de Dead Master s'agrandisse et que ses yeux se plissent dans une expression de satisfaction jouissive. Juste le temps que je... non que mon ombre... non ! Que nous nous m'étions à hurler de la même voix sous une douleur neuve, une douleur que même moi -expérimentée dans le domaine des combats- n'aie jamais subis. Une souffrance que je ne pouvais refouler, un déchirement que je ressentais avec toute la puissance d'un acte barbare. Et pourtant, ce n'était qu'une petite blessure, à la base.

- Maaah, ne sois pas triste, je ne fais que te punir mon ange, ne t’inquiète pas, je t’aime toujours autant ~

Je n'entendis qu'à moitié la voix de cette femme maléfique à la puissance démesurée. J'étais prise dans un feu brûlant mon âme plus que mon corps, un feu incurable que rien ne pouvait arrêter, ni mes cris, ni mes débattements, ni mes yeux larmoyants, ni même mon détachement charnel. Non, c'était présent, c'était vif, c'était vrai. Tellement que je sentis tout, mon âme... non, la moitié de mon âme, celle qui représentait ma chère Akiha se détachait de moi, doucement, lentement... tellement que je pouvais sentir, voir même, cette action affligeante. Je la sentis me quitter peu à peu, je l'entendais hurler, je la voyais s'accrocher à moi, à mon corps, à tout, rien que pour pouvoir y rester.
Dead Master... elle était en train de me l'enlever ! Et ce, sans moindre scrupule, avec une délicieuse cruauté sadique... J'avais mal. C'était comme si on m'arrachait la peau de mes muscles, comme si – avec un couteau de cuisine- on m’incisait les membres pour mieux les dévêtir, c'était comme si... elle me dépeçait. L'horreur, la terreur me prit au dépourvu tandis que mon corps convulsait sous la douleur, se tendant, se arquant à chaque secousse, à chaque centimètre de mon âme qui m'était enlevée.
Je sentais Akiha me quitter. Elle avait aussi mal que moi et toute arrogance l'a laissé au moment même où le déchirement se fit sentir, entendre et voir. Nous hurlions, je suppliais Ayame d'arrêter entre deux hurlements, mais je ne pense pas que sous toute cette pression, ma voix pouvait être reconnaissable. Mes propres cris sonnaient à mes oreilles comme des hurlements d'animal que l'on tuait avec barbarie. Oui, je voulais qu'elle me tue, je préférais mourir que de devoir supporter cette perte, cette douleur qui ne présageait qu'une chose. Le vide. La mort, ô douce mort, vient me chercher. « Akiha... »

- Pourquoi ne veux-tu pas m’aimer ? N’es-tu pas fière d’avoir la chance de m’avoir ainsi ? Des gens tueraient pour avoir un de mes regards alors que toi, toi tu ne fais que me tromper ~ Je n’aime pas les tromperies, je n’aime pas que l’on m’abaisse. Akiha, comprends-moi, je n’ai jamais voulu t’aimer, mais c’est comme ça ~

La mort... Je n'avais plus à l'appeler, je n'avais pas à la quémander de mon air de martyr. Pourquoi donc ? Parce que la mort était devant moi, parce que cet être surnaturel -inexistant pour beaucoup en tant que personne- était bel est bien là, matériel et souriant. La mort... Dead Master... elle était présente, mais elle ne jugeait pas prête mon âme pour quitter ce monde. Et quand la mort te torture et décide de ton sort, même supplier, même se suicider, n'a aucune importance. Parce que si la mort ne te veut que pour jouer, elle fera en sorte que tu la sentes passer. Je l'ai ressentis, dans chaque fibre de mon corps, Akiha là ou non. D'ailleurs parlant d'elle... Mon corps en sueur retomba sur la table après un dernier gémissement de douleur, ma gorge me brûlant d'avoir tellement crié, tandis que ma vision embrouillée ne voyait qu'une masse sombre au dessus de mon corps. Une masse sombre qui flottait. Qui se rapprochait...

- La mort...

