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 Ivresse d'un voyage

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Jeu 6 Déc - 2:38

C'était fou comment les maisons des vieux possédaient cette odeur caractéristique que l'on ne retrouvait pas dans des habitats de personnes dans la moyenne d'âge. Cette senteur de renfermer qui vous prend aux narines et ne vous lâche plus. Évidement, plus nous restions dans cette atmosphère, plus il était facile de la supporter, en s'y habituant. Personnellement, j'ai entendu beaucoup d'histoires parlant des grands-parents, comme quoi une de mes anciennes amies allait souvent rendre visite aux siens et que cette odeur persistait après sur ses vêtements. Avant aujourd'hui, je n'eus jamais le loisir, l'expérience de démontrer ces mêmes dires, tout simplement parce que je n'ai jamais été dans la maison de mes grands-mères et grands-pères. La raison ? Premièrement, c'était à cause de mon incapacité, ou plutôt interdiction de sortir en dehors du manoir de mes parents. Deuxième raison ? La plus part de mes ancêtres étaient morts, de là l'héritage immense de mes parents. Et finalement, ceux qui sont restés en vie, n'étaient pas autorisés à me voir pour la simple et bonne raison que mes géniteurs ne voulaient guère que je fréquente des vieux. Pourquoi ? Allez savoir, je ne suis pas dans leurs têtes. Bon, j'avais ma petite idée sur la question, mais cela n'avait pas d'importance. Le fait était que c'était la première fois que je me retrouvais vraiment en compagnie d'un vieux, dans une maison à la mode antique. Je devais avouer être curieuse de cet endroit. Contrairement à ma chère amie.

- Ouais, comme je passais dans le coin, elle en a profité pour te faire parvenir ce colis. Quoi qu’il en soit, je ne m’attarde pas, donc !

Tout d'abord surprise du manque de politesse de cette dernière -tandis que j'essayais d'être la plus courtoise possible- je me laissais entraîner par sa personne vers la porte d'entrée. Nous partions ? Tant mieux, je n'allais pas m'en plaindre pour autant, même si ses manières me laissaient perplexe. Yume n'aimerait pas cet homme ? Il y avait certainement une bonne raison pour, et étrangement je misais sur un lien avec Dead Master. Faux ? Juste ? Je ne saurais dire, mais l'homme en question n'avait pas l'air de vouloir nous laisser partir. Je ne comprendrai pas les vieux, je n'essayerai même pas de raisonner à la mode de Yume. Perdue. Quoi qu'il en soit, me voilà à regarder tour à tour le vieillard et ma colocataire pour voir si elle allait accepter son offre de passer la nuit chez lui ou non. La réponse me vint tel un souffle ennuyé :

- M’oui. La douche, je prends la salle de bain, Kaïla, tu viens avec moi.

Oui chef ! Non que je voulais la voir se balader à poil ou quoi que ce soit, mais je devais avouer qu'un bon petit bain après une nuit dans les bois, ne me ferait aucun mal. En plus de cela, je me voyais mal rester avec notre hôte pendant x temps à lui faire la conversation. Je ne savais pas comment réagir avec les ancêtres. Et je n'allais pas commettre cette même erreur que j'ai faite avec un enfant. Ne pas jouer avec ce qu'on ne connaît pas, pour sa propre sécurité. Et c'est ainsi, sous les gloussements étranges du vieillard, Yume m'entraîna dans la salle de bain qu'elle ferma précipitamment derrière nous. Surprise, je la regardais faire sans broncher tout en me posant dans un coin de la salle de bain. Une salle de bain dans un style plutôt rustique, joli, mais pas dans mon genre. Trop... vieux style.

Laissant Yume préparer le bain, je détaillais la pièce tandis qu'elle pénétra dans la baignoire, se détendant enfin un peu. Je me demandais pourquoi elle avait l'air si... énervée de se retrouver là. J'avais certaines des idées quant à la manière dont elle s'est procurée le mystérieux paquet, mais de là à la voir si contrariée d'être en présence d'une vieille personne, je ne comprenais pas pourquoi elle se comportait de la sorte. Il n'avait pas l'air d'être méchant le monsieur. Et entre vieux, ils devraient s'entendre non ? Parce que ouais, Yume, inéluctablement, incontestablement, n'était pas de ma génération. Étrange ? Bah, elle n'avait pas l'âge d'être ma mère, c'était déjà ça. Effrayant ouais.

- Fais attention à ce rat. Il n’est pas du genre à être le vieux gentil papy, il a tendance à être le bon gros vieux pervers de service. Tu vas me dire, c’est un ami d’Ayame après tout, mais bon.

Je me dézapais à mon tour, pliant soigneusement mes vêtements dans un coin de la pièce. J'hésitais un instant de m'installer avec elle dans la baignoire, préférant la laisser prendre son bain et puis, m'y plonger à mon tour. Non que je ne supportais pas le contact physique, mais c'était tout comme. Alors autant éviter non ? Si. Sauf que j'ai changé d'avis quand elle se replia pour me signifier que la place m'était destinée. Bon super, me baigner avec une autre femme. Que de plus bizarre ? Encore heureux que ce n'était pas la première fois que je partageais une salle d'eau avec sa personne, sinon, bah sinon je refuserais catégoriquement de me « promener » nue devant ses yeux. Ouais, à la base j'étais pudique, même si c'était difficile à concevoir en se rendant compte que je partageais mon quotidien avec une fille sans moindre mœurs.

Soupir après soupir, je pénétrais dans la baignoire en prenant soin de ne pas frôler la peau pâle de la femme en face de moi. Évidement que la question du « supporterait-elle d'être si proche d'un corps souillé par une gamine ? » m'est passée par la tête. Mais j'essayais d'en faire abstraction, en me concentrant plutôt sur ses dires à l'encontre de notre hôte âgé. Un pervers ? Un vieux pervers. J'en grimaçais. Il ne maquait plus que cela, échapper aux attouchements d'une chose ridée. Si il me touche... Je le tue.

- Je peux toucher pour tester …

Une mine stupide sur le visage, je suivis le regard de Yume avant qu'elle ne le détourne de mon corps et restais de marbre en comprenant ce qu'elle voulait dire par son murmure. Une seconde, je pâlis, deux secondes après, je devins rouge, troisième seconde, mes yeux se rétrécirent et aucune expression ne filtra sur mon visage. Non, non, tu ne toucheras rien ! Je vais la tuer, cette... cette...

- Si tu veux, on va promener un peu après le bain, ce n’est pas tous les jours que tu te retrouves dans la ville ou plutôt village du Mont Fuji. Y a un temple pas loin d’ici, on pourrait y aller à pieds.

Ah ouais, et puis elle pensait à quoi ensuite ? M'entraîner dans un coin sombre entre deux arbres et... Non ! Stop ! Je n'avais même pas envie de penser à ces choses là, c'était inconcevable et me rendait pire que mal à l'aise. À moitié outrée et, surtout, en colère, je sortis de la baignoire avec un grognement furieux avant de me mettre à la recherche d'un essuie dans une des armoires, essayant de faire abstraction d'un quelconque regard posé sur mon corps plus que dévêtu. Terrible, cette fille -femme- était irréparablement sadique sans s'en rendre compte. Protégée par un essuie, je grinçais des dents avant de poser mes mains sur mes hanches et de la regarder de haut, laissant retentir ma voix dans la pièce, terriblement calme, terriblement basse, terriblement trop posée pour que mon humeur et ma pose ne contraste avec.

- Yume Kuroi, tu n'es qu'une perverse pédophile sans moindre scrupule. Je me demande de qui je devrai me méfier d'avantage, du petit vieux ou de toi. Parce que lui, au pire je peux l'assommer... Mais toi, il faudra que je porte plainte, et encore... Perverse, arrête de me regarder.

Oui, trop calme pour que ce soit vrai. C'est certainement pour cette raison que j'attrapais un savon sur le rebord d'un des éviers et que je le lui balançais en pleine figure avant de lui ordonner de ne pas me fixer avec ce fichu regard bleuté. Je me demandais juste si elle se rendait compte de son comportement inadéquat. Avec un peu de chance, oui. Avec la probabilité, non. Bon sang, quelle plaie. Chose faite, je me retournais de dos, et enfilait mes vêtements tout en me débattant avec mon essuie pour le garder bien sur la plus part de mon corps. Chose faite, je croisais les bras sous ma poitrine tout en la jugeant du regard avant de soupirer... et soupirer.

- évite de dire ce genre d'allusion tout haut, cela t'évitera d'être prise pour ce que tu es, Yume. Mais plus important, tu n'as pas l'air d'apprécier ce petit vieux. Est-ce juste à cause de sa « perversité » ? Hmm... Et je veux bien aller me promener, à une condition ; tu ne me touches pas, espèce de vieille obsédée.

Oui, c'était plus par habitude qu'autre chose que je lui imposais cette réalité des choses. Qu'elle regarde me dérangeait terriblement, me mettait mal à l'aise aussi, mais c'était encore supportable. Par contre, si elle dépassait les limites, là, là même si ce serait pour rire, je ne le lui pardonnerai pas. Maaah, elle se taperait au pire quelques bonnes années de prison non ? Bon, il était temps de cesser de penser à des choses stupides. Un autre soupir et me voilà impatiente de découvrir ce temple près du Mont Fuji. Non, je n'étais pas une adepte des prières et tout, mais si je pouvais visiter, si je pouvais voir des choses que mes yeux n'ont jamais vus, alors oui, j'étais partante. Que ce soit en compagnie de ma chère amie perverse, ou d'un glaçon tout droit sortit du congélateur. Un sourire sur le visage, je la dépêchais de sortir du bain. Non que je ne voulais pas me retrouver seule en compagnie de notre hôte, mais c'était tout comme après l'avertissement de ma colocataire. Oui, j'étais prudente, et j'avais des bonnes raisons d'exagérer ce comportement réservé.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Ven 7 Déc - 21:41

Il allait de soi que ma remarque n’allait pas se faire oublier aussi simplement qu’un coup de vent, bien que j’aurais préféré qu’elle ne le relève pas, Kaïla restait Kaïla et moi … moi la victime qui se faisait hurler dessus. Se relevant sans plus grand ménagement en « cachant » son corps d’un essuie, elle se figea devant ma personne dénudée pour me dire, de sa voix si autoritaire :

- Yume Kuroi, tu n'es qu'une perverse pédophile sans moindre scrupule. Je me demande de qui je devrai me méfier d'avantage, du petit vieux ou de toi. Parce que lui, au pire je peux l'assommer... Mais toi, il faudra que je porte plainte, et encore... Perverse, arrête de me regarder.

Arrêtez de la regarder alors qu’elle me parle ? Ayame m’avait appris à regarder mon interlocuteur, et qu’elle trouve mon regard pervers ou pas, tant pis pour elle. Peut être qui si je n’avais pas entendu les gloussements d’une certaine personne se trouvant dans la même maison que nous, j’aurais gardé mon calme, mais non ! Fallait que le vieux fasse des bruits étranges de vieux dont on ne veut comprendre le sens. Et puis merde aussi, si elle portait plainte -ce qui n’arrivera pas- j’aurais tout de même trouvé un moyen pour m’en sortir, que ce soit par l’argent d’Ayame ou encore de déciment le plus simplement possible toutes personnes ayant été mêlées à ce, cette … hum, aux dires de Kurayami. Oui, voilà … tuer aide.

- évite de dire ce genre d'allusion tout haut, cela t'évitera d'être prise pour ce que tu es, Yume. Mais plus important, tu n'as pas l'air d'apprécier ce petit vieux. Est-ce juste à cause de sa « perversité » ? Hmm... Et je veux bien aller me promener, à une condition ; tu ne me touches pas, espèce de vieille obsédée.

Entre changer de sujet et faire ceci en retournant une seconde après, que dis-je, dans la même phrase à l’épisode d’avant, ce n’était pas ça qui allait nous aider. Et rien que pour marquer ou plutôt dire que je ne comptais pas dégager mes yeux de son corps, je ne perdis pas une miette de son habillage. Dégoûtant, se laver pour remettre des vêtements dans lesquels on avait pué … Dieu, cette fille restera un certain spécimen pour mon esprit rationnel. Oui, je sais qu’il ne l’était pas beaucoup, mais au moins ainsi, je me donnais des grands airs.

Décidant de moi aussi sortir de la baignoire, je ne pressais pas le pas sans prendre la peine de cacher ma nudité, j’avais un corps parfait, souple, aux courbes enivrantes, une magnifique femme, tellement magnifique qu’aborder cette apparence me laissait perplexe. Imaginez moi, j’ai passé ma vie entière avec l’apparence d’une gamine, alors le jour de l’apparition de mon « vrai moi », je peux vous assurer que je suis restée au moins une heure devant un miroir, complètement nue à me regarder. Ce n’était pas de la perversité, juste … de la curiosité.

Attrapant le premier essuie me tombant sous la main, je l’enroulais autour de ma taille avant d’en prendre un deuxième pour attacher mes cheveux dans une espèce de nœud faisant tenir le tout. M’asseyant sur le rebord, je regardais d’un œil discret la porte en m’assurant que personne ne nous écoutait pour commencer mon élocution vis à vis de ses questions.

- C’est pas que je l’aime pas, c’est juste que ce genre de personnes m’insupportent Il est niait à en crever, il n’a toujours pas capté que sa femme a … avait, soit. Et puis, c’est pas le genre de type que j’arrive à blairer, il était en première année de médecine quand Ayame était en terminal … C’est même pas le fait qu’ils se connaissaient avant que je la connaisse, non. C’est juste … c’est le genre d’être qui m’a fait détester l’humain. Moche, gras, vieux et con. La perversité mise de côté, j’en ai déjà assez pour dire que je ne l’aime pas.

Me relevant en essuyant mon corps sans lever le regard vers ma jeune élève, j’attendis d’être complètement sèche pour matérialiser des vêtements sur ma personne. Décidant d’un simple débardeur accompagné d’un jeans taille basse me tombant sur les hanches, je matérialisais sur mes pieds des petites bottines en vue du temps extérieur. Sur le pli de mon bras, un simple gilet en lainage d’une couleur grise prit place alors que j’avançais pas à pas vers Kaïla alors que des artifices naissaient sur mon corps, je posais à peine ma main sur sa personne tout en rivant mon regard dans le sien. Poser était un grand mot, si j’avais touché son tissu lui servant d’habit, cela était déjà grand chose.

- Il est idiot de se laver pour remettre des vêtements sales Kiwi.

Kiwi ? Ouais, c’était bien la première fois que je l’appelais vraiment comme ça. Lol. Non pas vraiment, changeant donc ses loques par des vêtements plus propres pour sa personne, je sortis de la salle d’eau en compagnie de ma chère amie. Me retrouvant -comme j’avais pensé- devant une tête toute ridée, j’arquais un sourire jaune avant de lui dire ;

- Partir. On reviendra plus tard.

Jamais. Jamais, jamais et jamais. Mais évidemment, jamais ne voulait pas vraiment dire jamais, surtout quand il secoua une boite vide devant mon nez. De son sourire de serpillière, il arqua ce qu’il semblait être les plis de ses lèvres pour faire résonner sa voix dans le lieu. « Du thé, Ayame m’a apporté du thé, je vais lui en faire aussi, demain il sera près, je te le donnerai quand vous partirez chez vous ! ». Connard, lisait-il dans ma tête ? Non, cela aurait été … Non, oublions cette idée. Tellement que je ne relevais pas ses dires et que je ne compris pas non plus, que nous étions venues chez ce mec rien que pour du thé.

Sortant de la maison en laissant mes pieds claquer dans les flaques sillonnant le chemin en pierre, je me dirigeais vers la voiture et attendis que Kiwi rentre dedans pour démarrer. Aller à pieds ? Quand il pleut ? Mauvaise idée. Tellement mauvaise que ma mauvaise humeur s’intensifiait à chaque goutte d’eau se heurtant sur mon pare-brise. Conduisant jusqu’au centre du village, nous empruntions une petite allée juste bonne pour mon bolide, roulant presque au pas en vue du nombre de gens se trouvant sur le chemin, je grinçais des dents de mécontentement. En plus d’être au milieu de nul part, voilà que ces cons devaient nous dévisager, voir des inconnus n’était sans doute pas coutume dans ce bled paumé, mais tout de même. Prochaine fois ? Qui dit village du Mont Fuji, dit une ville connue avec des gens normaux. A noter.

- Une place … il faut une place … Ah.

Et mon « ah » signifiait que j’en avais trouvé une, une dans laquelle je me mis quitte à rayer les voitures entre lesquelles je me garais. Soupirant doucement en voyant que finalement, je savais me parquer, je sortis de la voiture avant de contourner celle-ci et d’ouvrir la portière de Kurayami. Galanterie ? Tu m’as déjà bien regardé ? Disons, plus par amitié. Me tournant vers celle-ci, je lui fis signe de la tête en direction d’un bâtiment pour lui demander de me suivre dans celui-ci. Manger, il était peut être temps de manger non ? Peut être pas elle puisqu’elle avait ruiné nos provisions, mais moi non ! J’avais faim.

- Faim. On va manger un truc d’ici ? ‘Font tous la même chose, rentrons dans celui qui te plaît le plus.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Ven 7 Déc - 23:35

Si j'aurais pu, je crois que je m'enfermerais dans un endroit isolé, seule dans le noir, seule avec comme unique pensée le repas qui me serait servi le soir même. Comme la vie serait plus simple ainsi, mais non... Non, ce serait trop demander à ma vie pourrie. Non, à la place je me retrouvais dans la salle de bain d'un vieux pervers, ami d'une personne effrayante, en compagnie de ma chère colocataire n'ayant rien d'autre à faire que de me détailler en se promenant nue et sans pudeur devant mes yeux. Bon sang ! Par principe, je détournais mon regard de son corps d'une blancheur cadavérique aux proportions trop... pas elle. C'était affreux de se retrouver en tête-à-tête avec un être n'ayant aucune moralité et, le pire dans tout cela, ne se rendant pas compte de la signification logique de ses actes. Comme un enfant, un jeune enfant dans un corps d'une femme plus ou moins adulte. Alors ouais, Yume était bizarre, balançant entre adulte et enfant, on ne saurait dire ce qu'elle avait dans la tête. Difficile.

C'est après deux bonnes minutes que je soufflais enfin quand elle m'expliqua vaguement la raison de son irritation vis-à-vis de l'homme ridé derrière le mur. Évidement, je ne comprenais pas entièrement la logique de mon amie quand elle décrivait notre hôte, mais je ne la jugeais pas, restant sur la conviction que, si elle le trouvait repoussant, ce qu'elle avait des bonnes raisons. Notant ceci dans un coin de mon esprit, je me dis mentalement qu'il sera mieux que je n'approche pas cette personne obsolète de trop près. Soupirant sous la complexité de toutes ces idées, ce n'est que du coin de l’œil que je regardais la transformation qui procédait sur son corps, la recouvrant d'habits à son image. Adulte en extérieur, innocence d'enfant à l'intérieur. Avec du recul, je la vis approcher sa main pour, d'une seconde à l'autre, voir mes habits se transformer à leur tour. De la matérialisation sur le corps, c'était étrange, mais en même temps, je ne sentais pas vraiment la différence avec du tissu normal.

- Il est idiot de se laver pour remettre des vêtements sales Kiwi.

J'aurais pu être outrée de ses dires, ou gênée de réaliser qu'en fait, elle avait raison. Mais rien du tout, parce que mon esprit s'arrêta sur l'appellation dont elle usa pour me désigner. Kiwi... La seule personne qui m'appelait ainsi... Je ne l'ai pas vu depuis des mois, depuis un certain incident dont je ne voulais pas forcément me rappeler. Izaya... Je me demandais ce qu'il devenait, avec mes propres problèmes, je n'eus pas le loisir de le revoir, ni en cours, ni en dehors. Des rumeurs disaient qu'il a quitté Undai le cœur brisé, d'autres qu'il traînait avec des gens malfamés dans la ville. Quoi qu'il en soit, je ne l'ai pas vu depuis longtemps. Mon premier vrai ami. « C'est Kurayami, espèce de chewing-gum pervers ! ». Un léger sourire apparut sur mon visage à l'évocation de ce souvenir, avant que je ne reprenne mon sérieux et me regarde de haut en bas. Bon, au moins elle resta dans le style que j'aimais. Un pull à capuche noir, suivit d'un pantalon sombre et de baskets. Vrai style de jeune un peu débraillé. Parfait. Vous allez me dire que c'est normal qu'elle sache comment je m'habillais, vu que je laissais traîner des fringues un peu partout où il ne fallait pas, mais bon, je vous emmerde.

- Partir. On reviendra plus tard.

Sorties de la salle de bain, Yume déclara ceci d'une voix pressante tandis que je la suivais gentiment sans protester. Si elle m'a dit de me méfier de cette personne âgée, je n'allais pas venir à l'encontre de ses dires. Au contraire, je voulais partir d'ici sous la promesse d'aller voir un village intéressant. Enfin, je l'espérais. C'est quand l'hôte de la maison montra une boite vide tout en disant que c'est du thé, que mon regard se tourna lentement sur le visage d'une Yume inexpressive. Malheureusement pour moi, j'ai vécu avec pendant assez longtemps pour voir quand elle était de mauvaise humeur ou non, qu'elle le montre bien visiblement ou non. Et là, aïe. C'est en courant à moitié que je la rejoignis dans la voiture, protégeant ma tête de mes mains inutilement pour repousser la pluie. Dans le véhicule, je restais silencieuse, laissant Yume nous amener dans le centre du village. Autant lui donner le temps de broyer tranquillement sa mauvaise humeur.

Nous arrivâmes assez rapidement au centre de l'endroit fort peuplé pour être un village perdu dans le Mont Fuji. Je ne saurais pas dire pourquoi, peut-être à cause de ma sensibilité quant aux regards des autres, mais j'avais l'impression que toute personne qu'on croisait sur le chemin étroit que nous empruntâmes, nous regardait. Mal à l'aise ? Moi ? Oui, terriblement. Essayant d'en faire abstraction, je me concentrais d'avantage sur le paysage. Une rue remplie d'échoppes en tout genre, passant des restaurants aux bars. J'avais l'habitude de voir cela dans les rues peuplées de Kyoto où je passais mes journées libres à chercher des bars où une mineure pourrait boire tranquillement un verre. Mais là, j'étais aux pieds d'une montagne à l'autre bout du pays, et cela, c'était vraiment génial. Devrais-je remercier Yume de cette expédition ? Oui, plus tard. C'est sur cette pensée de ma part que la voiture s'arrêta, que ma colocataire sortit et alla de l'autre coté pour m'ouvrir la portière. Ne demandant pas mon reste, je sortis à mon tour, la détaillant un instant des yeux pour essayer de comprendre sa poussée de... de quoi ? Aucune idée, mais bon. Esclave ? Mouhaha. Sauf que je n'avais pas envie de rire quand des regards plus intenses fusaient de si et là, surtout quand je les sentis sur ma nuque. C'est quoi ces gens ?!

- Faim. On va manger un truc d’ici ? ‘Font tous la même chose, rentrons dans celui qui te plaît le plus.

Hmm ? Comme un enfant piqué par la vue d'un jouet, ou une idée de mission ultra-importante, je me tournais dans la même direction que mon amie et me mis à la recherche d'un restaurant pouvant plaire à ses papilles. Et aux miennes aussi d'ailleurs. En plus, si manger pouvait mettre Yume d'une humeur moins morne, ce serait parfait. Parce que je dois avouer, se retrouver avec un glaçon qui ne faisait que grogner, n'était pas toujours très encourageant. Quoi c'est moi qui m'excite à hurler sur elle ? C'est de sa faute. D'ailleurs, là, en sa compagnie, cela devait faire étrange aux gens qui nous regardaient de voir une adulte avec une gamine, qui n'avaient aucunes similitudes d’apparences... Quoi, je regarde trop de films ? Cela avait véritablement l'air d'être un rendez-vous indécent entre une pédophile et un enfant dans un bled paumé pour n'avoir aucun témoin. Mon dieu, serait-ce pour cela ? Ou juste parce que nous étions étrangères aux lieux ? J'espérais que c'était la deuxième option, après tout les gens n'étaient pas si cons que cela. Chassant ses idées débiles de la tête, je ris un bon coup sous ma propre stupidité avant de me tourner vers Yume avec, sur le visage, la vue d'un problème pointant son nez.

-Je sais pas quoi choisir, y a trop d'échoppes là...

Et la suite de mes paroles mourut quand, derrière l'épaule de ma chère amie, je vis une porte éclairée qui me semblait être l'entrée d'un restaurant. Le genre de resto chinois tout sombre, où on ne veut pas toujours rentrer mais qui, à la fin, après avoir fait le pas, s'avère être un excellent choix pour être tranquille et servit convenablement. Oui, voilà ce qui serait bien. Un sourire victorieux sur le visage, je fis un signe de la tête à mon accompagnatrice pour qu'elle voie ce que je fixais. Lui demandant de façon muette si cela ferait l'affaire, n'ayant aucun signe de protestation, nous allâmes avec la certitude de nous ressourcer. Je ne saurais pas dire ce qui me fit hésiter quand je tournais la clenche... Serait-ce un murmure d'exclamation dans mon dos, ou alors l'atmosphère lourde qui s'abattit sur nous d'un coup. Peu importe, Yume sur mes traces, nous pénétrâmes dans un hall qui débauchait sur... sur... tout ce qui ne ressemblait pas à un restaurant chinois.

-Ah merde... Yume, je crois qu'on va aller ailleurs.

Toussotant de gêne, rouge pivoine en voyant une femme habillée tout en cuir se déhancher pour arriver vers nous, je voulus faire demi-tour. Mais la chose n'était pas évidente quand une statue se trouvait derrière moi et qu'elle n'a pas encore réalisé que je voulais quitter les lieu. Ainsi, la scène laissait à désirer. Moi voulant « fuir » et une Yume m'en empêchant -sans faire exprès, mais cela se voyait pas d'un œil externe- de me laisser sortir de cet endroit. Oh la merde, et la merde puissante quand un homme, silhouette fine et costard, s'approcha de nous pour s'adresser directement à Yume tout en me coulant un regard trop... trop je sais pas quoi, mais je n'aimais pas cela.

-Alors alors, madame. Seriez-vous venue pour des affaires ? Nous ne louons pas de chambres pour des externes, mais si c'est pour marchander, alors je suis tout ouïe. Vous devez être son proxénète... Bien sûr, je le vois dans votre regard.

Je crus que j'allais m'étouffer sous la surprise. Riant nerveusement quand la patte de l'homme voulait m'attraper sous sa houlette pour examiner mon visage, je me reculais avec réflexe et, malencontreusement, marchais sur les pieds de Yume. Jurant avec colère, je ne savais plus où me mettre tellement les deux personnes étaient proches entre moi. Bordel, me touchez pas les gens. Bon sang, ca devient lourd ici. C'est ainsi que j'essayais de m'exprimer du mieux que je pouvais pour expliquer à ma chère colocataire, que nous sommes entrées dans un endroit... pas là où il fallait.

- Je crois que... Sortons, c'est pas un lieu pour nous.

Faisant fi de mes paroles, l'homme en question s'adressa à nouveau à mon amie, avec un air avide sur le visage de pouvoir négocier une chose, une chose dont j'avais le semblant de conscience, sans pour autant réaliser que ces lieux pouvaient être présents dans un petit village pareil et que cet homme, puisse parler de trafic humains avec autant de liberté. C'était illégal à la base ! Ouais mais bon, une personne normale ne rentrerait pas accompagnée d'un enfant dans un endroit pareil. Oh la mort... Et la mort encore plus après qu'il ouvrit la bouche de nouveau.

- Hum, si vous voulez, nous pouvons en parler devant un verre ou un en-cas, avec une charmante compagnie de votre choix, madame.

Il fit une courbette devant Yume toujours aussi inexpressive avant de faire un geste vague de la main vers l'intérieur des lieux pour désigner quelques prostituées -parce que pour moi cela ne pouvait qu'être le cas- qui se baladaient là, étrangement aguicheuses sans être indiscrètes. C'est quoi ce monde ? Je veux sortir. Mal à l'aise, je contournais la femme aux cheveux de jais, tout en essayant d'attraper sa manche pour la traîner à ma suite. Pourquoi avais-je l'impression que quand je sortirais de là -si j'y arriverai- dehors m'attendait un merdier encore plus grand ? Je meurs.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Sam 8 Déc - 0:55

Laissant le choix à mon amie, je la suivais en fixant le sol de peur de marcher dans je ne sais quoi, laissant les gens nous entourant nous fixer comme si nous étions une nouvelle espèce découverte sur terre, je soupirais doucement tout en me décidant d’ignorer ces personnes. Pauvres campagnards, on avait beau être dans le même pays, je suis sure qu’ils n’avaient jamais vu une fille comme Kurayami porter un pantalon ! Sure et certaine que dans leurs coins, les femmes ça met des jupes, et rien que ça ! J’allume une clope pour les choquer un peu plus ? Non, pas vraiment, autant continuer de …

-Je sais pas quoi choisir, y a trop d'échoppes là...

