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 La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 2:57

Cela faisait un bon moment que j'étais à Undai Gakuen. Une académie hors du commun qui laissait ses pensionnaires changés après les études qu'ils y entreprenaient. Entre matérialisation et lutte pour la survie, il n'y avait pas de temps pour s'ennuyer, pas de temps pour souffler ou se détendre. Même si ma scolarité ici était parsemée d'embauches, surtout depuis que je sois passée en Première, j'étais en mesure de dire que j'étais chanceuse d'être toujours en vie. Entre une amitié dangereuse avec l'être le plus craint dans l'institut après la directrice elle-même, une situation honteuse à cause d'une gamine de noblesse, des amis qui se retrouvaient être des ennemis et des professeurs assoiffés de sang, je ne pouvais pas dire que ma vie était simple et rose. Loin de là. Undai ne m'a pas épargné.

En ce beau jour, mon histoire s'était arrêtée dans un point mort assez déplaisant. Après mon escapade pour me changer les idées en compagnie de ma seule et vraie amie, je me sentais mieux. Beaucoup mieux, mais j'étais toujours incertaine de faire un pas dans l'enceinte de ce lieu sans que je ne devienne paranoïaque vis-à-vis de mes actions passées... Ou plutôt le viol que j'ai subis de la part d'une certaine Naoko Oshima. Cet épisode survenu quelques mois auparavant était attaché à ma vie privée et publique tel une plaie que je ne pouvais décrocher, par aucun moyen. Si, il y en avait un, et c'était de tuer tous ceux qui peuplaient ce lieu. Ce qui, en théorie autant qu'en pratique, était impossible. Pourtant, si vous croyez que j'étais la risée de tous, ce n’était pas vraiment le cas, à ma plus grande surprise. Il s'avéra effectivement que le fait que j'eus sauvé Oshima de la mort certaine qui lui était écrite par une certaine Aria, me valut quelques rumeurs étranges, mettant la confusion dans les esprits des pires vipères de Undai. Et si même cette affirmation de la bonne volonté ne suffisait pas aux pires enfoirés de ce lieu, il était presque évident que Yume tenait la garde, prête à abattre ou menacer le premier qui ose dire du mal de ma personne. Avait-elle peur que je tombe de nouveau en dépression ou que je me laisse mourir quelque part ? C'était bien possible. Je l'ai même une fois croisé dans le couloir en train de s'en prendre à un étudiant de Terminale bien amoché. Quand je lui ai demandé quoi, elle ne voulut rien me dire. Ce n'est que après quelques jours que des dires étranges me parvinrent aux oreilles à ce sujet. Personnellement, je lui en étais gré. Yume... C'était vraiment quelqu'un de bien, même si elle ne le montrait pas toujours. Je l'aimais à ma façon sadiquement familière. Quoi qu'il en soit, ma vie depuis, était beaucoup plus paisible que je ne l'aurais cru. Et si une parole mauvaise filtrait entre les mailles de peur tissées par ma colocataire ou encore par les propos contradictoires de ceux qui ne croyaient pas à toutes les rumeurs, j'essayais de serrer les dents et de ne pas en prendre garde sauf quand j'explosais... littéralement. Là, là c'était la mort. Comme aujourd'hui par exemple....

Ce matin, j'eus décidé de faire un tour dans l'Arène, je devais m'entraîner. Récemment j'eus mes dates de quand je passerai mes examens de Première, mais je pense que je vais repousser l’échéance n'ayant pas le cœur aux études. Surtout que j'étais complètement pétée en biologie, n'assistant pas au cours... Je m'étonnais encore pourquoi mon passage en rang ne venait pas en même temps, ou alors avant. Peut-être que Yume voulait me laisser plus de temps ? Ou alors, je n'étais pas encore prête pour ce genre de changement, de tournant. Trop jeune ? Trop immature ? Ou alors pas encore assez forte moralement ni physiquement ? Je ne savais pas, et je n'osais pas demander quoi à Yume, ayant peur que la réponse pourrait être destructrice... Mais revenons à l'Arène. Je ne pouvais pas dire que j'ai progressé, mais je n'ai pas régressé non plus. Après quelques longues heures de concentration intensive, j'ai à nouveau réussi de matérialiser mon adorable Wo-Kun, comme dirait Yume. J'étais contente, il était un peu plus robuste et solide que la dernière fois que j'eus vu son museau métallisé.

C'est en essayant de contrôler encore mieux mon loup de métal, tout en fermant les yeux et essayant de me broncher à ceux gris de ma matérialisation, que malencontreusement j'atterris sur une étudiante de Terminale qui ne prit pas trop mal ma maladresse. J'en fus presque étonnée et sur le qui-vive quand elle s'approcha de moi pour me complimenter sur mon compagnon canin tout en me prévenant de faire plus attention et que si ce n'était pas elle, j'aurais tout autant bien fait de partir au loin d'ici avant de me faire tuer. Souriant jaune, je lui remerciais de sa compréhension tout en m'excusant, mais à croire que cela ne suffit pas à un de ses amis qui s'en prit à moi avec des remarques déplacées sur ma soi-disant relation répugnante avec la petite sœur d'Hibari. Évidement, là tout s'effondra dans une colère rouge, entre mon œil enflammé et mon loup enragé, il n'eut pas de place à la pitié. Bon, après, je dois avouer que quand il arracha le bras du Terminale, j'eus beaucoup de chance d'en sortir vivante grâce à la fille que j'eus bousculée avant. Oui, parce qu'il ne fallait pas se bercer d'illusions, une Première contre un Terminale, cela était joué d'avance. Peu importe les insultes et les remarques balancés dans ce laps de temps fort court, je me retrouvais en un seul morceau en dehors de l'Arène avec la Terminale du nom de Kaori à mes cotés riant comme deux idiotes. Et l'autre enfoiré... Bah, il s'est retrouvé collé au sol en échiquier par une substance dont je n'aurais pas voulu être la victime.

Après ce moment amusant mais restant dangereux, je me dirigeais en sa compagnie vers la cafétéria du bâtiment principal, mais, contrairement à mes envies, je me fis arrêter par la réceptionniste dans le hall. Saluant ma « sauveuse » de la journée, je pris le mot que me tendait la femme derrière le présentoir. Ouvrant l'enveloppe en posant mes rubis dessus, je m'éloignais déjà vers l'antre du bâtiment. Décidée à aller manger quelque chose de consistant pour me remplir l'estomac. Mais ma décision fut mise à rude épreuve quand je lus les quelques mots écrits d'une main précise sur un papier lisse :

« Mlle Kurayami Kaïla, étudiante en Première,
Le Conseil se voit contraint de vous prévenir de vos lacunes et absences dans certains cours. Nous vous prions d'assister à TOUS vos cours sous peine de représailles. Vous êtes dans l'obligation de prévenir les professeurs des cours que vous ne suivez pas, afin de vous remettre à jour.
Ci-joint, voici la liste des cours : Mathématiques avec M. Sidô, Musique avec Mme. Tekodeshi, Biologie avec Mme. Ketsuki.
Veuillez y obtempérer au plus vite,
Bien à vous,
Le Conseil.
»

Première pensée ? C'est quoi ce bordel ?! Ensuite, pourquoi ? Et puis quoi encore, ils suivent les étudiants à la trace ou quoi ? Évidemment, premier réflexe que j'eus c'était d'aboyer bien haut et fort que je n'acceptais pas et que je n'allais pas céder à cette demande futile. Inutile ? Je suppose qu'elle ne l'était pas tant que cela, sinon je ne me taperai pas la lecture de ces quelques mots désagréables. Deuxième chose que je tentais de faire après m'être énervée dans le vent ? Aller trouver Yume pour qu'elle m'explique de quoi il s'agissait, et si elle ne le savait pas, alors qu'elle me trouve une solution pour que je n'aie pas à aller voir cette folle furieuse d'Akiha. Je suis certaine qu'elle me dispenserait de devoir croiser cette femme blonde et son ombre maléfique. C'est ainsi, contrariée, je me dirigeais vers ce fichu Conseil mais une chose m'arrêta en plein mouvement. Une pensée irrationnelle qui n'eut pas lieu d'être, mais qui fit tout de même le chemin jusqu'à mon cerveau. Et si c'était cela le problème ? Si le fait que je n'évolue pas est attaché à mes anciens démons et peurs. Si, justement, par ce moyen j'obtiendrai un semblant de délivrance ?

