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 Ivresse d'un voyage

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Ivresse d'un voyage    Ven 16 Nov - 4:56

Il faut toujours commencer quelque part, et chez moi ce quelque part s’avère être n’importe où. Comment réussir à s’ordonner alors que le monde dans lequel je me trouve est un champ de bataille ? Comment trouver son chemin dans les ruines ? Nul être humain n'est capable de l’impossible … Je parle bien d’humain, ce qui veut donc dire que Dead Master n’en fait pas partie, loin de là. En y pensant, après notre petite interaction que je nomme « récupération de pouvoir », notre contact est de nouveau « parfait ». Elle me court après, je l’ignore, le monde est rose non ? Et bien non. Et en ce jour gris, rien n’aurait pu être mieux qu’un bon rayon de soleil pour revigorer les esprits des petits Undai’ens. Mais à la place de ça, nous avons droit à : de la pluie, du vent, de l’orage et si on omet de préciser le sang que j’ai sur les mains, ma journée aurait pu bien se passer non ? Mais bon, pour une fois, commençons par où il faut pour que vous comprenez la raison du sang sur mes petites papattes. Et la raison est simple à en crever … à en crever si vous êtes Yume Kuroi.

C’était donc ce matin que ma journée commença, comme d’habitude, le réveil, la douche, le petit déjeuner et un coup dans la porte pour la fermer. Du moins c’était ainsi quand je n’avais pas une psychopathe qui squattait toujours ma chambre, mais maintenant en plus d’être ma psychopathe préférée, elle me faisait office de psychiatre à ses temps perdus. C’est vrai non ? Quoi de mieux qu’une personne dérangée pour écouter vos problèmes ? Soit. Donc à la place de claquer la porte, c’est sur la pointe des pieds que je me suis faufilée en dehors de mon nid vers six heures du matin, la joie hein ? Et tout ça pour me rendre à l’arène dans l’espoir de jouir de ma puissance pour … pour retrouver goût à ma force surhumaine, parce que oui, quand du jour au lendemain vous vous retrouvez molle comme un marshmallow parce que vous êtes vide, imaginez ce que ça fait de retrouver son potentiel ! Mais à quel prix …

C’est une fois dans l’arène, robe de combat activée que je soupirais enfin d’aisance. L’air de l’arène était bon, si bon que je m’enivrerai à vie en restant ici. L’arène, mon jardin à moi, mon temple, ma vraie maison. D’un mouvement de main je fis monter une colonne de pierre sur laquelle je venais de me hisser sans soucis, suivis de diverses autres auxquelles je commandais de se dresser d’un regard. Prenant place sur ce qui pouvait être appelé un bout de terre durcie à une dizaine de mètre de hauteur, je pris place. Les jambes contre mon torse, les bras enroulant mes genoux et l’horizon représenté par la lune devant moi. Que rêver de mieux ? La tranquillité peut être ?

Tranquillité que je perdis après à peine cinq minutes de contemplation, quand un abruti arriva dans mon lieu, aussi tôt qu’il pouvait être, et c’est sans doute pour signaler sa présence que cette personne détruisit la majorité des piliers que je m’étais amusée à construire pour je ne sais quelle raison. Outrée, oui, ça m’arrive, je descendis de mon piédestal pour attraper la chose que je venais d’agripper par le col. C’est alors qu'il balbutiait, en voyant mon visage, que je cru comprendre dans ses paroles que monsieur ne pensait pas que ces choses étaient présentes pour faire joli mais plutôt pour qu’elles servent à être utilisées comme punching-ball. La logique des gosses de nos jours hein ? T’imagines, tu vois un bout de caillou et toi, tu te dis, bon bah faut que je tape dessus ! Ça sera marrant ! Lol oui. Mais bon, je ne suis pas mieux dans mon genre, j’aurai pu laisser passer et abandonner ce pauvre être à sa bêtise … Si seulement je m’étais retenue d’envoyer sa tête dans les briquaillons … Ma journée aurait peut être été plus belle non ? Mais c’est sans compter ce qu’il en a suivit qui me laissa de … de pierre ?

C’est en lui tournant le dos en direction de la sortie en grognant mon mécontentement que je me fis arrêter par un caillou qui me heurta violemment la tête. Me retournant vivement pour voir le crétin - sachant qui c’était, puis qu’à la base, on était que deux - que je m’arrêtais sec à au moins un mètre de lui. Debout devant moi en souriant comme un fou, le nez coulant de sang, les yeux en larme et le crâne sans doute fissuré, le jeune homme dans sa magnifique robe de combat tout en bois, comme Robinson Crusoé en mode je me fais un parapluie et une ceinture avec des branches d’arbres trouvés un peu plus loin, là bas ! Sauf que lui, à la place des pauvres branchages, ça semblait être de la dynamite ? Ça se vent toujours ça ? C’est fini les bombes nucléaires, genre c’est devenu has-been depuis que t’en trouves partout ? Non mais devant ça, par logique tu ris, et bien, j’ai ris.

- C’est pas parce que t’es bonne que tu peux te foutre de la gueule de tout le monde Black Rock Shooter-Sama !

Et en plus ça reste poli. Un léger cheveu sur la langue, mais c’est qu’il est mignon ce gamin aux dynamites ! Me retenant un peu, je restais devant lui, les bras croisés, le regard disant bien que je le défiais de me faire ravaler ma fierté et là … bah il a couru, sauté, crié et a atterri, mais genre, atterri littéralement à côté de moi … C’est un Seconde où quoi ? Non, mon flaire disait que c’était bien plus grand que ça, que c’était … Une main accrochée à ma cheville, mes yeux qui s’écarquille et là, le drame. Je n’eus le temps de dire merde, ouf, ou autre chose que ces mots retentis en même temps que l’explosion qu’il venait de créer. « Je ne partirai pas seul dans la tombe Kuroi-Sama ! ».

Non, mourir je n’allais pas le faire, ce n’était pas une petite bombe de Seconde qui allait me tuer, mais quand vous vous retrouvez devant un terminal déterminé qui pourrait rentrer dans l’élite, là, vous risquez gros, même quand vous avez ma personne. Un champ de protection qui fini en poussière et une partie de mes membres complètement calcinés. Propulsée un peu plus loin, je me redressais couverte de sang, de mon sang d’ailleurs. Un juron et je fis exploser de la matérialisation dans l’air afin de réparer mes membres rapidement quand un de ceux-ci tomba comme de la neige. Me relevant sur ma nouvelle jambe, fraîchement créée tandis que mon bras était encore en train de se recomposer, je traînais la patte vers la chose qui venait de m’amocher sérieusement. Une fois à sa hauteur, je contemplais les dégâts avant de me laisser tomber à ses côtés, rien à faire, je n’aurai même pas la joie de le tuer de mes propres mains. La tête complètement explosée, cet élève était mort, entre les membres à gauche et à droite, à part dire que c’était un garçon, je ne saurais deviner son identité sans fouiller dans les archives des classes. Un long soupire, un claquement de doigts et je me couchais à côté de la carcasse. Que pouvais-je y faire ? Les suicides, les tentatives de meurtres, les assassinats … C’était mon quotidien à Undai, mes journées, voilà comment se passait mon temps sur cette plate-forme qu’était l'institut.

Une bonne dizaine de minutes plus tard je me décidais enfin à me lever et à attraper la chose morte d’une manière où d’un autre afin de le tirer hors de l’arène, la règle restait la règle, qui perd sa tête dans l’arène ne reviendra jamais entier dans le monde réel et cette chose venait d’en faire les frais. Je ne meurs pas si facilement, loin de là et pour tout ceux qui ont oubliés, une fois dehors de ce lieu qui est mon temple nous retrouvons automatiquement nos membres perdus lors des combats, mais la douleur subie est toujours réelle … Oui, ce n’est pas un parc d’attraction, la mort est toujours à nos côtés en entrant dans mon sanctuaire. Un trace de sang marquant le passage du cadavre et un vol plané dans la baie de Kyoto ? Ça aurait été trop simple non ? Et bien si. Et c’est sans doute pour ça que je me suis amusée à le traîner jusqu’au labo de la sorcière pour qu’elle identifie la personne que j’avais entre les pattes. Alors maintenant, imaginez moi, belle, grande, une apparence d’une vingtaine d’année, traînant un homme en lambeau. Sexy non ?

Sans doute pour que quand je sois passée dans la cour vers 8h sous une pluie ardente avec le sang de la chose ruisselant sur le sol, tandis que je le tenais par un bout de chair entier ou pas, les quelques élèves que je croisai me dévisageaient. Si j’ai bien retenue, cinq filles dont une qui s’est évanouie et trois jeunes hommes dont un qui s’est pissé dessus … Dieu, ce n’est quand même pas comme si je leurs avais lancé la personne morte sur eux, si ? Et bien non, je suis passé à côté d’eux en tirant la gueule, c’est tout. Et je la tire toujours d’ailleurs, alors une fois dans le bureau de Deady, mon humeur ne s’est pas arrangée quand j’ai surprise madame avec sa salope sur les jambes, la poitrine dénudée et la langue scotchée au téton de sa friandise matinale. Ma réaction ? J’ai balancé le cadavre sans tête avec trois membres en moins et je suis repartie dans le sens inverses. Parce que tu crois que j’allais rester gentiment à attendre qu’elle finisse sa besogne pour savoir qui avait essayé de me tuer ? Non.

En rogne comme jamais, retourner à l’arène aurait été une bonne idée non ? Oui sauf si je n’étais pas devenue paranoïaque et que je n’avais pas agressé la personne qui marchait trop près de moi derrière. Me retournant en une fraction de seconde pour l’attraper par le cou et le serrer afin de garder une bonne emprise, je grinçais des dents avant de river mes yeux bleutés dans les siens et de demander, sans plus attendre :

-QUOI ?!

Expressive à souhait non ?

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 19 Nov - 0:51

Le matin pointait déjà à l'horizon quand une mélodie douce s'éleva dans l'air frais de la pièce. Un son doux qui à mes oreilles représentait un vacarme de tous les diables. Le réveil matin avait l'horrible réputation de faire chier son monde, peu importe le son qui en sortait, qu'il soit calmement doucereux ou furieusement criard. Le mien sonnait tous les jours à sept heures pile et souvent, s'écrasait au sol si la mauvaise humeur prenait les devants sur mon comportement. Un peu comme aujourd'hui.

Un sursaut après un rêve plutôt heureux, un grognement mécontent, un bruit de cassure et voilà que le calme plat revint dans l'espace que j'occupais. Le silence, c'était une bonne chose pour fermer les yeux et continuer de rêver sans se préoccuper de se lever... C'est ce que j'aurais fit si l'énervement d'avoir cassé mon troisième réveil de la semaine ne me tiraillait pas autant. Peine perdue, sept heures dix et me voilà à moitié réveillée avec une tête de zombie, les yeux bouffis de fatigue, debout devant le mur où s'est écrasé mon merveilleux réveil en forme de tête de mort. Un soupir plus tard, je pris ma douche, je mangeais et, cette fois dans un état présentable, décidait de mettre quelque chose sur moi. Uniforme ou alors une composition de mon cru ? Bah, optons pour un mixe de deux !

D'ailleurs, je venais de me rappeler que je partageais cette chambre avec quelqu'un d'autre. Oui, parfois cela m'arrivait d'oublier une certaine Kuroi qui squattait... Non, dans la chambre de laquelle je squattais souvent... Tout le temps. Prenant mon portable entre les mains, je réfléchis un instant à l'appeler ou non, question de savoir pourquoi était-elle partie si tôt. Non, non, je ne savais pas à quelle heure elle s'est éclipsée, mais c'était sûrement avant que je ne m'éveille, donc voilà. Je devrais la remercier de n'avoir pas fait de bruit ce matin, sinon, je vous assure que je l'aurais étripé vif. En fin de compte, sous cette pensée joyeuse, je m'abstins de la déranger et me décida de sortir enfin pour aller en cours, le sac dans la main, le sandwich dans l'autre – oui, je mange deux fois le matin si j'ai le temps- me voilà sortie dans un couloir bondé d'étudiants en retard. La joie.

J'ai passé encore une bonne dizaine de minutes pour me frayer un chemin entre les derniers retardataires, tout cela accompagné d'un millier de jurons plus absurdes les uns aux autres. Bon sang, si ma mère m'aurait entendu, elle m'aurait mis sous clé à tout jamais en me lavant la bouche au savon trois fois par jour au moins... Non, non, je n'étais pas fière de ma façon de parler, mais comment voulez-vous vous adresser aux abrutis de Undai pour qu'ils ne vous défoncent pas dans le premier couloir dépourvu de professeurs ? Pas avec l'élocution douce et digne de la bourgeoisie en tout cas, ici il fallait être direct pour n'avoir pas à se voir démoli en moins de deux. Enfin peu importe, avec toute la délicatesse convenue je réussis à m’extirper du tas d'étudiants pour arriver devant la salle de classe que j'allais occuper pendant deux heures – une si je me fais trop chier. Une dernière inspiration et j'ouvris la porte discrètement pour aller à ma place, sachant que j'étais en retard et que le prof n'était qu'un enfoiré. Parlant du loup...