Levant les yeux vers sa personne, je m’arrêtais quand elle me montra un endroit pouvant lui plaire. Les jeunes de nos jours, une fois sa crie pour vous demander de choisir et la minute d’après ils vous disent « regarde, j’ai trouvé ! ». Sérieusement. Un dernier soupir et je repris ma marche mais cette fois-ci la tête haute, hâte de voir le fameux endroit de Kaïla et c’est sans nul doute que je fronçais les sourcils en arrivant dans un endroit aux lumières tamisées mais vives dans une couleur « chaude » et que je fus forcée de m’arrêter en sentant le dos de ma chère accompagnatrice.

-Ah merde... Yume, je crois qu'on va aller ailleurs.

Il ne fallut pas une minute de plus pour que je comprenne son regard et que je regarde par dessus son épaule, pour voir une scène des plus aguichantes devant moi. Des femmes, beaucoup de femmes et … pas beaucoup de vêtements. Un bar de strip-tease ? La première fois que j’y mettais les pieds et je dois bien avouer que l’ambiance était au rendez-vous à cet endroit en voyant les jeunes personnes dénudées se déhancher sur des barres métalliques sous une musique entraînante. Regardant celles-ci en affichant un petit sourire en coin, je ne fis pas directement attention à la personne qui avança vers nous, trop préoccupée à découvrir ce nouvel endroit pour ma personne. Ce n’est que quand sa voix retentit, que mes pupilles azurées vinrent se poser sur cet homme … chinois ? Oui, seul son accent maladroit nous démontrait ses origines.

-Alors alors, madame. Seriez-vous venue pour des affaires ? Nous ne louons pas de chambres pour des externes, mais si c'est pour marchander, alors je suis tout ouïe. Vous devez être son proxénète... Bien sûr, je le vois dans votre regard.

Et là, là je crois que mon cœur a raté un battement, que mes yeux se sont écarquillés et que depuis bien longtemps, l’expression de surprise se dessina sur mes traits, de secondes en secondes. Laissant mon regard tomber sur Kaïla, lui suppliant presque de me dire que, non, c’est faux, j’ai pas l’air d’une proxénète, que je ris jaune en même temps que mon élève. Moi ? Vendre des putes ? Utiliser des femmes pour les mettre sur des trottoirs ? Coucher avec pour mon plaisir ? Non, vous ne parlez pas à la bonne personne, celle que vous cherchez se trouve dans son bureau à Undai. Ayame, ne me dis pas que tu m’as si contaminé !

Me faisant marcher dessus pour bien retomber sur terre et comprendre, que non, je ne rêvais pas, le pied de Kurayami vint s’écraser sur le mien. Je retins mon souffle alors que ses paroles fusèrent de sa voix hésitante afin de quitter ce lieu qui ne l’enchantait guère, après tout … Il fallait comprendre, sa majesté la princesse Kurayami ne devait pas fréquenter souvent des bars à putes et moi non plus, d’ailleurs. Tel un ordre, j’allais obéir mais ce fut les paroles de notre interlocuteur qui vinrent me retenir dans ma fuite. Le regardant un instant perplexe alors qu’il nous proposait nourritures et boissons, j’hésitais un long moment pour décliner son offre ou l’accepter justement. Regardant longuement Kaïla, je lui adressais un petit sourire rempli de sens avant de m’exclamer avec … ce petit plus qui montrait que ce n’était plus l’enfant qui parlait, mais l’adulte que je devais être dans cette situation.

- Si vous le proposez si gentiment, pourquoi pas … par contre …

Mettant ma main derrière mon dos pour matérialiser un calibre dans ma main, il ne fallut pas plus d’un instant pour que mon viseur soit pointé sur la tête de l’homme. La sortie collée à sa tempe, j’arquais un nouveau sourire avant de lui dire, avec toute la franchise du monde, comme si cela coulait de source, les quelques mots suivants :

- Touche là encore une fois, je te descends. Ce qui est mien, reste mien.

Autant jouer le jeu non ? Ahah ! J’allais m’amuser et rien que pour « ennuyer » ma chère élève, je ne partirai pas d’ici de si tôt. Détachant enfin mon fusil de mon hôte, je rangeais celui-ci dans ma veste avant de remettre une mèche frivole s’étant posée devant mes yeux. Dans mon malheur de ne pas avoir attacher les cheveux, je me trouvais assez contente d’avoir oublié ce geste, les cheveux lâchés me faisaient plus adulte non ? Il n’y avait qu’à regarder comment cet homme me regardait, pitoyable.

Avançant en traînant à ma suite Kaïla vers des fauteuils semblant assez confortables positionnés autour d’une table, je me posais sur l’un d’eux tout en prenant soin de vérifier que Kurayami ne s’était toujours pas enfuie de ce lieu. Amusée par la situation, je demandais sans plus attendre à une serveuse habillée d’un simple tablier en cuir de nous servir. Laissant le patron « prendre nos commandes », j’attendis que sa voix retentisse pour que « la conversation » commence réellement ;

- Combien ?

Suant depuis que je l’eus attaqué de mon arme, je restais impassible alors que je sortis mon téléphone de ma poche, cherchant comme si j’étais dans un agenda, une liste invisible de je ne sais quoi. Du moins, c’est ce que je laissais paraître avec tout le sérieux possible. Ce que je faisais vraiment ? Envoyer un sms à Ayame pour lui dire « Je suis dans un bar à putes, un homme essaye d’acheter Kaïla. Xxx » et il ne fallut pas une seconde de plus pour que ce même téléphone vibre et qu’elle me réponde, de toute sa bonté « Demande beaucoup, j’ai quelque endroits à refaire à Undai ma chérie, fais attention mon cœur et rentre vite <3 <3 ». Oserai-je dire ça à Kaïla une fois que nous serons sorties d’ici ?

- Avant de parler, j’ai faim et marchander de la bonne qualité le ventre vide, non, cela ne me plaît pas.

Pas une seconde de plus et je rivais mon regard vers Kiwi pour lui adresser un grand sourire et de lui dire - parce que oui, si elle me prend pour une perverse, je vais lui montrer jusqu’où je peux aller dans mes retranchements- ;

- On a passé une longue nuit n’est-ce pas ? Il faut te rassasier pour que tu sois présentable, Kaïla ~

Dieu, je parle comme Deady ! Mais en même temps, ce n’était pas tous les jours que je me retrouvais dans ce genre de situations et rien que pour le fun, j’allai m’y mettre à fond. Connais-tu cette facette de moi en mode « je me fonds dans la masse quand il le faut », Kaïla Kurayami ? Non, et bien maintenant, si.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Sam 8 Déc - 2:18

Perturbée, c'était le mot qui pouvait décrire du mieux l'état d'esprit dans lequel je me trouvais quand la voix de ma chère amie d'Undai détonna dans l'endroit oppressant l'érotisme. Affreux. Évidement que je suis déjà passée par des films traitant sur le sujet -non pas le porno, mon cœur ne supportait pas cela- mais de là à me retrouver au centre d'une vente illégale dans un bar à putes louche... C'était le comble de l'impossible. Bon, c'était quand que je rentre à la maison me poser devant un dessin animé bien senti ? Pas pour le moment ? En vue du ton de Yume, de ses paroles et de ses actes... Je peux toujours courir.

- Si vous le proposez si gentiment, pourquoi pas … par contre … Touche là encore une fois, je te descends. Ce qui est mien, reste mien.

Pourquoi pas... ? Quand je la vis matérialiser un flingue tandis que je voulais ouvrir la porte, je m'arrêtais net, écarquillant les yeux en croyant qu'elle aller tuer cet homme abjecte. Par réflexe, je fermais les yeux pour ne pas voir une cervelle éclater et gicler partout -non que je n’ai jamais vu le sang couler-, juste que là, sur le moment, je n'avais pas envie de voir cela, que l'homme soit un pervers ou non. Mais rien du tout, rien n'arriva, aucun son sourd, aucune parole pressante pour qu'on parte de là, rien à part que je me suis faite tirer en arrière, en plein centre de cet endroit puant le sexe et le cigare.

Et ainsi, me voilà assise sur un fauteuil moelleux en mode nerveuse et qui veut se rendre la plus petite possible, accompagnée d'une femme à l'allure fatale et professionnelle ayant l'air d'être dans son milieu naturel. Mais qu'est-ce que cette merde ?! Et tout cela devant un homme qui s'est à moitié pissé dessus en croyant un instant qu'il allait mourir pour finalement faire des sourires doux à une Yume stoïque. Ah bah ouais, entre pervers ils devaient se comprendre. Sauf que je ne voyais toujours pas ce que je foutais là moi. Serrant les dents, j'essayais de garder mon calme, après tout cela devait n'être qu'une blague débile parce que Yume... elle n'était pas assez subtile pour avoir manigancé toute cette histoire de « vente d'humain » depuis le début... Non, certainement pas... Si ?

Quand l'homme demanda le prix et que ma colocataire prit une pose qui ne lui était pas habituelle tout en restant tranquillement sur son fauteuil, je crois que toute certitude m'a quitté pour ne laisser place qu'à un visage blême et des yeux ronds. Fixant tour à tour Yume et l'homme, j'essayais de faire abstraction des femmes qui se pavanaient discrètement autour, essayant d'entendre les bribes de la conversation. Voyant une des putes habillées plus que peu, je baissais instinctivement la tête, rouge, en jurant silencieusement. Non, je n'allais pas tenir longtemps dans cette salle, avec ces gens...

- Avant de parler, j’ai faim et marchander de la bonne qualité le ventre vide, non, cela ne me plaît pas.

Elle se foutait de moi ou quoi ?! Je relevais la tête, complètement incrédule d'entendre ce que, justement, j'entendais de la bouche de celle qui était censée être mon amie et non, une fichue proxénète. Cela ne lui allait pas ! Que... Si, oh bordel comment cela lui allait quand elle me jeta son regard pervers suivit d'un sourire pas moins avenant. Cette femme, cette femme n'était qu'une pédophile non-assumée qui trouvait ses victimes à Undai et qui les vendait par la suite...

- On a passé une longue nuit n’est-ce pas ? Il faut te rassasier pour que tu sois présentable, Kaïla ~

Blanc, vert, jaune, et même bleu, voilà toutes les couleurs par lesquelles je suis passée, tandis que mon cerveau n'arrivait pas à comprendre, ou plutôt, ne voulait pas saisir les paroles trop... trop remplies de sous-entendus de la femme changée en monstre à coté de moi. Cela ne lui ressemblait pas, mais tellement pas que toute cette histoire devenait de plus en plus crédible. Ouvrant la bouche pour ensuite le refermer, un frisson d'horreur sur ma peau quand des gloussements indiscrets des femmes de la pièce résonnèrent, et me voilà debout, furieuse et honteuse de ses paroles, pointant une Yume impitoyablement trop dans son élément, d'un doigt impérial, tout en m'exclamant avec colère.

-C'est... N'importe quoi ! T'as pas le droit ! Je pars.

Et sur ce, je tournais les talons. Du moins c'est le mouvement que j'entrepris avant que ma tête n’atterrisse pas dans la poitrine d'une des femmes qui s'est trop approché pour je ne sais quelle raison. Prise de panique ou alors d'incompréhension, la première chose qui me passa par la tête quand j'ai sentis une surface molle sous ma joue, c'est de repousser ce contact avant de devenir encore plus rouge -si cela était possible- et de balbutier des excuses vagues. La tête me tournait de me retrouver dans cette situation terriblement gênante, surtout quand la femme, quasiment nue, se mit à rire en lançant une remarque... je crois que je vais me terrer six pieds sous terre.

- Oh, vous avez vu cette petite, qu'elle est pressée. Tu sais, il faut que ta maîtresse te vende d'abord, et après on pourra faire les présentations.

Tout cela sous un ton aguicheur et un sourire avenant sur le visage. Que... Maîtresse ?! Je devais comprendre quoi par là ? Peu importe ! Tout en voulant contourner la femme, c'est trois autres qui vinrent m'entourer, relativement curieuse de découvrir la « petite nouvelle ». C'est avec une certaine agilité encrée par mes entraînements que j'évitais la main d'une d'elles qui voulait vérifier la douceur de ma joue pâle. Et, rouge pivoine, je me retrouvais au milieu d'un cercle, plus que mal à l'aise à leur imposer un seul ordre « ne me touchez pas bordel ! ». La réponse ? Tout aussi horriblement terrible sous leurs rires et gloussements.

-Oh, mais qu'elle est rebelle ! Je connais un client qui sera ravis, l'agilité de cette petite lui fera tourner la tête, littéralement !

Je ne sais pas si je devrais être flattée ou au contraire outrée, mais pour le moment je me contenterai d'un simple « perdue ». Et pour couronner le ridicule de cette situation terrifiante, tandis que Yume n'avait pas l'air de vouloir m'aider, une simple question sortit d'entre mes lèvres. Une question que je crois préférer mourir que de la redire, et même d'y penser. Était-ce la peur, la honte ou alors le tout cumulé qui m'a fait dire cela ? Je ne sais pas... Mais la phrase sortit d'une petite voix étouffée :

-C'est vrai ?

Oui, oui, et encore oui. Je crois que c'était la faute au lieu en lui même. Après tout, j'étais toujours un gosse, et là, on m'a piqué à vif que ce soit avec des paroles honteusement blasphématoires ou non. Non non ! En fait ce n'était rien du tout ! C'est l'incompréhension mélangée au malaise qui à fait cela, après tout, c'était une chose inconcevable pour moi de me retrouver en tant que marchandise dans un bar à putes entourée de ces mêmes femmes à moitié à poil. J'allais mourir, j'allais vomir... Je pleure.

-Et sa peau, regarde moi ça, on dirait une poupée de porcelaine. Elle doit être encore jeune, tu as quel âge ?

Et là je crois que mes nerfs ont lâchés parce que effectivement, je me suis mise à pleurer sous le surplus de... de tout. Sérieusement, j'étais tellement nerveuse que je sanglotais en même temps que je riais, c'était à en devenir folle. Et ainsi, je ne sais comment en fait, je me retrouvais à nouveau assise à coté de Yume, devant des plats assez goûteux pour un endroit si... si ça, avec un gâteau en bouche et des femmes qui s'extasiaient limite sous mes airs enfantins, trop pressées de me compter dans leurs rangs. Oui, à croire que chialer ça attendrit les gens – certains gens, ces gens. Avalant mon dessert, je lançais un regard noir à une Yume toujours aussi imperturbable avant de me lever, et de m'éloigner d'elle tandis que l'homme voulut conclure un prix convenable.

- Bien bien, maintenant que ceci est fait, voulez-vous qu'on poursuive ? Je vois que vous êtes une professionnelle en la matière. Et, je dois avouer être agréablement surpris de votre marchandise, une jeune japonaise, on en voit beaucoup ici, mais pas de ce calibre, pourrai-je demander où vous l'aviez trouvé ? Ah, et quelles sont ses compétences dans la chambre à coucher, aussi ? Vous savez, question d'intérêt.

Furieuse en entendant cela, je me détournais d'eux en grognant férocement, faisant comprendre à ma colocataire que j'allais la tuer dans les cinq secondes à venir. Yume, dis quelque chose, ouvre la bouche et je t'étrangle, toi et tes airs de femme fatale. Mais je n'eus pas le temps de mettre en exécution mes pensées, que le groupe de femme se rapprocha pour faire les présentations. Mal à l'aise sous leurs paroles dénudées de moralité pour ma personne innocente, je répondais par des « oui » ou par des « non ». Et le pire, c'était quand une d'elles demanda combien. Stupide comme je pouvais être, je me posais la question de « combien quoi ? » Bah... Non ! Stop ! L'innocence n'avait pas lieu d'être ici, et ce, je l'ai compris bien vite. Et c'est ainsi que je me débattis du mieux que je pus pour revenir à coté de Yume et, tel un enfant innocent – cachant parfaitement ma colère – je baissais les yeux et la tirai par la manche tout en parlant d'une voix timide, comme si j'étais intimidée par cette femme « fatale ».

-Je veux qu'on parte, Yume...-Sama.

J'étais à croquer, et ce dut être l'avis de tous ceux présents autour de nous. M'arrangeant que ce soit le cas, j'imaginais bien la scène. Yume passant pour l'enfoirée de servie à marchander un enfant innocent. Ce qui, par inadvertance, était le cas. Tout en affichant une mine triste, je m'arrangeais à ce qu'elle voit dans mon regard cette once de colère qui lui promettait une mort lente. Oh oui, dès qu'on sortira d'ici, j'allais la passer à tabac. Intimidante, elle ? Jamais de la vie. J'allais en faire de la pâtée pour chat.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Sam 8 Déc - 4:17

Assise confortablement dans ses sofas des plus confortables, j’étendais mon corps à son maximum alors que le premier verre en main se finit en moins d’un instant dans ma gorge. Usant de ma posture pour montrer mon habilité à ma chère Kurayami que ce rôle me seyait bien, je lui accordais un second sourire rempli de sens avant que celle-ci ne se lève pour clamer son mécontentement.

-C'est... N'importe quoi ! T'as pas le droit ! Je pars.

Et bien si, j’avais le droit, tant que j’étais ta proxénète, tu étais mienne et tu devais obéir ma belle. Ces mots dans mon esprit me semblaient si étranges que je grimaçais intérieurement en m’entendant parler. C’était horrible, horrible d’entendre des dires et des pensées si contraires à votre personne, se fondre n’était pas devenir pourtant, ne fallait-il pas être le personnage pour réussir à le jouer à la perfection ? Je ne saurais le dire, mais ce que je savais, c’est que Kaïla n’allait pas sortir d’ici aussi vite qu’elle l’aurait espéré. Voyant un tas de viandes l’entourer, je laissais de côté sa personne et ses réactions pour me concentrer sur les dires de l’homme me faisant face.

- C’est qu’elle n’est pas commode du tout, on aime les rebelles ici à se demander d’où elle sort …

Déviant le regard dans la direction de ma protégée, j’étais déjà prête à dégommer la première qui la touchait avant d’y renoncer sous une de ses uniques paroles qui me fit déglutir difficilement. « C'est vrai ? » Comment ça c’est vrai ? Regardant la scène d’un œil presque incrédule, je dus me retenir de me lever et de lui coller une tarte en vue de ses paroles. Oui, moi je jouais mais elle … non, elle devait rester pure … du moins, le peu de pureté qu’il lui restait, je devais être celle qui protège sa lumière d’enfant. Oui, pour la protéger, je n’aurais pas dû rester ici, mais en même temps … le changement était radical non ? C’était pour elle que nous étions ici et non pas pour qu’elle courtise avec des putes mais bel et bien pour la faire changer d’air … non ? Oui, autant essayer de m’en convaincre avant que je ne m’évanouisse sous ses propos. Si vous aviez entendu les dires de son entourage, je ne parierai pas beaucoup que beaucoup d’entre vous seraient restés stoïques. « C’est mignon ton petit vêtement, tu serais mieux sans non ? » « Et sinon, tu fais combien ? » « Combien pour … ? » et l’éternel « Combien pourquoi ?! » de Kaïla me soulagea un peu, oui, n’était-elle pas qu’une innocente victime s’étant faite violer par une gamine ne lui arrivant pas plus haut que la hanche ?

- Bien bien, maintenant que ceci est fait, voulez-vous qu'on poursuive ? Je vois que vous êtes une professionnelle en la matière. Et, je dois avouer être agréablement surpris de votre marchandise, une jeune japonaise, on en voit beaucoup ici, mais pas de ce calibre, pourrai-je demander où vous l'aviez trouvé ? Ah, et quelles sont ses compétences dans la chambre à coucher, aussi ? Vous savez, question d'intérêt.

Décidant de la laisser jouer pour savourer ne serait-ce qu’un peu le repas, j’entamai la conversation qui me menait dans ce lieu en compagnie de mon hôte, me demandant entre deux bouchées d’où elle venait, je me refusais de lui dire que cette charmante demoiselle sortait tout droit du manoir des Kurayami et encore moins qu’elle était mon élève dans une école où je m’amuse à assurer la sécurité où je n’ai guère reproche à tuer ceux qui me dérangent. Oui, autant laisser cette partie entre parenthèse, le monde extérieur n’avait pas besoin de savoir ce que Undai était vraiment et certainement pas une espèce de proxénète chinois vivant dans le trou de cul du monde. Pour ce qui était de coucher avec … Personnellement, je n’avais pas testé, et je me voyais mal le faire d’ailleurs. Devrais-je appeler Naoko pour qu’elle me dise quoi ? Si les images vues par mes yeux étaient bonnes, j’aurais dit qu’elle était rigide mais en même temps, en vue de la situation, il était difficile de prendre son pied … Soit, je ne voulais pas y penser et encore moins débattre là dessus mais en même temps, je n’avais pas forcément le choix. Je vendais ma marchandise et comme toute vendeuse, je devais évoquer les mérites de ce qui était mien … Dieu, pardonnez moi.

- Disons que cette enfant appartenait à une personne des moins … « appréciables ». J’en ai fait ma propriété après un malencontreux accident ayant tué son ancien … Maître.

Et là, je crois que j’ai bloqué un instant avant de remettre un sourire sur mon visage si plaisant. Tellement que je pouvais parier sur ma vie pour dire que cet homme n’avait vu que du feu, oui, douée, je l’étais. Mais sur ce « Maitre » mon cœur s’arrêta, c’était horrible, ce simple mot me faisait monter des souvenirs ingérables, des souvenirs me rappelant un passé dont je préférais oublier le contenu. Ici, les femmes avaient l’air heureuses, elles avaient beaux coucher à tout va, n’était-ce pas un sourire sincère se glissant sur leurs lèvres ? Je savais reconnaître les expressions des gens, bien que je n’étais pas expressive au naturel, ceux autres n’avaient aucuns secrets pour ma personne. Devrais-je me dire que si elles étaient si bien c’était parce qu’elles avaient le droit de choisir leurs clients ? Ou alors parce qu’elles étaient assez payées pour accepter d’écarter les jambes à tout va ? Que dis-je, ce n’était pas qu’un travail que cet homme leur donnait, mais un plaisir chaque jour, chaque nuit avec des gens différents peut être … Dégoutant.

-Je veux qu'on parte, Yume...-Sama.

Laissant mes pensées de côté en n’ayant même pas écouté la réaction de mon hôte, je rivais mon regard dans celui de Kaïla quand sa main vint toucher ma manche alors qu’une voix timide et enfantine sortit de ses lèvres. « On dégage d’ici, tu vas me le payer cher, alors bouge ton cul ». Oui, voilà le message que j’avais reçu dans ses dires trop doux et dans une appellation n’allant pas dans sa bouche. M’avait-elle seulement une fois appelée ainsi ? Peut être au début et encore, si mes souvenirs sont bons, ce n’était qu’un « Hé toi » ou une autre dénomination du genre.

Regardant son visage doux mais tellement expressif pour ma personne, j’arquais un nouveau sourire avant de venir rapprocher ma main de sa joue et de poser celle-ci à un millimètre de sa peau. Assez près pour faire croire que le contact était fait pour les autres et assez loin pour que Kaïla ne meure pas de ce toucher, une simple simulation montrant ma tendresse envers ma chose si désirée de tous ceux nous entourant. Approchant mon visage du sien, je laissais mon souffle chatouiller ses lèvres avant de reculer légèrement. Un simple geste « trop près pour elle » mais assez long pour que je lui dise à oreilles closes « Promis, je me ferai pardonner plus tard ». Me reculant en arquant un léger sourire, je lui dis, cette fois-ci à voix haute ;

- Maaah, j’imagine que je n’ai pas vraiment le choix, mais il serait grossier de partir ainsi Kaïla.

Partir maintenant serait comme être venue pour rien, comme si tout ça n’avait été que dérisoire et rien que pour que ce ne soit pas le cas, je comptais en profiter jusqu’au bout. Oui, c’était un moyen de la tester, mais pas seulement, l’idée de rendre cette rencontre « utile » me parvint à l’esprit en même temps que mes yeux se posèrent sur Kaïla. Si nous étions ici, c’était pour « fuir » sa réalité de Undai et quoi de mieux que de se mettre dans la peau d’une autre personne pour ? Jouer une personnalité qui n’était pas notre, surmonter des obstacles dérivés … usant d’une illusion pour se sentir mieux. Et rien que pour ça, j’allais me lancer dans ce jeu encore plus en profondeur. Zieutant sur une des prostituées se trouvant dans les parages, je lui fis un petit signe visuel pour qu’elle se rapproche. Il ne fallut plus de demandes pour que celle-ci vienne derrière mon siège et se pose de manière à ce que j’ai ma tête entre sa poitrine douce et chaude. Murmurant quelques mots alors que je n’affichais qu’un seul sourire, mes bras sur l’accoudoir et les jambes croisées, il ne fallait plus que le petit tailleur pour me montrer en tant que femme d’affaire. Ca me plait, ca me plaisait tellement que le jeu devenait une réalité différente de ma personne propre.

- Je ne sais pas vous dire si je vais vraiment la vendre, elle n’est pas spécialement sociale mais en même temps j’ai un petit faible pour elle. Magnifique comme elle est, elle vous coutera au moins 10.000.000 de Yen. Et vu votre établissement … je crains que …

Riant légèrement, je rivais mon regard dans celui de l’homme en face de moi. Sans doute outré par mes propos, il afficha une mine contrariée alors qu’il se posait dans son fauteuil. Attrapant un téléphone servi par une de ses putes, il composa un numéro inconnu à ma personne avant de prendre le cellulaire. Laissant ses paroles fuser à ce qu’il semblait être son supérieur, il raccrocha sans plus de ménagement avant de m’accorder un sourire aussi large que sa connerie pour me dire d’un ton mielleux :

- Nous vous invitons le gîte, mon patron viendra demain matin pour examiner la petite, vous aurez tout le temps de parler avec lui de cette délicieuse demoiselle.

Tiquant un sourire face à ses dires, je me disais qu’il pouvait toujours courir pour « s’accaparer » Kurayami. Si nous étions à Undai, combien parierait pour dire qu’à la fin de la soirée, il n’aurait plus de tête ? Toi ? Ou peut être toi ? Qui sait, toi là bas aussi non ? Quoi qu’il en soit, je ne comptais pas refuser son offre, si cet homme me proposait si gentiment sa maison close comme endroit de dodo, je préférais ici que retourner chez le papy ou encore dormir dans ma voiture.

Attrapant mon verre, je le vidais d’une traite avant d’en redemander un autre. Ralentir, il fallait que je ralentisse si je ne voulais pas devenir saoule et complètement torchée au bout de la soirée. Faisant de ma main un signe de « deux » avec mes doigts pour demander une double portion, j’attendis que notre serveuse vienne nous apporter les boissons pour que je tente un verre d’un alcool toujours pas identifié de ma part à l’encontre de mon élève, d’un sourire taquin -Dieu que je savais jouer bien le jeu !-, je lui dis entre un ton sensuelle et ordonnant ;

- Détends toi plus, bois, ça te plaira ~

Un autre verre de vide et je restais complètement sobre d’apparences alors que mes pensées commençaient à se confondre dans ma tête et je compris cela tout de suite quand j’attrapais la bouteille se trouvant sur la table pour me resservir. Et encore, si ce n’était que se saouler qui dérangeait, non, il fallut que d’autres femmes viennent à ma rencontrer, imaginez le topo, une accoudée à chaque jambe, une autre derrière vous vous malaxant les épaules sensuellement et finalement une Kaïla non loin de vous. C’était une torture, une torture de la voir me voir comme ça ou peut être autre chose me torturait, mais le font de ma pensée restera mienne. Et c’est sans compter les dires de l’homme me faisant face que ma réaction des plus inattendues surgisse après qu’il me demande un échange, celles délicieuses autour de ma personne ce soir, contre Kaïla pour lui. Ma réponse ? Un rire. Un rire peut être pas assez bien pour mes lèvres puisqu’il fronça les sourcils, un rire qui me fit me redresser sans plus de ménagement avant que je n’approche de ma protégée et que je vienne poser mes lèvres sur les siennes ;

- N’avez-vous pas compris que marchander serait inutile à ce stade ? Demain, demain nous verrons.