Serrant le bout de papier dans ma main, je retournais sur mes pas et allai à la cafétéria pour y prendre mon repas tant voulu. Des ramen. Tout en mâchant sans grande conviction, je réfléchissais à cet obstacle. Qu'est-ce qu'en dirait ma colocataire ? Me laisserait-elle dans mon idée, dans ma folie de me jeter dans la gueule du loup ? Mais, elle aurait dû être au courant si c'est le Conseil qui m'a écrit cette missive, non ? Donc... Non, elle ne me jetterait pas dans les bras d'Akiha... quand même ?! Torturée par ces pensées, je ne sais pas comment je me retrouvais devant la salle des professeurs, au rez-de-chaussée. Prenant mon courage à deux main, je toquais à la porte et ouvris. C'est avec un semblant d'angoisse et d'agonie invisible que j'y pénétrais avec prudence. L'antre du mal, là où grouillaient les professeurs, autant les bons que les méchants. C'est avec un soulagement non-dissimulé que je remarquais l'absence de la scientifique en ce lieu. Bonheur. Mais pas entièrement, vu que mes deux autres profs étaient là.

Après une bonne demi-heure de conversation posée avec ma professeure de musique et, un bon quart d'heure de prise de bec avec mon prof de math, je pus enfin m'éclipser de cet endroit déprimant. Mais avant de claquer la porte et fuir au loin, je m'arrêtais et demandai avec tout le courage que je ne possédais pas, où pouvait bien se trouver Akiha. La réponse fusa, et je me tapais le front en me traitant d'idiote. Évidement qu'elle avait cours. D'ailleurs j'étais censée y assister. C'est avec une détermination maladivement folle que je montais les étages pour arriver devant sa salle de classe. M'arrêtant, j'ai décidé de la voir quand elle aurait fini, c'est-à-dire dans environ dix minutes. Dis minutes d'une attente effroyable dont neuf où je voulais rebrousser chemin. Nerveuse comme jamais, c'est avec un certain recul que je regardais la classe se vider de Premières. Un soupir, une inspiration et j'attendis, j'attendis encore... et encore... Mais l'enseignante ne sortait pas de la classe. Perplexe, j'y jetais un coup d’œil et la vis. Assise à son bureau, plongée dans ses notes, concentration totale au point qu'elle ne m'a pas remarqué. Magnifique, je me casse.

J'étais déjà prête à rebrousser chemin quand son regard bleu se releva, comme piqué par ma présence et que sa voix résonna dans la pièce, tel un écho lointain qui me fit dresser les poils de la nuque. J'allais mourir.

-Kaïla ?

Bon sang ! Prise d'une frénésie soudaine, je fis volte-face et marchai droit sur elle. M'arrêtant devant son bureau, je lui tandis le bout du papier chiffonné et m'exprimai avec hésitation.

- Le Conseil me scille avec mes cours, et comme je n'assiste pas à ceux de bio, il fallait que je vienne ici... Voilà.

Elle me jugea du regard tandis que moi, j'étais tellement mal à l'aise que j'étais à bout de l'évanouissement. Quelqu'un peut m'expliquer d'où m'est venue l'idée de venir la voir ? Pourquoi ?

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Akiha Ketsuki

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MessageSujet: Re: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 3:37

Toute ma journée fut réservée aux chatons. Non, pas entièrement, je ne pouvais m'empêcher d'aller rendre visite à la directrice au moins une fois tous les deux jours... Pourquoi pas tout le temps ? Pour ne pas me montrer trop insistante, mais d'un autre coté pour lui prouver ma dévotion et la plaisance d'être en sa compagnie. Dire que je la voyais souvent serait faux, surtout quand j'étais débordée avec mon travail ou quand un nombre incalculable d'étudiants se faisaient déchiqueter dans des combats de groupes dans l'Arène. Oui c'était les pires moments, temps où je n'étais disposée qu'à user de ma matérialisation pour sauver mes chatons. Mais, il y avait aussi les cours qui me prenait chaque jours quelques heures de ma vie, encore heureux que j'appréciais instruire mes chers élèves ignorants. Oui, leur montrer la vraie face du monde, celle rationnelle, était indispensable et, quand ils comprenaient, je ne pouvais m'empêcher d'éprouver de la fierté. Le métier de professeur me comblait à merveille. Undai me rendait plus performante, et j'aimais cela. « Ouais, et le vagin de la dirlo aussi, hein. »

C'est ainsi que débuta mon calvaire. Je n'avais rien à faire. Toute ma matinée fut libre en vue de la disparition malheureuse d'une classe entière récemment, mon horaire avait un trou en attendant que d'autres viennent remplacer les chatons morts dans un soi-disant accident de car en partant en voyage scolaire. Une idée comme une autre pour expliquer le décès d'une vingtaine de têtes en même temps, une idée pour cacher la macabre vérité. Une grimace de ma part et voilà que je me retrouvais à l'infirmerie en train de... regarder les nuages défiler. Aucun étudiant, à croire qu'ils ne voulaient pas se blesser en ce beau jour, à croire que le monde était rose. Je m'ennuyais. Je pouvais tout aussi bien aller chipoter un peu à mes éprouvettes, mais j'avais une expérience en cours et cette dernière devait mijoter pendant une semaine pour que j'en voie les résultats, en attendant je trouvais inutile de m'en prendre aux innocents sachant que cela ne m'apportera rien. Comme je disais, tuer pour le plaisir, n'était pas dans mes cordes. Aller voir Dead Master-Sama ? Cela était une idée, mais ne dirait-elle pas que je flâne et que je ne suis pas productive en passant du temps en sa compagnie au lieu de m'occuper de mes obligations ? Effectivement, c'était une possibilité. C'est pourquoi, en attendant mes cours de l'après-midi, je restais là, espérant silencieusement qu'il y aurait quelques chatons à soigner, même si ce ne serait qu'une misérable égratignure. « Tu es désespérée ou quoi ? ». Je l'étais. Dans un sens.

Ce n'est que quelques heures plus tard, après quelques blessures mineures que je pouvais enfin me sortir de cette flemme maladive. J'avais cours, et cela me divertissait assez pour que je ne dise pas que ma journée d'aujourd'hui n'avait servis à rien. Peut-être que ce soir je me ferai un petit cadeau en allant batifoler avec la directrice, oui, ce serait une bonne récompense pour ma patience. C'est avec le sourire et l'envie que je rentrais en classe de Premières, usant mes étudiants jusqu'au bout, essayant de leur faire rentrer les sujets les plus compliqués à une vitesse exagérées, m'arrêtant tout de même dans ma passion quand Akiha, mon mauvais coté, me fit la remarque du siècle « Tu vas faire exploser leurs cerveaux de poids-chiche, si tu vas si vite. » Et c'était le cas, les étudiants avaient l'air morts, même les plus courageux n'arrivaient pas à prendre note et suivre le cours de mes idées. Déçue, me voilà déçue. C'est quasiment par nécessité que je leur présentais une interro surprise sur un cours vu récemment, question qu'ils ne fuient pas ma classe impunément. Décidément, ce n'était pas mon jour.

Quand la sonnerie retentit marquant la fin des cours, je laissais mes chatons partir tout en reprenant leurs copies et m’attelant à les corriger avec ardeur. « Va plutôt voir l'enflure. Ces gamins ne savent rien à rien de toute façon ». Non. Il fallait que je libère ma frustration avant, autant la faire passer dans une correction acharnée d'une trentaine de copies. Cela me passera le temps, c'était l'important. Mais une chose attira mon attention tandis que je barrais la première réponse de la première copie qui se présentait à mes yeux d'un bleu pâle. Relevant la tête, je vis un éclat rouge et noir passer dans l'encadrement de la porte et se retourner pour partir. Le premier réflexe ? Ne pas bouger mais héler l'étudiante. Surprise, je la vis obéir et revenir dans la classe jusqu'à mon bureau tout en me tendant un papier chiffonné. « Tiens, qui l'aurait cru... » Même mon ombre était perplexe de trouver Kaïla Kurayami dans ma classe, la plus grande sécheuse de mes cours, celle que je n'ai jamais vu y assister d'ailleurs, pour des raisons plus incompréhensibles les unes aux autres. Descendant doucement mes yeux de son visage pour lire les quelques mots griffonnés sur le papier, tout devint clair, ce n'est qu'à titre informatif que ses paroles résonnèrent inutilement dans la pièce.

- Le Conseil me scille avec mes cours, et comme je n'assiste pas à ceux de bio, il fallait que je vienne ici... Voilà.