-Kurayami-san. Tu es en retard, quelle est ton excuse pour avoir dérangé mon cours ?

Noooon, sérieux ? Je suis en retard ? T'es sûr ? Bâtard. Un autre juron inaudible et me voilà devant le prof, les bras penauds et une mine contrariée. Ce qui suivit ? Eh bien, je lui ai tout simplement fait comprendre que la vie à Undai était plaine d'imprévus et que j'avais à faire ce matin, par ce fait me voilà en retard. Évidement, comme j'ai pu m'y attendre cela ne plut pas au professeur trop curieux qui essaya de tous ses moyens à trouver une raison de me coller. Non, je plaisante, les enseignants dans cette Académie donnaient des punitions à tort et à travers sans raisons et celui là ne fit pas l'exception. Il y juste ma réaction de refus qui en était une. Me voilà donc dehors après dix minutes en train de ruminer mes sombres pensées accompagnée d'une note du professeur que je devais donner... non pas à un surveillant, mais bel et bien à un membre du conseil car, soi-disant, les simples retenues ne me suffisent pas.

« Pour motif de retard, du mauvais comportement sous formes d'insultes envers ses supérieurs et une tenue non-conforme à l'uniforme de Undai, Kurayami Kaïla doit se présenter au Conseil pour une punition considérable par rapport à ses actions. Sachant que ce n'est pas la première fois que l'étudiante reçoit ce genre de remarque, la punition se doit d'être multipliée. Avec tous mes respects, XXX »

Ouais enfoiré, il ne m'a pas raté cette fois-là. Je pouvais tout aussi bien laisser tomber son bout de papier dans la première poubelle et sécher convenablement les cours, mais je ne pouvais pas. Pourquoi, pourtant j'étais une rebelle et rien ne me faisait peur, et certainement pas un prof ! Ouais, à la base c'était vrai, mais là, je n'avais pas le choix que de me diriger vers le Conseil avec un sentiment désagréable que j'allais me faire dégommer tout cru. Après tout, là-bas, ils avaient une sale réputation, encore pire que la Dead Master elle-même. Furieuse et mal à l'aise, je me dirigeais donc vers le Conseil d'un pas traînant. Parce que oui, l'enseignant qui, au passage ne m’appréciait pas des masses, me certifia qu'il allait vérifier si j'ai suivis ses directives, et si cela ne serait pas le cas, il me conduirait personnellement dans le bureau de la directrice de Undai, avec tous les motifs du monde nécessaire pour me faire expulser. Oui, le monde me serait tombé dessus à ce moment, je préférais encore me confronter à des gens tels que Yume ou Aria... ou... Meeeerde ! Il fallait que ce soit Yume ! Elle va encore me gueuler dessus sur mon horrible talent de m'attirer des ennuis à tout va. Bon sang !

Les couloirs étaient vides ou quasiment tandis que je descendais les étages en grimaçant à la seule confrontation qui m'attendait. Un soupir après l'autre, me voilà au rez-de-chaussée à prier que la présidente soit dans la salle consacrée à son boulot. Ouais, il y avait peu de chance qu'elle soit en cours, alors qu'elle ait la bonne réflexion de se trouver une occupation là où je voulais qu'elle soit. Parce franchement, je ne voulais pas tomber sur un autre membre de cette élite macabre. Une personne tierce m'aurait dit que je suis dérangée de vouloir courir dans les bras de la présidente du Conseil, la pire de tous, mais personnellement c'était cette même personne qui me rassurait le plus. Alors non, je ne suis pas masochiste, je sais juste ce qui est mieux pour moi. Soit ! Mes réflexions intenses prirent fin quand je vis une petite silhouette sombre sortir du bureau de la directrice d'un pas assez soutenu. Sans me poser plus de questions, je pressais le pas pour arriver à sa hauteur. C'est quand je voulus la héler pour qu'elle s'arrête, étant déjà arrivée au niveau du parc tellement qu'elle marchait vite, qu'elle se retourna vivement pour me saisir par la gorge avec assez de brutalité.

Une seconde pour que nos regards se croisent, deux secondes pour que je réalise, trois secondes pour que je m'énerve, et encore une de plus pour que je m'écrie d'un ton outré en gesticulant dans tous les sens.

-Oï ! Mais lâche-moi ! Lâche, j'ai dit ! Ça va pas la tête ?! C'est quoi ton problème ?!

Qui dit gesticuler, dit lui taper dessus avec mes mains libres pour, finalement, lui foutre mon sac en pleine tête jusqu'à ce qu'elle se décide à desserrer sa main. Ceci fait, je la fusillais de mes rubis avec colère, tout en mettant une distance prudente entre nous. La première impression de stupeur et d'incompréhension passée, je soupirais enfin et me détendis instantanément. Passant ma main dans mes cheveux d'un air un peu gêné, je m'excusais confuse de lui avoir tapé dessus et lui tendis le bout du papier sous le nez sans ajouter d'avantage. Je la laissais lire ce qui se trouvait dessus avant de faire ma tête de chien battu et, avec une petite voix digne de moi, je détournais la conversation d'une manière qui disait, non qui hurlait ce que j'attendais d'elle.

-Yume... Tu as bien dormis cette nuit ? Tu as mangé ? Tu veux bien m'aider pour cela ? Tu te sens bien ? Tu me le dois après m'avoir attaqué sans raison. Tu es occupée là ?

Oui, subtilité quand tu nous tiens. L'amitié quelle chose étrange, non ? Je la détaillais un instant des yeux avant de perdre toute mon expression timide pour froncer les sourcils et afficher un air froid. Oui, oui, vous savez bien que je change en moins d'une seconde ma façon de voir le monde.

-Yume, il t'est arrivé quoi ? C'est quoi tout ce sang ? Ne me dis pas que tu as encore tué quelqu'un.

Une voix sévère, une grimace désapprobatrice et me voilà à lui grogner dessus avec un air tout de même inquiet. Bon, il y avait juste ses vêtements qui étaient assez piteux, mais en elle-même, Yume avait l'air entière, alors cela allait. Ouais, ma chère colocataire était un vrai mystère, parfois je me demandais à quoi elle passait ses journées mouvementées... Mais juste parfois. Croisant les bras sous la poitrine, je ne la lâchais pas de sous le feu de mon regard.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 19 Nov - 13:12

L’horreur, c’était l’horreur ! Déjà que ma journée était pourrie, voilà qu’un abrutit me faisait chier de si bon matin, si matin … Oui, l’était bien 10h mais tout de même ! Et c’est en rivant mes yeux dans ceux de ce con que je restais penaude un instant sans pour autant lâcher prise. Un moment de réflexion, des sons exorbitants sortant d’une voix que je connaissais à présent par cœur et toujours aucune réaction de ma part. Peut être si je l’avais lâchée plus tôt cela m’aurait évité de me ramasser une baffe et finalement un sac … peut être dis-je bien.

-Oï ! Mais lâche-moi ! Lâche, j'ai dit ! Ça va pas la tête ?! C'est quoi ton problème ?!

Kaïla Kurayami, grande, brune, yeux rouges, chiante, squatteuse, amie, bouffonne. Voilà le spécimen qui m’avait écrasé son sac de cours sur la tête, spécimen qui était censé être en cours, qui d’ailleurs avait son sac (sac bien senti de toute sa lourdeur d’ailleurs) mais alors … qu’est-ce qu’elle faisait là ? Trois options me venaient à l’esprit : Elle faisait genre d’aller en cours pour finalement squatter son merveilleux temps libre en mode « école buissonnière », elle s’était faite virée du cours pour X & X raisons, ou alors … Alors elle était juste assez conne pour se trimbaler avec un cartable « pour faire genre ». Qu’importe les options, je sentais déjà la colère monter en moi, quand on y pense, moi qui était si pointilleuse sur les règles, je me retrouvais avec la personne les enfreignant le plus. Grâce, elle allait m’entendre, mais ce n’est sans compter sur ce qu’elle me sortit, de l’air penaud à celui de fâché, voilà que j’ornais à présent celui d’incompréhension. Cette fille, elle aura ma mort un jour ou l’autre !

-Yume... Tu as bien dormis cette nuit ? Tu as mangé ? Tu veux bien m'aider pour cela ? Tu te sens bien ? Tu me le dois après m'avoir attaqué sans raison. Tu es occupée là ?

Détournant presque la conversation en me demandant de signer un papier qu’elle me tendit, je ne prêtais pas attention à la suite de ses dires quand mon attention se riva sur les mots écrits sur le bout de papier qu’elle m’avait si gentiment tendu. « Pour motif de retard, du mauvais comportement sous formes d'insultes envers ses supérieurs et une tenue non-conforme à l'uniforme de Undai, Kurayami Kaïla doit se présenter au Conseil pour une punition considérable par rapport à ses actions. Sachant que ce n'est pas la première fois que l'étudiante reçoit ce genre de remarque, la punition se doit d'être multipliée. Avec tous mes respects, XXX ». Seigneur, j’allais la tuer, et bien plus que ça, j’allais la jeter dans la baie de Kyoto. Ce n’était pas possible, qu’avais-je donc fait pour finir avec une personne pareille dans mon entourage ? Moi qui tuais si facilement, pourquoi ne l’avais-je pas fait avec elle plus vite ?! Fronçant les sourcils, sans attendre d’excuses de sa part, j’étais déjà sur le qui-vive pour venir lui hurler aux oreilles que j’étais outrée de son comportement mais la suite de ses dires me stoppa net quand elle aborda un air inquiet tout en me demandant pourquoi j’étais dans un état si piteux.

-Yume, il t'est arrivé quoi ? C'est quoi tout ce sang ? Ne me dis pas que tu as encore tué quelqu'un.

Soupirant lourdement à ses questions, je me tapais la main sur le front avant de la fusiller du regard. Comment ça encore tuer quelqu’un ? Genre quoi, je passais mes journées à massacrer n’importe qui ? Et puis cette fois-ci ce n’était en rien ma faute ! Oui, c’était l’autre con qui voulait faire boum qui m’avait foutu dans cet état d’ébriété. Me regardant un court instant, je me décidais effectivement de changer mon look avant de finalement renoncer en me disant que cela ne servirait à rien puisque la journée ne faisait que commencer. D’un mouvement de la main, je vins attraper le poignet de Kurayami et de nous téléporter dans sa salle de classe, du moins là où elle était censée avoir cours et c’est en arrivant en trombe sur le bureau d’un étudiant, que je me réceptionnais avec la plus grande des aisances sur sa tête tout en laissant ma chère Kaïla atterrir comme bon lui semblait. Apparaissant donc ainsi devant toute une assemblée, je grimaçais avant de me diriger vers le prof, pas une seconde de plus et je lui attrapais la tête avant de l’enfoncer dans le mur adjacent à sa personne, tout en répondant aux précédentes questions de madame je viens me plaindre chez Yu-Chan :

- Non je n’ai pas bien dormi, non ça va pas puisqu’un crétin a voulu m’exploser en se décapitant et non je ne m’occuperai pas de ton papier ! Va chez Aria et demande lui et puis merde !

Une fois la tête en sang de son cher professeur, je me décidais enfin de le lâcher. Me retournant vers l’assemblée n’ayant pas pété un mot depuis notre arrivée, je les regardais en large avant de river mon regard dans celui de Kurayami et de lui dire de toute ma grâce :

- Tu restes là, tu suis ton cours et si il te fait chier, je l’aurai. J’ai pas que ça à faire, j’ai une réunion qui m’attend alors maintenant … stop.

Grognant de mécontentement, je me dirigeais vers la sortie tout en prenant soin de bien claquer la porte, une fois dehors, je me laissais glisser sur la rampe de l’escalier pour finalement arriver au rez-de-chaussée et d’un pas rapide me retrouver dans le bureau des élites de Undai. Dernière, c’est bien la première, la réunion pouvait enfin commencer. Moi qui comptais l’éviter, pas de bol, les amis sont là pour venir à votre rescousse non ? Connerie. Soupirant lourdement en prenant place, je ne pris pas la peine de saluer les gens avant de me saisir sans plus attendre du premier dossier se posant dans mes mains, et là … là fallait commencer. La suite se passa assez rapidement, tellement rapidement que je ne vis pas l’heure défiler, c’est seulement en arrivant sur le dossier de Kaïla que tout s’arrêta, se stoppant sur l’unique phrase d’un des membres disant clairement « Alors, alors ? Des nouvelles de cette relation mystique entre Kaïla et Naoko ? ». Un instant, un seul instant je ressentis de la jalousie à l’entente du mot relation, relation qui rimait avec intimité dans mes oreilles, mais ce sentiment fut vite chassé quand la personne continua à exposer son sujet, tellement bien que je me ramassais un journal dans les mains pour « que je comprenne mieux ».

Mes chers et tendre Undai’ens ! Voici le moment le plus palpitant de la semaine : Le Undai Gakuen Magazine et quoi de mieux que pour un gros titre « Kurayami vs Oshima » !