Riant a en perdre pieds, je me reculais de Kaïla en attrapant la bouteille présente sur la table, vidant celle-ci d’une traite, je me laissais retomber sur le siège alors que les paroles outrées de l’homme fusèrent dans la salle. Amusée à en rire comme une débile profonde, je me relevais -certes difficilement- avant de me diriger vers le bar, attraper deux, trois bouteilles et de crier haut et fort qu’il était l’heure pour moi « d’explorer le corps de ma protégée ». Me dirigeant vers l’étage om je devinais les chambres en tirant à ma suite Kurayami, je montais les escaliers pour arriver vers un palier sur lequel, je m’engouffrais dans la première porte à portée de main. Entrant dans celle-ci, toujours avec Kiwi, je la poussais contre le lit avant de monter sur elle. Rivant mon regard dans le sien, je m’arrêtai.

Comprenant ma position, je restais quelque seconde sur son corps les jambes écartées avant de me décider de me laisser tomber à côté d’elle et de me mettre en tailleur. Levant ma bouteille, je l’invitais à trinquer avec celle que je lui avais donné avant de vider une fois de plus ma nouvelle acquisition. Alcoolique, moi ? Mais non voyons !

- Les hommes, tous des porcs.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Sam 8 Déc - 22:35

Si je pouvais dire que mon jeu de pauvre enfant maltraité fut une réussite aux yeux de tous, il n'était pas question que Yume soit déstabilisée ou quoi que ce soit touchant de près ou de loin ce sentiment. Non, madame était tellement rentrée dans son jeu de femme fatale sans foi ni loi qu'elle se comporta comme telle. Désagréable, elle l'était dans un sens, effrayante dans un autre aussi. Parce que oui, quand vous vous retrouver avec une amie âgée d'une trentaine d'années au lieu de quinze, qui parle et donne l'air de s'amuser dans une situation qui ne vous est pas favorable, je vous assure que vous commencez à flipper grave. Et c'est ce que j'ai fait, grimace aux lèvres quand sa main vint s'approcher de mon visage, beaucoup, beaucoup trop près. Mais pourtant sans me toucher, évidement la seule chose qui me passa par l'esprit, ce ne fut même pas une pensée, ce fut l'instinct de me reculer, donnant encore plus l'impression de la victime soumise dégoté dans un coin de la rue par une femme puissante qui ne jure que par l'argent, prenant tout de même soin de ses objets. Mon dieu, je regarde vraiment trop, trop de films. Et ceci se fit confirmer par une parole qui ne découla pas dans mon esprit avant que je ne me ressaisisse de son souffle chaud sur mon visage. Terrible, terriblement pas bon.

-Promis, je me ferai pardonner plus tard.

Un simple murmure qui me fit revenir sur terre, me rendant compte que même sous cette apparence, Yume restait Yume. Elle jouait, peut être bien, mais son jeu allait beaucoup, beaucoup trop loin par rapport à la situation défavorable pour ma personne. Parce que ouais, même si ce n'était que plaisanterie, elle y aller si fort et avec tant de talent, que parfois j'oubliais sincèrement la limite entre le vrai et le faux, au point de flipper. Et rien ne s'arrangea quand elle refusa de partir, se mettant à l'aise dans ce bar à putes. Et qui dit se mettre dans la peau du personnage, dit être entourées de ces dernières. C'était terrible, je voyais un autre visage de mon amie, un visage que je ne lui connaissais pas. Me reculant un peu de ce spectacle des moins plaisants, j'espérais juste qu'elle ne parte pas avec la femme à son cou et ne me laisse pas seule ici en compagnie de cet homme qui essayait de m'acheter. Entre colère et angoisse, mon cœur balance. Même si l'idée principale de massacrer la pseudo-trafiquante d'humains, restait bien gravée dans mon esprit. Serrant les dents tout en zieutant vers la sortie obstruée par des corps à moitié à poil, je jurais silencieusement. Non, tout cela n'allait pas, je n'étais définitivement pas à l'endroit où je devrais être, je détonnais trop dans ce milieu de femmes sensuelles et des « maîtres » trop directs.

- Je ne sais pas vous dire si je vais vraiment la vendre, elle n’est pas spécialement sociale mais en même temps j’ai un petit faible pour elle. Magnifique comme elle est, elle vous coûtera au moins 10.000.000 de Yen. Et vu votre établissement … je crains que …

Ha ha. Je pourrais en rire si ma position me le permettait. Ne relevant pas la tête pour autant, je serrais mes poings furieusement sur mes genoux, essayent de contrôler du mieux que je pouvais un quelconque coup pouvant provenir de ma personne dans la face de Yume. Non, et non, je ne prenais pas ses paroles comme des compliments, au contraire, cela m'énervait encore plus qu'elle ose ainsi débattre sur un prix. Une personne n'avait pas de prix... Non, je trouvais cela outrageant, je trouvais que vendre quelqu'un était pire que de le tuer. Je ne pensais pas que cela existait ainsi un peu partout et n'importe où... Et là, et là j'étais au centre d'une affaire débile qui n'avait pas lieu d'être, alors ouais, j'avais envie de tout dégommer. Mais comment faire quand vous n'êtes qu'une simple fille emportée entourée de fauves ? Autant se la fermer et faire confiance à cette... femme. Plus je regardais Yume, moins je la reconnaissais, plus j'essayais de lui passer un message muet, moins elle m'écoutait, au point que j'abandonnais, repoussant de temps en temps des assauts insistants de personnes autour de moi, tandis que elle, Yume, avait l'air de se plaire sous les caresses de ces putes. Répugnant. Et sous cette pensée, je détournais mon regard, sur le qui-vive.

- Détends toi plus, bois, ça te plaira ~

Penchant ma tête pour examiner celle qui était censée être mon amie, j'hésitais un instant à réagir, tandis que l'homme en face de nous, buvait tranquillement son verre après nous avoir proposé de dormir sur place. J'aurais préféré que Yume décline son offre, mais elle a fait mieux, elle s'est mise à boire de tout son saoul et... et je crois qu'elle était bourrée là, en me présentant un verre au liquide étrange et, je le devinais, fort. Soupirant sous ses yeux de prédateur, je pesais les pours et les contres et ce, sur une dernière grimace que je me saisis du verre et le bu d'une traite. Après tout, qu'avais-je à perdre ? J'étais à bout des nerfs, je n'aimais pas ce jeu, j'étais en compagnie d'une folle saoule, et me retrouvais devant un homme qui avait l'air de vouloir me dévorer crue. Bah, au moins si je devais vraiment me faire vendre ou alors, si quelque chose de pire devait m'arriver, je préférais n'être qu'à moitié -ou pas du tout- consciente de la suite des événements. Buvons donc. Mais je vous promets, quand je dé-saoulerai, je tuerai cette femme... lentement.

Et c'est ainsi que, accostée par des putes plus débraillées les unes aux autres, mal à l'aise sous les regards à l'encontre de Yume et moi, je vidais verre sur verre, rien que pour que mon esprit s'embrouille et que je ne comprenne rien à la vie. Et je crois que j'ai à moitié réussi à atteindre mon objectif, vu que je me retrouvais à moitié penchée sur la table, un verre devant moi tenu par une des femmes du lieu qui, quand j'approchais ma main pour le saisir, le reculai juste à temps avant que je ne m'empare. Grognant de frustration sous les rires de la pute amusée, j'oubliais presque la présence de ma colocataire, tandis que seul attraper le verre, m'importait. Mais je descendis vite sur terre, enfin plus ou moins parce que seul un « hein » retentit dans l'air quand je sentis des lèvres douces sur les miennes. Un court contact, mais assez long pour que je vire au rouge et que je fasse des gestes larges et maladroits pour repousser mon assaillante.

- N’avez-vous pas compris que marchander serait inutile à ce stade ? Demain, demain nous verrons.

Prise d'un haut-le-cœur, j'essayais de discerner la silhouette floue qui dansait devant mes yeux sans vraiment y parvenir. Grognant de frustration, c'est avec réticence que je me laissais traîner à la suite de mon amie, dans un état encore plus avancé que le mien. Je ne comprenais rien. Mais pourtant quand les dires de Kuroi attinrent enfin mon cerveau, je protestais avec hargne. Non mais, non ! Sale perverse débraillée, j'allais la massacrer. Mais pour le moment, j'avais plus important à faire, à savoir, monter des escaliers forts étroits, toujours tirée par cette dernière. Frustrée, en colère et bourrée, je me pris les murs sur les cotés avant d'arriver enfin à destination. Une chambre, une chambre du style pervers bien senti qui me donna la nausée. Mais je n'eus pas le temps de voir ou observer d'avantage que mon accompagnatrice me poussa littéralement vers le double lit trop, trop pas beau à mon goût. Perdant l'équilibre, je m'étalais de tout mon long dessus, fatiguée, je n'avais même plus envie de me relever... Mais j'ai rapidement changé d'avis quand un corps froid, imposant mais pourtant léger, vint se positionner sur moi, me bloquant par la même occasion. Ouvrant grand la bouche, je manquais un battement de cœur, rivant mes rubis dans les azurs de Yume. Comprenions-nous juste ce qu'il se passait ? Je pense que oui, vu que je fus littéralement paralysée par cet acte de... de quelque chose qui n'avait pas lieu d'être. Bourrée ou pas, je savais quand cela n'allait pas... Quoi que. Quoi qu'il en soit, mon regard devint fuyard quand son corps se détacha du mien pour se positionner à mes cotés.

- Les hommes, tous des porcs.

Restant toujours couchée dans la position initiale, je sentais mon corps flotter sous le surplus d'alcool avant de réaliser ce qu'il se passait dans ces lieux. Oui, d'un coup tout devint si lucide que je faillis en mourir sur place. Et là, d'une poussée de rage insoutenable qui voulait s’extérioriser depuis des heures, depuis que nous sommes rentrées dans ce bar, je grinçais des dents avant de me jeter sur Yume. Bon, l'attaquer c'était un grand mot, avec toute la maladresse d'une personne saoule, j'attrapais son pull et le tirai jusqu'à ce que j'entende un craquement de couture, tout cela pour arriver à me redresser. Plus ou moins assise – ou à quatre pattes, faut voir- je serrais ma main sur son épaule avant de la pousser de toutes mes forces en arrière. Quand sa tête heurta le coussin, je me positionnais au-dessus de sa personne, et serrai son cou dans un étau entre mes mains. Sifflant de colère, je lui crachais à la figure quelques mots malveillants.

- Ah ouais ?! Et toi alors, tu t'es vue ? T'as pas fait mieux que lui ! Comment as-tu pu ?

Haletant sous la montée soudaine de mouvements et gestes brusques pour un corps à moitié endormi par l'alcool, je lâchais mon emprise, me rendant compte de ce que je faisais. Yeux grands ouverts, ne sachant pas quoi dire, j'essayai de me rattraper comme je pus pour ne pas m'écraser sur son corps. Et ainsi, je me retrouvais, nez à nez avec elle, sa tête entre mes deux mains serrés sur les coussins en dessous, à la fixer avec un mélange de gêne et de colère passagère.

-Je crois que... Yume.

Ainsi, dans cette ambiance aromatisée par l'alcool, son souffle régulier chatouillant mon visage, collée contre son corps... je défaillis sous une idée tordue. Et si... Mes mains devinrent moites et mon corps se tendit imperceptiblement. Rougissant sous l'ivresse du moment, je rapprochais mon visage du sien brisant presque le denier millimètre qui séparait nos lèvres, mon cœur battant la chamade à m'en faire mal dans ma poitrine. Mes mèches jais encadraient son visage et se mélangeaient avec les siennes de la même couleur. Déglutissant douloureusement, je murmurais quelque chose à moi-même -chose dont je n'avais aucune idée- avant de me figer net, le souffle coupé. Sentant son corps chaud sous moi, j'étais certaine que le mien devait irradier de chaleur tandis que mon cœur se faisait entendre à des kilomètres à la ronde. Gênée ? Aucune idée. Bourrée ? Certainement, sinon, jamais je ne regarderai ainsi ma chère amie... N'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Sam 8 Déc - 23:48

Tout se passa assez rapidement, je ne compris pas comment ni pourquoi je me retrouvais attrapée par le col par Kurayami qui avait l’air bien énervée, ses paroles fusèrent alors que ses dires me heurtaient sur chaque syllabe. Je n’étais pas comme eux, non, moi je ne faisais qu’être comme eux, mon quotidien n’était pas de vendre des gens, de coucher pour tester les nouvelles recrues et encore moins de rester cloîtrée dans un endroit miteux dont peu de personnes connaissent l’existence. Je fronçais les sourcils alors que ses paroles repassaient en boucles dans ma tête, n’avait-elle pas compris mon intention ? Ne savait-elle pas encore que toutes mes actions n’étaient que pour plaire à sa personne, que je me tordais dans tous les sens pour pouvoir être une amie convenable ? Ne m’étais-je pas « sacrifiée » pour sa personne ? Si, et c’était bien la première pour qui je me faisais tant de mal. Même Ayame n’était rien comparé à elle, j’avais défié ma maîtresse pour sa vie, j’avais bâclé mes règles pour sa survive et j’étais là, toujours là pour sa petite personne qui devait être si insignifiante dans ce monde.

- Ah ouais ?! Et toi alors, tu t'es vue ? T'as pas fait mieux que lui ! Comment as-tu pu ?

Oui, elle n’était qu’une étudiante parmi tant d’autres qui eut croisé mon chemin par je ne sais quel miracle, je m’étais attachée à sa personne, j’aurais tué pour elle, je me serais sacrifiée pour un de ses sourires et là ? Là madame me bousculait pour une scène qui devait lui être favorable, une scène voulant lui faire changer l’esprit, une scène montrant qu’il y avait pire que sa réalité. Je n’étais pas un de ses porcs, non, j’étais son amie, la seule qui pouvait comprendre ses réactions et sans doute la seule dont le toucher était encore acceptable pour sa personne. Mais alors pourquoi ? Pourquoi me regardait-elle comme ça ? Étais-je si dégoûtante pour sa personne, ne valais-je pas mieux que cette enfant de Naoko ? Non, je valais mieux.

Et c’est quand sa personne monta sur la mienne que je restais figée et incompréhensible de sentir ses doigts fins encercler mon cou, voulait-elle me tuer ? Allait-elle oser me retenir un souffle et me retenir dans cette position dont, d’un simple claquement de doigt j’aurais pu me dégager ? Ironique, oui, cette situation était ironique à en crever. Mais alors pourquoi ce regard à présent ? Pourquoi me regardait-elle comme Ayame pouvait le faire ? Qui étais-je pour Kaïla ? Un simple professeur, une amie, une tortionnaire, ou plus ? Je ne sais pas, je ne sais tellement pas que je restais perplexe de savoir quoi faire quand ses lèvres s’approchèrent dangereusement des miennes.

Par réflexe, j’aurais pu partir, me dégager d’un acte qui lui faisait horreur, mais là … n’était-elle pas celle qui me demandait agilement de poursuivre son avancée ? N’étais-je pas là pour, justement, sceller nos lèvres et laisser la tension de cette journée nous perdre ? Je ne savais pas, je ne savais pas quoi faire et mon corps se raidissait alors que je sentais mes bras se lever pour emprisonner de mes mains ses hanches. Je n’osais pas bouger, je n’osais pas les premières secondes. Et c’est donc avec hésitation que je gommais les derniers millimètres me rapprochant de sa personne, les derniers millimètres s’envolèrent alors que mes lèvres touchèrent les siennes. Un automatisme me dirait de fermer les yeux, mais non, je les gardais mi-clos, espérant ou peut être pas du tout qu’elle me repousse.

Mes mains hésitantes touchèrent sa peau du bout des doigts, posant l’un à la suite ceux-ci jusqu’à ce que ma paume caresse son vêtement me détachant de sa peau. Son corps chaud se faisait sentir sous le mien glacial, le moindre de ses petits mouvements se faisait sentir sur mon ventre se réchauffant d’un contact trop près, trop pas Kaïla. Je ne comprenais pas, et la suite non plus d’ailleurs. Pourquoi lui demandais-je un baiser plus approfondi, pourquoi étais-je celle aux commandes alors que je n’avais jamais fait cela avant ? Était-ce un moyen pour elle de se libérer du toucher de Naoko en acceptant le mien ? N’étais-je qu’un cobaye pour sa personne ? Aimait-elle seulement les femmes ? Non, Kaïla n’aimait personne, alors pourquoi me laissait-elle faire ? Pourquoi ne réagissait-elle pas brusquement comme à son habitude ?

Mon esprit se dessaoula sous tant de questions, réalisant entièrement ma position jusqu’à ce que mon propre corps commande mes gestes, que ceux-ci veuillent le corps de mon élève, de mon amie … pouvait-on nous considérer comme telles encore après ? Qu’allait-il advenir de nous ? Comment sera le réveil, l’alcool était fatal, mais l’alcool me permettait-il de jouer de son corps ? Non, elle valait mieux, tellement mieux que je ne me refusai plus d’accomplir son désir dissimulé de chaleur.

L’ambiance se réchauffa d’une traite alors que je fis basculer son corps sur le côté, me retrouvant au dessus dans la plus grande des délicatesses. Mes cheveux tel un paravent devant nos visages, la pièce autour de nous n’était plus que dérisoire alors que je venais picorer ses lèvres délicatement de doux baisers. Mes mains plus franches se glissèrent sur la tirette de son gilet pour venir ouvrir celui-ci. Lui ôtant ce vêtement trop chaud pour notre acte, ce vêtement qui me laissait découvrir une simple blouse qui parti rapidement. Un soutien montrant sa poitrine généreuse, cette même poitrine que je rêvais de malaxer depuis longtemps, était-ce pervers de penser ainsi ? Je ne savais pas, je ne comprenais pas pourquoi je voulais tant faire cela avec elle. Pourquoi ne me satisfaisais-je pas de la directrice ? Parce qu’ici, ce n’était pas par « ordre » ou « redevance », non loin de là. Parler d’amour serait inutile, l’amitié était peut être trop forte, peut être trop … étrange pour nos personnes pour que l’on comprenne qu’on passait la limite de celle-ci.

C’était insensé, tellement que mon corps comme mon esprit prenait plaisir à cette découverte. Je n’osais pas mais en même temps j’osais le tout. Ma langue timide vint caresser les pointes rougies de plaisir de la poitrine de Kurayami alors que l’une de mes mains venait attraper l’autre pour jouer de celui-ci. Comment osais-je ? N’étais-je pas gênée ? Énormément, tellement que je préférais me dire que ce n’était qu’un rêve, un rêve que je devais savourer jusqu’au bout. Rêve qui le lendemain marquerait un réveil peut être bien douloureux pour nos esprits, me pardonneras-tu cela Kaïla ?

Remontant doucement jusqu’à ses lèvres alors que mes mains se baladèrent du bout des doigts sur sa peau dénudée, je m’arrêtais sur sa ceinture alors que mon souffle chatouillait son oreille pour lui demander timidement, presque par supplice si je pouvais continuer. Je ne m’attendais pas à un « oui » pur et net, non, un simple signe d’approbation et me voilà sur son tissu me cachant son intimité. Dieu, elle était si douce que je comprenais « ce que voyait l’homme en elle ». Une femme, c’était une femme, mais pas n’importe laquelle, une femme que j’appréciais, une femme qui m’a connu sous toutes mes facettes. « Je t’aime » ? Jamais, je n’aimais que moi. Mais je l’appréciais, terriblement.

Et c’est quand un doigt étrangement chaud vint s’aventurer dans son antre féminine que je fermais les yeux, savourant chaque sensation chatouiller mes doigts, chaque texture que je ne connaissais pas chez une autre femme. Restant collée à ses lèvres dans un jeu de langue lent et langoureux, mes yeux fermés, je ne pouvais que faire apprécier les petits vas et vient que j’entreprenais. Dis le moi, dis moi que je ne suis pas comme Naoko, Kaïla. Dis moi que c’est différent avec ma personne.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Dim 9 Déc - 1:27

Le toucher qu'était-ce au juste ? Un simple contact sans importance entre deux êtres humains ? Ou alors, chaque fois qu'on approchait une peau ne nous appartenant pas, nous rentrions dans un acte d’alchimie entre le corps et l'esprit ? Moi qui étais adepte de fuite professionnelle contre cette sensation étrange, avais-je juste le droit de me prononcer sur le sujet ? Je ne saurais le dire. Je ne savais comparer ce qu'était un toucher doux, amical ou un pouvant blesser. Si, je pouvais toujours faire la différence entre un coup de poing bien senti et une tape amicale dans le dos, mais cela n'allait pas plus loin, je ne savais faire la distinction entre deux touchers subtiles qui enflammaient mon corps sans que je ne le veuille. Un contact, une caresse, quelle était la différence entre deux paumes froides posées sur mon corps chaud, ne voulant que prolonger cette position donnant des frisson dans tout le corps de celle qui subissait ? Mais qui recevait du plaisir ou des sensations dans un toucher, vu que les deux personnes en étaient concernées ? Cela dépendait de l'endroit que l'on approchait du corps humain ? Possible. Tant de questions dont il me fallait trouver les réponses pour apprécier pleinement ce qui se passait en moi et sur moi en ce moment même, pour ne pas stopper le tout, pour passer le cap et... et évoluer.

Un baiser doux, chaleureux emplit d'une hésitation sentie, des mains froides qui ne me touchaient qu'en parties, essayant de rendre le contact le moins oppressant possible. Son visage si près du mien et moi, moi n'osant pas fermer les yeux, mais ne voulant pas les laisser ouverts non plus. Perdue. Étais-je juste consciente de ce qu'il se passait dans cette pièce, sur ce lit ? Étions-nous d'ailleurs sur une couche confortable ? Quelle importance, le fait était que... que je voulais de ce toucher, du toucher que Yume me procurait avec tant de patience, lenteur, si longuement que je crus que mon corps allait lâcher de toute sa raideur et quémander sans retenue d'avantage. Mais que pouvais-je espérer de mon amie ? Qu'est-ce que je lui voulais au juste ? Moi qui répugnait qu'on me touche ? Je ne savais pas, je ne saurais même pas dire que la cause de mon abandon à cet être, était l'alcool. Ou si, j'ai dé-saoulé depuis longtemps, depuis le premier baiser qu'elle m'offrit, pour finalement me laisser aller à ce... aux envies de mon corps irradiant le besoin d'une chaleur particulière.

Pourquoi ? Pourquoi Yume ? Comment cela se faisait-il ? Nous étions amies, je n'appréciais pas le contact physique avec sa personne même si je lui laissais plus de liberté, j'avais l'habitude de ses bras, de voir son corps. Mais cela n'expliquait pas le pourquoi du comment, cela ne donnait pas une raison valable au fait que je prolonge les baisers, que j'accepte sa langue chaude dans ma bouche et que je soupire de contentement tandis que ses doigts traçaient des sillons sur ma peau frissonnante. D'ailleurs, appréciais-je ces gestes intimes ou alors, cela m'horrifiait à un point incompréhensible ? Je ne sais pas. Je ne sais plus rien. Je suis mon corps et non ma tête. Erreur ? Aucune importance, aucune quand mon corps se arqua légèrement quand sa bouche descendit sur ma poitrine dénudée. Quand ? Quand est-ce qu'elle me les a enlevé ? Je ne saurais dire. Sa langue qui taquinait mes tétons, sa main qui glissait sur mon corps, lentement, tellement lentement que je pourrais hurler pour qu'elle accélère. Mais je ne pouvais pas, je ne pouvais qu'apprécier, que m'abandonner à elle en essayant de ne pas arrêter le tout sous une impulsion soudaine de ma conscience éveillée.

C'est avec un semblant de gaucherie que j'encerclais mes bras autour de son cou, les yeux fermés pour ne pas voir, ne pas regarder. Et c'est quand mon corps réclamait plus que mon esprit disait 'non', c'est quand la main froide, non, chaude, de Yume descendit pour donner clémence à cette envie physique que j'eus le malheur de retomber dans mon malheur. Une sensation de délivrance, un doigt glissant en moi doucement, avec légèreté. Un toucher physiquement plaisant, pas douloureux comme... comme avec... différent. Tant de temps était passé après qu'une autre personne eut accès à l'endroit le plus intime de mon corps, tant d'heures et de secondes et pourtant... Pourtant, même sous le plaisir, même sous le contentement, tout revint. Un visage... Un horrible visage, une sensation de brûlure, une angoisse terrible... « Onee-Sama... » Non, non, NON ! Non, Yume n'était pas Naoko, son toucher n'était pas répugnant, mon amie... je l'ai laissé faire, j'y étais consentante. Non, ce n'était pas la même chose. Et pourtant, je me raidis instantanément. Tout le bien-être remplacé par l'horreur.

-Non... Stop !

Mon esprit prit le dessus sur mon corps, sur cette sensation enivrante de chaleur et de douceur. D'un mouvement du bassin, je me dégageais de son emprise, en ouvrant grand les yeux, je vis son corps au dessus du mien, son regard bleu braqué sur moi. Non, je détestais le toucher, recule, recule ! Panique, angoisse ou autre chose, appelez cela comme vous le voulez, j'en ai rien à cirer. Paralysée, je ne bougeais pas pendant une seconde, un petit laps du temps pendant lequel tout se dégrada. Que ce soit mon visage détendu qui prit des traits confus ou encore mon regard dilaté par le plaisir qui devint terne. Rien à y faire, je ne voulais pas... Non, je ne pouvais pas. C'était au-dessus de mes moyens, Yume, excuse-moi, mais... mais je ne me sens pas capable... Pas de cela. Cette gamine... Elle m'a brisé. Je me suis jurée que plus personne ne pourra m'approcher et certainement pas une femme, non, cela me rappelait trop... trop ses gestes brutaux sur mon corps vierge de tout cela. Et là... là... ce n'était pas la même chose. Là c'était délicat, doux, attentionné. Différent. Complètement à l'opposé.

Un hoquet d'horreur, et je me dégageais complètement de sous son corps tellement bien approuvé par le mien. Cet enlèvement brusque de sa chaleur me rendait encore plus nerveuse, frustrée peut-être, mais je ne pouvais pas m'y résoudre. Attrapant un pan de couverture pour que les yeux de Yume ne puissent pas voir -plus ou moins- le peu de dignité qui me restait dans cette situation ridiculement insensée de ma part, je baissais les yeux un instant en me disant que j'étais stupide, complètement... complètement dérisoire. Je ne voulais pas la blesser avec ce refus tandis que tout donnait à penser le contraire. Et tout cela à cause... Non.

Je voulus me confondre en excuses en tout genre, je voulus lui expliquer tout ce qu'elle savait déjà. Oui, Yume savait. Et pourtant, elle a tout de même tenté ce que, au fond, je lui ai demandé -même sous l'effet de l'alcool. Elle n'était pas fautive, tout était de ma faute, de mon comportement impulsif. Oui, j'étais coupable et là, là je voulais m'alléger de cette peine. Lâche... Non, Yume elle... pourquoi a-t-elle fait cela ? Juste parce que je le voulais ou alors, ou alors parce que c'est ce qu'il fallait faire. Je ne savais pas, mais je ne voulais pas que notre semblant d'amitié s'écroule complètement à cause de... d'un toucher. Parce que, quoi que je dise, c'était cette phobie dérisoire qui détruisait tout. Totalement. Il fallait que j'arrête. Il fallait que je me ressaisisse et me reprenne en main. Je n'étais pas une victime, plus du moins. Je n'avais pas ce droit. Mon esprit voulait délivrance lui aussi.

Délaissant ma position de défense, je lâchais les couvertures pour river mon regard rouge dans celui de ma chère amie. Hésitant, mais genre tremblant presque sous mes mouvements, je vins toucher son visage de ma paume. Un instant redoutant ce contact, c'est avec un certain soulagement que je constatais l'avoir savouré au final. Je ne savais pas ce que je faisais, mais je laissais mes instincts me guider. Caressant sa joue, pour descendre doucement sur son cou avec mes doigts, je suivis ce geste de mes rubis, fascinée mais craintive. Je ne me suis jamais posée la question du sens que ma phobie prenait à la base. Je haïssais qu'on me touche mais... est-ce que je détestais toucher ? Pour moi, dans mon esprit, le fait qu'un contact s'effectue avec mon corps était sans aucun doute la faute de l'autre personne et donc, c'était elle qui me touchait. Pourtant là, en compagnie d'une Yume trop adulte pour être celle que j'ai rencontré la première fois que j'ai mis les pieds dans l'Arène, je ne ressentais pas ce sentiment de répulsion. Vous allez me dire que c'était parce que j'avais l'habitude de sa présence, et bien, je vais vous répondre que rien du tout. Balivernes. C'était plus profond, cet acte là, dans ce lit, vint briser quelque chose en moi. Détruire pour mieux reconstruire ?