Mes yeux se posèrent sur sa silhouette visiblement mal à l'aise, tandis que mon visage prit des traits sévères. Voici donc la raison de sa visite surprenante. Sans dire un mot, mon regard rivé dans ses yeux fuyards, je ne bougeais pas, regardant avec une certaines malveillance son malaise qui s'accentuait dans le silence pesant. Soupirant finalement pour briser cette ambiance, je fouillais dans mon sac à la recherche du syllabus que j'eus utilisé aujourd'hui dans mon cours. Le tendant à mon étudiante, ou du moins celle qui était censée en être une, je lui expliquai le problème de sa position.

- Une année c'est long, tu auras du mal à rattraper les autres, même en commençant à suivre mes cours régulièrement. Je peux toujours te photocopier les notes de toute la période, mais crois-tu que ce sera suffisant ?

Évidemment que non. Il lui faudrait des cours particuliers et intensifs. « Ouais, laisse-moi lui donner cours, et je m'amuserai à l'exploiter, heh ». Exploiter hein. Inéluctablement mon regard se porta sur le collier attaché à son cou, sans que je n'y fasse plus d’attention. Une réussite dans mon métier, une recherche médicale de plusieurs années qui débaucha sur un résultat favorable. Je devais avouer que cela me démangeait, moi et mon mauvais coté, de voir comment l'évolution s'y est propagée, comment les médicaments et remèdes concoctés par ma main se sont dilatés dans son sang infecté d'un virus peu commun. Intriguant. Surtout que je pouvais lier ma réussite médicale avec la matérialisation. Le hasard fait parfois bien les choses, non ? Je trouvais aussi.

- Je peux toujours t'aider Kaïla. Mais pas gratuitement.

Me levant, je m'approchais de sa silhouette et déposai ma main sur sa joue. Peu surprise, je la vis se dérober de mon emprise tout en s'exclamant que je pouvais tout autant aller crever, renversée par un camion. Soupirant légèrement, je n'eus d'autre choix que de calmer son tempérament indomptable en insufflant le calme dans l'atmosphère. Alala, je l'ai connu rebelle étant enfant, mais pas à ce point. La liberté lui aurait joué un mauvais tour ? À son entourage, certainement. Évitant de la froisser d'avantage, je lui tournais le dos tout en rangeant mes cours. Passant à coté d'elle tout en retenant mon ombre de sortir pour la disséquer et l'analyser, je m'arrêtais à la sortie de la classe et ajoutai à son encontre :

-Tu sais, je ne comprends pas pourquoi tu ne m'apprécies pas. Je ne te veux aucun mal. Après tout ce serait stupide de tuer des années d'un travail acharné, non ? Réfléchis y.

Je lui lançais un clin d’œil suivit d'un sourire amical avant de tourner les talons et sortir dans le couloir. Expériences ou pas, sauver des vies était ma priorité, et je me voyais mal tuer un être que j'ai justement sauvé d'une mort certaine, qu'il soit spécial ou non. Même mon ombre ne désirait qu'évaluer cet être abjectement impoli pour inclure certaines choses dans mes propres expériences sans pour autant tuer cette gamine. La faire souffrir, pour jouir du plaisir de la haine, peut-être oui, mais pas aller jusqu'à l'envoyer à la morgue. Et croire que, quand elle était enfant, on s'entendait si bien. Alala, quelle importance, j'allais l'avoir quand même, il ne me fallait que de la patience.

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Re: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 3:40

Le silence s'installa dans la salle tandis que je sentais ses yeux posés sur ma personne. Si je n'aurais pas ma fierté, je me serais enfuie au loin ou irais me cacher dans un coin de la pièce me recroquevillant pour me rendre la plus petite possible. Mais je ne pouvais pas, je ne voulais pas. Il m'était indispensable de lui tenir tête pour être en paix avec moi-même. Régler mes problèmes, passer au-dessus des différents pour... peut-être me libérer. Pourquoi j'avais cette conviction de bien procéder ? Parce que je stagnais. Quiconque me verrait ou me connaîtrait, dirait que je n'évolue pas, que je reste emprisonnée par mes démons et que je ne fais rien pour m'en débarrasser. La première chose que j'ai voulu faire, c'était d'éliminer Naoko, cette sale gamine qui eut rendu ma vie insupportable. Mais comment m'y prendre si je ne la voyais jamais ou encore en compagnie de gardes en tout genre passant par des Terminales ou encore, des professeurs. Mais tout ceci n'avait aucune importance, un jour ou l'autre, quand je serai plus forte, j'allais l'abattre. Pour l'instant, je me concentrais sur Akiha. Le destin voulait que je vienne à sa rencontre, me voilà donc.

- Une année c'est long, tu auras du mal à rattraper les autres, même en commençant à suivre mes cours régulièrement. Je peux toujours te photocopier les notes de toute la période, mais crois-tu que ce sera suffisant ?

Après m'avoir jugé, elle brisa le silence qui s'éternisait me hurlant de partir de cette classe. À ma grande surprise, elle ne m'engueula pas, elle ne rejeta même pas ma demande sous le peu de présence que j'avais à son cours. Méfiante de son calme qui ne lui allait pas quand je me trouvais dans les parages, je pris les feuilles qu'elle me tendait en la fixant sans relâche. Bah, si cela allait être assez pour que j'apprenne, alors ouais, autant qu'elle me passe ce dont j'ai besoin et on en parle pas. Moi du mal à suivre ? Elle me sous-estimait là ! Quoi que non, je n'étais pas forcément douée en sciences, détestant tout ce qui touchait à la médecine depuis ma tendre enfance, alors me retrouver devant un paquet de feuilles ne traitant que sur ce sujet, risquait de s'avérer compliqué à assimiler. Mais je n'allais pas montrer cela à cette femme détestable, jamais. Autant que j'aille embêter Yume pour m'aider plutôt que de passer une minute de plus en sa compagnie.

- Je peux toujours t'aider Kaïla. Mais pas gratuitement.

Fronçant les sourcils, je me reculais comme brûlée par son contact. Furieuse, je lui exposais largement mon refus avant de faire encore un pas en arrière. Tout, je pouvais supporter tout, sauf qu'elle m'approche. Qu'elle aille se faire foutre, je préfère rester à Undai pendant des années pour passer et repasser l'examen de son stupide cours plutôt que de céder à une de ses demandes farfelues. Elle et sa masse grouillante, je la haïssais. Elle était dérangée, folle, et louche. Plutôt crever que de la suivre quand un gentil petit chien. Je n'étais plus une enfant, je n'allais pas me laisser manipuler par son sourire soi-disant doux et charmant. Sur mes gardes, je lui lançais des éclairs, prête à matérialiser ma robe de combat s'il le faudrait. Mais à ma plus grande surprise, elle ne m'attaqua pas, ne me soumit pas non plu-enfin, de ce que je pensais- et au lieu de tout cela, se détourna de ma personne pour partir. Perplexe, voilà ce que j'étais tandis que mes yeux suivaient sa chevelure d'or.

-Tu sais, je ne comprends pas pourquoi tu ne m'apprécies pas. Je ne te veux aucun mal. Après tout ce serait stupide de tuer des années d'un travail acharné, non ? Réfléchis y.

Stupidité, conneries ! Je bouillais littéralement tandis que ses pas s'éloignaient dans le couloir. Figée là où j'étais, je serrais les poings furieux de ses paroles. Je n'acceptais pas, je n'étais pas d'accord. Elle ne comprenait pas ?! Ah non, évidement, pourquoi madame devrait se préoccuper du malheur qu'elle occasionne si cela lui convient. Qu'est-ce qu'était pour elle traumatiser à tout jamais une gamine pas plus grande que trois pommes, sous prétexte de la sauver ?! Rien. Bien sûr que rien. Et puis... Et après, quand elle eut fini avec ma pauvre personne, elle m'a laissé avec cette haine sans moindre ressentiment. Non, je ne lui serai jamais redevable de m'avoir épargné, jamais. Et certainement pas après qu'elle m'eut mis devant son stupide miroir pour me montrer toutes mes hontes ainsi que tout le mal que je ressentais par sa faute. Étais-je effrayée par cette femme diabolique ? Oui, mais en même temps la colère me rongeait de l'intérieur à chaque fois qu'elle ouvrait sa bouche pour en sortir des mots sans sens avec cette voix trop suave. Et c'est dans ce contexte, sous cette colère intenable, que je sortis de la classe à mon tour pour taper de mon poing dans le mur à coté avant de hurler à l'encontre de son dos.

- Aucun mal ?! Te fous pas de moi, espèce de dégénérée ! Tu as déjà fait assez de mal comme ça ! C'est ta faute si je suis comme cela, et tu le sais ! Tu l'as vu dans ton stupide miroir ! Alors arrête de raconter des conneries ! Je me fiche que tu m'aies sauvé, je n'ai rien demandé.