N’avez-vous jamais imaginé avoir une colocataire mignonne et raffinée ? Une petite fille qui n’a pas uniquement une gueule d’ange ? Mais oui ! C’est la vérité et selon nos sondages, Naoko compterait déjà dans ses actifs une bonne partie des filles de Undai ! Mais quant est-il de Kaïla ? Elle, sa locataire qui a démangé chez la grande Kuroi-Sama, se serait-elle laissée aller aux jeux ? La pédophilie n’a jamais été un sujet facile à aborder, mais quand on connaît l’endroit où nous sommes, plus rien ne nous étonnera ! Alors, Kaïla aurait-elle était le cobaye des pulsions sexuelles de la jeune enfant (sœur de Hibari-Sama) ? Et c’est sur des reportages de nos chers camarades que nous en saurons plus ;

- Punk Traversco : Si, si, j’ai vu la petite gamine là, Naoko et Kaïla assez souvent en de mauvais termes, peut être une dispute parce que la jeune fille couchait avec d’autres femmes, mais d’une autre part, n’y avait-il pas cette rumeur que Yume-Sama et Kurayami-San étaient ensembles ?!

- Moly MacDowel : Bah moi je dis, la Oshima elle est capable de tout quand elle veut quelque chose. J’ai une amie qui a subit « la gamine » parce qu’elle ne voulait pas « jouer » avec elle … Elle a beau être petite et adorée de beaucoup, mais je suis sur qu’elle serait capable de forcer d’une manière ou d’une autre quelqu’un … genre pour aboutir à ses fins …

- Logan Roucaille : Oshima c’est une petite peste, on dit pas trop sur elle parce que son frère c’est Hibari, mais en même temps … Je vois mal Kurayami-Sama coucher avec cette gamine, elle est pas comme ça. Kaïla-Sama a l’air d’être une fille avec des épaules solides, bien que ces temps-ci elle avait l’air frustrée … Je crois pas que Oshima aurait réussi quoi que ce soit sur elle ! Et puis si c’était le cas, ca … Bah j’en sais rien, elle serait déjà morte la gamine, sœur d’Hibari ou pas.


Et c’est après avoir feuilleté tout ça que la voix d’un autre membre résonna dans mes oreilles comme une vérité qui me glaça le sang. « Si tu ne lui avais pas dit de le faire, je suis sûre que ta sœur n’aurait pas sauté sur Kiwi ! Hibari, n’as-tu rien trouvé de mieux ? » Rien trouvé de mieux pour ? « Maaah, j’ai réglé le compte à la petite, avec ses grands-airs, ca aurait été effroyable qu’elle s’en prenne encore à Kaïla-Chou » Pardon ?! « N’importe quoi ! Si tu avais entendu la conversation qu’elle avait avec Sousei-Sensei ! Tu ne dirais plus ça pauvre crétine… » Quelle conversation ? Et là, là je crois que j’ai arrêté de respirer, arrêté de voir, arrêté de dire quoi que ce soit et même de bouger. Le monde avait arrêté de tourner, j’étais tétanisée parce que mon esprit créait devant mes yeux, j’étais surprise mais en même temps affolée parce que je secrétais dans ma tête … Non, c’était insensé, c’était impossible, elle n’aurait jamais ! Jamais !

Sans plus attendre, ce n’est pas la tête d’Hibari que j’attrapais mais plutôt la poignée de la porte du conseil et en moins d’une seconde c’est dans le bureau de Deady que j’arrivais. Pas le temps d’être essoufflée, je m’avançais avec tant d’assurance pour finalement m’arrêter à l’orée d’un de ses fameux sièges en cuir. Posant ma main sur le tissu, je regardais la femme qui me fixait de son regard si subtile toujours en souriant, me laissant peut être croire qu’elle savait déjà pourquoi, pourquoi j’étais là.

- Yume ne devrait pas s’emporter ainsi, elle le savait depuis un moment non ?

Une vérité que je me refusais, une vérité que je n’acceptais alors que les dires, les faits et tout se présentait dans mon esprit tellement clairement que je ne voulais pas, que je devais … mais que c’était inconcevable qu’on puisse lui faire ça. Quand, comment, pourquoi ? Quand, mon idée était déjà fondée dessus, c’était simple, la scène de ce jour se déroula sous mes yeux, la période la plus délicate, son arrivée en larmes et son changement. Pourquoi ? Seul le nom d’Hibari résonna dans ma tête, Naoko, cette saloperie de chienne qui écoutait son frère ? Le mobile, quoi de mieux pour me détruire que de détruire une des seules qui comptaient pour moi ? Pourquoi pas Ayame alors ? Parce qu’Ayame était Dead Master. Comment ? Je ne voulais même pas savoir. Serrant les dents, les poings et tout ce qui était possible de contracter dans mon corps, je tapais de mes poings le maudit fauteuil avant de le faire voler par dessus la tête de la directrice.

- Maaah, ne te fais pas de fausses idées, les enfants de nos jours ne sont plus ceux d’avant. Yume-Chan voudrait-elle un cadeau ?

Déconcertée, je ne me bougeais pas quand la directrice ce leva et m’invita d’un mouvement de la main à contourner son bureau pour prendre place à ses côtés. Sortant une quelconque cassette de son tiroir alors que j’étais déjà assise devant son écran d’ordinateur, elle lançait l’unique vérité et je m’arrêtais de respirer quand le bruit me parvint avant les images « Serait-ce votre première fois ? Moi qui m’attendais à ce que votre maîtresse vous aie déjà souillée, je m’en vois ravie d’être la première à goûter à ce corps si parfait … » … Pourquoi ? Je ne sais pas pourquoi je pleurais à cet instant, je ne savais pas si c’était parce que je voyais ou plutôt parce que j’arrivais à ressentir ce qu’avait subi mon amie. Les bras de Dead Master s’enroulèrent autour de mes épaules alors que les images continuaient à défiler devant moi, je ne comprenais pas. Pourquoi elle, pourquoi lui avait-elle fait ça ? Etais-je en train de faire un mauvais rêve ?! Non, je refusais ! Je refusais que cela se soit passé ! Je refusais que tout, tout … Elle avait été violée.

D’un mouvement aussi désinvolte que la tristesse qui perlait mes yeux, je me levais tout en m’extirpant de l’emprise d’Ayame, d’un mouvement de rage, j’envoyais bouler son bureau par la fenêtre tout en prenant soin de prendre à la volée la vidéo la plus compromettante de la vie de Kurayami. Etait-ce pour ça qu’elle était chez moi depuis tout ce temps ? Etait-ce pour cela qu’elle n’était plus la Kiwi chieuse et curieuse que je connaissais ? Pourquoi, pourquoi ne m’avait-elle rien dit ?! Et c’était trop. Trop pour que je l’accepte facilement, trop pour que je ne la fasse pas sortir, trop pour que j’en oublie ma douleur. Insane.

La haine, la douleur, la jalousie, la tristesse, l’impuissance. Un flux d’énergie, peut être plus que ça, le monde me traversait de toute part pour faire sortir de mon corps d’enfant la puissance d’un monstre, une robe de combat qui n’était pas mienne, une apparence que je ne connaissais pas et un cri surhumain. Des gestes destructeurs, des gestes que je ne contrôlais pas, une fureur que je ne connaissais pas, je voyais, je me voyais détruire, je me voyais me briser et je la voyais, elle qui me regardait de son éternel sourire, elle qui d’un mouvement m’immobilisa et me fit retrouver un état normal alors que la fureur de l’incompréhension me rongeait encore de toute part. Insane. Insane. Insane, qu’était-ce ?! Mais là n’était pas la question. Nue comme un vert, j’essayais de matérialiser ne serait-ce qu’un vêtement sans succès. La peur, l’énervement, des lèvres. Agrippant la femme qui m’accordait grâce en vue de mes pleures, je lui volais mon pouvoir, notre pouvoir et matérialisais cette fois-ci ma robe accompagnée de trois armes à chaque main, les yeux rouges et l’eau salée les inondant, je défonçais la porte du bureau de la directrice d’un coup de pied avant de m’engager dans le couloir à la recherche non pas de Kiwi mais d’Hibari. C’était lui, j’en étais sûre, il avait demandé ça à sa sœur, il lui avait demandé pour me faire du mal, il avait été trop loin et seul sa mort pourrait réparer cela. Et même, tous, ils devaient tous mourir pour assouvir ma vengeance et nettoyer l’honte de ma Kaïla. Hors de moi, je tranchais tout ce qui se dressait devant moi, rien à faire, qu’ils meurent, qu’ils meurent tous. Insane, non, ne sors pas. Ils étaient tous coupables, ils devaient mourir. Insane, je t’en supplie, laisse-moi. D’un cri de tristesse hurlant dans ma gorge je m’effondrais dans le hall d’entrée avant de taper de mon poing le sol pour finalement disparaître, disparaître ailleurs laissant sans doute l’incompréhension dans le regard des gens se trouvant là-bas. Réapparaissant à première vue dans un endroit que je connaissais, il me fallut quelques secondes pour comprendre qu’il s’agissait de ma chambre. Ma chambre, ce lieu, ce lieu qui était sa deuxième maison, l’unique sans crainte … Kaïla, pourquoi ?! Finalement j’avais eu raison depuis le début de cette journée, elle était pourrie et me changer n’aurait servit à rien en voyant le nouveau sang qui était apparu sur mes vêtements.

- Pourquoi … pourquoi ce silence Kaïla.

D’un mouvement abrupt, je lançais l’un de mes poignards sur la porte avant que celle-ci ne s’ouvre laissant devant moi une Kurayami fraiche comme si aucun malheur ne lui était tombé dessus. La première seconde je la regardais, la deuxième je plissais les yeux, la troisième je pleurais et la quatrième j’étais dans ses bras. La cassette tombant à terre, les yeux se rivant dessus, je détournais les yeux tout en enfonçant mon visage dans la poitrine de ma colocataire tout en laissant un « Pourquoi » traverser mes lèvres. Explique-moi, ne me le cache pas, Kaïla !

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mar 20 Nov - 22:13

Ai-je déjà précisé que Yume était une personne fort expressive en gestes et qui, le moment opportun, ne parlait presque pas pour répondre aux questions les plus simples ? Eh bien, je le dis maintenant, un cri d'agacement et me voilà propulsée dans une dimension connue, mais où je ne m'aventurais pas souvent au risque d'amputation de certains membres constituant mon corps. Tout de même habituée de ce genre de « sauts », j'atterris tranquillement sur mes deux pieds en plein milieu d'une salle, classe que j'ai quitté une bonne demi-heure plus tôt. Soupirant lourdement, je lançais un regard chargé d'incompréhension à ma chère camarade de chambre quand elle éclata la tête de mon professeur sur le bureau avec sa brutalité coutumière.

- Non je n’ai pas bien dormi, non ça va pas puisqu’un crétin a voulu m’exploser en se décapitant et non je ne m’occuperai pas de ton papier ! Va chez Aria et demande lui et puis merde !

Une grimace prononcée vint orner mon visage blême. Voilà qui était fait, Kuroi n'était vraiment, mais vraiment pas de bonne humeur aujourd'hui. Je laissais échapper un petit rire nerveux tout en détournant la tête, et en mon for intérieur, je remerciais les dieux de m'avoir sauvé de sa colère, même si c'était ce fichu enfoiré d'enseignant qui payait les frais. Et bien fait pour lui d'ailleurs, même si la situation était assez délicate dans cette classe remplie de Premières aux yeux exorbités. Aucune discrétion... aucune. Ma réputation allait encore être divaguée dans tous les sens après cette intervention des plus subtiles. Cela m'apprendre à aller demander de l'aide à Yume... Et mon papier dans tout ça ?!

- Tu restes là, tu suis ton cours et si il te fait chier, je l’aurai. J’ai pas que ça à faire, j’ai une réunion qui m’attend alors maintenant … stop.

Oui, chef ! Non, attends... Quoi ?! Mais je n'eus le temps de protester que la porte claqua et que ma camarade se volatilisa tel un spectre laissant les dégâts derrière. Merci Yume, merci... Je vais te tuer pour ton manque de subtilité ! Je me passais la main dans les cheveux et allai rejoindre ma place. Je préférais ne pas outrepasser les ordres d'une Yume en colère, autant rester ici quitte à supporter les regards noirs et distants du professeur, sans oublier ceux, stupéfaits et méfiants des autres étudiants. C'est après une dizaine de minutes que le cours a repris et que je commençais à m'énerver sérieusement sous les rumeurs disant que j'ai demandé exprès à Black Rock Shooter de venir défoncer l'enseignant, tout cela parce que je n'acceptais pas sa remarque. Conneries. Et en plus ce con au tableau qui n'arrête pas de me signaler visiblement que si il m'attrape quelque part, je vais perdre la tête. Magnifique. C'est sur cette ambiance que je me levais enfin en raclant la chaise juste avant que la sonnerie ne sonne, et attrapai un mec qui se trouvait non loin et qui a fait valoir sa voix un peu trop haut. Non mais sérieusement, Yume, tu m'apportes encore plus de problèmes avec ton impulsivité que tu me sors de mauvaises passes. Après l'avoir menacé, je sortis de la classe sans demander mon reste.