- Excuse-moi.

Un simple murmure d'une vois rauque, et je me rapprochais du visage de ma chère amie -pouvais-je juste l'appeler ainsi encore maintenant?- avant de capturer ses lèvres dans un baiser hésitant. Et là, mon corps s'enflamma à nouveau, différemment, mais tout aussi intensément. Ce n'est que par instinct, pulsions que je commençais à promener mes mains sur son corps encore habillé, sur ses épaules que je dégageais d'un simple mouvement souple. Son corps... Si svelte, si élancé, si... si femme... se présentait peu à peu sous mes gestes maladroits, sous mes yeux fuyants. Un autre baiser, et encore un dans son cou, sur sa poitrine, sur son téton. Traînant ainsi sur son corps, survolant sa peau de mes mains, je goûtais à sa peau, je découvrais ce sentiment de... de quoi au juste ? D'un plaisir inconnu ? Possible. C'est en remontant jusqu'à son visage à nouveau, tandis que l'une de mes mains s'arrêta à sa hanche que je me rendis compte d'une chose incompréhensible pour ma propre personne. Quand des gouttes d'eau salée tombèrent sur le visage de Yume, je me rendis compte que depuis tout à l'heure je pleurais silencieusement, tout en explorant doucement, presque sans toucher, son corps. Surprise et gênée, j'essuyais mes larmes d'un revers de main avant d'abandonner en voyant qu'il n'y avait rien à y faire. Faisant donc abstraction de ce détail déplaisant, je descendis ma main jusqu'à sa culotte et, sous une hésitation longue de quelques battements de cœur affolés, je passais sous le tissu pour me « heurter » à une humidité chaleureuse. Emprisonnant sa bouche dans un baiser langoureux, je sentis toute l'atmosphère autour de nous s’électriser sous les gestes intimes, sous la limite du concevable que j'allais franchir dans peu. Et c'est ce que je fis. Pénétrant un de mes doigts entre ses lèvres intimes, je suis restée un instant tétanisé par l'effet que cela faisait. C'était si... si étrange... Si... Je rougis sous la lucidité soudaine de mon geste. Ne perdant pas pied -ou si, mais on s'en fout-, je poursuivis avec des mouvements lents, m'assurant tout de même de l'expression du visage de Yume. Est-ce que je faisais ce qu'il fallait faire ? Est-ce qu'il fallait que j'arrête ? Est-ce que...

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Dim 9 Déc - 2:36

Tout, tout ça me dépassait, j’étais complètement hors de moi, je voyais une scène qui ne devait pas se passer mais ce plaisir que je ressentais en touchant cette fille me faisait frissonner. Son corps tout entier était mien, je pouvais jouer de celui-ci avec toute la délicatesse dont je faisais rarement part. J’étais … bien, très bien, tellement bien que je faillis fondre en larmes quand elle sortit une phrase de refus ;

-Non... Stop !

Ces simples mots me brisèrent une fois de plus, je savais qu’à un moment ou un autre mon rêve allait s’arrêter, que la phobie de Kaïla allait prendre le dessus sur cette situation inimaginable. J’étais frustrée, mais en même temps soulagée. Elle savait, de cette manière ce que nous faisions. Soulagée de la savoir sobre pour réaliser mes gestes, mais triste de devoir m’arrêter pour cette même raison. Que pouvais-je y faire ? Pouvais-je lui ordonner de me laisser poursuivre cette découverte mystérieuse ? Étais-je seulement en position de le faire ? Non, parce que finalement, cette situation nous dépassait aussi bien l’une que l’autre.

Son corps sorti de ma chaleur, une froid se glissa sous mon corps alors que mes azures se posèrent dans ses yeux rouges flamboyants. La lumière toujours vive, je voyais les moindres de ses traits, son visage renfermé, ses yeux ayant perdus leurs étincelles et sa manie de cacher son corps sous un drap. Corps que j’avais touché il y a de cela un instant, corps que je me voyais retiré sous des peurs et des non-dits. Kaïla, devrais-je moi aussi me contenter de si peu alors que je demandais tant ? Justement, je demandais trop, trop à sa personne encore fragile de cet épisode détestable marquant notre « fuite » de Undai.

Naoko avait détruit sa personne, elle l’avait anéantie et moi aussi débile que je pouvais l’être, reproduisais le même acte. Certes, la délicatesse en plus, mais tout de même. Qu’y avait-il de différent pour mon élève entre moi et l’enfant de ses démons ? J’étais plus vieille, plus consciente et j’aimais Kaïla comme jamais je n’avais apprécié une quelconque personne ? Est-ce ces sentiments qui allaient faire la différence ? Je ne saurais le dire, pas maintenant. Je restais muette, la fixant pour fuir son regard pour finalement me refondre dans ses yeux vermillon. N’étions-nous pas idiotes ainsi ? Moi rabattue en tailleur et elle apeurée dans un coin du lit ? J’étais ignoble et rien que pour ça, je devai m’excuser, me faire pardonner d’un dire ce qu’il venait de se passer. Oublier pour mieux continuer ? Futilité.

- Excuse-moi.

Et c’est sous un hoquet de surprise de ma part que j’affichais une mine montrant mon incompréhension, pourquoi s’excusait-elle ? Elle n’était en rien fautive, la faute revenait à celle qui était la plus adulte de nous deux. Ne devais-je pas prendre la responsabilité de cet acte qui la répugnait alors qu’elle n’était qu’une enfant victime des vices d’autrui ? Sans doute pas. Oui, je ne pouvais plus me sentir coupable quand elle laissa tomber sa couverte, m’exposant son corps sous une ampoule rouge faisant ambiance dans cette chambre glamour. J’aurais pu venir à elle, avancer de quelques centimètres pour lui dire que, non, elle n’avait pas à s’excuser, qu’elle ne devait pas se forcer à faire quoi que ce soit, mais mes paroles ne virent jamais le jour quand sa paume, aussi timidement que mes premiers geste, vint se poser sur ma joue.

Suite à ce contact doux dont je suivais les courbes et emmagasinais le plus de chaleur, je fermais les yeux pour savourer un contact qui n’était jamais arrivé avant. Me toucher, elle qui avait peur de cela, me touchait -certes avec crainte- mais elle le faisait quand même. Traçant de légers sillons de son doigt sur ma peau, partant de ma joue jusqu’à mon cou. Je ne savais vraiment dire si c’était un vrai toucher, je sentais à peine ses doigts, mais assez sans doute pour qu’un sourire doux vienne se dessiner sur mes lèvres. Je n’avais pas l’habitude de tant d’expression, en temps normal, c’était sourire pour sourire et non pas … sous une pulsion venant droit de mon esprit. Comment, comment arrivait-elle à me faire m’exprimer tant que ça, alors que je ne comprenais même pas encore le sens d’un simple sourire ? Pourquoi, pourquoi toi Kaïla ?

Et c’est sous une pulsion d’envie de sa part que ses lèvres me demandaient baiser et amour, c’est sous une de ces mêmes pulsions que je me retrouvais le haut dénudé et que je sentis ses lèvres douces et ses dents acérés venir chatouiller certaines parties de mon corps. Je ne pouvais que prendre plaisir à cet acte si étrange de sa part, ce n’est que par envie que je me laissais glisser dans son sillage alors qu’elle prenait une pose dominatrice. Arquant mon dos en décontractant mes muscles quand une main hasardeuse vint chatouiller mon entrejambe. Folle, folie passagère ou folie pouvant continuer ainsi tout le temps ?

Je ne saurais le dire, autant que je ne compris pas directement que les sons sortant de ma bouche étaient miens, que des petits cris de plaisir trouvèrent leurs chemins vers la sortie. Était-ce vraiment moi qui jouissais ? Était-ce seulement possible que des « vrais » cris de plaisir sous les douceurs d’une enfant hésitante, puissent me couper la gorge ainsi ? Était-ce elle qui me faisait suer de plaisir, crier alors que ses mouvements accéléraient, perdant voix quand ses lèvres se scellèrent aux miennes ? Était-ce seulement possible pour ma personne ? Un rêve, cela était-il un rêve ? Non, je suppliais pour que ce ne soit pas le cas. J’avais moi aussi envie de lui montrer que son toucher me faisait du bien, j’avais envie de partager ce qu’elle me faisait et c’est sans doute avec hésitation que je fis la même chose qu’elle, chatouillant son intimité humide pour la faire gémir comme je le faisais. Kaïla, que faisions-nous ? Pouvons-nous vraiment le faire sans pudeur de la sorte ? Sous cette lumière montrant chaque courbes de nos corps, chaque geste que nous entreprenions ? Dis le moi, veux-tu vraiment ça de nous ?

Et cette question disparu en même temps que la nuit s’écoula à ses côtés. Le plaisir montré, les cris traversant sans doute les murs et les murmures anodins des passants dans le couloir dont j’étais trop occupée pour entendre le sens. C’était fou, tellement fou que mon corps se courba d’une extase intense plus d’une fois durant cette nuit. Je ne saurais dire si nous nous sommes endormies sous une quelconque parole, je ne savais dire non plus si le jour s’était déjà levé … que dire alors que seul le plaisir restait gravé dans votre tête ? Je ne savais pas, mais je n’en avais que faire, seul son corps chaud et nu sur le mien me montrait cette réalité qui devenait notre, seconde en seconde, minute en minute, heure en heure.

Je ne sais ce qui m’a réveillé, et surtout pourquoi je m’étais levée sans dire mot. Mes souvenirs restaient vagues une fois de plus sur mon élan de motivation ce matin, avant de sortir du lit qui avait scellé un passage que nous devrions garder secret, je regardais Kaïla dormir alors que mes doigts fins caressaient son visage. Souriant à chacune de ses mimiques montrant son mécontentement à ce toucher risquant de la réveiller, je me décidais d’arrêter pour me lever. Lever et laver par la même occasion, autant être fraîche pour … pour la suite des événements ? Allez savoir, mais c’est donc une bonne dizaine de minutes plus tard que je me retrouvais fraîche et habillée d’un nouvel ensemble alors que nos vêtements jonchant le sol, montrant nos ébats de la nuit passée, disparurent. Me retrouvant à présent dans un nouvel ensemble bien plus décontracté que celui de la veille, je rassemblais les quelques affaires nous appartenant avant de matérialiser une sorte de minuterie que je collais sur ma table de nuit.

Hésitant un instant, devant le corps nu et endormi de Kaïla, à la réveiller, j’optais pour la meilleure des solutions pour quitter ce lieu. Parce que oui, si vous espériez que je continue le manège de hier après ce qu’il s’est passé hier soir, vous rêvez. Et c’est donc à bras le corps que je soulevais Kurayami, matérialisant des vêtements souples pour cacher sa pudeur et nous téléporter dans ma voiture, toujours garée au même endroit que hier. Me retrouvant sur mon siège et ma jeune accompagnatrice sur celui à côté en position allongé, je démarrais le moteur avant de m’extirper de cette place de parking trop étroite pour ma personne avec un clame fou. Modérant vitesse et bruit, je commençais ma route vers notre prochaine destination, déjà bien dessinée dans ma tête et assez réfléchie sur la raison de ce lieu durant que je me douchais. Oui, notre prochain lieu de visite allait être Kagoshima, une ville aussi peuplée que Kyoto mais dont la superficie dépassait sans doute celle de ma chère ville d’exil. La raison de cette destination ? Je n’en avais pas vraiment d'idée, bouger pour voir de nouveau paysage, changer d’air en laissant dans chaque lieu notre passage … ah …

Arquant un sourire alors que je doublais une voiture, je matérialisais un petit mécanisme relié au boîtier que j’eus laissé dans notre « hôtel » pour finalement appuyer sur son gros bouton rouge central. D’un petit rire amusé transformé en une expression glaciale me seyant tant, j’imaginais la scène qui se produisit dans cette maison close. Tuer pour tuer ? Non, disons juste que je n’avais pas forcément envie d’y retourner et que je trouvais ce lieu peu fréquentable et qu’il serait triste que des touristes tombent là-bas malencontreusement ? Et que par ce fait, il était de mon devoir de sauveuse de l’humanité, de le détruire ? Non, juste une pulsion rédigée par mon corps dont le sens premier du devoir trônait sur n’importe quelles autres raisons dérisoires. Oui, autant ne pas se poser de questions, lire mes actions et laisser libre court à mes envies passagères.

M’arrêtant à un feu rouge alors que je matérialisais une bouteille d’eau dans mes mains, j’arquais un petit sourire imperceptible alors que la personne à côté de moi « émergeait » enfin. Lui tendant cette même bouteille en croisant son regard de sang, je restais impassible alors que ma voix retenti, retrouvant son froid habituel ;

- Kagoshima, elle sera notre prochaine destination, sauf si tu veux rentrer ? Entre dix ou quinze heures de routes, la différence m’importe peu. Je ne connais pas cet endroit, ça sera aventure, découv…

Hum. Parlant découverte, n’avais-je pas assez découvert de choses sur sa personne la nuit dernière ? Certes.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Dim 9 Déc - 20:40

Des bruits, des cris peut-être. Non, des gémissements, ceux que jamais je n'aurais cru possible sortir de ma bouche. Du plaisir, et le bien-être total. Hésitation tout d'abord, mais quand d'autres bruits de jouissances parvinrent à mes oreilles, ceux qui ne sortaient pas de moi, l'assurance prit peu à peu le dessus. Et cela dura, longtemps, même si le temps n'avait aucune importance dans ce lieu à l'atmosphère plus que pesante. Quelques minutes, peut-être une dizaine, et après, après je ne me posais plus de questions, faisant profiter Yume sous ma prestation de novice hésitante. Cela lui a plus oui, mais cela m'a plu aussi, tellement que d'y repenser me rendait honteuse et gênée. C'était bon, différent de ce que j'ai déjà connu et là, là sous des cris plus prononcés, des soupirs plus insistants, je me rendis compte que je n'ai rien connu du tout de ce plaisir avant que ma chère amie ne me le montre. C'était hallucinant, magique, tellement grandiose que j'oubliais rapidement toute haine du toucher, tout ce qui m'était arrivé dans le passé... Non que je n'en étais pas perturbée, au contraire, mais j'essayais... je faisais avec, tout cela facilement supportable sous les gestes doux de cette femme... Femme qui n'était pas censée finir ainsi avec moi dans un lit. Et pourtant... étrange.

Quelques heures plus tard, ou alors minutes, je ne saurais le dire, je me retrouvais prise d'un dernier soubresaut aigu, la peau collante d'une sueur mêlée à celle de mon amie. Ensuite... Je ne sais pas ce qu'il se passa, je ne m'en rappelle pas même en me creusant à fond les méninges. Mais quelle importance après tout ? Ma mémoire se souvenait parfaitement bien de ce qui s'est passé pendant. C'était suffisant. Tellement assez que, juste avant de sombrer, je me sentis étrangère à mon propre corps. Et celle qui me tenait compagnie de son corps chaud, l'était tout autant à mes yeux. Non, nous n'étions pas celles que nous croyons. Non, ce n'était pas Yume Kuroi qui me souriait, nue du haut de ses trente ans. Et non, ce n'était pas moi Kurayami Kaïla, qui lui rendit son sourire en me blottissant contre cette femme à la peau de lait. Non, cela ne pouvait être possible. Invraisemblable. Complètement hallucinant.

Le réveil, ce réveil après cette nuit si lucide, m'embrouilla un peu plus. Rien, rien ne pouvait indiquer à nos deux personnes que quelque chose d'intime s'était passé entre nous deux, entres nos corps. C'était tellement différent de mes souvenirs qu'un soupir soulagé traversa mes lèvres quand mes yeux s'ouvrirent sur un plafond bas. Grognant légèrement sous un mal de tête impossible qui pulsait dans mes tempes, je zieutais autour de moi pour m'habituer au lieu. Une voiture, nous étions en voiture et Yume se trouvait juste à coté de moi, à la place du conducteur. Redressant mon siège en me détaillant un instant perplexe, ce n'est qu'à moitié que j'entendis ce qu'elle me disait de son éternel ton « détaché ».

- Kagoshima, elle sera notre prochaine destination, sauf si tu veux rentrer ? Entre dix ou quinze heures de routes, la différence m’importe peu. Je ne connais pas cet endroit, ça sera aventure, découv…

Fronçant les sourcils, toujours à moitié dans les vapes, je me saisis de la bouteille d'eau qu'elle me tendait faisant bien attention à ne pas la toucher, automatisme cruel même après ce qui s'était passé... Mais il s'est vraiment passé quelque chose ? Parce que là, en ouvrant cette bouteille pour boire un coup, je ne miserais pas beaucoup dessus. Un rêve, un simple rêve stupide de mon esprit dérangé, voilà tout. Souriant jaune, je me détournais de ma chère amie pour coller ma tête à la vitre, essayant de ne pas m'empourprer sur... sur ces idées saugrenues, trop... perverses ? Non, il y avait quelque chose qui clochait.

- Comme tu veux. Enfin, non. J'aimerais bien qu'on aille voir cette ville. J'ai pas envie de retourner à Undai.

Non, enfin, je ne savais pas ce que je voulais. J'étais trop perturbée sur le présent pour m'inquiéter du futur. Me massant les tempes sous une douleur au crâne, je laissais échapper un grognement frustré avant de tourner ma tête vers Yume pour y discerner un quelconque indice de toute cette affaire. Mais rien, je restais là, perdue avec mes incertitudes. Comment nous étions-nous retrouvées dans cette voiture ? N'étions nous pas allées chez un vieillard et ensuite... ensuite dans un village non-loin de sa maison ? N'avions nous pas fait connaissance d'un endroit peu accueillant et ensuite n'avions nous pas joué à quelque chose de ridicule, nous faisons passer par des gens de bas étages – comme j'appelais cela. Oui, j'étais certaine que ce fut le cas, mais après... Après ? Nous avions bu, beaucoup. Et ensuite ? Tout fut vague, je ne me rappelle plus de chaque détail, mais cette scène érotique me revint en esprit avec vivacité, avec une clarté démentant son innocence. Non, ce n'était pas qu'un rêve, j'ai vraiment couché avec Yume. Mais ? Elle ne s'en rappelait certainement pas, en vue de son calme dans cette voiture roulant à vive allure. Et je n'allais pas le lui rappeler non plus. Lui lançant un regard en biais, des sueurs froides me parcoururent le dos avant que je ne me racle pas la gorge et, reprenant contenance, demande d'une voix égale, froide :

- Dis, j'ai une mine aussi épouvantable que la tienne ? Je crois qu'on a trop bu hier soir. On pourrait s'arrêter quelque part pour manger ?

Après tout, quinze heures d'une traite, c'était impossible que ce soit pour mes muscles endoloris, pour cette ambiance étrange s'étant installée dans la voiture ou encore, tout bonnement pour mon ventre ne demandant que réparation. Passant ma main dans mes cheveux, un flash me stoppa net en plein mouvement. Je l'ai touché ! Je l'ai exploré. Mes mains l'ont caressées, ses cheveux, sa peau, son... sa... tout y est passé. Et j'en ai pris plaisir... Il faut... Il faut que je me lave, tout de suite. Bon sang ! Et elle aussi ! Cette femme... Pas possible... Pédophile ?! Non. Bêtises. Voulant me changer les idées, éloigner ces pensées dérangeantes de mon esprit torturé, j'allumais la radio, prenant soin à ne pas fixer ma colocataire pour ne pas lui montrer mon état douteusement trop normal mais pas assez pour que je ne sois pas étrange. Et là... Je me mis à tousser, m'étouffant avec la gorgée d'eau que je bus en même temps que la radio locale grisailla quelques mots :

« Nous donnant en direct du village de Kitayama où une explosion a détruit intégralement une boutique fort fréquentée, tuant près d'une vingtaine de personnes. Le responsable du bar ainsi que ses occupants sont morts sur le coup, selon le rapport des pompiers. L'explosion en pleine matinée est, sous les premiers abords, due à un échappement de gaz qui aurait prit feu. Mais l'enquête se poursuit pour exclure tout règlement de comptes en vue de la nature du bar où des proxénètes étaient monnaie courante... On vous tiendra au courant dans les prochaines heures... »

Je ne laissais pas la voix de l'homme poursuivre et éteignit la radio d'un geste brusque avant de rire nerveusement. Regardant droit devant moi la route qui se prolongeait, je n'affichais rien du tout, tandis que je serrais mes mains sur les genoux pour ne pas exploser. Mais pourquoi ? Parce que c'était... terrible. Je n'osais même pas tourner ma tête vers cette femme toujours aussi calme. Tous mes espoirs se sont envolés. J'étais sûre à cent pour cent que ce n'était pas la faute d'un certain accident mais bel et bien que Yume était derrière cette explosion mystérieuse. Voyant une pancarte défiler, indiquant une aire de parking, je m'exclamais soudainement pour qu'on s'y arrête.

-Yume, ici ! La prochaine sortie, on va manger là et faut que j'aille me laver aussi. Enfin, tu vois.

Et non, je n'allais pas lui parler franchement de ce qui s'est passé entre nous. Autant l'oublier. Mais le fait était qu'il fallait à tout prix que je me purifie. J'en étais tellement angoissée que je perdis même mon besoin de manger. Bon sang, je pourrais au moins la considérer encore comme une amie ? Ou alors... Plus maintenant. Notre amitié est ruinée à présent ? Allons-nous devenir des étrangères l'une pour l'autre ? Pourrais-je la regarder dans les yeux sans me rappeler ce... cela. Horrible, c'était juste affreux. Comment j'ai pu me laisser toucher par elle ? Comment ai-je osé la toucher ?! Comment... Non, il fallait que j'oublie, qu'on oublie. Sous ses pensées, un seul murmure sortit de ma bouche pour résumer la situation, rapidement dissimulé sous un raclement de gorge étrangement faux.

- La merde...

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Dim 9 Déc - 22:41

Je ne savais pas vraiment dire si c’était moi qui provoquait cet aspect de froideur ou alors Kaïla elle même après son réveil. Sans prendre soin de me regarder vraiment, elle jonchait mieux de poser sa tête sur la vitre et laisser le vide planer entre nos deux personnes. Avais-je fais quelque chose de mal ? Étais-je coupable de ce qu’il s’était passé la nuit précédente ? Non, je n’avais pas à l’être et encore moins à me fondre en excuses devant sa personne. Ce qui s’était passé, c’était passé et ce qui allait suivre de cette scène extraordinaire n’allait être plus que jouissif si elle se décidait à accepter que tout cela ne fût pas qu’un rêve. Oui, elle devait arrêter de sa cacher de cette réalité qui était notre à présent.

- Comme tu veux. Enfin, non. J'aimerais bien qu'on aille voir cette ville. J'ai pas envie de retourner à Undai.

Je n’en doutais pas un instant, retourner à Undai voulait dire affronter ce qu’il s’était passé avant notre départ, retourner dans un moule qui n’était plus assorti à sa personne et par la même occasion, supporter les regards des ses camarades. Le savaient-ils seulement ce que Naoko avait fait à Kaïla ? Foutaise, cela était impossible, tellement que je savais pertinemment bien qu’Ayame n’aurait pas montré cette vidéo. Pourquoi en étais-je si sure ? Parce qu’elle savait quelle aurait été ma réaction, comment j’aurais tout fait pour que nul le sache et ainsi, protéger mon élève et ma personne de ce chaos qui risquait d’arriver si cette vidéo allait être divulguée. Pourquoi me la montrer dans ce cas ? Vous la connaissez comme moi, il ne fallait pas grand-chose pour que sa personne décide cela. Mais entre moi et les autres, le fossé était assez grand pour que mes certitudes sur l’anonymat de la vidéo restent pures. Dieu, Ayame savait-elle depuis longtemps qu’une chose comme celle-là risquait d’arriver ? Aussi bien la mésaventure de Kaïla avec Naoko, autant que les faits de la nuit précédente ? Cela aurait été cohérent en regardant sa manière si subtile de m’éloigner de Kurayami, mais avait-elle tant de pouvoir que ça pour ? Je ne saurais que dire. Non, je ne savais pas.

- Dis, j'ai une mine aussi épouvantable que la tienne ? Je crois qu'on a trop bu hier soir. On pourrait s'arrêter quelque part pour manger ?

Je ne fis que rire par un sourire moqueur tout en hochant de la tête positivement alors que mes yeux toujours rivés sur la route n’osèrent se poser sur la femme qui m’accompagnait. Non, ma tête n’était pas horrible, j’avais pris soin de me lever, l’avais pris soin d’être présentable pour sa personne, alors qu’elle se taise. Contrairement à elle, j’étais fraîche et non, je n’avais plus sur moi l’odeur délicate de son élixir divin. Hum, ironie du sort quand on y pense, j’avais l’impression de penser comme Deady. Dieu, ne me dites pas que je devenais comme elle … Par pitié, tout sauf ça.

« Nous donnant en direct du village de Kitayama où une explosion a détruit intégralement une boutique fort fréquentée, tuant près d'une vingtaine de personnes. Le responsable du bar ainsi que ses occupants sont morts sur le coup, selon le rapport des pompiers. L'explosion en pleine matinée est, sous les premiers abords, due à un échappement de gaz qui aurait prit feu. Mais l'enquête se poursuit pour exclure tout règlement de comptes en vue de la nature du bar où des proxénètes étaient monnaie courante... On vous tiendra au courant dans les prochaines heures... »

Fronçant les sourcils quand elle éteint la radio et que je zieute discrètement sur sa personne, je regardais le moindre de ses gestes. Un son grave montrant un certain volume de déconcerte sorti de ses lèvres tandis qu’elle me tournait le dos une fois de plus. Comprenait-elle ? Se rappelait-elle tout cela, tout ce que nous avions fait, tout ce que nous avons vu et tout ce qu’il allait suivre ? Dis moi Kaïla, je t’en supplie, dis moi que je ne te dégoûte pas. Dis moi que tout ça, restera notre et que rien entre nous, ne changera. Je ne voulais pas la perdre, je ne voulais pas me retrouver seule dans mon monde d’un jour à l’autre tout ça parce que nos corps avaient été plus passionnés que nos esprits … Te dégoûtais-je à ce point ?

-Yume, ici ! La prochaine sortie, on va manger là et faut que j'aille me laver aussi. Enfin, tu vois.

Oui, je la répugnais, tellement qu’elle se sentait salie, tellement que je braquais sans plus de ménagement pour sortir de l’autoroute en direction d’une aire de ravitaillement. Le regard froid, les gestes secs et la douceur oubliée, je me fondais dans un monde noir alors que la voiture se garait sans grande délicatesse à une place libre. N’écoutant même pas son juron, j’arrêtais le moteur tout en relâchant mes muscles. Me retrouvant les yeux fermés, les mains toujours sur le guidon, je soupirai de tout mon être alors que le silence planait toujours autant. En rouvrant mes pupilles, je déviais mon regard sur la jeune femme à côté de moi, la regardant intensément un instant avant de me décider de sortir de la voiture. Faisant le tour -prenant l’habitude de ce geste-, je vins lui ouvrir la portière avant de biper le boîtier de mes clés pour fermer ma porche. Marchant en direction de la pompe à essence, je ralentis le pas de manière à ce que Kaïla soit à ma hauteur avant d’arriver dans ce dit magasin de fortune. La chance dans le tout, c’est qu’au moins, leurs toilettes étaient équipées de douche et que pendant qu’elle se laverait, je n’aurai qu’à me prélasser autour d’un café. Et c’est ce que je comptais faire quand je lui fis signe de ne plus s’occuper de moi et qu’elle pouvait se plaire à son envie du moment de propreté.