Je me donnais à cœur joie en m'extériorisant de tout le mal qui m'habitait. Avant, jamais je n'aurais osé lui dire tout cela, mais avant je n'étais qu'une gamine ne sachant pas qu'elle se faisait manipuler par un pouvoir dont peu ont entendu parler. Mais aujourd'hui, je savais que ma confiance n'était là rien que parce qu'elle a joué de ma personne, rien qu'avec sa matérialisation. Et là, j'avais qu'une envie, c'était de me venger, d'utiliser mes propres pouvoirs pour l'abattre, lui faire vivre ce qu'elle m'a fait subir. Des têtes se tournaient vers moi, regardant tour à tour, l'enseignante et ma propre silhouette en se demandant pourquoi je hurlais ainsi dans les couloirs. Et cela me mettait encore plus hors de moi, je ne supportais pas que l'on me regarde, tellement que je n'eus aucune autre bonne idée que de foncer tête baissée sur la prof de biologie, matérialisant ma robe de combat en voulant enfoncer ma main gantée dans son visage si parfaitement hermétique. Réagis salope !

- T'es qu'une manipulatrice sans cœur, Akiha. Je te hais. Je n'ai pas besoin de ton aide. Et puis merde !

Oui, j'allais me débrouiller sans elle, après tout, quand elle rentrait dans ma vie c'est pour y semer la pagaille. Que ce soit au début de mon existence ou alors maintenant, à Undai. Ce monde était peut-être petit, mais là il s'est bien joué de moi. La revoir, sentir son toucher sur moi, entendre sa voix suave... Tout ceci fit revenir mes pires cauchemars, et je n'allais pas y passer outre.

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MessageSujet: Re: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 3:43

Il était difficile de poursuivre son chemin quand une furie hurlait à deux mètres de distance dans mon dos, alertant par la même occasion les autres petits chatons se trouvant dans les parages. Ne perdant guère contenance, un sourire figé plaqué aux lèvres, je me retournais vers cette forme des plus consistantes avec un léger geste de la main, comme si je voulais chasser toute son impertinence avec ce mouvement. Mais rien à y faire, cette enfant faisait un boucan de tous les diables sans prendre en compte sa position. Quelle tristesse. Si ce n'était que ça, ce serait acceptable, le coprs humain était éduqué pour exprimer ses sentiments, mais le problème était que ces mêmes cris de rages portaient atteinte à mon image, à ma fierté aussi.

-Aucun mal ?! Te fous pas de moi, espèce de dégénérée ! Tu as déjà fait assez de mal comme ça ! C'est ta faute si je suis comme cela, et tu le sais ! Tu l'as vu dans ton stupide miroir ! Alors arrête de raconter des conneries !Je me fiche que tu m'aies sauvé, je n'ai rien demandé.

Aucune reconnaissance. Je vivais pour sauver des êtres tels qu'elle, et qu'est-ce que j'avais en retour ? De la haine et du mépris. Inacceptable. « Sale morveuse, laisse-moi lui remettre les idées en place. » Même mon mauvais coté trouvait cela outrageant, c'était le comble. Quand elle matérialisa sa robe de son pauvre niveau de Première, je ne pus empêcher un léger froncement de sourcils se dessiner sur mon visage quand elle me chargea dessus avec toute la haine que son corps pouvait exprimer. D'un geste fluide de la main, je contrais son attaque des plus misérable comparée à mon niveau de professeur, en repoussant sa main géante qui vint se ficher dans le mur adjacent à ma position. Un autre pas en avant et ma main se plaqua sur son front dans un dernier geste d'avertissement. Laissant sortir la masse noire qui m'habitait, je lui ordonnais d'emprisonner mon agresseur dans une étreinte dégoulinante de négativité et la conduire dans une des classes présente dans le couloir. La pièce vide, je rentrais à la suite des deux silhouettes et refermai la porte derrière nous. D'un geste sec, je ramenais mon ombre en moi et, profitant de l'incompréhension de Kaïla, j'attrapais ses deux mains et la plaquai contre un mur, bloquant ses poignets au dessus de sa tête avec violence. Un autre instant et je les liais à ce même mur avec des liens et, avec lucidité, enlevai son bracelet de sorte à ce qu'elle ne puisse rien matérialiser. Mettant le petit objet vert dans la poche de mon pantalon, un sourire ironique vint affermir mon visage déjà bien frustré.

Tout en me reculant de deux mètres pour contempler mon œuvre, je fis abstraction des insultes et protestations de ma chère élève tout en réfléchissant un court instant à la manœuvre à suivre. Pauvre petit chaton, si jeune et si rebelle. « Fais la taire, couds lui la bouche ». Je grimaçais sous cette idée lugubre proposée par mon mauvais coté. N'en prenant pas compte, je m'approchais d'une manière fort aguicheuse de ma proie entravée et déposai ma main chaude sur sa joue. Ne prenant pas garde à ses ressentiments, je poursuivis mon geste en allant dans ses mèches ébènes, frôlant de nouveau sa joue du bout de mes doigts pour finalement descendre lentement, très lentement le long de son cou frémissant, passant au dessus de son éternel collier cachant ce que je voulais. À un millimètre de son visage, je sentais son souffle irrégulier sur ma peau. Excitée ? Non pas vraiment, après tout ce n'était encore qu'un enfant. Arrêtant ce jeu quand je vis des larmes de rage pointer dans ses yeux, je me reculais enfin et lui adressai la parole, le plus chaleureusement que j'ai pu. C'est-à-dire avec un soupçon de moquerie.

- Tu vois, tu n'es pas blessée. Cela ne t'a pas tué. Aucun mal n'est fait, Kaïla.

Souriant tristement à son encontre, je plongeais mes yeux dans ses rubis d'une couleur si peu naturelle. Mettant toute la compassion du monde dans mon esprit, je projetais le calme, l’apaisement dans l'air pour tranquilliser sa personne sur les nerfs. Autant parler à une personne ayant un semblant de bon sens quitte à l'endormir pour ce faire.

- Je sais que des choses horribles te sont arrivées. C'est triste. Mais si tu ne passes pas au dessus, jamais tu ne progresseras. N'oublie pas, je te connais mieux que tu ne le crois.

Pointant un doigt entre ses deux yeux, tout droit sur son nez, je ne prolongeais pas le contact plus qu'il ne le fallait pour ne pas la brusquer d'avantage. Il fallait que je joue finement avec ce petit chaton des plus misérables, tout cela pour obtenir ce que je voulais. Soupirant doucement, j'écartais mes bras tout en poursuivant avec la plus grande sincérité, celle que même mon ombre ne pouvait démentir. Tout en ajoutant un soupçon d'ordre dans ma dernière phrase, usant de mon pouvoir pour alterner son jugement à ma cause. Je trichais ? Oui. « Ouais, aller, fini de discuter, traîne la au labo. » Patience, Akiha.

- Sincèrement, je ne veux pas ta mort. J'avais dans l'idée de vérifier l'évolution de ta maladie, comment se comporte-t-elle vis-à-vis de la matérialisation. Rien de mauvais, que du profit pour toi. Alors, accepte et je te laisserai tranquille, Kaïla.

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MessageSujet: Re: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 3:49

L'horreur, la haine et le mépris. Ces sentiments se mélangeaient en moi pour former une boule terne et sombre de ténèbres devant mes yeux. Je n'avais qu'un pôle devant moi, une cible, un point que je voulais atteindre par tous les moyens et, en vue de mon geste, le pire que j'ai pu trouver après une réflexion inexistante. Pitoyable. Dans toue ma hâte, je n'ai rien prévu, rien calculé de sorte que maintenant, après un court instant, après deux secondes, je me retrouvais happée dans l'emprise de cette femme que je détestais peut-être encore plus que la gamine qui m'a violé. Oui, par dessus tout, Akiha était ma pire ennemie. Vrai et pas vrai. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas prévu d’être aussi vulnérable et à sa merci. Quelques pas en plus, quelques cris, quelques regards d'autres étudiants ne sachant pas ce qu'il se passait, quelques murmures autour de nous et me voilà dans une classe, ma robe dématérialisée sous perte de mon bijou vert signalant mon statut de Première à Undai.