Dans les couloirs, j'hésitais un long instant de me diriger vers le Conseil pour régler ma note ou pour engueuler Yume, mais j'ai changé d'avis me disant qu'il valait mieux ne pas la déranger avec son humeur de chien. Décision prise après avoir pesé les pour et les contres, me voilà en chemin vers la cafétéria pour un petit casse-croûte. Un sandwich, une boisson, une table et le tour fut joué, mon estomac fut rempli et rassasié. Quoi de mieux après avoir bien mangé ? Il fallait bien se reposer... Mais j'avais cours. C'est d'un pas traînant que j'arrivais à mon cours d'anglais donné par une prof excentrique. Quelques phrases échangées avec des amis de la classe, quelques remarques de la prof pour bavardage et la sonnerie de délivrance retentit.

Après toute cette journée d'ennui, je m'intéressais un peu aux ragots m'entourant. Une oreille distraite tandis que je me dirigeais vers les dortoirs, j'entendis diverses rumeurs comme quoi des objets volaient du bureau de la directrice et qu'un fauteuil a failli tuer un groupe d'élèves de Seconde qui se trouvaient sur le passage de ce dernier. Je devais avouer que cela me fit tout autant rire que m'a surpris, après tout il y avait tant de choses qui se passaient ici, que je ne me posais plus la question du pourquoi du comment. Si la dirlo voulait balancer des chaises ou d'autres objets par sa fenêtre pour se divertir, elle le faisait. Folle, oui elle était folle et pour cela il n'y avait rien à faire. Personnellement, j'avais une autre préoccupation sur le plateau : Mon mot. Oui parce que ma chère Black Rock Shooter s'est bien arrangée de me mettre au premier plan mais n'a toujours pas signé ce fichu mot qui me vaudra quelques heures en mauvaise compagnie. Que faire ? Aller voir Aria ? Naaaan ! Bon, j'ai encore l'après-midi pour y penser, au pire demain je vais prendre mon courage à deux mains et aller voir ce fameux Conseil. Paix à mon âme.

C'est sur ces pensées que je me retrouvais dans les dortoirs longeant les murs pour m'arrêter un instant devant la porte de mon ancienne chambre... Celle qui devait être un théâtre de différents passages depuis qu'une certaine gamine s'y est installée. Une petite enflure que personne n'a vue depuis un instant pour cause d'accident. Une grimace se peint sur mon visage avant que je ne secoue la tête pour poursuivre mon chemin vers ma chambre. Enfin, notre chambre, à Yume et moi. Mon sac se balançant d'avant en arrière, c'est d'un pas rapide que j'arrivais vers ma destination avec un sentiment de malaise qui s'éveilla au fond de moi, je ne sais pour quelle raison. Quand je voulus ouvrir la porte, une légère pression m'arrêta dans mon mouvement. Fronçant les sourcils, j'envisageais déjà un million de possibilités quant à cela, dont une totalement chiante. Oui, nous laissions la porte ouverte, donc n'importe qui pouvait rentrer en notre absence, chose qui arrivait souvent pour je ne sais quelle raison. Je me préparais mentalement à chasser un quelconque importun. Mais quelle ne fut ma surprise quand je découvris un poignard fichu dans la porte et une Yume à terre entourée de diverses armes avec ses vêtements en lambeaux.

Je n'eus pas le temps de m'inquiéter ou de lui demander quoi que ce soit, que je me retrouvais avec un poids m'étant tombé dans les bras. Je grimaçais sous ce contact trop proche et voulus repousser ma chère amie en larmes, mais je m'arrêtais net quand un bruit sourd me parvint aux oreilles. Je baissais la tête en même temps que Yume et je restais fixée sur l'objet, qui s'avéra être une cassette, tandis qu'une tête vint me harceler comme si j'étais un coussin. Pour tout dire, je ne fis rien, je ne la repoussais pas car mon cerveau était occupé à réfléchir, tellement intensément que les lamentations de Yume s'éloignèrent dans le lointain... Une cassette... Une Yume dévastée... Une cassette... Cassette... Ca... Cette vidéo. Je ne sais pas pourquoi, mais j'étais certaine qu'il s'agissait de cela. Impossible... Impossible ! Comment ? Yume ne pouvait pas être en sa possession, seule Naoko savait tout de cela, elle et son frère, elle m'a juré de ne la montrer à personne... L'aurait-elle fait à cause de la dernière scène qui s'était passée entre nous ? Non... Non... Et Yume... Un tremblement intense me saisit avec force tandis que, sans que je le veuille, ma robe de combat se matérialisa et mon œil droit s’enflamma de rouge. Entre incompréhension, fureur et honte, je ne savais pas où donner de la tête.

D'un geste brusque, je repoussais Yume et matérialisai ma Silver Sword dentée que je plantais brusquement dans la cassette au sol, détruisant cette vidéo de la honte. Furieuse, incontrôlable comme jamais, je fis siffler mon épée dans les airs pour la planter sous le menton de ma colocataire. Je ne savais plus ce que je faisais, seule mes pulsions parlaient pour moi tandis qu'un torrent de larmes coulait de mes yeux le long de mes joues.

-Tu... Où... Où... OU ? L'as-tu eu ?!

Je serrai mes dents tandis que mes mains étaient incrustées dans le manche de ma lame avec fureur. Lame qui tremblait tandis que j'avançais en poussant Yume de sa pointe. Et d'un coup, en plongeant mon regard rouge dans le sien, bleu azure, je réalisais l'horreur. Pourquoi était-elle dans cet état d'abord ? Si elle l'était, ce qu'elle l'a vu... Et les rumeurs du bureau de la directrice pouvaient bien être causés par Yume... Non. Pendant que toutes ces pensées se chamboulaient dans mon esprit bouleversé, ma robe de combat disparu sans que je ne comprenne, pour se re-matérialiser une seconde ensuite, pour de nouveau disparaître et que je m'effondre au sol, cachant mon visage entre mes mains. Je ne contrôlais plus rien, j'étais trop furieuse, trop honteuse, trop perdue. Toute cette histoire aurait dû rester dans le secret, personne n'aurait dû être au courant et certainement pas Yume. Alors pourquoi ?!

-Tu l'as vu, n'est-ce pas ? Tu dois me trouver repoussante... Non ?!

Je relevais ma tête, misérable comme jamais, et en croisant à nouveau le regard de ma colocataire, j'éclatais de rire. D'un rire fou et dénué de joie. J'avais envie de tout détruire, de disparaître pour ne plus devoir supporter ces yeux bleus. Mais je n'arrivais plus à rien, j'étais tellement déboussolée que je n'arrivais même plus à matérialiser quoi que ce soit. Quelle tristesse, comment pouvais-je être aussi nulle. Et je m'effondrais à nouveau par terre en larmes, me noyant dans les sanglots, ne voulant plus rien que de me terrer quelque part. Je ne devrais pas exprimer toute cette colère à son égard, mais... Mais elle l'a vu ! J'en étais sûre... En désespoir de cause, je me relevais et me jetais les poings les premiers sur elle. Yume, ne me regarde pas, ne me regarde pas avec ces yeux ! Tapant de mes poings serrés, je ne saurais dire si j'y mettais de la force ou alors si j'essayais de me persuader d'y en mettre sous toute l'humiliation que je ressentais. La tête baissée pour ne pas croiser son regard, je continuais ainsi. Oshima, enfoirée, tu as tout brisé. Et là quand je croyais que j'arriverais à m'en sortir, tu as tout dévoilé à ma seule amie ! Amie qui, je suis certaine, me méprise à présent. Je haïssais cette gamine, j'allais la tuer ! Mais quelle importance à présent ? Aucune, je pouvais aller me pendre, humiliée comme jamais. Pleurant à chaudes larmes, je grimaçais en même temps sous la colère et honte. Ne me regarde pas !

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mar 20 Nov - 23:19

Le monde se détruisait sous mes pieds, mes gestes se mobilisèrent alors qu’elle essayait de se défaire de mon enlacement avant de s’arrêter, plongeant ses pupilles rougeâtres sur la cassette. Le monde tombait, tout devait s'être envolé en poussière dans son être, un cœur criant l’injustice et un cerveau rappelant la douleur. J’aurais pu me taire, j’aurais pu fermer les yeux, j’aurais dû ne pas regarder. Mais, mais je ne pouvais pas, elle était trop importante pour moi pour que je passe à côté de ça. Je voulais savoir tout sur elle, allant jusqu’à mémoriser avec aisance ses habitudes et ses réactions. Oui, mon unique amie avait vécu un passé que j’aurais voulu moi-même bannir à tout jamais de mon esprit. Un jouet sexuel pour des personnes tierces, ne comprenant pas que ceux qui subissent se voient anéantir … Peut-on encore se regarder dans un miroir après une telle agression ? Non. J’aurais pu croire que ce n’était pas une agression, qu’elle l’avait faite de son plein gré, j’aurais pu me dire qu’elle était encore saoule ce jour là et qu’elle s’était laissée aller à l’amour brutal. Mais non, Kaïla n’était pas comme ça, je le savais et je connaissais autant que je respectais ses principes. Oui, mais alors …

Jamais. Et c’est en me réceptionnant avec aisance quand elle me repoussa que je fis trois pas en arrière tout en titubant, voyant la scène se dessiner sous mes yeux. Cela me rappelait ce jour, ce jour que j’associais avec aisance à sa folie, les pleurs, la douleur, la folie, les rires pour finalement se retrouver désarçonnée. « -Tu... Où... Où... OÙ ? L'as-tu eu ?! » Que pouvais-je y répondre ? Chez Dead Master après avoir entendu des ragots à tes sujets ? Et rien que pour concrétiser mes dires, ma chère Ayame m’a glissé cette chose entre les mains ? Et bien oui, ca s’était aussi simple que ça trop simple pour que je ne me doute pas que Dead Master l’eut fait exprès. Et puis, pourquoi l’avait-elle ? La question concernant le fait de si elle l’avait visionné oui ou non ne se posait pas, elle avait eut l’air si sure d’elle en me le tendant que … C’est horrible, immonde. Serait-ce elle la fautive ? Je connaissais sa haine pour Kaïla, mais je savais tout autant que si elle voulait la faire souffrir de la sorte, elle se serait donné un plaisir malsain à le faire de ses propres mains. Ayame, pourquoi es-tu toi aussi mêlée à tout cela ?! Ma tête me hurlait diverses explications aussi insensées les unes que les autres, mais rien, rien n’avait l’air assez plausible pour que je m’y fie, c’était la discorde et Kaïla devenait complètement folle, que ce soit en riant telle une psychopathe pour finalement écraser la cassette de son arme …

Une arme magnifique qui essayait de briser un cauchemar sur cassette, ce n’était qu’un geste pour montrer sa fureur en vue de cette scène, mais pouvions nous croire que nous étions les seules en avoir une copie ? Hibari n’était pas idiot, il aurait été capable d’en faire des centaines … Cet enfoiré, il allait périr. Je ne lui laisserai aucunes chances de s’expliquer et de demander le pardon, son pardon. Le tuer, il fallait sa mort pour apaiser ma haine, la douleur qu’il avait fait subir à Kurayami ne serait même pas effaçable avec son sang. Toute sa lignée, tous les Oshima-Ishinose devaient clamecer avec lui. Et encore … Ce n’était qu’une rêve que je ne serai sure d’accomplir, tuer pour Kaïla. Non, elle le fera elle-même et quitte à enfreindre mon règlement, je ne le ferai, pour sa personne. Kaïla, excuse moi.

-Tu l'as vu, n'est-ce pas ? Tu dois me trouver repoussante... Non ?!

Je n’eus vraiment le temps de lui répondre avec outrance à ses dires qu’elle m’avait déjà foncée dessus, me heurtant de ses poings, j’usais mes bras pour me défendre alors que la douleur aussi mince se ressentait sur mes bras. Ce n’était pas les coups qui me faisaient mal, c’était plutôt ce qu’elle pouvait ressentir à ce moment même, pourquoi, pourquoi lui avait-on fait ça ?! Était-ce de ma faute ? Était-ce parce que nous étions trop proches qu’elle était devenue la cible de tout ce monde ? Tous ces gens qui me haïssaient tant, s’en prenaient-ils à mon élève à la place de s’attaquer à ma personne trop puissante pour ces vermines ? Le monde … il était laid et les fleurs qui germaient dans son jardin, étaient tous aussi moches que lui. La terre avait engendrée des immondices qui polluaient mon espace vital et celui des gens qui pouvaient m’être chers. Détruire, je devais les détruire pour mon bien-être et pour son bien-être. Encore une rêverie que je ne saurais faire aboutir, une envie marquant mon anéantissement face à cette vérité.