Ma respiration se fit courte tandis que tout mon être endolori, délirait complètement. Fuir, il fallait que je fuie ce spectre qui s'amusait avec mon âme. Il fallait que je m'échappe de cette réalité, que j'essaye à nouveau de disparaître, de me détacher... Akiha... « Elle... Elle est... ». Pourquoi tremble-je ? Pourquoi, vu que tu es là pour moi, chère ombre ? Parce que toi aussi, tu as peur, parce que toi aussi tu es en train de te cacher au fond de moi, faible et impuissante. Jamais avant cela n'était arrivé, l'une était là pour rattraper l'autre... Mais pas en cet instant. Pas devant l'être suprême qui décidait de notre vie. Dead Master. Les secondes passaient -ou étaient-ce des heures ?-, je discernais de mieux en mieux se qui m'entourait, reprenant soit peu une contenance approximative pour une personne attachée et torturée. Je n'imaginais pas l'état de mon visage dans ces circonstances. La douleur s'estompait légèrement, mais le goût amer de la souffrance était encré tel une cicatrice faite au fer blanc. Je discernais enfin le visage souriant de ce monstre, je ressentais ce qui m'arrivait. Je pouvais sentir le sang collant sortir de ma blessure, ainsi que le corps de la directrice assis sur ma personne. Lourde... Je me sentais ensevelie sous une tonne de pierres aiguisées. Mon regard fuyait ces espèces de billes vertes, se posant partout ailleurs sauf sur cette femme. Détournant mon visage déformé par la souffrance endurée, ma voix rauque résonna dans cette salle stérilisée. Tellement étrange, tellement pas mienne.

- Je... Je vous suis reconnaissante Dead Master-Sama. Je comprends, je comprends votre position. Je suis fière d'être à vos cotés, pardonnez moi... Pardonnez mes erreurs, cela ne se reproduira plus jamais... Je ferai tout, tout ce que vous demanderez...

Mais juste, je vous en supplie, ne me faites plus subir ceci à nouveau. Ne me faites plus mal, je ne pourrais le supporter. Ne nous blessez plus... « Arrête ! Je... » Tu... ? Tu quoi Akiha ? Aide-moi... Non, tu ne peux pas, tu ne le sais pas. Nous sommes sous son emprise, et même si mon ombre pouvait supporter cette horrible douleur, elle n'était pas là pour le faire. Par contre moi, le bon coté de cette entité, je ne saurais l'endurer à nouveau. Je ne voulais plus quitte à m'abandonner à cet être supérieur. Ah ? Ah... Tournant ma tête suppliante vers la femme toujours à la même place, je la fixais avec des yeux -non pas apeurés- mais plutôt intrigués. Comme pour voir dans son être quel sera son jugement dernier. Si oui ou non, elle me fera souffrir à nouveau de la sorte. « Akiha ! Non ! ». Si, si... Je ne voulais pas subir encore ce genre de choses, et je savais que... j'allais encore et encore revivre cela si je restais ainsi, impuissante ici. Autant...

- Tuez-moi... si vous le voulez.

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MessageSujet: Re: Puis-je, emprisonner ta personne à la place de ton coeur ?    Jeu 7 Fév - 13:35

C’était jouissif, j’aimais, j’adorais, j’étais toute chose devant sa personne, son regard de chien battu, sa manière si subtile d’entrouvrir la bouche pour venir me bercer de ses demandes d’une voix timide. Akiha, si seulement tu savais à quel point j’étais folle de toi, si tu savais à quel point cela me faisait souffrir de te voir souffrir, bien que ce soit par ma main, je n’en restais pas moins triste de devoir t’affliger une telle douleur. Mais comprends moi, je n’avais pas le choix, je suis Dead Master et rien que par estime de ce nom, je me devais de te punir de m’avoir trahie. La mort serait trop douce, trop simple et trop malheureuse pour que je te tue maintenant, non, je ne te voulais pas morte, je te voulais vivante, je te voulais … toi, je ne désirais que cela. Recevoir ton amour, être celle que tu aimes plus qu’autre chose, que tu abandonnes ta personne à la mienne, que tu m’offres tout ce qui fait de toi, ce que tu es. Comprends moi Akiha, ce n’est qu’un désir égoïste que tu dois assouvir pour les besoins de ta reine.

- Je... Je vous suis reconnaissante Dead Master-Sama. Je comprends, je comprends votre position. Je suis fière d'être à vos cotés, pardonnez moi... Pardonnez mes erreurs, cela ne se reproduira plus jamais... Je ferai tout, tout ce que vous demanderez...