Ce qui vint après ? La peur, une peur incontrôlable qui me fit trembler de tout part, une peur immense que j'exprimais en écarquillant les yeux, hurlant à la mort contre sa personne sourde à mes paroles. Insupportable. Son toucher. Ce toucher que je haïsse tant, celui qui m'a fait tant de mal. Ses doigts qui se posaient dans mes cheveux, sur ma peau pâle parcourue de frisson de dégoût. J'avais envie de vomir, des hauts-le cœur me prenant à la gorge avec puissance. « Lâche-moi, ne me touche pas ! » Voilà ce qui sortait principalement d'entre mes lèvres sans que cela ne l'atteigne. Mais comment voulais-je qu'il soit autrement ? J'étais sous son emprise, sans pouvoirs, sans défense. Si elle voulait, elle pouvait faire tout ce dont elle avait envie avec mon corps. Mes yeux me piquaient quand mon esprit réalisa la terreur, l'horreur dans laquelle je me trouvais. Je fus stupide, encore une fois à me jeter dans la gueule du loup. Je perdais contenance, blême.

Quand elle se recula, un bourdonnement terrible se faisait entendre dans mes oreilles, de sorte que je n'entendis pas sa réplique, laissant ses lèvres se mouvoir sans pour autant comprendre ce qu'elle me voulait. Respirant du mieux que je pouvais après ce contact non-voulu et craint, je replongeais mon regard dans ses yeux translucide, y mettant toute la haine que je pouvais, pourtant perturbée par son calme. Comment osait-elle parler de moi, tandis qu'elle fut l'origine de tout cela ?!

-Je sais que des choses horribles te sont arrivées. C'est triste. Mais si tu ne passes pas au dessus, jamais tu ne progresseras. N'oublie pas, je te connais mieux que tu ne le crois.

Et mon poing dans ta gueule tu le veux ?! Et pourtant, pourtant elle affichait ce sourire si sûr d'elle, si apaisant, si... si j'ai envie que tes mots soient vérités et que tout se termine bien. Quelle plaie son pouvoir. Même si je savais son ombre différente d'elle et méchante, je ne pouvais que voir ce visage compatissant dans mon esprit, que cet air doux et bienveillant. Je la haïssais encore plus pour cela. Et, quand mes mains furent libérées de son emprise, je restais là, appuyée au mur sans bouger. Fuir ? Ce n'était pas en option. Je n'avais même pas le choix. Et ce, avec une sourde colère que j'acceptais ses dires, j'y croyais quand elle me disait qu'elle n'allait pas me tuer, j'étais persuadée que tout cela était juste. Et même si c'était le cas, je savais pourtant que j'allais souffrir, que mon corps subirait malheurs et douleurs. Mais une once d'espoir se présenta à moi. Peut-être, peut-être qu'en fait elle disait vrai, qu'après cet entretien, j'allais être tranquille et que sa personne ne me poursuivrait pas dans mes pires cauchemars. Je ne sais pas si elle savait lire dans mon esprit, mais je pouvais aisément conclure que, quand je levais mon regard vers elle pour lui donner ma réponse, elle le savait déjà. Oui, elle le sut avant même que j'ouvre la bouche.

- Promets le moi. Si je te laisse user de mon corps comme cobaye, tu me laisseras en paix. Promets-moi aussi que tu ne me feras aucun mal. Et... Rends moi mon bracelet !

Nerveuse, mes mots sortaient tel un flot de paroles entrecoupées par des grincements de dents. La rage me fit parler, la peur me fit me confesser, l'incompréhension d'être piégée me fit accepter. J'étais perdue, perdue. Et il n'y avait pas de point de retour dans cette entreprise, rien que ma fin, ma douleur, ma peine et surtout mon corps. J'avais mal avant même que cela ne commence. Et, je me sentais encore pire en constatant que je lui faisais confiance, aveuglement. Mon pouvoir éteint, son pouvoir régnait.
Et c'est ainsi qu'elle s'approcha de moi, m’expliqua que pendant un moment je devrai rester tranquille et ensuite, après un dernier sourire, le noir se fit dans ma tête. Le noir total, le néant. Le début de la fin.

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MessageSujet: Re: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 3:54

« Réussi, heh. » Le constat lugubrement inquiétant de mon ombre me parvint aux oreilles avant même que Kaïla n'ouvre la bouche. Cela se lisait sur tout son visage, dans ses yeux apeurés mais déterminés, dans ses gestes hésitants et distants. Je ne montrais aucune joie dont j'aurais pu faire preuve, non, j'aimais mes chatons et me jouer d'eux n'était pas dans mes priorités, sauf si, je n'avais pas le choix, comme ici. La médecine passe avant tout, ma soif de connaissance aussi, surtout quand tout cela est appuyé par l'insistance suprême de mon mauvais coté. C'est en affichant ce même sourire superflu et convaincant que je m'approchais prudemment de ma proie et déposai à nouveau ma main sur sa tête, mais cette fois avec une autre idée dans l'esprit. Si je voulais la conduire en toute sécurité dans les sous-sols, dans le laboratoire m'étant dédié, je devais la rendre le plus inoffensive possible, pour son propre bien et pour me faciliter les choses. C'est avec précision que je pénétrais son subconscient, virant mes yeux au vert pomme. Avec une facilité déconcertante je la plongeais dans un demi-sommeil, dans un rêve éveillé sans pour autant rêver. Me retrouvant avec un zombie inconscient à mes cotés, je pris sa main et sortis de la classe que nous occupions.

Marchant tranquillement, Kaïla à coté de moi les yeux vides, je parcourus rapidement les couloirs sous le sifflement amusé de mon ombre qui n'attendait qu'une chose, aller faire joujou avec sa nouvelle victime. Marchant d'un pas soutenu sans m'attarder pour ne pas soulever de soupçons -après tout il était impossible que Kurayami Kaïla soit en ma compagnie, normalement- nous arrivâmes assez rapidement devant le bureau de la directrice. Ayant pris mes précautions, je ne devrais avoir aucun problème en passant avec ma proie par cet endroit. Toquant quand à mon habitude, je pénétrais dans la pièce sombre et « et, l'enflure n'est pas là ». Ayame-Sama... Elle devait être occupée à flâner quelque part. Quel dommage, moi qui voulais la voir. Quoi qu'il en soit, je ne m'attardais pas d'avantage sur mes regrets et allais directement à l'essentiel. Ouvrir le passage secret menant vers le couloir des sous-sols, vers mon laboratoire. Tenant mon cobaye toujours avec fermeté, c'est avec un sourire charmeur que je saluais les scientifiques flânant dans le centre de recherche, avant de les congédier de la salle principale.

Finalement, je me retrouvais seule avec mon ombre et mon élève dans une grande salle spacieuse, remplie d'instruments de chirurgies en tous genres. Étant dans mon élément, je ne pus empêcher un frisson d'extase me saisir avant d'amener l'élève de Première jusqu'à une table en inox et de la faire asseoir dessus. Matérialisant des liens en cuir, je l'attachais. Les pieds et les mains liés de mon cobaye, je claquais des doigts pour la faire sortir de l'inconscience. Me détournant de sa personne qui commençait à s'agiter en réalisant sa position de faiblesse, je fouillais dans ma poche pour en sortir sa boucle verdâtre et la poser sur une autre table ici présente. L'analysant un instant, j'arrêtais quand un « la gamine gueule, elle s’impatiente, autant aller lui donner un peu d'attention, hehe. ». Délaissant l'objet, je passais la main dans mes cheveux pour les remettre en place. Avec habitude, je me saisis d'une paire de gants que j'enfilais, suivi de ma blouse d'hôpital. Préparant mes outils métalliques sur une petite table de la même matière, je ne relevais pas les plaintes de l'étudiante tout en approchant le tout de sa personne. Prête. J'étais prête. Et comme je ne comptais pas la tuer, ni la disséquer de manière glauque, j'allais inviter Akiha à rester tranquille pour le moment.

- Kaïla, ne t'en fais pas, tout se passera bien.

« Oui, très bien même, si tu me laisserais sortir, Akiha ! ». Non, refusé, pas pour le moment. Repoussant une mèche frivole du front de ma patiente, mon regard s'attarda un long moment sur son collier avant que je ne m'approche et le détache de son cou, délivrant ainsi l'endroit tant de fois exploité par ma personne dans le passé. Mes yeux brillants d'envie charmeuse de mes découvertes, je contemplais ce morceau de chair pâle et y discernai une cicatrice plus pâle que le reste, presque invisible à l’œil nu si on ne sait pas qu'elle s'y trouve. Poursuivant ma tâche, je déboutonnais la chemise de son uniforme et l'enlevai aussi, suivis de son soutien-gorge, dégageant ainsi tout son tronc. Parcourant son corps des yeux, j'y fis passer un doigt tout le long avant de suspendre mon mouvement, me rappelant de ladite promesse que je lui ai faite avant même qu'elle n'accepte de me servir de cobaye.