Je ne sais pas combien de temps je me suis laissée taper, je ne sais pas combien de temps il a fallut pour que je la bascule sur le côté pour finalement me mettre en position de force et prendre son visage entre mes mains. Je ne sais pas combien de temps je suis restée assise sur elle en attendant qu’elle se calme, en attendant qu’elle continue de me balancer des coups sans que je ne prenne la peine de me défendre où de les éviter, peut être aurais-je dû le faire avant que ma lèvre ne saigne, que la douleur de ses ongles sur mes bras ne vienne me tirailler la peau, peut être. Mais je ne pouvais pas la retenir de faire ça, je ne pouvais qu’attendre et en tant qu’amie, j’étais prête à tout supporter avec elle et pour elle. Une fois les gestes stoppés à cause de la fatigue peut être, je vins premièrement remettre ses mèches en place avant d’essuyer de mes fins doigts froids les larmes qui ruisselaient de son visage. Un geste doux suivit de paroles que j’essayais d’être rassurante. Je ne peux pas dire que j’ai réussi, j’avais du mal à dire des choses réconfortantes et mon malaise en vue des mots tordus que j’utilisais se faisait sentir avec aisance, mais je ne renonçais pas, loin de là.

Après mille et un mot frôlant la débilité, je me relevais enfin pour me diriger vers notre garde-robe, en sortir des bagages et balancer à l’arrache nos fringues dedans. Oui, il fallait que nous partions d’ici un moment, il nous fallait un endroit en dehors de Undai pour qu’on se retrouve et même qu’elle se retrouve. Comment avait-elle fait la première fois ? Je voyais son malaise mais je ne l’avais pas compris, j’avais été là mais pas assez, c’était passé … Ce moment s’était étouffé dans l’action de nos journées. Et pourtant, il ne fallut qu’un instant pour que je bouleverse tout avec cet unique boîtier m’ayant montré mille et une choses intimes de ma partenaire. Excuse-moi.

- Je ne voulais pas, je n’ai pas choisi. C’est arrivé, je … tu ne me dégoûtes pas, tu as assez déjà avec toi pour te dégoûter. Je comprends ta honte, ta gêne alors … alors partons ! Ensemble, un moment … loin de Undai, loin de cet endroit … Un peu. Kaïla, partons d’ici … viendras-tu avec moi ? Kaïla …

M’approchant d’elle avec les sacs déjà fait, je lui tendis une main en essayant d’y mettre un fin sourire, sourire tellement petit que je ne sentis pas mes lèvres s’étirer … Dieu qu’est-ce que je pouvais être pénible parfois.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mer 21 Nov - 1:15

D'un instant à l'autre mes mouvements devinrent de plus en plus lents, de moins en moins puissants. Mes poings se desserraient, mon souffle se fit court, saccadé par des sanglots incessants que je ne savais arrêter. Je sentais mes mains se fracasser avec colère contre le corps de Yume sans vraiment faire attention à où je tapais. Je voulais, à maintes reprise me stopper dans cette folie passagère, mais rien à y faire, je lui en voulais à elle aussi d'avoir remis sur le tapis ce malheur et surtout, d'avoir vu ce que je ne voulais pas qu'elle voit. Comment, comment devais-je la regarder à présent, l'amie qui devait me mépriser à présent ? Cela m'était impossible, j'étais humiliée. Au fur et à mesure que les minutes passaient, ma colocataire se décida enfin à réagir à ma pulsion meurtrière en m'immobilisant... en quelque sorte. Je ne saurais pas dire avec exactitude, mais le fait de me retrouver dans une position de faiblesse me fit remonter de mauvais souvenirs et mes gestes brutaux devinrent encore plus prononcés tandis que je me débattais. Tellement que j'en eus mal aux poings de l'avoir rué des coups, tout cela avec une seule pensée dans la tête contre son toucher. Mes coups pleuvaient comme des fines gouttes d'eau jusqu'à ce que la fatigue me prenne en cible, évacuant par la même occasion mon mal et ma fureur. Pour finir, je restais penaude tandis que Yume essuyait tant bien que mal mes larmes misérables sans que je ne la regarde, la laissant me toucher sous l'impuissance et écoutant son charabia qui, si je n'étais pas dans un tel état, me ferait certainement rire.

Quoi qu'il puisse arriver, après tout cela je me retrouvais étendue au sol les yeux vides rivés sur le plafond tandis que Yume s'affairait à faire je ne sais quoi. Elle devait être en train de faire le ménage se débarrassant de toutes mes affaires. Après tout, cela devait être trop chiant pour elle de s'encombrer de quelqu'un avec une réputation aussi déplaisante. Je ne lui en voulais pas, je comprenais... Alors pourquoi ces fichues larmes qui perlaient à nouveau dans mes yeux ? Peu importe. Je me redressais légèrement en position assise, libre, mais en même temps piégée comme jamais. Je ne savais pas où me mettre et encore moins quoi faire. Maintenant qu'elle savait, tout le monde devait être au courant, non ? Je ne pourrais plus me promener dans les couloirs, je devais à tout prix disparaître quitte à tomber sous un train. Oui, ce serait le plus simple, comme cela tous mes malheurs se seraient terminés. Mais en faisant cela, je donnerai trop de satisfaction à Naoko... Seul son nom me dégoûtait. Je ne pouvais même pas y penser que tout mon être criait le désastre qu'elle a provoqué dans ma vie. Je me sentais si horriblement pitoyable. C'était ridicule, une gamine pré-pubère qui... Arg, je ne pouvais même pas le dire tellement c'était humiliant.

-Je ne voulais pas, je n’ai pas choisi. C’est arrivé, je … tu ne me dégoûtes pas, tu as assez déjà avec toi pour te dégoûter. Je comprends ta honte, ta gêne alors … alors partons ! Ensemble, un moment … loin de Undai, loin de cet endroit … Un peu. Kaïla, partons d’ici … viendras-tu avec moi ? Kaïla …

Pâle comme la mort, je relevais la tête pour la regarder quelque part au-dessus de son épaule, surtout pour ne pas croiser ses yeux bleus. Je ne voulais pas voir quelque chose que je ne supporterai pas dans son regard, alors autant que j'évite toute confrontation. Ses paroles heurtèrent mon esprit comme un camion fonçant à toute vitesse dans un mur. Dégoûter... Oui, je l'étais, je me trouvais tellement misérable qu'il n'y avait même pas de mots pour le décrire. J'ai cru que j'ai fini avec cela, que ça m'est plus ou moins passé et que je pouvais faire comme si de rien était. Mais cela ne s'oublie pas aussi facilement, et là, j'en avais la preuve. Je ne la croyais pas quand elle m'affirmait que cela ne lui faisait rien, qu'elle me voyait toujours comme avant, sans visage n'exprimait rien que la froideur. Après tout elle devait trouver cela complètement débile, elle devait se dire que j'étais vraiment inutilement pitoyable pour me laisser tomber dans un piège d'enfant... Elle... Oui, certainement. Alors pourquoi elle me tendait sa main ? Ne devrait-elle pas fuir tout contact avec une chose sale telle que moi ? Elle devrait ! Je baissais les yeux, accrochant par la même occasion quelques images qui se présentaient à moi.

Soupirant lourdement comme pour extraire toutes ces émotions de mon corps, je n'osais pas me saisir de sa main, préférant me relever par mes propres moyens. Debout devant elle, je détournais le regard un instant. Un instant avant de redevenir carrément pitoyable et de fondre en larmes tout en me jetant dans ses bras. Je me fichais qu'elle me trouve horriblement repoussante, j'avais besoin de sa présence réconfortante. Jamais je ne pourrai admettre qu'elle m’ait vu dans une position tellement délicate sur cette maudite vidéo, jamais je n'arriverai plus à la regarder dans les yeux sans imaginer le dégoût dans son regard, mais un instant... Je voulais juste un moment de calme serin pour pleurer mes malheurs.

-Désolée, je suis tellement désolée. Je ne voulais pas te faire du mal... tout ça, pardon... Tu dois me mépriser maintenant... Je suis tellement désolée.

Je me reculais d'elle en fixant mon regard sur les sacs qu'elle a préparé. J'ai vu les blessures que je lui ai occasionnées et j'étais en colère, en colère contre moi-même pour cela, mais aussi dans l'incompréhension. Pourquoi ne s'était-elle pas défendue ? Cette question ne se posait même pas, j'étais fautive sur ce point, jamais, ô grand jamais je n'aurais dû lever la main sur ma seule vraie amie, et pourtant je l'ai fait. Je méritais la mort, ici et maintenant. Et ces sacs, où voulait-elle que nous partions ? Quelque part loin d'ici. Je ne voulais que cela. Mais qui dit partir, dit laisser Undai. Yume ne pouvait pas se le permettre... Sauf si elle me trouvait tellement dérangeante à cet endroit qu'elle voulait se débarrasser de moi personnellement. Mais alors, elle pourrait tout simplement me tuer et ce serait tout aussi bien. Alors pourquoi se donner la peine de m'éloigner d'ici ? Peut-être que mon sang impur serait une honte s'il se ferait déverser dans ce lieu. Je ne valais même pas autant.

-Oui... D'accord. Après tout, je ne vaux pas mieux. Allons-nous en et finissons en.

Ma voix n'était qu'un murmure tandis que je réprimais mes tremblements du mieux que je pouvais. Oui, c'était terminé. Je n'allais pas avoir ma vengeance mais peu importe. Je voulais terminer tout cela, je n'en pouvais plus. C'était totalement destructeur et là je venais d'atteindre le dernier stade, celui du désespoir qui ne laissait pas la place à la reconstruction, juste la mort pouvait s'y loger. Alors autant que ce soit de la main de Yume... Avais-je juste encore le droit de l'appeler ainsi ? Ne trouverait-elle pas horrible qu'un déchet de ma trempe lui adresse la parole ? Yume... Celle qui s'est procuré la vision de ces choses... D'ailleurs, je ne savais toujours pas comment... Mais peu importe, tout cela n'a aucune importance quand on est mort, n'est-ce pas ?

- Mais avant... Je veux savoir comment, comment tu as découverts cela.

Une question innocente tandis que j'osais enfin relever la tête pour plonger mon regard rubis dans le sien. J'ai dit précédemment que cela m'importait peu, mais je devais savoir. Le seul problème c'était que je sentais que si elle me disait quoi, je ne saurais m'en remettre. Une vérité qui me tuerait encore pire que la mort elle-même. Alors Yume, comment et qui ? Dans quelles circonstances ? Pourquoi partir de Undai si ce n'était pas pour me tuer ? Dis le moi. Non, ne me le dis pas. Si, éclaire-moi mais tue-moi juste après pour alléger ma peine.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mer 21 Nov - 2:21

Partir était la meilleure des solutions, je ne savais pas encore où je comptais aller précisément avec Kurayami, mais tout endroit sera bon si nous étions loin de Undai ne serait-ce qu’un instant. Peut être aller vers Tokyo … la vie de la nuit pourrait nous changer les idées jusqu’à ce que tout malheur se noie dans l’alcool. Bien que cette idée pouvait être tentante, je me voyais mal me saouler ainsi … Oui, cela n’était pas moi. J’opterai peut être plus pour un endroit calme, peut être le Mont Fuji … Bien que cela soit loin, ça en valait la peine, la tranquillité des lieux, le paysage et la sérénité des temples se trouvant aux abords … Ou encore la forêt, un endroit désert d’humains, où nulle personne (à part Ayame) ne saurait nous localiser. La forêt ou le Mont Fuji, je laisserai le choix à Kaïla quand nous nous mettrons en route. Mais tout de même … je n’hésiterai pas à lui conseiller ce lieu, en plus qu’il était magnifique et reposant, j’avais un habitat à proximité, un habita était un grand mot … Je vous laisserai découvrir cela une fois sur place.

Bien que nous n’y étions pas encore, mon esprit traçait déjà le chemin que je devrai emprunter, sachant que je n’y étais allée qu’une seule fois en compagnie d’Ayame, les lieux m’étaient trop peu familiers pour que je puisse m’y téléporter de la sorte. Cela signifiait beaucoup, un long chemin jusque là bas … Prendre l’avion jusque Tokyo et de là espérer que j’entrevois la montagne ? Insensé. Autant s’y rendre en voiture et marcher jusqu’au sommet, cela reviendrait au même. Gardant la main tendue, je rabaissais mon geste en voyant Kaïla refuser mon geste, ne mettant nul réflexion sur son refus, je baissais les yeux un court instant. C’était difficile, même pour moi, bien que mon esprit vaguait de gauche à droite, l’atmosphère était oppressante dans cette chambre à présent, et ce ne fut pas que l’air qui l’était, ce fut également une chose une fois debout qui fixait je ne sais quoi, qui fini par me sauter « dans les bras » même si je dirai plus, « dessus » pour venir pleurer sur mon épaule. Imaginez la scène ! Debout - regarde ailleurs - cours - pleur. Les humains sont des créatures étranges, tellement étranges que je m’étais prise d’affection pour l’une d’entre elles. Resserrant mes bras autour de ses hanches, je la laissais déverser son chagrin sur mes vêtements déjà dans un piteux état tout en mettant ma tête contre la sienne. Fermant les yeux en lui accordant ce geste amical, je ne bougeais pas. Encore. Rester ainsi, se faire taper dessus, se faire crier dessus … Ce n’était pas moi, mais pourtant, avec Kurayami, cela ne me dérangeait pas, pas quand elle était dans cet état là. Il allait de soi qu’en temps normal, un coup de sa part valait à trois de la mienne et ainsi de suite … Mais là, c’était pas comme d’habitude, loin de là d’ailleurs !