Me retrouvant à une petite table haute, un gobelet de café en main, je ne sais pas combien j’eus attendu avant que sa personne ne revienne dans ma direction. Une odeur de propre émanant de son corps et les cheveux un peu mouillé … devrais-je vous dire que c’est la première fois que je la regardais de cette façon ? Autrement que d’habitude … avec ce soupçon … d’envie. Mon regard … Je ne pouvais le faire voir et c’est justement pour cette raison que je rivais mes yeux dans mon verre à moitié vide de peur qu’elle remarque une chose que je ne voulais lui faire savoir. Que faisais-je donc ?! Pourquoi tant de gêne alors que je n’en avais guère besoin ? Dis moi Kaïla, est-ce normal ? Je ne saurais le dire mais il fallait que ça s’arrête, ces non-dits m’insupportaient et me voir dans un état comme le mien me répugnait presque moi-même. Je n’étais pas timide, j’étais franche et c’est sans tabou que je devais mettre clos à cette situation.

- Devrais-je me fondre en excuses pour des demandes si explicites de ta part la nuit dernière ?

Ce n’était qu’à mi-mot que je disais ça, laissant les personnes extérieures à nos personnes afin qu’elles n’entendent ne serait-ce qu’une bride de notre conversation. Oui, nous avions couchés ensemble mais cela n’était pas une raison pour le crier sur tous les toits. Tiquant de ma gorge, je grognais légèrement alors que je tournais les talons, découragée de ne pas avoir eu une réponse assez rapide à mon goût. Si c’était ainsi, alors que cela soit le cas. Je n’avais pas envie de ce malaise mais en même temps, je n’avais pas envie de me la jouer -victime- ne sachant que faire et que dire. Ce n’était pas moi et pour rien au monde, je ferai dos à une situation bouleversant mon monde. Et c’est sans doute pour cette même raison, qu’une fois dehors, je me retournais vers sa personne m’ayant sans doute suivie pour venir attraper ses joues, rapprochant le mouvement afin de capturer ses lèvres, laissant ce contact ne durer qu’une seconde alors que cela semblait éternel ;

- Si tu le regrettes dis le. Je ne compte pas continuer à voyager avec un mur et encore moins te gêner. Regarde moi, assume toi et si tu veux -moi pas- oublie tout. Je ne te ferai rien sans que tu m’y autorises, je ne sais pas pour qui tu me prends mais je suis toujours celle que je suis bon sang. Regarde moi !

Hurler ? Oui, cela m’arrivait … parfois.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 10 Déc - 1:18

Mon vœu fut exhaussé. Et ce sur un dernier regard frustré de ma part que je lui tournais le dos dans ce pseudo-magasin-restaurant à la recherche des toilettes. Je ne saisissais pas parfaitement son humeur de chien du moment, avant que l'on n'arrive sur l'aire de parking je crus qu'elle allait nous tuer avec sa brusquerie soudaine. Pourtant, je ne lui ai rien demandé de grave, si ? Peu importe, voilà que j'étais tout aussi glaciale qu'elle, question bonne humeur. Donc, délaissant mon amie (?) quelque part prêt de la nourriture, je pénétrais dans ce qui semblait être une salle remplie de douches individuelles équipées à toute situation. Une bonne chose. Préparant les différents savons, je ne me fis pas prier pour me détendre sous l'eau chaude qui coulait sur tout mon corps. Cette peau, touchée par les mains blanchâtres d'une Yume trop consciente. Était-elle peut-être juste saoule ? Je ne pense pas, je ne l'espère pas au fond de moi. Un frisson de je ne sais quoi passa sous ma peau avant que je ne me ressaisisse et entame de laver tout ce... toute preuve de nos actes illicites. C'était interdit, carrément défendu. Je finis rapidement de prendre ma douche et de me sécher, et, sous un dernier soupir de contentement d'être épurée, je rejoins une Yume toujours aussi stoïque près des tables qui se trouvaient en ce lieu. Facilement repérable de sa chevelure ébène et de sa haute taille fine -que j'eus le plaisir d'explorer- il ne me fut pas difficile de croiser son regard. Un peu plus à l'aide et détendue, je la rejoins et m'arrêtai à quelques pas de sa silhouette.

- Devrais-je me fondre en excuses pour des demandes si explicites de ta part la nuit dernière ?

Première réaction ? Aucune. Deuxième ? Je n'eus pas le temps qu'elle était déjà partie avec un son mécontent sortit de la bouche. Restant figée un instant, tout me tomba d'un coup sur les épaules, embrouillant mon cerveau complètement. Un voile rouge se propagea devant mes yeux tandis qu'une bouffée de colère me montait aux joues. Comment ?! Mes demandes ?! C'était elle qui s'est jouée de moi, c'était elle qui m'a bourré et ensuite c'était elle qui m'a sauté dessus au tout début. Et ensuite, il était normal que la suite découle de source non ? Peut-être pas, certainement pas quand on s'appelait Kuroi et Kurayami. Mais... Mais elle n'avait pas le droit de se permettre de dire que c'était pour ma personne qu'elle a fait cela, et seulement pour ma personne sans compter son propre... sa propre... Je n'ai rien demandé à la base ! Furieuse comme jamais, je suivis ses pas pour venir lui inculquer tout cela avec un regard lançant des éclairs dans son dos. Je n'avais même plus faim tellement la colère et la gêne me rongeait de l'intérieur sous ses paroles des plus détestables.
Et c'est là quand mes pas me menèrent en dehors du restaurant, que Yume se figea, tourant sur elle même et attrapa ma tête entre ses mains fermes. Évidement, je voulus me débattre, mais je n'eus pas le temps que ses lèvres, ces mêmes lèvres douces que j'eus le loisir de savourer la nuit dernière, vinrent attraper les miennes dans un baiser court, trop court pour mon être, trop long pour mon horreur du toucher.

- Si tu le regrettes dis le. Je ne compte pas continuer à voyager avec un mur et encore moins te gêner. Regarde moi, assume toi et si tu veux -moi pas- oublie tout. Je ne te ferai rien sans que tu m’y autorises, je ne sais pas pour qui tu me prends mais je suis toujours celle que je suis bon sang. Regarde moi !

Elle criait, elle hurlait dans mes oreilles et quand son dernier « ordre » fusa de sa bouche, je n'eus qu'une réaction, lever mes yeux vers les siens sous une pression insupportable. Au moins c'était clair, tout devint tellement translucide que je jurais silencieusement sous tant de questions. Pourtant, pourtant il y avait quelque chose de changé, et ce, pas qu'un peu. Grimaçant sous tant de colère de sa part et sur ma propre perplexité, je détournais mon regard en serrant les poings. Est-ce que je regrettais ? Non, enfin, je ne sais pas, mais je ne crois pas. Après tout, si elle m'assurait que rien entre nous ne changerait, alors, alors pourquoi se torturer l'esprit de la sorte ? Parce que la vie était comme cela, et rien n'était simple. Coucher avec une amie dont on connaît certaines choses, dont elle connaît beaucoup de celles que j'aurais préféré laissé secret... Coucher avec une femme mais détester le toucher, coucher avec un être dont on ne voulait que amitié, oui c'était mal. Non, ce n'était pas normal. Cela me dépassait et Yume ne m'aidait pas à le résoudre en me hurlant dessus, en m'accusant presque de ce qui s'était passé entre nous. C'était terrible, parce que chacune de nous a fait des sacrifices sur cette action irréfléchie. Alors non, je n'accepte pas qu'elle ose élever sa voix sur moi, je n'accepte pas qu'elle me touche ainsi ! Et c'est sur cette pensée, rouge de rage, que je lui envoyais ma main en plein visage, la giflant.

- Non, je n'assume pas ! Et non, je ne le regrette pas ! Si, mais non !

Criant ces quelques mots avant de l'attraper par le bras avec force -avant que sa tête ne parte complètement sur le coté-, serrant dessus à lui en faire mal, je la plaquais avec force contre la portière arrière de la voiture-qui s'ouvrit par je ne sais quel miracle dans le bruit caractéristique d'un bip aigu. Restant ainsi une fraction de seconde, mais me bougeant ensuite de peur de me ramasser un coup à cause de ma gifle qui lui laissa une belle trace rouge sur la joue, j'ouvris la portière et la balançai directement à l'intérieur du véhicule. « Refermant » derrière nous, je me retrouvais sur elle, tête penchée sous le plafond bas de la voiture, à l'empoigner par le col de son pull. Lançant des éclairs tout droits dans ces yeux, je ne brisais pas le contact, toujours aussi furieuse.

-C'est pas évident ! Tu crois quoi à la fin, que c'est si simple ?! Cela... Tu me fais chier !

Et sur ce beau constat, après une secondes de flottement, je l’embrassais avec fugue. Avec une envie sauvage mais contenue par mes principes. Ce que je faisais ? Aucune idée, mais j'étais tellement hors de moi qu'il ne fallait pas chercher de logique à tout cela. C'était ça ou je la tue. Approfondissant ce baiser tant répété le jour précédent, je me décollais enfin de son visage, à bout de souffle. Réalisant ce que je venais de faire sous une pulsion incompréhensible pour mon corps haïssant cela -même s'il me prouvait le contraire d'une façon peu subtile- je m'empourprais en fuyant son regard, jurant par la même occasion. Soupirant lourdement, je la repoussais de l'autre coté du véhicule pour m'asseoir sur le siège, boudant ouvertement je claquais ma langue sur le palais d'un signe agacé avant de grogner à son encontre d'une manière trop animale pour être humaine.

-T'as de la chance qu'on est pas à Undai... et encore ! T'es qu'une... Qu'un...

Ne trouvant pas mes mots, je n'eus qu'une manière de m'exprimer et ce, avec le plus grand soin d'être le plus brusque possible, que je l'attrapais à nouveau par le col et passai ma main sous son t-shirt. M'arrêtant quand ma paume vint à l'encontre de sa peau, je grognais de frustration contre moi-même avant d'accentuer ce même contact en pressant d'avantage sur son ventre. Rouge, mais cette fois de gêne, je collais mon front au sien, rivant mes rubis dans ses azures en essayant de lui transmettre par ce geste toutes mes questions, toutes les contradictions, tous les doutes, tout le mal que je me faisais pour ce toucher anodin pour autrui, tout le ridicule de ce que nous faisions. Cela me dérangeait, je n'acceptais pas cette situation jamais, jamais je n'assumerai cela, jamais. Et encore moins dès que la réalité du quotidien nous rattrapera. J'allais la tuer. J'allais vraiment la massacrer. Et ce par un autre baiser et... plus si affinité.
Et puis, fous moi la paix ! Je crois que je la hais de me montrer toute cette passion sous un angle que mon corps acceptait.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 10 Déc - 2:23

Tel un ordre fusant de mes lèvres, elle leva le regard pour fondre ses yeux dans les miens, j’étais indignée de la situation et non pas parce qu’elle avait l’air outrée, mais plutôt ma prestation nous valant les regards des passants. N’avais-je guère autre endroit pour l’embrasser et lui gueuler dessus ? Sans doute pas en vue de ce qui précédait ma engueulade. Oui, et peut être justement un autre endroit moins humiliant pour me ramasser une baffe magistrale de sa main divine. Je n’ai même pas eu le temps de protester que ma tête s’en alla sur la gauche, que mon bras se fit tirer pour la suivre et que ses paroles fusèrent telles des piques acérées me perçant de tous les côtés. Oui, ca me blessait de l’entendre dire ça, mais en même temps, ça soulageait. Si elle n’avait pas dit la première partie de sa tirade, peut être me serai-je sentie heureuse ? Mais que voulez-vous, ce n’était qu’une gamine et moi du haut de ma vingtaine, je devais être la responsable de tout ça … la taper ? Cette idée m’était-elle passée par la tête ? Peut être plus d’une fois et encore plus quand je me repassais ses paroles.

- Non, je n'assume pas ! Et non, je ne le regrette pas ! Si, mais non !

J’allais l’étriper, noyer son corps dans la baie de Kyoto en prenant bien soin que ses poumons s’ingurgitent de l’eau nécessaire à sa noyade, ou encore mieux, la brûler et regarder la scène en la voyant agoniser sous les flammes. Oui, tuer et la faire souffrir jusqu’à ce qu’elle comprenne que tout ce qui s’était passé était pour elle. Mais pour moi aussi ! Mais je ne me le cachais pas que j’avais aimé, que j’en veuille encore et même si c’était mal, pourquoi … Juste une fois, étais-je obligée de respecter des règles placées par je ne sais qui et je ne sais quand ? Non, et j’en avais marre.

Mon corps se heurta sur la portière de la voiture, avec la plus grande des brutalités qui réussit à déclencher le biper de la voiture pour ouvrir celle-ci. Sous tant de violence, je me débattais sans vraiment me débattre, je la fusillais du regard alors que ses yeux me tuaient de sa haine et de sa colère, j’en avais marre, tellement marre que j’allais l’étriper sans plus de pitié. Oui, finalement, ce n’était qu’une salle gosse qui se confondait en propos pour se sortir d’un merdier qu’elle jugeait pas assez « bon » pour sa personne, qu’elle crève et qu’elle se taise au nom de Dieu !

-C'est pas évident ! Tu crois quoi à la fin, que c'est si simple ?! Cela... Tu me fais chier !

Étant sur moi, je redevenais perplexe, ne voulait-elle pas fuir le contact avec ma personne ? S’amusait-elle à me perturber l’esprit alors que c’était sa personne qui nous obligeait à nous trouver dans une position désobligeante ?! Que voulait-elle à la fin ? Que je fonde en larmes, que je me barre en lui disant que c’est fini ; « Je ne te supporte plus ! » ? Et puis quoi encore, c’était quoi ce cirque ?! Et pourquoi … Pourquoi tous questionnements s’envolèrent en même temps que ses lèvres se posèrent sur les miennes ?

Un baiser anodin qui fini par prendre des allures bestiales, un baiser qui montrait une passion démesurée pour ma personne comprenant qu’elle comprenait ses gestes. C’était comme si notre illusion, que notre rêverie prenait réalité … ce qu’il s’était passé devait rester enfermé dans le bar à putes, scelés dans une chambre que personne, jamais ne découvrira et là … c’était trop simple, trop réel, trop … trop pour mon esprit qui, pour une fois prit le dessus sur mon corps quémandant, approfondissant un baiser auquel je n’avais droit.

-T'as de la chance qu'on est pas à Undai... et encore ! T'es qu'une... Qu'un...

Sa main passa sous ma chemise alors qu’elle était revenue à la charge après m’avoir repoussée, elle était de nouveau là, bloquant tout mouvement de ma part sous une emprise dominatrice que je n’acceptais pas aujourd’hui. Me regardant de tout son haut avec cet air si sévère sur le visage pour finalement que ses lèvres emprisonnent les miennes avec indécence. Mordant presque à sang la sienne, cette fois-ci c’était moi qui la repoussais, la repousser pour mieux prendre le dessus, pour mieux me retrouver en position de force dans cet espace trop étroit, trop petit pour que je le supporte. Ce fut un baiser long, trop long me coupant tout air avant que je ne réclame oxygène. Oxygène que je ne savais trouver dans cette petite voiture m’oppressant et c’est avec force que j’ouvris la portière pour mieux me retrouver dehors, pour mieux respirer.

Les genoux sur le sol, les mains sur le béton recouvrant le sol et la respiration coupée et haletante sous un surplus de je ne sais quoi. Je n’étais pas claustrophobe, non, je savais rester dans des espaces restreints, mais là … avec sa personne, avec la tension, avec tout ça, je n’en pouvais plus, et c’est ainsi qu’il me fallut plus que quelques secondes pour reprendre mon souffle. Une fois calmée, je me relevais pour mieux aplatir mes paumes sur la voiture de manière à ce que je puisse l’utiliser comme support et c’est sur cette aide que je me mis à rire, pas un rire fou après une situation dont je n’avais le contrôle, non, un rire amusé, un rire me soulageant de cette … de tout ça.

Retournant dans la voiture cette fois-ci, je pris place à l’arrière où Kaïla se trouvait toujours. Ce n’était pas pour la brusquer que je la touchais, non, ce fut par automatisme que je laissais mon corps s’appuyer sur le sien. Un sourire doux aux lèvres alors que ma tête se trouvait un peu plus bas que son épaule, un peu plus haut que sa poitrine. Les bras croisés et le regard se fixant sur un point invisible, la porte ouverte, l’air froid de l’extérieur venant chatouiller et hérisser ma peau.

- C’est n’importe quoi, depuis quand est-ce que je te regarde avec tant de plaisir hein ?

Ce n’était qu’une question m’étant adressée, une question que j’aurais pu lui demander à elle aussi, depuis quand avait-elle envie de moi au point de me toucher de la sorte sans hésitation ? Sous la rage, sous je ne sais quel sentiment dévastateur ? Ne disons-nous pas, dans les règles de l’humain que si nous touchions c’était pour satisfaire un désir que notre corps réclamait, que l’acte d’amour signifiait partager son plaisir avec une autre personne ? Et la baise brute et tout ça ? Avions-nous baisé comme des chiens la nuit passé ? Non, mais je ne donnerai pas à notre acte l’intitulé de « faire l’amour ». Parce qu’on ne s’aimait pas comme ça et pourtant, on se respectait trop pour simplement baiser. Dieu que tout cela était compliqué.

- Faisons quelque chose à ça Kaïla. J’aurai sans doute encore envie de toi -comme maintenant- mais en même temps, on n’aura pas de place pour ça à Undai, ca serait impossible et je nous vois mal « sortir ensemble » ou je ne sais quoi. On a nos responsabilités et une amourette serait de trop pour toi et aussi pour moi. Amie hein ? Amie améliorée alors … Pfff.

Me retournant en lui disant ça, je fis le geste de poser ma main sur sa joue sans la toucher, pareil pour mon front, seules mes lèvres osèrent briser la distance séparant nos corps de quelques millimètres. Lui accordant un baiser doux et rempli de je ne sais quoi, je me reculais légèrement, rivant mon regard dans le sien, souriant à son encontre avant de poursuivre ce que j’avais entamé par avant :

- Que faisons-nous ? Encore en profiter tant que nous n’avons pas touché le sol de Undai ? Sérieusement, tu me tues et à part l’envie de t’embrasser ou de t’étriper, je ne comprends plus rien.

Riant légèrement en sortant de la voiture pour y rentrer sur le siège passager, je me fondis dans ma chaise en soupirant. Allumant le moteur, je changeais de sujet ne serait-ce qu’un instant pour lui demander et dire ;

- Dis moi ce que tu ressens quand tu reviendras, je veux savoir.

Lui tendant ma carte une fois de plus, je lui soufflais quatre chiffres dans un murmure en l’instant à aller chercher de quoi nous nourrir, parce que oui, s’embrasser, crier et finalement rire, ca donnait faim, mais soif aussi. Bon, prochaine aire de repos, pas avant 2 heures !

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 10 Déc - 4:00

Mal, et je faillis m'exclamer de douleur quand elle mordit ma lèvre pour mieux maîtriser ma colère impulsive. La tuer, je n'avais qu'une idée en tête et c'était de la massacrer de n'importe quelle manière. Évidement, je savais pertinemment si mon intention était véritable, je mourrais une seconde après l'avoir testé, mais quelle importance maintenant qu'elle était au dessus de moi, à m'embrasser si langoureusement que j'en rougis et oubliai toute envie de meurtre. Aucune importance, mais tellement de faits et gestes que j'en mourrais littéralement. Et c'est Yume, sous un manque d'air de nos deux cotés qui s’extirpa la première de cette étreinte indécente en vue de nos positions. Son poids disparu pour aller je ne sais où, je restais ainsi un instant reprenant ma respiration du mieux que je pouvais, ralentissant les battements de mon cœur avec perplexité. Pourquoi ? Pourquoi lui avoir sauté dessus encore une fois après tout ce que je redoutais de sa part. Stupidité. Il fallait que j'arrête, c'était mal. Mal de désirer quelque chose que l'on détestait. Voulais-je me persuader que je pouvais passer le cap de Naoko encore plus que cela ? Encore une connerie qui n'avait pas lieu d'être. Après ce qui nous est arrivé, à Yume et moi, j'ai quasiment complètement oublié l'existence de cette gamine. C'était une bonne chose mais... Mais pourquoi aller plus loin dans ce cas ? Par simple plaisir que mon corps a découvert dans la douceur des gestes de ma chère amie. Bon sang, il ne maquerait que je devienne accro à cela. Rien que d'y penser me rendait mal à l'aise et angoissée. Mal. Mais un mal bon.

- C’est n’importe quoi, depuis quand est-ce que je te regarde avec tant de désir hein ?

Quand elle revint dans la voiture pour utiliser mon corps comme accoudoir, je ne bronchais pas, restant toujours sur la même pensée du pour et du contre de tout ce que je ne comprenais pas. Trop jeune pour comprendre certaines choses ? J'en sais rien, j'en suis perplexe, c'est tout. Et quand la question de Yume fusa, je ne dis rien, laissant vaguer mon regard au loin, ne bougeant pas d'un poil. Depuis quand ? Et depuis quand je ne la considère plus comme une plaie insensible sans délicatesse ? Depuis cette nuit... Non, depuis bien avant. Mais avant jamais je n'aurais même pensé à me retrouver si intime avec elle. Parce que oui, si pour certains cette « aventure » n'était qu'un test entre amis, moi je disais que cela dépassait ma logique. Devais-je considérer cela comme un jeu ou alors... ou alors comme une confiance entre nous ? Une marque de respect et d'affection ? Mais que des conneries ! C'était insensé.

- Faisons quelque chose à ça Kaïla. J’aurai sans doute encore envie de toi -comme maintenant- mais en même temps, on n’aura pas de place pour ça à Undai, ca serait impossible et je nous vois mal « sortir ensemble » ou je ne sais quoi. On a nos responsabilités et une amourette serait de trop pour toi et aussi pour moi. Amie hein ? Amie améliorée alors … Pfff.

Quand elle se retourna pour m'embrasser délicatement, je restais un instant ainsi, à la fixer dans les yeux sans pour autant me dégager de son contact à moitié effectué. Une grimace apparue sur mon visage tandis que ses paroles heurtèrent mon esprit torturé, trop encombré par cette histoire pour bien raisonner. Undai... Undai était un monde différent ou tout sentiment pouvait conduire à la réussite comme à la perte. Et ressentir de l'amitié envers Black Rock Shooter était déjà bien dangereux pour transformer ceci en quelque chose de plus profond... Trop impossible à vivre. Mais qui dit que l'amitié justement n'était pas plus compliquée et plus entreprenante qu'un autre sentiment dit plus puissant ? Personnellement, cette situation entre nous, était beaucoup, beaucoup plus complexe et effrayante qu'une amourette, comme elle le disait si bien. Je m'ébrouais tout de même l'instant de comprendre le sens de ces premiers dires, aucune délicatesse dans ses paroles, Kuroi reste Kuroi et elle n'avait aucun tact pour dire les choses. Un mince sourire apparu sur mon visage à ce constat, oui, des amies, des amies qui... qui s'appréciaient assez pour se faire confiance et se laisser découvrir l'une l'autre. M'oui, cela le ferait tant que d'autres ne le sauront pas.

- Que faisons-nous ? Encore en profiter tant que nous n’avons pas touché le sol de Undai ? Sérieusement, tu me tues et à part l’envie de t’embrasser ou de t’étriper, je ne comprends plus rien.

Je en pus m'empêcher de rire en même temps que ma chère amie. Après tout elle avait raison, nous étions dans la merde totale. Et pourtant nos corps appréciaient cette exploration du danger imminent. Est-ce que cette situation pourra durer ? Je ne pense pas, ce serait trop incroyablement risqué. Que ce soit pour moi, ou encore plus, pour Yume. Il était vrai qu'entre envie de meurtre et envie de tendresse, il y avait un minime espace. Quoi c'est des conneries ? C'est une réalité quand on étudie à Undai Gakuen. Quoi qu'il en soit, la réalité était là. Continuer à batifoler pour le plaisir et arrêter ce « jeu » en retournant à l'Académie ? Ou alors ne pas poursuivre cette folie d'avantage et oublier le tout, tout en conditionnant les pulsions et sentiments, les effaçant... Mais comment pourrais-je oublier la réparation de mon corps comme de mon esprit ? Je ne saurais pas, mais je saurais me relever tant qu'elle sera toujours mon amie. Une amitié améliorée... Amusant, dans un sens. Un secret partagé, cela ne pouvait que nous rapprocher dans notre guerre entre amitié et envie de s’entre-tuer.

Passant ma main dans les cheveux tandis qu'elle démarrait le moteur, je restais sans voix quand elle me demanda de lui dire ce que je ressentais, tout en m'intimant d'aller chercher quelques provisions avant toute chose. Prenant sa carte bleue, je me stoppais net, mais vraiment figé quand elle me dit quelques chiffres. Quatre chiffres qui indiquaient son âge. Je restais tétanisée tandis que le calcul se faisait et refaisait mille fois dans ma tête pour chercher l'erreur qui fut inexistante. Pas possible... pas si vieille... ! Si ?!

-Vingt-neuf ?! Sérieusement ? Ha ha... ha... Je reviens.

Après un rire nerveux, un cri d'exclamation et une portière claquée, me voilà à l'air libre toujours en ricanant de nervosité et me dirigeant vers l'enseigne que nous avions quitté quelques minutes auparavant. Ne faisant pas attention aux gens qui m'entouraient, je restais encore bloquée sur l'âge de cette femme tandis que mon panier se remplissait de différentes douceurs et plats appréciés par ma personne mais aussi par celle de Yume. Vingt-neuf... elle avait douze ans en plus que moi, c'était vraiment une femme accomplie ayant dû... Awhe. Au moins c'était mieux qu'une gamine de onze ans non ? Bon sang, pourquoi je devais aller toujours dans l'extrême ? Je pourrais aller me pendre, ce serait tout aussi bien. Mais d'un autre coté... Non ! Y a pas d'autres cotés, elle était vieille et cela pouvait être intimidant. En plus elle voulait que je lui parle de mes sentiments ? Mais qu'est-ce que je savais de tout cela comparé à elle ? Hm... Mais d'un autre coté, c'était Yume. Yume était comme un enfant dans sa tête. N'est-ce pas ? Mais oui, j'essaye de m'en persuader.

Courses faites, je me dirigeai vers la voiture déjà « activée », grimaçant en détaillant un instant le visage de mon amie. Oui, je redoutais de m'asseoir à coté d'elle, tandis qu'elle parcourrait l'autoroute à une vitesse exagérée, à devoir lui expliquer avec des mots rustiques ce que je pouvais penser de cette situation. On parie combien qu'après deux trois paroles incohérentes je vais lui dire d'aller se faire foutre ? J'y parie beaucoup, tiens. Soupirant une dernière fois, je balançais les sacs sous mes pieds et m'engouffrais dans la voiture. Restant ainsi sans broncher un instant dans un silence de marbre tandis que la voiture démarrait, je soupirais, et soupirais, et... soupirais encore pour finalement me décider à parler, jetant une fois un regard sur sa silhouette, une autre fois au loin avec un froncement de sourcils disant bien que je ne savais pas quoi ou comment exprimer ce que j'en pensais.

- Voilà, j'ai pris tes sandwichs au curry comme t'aimes bien. Sérieux, jamais je n'aurais dit que t'es si... enfin tu vois, vieille quoi. M'enfin, on aurait pas dit... Normalement.

Prenant un air désespéré et frustré, je laissais tomber ma pensée pour démarrer plutôt sur le sujet beaucoup plus délicat tout en tendant un sandwich à Yume sans plus de formalité. Oui, elle roulait comme une folle et là j'augmentais nos chances de mort d'au moins la moitié, mais bon, à la fin je vais avoir l'habitude et après tout, elle avait de bons réflexes, non ? Si, alors la ferme, autant la nourrir.

- Je suis d'accord avec toi qu'à Undai ce ne sera plus possible. D'ailleurs je n'attends pas à... Enfin, déjà que c'est invraisemblable. En tout cas, il faut que je te remercie... C'est difficile à comprendre, même pour moi, mais je crois que... Que tu as débloqué quelque chose... Mais en même temps, je ne veux pas qu'on perde cette amitié, parce que c'est ce qu'on est non ?

Bon, le jour où j'arriverais à m'exprimer et sortir une seule idée à la fois, on va fêter cela. Mais pour le moment, je laissais le loisir à Yume de déchiffrer ce que je voulais dire par ces morceaux d'idées fusant de partout. Et non, non je ne me répéterai pas, déjà que je trouvais cela gênant de m'exposer ainsi. Ouais, effectivement, je n'étais pas comme Yume qui te sortait de but en blanc ce qu'elle pensait sans prendre garde aux mœurs. Bon, je dois avouer que cela évitait certaines incompréhensions, mais cela me rendait trop... c'était gênant.