- Bien, passons aux choses sérieuses.

N'attendant pas d'entendre plus de cris, j'injectais un paralysant dans le corps de ma patiente sachant pertinemment que je ne pouvais utiliser de la morphine de peur que la réaction chimique de son virus endormi agisse sur les résultats de mes recherches. Oui, dans le passé ceci a posé un grand problème, ne pouvant anesthésier l'enfant à cause de sa maladie incontrôlable, les scientifiques m'ayant assistés ont dû faire le sacrifice d'opérer et d'expérimenter à vif. Je devais avouer que c'était désagréable, mais comme mon mauvais coté le dirait, c'était pour une bonne cause. Et cela n'allait pas changer le fil des choses aujourd'hui non plus. Prenant un tuyau attaché à une bonbonne d'air, je dus laisser sortir mon ombre pour qu'elle tienne ma patiente immobile pendant que je forçais le passage du tuyau dans sa gorge, l'enfonçant dans un bruit visqueux assez loin dans son œsophage pour qu'elle puisse respirer tandis que je procéderai à lui prélever des cellules. Ceci fait, j'activais la machine pour qu'elle ne s'étouffe pas.

«- Hm, gardons la consciente, c'est plus amusant ainsi. »

D'un clin d’œil, je cédais à sa demande tout en me concentrant sur la prochaine étape de mon processus. Prenant un scalpel dans ma main droite, j'entaillais peu profondément sa chair faisant bien attention à ne pas toucher son artère de peur qu'une hémorragie la tue sur place. Sous un fredonnement lugubre de mon mauvais coté, je pris des écarteurs et, sous un « vas y » donnait libre cours à la masse noire pour se faufiler à l'intérieur du passage créé par mon matériel chirurgical. Elle n'était que matérialisation, cette même puissance qui coulait dans les veines de Kaïla, par ce fait, elle aura plus facile d'aller jusqu'au cœur de l'étudiante sans pour autant endommager sa personne. Même si en contrepartie, cela devait être douloureux pour la jeune fille étendue devant moi. Cela s'avéra vrai quand des gémissements étouffés par le tuyau parvinrent à mes oreilles. N'y prêtant pas plus d'attention, je choisis une aiguille longue d'environ vingt centimètres et, quand j'eus le feu vert de mon ombre, je la plongeais dans l'ouverture, suivant la direction indiquée par la trace de ma collaboratrice. « ça dort là dedans, autant laisser les choses comme ça... ». Dangereux, ce procédé était risqué, je pouvais tout aussi bien réanimer sa maladie en y introduisant mes seringues tout autant que de ne rien dérégler. Un pari irrationnel, mais tentant. Sous un stop de la masse répugnante, j'arrêtais net mon mouvement et prélevai une minime partie de la bactérie l'habitant. Retirant la tige métallique avec autant de précautions, j'examinais un instant le liquide brunâtre dans le tube avant de laisser mon ombre s'occuper du corps étendu de la gamine, tout en enlevant mes gants tâchés de sang, je me dirigeai vers mon bureau où diverses éprouvettes remplies de liquides multicolores attendaient que j'y déverse le contenu viral. Encore une chose dangereuse. C'est avec joie que mon mauvais coté s'extrait du corps de cet enfant pour, arrêter le début de l'hémorragie déclenchée par mes manœuvres.

«- Oh elle va tourner de l’œil ! Pas avant que je m'amuse, Akiha. »

Je relevais la tête sous un rire diabolique de mon mauvais coté, tout en laissant les préparations mijoter tranquillement. Avec un sourire sans joie, je rejoins les deux personnes se trouvant dans le laboratoire, et observai Kaïla. Il était vrai qu'elle avait la mine livide, la sueur perlant sur la surface de sa peau, ses yeux mi-clos fixaient un point invisible au plafond. Un soupir de ma part, je congédiais mon ombre en moi et, avec toute la précaution du monde pour ne pas déchirer ses cordes vocales, retirai le tuyau obstruant sa trachée. Ensuite, je fouillai dans une armoire à la recherche d'un produit. L'amenant tout près du visage de mon cobaye, ce dernier se réveilla instantanément sous des murmures inintelligibles à mes oreilles. La douleur l'aurait fait délirer ? Fort possible. Ne m'attardant pas plus que cela sur ce constat, je recouds l'incision et nettoyai la plaie avant d'y apposer une bande de protection. La blessure n'était pas plus grande que mon pouce, mais tellement mal placée... « à moi ! ». Et c'est sur cette demande que mes yeux virèrent au rouge et qu'un sourire cruel apparut sur mon visage d'habitude serein. Désolée Kaïla, mais une récompense était indispensable à ma conscience. C'est dans des hurlements étouffés que, sans moindre délicatesse, je pris un scalpel et coupait dans la chair tendre de mon cobaye. Riant, limite jouissant sous le plaisir de ma deuxième moitié, je prélevais une minime partie de ses muscles avant de reprendre contenance, laissant ma victime sombrer dans l'inconscience.

Reprenant mon apparence, je déliais Kaïla avant d'essuyer le sang sur son corps et la recouvrir d'un drap. Un baiser sur son front en sueur et me voilà satisfaite. Laissant son corps inerte là, je partis me nettoyer moi-même avant de retourner à mes expériences mijotant sur mon bureau. « Tu l'aimes bien cette gamine, hehe ». Je ne répondis rien, m'occupant des fioles et d'un autre objet peu commun qui se trouvait à coté de moi, en attendant le réveil de l'étudiante. Oui, j'appréciais les patients qui guérissaient.

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MessageSujet: Re: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 3:56

C'était étrange. D'abord je voyais Akiha toute sourire devant moi, ensuite plus rien que le noir. Je ne sais pas combien de temps je suis restée dans cet état de sommeil inconscient, mais quand je me réveillais attachée à une table d'opération, dans un endroit blanc et stérilisé, je n'avais qu'une envie, retourner dans le pays des rêves pour n'avoir pas à vivre cela. Mais comment dire... Les contes de fées sont destinés qu'aux enfants et j'ai dépassé ce stade depuis bien longtemps. Premièrement, j'essayais de me persuader que tout cela n'était pas grave, que de toute façon rien de mauvais ne m'attendait après tout, elle a promis... Ouais, cet état de ma personne ne dura pas très longtemps quand Akiha est rentrée dans mon champ de vision toute habillée en parfaite petite scientifique s'apprêtant à charcuter un animal. Et là, là tout revint, tous mes souvenirs des heures passées dans la cave familiale sous les yeux curieux de gens dont je ne connaissais même pas le nom. Et là... La panique totale. Je me mis à hurler, à tirer sur mes liens pour que tout s'arrête, tout courage m'ayant quitté.

- Non ! Non ! Je ne veux plus ! Laisse-moi partir ! Akiha !

Je pouvais m'exclamer, me tuer les cordes vocales autant que je le voulais. Mon médecin du moment n'avait pas l'air de m'entendre. Paniquée comme jamais, j'eus même entendu des suppliques sortir de ma bouche sans que je ne contrôle ma peur. Mais pour seule réponse je n'eus que le cliquètement du métal et son éternel.

- Kaïla, ne t'en fais pas, tout se passera bien.

Qui me déstabilisa entièrement. Quand elle disait cela, ça voulait dire que rien n'irait bien, que j'allais souffrir. Mais quelle stupide idée m'était passée par la tête pour venir la voir, pour me laisser entraîner dans sa folie, pour revivre mon passé avec tant de présence. Stupide, j'étais furieuse contre moi-même, je ne voulais pas être là. Pas attachée à cette table froide, pas voir son visage délicat et inhumain, pas sentir ses mains sur mon corps. Cela me rappelait trop Naoko, mais en même temps non. C'était différent, moins bestial mais en même temps trop peu professionnel pour être vrai. Je rêvais, voilà tout, et quand je rouvrirais les yeux je serai dans ma chambre, tranquillement installée devant la télévision. Conneries. Et je le constatais quand une aiguille se ficha dans mon bras et, qu'on m'ouvrit la bouche de force.

Un tuyau, si on vous enfonce un tube dans la gorge qu'elle est votre premier réflexe ? Eh bien le mien c'est de vomir, sauf que quand y à ce fichu plastique qui vient se ficher au fond de vos poumons, je vous assure qu'il vous est impossible de retourner votre petit déjeuner. M'étouffant tandis que les muscles de mon œsophage jouaient pour faire sortir le tube, le feu prit place dans toute ma trachée. C'était horrible, et le bruit qui s'en suivait l'était encore plus. Si je suis passée au vert après le blanc, c'était normal. Paniquée, j'avais chaud, tellement chaud que des sueurs perlèrent à mon front, j'avais peur, tellement que j'essayais de l'exprimer, blessant ma gorge encore plus.