-Désolée, je suis tellement désolée. Je ne voulais pas te faire du mal... tout ça, pardon... Tu dois me mépriser maintenant... Je suis tellement désolée.

Je ne lui en voulais pas, loin de là, la douleur était tellement superficielle pour moi que cela était devenu anodin de souffrir. La vraie douleur que j’eus ressentie et qui n’était en rien de sa faute avait été de la voir dans cet état désastreux, un état que je vivais jour pour jour lors de mon enfance, une vie que je me serais privée de lui montrer également. Mais là, là elle comprenait cette souffrance, ce désarroi, l’attende que quelqu’un vienne vous sortir de ce merdier en comprenant que seul vous n’êtes rien … Cette personne qui de mon côté a été la plus magnifique, la plus gentille des salopes psychopathes, mais une salope que je continue à aimer pour m’avoir sauvée. J’avais tout de même eu de la chance dans mon malheur contrairement à Kaïla, moi, je n’avais qu’une dizaine d’années et encore … C’était fou, fou à un point tel qu’une enfant ne pouvait saisir tout ce qu’il se passait et peut être heureusement. Je n’étais pas emprise d’un tas de sentiments que l’on peut éprouver quand nous devenons plus grand, non, moi c’était les sentiments qu’éprouvaient un enfant en devenant l’objet d’un maître horriblement terrifiant.

Lui accordant un fin sourire, je lui fis un signe négatif de la tête afin de lui signaler que je ne lui en voulais pas du tout. Mais ce qui me laissait le plus sur ma fin fut sans doute la suite de ses paroles. Entre son « je ne vaux pas mieux. » et « Allons-nous en et finissons en. », je ne sus saisir l’intérieur de sa pensée à cet instant là. Croyait-elle que si j’avais quémandé un départ si étrange, c’était pour alléger ses peines en la tuant ? Malheureusement pour elle, si c’était la mort qu’elle attendait de moi, elle pouvait toujours courir. Du moins pour ce genre de raison, je ne nie pas qu’un jour peut être elle sera victime de ma fureur, oui, mais ce jour est encore loin, tellement loin qu’y penser est futile. Laissant un petit rire traverser mes lèvres en vue de ma pensée, je retrouvais mon sérieux assez rapidement quand les yeux de Kaïla vinrent se fixer dans les miens. Restant un instant penaude alors qu’elle avait évité de me regarder dans les yeux durant tout ce temps, je soutenais son regard avant qu’elle me demande clairement qui, pourquoi et comment.

- Mais avant... Je veux savoir comment, comment tu as découverts cela.

Un léger soupir traversa mes lèvres alors que je frottais ma tête tout en montrant bien que cette information était inutile à présent, je lui devais tout de même cela mais d’un autre côté … Je ne voulais pas le lui dire. Pourquoi ? Je ne saurais l’expliquer, mais j’avais l’impression que si la vérité éclatait encore plus, je risquerai de la détruire encore plus elle aussi. C’est comme allumer une allumette, on la regarde brûler le bois tout en la tenant en se disant « Jusque là, elle me brûlera pas » pour finalement continuer à se répéter ça, encore et encore jusqu’à ce qu’on se brûle. Et dire que c’est de Dead Master que je tire la vidéo, Kaïla serait l’allumette et moi la flamme qui la consume. Ignoble.

Tournant les talons pour hisser sur mon épaule un sac en bandoulière, j’empoignais la valise à roulette avant de m’arrêter devant Kaïla et de lui faire signe de la tête de partir. Mais avant toute chose, je devais changer mon apparence, si je comptais traverser le Japon, il allait de soi que je ne pouvais garder celle d’une enfant de quinze ans au volant d’une voiture. Revêtant donc mon apparence réelle, je matérialisais sur moi un petit ensemble assez simple composé d’un jeans slim, d’un petit débardeur bleu ciel ornant mon éternel étoile et des talons se rapprochant plus d’un bleu marin que d’un noir. Prête à faire cela, je glissais un « Je t’expliquerai une fois en chemin » pour finalement emprunter les couloirs du dortoir où seul le bruit de mes talons et les roulettes de valises heurtaient le silence instauré dans ce lieu. Dire qu’il était étrange de me voir m’habiller avec tant de féminité … Mais bon, quand vous passez d’un 70 A à un 90 B il y a de quoi changer de look non ? Bah pour moi si.

Une fois dehors et dirigée vers le parking, je matérialisais des clefs de voiture et me dirigeais vers l’une de celles qui me plaisait, prenant le fauteuil du conducteur après avoir lâché les bagages dans le coffre, j’attendis que Kaïla prenne place à mes côtés pour que je ne fasse vrombir le moteur.

- Ayame, c’est chez elle que j’ai récupéré la vidéo. Si je me suis précipitée dans son bureau c’est à cause du conseil, suite à ton nom apparaissant sur l’un des dossiers des troubles-faits, les dires des autres membres m’ont glacé le sang. Ce n’était que par assurance de leurs dires que j’ai été trouver Deady … La suite, il n’y a pas besoin de remuer cela.

Enfourchant le premier virage sans prendre soin de regarder le compteur, je quittais déjà Undai alors que ma jeune coéquipière restait silencieuse. Attrapant mon cellulaire, je composais à la va-vite le numéro d’Ayame pour la prévenir de mon départ. Contrairement à ce que j’aurais pu m’attendre, hormis un « Bon voyage, ramène moi un souvenir ~ » et un « Pas de soucis, reviens tout au plus dans trois jours mon ange ~ », elle ne me dit rien de plus pour retenir mon départ. Elle s’en doutait, cela allait de soi … Dead Master savait tout. Trop même à mon goût.

- Tu ne me dégoûtes pas Kaïla, et je ne sais te le dire qu’en Japonais, contente-toi de ça.

Continuant à appuyer sur l’accélérateur, je glissais entre les rues du centre de Kyoto avant de prendre l’autoroute. Matérialisant un semblant de GPS, je donnais tout de même une carte à Kaïla sur notre destination. Comptant qu’il fallait cinq heures de route, je me demandais si il serait préférable de le faire en une traite ou non. Il ne faisait pas forcement tard, il n’était que quinze heures tout au plus, cela nous laissait le temps avant que la nuit tombe … mais en comptant qu’il nous faudra également marcher dans les sentiers de la montagne, cela risquait d’être une épreuve difficile … Matérialisation, matérialisation … certes, mais tout de même.

- Ca te tente, ou je revois mon itinéraire ? Un bel endroit pour mourir non ?

Un léger sourire narquois avant de doubler quelques voitures dérangeants mon accélération. Mourir, c’était un grand mot, je ne comptais pas l’étriper dans un chalet non plus.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Ven 23 Nov - 1:07

Reniflant légèrement, je suivis des yeux une Yume tolérante mais qui ne voulait pas répondre à ma curiosité. Je ne saurais dire si c'était parce qu'elle savait que mon vouloir était destructeur pour ma personne ou non, mais je n'insistais pas pour le moment. J'allais lui exiger des explications avant qu'elle ne me tue. Enfin, je ne voulais pas mourir complètement désarçonnée, déjà que je n'arrivais pas à déterminer ce que ma colocataire pensait de moi, me rendait assez nerveuse sur les bords. Quoi qu'il en soit, je la suivis dehors après qu'elle change son apparence et qu'elle sorte avec les deux sacs. Dans les couloirs, nous ne croisions quasiment personne, chose qui m'arrangeait surtout qu'à présent, j'étais susceptible sur tous les points. Parce que si Yume savait, tout le monde le savait non ? J’espérais que non, je ne voulais plus revivre ce cauchemar, cette peur du regard d'autrui, cette impression pesante de moquerie sur mon dos. Que d'y repenser me donnait des frissons, j'en eus des larmes aux yeux. Tête baissée, n'osant pas croiser les yeux de quelqu'un, je suivais les pas de Yume assez rapidement pour ne pas me voir distancée par ses enjambées. Ma compagne du jour était comme un cocon de protection à mes yeux, une havre de paix assez spéciale où je n'avais rien à craindre... C'est ce que je croyais, mais là, je marchais vers la mort avec cette même amie qui m’apaisait tant.

Dehors, je pris une bouffée d'air frais qui me fit le plus grand bien. Un peu moins ramollie mais toujours aussi penaude après le choc émotionnel subit, je ne fis aucun commentaire quand nous nous posâmes devant une voiture et que la jeune femme au volant m'invita pour y monter. C'est ce que je fis sans protester. C'est quand le moteur se fit entendre que Yume se décida enfin à me répondre à la question posée précédemment. Je retins mon souffle tandis que les mots sortaient de sa bouche comme un torrent de lave, bouillant et douloureusement chaud.

-Ayame, c’est chez elle que j’ai récupéré la vidéo. Si je me suis précipitée dans son bureau c’est à cause du conseil, suite à ton nom apparaissant sur l’un des dossiers des troubles-faits, les dires des autres membres m’ont glacé le sang. Ce n’était que par assurance de leurs dires que j’ai été trouver Deady … La suite, il n’y a pas besoin de remuer cela.

Si chaud que mon sang se glaça en plein mouvement. Je détournais le regard vers la vitre pour qu'elle ne voie pas les larmes qui dévalaient déjà mes yeux à la recherche d'une libération inexistante. Tout en serrant les poings, je ne dis rien, préférant peaufiner ma honte dans mon esprit torturé et tétanisé. Comment tout cela pouvait-il bien être possible ?! Dead Master... Elle a vu ma vidéo, c'était pour cela qu'elle... Un souvenir me revint en tête et j'en blêmis d'horreur, un passé où j'ai rencontré Akiha, où j'étais en pleine dépression de mon... viol. Ce jour où Dead Master m'a fit une remarque qui n'avait pas de sens, et qui aujourd'hui en avait de trop. Elle était au courant, depuis tout ce temps... Cela voulait dire que Naoko s'est arrangée de donner la vidéo à la directrice de Undai qui l'a vu. Mais alors, pourquoi la montrer à Yume que maintenant après tant de temps ? Pour mieux me détruire quand j'ai soufflé enfin un peu ? Cela était bien possible. Mais alors, pourquoi Naoko avait été voir la directrice avec cette cassette, cassette qui pouvait tout autant être un double ? Je ne saurais le dire. Je ne savais pas et un million d'idées plus horribles les unes aux autres affluaient dans ma tête. Mes yeux étaient toujours rivés sur le paysage avec cette certitude incommensurable que je ne devais plus me préoccuper de cette histoire, après tout je partais... Partir pour ne jamais revenir. Voilà. Undai, tout était terminé. Ma vie ici, cette affreuse vie s'envolerait dès que Yume arrêterait la voiture pour enfin me délivrer en me tuant. Oui, je n'aurais plus à penser que tous ces gens ont pu me voir dans cette situation humiliante. Naoko, tu as gagné. Bravo. Moi, je n'en peux plus.

⁃ Tu ne me dégoûtes pas Kaïla, et je ne sais te le dire qu’en Japonais, contente-toi de ça.

Je fermais un instant les yeux et essayais de calmer ma respiration. Ceci fait, je me tournais enfin vers la silhouette de mon amie avec un regard vague et bouffi par les pleurs. Même là, maintenant, j'avais peur qu'elle nous fracasse contre une autre voiture, tellement elle roulait vite. Mais, pourquoi avoir peur si je voulais quand même mourir ? L'instinct de survie sans doute... L'humain est pathétique.
Je m'intéressais tout de même à la carte que Yume me tendit... En ne faisant pas attention à la route d'ailleurs ! J'en pâlis mais essayais tant bien que mal à me concentrer sur le point indiqué sur le papier et remarquais qu'il s'agissait du Mont Fuji. Je relevais la tête avec un regard incrédule quand ma colocataire s'adressa de nouveau à moi.

⁃Ca te tente, ou je revois mon itinéraire ? Un bel endroit pour mourir non ?

Je savais bien que c'était pour cette raison que nous quittions Undai, mais qu'elle me le dise si clairement, cela me fit tout un choc. D'ailleurs, pourquoi aller si loin ?! Elle se foutait de moi, voilà tout. Je lui lançais un regard noir avant de me tourner à nouveau vers la vitre tout en agrippant l'appuie-bras sous sa conduite maladivement dangereuse. Je ne relevais pas ses dires et me contentais de bouder ouvertement. Même dans ce genre de situation je savais encore reconnaître quand elle se moquait de moi, et cela, je ne l'acceptais pas sur le moment. Ce n'était pas un sujet sur lequel je me permettrais de plaisanter, après tout, toute ma vie se voyait compromise sous une honte ineffaçable. Le seul moyen que tout le monde oublie cet épisode serait de tous les tuer. C'est ce que je voulais à la base, mais plus le temps passait, plus je m'en voyais incapable... J'étais fatiguée de ce monde. Et Yume... Yume...