Oui, tu ferras tout ce que je voudrais, oui, tu t’offres enfin … Mais pourquoi devions-nous tant souffrir pour que tu me dises cela ? N’aurait-il pas été plus simple que depuis le début, tu comprennes tout cela ? Avais-je une trop haute estime de ta personne pour me retrouver déçue à présent ? Tu n’es qu’un rat, un rat grignotant un câble électrique, et une fois électrocuté tu supplies ce même câble pour qu’il ne t’envoie plus de jus. Dieu, Akiha, pourquoi étais-tu si idiote ? Pourquoi n’as-tu pas su que cela arriverait un jour ? Ne t’avais-je pas assez prévenue ? Serait-ce l’ivresse de mon savoir qui t’a autant fait perdre la tête ? Oui, mon savoir … mon pouvoir. Dead Master. J’étais triste, et la tristesse se peignait enfin sur mon visage, j’avais masqué mes émotions jusqu’à présent, jouant les fortes pour mieux manipuler son être mais finalement … Tout ceci, tout cela. A quoi cela servait-il vraiment ? A ce qu’elle soit entièrement sous mon contrôle ? Je ne le voulais pas … Non, je ne voulais pas de ça. « Tuez-moi... si vous le voulez. » Non. Non je ne veux pas.

Flash Back

- Ayame ! Ayame ! Arrête ! Tu me fais mal, Ayame ! Arrête s’il te plaît ! Ayame !

Je ne sais plus quand cela s’est passé, je ne me souviens que vaguement de la raison pour laquelle j’étais en train de combattre en ce jour sombre dans l’arène. Je ne comprends même pas pourquoi j’avais agis ainsi, je l’aimais elle aussi, et je l’aime toujours. Pourquoi n’était-ce pas moi qui avais mis son corps en lambeaux ? N’était-ce pas moi qui venais de lui asséner un nouveau coup, lui lacérant le corps de toutes parts ? Pourquoi devais-je toujours faire souffrir ceux qui m’étaient les plus chers, pourquoi étaient-ce ces personnes qui souffraient le plus ? Pourquoi ne pouvais-je pas … aimer sans blesser.

- Je suis désolée Ayame ! Je ne voulais pas, Ayame …

Je me rappelle qu’à ce moment précis, je m’étais agenouillée à ses côtés, j’avais pris sa tête entre mes mains et j’avais pleuré. J’avais pleuré d’avoir agit ainsi, la mélancolie avait pris le dessus sur ma colère et inconsciemment je lui avais moi-même demandé pardon. Un fin murmure auquel je reçus d’autres larmes, pourquoi devaient-ils tous tant souffrir ? Je ne comprenais pas, non. Si la raison avait été valable, mais je n’arrivais à m’en souvenir. M’avait-elle défiée ? M’avait-elle humiliée ? Qu’avait-elle fait pour … Ah.

C’était dans la matinée, avant le combat, Yume était venue me voir dans mon bureau. Je l’avais accueillie, elle m’avait repoussée. Elle avait crié, elle avait hurlé sa fureur alors que je ne percutais pas la raison de ses cris … Que me disait-elle encore ? « Jamais je n’ai voulu que tu viennes me sauver ». Oui, c’était ça, c’était ça qui m’avait fait perdre pied, c’était la raison de mon combat, la raison pour laquelle je l’avais punie. Yume, Yume avait préféré la souffrance de son ancien maître à la place de mon amour débordant. Yume … avait été punie ce jour là. Yume faillit mourir ce jour là, elle était si jeune … et pourtant je ne m’étais retenue de la faire souffrir.

- Pardonne moi Ayame … Non, non, c’est toi … il n’y a que toi qui …

« M’apporte le bonheur ». M’avait-elle dit de sa voix faible.
Flash Black


Je ne sais pas pourquoi ce souvenir avait surgit, je ne savais pas pourquoi mes larmes se mirent à couler également. Je n’avais plus pleuré depuis des décennies, je ne savais même pas qu’il m’était encore possible de le faire. Une douleur sourdre me prit à la poitrine, ce sentiment de tristesse qui vous ronge les entrailles, ne laissant qu’une vague sensation de malaise alors que tout s’effondre en vous. Oui … Je pouvais ressentir ce sentiment, comme tous les autres d’ailleurs, j’avais mon palmarès de sentiments indésirables que je supportais tant bien que mal, dont la jalousie trônait telle une reine surplombant le reste. Mais le bonheur, comme la tristesse et l’amour avaient leurs places dans mon cœur, aussi mort qu’il soit, il battait toujours dans sa symphonie me rappelant qu’au fond de moi, il restait quelque chose d’humain.