Ce qui s'en suivit ? Je ne le raconterai pas, je crois que moi-même je n'ai pas saisis tout le fil des idées. La souffrance était le mot clé de l'histoire, plus d'une fois je ne voyais plus son visage d'or qu'avec une vision floue, à cause des larmes qui m'obstruaient la vue, plus d'une fois j'essayais de hurler pour qu'elle arrête, il m'est même arrivé d'essayer de ne plus réagir, chose difficile je dois dire. Mais au final, je me retrouvais toute endolorie, à moitié consciente, ne voulant que mourir sous cet asseau terrible de mal. C'était encore pire que dans mes souvenirs. Je tournai de l’œil plus d'une fois. À un moment, je crois que j'ai complètement décroché n'entendant que mon propre murmure suppliant qu'elle cesse, que tout cela disparaisse. Et mes prières se firent entendre, vu que je sombrais sans demander mon reste, et cette fois, personne ne vint me réveiller.

Je ne sais combien de temps est passé, je ne sais pas ce qu'Akiha a fait pendant mon sommeil, mais quand je gémis sous la brûlure de ma gorge, aucun autre son ne pouvait sortir de mes cordes vocales. Une forme flou, une lumière trop vive pour que je puisse ouvrir pleinement mes pupilles, je sentis qu'on me soulevait la tête pour m'administrer une substance étrange qui, passant par ma trachée, me valut une grimace de douleur.

]- Cela fera passer la douleur...

M'étouffant à moitié avec son breuvage, j'essayais de me mettre en position assise avec l'aide de la femme scientifique. Je me trouvais toujours sur cette fichue table en inox, mais à présent sans attaches. Déboussolée, je me laissais faire quand Akiha chipota à mon cou pour y remettre mon collier, mais, beaucoup plus lourd que d'habitude. Yeux vagues, je portais ma main à ma gorge endolorie pour vérifier ce que c'était, et me heurtais à un métal froid. Levant la tête vers la femme, je la questionnais du regard, ne sachant pas prononcer aucune parole, tout en tenant l'objet froid d'une main et de l'autre essayant de cacher mon corps à moitié dénudé. Ouais, même à moitié consciente, j'étais pudique.

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MessageSujet: Re: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 4:01

Un rosaire. Une croix en métal léger, incrustée de motifs gothiques avec, en son centre une bille, un bijou de couleur gris métallique. Un petit présent pour Kaïla qui me sera utile dans un futur proche. « Tu as du goût. ». évidement, j'étais persuadée que cela lui irait bien attaché à son collier. Injectant ma matérialisation dans le bijou de mon cru, je le synchronisais avec celle de ma patiente endormie. Contente de ma manipulation réussie, je pris le bout de cuir et y plaçai le rosaire. Déposant l'objet tout prêt sur la table, je revins à mes éprouvettes.

« C'est étrange non ? La matérialisation a stoppé tout, mais ne l'a pas guéri. » Voilà le casse-tête devant lequel je me retrouvais depuis une bonne heure, à retourner toutes les solutions possibles et imaginables. La matérialisation... la régénération dont tout élève de Undai avait accès sans pour autant pouvoir soigner une autre personne que soi. Mais ce n'était pas assez parfait pour éradiquer entièrement une maladie apparue avant la scolarisation dans cette Académie. Pourquoi ? Une restriction apposée par la directrice, pour ne pas donner trop de pouvoir à ses étudiants ? Cela pouvait être une explication, même si je misais plus sur la quantité d'ADN de Dead Master-Sama présente en chacun. Oui, ce serait beaucoup plus logique. J'avais un problème, un gros problème à résoudre, et je n'aimais pas la solution radicale qui me tombait du ciel dès que j'avançais une théorie. Ayame-Sama et son corps. Son être n'ayant plus rien d'humain mais étant beaucoup plus complexe qu'une simple matérialisation. Un corps gorgé d'un million de produits chimiques gradués avec une parfaite précision, sans oublier le gène naturel qu'elle possédait. Alors... Il m'était impossible d'arriver à quelque chose de plus sans qu'elle ne me laisse profiter de son corps de son plein gré. Oui, juste le temps que j'analyse tout, le temps que je sache chaque parcelle qui la compose, le temps... le temps trop long pour que je ne meurs pas avant d'avoir tout découvert.
Sauf si... sauf si je mets toutes les chances de mon coté.

Un faible bruit me fit lever la tête des documents que j'examinais. Voyant que Kaïla émergeait lentement de son sommeil forcé, je me dirigeai vers une de mes armoires et y dégotai un étrange flacon violacé. Préparant avec aisance un petit breuvage contre la douleur, je forçais mon cobaye à boire le tout en la rassurant gentiment. Après tout, j'aimais mes chatons, surtout ceux qui étaient sages. Cherchant son collier, je le lui attachais avec un léger tintement à son cou, cachant par la même occasion une cicatrice toute fraîche. Contente du résultat, je lui souris doucement et me reculai pour admirer mon œuvre. Le bijou incrusté scintilla un instant d'une couleur bleue métallique pour s'éteindre ensuite et prendre une couleur gris/noir. Parfait. Je ne pus empêcher un rire amusé sortir de ma bouche quand je la vis, mal à l'aise essayer de cacher sa poitrine. Devais-je lui signaler que j'eus une vue pleine et totale sur son corps pendant plus de quelques heures ? Non, cela la froisserait pour rien. Attrapant sa chemise, je la lui tendis et, quand je voulus l'aider, elle me repoussa. Bien sûr. Un soupir, et je la laissais se remettre de ses émotions tout en lui expliquant le pourquoi du comment de la croix.

-C'est un rosaire. Le rond en son centre indique l'état de ton virus. Cela te sera utile au cas où ta maladie déciderait de se réveiller à nouveau. Le gris indique que rien n’a changé et que ton virus dort, quand le bijou virera au rouge, il faudra que tu t'inquiètes et viennes tout de suite me voir, et quand il sera bleu... disons que j'aurais pleinement réussi à te guérir. Porte le tout le temps sur toi ~

Tout en parlant, j'ajoutais une note d'ordre dans la dernière phrase, pour l'obliger presque inconsciemment qu'elle m'obéisse. « Hmm... depuis quand aimes-tu signer ? » Un sourire des plus charmeurs se peignit sur mon visage, avant que je ne me détourne de Kaïla et m'installe à mon bureau tout en observant ses expressions faciales. Signer ? Effectivement, je n'avais pas à l'obliger de porter ce rosaire tout droit sorti de mon imagination, pour connaître l'évolution du mélange que je lui ai administré secrètement dans le corps. Mais je trouvais cela plus subtile ainsi, et comme je m'intéressais à l'esprit humain, je pouvais ainsi assurer qu'elle viendrait me voir de temps en temps, rien qu'au cas où. Ainsi, je profiterai de ses hésitations pour mieux expérimenter dessus. Non, évidement que ce n'était pas juste pour des raisons scientifiques que je lui ai fait don de ce rosaire, il allait de soi qu'il y avait un signe bien distinct derrière tout ça. Après tout, je l'ai vu grandir, j'ai passé des heures et des heures en sa compagnie et finalement je l'ai retrouvé après l'avoir guéri, dans cette école. Le destin, peut-être que grâce à son corps je trouverai quelque chose d'intéressant. Qui sait. En tout cas, le liquide que je lui ai administré, se développera en présence de son virus et, si ce dernier disparaît... « Hehe, risqué, elle peut tout autant crever. » Effectivement, mais le sacrifice était nécessaire, s'il y aura lieu d'être. Et croire que ce chaton ne saura même pas qu'elle a une bombe à retardement en elle. Alala, après tout, elle en a vécu avec pendant toute sa vie, je venais juste de la bousculer un peu.

- Tu es en vie, tu as peut-être mal, mais ça passera. Tu te rappelles des gélules bleues que tu prenais avant ? Reprends-en trois fois par jour pendant une semaine et ensuite, reviens me voir.

Prenant une boite qui était sur mon bureau, je la déposais sur le coin de ce dernier tout en l'invitant à venir s'en saisir. Prudence... Son regard rouge me scannait de haut en bas avant qu'elle ne se relève de la table d'opération, titube sous son corps faible et s'approche avec cet air réservé et de mépris. Les enfants. C'est sous une demande express de mon mauvais coté que j'attrapais sa main quand elle vint se tendre pour attraper la boite, et la plaquai sur mon bureau avec force, lui exigeant de se baisser pour être au niveau de mes yeux. Approchant mon visage de son oreille, je lui soufflais quelques mots menaçants.