-Fais ce que tu veux.

Je tournais mes rubis flous vers sa personne qui conduisait depuis une bonne heure déjà sans que personne ne parle, et ceci était bien ainsi. Ce silence était calme et réparateur dans un sens. Tout en me détendant, je l'analysais insouciante. Elle avait l'air si vieille quand elle perdait son apparence de gamine trois fois plus petite que moi. Le genre de Minimoys qu'on s'amuse à charrier sur sa taille et qui, en fin de compte, te fout un coup de poing mémorable. Cette pensée me fit sourire. Mais tout cela disparaissait quand elle reprenait sa vraie apparence, celle qu'elle aurait dû avoir si Dead Master n'avait pas détruit son métabolisme pour ses propres fantasmes. Il n'était pas forcément question d'un changement radical, juste cette touche de maturité qu'elle abordait ayant quoi... vingt-cinq ans ? Un peu moins peut-être. Ses traits qui perdaient leurs courbes enfantines, sa taille allongée.... Une vraie femme. Il n'y avait que ses deux couettes noires qui pouvaient contraster avec l'image de l'adulte qu'elle était, et encore, cela avait son charme. Je ne saurais dire ce que je ressentais en admettant que finalement oui, elle n'était pas cette adolescente que j'étais et qu'elle a dû vivre trois fois plus de choses que je n'aurais la chance de connaître. Drôle n'est-ce pas ? Je devais avouer tout de même que cet aspect entre jeune et adulte m'était intimidant. Oui, le temps que je me dise que Yume restait Yume. Peu importe son âge véritable et son apparence, elle restait toujours aussi exaspérante et inconsciente.

-Vieille... Et croire que c'est ton âge d'origine... On ne l'aurait jamais pensé.

Avec son acrimonie, on aurait au mieux dit que c'était une adolescente qui n'aimait pas les gens par les malheurs qui lui sont arrivés dans le passé et qui, inéluctablement, l'ont affecté dans le présent. Mais jamais, au grand jamais, personne ne se risquerait à dire qu'elle était une femme mûre qui avait vécu une vie riche en rebondissements. Je détournais mon regard après ma pensée dite tout haut, et encore haut valait un simple murmure d'une voix rauque d'avoir trop chialé. Je collais ma joue contre la vitre froide et fermais un instant les yeux... Instant qui dura plus longtemps que prévu, vu que quand je les ai rouverts, c'était après avoir sentis une secousse. Penaude, je me redressais sur le siège et regardais autour de moi, désarçonnée. Nous étions à l'arrêt.

Je baillais un bon coup avant de suivre Yume à l'extérieur. Dehors, je voyais la montagne se dessiner devant nous, majestueuse et pleine de magnificence. J'en restais bouche-bée avant de frissonner de froid. Je n'y étais jamais allée, mais je pus la voir souvent à la télé, et je devais avouer que le climat n'était pas tendre à cet endroit. Me protégeant du froid de mes bras en vain, ma tête me tournait légèrement de ce soudain réveil dans un endroit à la température différente. Je me demandais où nous allions. J'espérais juste qu'elle ne voudra pas me laisser crever de faim et de froid dans une crevasse. Une mort horrible en somme... Non, elle ne m'aurait pas fait cela, n'est-ce pas ?! Je l'espérais. Ouais, je suis chiante même sur la façon dont je veux mourir, et alors ! Quoi que... C'était tout de même un endroit magique avec sa montagne. Je ne me lassais pas de regarder tout autour de moi comme un enfant curieux et avide de voir des gens ou des animaux étranges apparaître devant ses yeux. Après m'avoir frotté intensément les yeux, je suivis Yume du regard tout en la fixant avec insistance pour qu'elle me dise quoi. Mais rien, elle n'avait pas l'air de vouloir me parler. Agacée de n'avoir pas fin à ma curiosité, je l'interpellais à contrecœur.

- C'est donc à cela que le Mont Fuji ressemble... Yume, Yume ! Nous allons où ?

Non pas pour savoir où j'allais crever, mais plutôt pour découvrir cet endroit merveilleux. Je ne le cachais pas, j'étais émerveillée de voir un paysage glacé, avec de la neige qui saupoudrait des hauteurs que je ne voyais pas. Une verdure se mélangeant à du blanc, c'était juste beau. Et je devais avouer que voir tout cela en vrai était différent que de l'admirer derrière un écran. D'ailleurs au point que j'oubliais momentanément mes malheurs pour ne laisser place qu'à une impatience enfantine. Oui, je changeais d'humeur comme de chaussettes. Mais cela ne durera pas longtemps, juste le temps que mon cerveau se refroidisse un peu.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Ven 23 Nov - 2:08

Le premier jour: Découverte du chalet au jardin de Lys blancs.

Je ne voulais pas nous tuer maintenant, loin de moi cette idée saugrenue que je trouvais presque bête à penser. Ma conduite n’était peut être pas exemplaire, elle pouvait faire croire le contraire de mes attentions mais d’une manière ou d’une autre, cela était exaltant, savoir si vous pouvez vous arrêter avant d’emboutir la voiture de devant, si le virage serré que vous venez de faire sur deux roues ne vous fera pas un aller simple pour le fossé à côté ou encore même, cette simple joie de rouler vite, et dangereusement. Ne laissant qu’une oreille tendue à Kaïla, je ne relevais pas sa réponse à ma tirade. Mourir, idiote qu’elle était, elle serait encore capable de prendre ça au sérieux. Si j’avais envie de la tuer, je ne me serai pas bougé les fesses jusqu’au Mont Fuji, comme je le disais plus haut, un « hop » dans la baie et c’était fini, quitte à lui attacher un caillou d’une tonne à la cheville.

Sentant son regard se poser sur moi, je ne pris pas la peine non plus de tourner le visage, sachant pertinemment qu’il n’était guère plaisant que les autres puissent voir un visage boursouflé par les pleurs. Rien que l’imaginer me faisait mal au cœur, alors si je la regardais fixement, il n’aurait pas fallu un instant de plus pour que je fonde en larmes à mon tour. Mais non, Black Rock Shooter ne pleure pas, Black Rock Shooter n’a pas de cœur ! Et bien si, j’en avais un et là … là bah plus rien. Suite à son commentaire, ce n’était plus de l’empathie que j’éprouvais pour Kaïla … Pour cette gamine une sorte « d’envie de meurtre ». La raison ? La voilà :

-Vieille... Et croire que c'est ton âge d'origine... On ne l'aurait jamais pensé.

Ce n’était pas de la colère, disons plutôt un coup bas que je ne m’attendais pas de sa part. La croyant assez démoralisée pour qu’elle ne vienne pas zieuter de trop sur mon apparence, me voilà presque abasourdie de ses dires. Et bien oui, voilà ce que j’étais vraiment, une femme, vieille certainement pas, mais plus une gamine plate ne faisant pas plus d’un mètre cinquante. Avec au moins vingt centimètres en plus, la différence y était … Mais ma tête restait ma tête à ce que je sache. Soupirant lourdement, je zieutais à mon tour sur sa personne, la regardant poser sa joue sur la vitre tout en fermant les yeux, je me disais avec la plus grande des ironies possible qu’elle ressemblait à un marshmallow à moitié cuit qu’on aurait laissé pourrir dans une boite. La pauvre petite chose … Si ce n’était pas triste. Et bien là non.

Une bonne heure de conduite passa assez rapidement, si pas deux d’ailleurs avant que je ne me décide de faire une pause à une pompe. Me garant aussi bien que je le pouvais, ce qui voulait dire en usant trois places de parking, j’arrêtais le moteur avant de regarder la jeune fille à mes côtés. D’un sourire amusé, je vins d’abord lui pincer le nez en espérant qu’elle se réveille. Une, deux, trois … à part un râlement, rien. Tellement rien que j’en fus tellement déçue que ma seule réaction avait été de sortir de la voiture, claquer la porte en l’amortissant au dernier instant pour finalement, seule comme … comme seule, me diriger vers le petit magasin de la pompe à essence.

Prenant mon temps pour faire mes emplettes, je ne fis pas main légère sur les achats divers, que ce soit sur la nourriture comme pour d’autres produits divers. Une fois le tout payé et posé dans la voiture, je me donnais un instant avant de prendre la route pour passer un coup de fil. Un simple coup de fil qui se conclut par un « Je te manque déjà ? ~ » Avant que je ne raccroche furieuse. Dieu, était-il possible que cette femme arrête avec ses phrases à double sens ? Non, Ayame restait Dead Master tout autant que Kaïla était un Kiwi. Irrévocable.

Ce n’est peut être que trois heures après ma pause que nous arrivions enfin à l’amont de la montagne, m’arrêtant le plus loin possible avec la voiture, je freinais sec avant de finir dans un arbre. La nuit n’était toujours pas tombée, le ciel orangé nous montrait bien que d’ici une heure, il serait impossible de poursuivre dans la forêt à l’entrée du Mont Fuji. Soupirant premièrement en sortant de la voiture, je n’attendis pas plus d’un instant pour me diriger vers le coffre afin de prendre les bagages, les portant avec aisance, je me posais devant notre moyen de transport avant que je n’entende l’éveil du blaireau qui m’accompagnait. Commençant ma marche sachant qu’elle voyait ma direction, je me forçais d’arrêter en l’entendant me demander :

- C'est donc à cela que le Mont Fuji ressemble... Yume, Yume ! Nous allons où ?

Avec un petit sourire amusé voulant dire sans plus attendre « Là où je vais te crever », je l’attendis avant de lui répondre avec calme. Oui, calme ne voulait pas dire que je prenais une voix mielleuse et que je lui chantonnais notre destination, froide et sèche étaient les mélodies de mes cordes vocales.

- J’ai un petit chalet pas loin d’ici, nous logerons là-bas cette nuit. Un peu de changement te fera du bien, je te préviens à l’avance, cela fait des lustres que je n’y suis plus allée. La dernière fois remonte à mon enfance donc bon.

Lui envoyant l’un des trois sacs que j’avais (parce que oui, une valise de plus pour mes achats à la pompe), je commençais l’ascension tout en faisant attention de ne pas sortir des sentiers créés par l’homme. Il ne fallut pas plus d’une dizaine de minutes pour que j’arrive à me repérer dans ce lieu, c’était comme si je n’étais jamais partie d’ici, comme si j’avais vécu des lustres dans cet endroit alors que la réalité était bien autre. Si j’étais venue une journée entière ici, cela aurait été beaucoup déjà. Montrant d’un mouvement de la tête un chemin à Kurayami, je l’invitais à l’emprunter à mes côtés. Évitant avec aisance toutes embûches pouvant se dresser sous nos pieds et nos corps, nous nous enfoncions de plus en plus dans la montagne avant que je ne m’arrête dans une petite clairière où des lys blancs jonchaient le sol, entourés par les arbres, rien ne représentant un chalet s’était dessiné sous nos yeux.

- C’est ici.

Déposant bagage à mes pieds, je matérialisais une lame coupante avant de m’entailler la paume. D’un mouvement sec voulant à ce que j’éclabousse le vide de mon sang, je laissais les fleurs se tacher avant que je ne fasse un pas en arrière et demande à Kaïla d’en faire autant. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’une espèce de toile transparente vaguant comme de l’eau ne se fige devant nous avant de se lever tel un rideau pour nous montrer un tout autre fond d’écran. A la place des champs de fleurs célestes, ce fut une petite maisonnette qui prit place sous nos yeux. Soupirant une fois de plus, fatiguée par tant d’effort, j’invitais la jeune fille à rentrer avant de lui dire d’un ton maussade :

- Je déteste cet endroit, mais il n’y a rien de mieux pour se changer les idées.

Entrant dans l’une des pièces des lieux, je me dirigeais sans plus attendre vers une espèce de boîtier lumineux se trouvant accroché au mur. Matérialisant dans mes mains un fin cristal que j’avais pris la peine d’emporter avec moi, je le plaçais dans une espèce de réceptacle afin que celui-ci produise de l’énergie. Nous n’irons pas plus d’une semaine avec ce bijou, si nous avons eau, chaleur et électricité cela relèverait déjà du miracle en voyant où nous étions. Une fois chose faite, je refermais à ma suite ce même boîtier pour me diriger vers la cheminée. Posant des bûches dans le feu ouvert, je me décidais à entamer de faire un petit feu. Cela pourrait être plaisant non ? Non … Ok.

- Si tu veux parler, je serai toujours là pour t’écouter Kaïla. Je ne saurai te dire si j’arriverai à t’aider d’une manière ou d’un autre, mais tu peux compter sur moi.