Mes mains vinrent se poser délicatement sur celle d’Akiha, encerclant celle-ci, je posais mon front sur le sien alors que de fines gouttelettes vinrent perler à leur tour sur la peau douce de mon amante, de cette femme que je venais de faire souffrir comme si elle n’était qu’une vulgaire poupée que je pouvais maltraiter. J’avais mal, oui … terriblement. Voilà donc le revers de la médiale, l’amour m’apportait un complément alors que la trahison me trouait le corps. Dieu, pourquoi devais-je tant l’aimer ? Pourquoi ne me contentais-je pas de Yume ? Parce que nous ne parlions pas du même amour, Yume était mon âme et Akiha mon corps. « Ayame, tu ne peux pas, tu es Dead Master, tu ne peux pas ». Si je peux, si je le pouvais, je devais le supporter, je devais faire … « Tu n’y arriveras pas, tu ne peux pas ». Je peux, je veux, je le désire !
« Vainement. »

- Non … Ne me dis pas ça, je ne veux pas de tout ça Akiha … Je ne désirais que ton amour, je ne voulais que ça. Rien, rien d’autre.

Je me détachais de sa personne, descendant de la table pour venir défaire ses liens qui la retenaient clouée comme un vulgaire insecte. Lui faisant dos, je me dirigeais vers mon cristal posé un peu plus loin flottant dans une sorte de sérum de matérialisation. Retirant celui-ci de son bocal, je le caressais du bout des doigts avant de le porter à mon cœur. Un soupir traversa mes lèvres alors que mes larmes se continrent enfin de couler, portant mon cristal à mes lèvres pour mémoriser ce qu’il venait de se passer, je me retournais. Mon visage ne pleurant plus, mes billes vertes fixant Akiha et cette expression de tristesse qui persistait tout de même. Se faire pardonner, je ne le devais pas, mais en même temps si. « Tu ne peux pas, Dead Master ne demande pas pardon ! » Cela était vrai, mais Ayame, elle le pouvait.

- Cela en était trop. Consumée, j’étais consumée et je le suis toujours.

Me dirigeant vers Akiha, le cristal toujours en main, je l’attrapais délicatement pour venir poser ma paume sur la sienne. Le cristal rentra en contact avec sa peau, une légère étincelle se produit alors que mon savoir se déversait peu à peu dans son corps, doucement, lui laissant le temps de supporter chaque nouvelle naissance de vaisseau de connaissance qui germait dans son esprit. Je ne lui accordais pas tout, je ne lui accordais qu’une partie, une infime partie en signe de pardon si je puisse le dire ainsi. Elle voulait un remède contre toutes les maladies, elle l’avait, mais incomplet. Construire son antidote parfaitement ? Cela lui était impossible, tant qu’elle n’avait pas l’entièreté des connaissances. Mais elle avait au moins assez pour sauver des gens, un peu, beaucoup, rallongeant leurs vies d’une dizaine d’années aisément. L’immortalité était mienne, l’immortalité était mon génome. Jamais, jamais je ne le lui accorderai. Si une personne y avait droit, ce n’était autre que Yume. Elle et elle seulement pouvait jouir sans fin de mes connaissances, de mon pouvoir, de ma personne de la sorte.

- Donnons-nous une nouvelle chance, créons un avenir meilleur ensemble Akiha. Reprenons depuis le début.

Lui déposant un fin baiser sur ses lèvres, je laissais glisser délicatement un doigt sur sa peau dévêtue, un fin sourire dessiné sur les lèvres et voilà que mon regard se dressa à nouveau dans ses yeux d’un bleu envoûtant. Passant une main délicatement dans ses cheveux avant de passer mon cristal autour du cou, je déposais à présent un baiser sur son front.
« Tu en souffriras encore. »

- Tellement et pour l’éternité.

END

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Puis-je, emprisonner ta personne à la place de ton coeur ?

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