- Et dès la semaine prochaine, suis mes cours régulièrement, sinon... ~

Riant tout en apposant un baiser sur sa joue, je la lâchais et fis un geste désinvolte de la main pour la congédier de mon laboratoire. Pauvre petit chaton apeuré, je devrais peut-être l'accompagner et la couver ? Amusant. « Aaaah, la haine, j'aime ça ». Vraiment, j'en rirai presque.

- Le deuxième couloir à ta droite, tu débaucheras sur une sortie dans le temple, de là, je te laisse trouver ton chemin. Ne t’attardes pas de trop et va te reposer, mon chaton ~

Je la gratifiais d'un sublime sourire en lui disant de partir. Si elle n'obéit pas, je la dissèque. Et je crois qu'elle a compris mon message muet parce qu'après une ou deux insultes outrageantes, elle partit en claquant la porte sans se retourner. « Et maintenant ? ». Maintenant, on attend. Une longue soirée se préparait pour mon cerveau en plein fonctionnement. Enfin un divertissement digne de ce nom. Coulant mon regard bleu sur les papiers classés sur mon bureau, je me mis à rire lugubrement.

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Re: La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.   Mer 12 Déc - 4:05

Chaque respiration chaque goulée d'air me déchirait la trachée au point que je me demandais un instant s'il ne serait pas mieux que j'arrête de respirer et me laisse mourir par ce geste, question de n'avoir pas plus mal. Mais j'abandonnais l'idée, il me serait insupportable que cette femme et son fichue ombre, essayent de me réanimer. Ouais ce serait pire que de souffrir à oxygéner son corps. Corps qui se fit violence pour repousser les assauts d'une Akiha maternelle. Arrachant ma chemise qu'elle me tendait, je voulus la tuer quand sa main vint frôler ma peau avant que je ne la repousse avec rage. Mettant ma chemise d'uniforme à la hâte, je la fusillais des yeux tout en la boutonnant. Si je pouvais la tuer, je l'aurais fait, surtout après son rire moqueur. Salope.

- C'est un rosaire. Le rond en son centre indique l'état de ton virus. Cela te sera utile au cas où ta maladie déciderait de se réveiller à nouveau. Le gris indique que rien n’a changé et que ton virus dort, quand le bijou virera au rouge, il faudra que tu t'inquiètes et viennes tout de suite me voir, et quand il sera bleu... disons que j'aurais pleinement réussi à te guérir. Porte le tout le temps sur toi ~

Enregistrant ses dires, tout en voulant retirer l'objet pour mieux l'examiner, j'arrêtais mon mouvement quand elle m'intima de n'en faire rien. Il fallait avouer que même si je la haïssais, même si tout nous opposait, ses mots avaient un sens caché que j'arrivais à desceller... Enfin, je crois. Je détestais son ton mielleux, son sourire amical ou ses gestes emplis de douceur, tout, tout en elle était faux. Pas entièrement... Ah et merde, cela me fait chier, déjà que je me suis laissée charcuter sans pitié par ses outils, maintenant j'essaye de lui trouver une excuse valable, comme quoi c'était vraiment pour mon bien. Cela devait être son pouvoir, oui, elle l'utilisait pour m'amadouer, et en me persuadant de cela, je la détestais encore plus. Grinçant des dents, je dus avouer être soulagée quand elle retourna à son bureau, même si son regard insistant était toujours posé sur ma personne frêle. Ne pas m'évanouir, sinon... Sinon, je risquais gros.

- Tu es en vie, tu as peut-être mal, mais ça passera. Tu te rappelles des gélules bleues que tu prenais avant ? Reprends-en trois fois par jour pendant une semaine et ensuite, reviens me voir.

Si je pouvais, je lui hurlerais dessus toute ma haine. Mais seul un murmure pouvait sortir de ma bouche sans que je n'en souffre pas de trop. Je ne voulais même pas savoir ce qu'elle a bien pour trafiquer dans ma gorge pour que je puisse respirer plus ou moins normalement, mais avoir si mal en même temps. L'enflure. Un sourire ironique se plaqua sur mon visage avant que je ne le remplace par des traits purement haineux. En plus, elle se foutait de moi ! Le comble. Si elle croyait un seul instant que j'allais me jeter encore une fois dans ses bras, qu'elle meurt, qu'elle se berce de ses illusions débiles et qu'elle en crève. Voilà tout ce que je lui souhaitais. Mais, en même temps, je ne pouvais refuser d'accepter ses dires et, docilement, m'approcher pour prendre les médicaments que j'eus l'habitude de prendre depuis des années. Je ne sais pas ce qu'elle a fait, mais j'avais l'impression qu'il fallait que je suive ses instructions pour pouvoir m'en sortir sans trop de mal. Après tout, c'était elle le docteur et moi... Une pauvre folle qui a accepté un pari de la vie. Oui, j'ai accepté d'être son cobaye pour, dans le futur, avoir la paix. Mais, quand elle attrapa mon poignet et que je grimaçais de dégoût, je crois que mes propres illusions s'envolèrent. Jamais elle ne me laissera en paix.

-Et dès la semaine prochaine, suis mes cours régulièrement, sinon... ~

Sinon quoi ?! Je ne veux pas savoir. Furieuse, je lui lançais un regard noir, je voulus la gifler quand elle posa ses lèvres douces mais si détestables sur ma joue, mais, finalement, ce n'est que l'air que je touchais quand sa main lâcha la mienne et que je reculai par réflexe. Ouais, j'avais l'air fine devant cette dame distinguée qui me jugeait de son regard clair, me regardant comme si j'étais une bête de foire, amusante et domptable. J'ai déjà dit que je la détestais ? Ouais, bah, je le répète.

- Le deuxième couloir à ta droite, tu débaucheras sur une sortie dans le temple, de là, je te laisse trouver ton chemin. Ne t’attardes pas de trop et va te reposer, mon chaton ~

Furieuse, voilà ce que j'étais. Après l'avoir insulté d'horrible manipulatrice digne de brûler sur un bûcher tout en hurlant de douleur, je fourrais la boite des médicaments dans une de mes poches sans oublier de lui dérober mon bracelet de matérialisation et tournais les talons tout en sortant d'un pas rapide et claquant la porte à ma suite. Enfin, rapide était un grand mot, parce que dès que je me retrouvais seule dans un couloir bleu, je m'accoudais un instant au mur, épuisée. Oui, je vous assure, se faire découper en étant consciente, n'était pas une mince affaire et là, là je sens que j'ai la fièvre et qu'il faut que je mange quelque chose sous une anémie qui risque de me saisir à tout instant. J'espère juste qu'elle savait ce qu'elle faisait en me mettant dans un tel état. Lui faire confiance, moi ? Jamais. Si, maintenant, là pour me persuader que j'arriverai à atteindre les dortoirs sans m'évanouir au milieu du chemin et me faire dévorer par un quelconque animal peuplant la forêt de Undai. Soufflant un dernier coup, je pris toutes mes forces et suivis le chemin qu'elle m'indiqua. Perdue, je jurais encore plus, tout en essayant de me rendre la plus discrète possible, quand un bruit de pas parvint à mes oreilles. Sortir, sortir sans être vue, c'était la priorité.

Et c'est ainsi, avec la peur au ventre, le mal à la gorge, la détresse dans la tête, que je débauchais sur une porte métallique que j’ouvris sans me poser de questions pour, finalement arriver dans un couloir sombre qui n'avait rien à voir avec l'atmosphère stérilisée dans laquelle je baignais précédemment. Le temple. Parcourant à l'aveuglette les pièces, je sortis enfin à l'air libre et la, je me posais près d'un tronc d'arbre et y restai pendant une bonne heure, tenant ce fichu rosaire entre ma paume serrée. Une attache, je me sentais si lourde en portant cela, et pourtant, je n'osais pas l'enlever, que les paroles d'Akiha soient vraies ou non, j'allais pas tester sa crédibilité.

C'est au bord du gouffre de puissance que j'arrivais dans la chambre de Yume, allant directement m'effondrer sur son lit, habillée et sans forces. Je n'en pouvais plus, j'avais mal à en mourir, je ne savais pas si ce que j'ai fait est bien ou non, je voulais que ce ne soit qu'un stupide rêve et que je me réveille bientôt, en forme. Mais la chose pendant à mon cou me sortit de toute rêverie. La vérité tue. Et c'est sur cette pensée que je m'endormis lourdement.

END

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La science n'a aucune conscience... Et certainement pas de pitié.

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