-Personnellement, je crois que... enfin, je ne te promets pas de ne plus redouter ton toucher, même après tout cela. Non que je veuille te vexer, mais c'est pas... Oh et merde. J'ai aimé, beaucoup. Et je crois que recommencer ne me dérangerait pas mais... Mais je ne veux pas briser ce que nous étions avant non plus, parce que avoir envie de te tuer, c'est toujours amusant.

Après cette tirade, un léger sourire glacial apparu sur mon visage avant que je ne porte un regard purement fou et meurtrier sur sa personne. Riant légèrement, je détournais mon regard pour fixer la route devant nous, une expression de concentration sur le visage tandis que j'essayais de trouver les mots pour m'exprimer. Chose qui me venait terriblement difficilement sans que je ne comprenne la raison de tout cela. Peut-être était-ce parce que à la base, je ne parlais pas autant de moi, que je tapais quand quelque chose me dérangeait sans me préoccuper d'aller en profondeur dans ma pensée. Mais là, je me voyais mal asséner un coup de poing dans son visage que j'eus tant touché pendant la nuit dernière, rien que parce que je ne savais pas comment dire que je ne pigeais rien à la vie du haut de mes dix-sept bougies et une vie inexistante avant mes quinze ans. Me raclant la gorge sous un nouvel soupir contrarié, j'élevais ma voix en rivant mes rubis interrogateurs sur Yume.

- En profiter avant de revenir à Undai ou alors en faire abstraction ? Et les conséquences ? Je sais pas, je ne comprends pas tout à fait, tout ce qui se passe dans ma tête... Saurais-tu m'éclairer ?

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 10 Déc - 4:53

C’est pas que je m’attendais à ce qu’elle ne me fasse pas une réflexion sur mon âge mais c’était tout comme. Oui, j’ai 29 ans en véritable apparence, mais en même temps, dans ma tête c’était tout autre chose. Évidemment je savais être adulte quand il le fallait, mais je me laissais facilement prendre par mon apparence quotidienne qui se limitait à une adolescente de seize ans tout au plus. Et puis, je n’avais pas à me justifier, ce n’était pas ma faute si mon corps était devenu le jouet d’une folle et encore moins que j’étais restée bloquée une bonne dizaine d’année sous l’apparence d’une enfant. C’est assez paradoxal quand on y pense, c’est grâce à Hibari que j’ai pu me remettre à jour … manière de dire que j’avais pu revêtir une apparence qui devait être mienne. Mais bon, tout cela n’était pas le vif du sujet et puis je ne comptais pas m'apitoyer sur mon sort alors que j’étais très bien comme j’étais. Vous allez me demander, pourquoi ne pas devenir prof si je suis si vieille à la place de rester en terminale, disons plus que c’est par choix … et d’une manière ou d’une autre, je n’avais pas le temps d’être enseignante avec toutes mes responsabilités de gardienne … Oui, des responsabilités que je ne respectais pas puisque cela faisait maintenant trois jours que je n’étais plus à Undai. Trois jours durant lesquels Ayame ne m’avait pas « ramenée » de force à Undai d’ailleurs.

Laissant mon esprit se confondre de cette réalité, je démarrais directement quand Kaïla rentra dans la voiture. Les sacs bien remplis et un air glacial qui lui allait si bien. La Kaïla que je connaissais et non pas celle que j’avais découvert la nuit dernière … laquelle préférais-je ? Les deux me plaisaient. Après tout, cela faisait partie d’elle et d’une manière ou d’une autre, j’aimais cela … j’aimais ce qui faisait d’elle, ce qu’elle était.

- Voilà, j'ai pris tes sandwichs au curry comme t'aimes bien. Sérieux, jamais je n'aurais dit que t'es si... enfin tu vois, vieille quoi. M'enfin, on aurait pas dit... Normalement.

Me tendant mon pain, je le saisis sans plus attendre alors que ses paroles continuèrent de m’enfoncer. Oui j’étais vieille et alors ?! C’était quand même mieux pour ce que nous faisions non ? Que ce soit ce voyage ou encore notre petite expérience, aurait-elle préféré voyager en compagnie de Naoko qui, comme je m’en doutais, aurait laissé un chauffeur les conduire alors qu’elles feraient des galipettes dans la limousine de la jeune fille ? Ironie du sort, rien qu’à y penser, j’en avais la nausée. La différence y était, Naoko et moi étions différentes et je m’en réjouissais et c’est la suite des paroles de Kaïla que tout cela s’avérait véridicité.

- Je suis d'accord avec toi qu'à Undai ce ne sera plus possible. D'ailleurs je n'attends pas à... Enfin, déjà que c'est invraisemblable. En tout cas, il faut que je te remercie... C'est difficile à comprendre, même pour moi, mais je crois que... Que tu as débloqué quelque chose... Mais en même temps, je ne veux pas qu'on perde cette amitié, parce que c'est ce qu'on est non ?

Je buvais le moindre de ses dires, analysant tout ce qui sortait de sa bouche. Oui, notre vie à Undai ne devait pas changer, aussi bien pour sa survie que pour la mienne. Quelle serait la réaction de Dead Master si elle savait tout ça ? Croyez-vous qu’elle la laisserait en vie impunément ? Non. Et puis, n’avait-elle pas déjà assez d’ennuis avec notre simple amitié pour y ajouter l’amour ? Elle aurait été la cible parfaite de ceux qui n’appréciaient guère le favoritisme que je lui accordais. N’est-ce pas ? Si. Et puis cela était invraisemblable comme elle le disait, jamais au grand jamais je n’aurais cru finir comme ça avec elle. Strength ? Elle n’était plus rien comparée à Kaïla, j’avais passé avec ma jeune élève des stades sentimentaux bien plus grands qu’avec mon ancienne amie morte à ce jour.

Et puis … puis un sourire naquit sur mes lèvres quand elle me remercia d’une chose dont je connaissais le contenu. Oui, j’avais fait d’elle une personne plus ouverte et bien que nous étions encore plus proche, je ne m’attendais pas à ce que je puisse la toucher librement. Cela était logique non ? Ce n’était pas du jour au lendemain que nous avions couché ensemble et ce n’est pas non plus aujourd’hui que l’on comprendra entièrement les raisons de notre rapprochement corporel et rien que pour ça … Amitié disait-elle … Hum. Je ne sais pas, je ne saurais dire si nous étions encore amies, en fait si, nous l’étions, mais de là à savoir si il y avait un plus et donner un nom à ce même plus … Non, je ne savais le faire. Et puis, était-ce nécessaire de le faire d’ailleurs ? Non, nous étions bien sans … ne penses-tu pas Kaïla ?

-Personnellement, je crois que... enfin, je ne te promets pas de ne plus redouter ton toucher, même après tout cela. Non que je veuille te vexer, mais c'est pas... Oh et merde. J'ai aimé, beaucoup. Et je crois que recommencer ne me dérangerait pas mais... Mais je ne veux pas briser ce que nous étions avant non plus, parce que avoir envie de te tuer, c'est toujours amusant.

Oui, le beug total quand elle m’avoua que cela lui avait plu, tellement que mes joues devinrent pourpres, que mon sandwich fini sur le sol et que je dus braquer in extremis pour ne pas foncer dans le camion devant nous. La respiration tenue par cette déclaration, je n’osais même pas tourner les yeux dans sa direction tellement que cette annonce fut « brutale » à ma personne. Je n’avais pas … pensé à savoir si cela lui avait plu ou non, et en même temps, rien qu’en disant ça … mon cœur se réchauffa et un sourire bête se dessina sur mes lèvres avant que la gêne ne reprenne le dessus pour finalement s’estomper en une expression neutre. Chançarde que j’étais de ne pas montrer mes sentiments … Idioties. Mais en même temps, ne pouvais-je pas être fière de savoir que j’avais aidé Kaïla dans un sens ? La faire sortir de son merdier -certes, pour la remettre dans un autre- mais cette fois-ci, elle n’était pas seule, j’étais avec elle et comme toujours, je serai sa bouée de sauvetage.

Finalement, ce fut un petit rire qui traversa mes lèvres quand elle me dit ses derniers mots, oui l’envie de s’entre-tuer n’allait pas partir ainsi ma chère, que nous soyons amoureuse l’une de l’autre ou non, nous restions deux êtres aux caractères forts ayant du mal à se blairer. Et rien que pour ça, je me ferai un plaisir de te pousser encore dans tes retranchements. Que serait note vie si Kaïla ne me hurlait pas dessus tous les jours parce que j’avais tué trop de gens et puis, elle ne serait plus elle si elle ne me répétait pas que je devais arrêter de la regarder avec mon regard de perverse … Oui, tous ces moments de notre quotidien que je conserverai et que je ferai perdurer encore et encore, longtemps.

- En profiter avant de revenir à Undai ou alors en faire abstraction ? Et les conséquences ? Je sais pas, je ne comprends pas tout à fait, tout ce qui se passe dans ma tête... Saurais-tu m'éclairer ?

Il était vrai que je n’avais pas été très claire sur mes propos, et en même temps, elle non plus. Si elle demandait explication, j’allais lui en donner de ma manière -certes peu compréhensible- mais tout de même. Et que dire à ça en fait ? Oui, je voulais en profiter et peut être même après mais d’une autre manière, profiter avant que les règles ne reviennent, profiter avant que notre séjour de rêves ne s’arrête et que je me retrouve mêlée à des combats incessants, des ordres à suivre, des gens à gérer et des combats à orchestrer. Les conséquences … Pourquoi en parler maintenant, il serait bien assez tôt quand nous mettrons les pieds dans le plat non ?

- Je ne veux pas que ça s’arrête comme ça, sans y être vraiment décidée.

Cela avait le mérite d’être clair et par je ne sais quel miracle, j’avais dit ça avec un calme fou, une certaine sensibilité dans la voix avec une conviction disant bien que ce que je disais, je le pensais. Rivant mon regard dans des pupilles interrogatrices, je fus forcée de rompre ce contact visuel pour me concentrer sur la route. Route qui n’avait pas l’air de s’en finir et route durant laquelle j’aurai pleinement le temps de m’expliquer avec la fille m’accompagnant ;

- Et puis tu n’as pas à me remercier, j’ai pris autant de plaisir que toi dans tout ça, ce n’est pas comme si je l’avais fait par obligation ou perversité d’ailleurs. Ce n’était que … que par passion et envie. Les conséquences à tout ça me demandes-tu … Tu me trouves peut être différente après coup, mais je ne me gênerai pas pour t’en mettre une à Undai si tu fais une connerie Kaïla.

Arquant un petit sourire amical, je lui fis un clin d’œil alors que je ralentissais de plus en plus, prise dans un bouchon japonais. Heure de pointe … déjà ? Cela ne faisait pas assez longtemps que nous roulions pour, un accident sans doute ? Je ne savais pas, mais quoi qu’il en soit, ce fut un soupir de découragement qui traversa mes lèvres alors que je tapotais du doigt mon volant en signe de mécontentement. Continuant cependant mes dires, je gardais ce calme dans ma voix, légèrement glaciale en vue de ce qu’il se passait sous mes yeux ;

- Je ne sais pas si on peut toujours dire que c’est de l’amitié simple et nette, non en fait, c’est impossible, mais je reste toujours ton amie. Je suis peut être plus maintenant, mais je ne suis pas moins. Tu comprends ? Et ce n’est pas mon genre de faire comme Ayame d’appeler des gens par des diminutifs débiles parce qu’on a couché avec hein, Kaïla reste Kaïla autant que je reste la Yume -vieille- comme tu le dis, mais Yume quand même.

Baissant les yeux pour regarder où se trouvait mon fichu pain que j’avais fait tomber plus tôt, je fronçais les sourcils en ne le trouvant pas dans mon champ de vision, gesticulant par-ci par-là à sa recherche, je finis par renoncer et de demander à ma jeune élève ;

- Puisque tu me trouves vieille, ca ne te dérangerait pas d’aider une Mamy à retrouver sa nourriture hein ?

Humant d’un air moqueur l’air avant d’afficher une petite mine montrant bien ma moquerie, j’attendis qu’elle me le rende, du mieux qu’elle le pouvait quitte à ce que sa tête finisse entre mes jambes. Hum. Pervers tout ça ? Oui, non, oui … oui.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 10 Déc - 18:44

La route devant nous continuait son long sillage droit, sans perturber nos deux personnes bien installées dans cette voiture confortable. Les paroles fusaient sous les airs d'une conversation amicale avec ce petit quelque chose de gênant mais qui, au plus grand bonheur de nos caractères, ne bloquait pas l'essentiel de nos dires. Pouvais-je me sentir privilégiée de savoir communiquer avec Yume ? D'un coté oui, mais d'un autre, c'était un vrai calvaire et il fallait que je sois patiente parfois pour « parler » avec. Pourtant, je ne trouvais pas cela si dérangeant que s'en avait l'air. Bien sûr, je n'étais pas du genre patiente et donc, quand mon calme partait, j'avais toujours mes poings... Et elle aussi d'ailleurs. C'est avec un regard planté sur sa personne que je lui parlais tandis qu'elle réagissait de différentes manières sous mes dires que moi-même je trouvais parfois incrédules. Ses mimiques... Oui, j'eus le plaisir de la voir dans tous les états, passant de colère à neutralité sans oublier la tristesse et la peine. Je ne saurais même pas dire quand nous sommes devenues des vraies amies, était-ce progressif ou soudain ? Qui sait, en tout cas je sais que notre amitié prenait des tournures effrayantes à présent.

- Je ne veux pas que ça s’arrête comme ça, sans y être vraiment décidée. Et puis tu n’as pas à me remercier, j’ai pris autant de plaisir que toi dans tout ça, ce n’est pas comme si je l’avais fait par obligation ou perversité d’ailleurs. Ce n’était que … que par passion et envie. Les conséquences à tout ça me demandes-tu … Tu me trouves peut être différente après coup, mais je ne me gênerai pas pour t’en mettre une à Undai si tu fais une connerie Kaïla.

C'était étrange comment ses paroles me faisaient me mettre dans tous les états. Tout d'abord, sous sa tirade je virais dans un rouge honteux en détournant mon regard sur le chemin qui devenait de plus en dense de circulation. Je n'aurais jamais cru que Yume pouvait avoir ce genre d'envies en tête, mais j'aurais dû m'en douter après tout, n'était-elle pas une perverse sans foi ni loi ? Si, mais pourtant je ne voyais pas cela si... si intensément, si je puis le dire ainsi. Quoi qu'il en soit, après quelques expressions de visage contradictoire tandis qu'elle gardait son calme, je soupirais de soulagement sous sa dernière déclaration. Undai... Tout redeviendra comme avant à notre retour entre nous, c'était une bonne chose, oui, je me voyais déjà me faire engueuler par une Yume exaspérée tandis que je lui retournerai le tout d'un coup de poing qui se suivra d'un séjour à l'infirmerie pour ma part. Rien que sur cette pensée fort sadique, je souris dans mon coin. Il y aurait toujours quelque chose de changé entre nous, ce quelque chose qui restera terré dans nos mémoires à ce jour, mais cela n'entravera pas nos habitudes, et j'en étais heureuse. Mais pour ce qui est de nos pratiques insolites à ce jour, peut-être qu'on trouvera une solution à cette histoire dans un futur proche... Mais pas maintenant, parce que entre crainte et désir, il y avait trop de questions pour en donner une raison véritable à tout cela. Qu'avons-nous fait ? Était-ce juste une pulsion sans conséquences ?

- Je ne sais pas si on peut toujours dire que c’est de l’amitié simple et nette, non en fait, c’est impossible, mais je reste toujours ton amie. Je suis peut être plus maintenant, mais je ne suis pas moins. Tu comprends ? Et ce n’est pas mon genre de faire comme Ayame d’appeler des gens par des diminutifs débiles parce qu’on a couché avec hein, Kaïla reste Kaïla autant que je reste la Yume -vieille- comme tu le dis, mais Yume quand même.

Plongée dans mes pensées, je n'avais même pas remarqué que la voiture ralentisse au point même de s'arrêter. M'éclairant la gorge, je zieutais sur mon amie qui avait l'air bien agacée par ce ralentissement ennuyeux. Maah, au moins cela me laissera respirer sous ses manœuvres dangereuses, quitte à rester ici pendant des heures. J'acquiesçais de la tête à ses dires, même si le fait qu'elle dise clairement et haut que nous avions couché ensemble, me rendait mal à l'aise. Je ne saurais dire pourquoi, mais cette réalité était tout de même dérangeante dans un sens. Ne m'en préoccupant pas plus que de raison, je soupirais encore une fois avec une tête grimaçant sous la concentration. Tout cela était compliqué, mais en même temps, nous avions remis à jour nos bases et cela, c'était parfait. Yume restera toujours la Yume perverse, la gamine glaciale n'ayant aucun principe humain... Et moi, et moi je fuirai toujours le contact qu'il soit connu ou non. Mais peut-être avec un peu moins de hargne à présent. Une mine déterminée se plaça sur mes traits avant que la voix moqueuse de mon amie ne résonne, me faisant complètement tourner la tête en sa direction avec une mine stupidement perdue.

- Puisque tu me trouves vieille, ca ne te dérangerait pas d’aider une Mamy à retrouver sa nourriture hein ?

Au moins elle ne s'offusquait pas sous son âge de vieille. Baissant les yeux sur sa personne, la première chose qui me passa par la tête c'était de lui dire qu'elle avait qu'à la chercher elle-même, sa bouffe qui est tombée. Mais bon, quand les voitures commencent à rouler un peu plus vite, je me voyais mal tenir le volant pendant qu'elle s'attellerait à la tâche. Danger. Grognant à son encontre tout en la larguant de haut, je lui fis bien comprendre par ce geste que oui, elle n'était qu'une vieille et qu'elle croulerait rapidement.

-Fais attention aux rides... Aller dégage.

Sous cette parole subtile et amicale, je zieutais sous son siège sans vraiment me rendre compte que mon regard devait passer entre ses jambes pour justement voir où pouvait bien être son sandwich de malheur. Apercevant le bout du papier qui le retenait, je soupirais lourdement avant de détacher ma ceinture et de froncer les sourcils. Un regard sur ma colocataire, un soupir agacé, et me voilà en train d'essayer d'attraper sa nourriture échappée, bras tendu dont les doigts frôlaient le papier, l'autre sur l'un de ses genoux pour ne pas perdre l'équilibre, la joue posée sur sa jambe en jurant de plein cœur contre cette fichue chose qui ne voulait pas se laisser saisir. Une dernière insulte bien sentie et l'ayant enfin attrapé, je relevais ma tête pour mieux m'écrier de fureur quand cette dernière se cogna contre le volant. Épuisée dans tant d'effort et de proximité avec sa fichue personne d'adulte, je me tins l'arrière du crâne avec une main, tandis que je plaquais son fichu sandwich sur sa cage thoracique de l'autre.

-Tiens, et ne le fais plus tomber, sinon tu iras le chercher toute seule, ton fichu sandwich.

Soupir après souffle, je me remis à ma place en bouclant la ceinture et me détendant un peu, tout en remettant mes mèches frivoles en place, et défroissant mes vêtements. Le regard vague tandis que le trafic devenait à nouveau translucide, j'essayais de faire abstraction de la vitesse maladive qui nous emportait pour reprendre notre conversation des plus étranges. Tandis que les minutes se transformaient en heures.

- Quoi qu'il en soit, ce qui est fait, est fait. On ne sait pas revenir sur nos pas, et même... je crois que je ne voudrais pas oublier cela. Pour ce qui est de toute cette histoire, je crois que le garder secret serait la meilleure chose à faire, autant pour ta personne que pour ma survie, si tu vois ce que je veux dire.

D'un coté j'étais contente, d'un autre perplexe, d'un autre encore apeurée par tous ces événements. Mais une chose était certaine, quand on retournera à Undai -si j'y retournerai- il allait de soi qu'on ne pourra pas ne serait-ce qu’aborder ce sujet de peur de se voir anéanties par la directrice dont Yume restait la favorite. Déjà qu'être son élève particulier était une chose difficilement supportable sous les jalousies des autres ou alors sous les envies de vengeance de ses ennemis, alors dire qu'il y avait plus entre nous, ce serait signer mon arrêt de mort. Une relation prof/élève purement pédagogique était parfaite et je ferai tout pour que cela reste ainsi. Après tout, Yume était celle avec qui j'étais le plus à l'aise dans ma vie de tous les jours, et je ne voulais pas que cela se brise sous le fait qu'une fois, un jour un peu particulier, nos corps se sont croisés dans une danse... particulièrement torride.

- Je suis rassurée de voir que rien... enfin si, beaucoup a changé après ça. Mais je suis contente que cela n'entravera pas notre quotidien, après tout, je ne compte pas arrêter de t'utiliser comme esclave pour me chercher de la nourriture.

Je ricanais légèrement avant de me tourner à nouveau vers la route. Toute cette réalité, nous pouvions nous en accommoder. Mais de savoir si nos pulsions respectives ne vont pas reprendre le dessus, cela, je ne le savais pas. Je ne savais même pas si j'oserai à nouveau la toucher de la sorte, si cela ne me dégoûtera pas... Je ne savais pas, et pour le moment, je ne voulais pas le vérifier. Peut-être plus tard je voudrai en avoir le cœur net, mais en ce moment, c'était inconcevable. Stop. Pourtant, une question me trottait dans la tête, je ne sais pas pourquoi, peut-être par curiosité, oui certainement pour cela. Me raclant la gorge en essayant de rester neutre, toute ma conviction s'envola dès que ma bouche s'ouvrit à nouveau :

-Juste une question... T'as trouvé cela comment toi ? Enfin... C'était la... j'ai jamais... fait cela avant. Et donc... Laisse tomber.

Faisant des grands gestes des mains pour disperser la gêne, j'abandonnais avant de tourner la tête vers la vitre, plus rouge qu'un feu de signalisation. Frustrée de cette difficulté de dire ces choses, ou alors plutôt de me poser ce genres de question indécentes, j'essayais de reprendre peu à peu mon visage inexpressif. Autant qu'elle ne me réponde pas, je ne voulais pas savoir. Si, non ? Bon sang.

Et c'est ainsi que les heures passaient sous des rougissement furieux quand nous abordions des questions un peu plus délicates, ou alors sous des visages concentrés et sérieux quand nos paroles portaient sur des sujets de premier ordre, sans oublier les rires et menaces amicales -ou un peu moins- quand on déviait sur quelque chose de plus facile et agréable à prononcer. Entre soulagement et peur du lendemain, je ne pouvais que savourer ce voyage des plus soudains en compagnie de mon amie. Undai était loin derrière tandis que nos roues se dirigeaient vers Kagoshima, ville connue pour un volcan la bordant. Je me demandais comment c'était là-bas, et je ne me gênais pas pour en faire part à une Yume braquée sur la route -quand elle ne me regardait pas ou ne mangeait pas, risquant un accident. Après plusieurs heures de routes, les sacs presque vides, je baillais d'abord discrètement pour, au fur et à mesure que le temps passait, ressentir vraiment le poids de la fatigue et le mal dans tous mes muscles. La nuit tombait peu à peu et il serait bon de se ressourcer un peu. Et ce, avec cette idée que je demandais à Kuroi si nous ne pourrions pas nous arrêter pour la nuit dans un hôtel alentour, parce que franchement, je n'avais pas envie de passer la nuit dans la voiture et encore moins voir ma chère amie fermer les yeux de fatigue tandis qu'elle conduisait. Et ce en chipotant au GPS intégré dans la voiture que je trouvais un hôtel acceptable dans les environs. Indiquant le chemin à la conductrice, j'attendis patiemment qu'on arrive à destination.

- Fatiguée, j'espère qu'ils ont une bonne réception là-bas et que nous n’allons pas tomber dans un hôtel genre ceux des films où les gens se font tuer pendant leur sommeil. Ce serait le comble.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 10 Déc - 19:39

Nous avions roulé pendant des heures déjà et la route n’en finissait pas, je sentais mon corps s’alourdir de cette position ne me permettant pas de me mouvoir, d'étirer mes membres ou de tout simplement me mettre vraiment à l’aise. Les yeux rivés sur la route, les mains sur le volant, j’écoutais d’une oreille attentive les remarques de ma chère Kaïla, entre rire et cris, nous nous entendions à merveille. Oui, même après tout cela, rien n’avait vraiment changé, je ne me gênais pas pour faire du zèle et elle pour me crier dessus si j’avais le malheur d’avoir des pattes trop baladeuses, hasardeuses. C’était bien, je me sentais bien avec elle et rien que pour ça, ce voyage resterait inoubliable pour nos personnes.

- Fatiguée, j'espère qu'ils ont une bonne réception là-bas et que nous n’allons pas tomber dans un hôtel genre ceux des films où les gens se font tuer pendant leur sommeil. Ce serait le comble.

Après avoir suivit les indications du GPS programmé par ma jeune accompagnatrice, nous arrivions dans un lieu légèrement détaché de la ville et aussi surprenant que cela pouvait l’être, ce ne fut pas l’hôtel des routiers qui nous ouvrit ses portes mais bel et bien une sorte de résidence hôtelière dégagée dans une petite forêt abordant son contour. Regardant d’un œil interloqué cet endroit en prenant l’allée pour m’y rendre, je devenais de plus en plus perplexe quand la jeune femme me donna son idée sur notre destination.

Grimaçant de désaccord alors qu’elle émettait le fait que cela ressemblait aux styles auberges de jeunes fortunés tenu par des terroristes n’attendant que de nouvelles personnes pour remplir un cadre sur un mur peint du sang des victimes précédentes … Oui, vous allez me dire que je savais me défendre contre toute attaque en vue de mon pouvoir, mais tout de même essayer de dormir en stressant de voir un mec avec une tronçonneuse en main … ça fout les jetons.

Me parquant à l’emplacement dû à cet effet, je sortis de la voiture en claquant ma porte pour me diriger vers la réception sans un mot à l’encontre de mon accompagnatrice, la sachant sous mes pas, j’avançais jusqu’à arriver dans une sorte de grand hall me faisant penser à celui des dortoirs de Undai. Coïncidence dérisoire ? Je ne savais le dire et c’est pour me rassurer que j’abordais sans plus attendre le réceptionniste présent, me souriant déjà tel un fauve attendant salaire en fin de mois.

- Bonsoir, avez-vous une chambre libre pour ma personne et la sienne ?

Montrant d’un mouvement souple de la main Kaïla, je rivais mon regard bleuté sur mon interlocuteur alors que celui-ci, après un sourire peu commode regardait dans son calepin. Ce fut une bonne minute après sa fouille qu’il nous dégota une chambre … chambre ? Non, mieux que ça au malheur de ma carte de crédit. Contournant son bureau en prenant des clés se trouvant dessus, il me jugea du regard avant de me demander, à voix basse de manière à ce que mon élève n’entende pas ;

- Madame, savez-vous me rassurer que celle-ci soit majeure ? Nous ne voulons pas de problème avec … vous voyez.

Je ris ou je pleure ? Je ris, un rire faux avant de matérialiser dans la poche de mon blouson une carte d’identité à l’effigie de Kurayami en omettant de montrer son vrai âge. La présentant sans plus attendre à l’homme nous faisant du zèle, je souris jaune quand celui-ci me rendit cette dite carte sous un « Hum » semblant satisfaisant. D’un mouvement de la main il nous invita à le suivre dans les couloirs de cette résidence, cherchant un quelconque bruit pouvant me rassurer que nous n’étions pas seules, je fus rassurée en passant devant le grand salon où diverses personnes conversaient en toute impunité. Soulagement ? Oui, énorme soulagement. Kaïla, toi et tes idées tordues risqueraient de me faire avoir une crise cardiaque !

- Vous êtes dans la suite nommée « le vicomte de Kai ». J’espère que celle-ci vous plaira, nous avons au service de notre clientèle un Spa ainsi que des sources chaudes extérieures, le room-service peut être appelé à tout heure, n’hésitez pas en cas de besoin ~

Partant en se penchant poliment, il congédia alors que je rentrais dans la chambre, calculant déjà le prix de ce dit hôtel trop bon, trop luxueux pour … pour notre petit voyage. Était-on obligée de nous arrêter dans un lieu si rempli de dorures et de velours ? Non, et rien que pour ça, je me laissais tomber dans un lit moelleux n’attendant que mon corps pour être complet. Restant ainsi un instant en laissant ma jeune amie faire le tour du lieu, je me redressais après une petite pause d’environ trois minutes pour lui dire, d’un ton fatigué mais demandant quand même « remerciement » de cette journée à conduire ;

- On va dans les sources chaudes ? Ca fait une éternité que je n’ai plus été dans un truc pareil … Du moins si t’as pas peur de te pavaner nue devant ma personne …

Riant légèrement, je me levais directement d’un saut pour me diriger vers Kaïla, l’attrapant par sa manche en la tirant avec moi dans un « Hahaha » plein de sens, je traversais les couloirs en continuant ma tirade ;

- Mais c’est que t’es à croquer quand tu rougis, je peux une photo ? Dis, Kiwi-Chan, tu me laisses prendre ta tête rouge tomate ? Je suis sure que tu ferais un bon fond d’écran pour téléphone ! Haha.

Arrivant à l’entrée de ces mêmes sources chaudes dont j’avais envie, je me dirigeais vers les cabines communes pour me trouver un panier et retirer mes vêtements. Prenant mon temps pour, je ne regardais que d’un œil mon « amie » alors que je mettais un essuie autour de ma taille -histoire de simple pudeur en ce lieu-. Matérialisant déjà une nouvelle paire de vêtements, je fis disparaître ceux de Kaïla pour les changer par un ensemble simple ; jeans, chemise, gilet fin accompagnés d’une paire de sous-vêtements -sexy- et de chaussures.

- Allez, on y va ~

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 10 Déc - 22:34

Et c'est ainsi, baillant pour la centième fois de la soirée que nous arrivâmes à la porte d'un immeuble aux allures tout sauf glauques. Les éclairages fusant de partout, je souris inconsciemment quand nous pénétrâmes dans un hall, où un réceptionniste habillé convenablement, vint « prendre » notre commande. C'est-à-dire une chambre expressément demandée par Yume. Joli endroit. J'avais l'habitude de voir des espaces volumineux que ce soit chez moi ou à Undai, alors me retrouver dans cette ambiance élégante ne pouvait que me faire du bien, changeant des lieux louches de ces derniers trois jours. Tout, tout dans cet hôtel puait le luxe et donc, le confort. J'avais hâte de découvrir un lit moelleux dans lequel je me fondrais et dont je ne ressortirais pas avant... longtemps. L'argent ? Je n'avais aucune idée combien une nuit dans un hôtel cinq étoiles pouvait coûter, après tout jamais je n'eus à 'inquiéter du contenu de mon porte-monnaie et là, là c'est ma chère amie qui payait. Bah ouais, honneur aux vieux. Diabolique.

C'est avec curiosité que je zieutais sans moindre gêne sur tout ce qui m'entourait et, après un rapide topo, je me tournis vers une Yume en « grande » conversation avec le réceptionniste. Fronçant les sourcils sous le zieutage que ce dernier me lança donnant l'air de parler de ma personne, je m'approchais pour voir de quoi il en retournait mais mon intention fut coupée par la main de l'homme qui nous conduisit par un couloir fort bien aménage vers une chambre... Ou plutôt un petit appartement de la meilleure qualité.

- Vous êtes dans la suite nommée « le vicomte de Kai ». J’espère que celle-ci vous plaira, nous avons au service de notre clientèle un Spa ainsi que des sources chaudes extérieures, le room-service peut être appelé à tout heure, n’hésitez pas en cas de besoin ~

Laissant l'homme partir en voyant bien sur son visage le contentement d'avoir gagné une petite fortune, je soupirais tout en suivant les pas de ma compagne. Atterrissant sur une moquette des plus douces même sous mes chaussures, je n'attendis pas un feu vert pour explorer les lieux tel un enfant curieux, question de voir si aucun mort ne se cachait dans la salle de bain. Vicomte de Kai... N'était-ce pas un homme mort dans sa chambre d'hôtel pour je ne sais quelle raison ? Un assassinat je crois. Étions-nous dans cette même suite ou alors, ce n'était qu'un nom donné pour divertir. Je ne voulais pas savoir, mais la chose dont j'étais certaine, c'était que j'allais me plaire le peu de temps que nous y resterons. En plus, nous avions nourriture à volonté à pas d'heure, n'était ce pas le comble de la bienséance ? Si. Oh oui. J'étais pleinement satisfaite. Et cela se voyait dans mes yeux brillants quand je découvris une télévision grande comme un mur attaché devant un fauteuil en cuir. J'en bavais presque. Combien parient que si je demande une console, ils me la fourniront ? Dites que c'était possible !

- On va dans les sources chaudes ? Ca fait une éternité que je n’ai plus été dans un truc pareil … Du moins si t’as pas peur de te pavaner nue devant ma personne …

Délaissant ma contemplation de l'écran noir, je tournais doucement, lentement mon visage et le reste de mon corps, vers la voix moqueuse qui résonna... Trop lentement, pour ne pas me laisser surprendre par sa vivacité. Sans même pouvoir protester sous ses dires de plus... vrais, je me vis tirer vers la sortie en direction des sources chaudes sans pitié. Je vais la tuer.

- Mais c’est que t’es à croquer quand tu rougis, je peux une photo ? Dis, Kiwi-Chan, tu me laisses prendre ta tête rouge tomate ? Je suis sure que tu ferais un bon fond d’écran pour téléphone ! Haha.

Non, finalement, je vais la noyer lentement. Et comme pour souligner ses dires, je devins rouge pivoine en pestant contre sa fichue personne. Me promettant de la massacrer pour cet affront, je détournais le regard, furieuse, quand elle se déshabilla sans moindre pudeur. Lui jetant un regard de temps en temps pour voir où elle en était, je me retenais de l'étrangler quand -entourée d'une serviette- elle n'eut pas de meilleure idée que de dématérialiser mes fringues pour me « déshabiller ». Oui, définitivement, elle ne sortira pas vivante de l'eau. Quelle plaie. Et sa dernière phrase « d'encouragement » dite d'une voix trop... trop avenante, ne facilita pas mon self-control à avoir une bonne prestance. Au contraire, même. M’exclamant, j’attrapais un essuie au vol pour cacher mon corps. Boudant sa personne, je me retournais et sous un « Vas y déjà, sale perverse. » Sale obsédée. Me voilà donc, contrariée et arriver dans les sources chaudes devant le rebord qui promettait à mes muscles un agréable moment de détente. Voulais-je ? Oui, parce que c'était sympa. Non parce que il y avait Yume dedans et que j'avais envie de tout, sauf me retrouver à poil devant ses yeux scrutateurs. Croisant mes bras sous la poitrine, je la larguais du haut avec mes rubis avant qu'une veine ne pulse sur mon front.

- Je t'emmerde Yume. Et ne m'appelle pas comme cela, d'abord !

Frustrée de ne pas savoir choisir entre rentrer dans l'eau quitte à me découvrir ou alors rester plantée ici avec cette envie d'y pénétrer, je n'eus pas de meilleure idée que de me saisir d'une louche en bois et de la balancer sur la tête d'une Yume qui me semblait trop détendue à mon goût devant mon dilemme de sa perversité. Sadiquement amusée de ce nouveau jeu brutal, ne voulant que faire payer le mauvais comportement de ma chère accompagnatrice, je pris une autre louche se trouvant là et la tendis en sa direction.

- Bon, on va régler cela autrement. Pas de matérialisation. Rien que la force physique. Je vais te faire sortir ta perversité de la tête, Yume Kuroi.

Et ce sur ce dernier « cri de guerre » que, louche à la main, je balançais cette dernière en direction de son visage. Conséquences du bois dans la tête ? La gueule de bois hahaha. Essayant de ne pas glisser sous l'eau se trouvant dans cette atmosphère étouffante. Je me promettais de la mettre K.O. pour ses désobligeances.

- Excuse-toi ou meurs.

Bon prochaine étape ? Je l'empoigne par les cheveux et je la noie sous l'eau.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 10 Déc - 23:05

N’aurais-je pas dû prendre les devants en dématérialisant ses vêtements de la sorte ? Ce n’était pas par perversité, non, je lui donnais … offrais une certaine « aide » dans une tache ingrate qu’était de faire partir des vêtements matérialisés ! Oui, parce que ça vous collait à la peau, et puis … non en fait, c’était la même chose que des vrais. Mais c’est parce que, j’avoue cela, je vous dirai aussi que si je l’ai mise à nue, c’était pour mon plaisir personnel.

Et c’est sous cette pensée amusante que je me glissais dans l’eau chaude, plaçant ma serviette sur mes épaules et m’étendis de tout mon large dans le siège m’étant accordé dans cet endroit en cette nuit étoilée. Soupirant d’aisance en usant du rebord comme accoudoir, je croisais les jambes et rivais mon regard sur ma poitrine « flottant » sur l’eau. Ce que l’on voyait de mon corps ? Mes bras, mes genoux et deux magnifiques boules fermes. Étaient-elles aussi douces que celle de Kurayami ? Je me voyais mal me peloter pour satisfaire ce questionnement. Non, perverse j’assumais une partie de cela … mais me faire moi-même plaisir, et puis quoi encore ?! Autant aller au Vatican pour demander la main du Pape, cela revenait à la même chose pour moi que « jouer seule ». Beurk. Et ce fut sur cette pensée désobligeante, que je levais les yeux vers une Kaïla ne se décidant toujours pas à faire trempette … avait-elle peur de l’eau ? Non, je l’avais déjà poussée plus d’une fois dans de grandes profondeurs et puis … une source chaude, c’était comme un grand bain … non ? Pour moi si en tout cas.

- Je t'emmerde Yume. Et ne m'appelle pas comme cela, d'abord !

Et c’est sur cette remarque que je trouvais trop déplacée, trop moche, trop ca me fait chier que je me ramassais une sorte de louche en bois en pleine tête. N’ayant même pas eu le temps de l’éviter en vue de la rapidité du geste de mon élève et de la perturbation procurée par ses dires des plus grossiers, je me levais de ma marre, le point serré avec une énorme trace rouge sur la tête. L’objet du délit en main, je n’attendis pas qu’elle propose de régler notre différent -inexistant- par la force et sans pouvoir pour … « Excuse-toi ou meurs. ». Crève seule peau de vache. Choquée, fâchée, et tout ce que vous voulez pour décrire que j’étais de mauvais poil après ce coup traître, je me levais donc, louche en main et d’un mouvement rapide -ne prenant la peine de remettre mon essuie autour de mon corps dégoulinant de l’eau dans laquelle je me relaxais- pour me retrouver à un centimètre de sa personne, lui foutre non pas un coup de poing fulgurant, mais utiliser le plat de la louche pour venir l’écraser sur sa tête. Me reculant et sans assistance précaire, j’arrachais, mais genre, j’arrachais vraiment son essuie sans plus grande pudeur avant de la pousser dans l’eau, lui faire un croche pied pour qu’elle s’assoit où j’étais mise et …

M’asseoir à côté d’elle, usant de la louche pour rincer mon corps d’un surplus de mouvement inattendu. Et c’est évidemment sans un mot, seul un soupir, que je me repositionnais dans une position relaxante en laissant ma tête basculer en arrière. Les yeux clos et la respiration redevenue calme, je tournais le regard vers ma protégée avant de racler ma langue et de lui susurrer un « désolé » inaudible. Le dire tout haut ? Je ne savais même pas pourquoi je m’excusais.

- Soit. Demain c’est Kagoshima et après on rentre. Tu n’auras plus le temps de te reposer à Undai, à partir de notre retour, tu suivras un nouvel entraînement Kaïla. Pourquoi ? Pour te punir de ta mauvaise fois.

Arquant un sourire invisible, je programmais mentalement un exercice qui je savais, allait lui faire souffrir plus que rire. Pourquoi programmer un entraînement ainsi ? Parce que savais, je sentais et je l’avais déjà vu, il ne faudra pas longtemps pour Kaïla de faire son passage en rang pour la terminale et lancer mon élève à l’aveuglette dans la gueule du loup ? Jamais. Et puis pourquoi lui en parler maintenant ? Pour la prévenir que le rêve prendra bientôt fin et que la réalité nous rattrape de seconde en seconde. Me penchant légèrement pour pouvoir poser ma tête sur son épaule, je lâchais un soupir avant de lui dire ;

- Je n’ai pas envie de rentrer …

Ces quelques mots révélateurs, montrant ma motivation à retrouver Undai. Inconsciemment, ma main se rapprochait déjà de la sienne, avant qu’un doigt, l’unique avant que les autres ne le rejoignent frôlait déjà le contact avec sa paume. Oui, mon corps était-il plus puissant que mon esprit ? Je n’en doutais pas, mais en même temps, il aurait été préférable que ce ne soit pas le cas.

- Tss et revoir cette blondasse … Rien qu’y penser me donne la nausée. En y pensant, j’ai vu que toi et elle ce n’était pas le grand amour non plus. S’est passé quoi avec ?

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mar 11 Déc - 0:56

Ou meurs était en option pour ma personne, en vue de sa rapidité pour venir me rendre la monnaie de mes actes. On ramasse ce que l'on sème, parait-il. Eh bien, voilà que j'en fais les frais pour la centième fois après avoir défié la fameuse Black Rock Shooter. Amusant ? Non, pas vraiment. Je devrais me sentir heureuse et chanceuse d'être toujours en vie après tant d'acharnement, mais non, bien sûr que je préférais bouder ouvertement à chaque échec. Et voilà qu'un nouveau mauvais déroulement des choses advint après mon défi des plus ridicules. La louche de bois sur ma tête sans que je ne puisse réagir, un essuie qui s'envole et mon corps tombant lourdement dans l'eau, et voilà le résultat de mon but. Vraiment, j'allais la tuer un jour. Ou alors me calmer. Noooon. Quoiqu'il en soit, ayant mal aux fesses, j'essayais de m'asseoir tant bien que mal en pataugeant dans l'eau. Chose faite, je soupirais lourdement en voyant une Yume -vieille- prendre place à coté de moi. Un grognement contrarié de ma part et me voilà me tasser sur moi-même à force de cacher mes parties les plus intimes du corps.

Vous allez me dire que les japonais sont peu pudiques, qu'ils prennent des bains en famille sans se gêner de montrer leur nudité. Dans un sens, c'était vrai, il ne fallait que regarder ces sources chaudes ouvertes à toutes et à tous. Mais il y avait aussi ceux qui n'avaient pas cette même logique libertine encrée dans la tête, et j'étais de ceux là, à mon plus grand malheur. Parce que oui, il n'était pas facile de se débrouiller entourée de gens qui ne comprennent pas mon mal-être. Et il y avait encore pire... Yume... Yume la perverse qui ne s'assumait pas. J'étais vraiment, vraiment mal tombée dans la vie. Et non, je n'arrivais pas, je n'étais pas apte à m'habituer à devenir ainsi peu pudique. On ne change pas du jour au lendemain... du tout non plus d'ailleurs pour ma part.

- Soit. Demain c’est Kagoshima et après on rentre. Tu n’auras plus le temps de te reposer à Undai, à partir de notre retour, tu suivras un nouvel entraînement Kaïla. Pourquoi ? Pour te punir de ta mauvaise foi.

Hein ? Hein ?! Mais pourquoi ? Pourquoi quoi d'abord ?! Eh bien, pourquoi devrais-je suivre un autre entraînement que je savais, allait être douloureux ? Étais-je à ce point nulle ? Pourtant, je m'en sortais assez bien en massacrant des Secondes et parfois des Premières. Non ? Non, effectivement, je pouvais faire mieux, c'était certain surtout si j'étais l'élève de Black Rock Shooter. Et non, je vous assure que l'être n’avait pas que des cotés positifs, il y avait tout le surplus du travail pour s'améliorer derrière toute cette histoire. Mais d'un autre coté, j'étais contente que Yume propose un entraînement, cela faisait un bon moment qu'on n'a pas croisé le fer sous diverses raisons telles que ses obligations ou encore, ma dépression. Au pire, je pourrais toujours négocier des moments de pause bien méritées, non ? Peut-être. Mais ce n'est pas cela qui me perturba le plus dans ses dires... Il y avait pire. Et elle me confirma le tout en attrapant ma main dans l'eau que, d'abord sous réflexe je voulus repousser, pour finalement la laisser faire tandis que sa tête se posait sur mon épaule.

- Je n’ai pas envie de rentrer …

Moi non plus. Je ne voulais pas retourner à Undai, j'étais très bien ici. Avec Yume. Que demander de plus ? Rien, c'était parfait. Mais les rêves ne durent pas longtemps, de là cette appellation. Soupirant à mon tour, je me demandais vraiment si je supporterai l'ambiance de cette Académie, si je saurais tuer à nouveau, m'emporter autant contre les autres et tout ce qui suit la vie habituelle entre ces murs de sang. Ne serais-je pas mieux si je rentrais chez moi, à la maison à Kobe ? Si... Si, mais en même temps, je mettrais une croix sur la matérialisation et... Surtout, surtout sur mon amitié avec Yume. C'était compliqué...

- Tss et revoir cette blondasse … Rien qu’y penser me donne la nausée. En y pensant, j’ai vu que toi et elle ce n’était pas le grand amour non plus. S’est passé quoi avec ?

Soupirant d'incompréhension, je me reculais un peu de Yume pour lui lancer un regard interrogateur. Parlait-elle de Naoko ? Mais elle n'aurait pas... Ah. Et là, ma bouche fit un « oh » pour signaler que j'ai bien compris ce qu'elle voulait me dire. Akiha. Elle ne l'aimait pas non plus, elle la connaissait aussi depuis des années, vu que cette fichue femme scientifique étudiait à Undai en même temps qu'elle. Mais quelle ironie du sort quand même, mon sort était lié d'une manière fort extravagante à cette Académie sans que je ne le sache. Une simple coïncidence que je me sois retrouvée dans cette école aussi ? Découlant des dires, oui c'était le cas. Mais tout de même quoi, ce monde était fort petit. Trop petit. Faisait un geste de la main dans l'eau pour balayer sa question, je me mis plus confortablement dans l'eau pour y répondre.

- Toi, je suppose que tu ne l'aimes pas à cause de Dead Master ? Pour leur... relation.

Oui, les rumeurs couraient partout, mais j'eus moi-même l'occasion de voir ce « couple » détestable se pavaner dans Undai. Quelle ironie, quelle stupide idée de mettre ces deux personnes sur le même chemin. Horrible, répugnant au point que je comprenais ce que pouvait ressentir Yume face à ce spectacle. Vraiment, terrible.

- Akiha hein, disons que je l'ai connu avant... bien avant de recevoir l'invitation pour Undai. Au début je l'appréciais, évidement, ce n'est pas difficile en vue de son pouvoir et de sa personne en elle-même. Mais bon, cela ne dura pas longtemps après qu'elle... Disons que c'est à cause d'elle que j'ai certaines phobies en moi.

Une phobie en particulier en fait. Et tout cela à cause de ses expériences sadiquement « douces ». Instinctivement, ma main se porta à mon éternel collier que je portais jour et nuit avant qu'un sourire glacial ne vienne se pendre sur mon visage et que je me laisse à nouveau retomber dans l'eau avec aisance.

- Et maintenant, j'ai juste envie de la tuer. Disons qu'elle est deuxième sur ma liste.

Un léger rire sortit de ma bouche avant que je ne me stoppe pour soupirer lourdement. Ce monde était vraiment trop petit pour contenir tant de gens affreusement mauvais. Mais quelle importance maintenant ? J'allais devoir faire face à Naoko à mon retour, du moins essayer de ne pas céder sous la pulsion meurtrière qui me monte à la tête à chaque fois que je la vois. Mais aussi, il me faudra faire en sorte de ne pas céder aux rumeurs et mauvaises langues par rapport à... cette histoire. Et pour Akiha ? Aucune importance, je ne la voyais pas, je ne la croisais pas, je n'assistais pas à ses cours et la vie était acceptable. Voilà tout. Dead Master ? Elle restait cette directrice effrayante et crainte de tous. C'est tout, et tant qu'elle ne m'emmerde pas vu que je traîne avec Yume, tout va bien. Oui, tout est parfait. Sauf que là, à ce moment même, les choses sont vraiment sans dangers, tandis que dès demain, ou après-demain, tout bousculera de nouveau dans la fuite et l'acharnement.

- Je serais ravie de reprendre notre entraînement... Même si tu me donnes du fil à retordre, tu es vraiment un bon professeur. Par contre... Je ne sais pas, je ne suis pas sûre de vouloir retourner à Undai...

Baissant les yeux pour jouer avec l'eau, je la prenais entre mes mains pour écarter mes doigts et voir ce même liquide tomber entre. C'était vraiment relaxant, même s'il commençait à faire chaud. Un entraînement... Difficile je suppose qui se finira sur une progression de ma part, après tout Yume n'aimait pas perdre son temps... Même si le tout serait ponctué d'insultes de ma part, de cris de rages et de coup de poings. Intéressant mais... Mais oserais-je remettre les pieds en ce lieu ?

- En fait, je sais que c'est con que je m'en préoccupe, mais c'est rare que tu puisses sortir de Undai pendant tant de temps sans que l'autre folle ne te harcèle pas...

Je luis souris avec moquerie avant d'éclater de rire pour je ne sais quelle raison, mais une qui tournait le tout au ridicule. Arrêtant tout de même dans mon envie de lui montrer qu'elle était une pauvre fille sous la tutelle d'un monstre, je plongeais sous l'eau pour aller à l'autre bord de « la grande baignoire » à la recherche de mon essuie. Le trouvant, je me hissais sur le rebord et le tournais autour de ma taille, plantant mon regard sur Yume.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mar 11 Déc - 2:31

Les conditions faisaient que nous étions l’une contre l’autre, ce n’était pas systématique avant, moins je la touchais, mieux elle se portait et moins je me ramassais de coup, mais là, pour pousser encore plus dans ses retranchements, elle eut un mouvement de recul pour finalement se résilier et laisser ma main enlacer la sienne. Les yeux fermés et ma joue sur son épaule, je laissais le calme planer entre ma question et sa réponse. C’était … magique, aurais-je seulement imaginé une seule fois que cela pourrait nous arriver ? Non, et pourtant … j’aurais aimé que cela se produise plus tôt. Oui, si nous avions commencé tout cela plus tôt, nous aurions plus vécu cet échange, nous aurions pu en profiter plus … plus, toujours plus et pourtant, cela aurait-il été comme maintenant ? Je n’en n’étais pas sure, il y a un an d’ici, à son arrivée, j’étais encore trop sur la défensive, mon cœur basculant entre la haine et l’amour que je portais à Ayame, le manque de Strength et elle n’aurait pas eu sa place dans tout ça à cette époque, elle n’aurait pas … Je ne l’aurais pas laissée s’immiscer de la sorte dans ma vie, dans mon désarroi.

- Toi, je suppose que tu ne l'aimes pas à cause de Dead Master ? Pour leur... relation.

Me redressant quand elle bougea pour fuir un contact peut être trop oppressant à la durée, je la laissais patauger dans l’eau en même temps qu’elle me parlait. Oui je détestais Akiha parce qu’elle n’avait pas le droit d’avoir un regard tendre d’Ayame, oui je la détestais d’avoir réussi à prendre de la place de ma maîtresse. Jalousie maladive et haine incompréhensible ? Non, juste qu’un déchet ne pouvait faire partie de mon quotidien et en s’appropriant le cœur de Dead Master, elle était rentrée dans ma vie. Déjà quand elle n’était qu’une futile étudiante, son regard sur la directrice m’insupportait et là … après tant d’années, il fallut qu’elle revienne dans mon école, qu’elle sème le chaos dans l’esprit de celle qui m’eut sauvé la vie … La mort, seule sa mort serait bénéfique à ma survie. Mais malheureusement, Ayame n’était pas du même avis, comme moi, elle avait trouvée une nouvelle bouée de sauvetage, une nouvelle personne à couvrir d’un amour débordant mais refusé par celle qui lui tenait à cœur. Sur ce point, nous étions semblable, je refusais l’amour d’Ayame alors que celle-ci ne cherchait que remerciement -ou plus- dans ses démarches. Cette même question du « pourquoi moi », je l’avais découverte il y a peu et je garderai le souvenir des ces aveux au plus profond de mon âme, ne voulant bousculer un monde déjà sur la pante. Dans mon sens, je refusais son amour parce qu’elle m’avait retiré ce qui m’était cher, la seule chose sur laquelle je ne pouvais jouer et parier, que je me devais de protéger … elle m’avait obligée de la détruire. Alors voilà pourquoi Ayame s’était retournée vers Akiha intéressée par sa personne et moi vers Kaïla, ressemblant tant à mon amie perdue. Et nos nouvelles moitiés s’avéraient se connaître, coïncidence farfelue oui. Moi détestant Akiha, Kaïla détestant Ayame, Akiha me détestant et finalement Ayame détestant Kaïla. Foutaise.

- Akiha hein, disons que je l'ai connu avant... bien avant de recevoir l'invitation pour Undai. Au début je l'appréciais, évidement, ce n'est pas difficile en vue de son pouvoir et de sa personne en elle-même. Mais bon, cela ne dura pas longtemps après qu'elle... Disons que c'est à cause d'elle que j'ai certaines phobies en moi.

Cette femme était la cause de ses phobies ? Lui aurait-elle fait des choses lors de son enfance ? Je ne savais pas énormément sur le passé de Kaïla, hormis son dossier et certains dires provenant de nos conversations, je ne pouvais vous raconter sa vie. Ce que je savais d’elle, c’est qu’elle sort d’une famille riche vivant dans un grand manoir que j’ai eu le plaisir de visiter. Des parents trop protecteurs et des amis inexistants. Akiha … elle était celle en charge de Kaïla durant son enfant, car celle-ci avait une malformation ou une maladie je crois … D’où la raison pour laquelle elle continuait de prendre ses cachets chaque matin. Maladie dont je ne savais pas grand chose et si je voulais le savoir, je n’avais qu’à m’adresser à Akiha … Bien qu’elle ne me le dirait peut être pas, Ayame elle, devait le savoir. La regardant chatouiller son collier, je me demandais -depuis longtemps d’ailleurs- pourquoi elle ne le retirait jamais. Que ce soit en dormant ou en se lavant … Jamais je n’ai pu le voir hors de son cou. Était-ce une sorte de machine comme ce que les cancéreux ont ? Je ne sais pas et c’est d’un œil interrogateur que je regardais celui-ci avec cette satanée envie de l’arracher pour l’examiner. Enfantin hein ? Je l’étais et je l’assumais.

- Et maintenant, j'ai juste envie de la tuer. Disons qu'elle est deuxième sur ma liste.

Deuxième avec Naoko trônant sur sa liste en première place je suppose … Mais qu’avait-elle fait de si horrible pour que Kaïla la déteste autant ? Moi qui aurais cru que c’était Ayame la deuxième sur sa liste … Et bien là, j’en restais bouche-bée au sens figuré. Akiha … Elle non plus je ne savais pas grand chose à son sujet, à part que je l’emmerde, qu’elle m’énerve et que son corps flottant dans la baie de Kyoto serait le plus beau des cadeaux d’anniversaire que je pourrai avoir, rien … rien de plus sur cette pimbêche trop pute, trop conne, trop chieuse, trop … moche. C’est faux, elle est jolie, mais quand on n’aime pas, on ne trouve pas son ennemie jolie hein.

- Je serais ravie de reprendre notre entraînement... Même si tu me donnes du fil à retordre, tu es vraiment un bon professeur. Par contre... Je ne sais pas, je ne suis pas sûre de vouloir retourner à Undai...

Changeant radicalement de sujet, je levais la tête dans sa direction quand elle me fit ce compliment, souriant à ses dires, je savais pertinemment bien que j’étais un bon professeur. Après tout, n’avais-je pas eu moi-même la meilleure pour m’enseigner tout cela ? Dès mon plus jeune âge en arrivant à Undai, j’avais directement intégré une sorte de quotidien me poussant à combattre cette femme, que ce soit de manière explicite ou pas. Prenons cet exemple qui me faisait toujours froid dans le dos en y pensant ;

Quand nous jouions à cache-cache, elle abattait tout ce qui pouvait servir de cachette pour ma petite personne. Que ce soit de sa faux ou de ses ongles acérés, elle tranchait, coupait, bousillait et chantonnait des mélodies lugubres accompagnées de son éternel « Yume-Chan ~ Où es-tu mon cœur ? ~ ». Digne de vous faire flipper. Bon, c’est vrai que quand elle me trouvait, elle n’avait plu l’air du monstre vous troussant aux fesses … Mais fallait dire aussi, que quand elle me trouvait, c’était souvent sous les décombres de son acharnement maladif de gagner.

Quand c’était l’inverse, je passais des heures à tourner en rond à sa recherche et quand elle avait marre de m’attendre, elle me faisait des signes pour me montrer sa présence. La plus douloureuse de sa bonté pour m’aider dans mes recherches fut de m’envoyer une énorme pierre sur la tête. Résultat ? Bouffer les graviers, complètement évanouie avec un jet de sang filant de ma tête. Education et amour sadique.

Quoi qu’il en soit, voilà pourquoi je me devais de donner un entraînement digne de mon éducation à Kaïla. Ce que je comptais faire de sa personne ? Lui apprendre à combattre les yeux fermés. Et pour cela, pas de pouvoir permis, seulement sa capacité à ressentir les choses. Le meilleur endroit pour ce genre d’entraînement était la forêt, courir dans celle-ci les yeux bandés avec comme seul repère vos pieds nus se heurtant à un sol bourré d’obstacles partout … Amusant non ? Pour moi qui resterais sur une branche à regarder ça, oui, cela serait amusant mais pour elle … ouch.

- En fait, je sais que c'est con que je m'en préoccupe, mais c'est rare que tu puisses sortir de Undai pendant tant de temps sans que l'autre folle ne te harcèle pas...

Regardant sa personne dans les yeux en riant jaune à ses dires, je me levais à mon tour, délaissant mon essuie cheveux pour le mettre autour de ma taille, matérialisais dans mes mains mon cellulaire avant de le lui tendre et de lui montrer le nombre incalculable de messages de la part d’Ayame. Un tous les quart d’heure sauf quand celle-ci était occupée à faire je ne sais quoi pendant deux à trois heures. Les seuls moments de soulagement pour moi de ne pas devoir regarder mon téléphone toutes les minutes pour voir si je n’avais pas raté un message. Oui, je ne répondais pas à tous, parce que quand vous recevez un « Juste pour te dire que je mange une pomme xxx », je ne savais pas quoi répondre et à ma place, vous pareil.

Debout en m’étirant de tout mon long, je me dirigeais vers la cabine pour récupérer mes vêtements et m’enrouler dans les peignoirs à notre disposition. En prenant un pour Kaïla en oubliant nos vêtements, je pris mon temps de prendre deux rafraîchissements à la machine automatique avant de revenir sur mes pas et de tendre à mon élève une boisson, entre jus de pois rouge chaud et du lait ; que préférait-elle ? Qu’importe, j’aimais les deux. L’attrapant par le poignet pour nous téléporter dans notre chambre, la flemme de marcher jusque là, je la relâchais instinctivement alors que j’arrivais sans grande difficulté sur le sol en poil de moquettes douces. Me séchant rapidement en faisant tomber mon peignoir tout en matérialisant un unique sous-vêtement pour cacher mon entrejambe, je me dirigeais vers la fenêtre avant de prendre place sur l’appui de celle-ci et de décapsuler ma canette.

- Comme tu as vu, elle ne me laisse pas tranquille non plus, juste un peu de liberté et à l’heure qu’il est, elle doit croire que tu te retrouves avec un vieil homme à assouvir ses derniers désirs pervers avant de finir dans la tombe.

Hahaha. Un petit rire nerveux traversait mes lèvres alors que ma vision se portait sur l’extérieur, la nuit étoilée masquée par la lumière de l’entrée de l’hôtel, je ne fixais plus qu’un point dans le vide en repensant à notre discussion précédente dans la voiture. Elle m’avait posé une question que j’avais royalement ignorée, ne sachant comme l’aborder par avant et ni, comment vraiment formuler mes phrases. « Juste une question... T'as trouvé cela comment toi ? Enfin... C'était la... j'ai jamais... fait cela avant. Et donc... Laisse tomber. » Toujours aussi compréhensible hein ? Et bien oui j’avais compris mais devant son visage pourpre et le mien s’y mettant aussi, je ne savais comment y répondre sur le coup ;

- C’était ta première « vraie » fois hein … Je te réponds avec du retard, mais je ne savais pas comment formuler mes mots là tantôt et je me voyais mal te dire dans la voiture, « j’aime bien, on refait ? ».

Laissant un petit rire traverser mes lèvres, je poursuivis mais cette fois-ci en captant le regard de la jeune femme qui était présente avec moi en ce lieu ;

- J’ai trouvé ça magique. Tu m’as rappelé quelque chose que j’avais oublié, un sentiment pour lequel je n’avais plus laissé de place depuis longtemps déjà. Mon propre plaisir et tu as comblé mes satisfactions. Si seulement tu pouvais être aussi douée à Undai que tu l’as été dans tes prouesses de jeune novice, tu ferrais ma fierté Kaïla.

Tournant cela avec amusement, je ne retenais pas un rire amusé alors que je me relevais, finissant ma canette déjà bien entamée lors de mes dires. Déposant celle-ci sur un rebord quelconque, je me dirigeais vers le lit, toujours vêtue de mon unique vêtement pour me laisser tomber sur le ventre sur le matelas. Les bras tendus, les jambes légèrement écartées et la tête rivée dans la direction adéquate pour avoir Kurayami dans ma vision, je lui dis, avec toute la sincérité du monde ;

- Pour revenir au sérieux, j’aime et je crois que j’aurai du mal à m’en passer. Une fois qu’on goûte à quelque chose de délicieux, c’est un supplice de s’en priver alors qu’il pendouille devant vous.

Haha. Non je ne la prenais pas pour un bout de viande, loin de là. Et sinon, complètement hors sujet, quand va-t-elle comprendre qu’elle n’a pas de sous-vêtements dans la chambre et qu’elle peut toujours courir pour que j’aille chercher son sac dans la voiture ? Un, deux, trois … « Dis, tu me matérialises une ; un … une culotte ? » Héhé, « Non, mais un string si tu veux ~ ». La bonne blague !

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mar 11 Déc - 23:10

J'eus faux sur toute la ligne et je ne saurais pas dire si c'était une bonne chose ou pas. Survolant la liste d'appels que me montrait Yume d'un œil circonspect, je souris jaune. Elle se faisait harceler par l'autre folle et pas qu'un peu. Pauvre Yume... Je n'aurais pas aimé avoir des « parents » pareils. Oui, oui, après que j'ai fait comprendre aux miens qu'ils exagéraient avec leur inquiétude permanente, ils ont appris à me demander comment je vais une fois par semaine à une heure fixe. Une bonne chose, en quelque sorte, ainsi je n'allais pas devoir répondre à un appel fort « adorable » quand je serai, par exemple, en plein combat dans l'Arène. Mais à croire qu'elle avait tant l'habitude de l'insistance de Dead Master, qu'elle ne prenait pas cela si mal. Tant mieux, même si d’un œil extérieur, cela restait étrange et oppressant.

Sorties de l'eau, nous nous dirigeâmes vers les vestiaires. Attrapant au vol la canette de lait que Yume me lança, je n'eus le temps de dire quoi que ce soit, qu'elle m'attrapa la main et nous, téléporta dans notre suite... Suite du vicomte Kai. Devrais-je lui dire ce que je pensais de ce nom ? Non, elle me prendrait pour une paranoïaque, si ce n'était déjà pas le cas. Grognant furieusement quand cette fichue impudique qui me servait d'amie, enleva son peignoir pour se foutre complètement à poil -enfin, avec une culotte tout de même- je détournais mon regard tandis qu'elle se baladait dans la chambre. Soupir après soupir, je la maudissais mentalement tout en essayant de ne pas faire attention à sa personne et aller plutôt me... des fringues ! Je n'avais rien sur moi qu'un peignoir sans rien en dessous... Cette évidence s'envola rapidement quand la voix neutre d'une Yume trop directe résonna à nouveau dans cette pièce luxueuse. Comment... Comment ça vendue ?! Lui avait-elle racontée cet épisode étrange de notre voyage ? J'espère juste qu'elle ne lui a pas dit... ce que nous avions fait ensuite... Je n'avais pas envie de perdre la tête de la main d'une directrice trop possessive, et certainement pas pour avoir couché avec Yume. Oh mon Dieu, je suis dans la merde...

- C’était ta première « vraie » fois hein … Je te réponds avec du retard, mais je ne savais pas comment formuler mes mots là tantôt et je me voyais mal te dire dans la voiture, « j’aime bien, on refait ? ».

Et je crois que là, mon visage devint plus rouge que jamais tandis que ma tête me tournait. Inévitablement, mes rubis se levèrent vers sa silhouette à moitié nue pour croiser sans regard. Gênée, c'était le moins qu'on puisse dire. Elle était vraiment, vraiment trop directe dans ses paroles, me déstabilisant comme jamais. Oui, c'était effectivement la première fois que je prenais les « devants », ouais mais après tout il me serait difficile que ce soit différent. Avec Naoko il me serait fort peu aisé de... Enfin de la... Peu importe ! Je ne voulais pas retourner sur ce moment désagréable, je préférais rester sur le « on refait » de... Non ! Non. Stop. Bon sang, il fallait que je me calme. Mais comment avec sa personne si avenante ? Sur qui suis-je tombée...

- J’ai trouvé ça magique. Tu m’as rappelé quelque chose que j’avais oublié, un sentiment pour lequel je n’avais plus laissé de place depuis longtemps déjà. Mon propre plaisir et tu as comblé mes satisfactions. Si seulement tu pouvais être aussi douée à Undai que tu l’as été dans tes prouesses de jeune novice, tu ferrais ma fierté Kaïla.

Si je voulais lui faire la scène de « oh, dis pas de bêtises... » en mode gênée mais flattée, ce fut tout le contraire quand elle finit sa tirade. J'allais la dégommer ! Quoi, j'étais si nulle que cela en matérialisation ? Oui matérialisation, parce que questions cours, je préférais ne pas m'avancer sur le sujet. Tout de même, j'étais outrée de ses paroles. À moitié énervée, et à moitié honteuse de toute cette conversation, je me détournais d'elle quand son corps se releva de sa place initiale pour aller se jeter littéralement sur le lit. En plein milieu du lit d'ailleurs, telle un sac à patates inanimé.

- Pour revenir au sérieux, j’aime et je crois que j’aurai du mal à m’en passer. Une fois qu’on goûte à quelque chose de délicieux, c’est un supplice de s’en priver alors qu’il pendouille devant vous.

Même si elle a caché sa nudité en se mettant sur le ventre, sur le matelas, il ne restait pas moins que ses paroles étaient toujours aussi... aussi perverses. Je me demandais si elle comprenait ce qu'elle disait et l'effet que cela me faisait. Que voulait-elle dire au juste ? Que sa seule envie était de me sauter dessus ?! Si c'étai le cas, alors elle se retenait assez bien, il fallait l'avouer. Mais même ! Indécent, tellement que je me détournais de sa silhouette pour taper ma tête contre le mur. Et de mon coté ? J'ai aimé aussi, au point que... que j'aurais voulu le refaire, encore et encore, essayer de combattre ma peur du toucher jusqu'à la voir éradiquée complètement. Mais... Oui, je pouvais, vu qu'elle le voulait aussi et que voilà. Mais notre plaisir contre le monde, qui gagnait ? Le monde, bien évidement. Et je me voyais mal dire à Yume, du jour au lendemain sans moindre motivation, au détour d'un couloir qu'on aille dans la chambre parce que je suis en manque. Quoi vous êtes choqués ? Dans les films les gens sont souvent en manques après avoir essayé une fois, c'est comme un mécanisme qui ne peut être stoppé après être enclenché. Tu couches une fois, tu veux encore et encore plus. Était-ce mon cas ? Je ne sais pas. Après avoir passé ce moment horrible avec Naoko, je ne voulais plus qu'on me touche. Mais là... Oh et merde. Énervée, je me tournais vers Yume pour lui dire d'un ton cassant, balayant toute sa déclaration indécente d'un revers de la main.

-Hum. D'accord. Bon... Tu veux bien me matérialiser un pyjama ?

Aucune réponse. Une minute passa et, en fronçant les sourcils, je m'approchais du lit où une Yume inerte était couchée. Détaillant un instant son dos laiteux, je soupirais sous des idées étranges avant de hausser la voix. Mais rien, elle ne répondait pas. Intriguée, je m'approchais d'elle et m'abaissais au niveau de ses yeux. Elle s'était endormie. Sifflant entre mes dents, je me remis debout et restai plantée là devant son corps aux respirations régulières. Non mais sérieux, quelle plaie. D'un geste hésitant je rapprochais ma main de son dos pâle et, avec une expression douteuse sur le visage, je stoppais net mon geste à un centimètre de sa peau, avec des idées étrangement malvenues dans l'esprit. Fermant les yeux en essayant de calmer mon cœur, j'inspirais doucement, fronçai les sourcils et me ravisai en remettant ma main le long de mon corps. Toujours dans cette position, mon regard se coula sur tout son corps avant qu'une grimace n'apparaisse sur mon visage. Je voulais la réveiller, mais si je la touchais, tandis qu'elle est endormie, le prendra-t-elle comme un acte pervers ? Croira-t-elle que je voulais lui faire des choses en vue de sa tenue légère? Non, non, il était préférable que je la laisse ainsi, tranquille. Mais alors ?

Mes yeux se posèrent sur l'espace qui restait dans le lit. Je devais avouer qu'il était grand, mais après avoir analysé tous les moyens possibles de m'y installer, je ne trouvais aucun pour pouvoir me glisser sous les draps sans l'approcher de près ou de loin. Frustrée, je tournais les talons et rivai mes yeux sur le seul meuble acceptable se trouvant dans la pièce. Baillant en ouvrant grand la bouche, je me passais la main devant les yeux avant de choir dans le fauteuil. Bonheur, il était confortable, en attendant que Yume se réveille, je pouvais tenir ici. Prenant la télécommande sur la table basse, j'allumais l'écran et zappai les chaînes à la recherche de quelque chose d'intéressant à cette heure tardive. Rouvrant une comédie banale devant laquelle je pouvais passer le temps, je me relevais lourdement avant de chercher les cacahouètes que j'ai repéré depuis notre venue dans cette chambre. Prenant le bol avec moi, je lançais un dernier regard sur le corps que je -je devais l'avouer- désirais avec un malaise visible. C'était encore trop frais, trop étrange.

-Quelle plaie...

Un dernier sourire doux -tellement rare- et j'éteignis les lumières. M'installant dans le fauteuil, tout en mangeant le casse-croûte dégoté, je baillais et, peu à peu mes paupières devinrent lourdes, mes bâillements plus prolongés et... Puis plus rien, le son de la télévision devint plus intense pendant un moment avant de disparaître complètement. Le noir, je me suis endormie sous une pensée étrangement... torride de mes ébats avec Yume. C'était si étrange... Si chaud.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mar 11 Déc - 23:57

Des bruits étranges, une douceur infinie et mon corps tout entier se réchauffait sous des caresses incessantes. Un corps nu que je ne connaissais pas, une envie démesurée de le sentir encore plus contre mon corps et des lèvres enivrantes, affranchissant une demande explicite que je ne formulais qu’en gémissement. Y avait-il place pour autre chose que cet acte d’amour dans un semblant d’amitié ? Devait-on s’arrêter alors que le désir ne faisait qu’augmenter ? Pourquoi elle, pourquoi moi, pourquoi nous ? Avions-nous besoin de cela ? Je ne savais pas, et chacune de questions formulées dans mon esprit se faisait abattre sous ces sensations si connue d’une autre main, venant soulever mon être, me faire tordre de joie, me faire crier sans humilité … Folle, folle de sa personne que j’eus découvert sous un autre jour.

- Kaïla, s’il te plaît …

Oui, des dires demandant encore, encore et encore. Comme si j’avais besoin de ça ce jour là autant qu’il m’était obligé de respirer. Elle était ma bouffée d’air dans ce monde et sous des coups souples et bien soutenus, je ne pouvais que me laisser aller. Laisser aller jusqu’à ce que mon corps tout entier ne se contracte, se laisse prendre jusqu’aux entrailles d’un toucher dit interdit. C’était fou, tellement que encore maintenant, plongée dans mon subconscient, je me repassais cette scène en boucle, comme si je me forçais à revivre cela pour combler un désir que je ne pourrai plus assouvir aussi facilement, aussi ouvertement, aussi directement … Cet hôtel aurait sans doute été notre unique fois, une fois de trop ? Il n’y avait jamais trop pour moi.

Et c’est en me laissant flotter dans ce rêve réaliste que mon corps s’enfonçait dans les bras de Morphée, coupé du monde, n’entendant plus ce que ma chère amante me disait, le noir se plaçant devant mes yeux pour s’allumer sur l’écran de mes rêveries. Cela faisait déjà trois jours que je n’avais pas quitté Undai, trois jours que je n’avais plus baigné dans ce surplus de pouvoir généré par Ayame. J’avais usé de la matérialisation tout le long du voyage, que ce soit la voiture ou encore les vêtements, sans oublier tout ce qui était nécessaire au bon déroulement de notre séjour, je n’avais pas fait main morte sur tout cela. C’était comme le dicton sur l’épée, utile mais tranchante. Utile pour que je jouisse du confort, tranchante pour que je me retrouve crevée morte au bout de quelques jours. Oui, il fallait s’y habituer, mais tout de même … Ce n’était pas facile, tous les jours. Quoi qu’il en fût, le repos bien mérité après le nombre d’heures incalculables que j’avais roulé, m’avait été accordé par Kaïla. Ne me réveillant pas, je me jurais presque de la remercier une fois que j’aurai rouvert mes pupilles. Peut être que je l’aurais remercié en fait, puisque ce fut, pour je ne sais quelle raison que je sentis un corps tiède se poser sur mon dos. Grognant légèrement alors que mes yeux ne comptèrent s’ouvrir, je fus forcée de le faire quand une voix, trop pas celle de Kaïla vint me chatouiller le cou de son souffle ;

- Quelle drôle de manière pour dormir mon cœur ~ Tu risquerais d’attraper froid si je n’étais venue pour te réchauffer ~

Poussant un dernier grognement, je me retournais sans plus attendre en poussant le corps de ma chère directrice bien loin du mien, bien loin de ma nudité et bien loin de ses mains que je sentais perverses. Fronçant les sourcils en me reculant jusqu’à ce que mon dos tape la tête du lit, je fusillais du regard celle-ci. Pourquoi, pourquoi était-elle là ? N’avait-elle pas assez avec ses sms débiles qu’en plus de ça, il fallait qu’elle se bouge en personne ? Et puis d’abord, comment savait-elle exactement où j’étais hein ? Vous ne vous êtes jamais posés la question ? Et bien moi oui, et bien que je lui ai demandé énormément de fois, sa seule réponse fut toujours « On sait toujours où se trouvent les personnes qu’on aime Yume-Chan ~ » Arg.

- Tu aurais pu venir à un autre moment et me laisser dormir, que veux-tu ?

Mon ton s’adoucissait de plus en plus au fil des syllabes, m’étirant en sortant de ce lit trop confortable, je suivais sa personne qui se dirigeait vers le salon en examinant les yeux. De son regard disant bien « Je vois où part mon argent ~ », elle continuait son chemin jusqu’à ce qu’elle s’arrête devant le sofa. L’y rejoignant rapidement alors que je l’entendais glousser à ouïe fine, je me figeais en regardant la scène se trouvant devant nous. Et c’est moi qu’on traire de naturiste ici.

Affalée sur un fauteuil, les jambes écartées suffisamment pour voir ce qu’il y avait à pas voir, une poitrine volumineuse sortant de son peignoir et une petite mine endormie trop rougie, trop belle, trop désireuse. Rouge pivoine ne voyant ça alors que le sourire pervers d’Ayame ne faisait que grandir, je la tirais par la manche avant que des bruits étranges parvinrent à mes oreilles. Regardant premièrement Kaïla, interloquée d’un quelconque gémissement pouvant sortir de sa bouche, je fus forcée de dévier le regard vers la télé en suivant le regard de ma chère Dead Master.

- Mais c’est qu’elle est perverse en plus ~ Je comprends mieux pourquoi tu ne l’as pas vendue ~ Intéressante, intéressante ~

Et si je te dis que j’ai couché avec, tu vas la trouver encore plus intéressante ?! Rouge, non, complètement pire que rouge au point que j’imaginais de la fumée sortir de mes oreilles. Comment ? Comment osait-elle faire ça ?! N’avait-elle pas honte ? Moi-même je n’avais jamais ouvert des livres comme ça et là, là je me retrouvais devant une scène torride entre deux femelles se léchant la … Devais-je préciser les deux hommes présents ? L’un rentrant, au sens concret, celle qui avait les fesses en l’air et l’autre homme se … se chose avec sa main sur sa chose ?! La bouche ouverte et les yeux écarquillés, je repris contenance quand le corps d’une Ayame amusée vint se coller à ma personne dénudée ;

- Maaah, mais ce qu’elle aime les cochonneries ~ Des penchants lesbiens tant que nous y sommes. Kufkufkuf ~

Non, Kaïla n’était pas comme ça, Kaïla n’oserait pas et puis … Puis je ne savais pas. Ne bougeant pas d’un poil avant de comprendre que mes yeux n’arrivaient pas à se détacher de cette scène horrible, je repoussais Ayame avant de la prendre par la main et de la tirer hors de mon chez moi du moment, hors de cette chambre hors de tout. Et ce ne fut que sur un « Je rentre bientôt, va-t’en maintenant ! » que je lui claquais la porte au nez. Soupirant lourdement en sentant sa présence partie, je secouais la tête alors que ma main posée sur mon front m’offrait un quelconque support en vue de cette situation dramatique. Attrapant la couverture du lit pour l’enrouler autour de ma personne, je me redirigeais vers le salon, le regard noir et sachant que Kaïla venait d'être réveillée (par le claquement de porte), je matérialisais dans ma main un sabre en bois avant de me figer vers sa personne et la pointer sous son nez. D’un mouvement de la main pour lui montrer la tv et finalement la pointer à nouveau, je lui dis, d’un ton accusateur et peut être furieux ;

- Explications. Tout de suite. Kaïlaaaaaa !

Faisant rouler son prénom sous ma langue, j’affichais un regard dur tout en la dévisageant. Si elle voulait du sexe, j’étais là bon sang ! Alors regarder de telle navets, quelle humiliation !

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mer 12 Déc - 3:47

Un léger froissement suivit d'un halètement. L'air ambiant était au rendez-vous dans un sentiment étouffant de passion. Le plaisir, la jouissance et rien que cela, le contentement de la luxure. Un gémissement sortit des tréfonds d'un esprit humain, embrumé par les caresses enivrantes d'une main précise, douce et frivole. Un lit se soumettant à cette atmosphère sous des couvertures emmêlées, sous des mouvements silencieux tandis que deux corps se découvraient en son centre. La sueur perlant sur cet être, la douceur de sa peau, de ses seins parfaitement ronds, l’attirance de ma bouche sur ses tétons durcit par un plaisir interdit. Toujours plus, toujours ces gémissements, ce bonheur de fierté contenu sous des assauts toujours plus puissants, plus insistants, plus... Plus prenants dans le tourbillon de cette morbide action d'un amour étranger. Je la sentais. Je la voulais. Et je le lui montrais. Mon corps collé contre le sien, ses deux billes bleues à moitié fermée, sous un sourire de contentement, sous un soupir d'aisance, ne faisaient que m'inviter à poursuivre ces gestes délicats remplis d'envies, provoquant des frissons sur son corps comme dans mon esprit. Une caresse délicatement calculée sur sa joue, une main descendant dans son cou, et encore plus bas, et encore plus au centre du joyau de son plaisir. Ma langue voulant trouver sa jumelle, un gémissement quand elles se rencontrèrent enfin se battant à présent pour une domination insolite. Mon regard de feu qui se coula sur sa peau, fascinée de tant de beauté. Et toujours ce sourire de satisfaction. Un cri, une demande inaudible et voilà que mes mains parcouraient ses formes de femme gracieusement dessinées prenant soin de noter chaque courbe délicate de son corps. Un baiser chaste suivit d'un mordillement maîtrisé. Ma langue goûtant à sa peau, à sa chair en effervescence sous mes assauts érotiquement passionnés. Un grognement étouffé de surprise quand sa main se posa sur mon intimité trempé de ce même plaisir, de cette envie dont je lui procurais la délivrance. Ses doigts glissant avec légèreté entre mes lèvres intimes et je défaillis. Mais pas entièrement, pas assez pour ne pas poursuivre ma route, le chemin d'une caresse assouvie. Tout s'intensifia, nos pupilles dilatées se quittant sous un dernier regard complice tandis que je descendis, descendis... Jusqu'à sa perle rougie de plaisir. Un souffle, une hésitation et le premier coup de langue, lent, si lent. Et son élixir de plaisir qui se déversa sur ses cuisses, montrant par ce geste le bien que je lui procurais. Et je continuais, et ces gémissements devinrent plus intensifiés. Les bruissements des draps, l'arrêt soudain de tout mouvement quand mes doigts vinrent à la rencontre de son intimité pour y pénétrer avec assurance, lui promettant jouissance. Un autre cri, cette fois rauque, un autre mouvement, des vas et viens plus rapides, toujours plus profonds, toujours plus... Et... Et...

- Explications. Tout de suite. Kaïlaaaaaa !

Une rougeur sur le visage, je sursautais avant de me mettre assise, sentant une humidité peu habituelle entre mes jambes. Cachant mon corps du mieux que je pouvais sous le peignoir, je pris une position assise, frustrée de n'être pas arrivée au bout de la scène, mais en même temps soulagée de ne pas l'avoir vécu pour du vrai... Enfin pas entièrement. Gênée tout d'abord de m'avoir peut-être fait surprendre, je relevais mes yeux rubis et flambants vers une Yume en colère, pointant un sabre en bois sur moi, sur la télévision et encore sur moi. Un grognement mécontent, et me voilà bailler, sans comprendre la raison de sa présence là. N'était-elle pas endormie tandis que je regardais cette stupide comédie à la c... Et je bloquais net quand mes yeux se posèrent sur l'écran où une scène des moins plaisantes se déroulait sous un sexe dit bestial. Clignant des yeux hébétée, je fixais le tout en me demandant comment la femme présente dans cette vidéo pornographique arrivait à mettre un gode aussi énorme dans son vagin avant de, sous un raclement de gorge, détourner mon regard vers Yume, plus rouge que jamais.

-Je... Non... Mais c'est quoi ce bordel ?

Abaissant son sabre avec le plat de ma main pour qu'elle arrête d'avoir cette posture menaçante, je me relevais d'un bond -cette fois réveillée- pour me saisir de la télécommande et éteindre ce... cette horreur. Faisant des grands gestes vers Yume, j'écarquillais les yeux en comprenant peu à peu, ce qu'il se passait. Sous un « Noooon » outré, je défroissais mon habit de la nuit, je regardais autour de nous pour me rendre compte qu'il ne devait pas être plus tôt que quatre heure du matin et que, malencontreusement, je me suis endormie devant la tv sur une chaîne qui passait des choses pornographies à pas d'heures. Ah et merde... C'est quoi cette enroule ?!

- Ce... Ce n'est pas ce que tu crois, Yume. Je ne regarde pas ces abominations... Je... Une comédie, j'ai regardé une comédie et je me suis endormie... Et puis cela... Et après tout je n'ai pas à me justifier !

Croisant les bras sur ma poitrine en la regardant de haut, je boudais ouvertement sa personne et surtout qu'elle me prenait pour une perverse, chose que je n'étais pas -en omettant mon rêve. En colère tout de même, cachant mon rougissement en me rappelant ses courbes trop réelles dans mes souvenirs encore frais, je soupirais découragée de tant de... problèmes. Et ce ne fut pas compté sur mon ventre qui laissa sa présence se sentir, ou plus précisément s'entendre dans la pièce, n'était pas satisfait des cacahuètes de la soirée. Grimaçant, je m'affaissais sur moi-même, tête baissée, bras pendant avant de relever les yeux vers ma chère amie pour lui dire d'un ton impériale.

-Au lieu de m'accuser de n'importe quoi, matérialise-moi des vêtements et appelle la bouffe.

Quoi j'étais directe ? Bah ouais, je n'allais pas rester dans ce peignoir débraillé avec rien en dessous. Parlant de rien, je vais aller faire un tour aux toilettes, et c'est sur cette pensée que je me retirais en lui tournant le dos après lui avoir tiré la langue. Me débarbouillant un peu, je retournais sur mes pas quelques minutes plus tard avec toute la neutralité de retour. Et toute la froideur qui suivait mon réveil peu commode aussi, dont ma mauvaise humeur.

-Alors ?

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