Me tournant vers la jeune fille, je lui accordais un sourire avant de balancer du feu fraîchement matérialisé dans la cheminée. Et merde ! Allume toi spèce de saloperie ! Hum.

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Dernière édition par Yume Kuroi le Sam 24 Nov - 18:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Sam 24 Nov - 2:02

La réponse à ma question tomba dans mes oreilles sans moindre enthousiasme, comme si elle n’appréciait pas le fait de se trouver là.

⁃ J’ai un petit chalet pas loin d’ici, nous logerons là-bas cette nuit. Un peu de changement te fera du bien, je te préviens à l’avance, cela fait des lustres que je n’y suis plus allée. La dernière fois remonte à mon enfance donc bon.

Je restais un moment perplexe à ses dires sans pour autant relever. Un chalet, se changer les idées ? Était-ce seulement possible ? Je ne saurais le dire, mais si je pouvais découvrir de tels endroits, je me ferai le plaisir de tout enregistrer. Un beau chalet dans la montagne que vouloir de mieux ! Peut-être un peu moins de marche encombrée d'un sac au poids imposant. Mais peu importe, j'étais assez excitée à la vue du paysage, des arbres, un chemin tracé, quelques petits animaux par-ci par-là. Je me sentais comme dans un documentaire de Discovery. N'arrêtant pas de tourner la tête dans tous les sens, je regrettais presque de n'avoir pas pris mon appareil photo avec moi... Regret qui disparut tout aussi vite quand je voulus persuader mon esprit du mal fondé de cette excursion. Partir pour ne pas revenir, c'est ce que je voulais. Oui, Yume tu as eu raison, cet endroit serait parfait pour me laisser tomber dans l'oubli. Un bel endroit.

⁃ C’est ici.

Ici, ici cela veut dire où ? Sur les fleurs ? Non qu'elles étaient moches, au contraire la clairière donnait place à un spectacle des plus enchanteurs, mais je ne voyais aucune forme de maison devant nous. Et quand Yume matérialisa une lame dans sa main je pâlis, réalisant enfin que ce n'était qu'un leurre pour m'attirer dans un endroit désert et m'achever. Mes yeux s'écarquillèrent tandis que j'allais protester tout à coup moins sûr de mes envies suicidaires. Mais ma semi-peur ne dura pas plus longtemps que le temps d'une entaille sur la main de Yume, un pas en arrière et... de la magie. C'est ce que j'aurais dit quelques moins plus tôt, mais maintenant je savais que ce n'était qu'un tour de passe-passe effectué grâce à la matérialisation. Une maison, ou plutôt une cabane apparut devant nous. Je restais bouche-bée ne m'attendant pas à ce genre de spécimen. Une cabane en bois, on se croirait sur une île déserte. Encore heureux que je n'étais pas du genre à dédaigner les lieux un peu spéciaux, sinon je fuirais à des kilomètres, et là, au contraire, je sentais que ce serait une expérience fort intéressante.

⁃ Je déteste cet endroit, mais il n’y a rien de mieux pour se changer les idées.

Je voulais bien la croire sur ce point. Même si son avènement ne se sentait pas du tout. Je commençais presque à me sentir mal à l'aise de lui avoir imposé ma personne jusqu'à ce qu'elle se démène, à ses dépends, de nous conduire dans un endroit aussi différent de Undai. Si peu que j'oublierais presque l'existence de cette école maudite pour me laisser tomber dans l'herbe en attendant que des écureuils viennent me dire coucou. Toujours dans cet état d'esprit, je ne vis pas Yume disparaître derrière la porte, la seule, de la cabane. Me ressaisissant un temps soit peu, je suivis le pas pour me retrouver dans un espace assez volumineux, mais tout aussi vide et peu chaleureux. Laissant tomber le seul sac en ma possession, je fronçais des sourcils tandis que Yume se démenait pour arranger un peu les lieux. D'ailleurs, elle s'y prenait si bien que j'eus peur qu'elle ne brûle le chalet avec son feu.

Je laissais ma colocataire dans ses préparatifs pour observer ce qui se trouvait autour de moi, un salon, une cuisine, quelques livres, un endroit où manger et se poser. Une chose me sauta tout de suite aux yeux, il n'y avait pas de télévision. Je grimaçais tandis que les lattes en bois grinçaient sous mes pas. Je fis un tour rapide des pièces qui étaient au nombre de trois. Une chambre assez spacieuse et une salle de bain se trouvant dans le renfoncement de la cabane. Ce n'était pas du grand luxe, mais c'était vivable. À condition que Yume arrive à allumer son feu sans tout foutre en fumée. Je soupirais lourdement avant de revenir dans la pièce principale tandis que ma compagne de ce jour maudit m'adressa enfin la parole.

⁃ Si tu veux parler, je serai toujours là pour t’écouter Kaïla. Je ne saurai te dire si j’arriverai à t’aider d’une manière ou d’une autre, mais tu peux compter sur moi.

Une moue contrariée sur le visage, je me détournais d'elle pour m'affaler sur le canapé qui se trouvait dans le salon. D'abord fuyard, mon regard vint enfin se poser sur Yume avec un soupçon d’incertitude planant dans l'air. Je ne voulais rien lui dire, mais elle savait tout. Enfin, la version exposée dans la vidéo... Rien qu'à y penser je devenais malade de honte. Depuis le jour où j'ai fini dans le lit de Naoko, je n'ai jamais parlé à qui que ce soit à ce sujet, n'osant pas avouer mon impuissance face à cette enfant. J'ai tout gardé pour moi, bien au fond, faisant tout aussi mal à ma colocataire qui dut me supporter toute ma dépression qui s'en suivit. Je le lui devais, j'étais dans l'obligation de lui dire ce qui m'était arrivé, et par la même occasion je pourrais m'extérioriser. Quelqu'un à qui se confier sans être jugée ? N'était-ce pas ce que je recherchais ? Non... C'était top humiliant. Grognant de frustration à cause de la complexité de toute cette affaire, je me relevais pour me retrouver près de la cuisine. Esquissant une grimace de dégoût, je ne savais pas par quoi commencer.

⁃ C'est compliqué... C'est tellement invraisemblable... Tu l'as vu toi-même non ? Elle... Enfin, je...

Je ne savais pas comment entamer ce sujet, c'était trop dur, trop affreux pour que je puisse tout simplement lui exposer les faits tel un narrateur externe. Non, je l'ai vécu, j'ai sentis chaque instant, chaque geste, chaque douleur, chaque... tout. Sous diverses grimaces qui pouvaient passer par mon visage, je finis par baisser les yeux tout en fixant un point invisible entre deux lattes de bois. Les souvenirs revenaient comme des aiguilles aiguisées, plus claires que jamais.

⁃ Je ne comprends pas... C'est ridicule... Même dans les films on ne voit pas ça. Stupide.

Tellement qu'un rire sans joie traversa mes cordes vocales pour se fracasser à l'air ambiant, atmosphère qui se réchauffait en y pensant. Entendant le son de ma propre voix, je m'arrêtais net avant de passer ma main dans les cheveux en signe de ma gêne. Mais là ce n'était pas juste une conversation sur des sujets nerveux, non, c'était pire. Je fis un pas vers Yume avant de me raviser et de m'énerver contre moi-même.

-Je sais pas... C'était... Je ne pouvais rien faire, c'était un piège. J'y suis allée pour des cours et elle y était... Ce truc qu'elle m'a injecté... J'étais imprudente. Trop, mais ce n'est qu'une gamine ! Mais non, elle est pire que ça...

Cette seringue qu'elle m'a plantée dans le bras sans que je ne m'y attende. Mon corps qui devint engourdi mais pas assez pour que je ne sente pas ses mains sur moi. Ces mains qui m'ont touchés sans remords la où personne n'aurait eu l'idée de m'effleurer. Ces mots... Onee-Sama... Absurde. Mon corps nu sous le sien tout aussi dévêtu. Les paupières fermées pour ne pas voir cette silhouette au-dessus de moi. Ces frissons de dégoût, ces spasmes qui me parcouraient sous les gestes précis qu'elle me procurait, ses caresses... Sur tout mon corps. Ses baisers... Partout. Rien qu'à y penser je me sentais sale, si sale... souillée. Je posais une de mes mains sur ma tête dans un geste désespéré de tout oublier, des nausées me montant déjà à l'estomac.

-Le toucher... Je ne supporte pas cela. Tu crois que c'est pour ça ? Tu penses que c'est ma faute ?

Je relevais la tête vers Yume pour enfin croiser son regard, interrogative ne sachant pas trop si j'avais tort ou pas. D'un geste rageur j'essuyais les larmes qui commençaient à perler dans mes yeux avant de froncer les sourcils. Craquer... Il ne faut pas que je craque maintenant. Mais pourtant, le doute était là. Si je n'étais pas si horrifiée qu'on me touche, peut-être elle passerait son chemin sans s'attaquer à moi. Mais non, elle m'a eut, dans son esprit d'enfant pervers j'étais un défi... Un défi, l'intouchable. Et elle m'a brisé, sans pitié, sans remords, avec un plaisir malsain qu'elle me montra tout au long du processus.

-Je sentais tout, tu sais... Mais je ne pouvais bouger. C'était horrible, pendant qu'elle... enfin... je me demandais pourquoi... Mais cela n'a pas d'importance. Les faits sont là. Je n'ai jamais eu à subir cela, je n'étais pas prête à...à tout ça. Trop révulsant. C'était douloureux, trop...

Oui, c'était terrible tout autant physiquement que mentalement. Naoko, je me demande si elle se rend ne serait-ce que compte du mal qu'elle a fait. Encore si ce n'était qu'un viol, avec un peu de chance je pourrais le ravaler. Mais là non, d'abord parce que c'était une fille, mais surtout parce que c'était un enfant ! Un enfant quoi ! Quoi qu'on dise, c'est à moi qu'on viendra rendre les comptes pour viol et non le contraire. Se faire violer par un enfant, j'en eus des hauts le cœur. Tellement ridicule. Et ses doigts à l'intérieur de moi, ce mouvement qu'elle effectua avec aisance tandis que la douleur de l'intouchable se déversait en moi. Je n'ai même pas pu protester, rien. Tellement faible. Et encore si c'était tout, mais non ! Après ses doigts vint ce fichu objet... Ce truc en plastique qui me pénétra au plus profond de mes entrailles, l'horreur. Je crois que à ce moment je fus tellement bouleversé et que mon corps fut tellement en feu que j'ai tourné de l’œil un moment. Non pas sous le plaisir, d'ailleurs même pas une fraction de seconde je n'ai ressentis cela pendant l'acte, mais sous la douleur tout autant corporelle que morale. La suite ? Son extase puérile sous ma main... Sa chaleur que je ne voulais pas, sa moiteur. Dégoûtant... Tous ces sentiments revenaient à l'assaut comme si ce moment était en train de se passer, je ne voulais même pas savoir ce qui se dessinait sur mon visage tandis que je me remémorais tout cela.

⁃ En tout cas pour le romantisme de la première fois, c'est raté.

J'éclatais de rire, amusée de la stupidité de mes dires. Secouant la tête, je retournais sur le sofa trop épuisé pour rester debout à supporter le feu du regard de Yume. Me laissant tomber dedans, je ramenais mes genoux à ma poitrine et cachais ma tête dedans dans un geste de protection. Mais comment se protéger contre cela ? Il n'y avait pas de moyen valide. J'étais épuisée, brisée, finie, à tuer. Humiliée ! Plus jamais je ne me laisserai toucher par qui que ce soit de peur de ressentir à nouveau ces sentiments désagréables. Oui, j'étais encore plus horrifiée du toucher maintenant que je ne l'étais avant. C'était pitoyable, comment pouvais-je avoir si peur de l'humain ?! Terrible.

⁃ Une gamine, et tout le monde est au courant, je ne peux plus y remettre les pieds... Je voulais la tuer, tous les tuer... Mais je n'en peux plus, c'est trop difficile à supporter. J'étais en sécurité à la maison... Et j'ai fini comme ça parce que je voulais voir le monde... Stupide.

Secouée par des tremblements, j'essayais de me ressaisir, en vain. Le tourbillon d'humiliation et de honte se mêlait à une rage sourde. J'étais bonne à mourir. Maintenant que Yume était au courant, je suis certaine qu'elle doit bien se moquer de moi. Mépris, voilà ce que je méritais. Sousei avait raison, j'étais répugnante et pleurnicheuse... Naoko était peut être la fautive, mais j'avais ma part à y jouer aussi, si je n'étais pas aussi tête en l'air cela ne serait pas arrivé. Et là, je me morfondais dans les bras de mon amie, amie que je considérais comme celle qui me tuerait, amie à laquelle je n'ai pas fait assez confiance pour lui dire la raison de mon désarroi. Je n'étais qu'un gosse malheureux qui ne savait gérer ses états d'âme, qui avait en horreur le toucher pour des raisons qui peuvent sembler ridicules à présent... « On récolte ce que l'on sème ». Minable... J'ai tout foutu en l'air. Dès le début j'aurais dû retourner dans mon château en or, fermé à tout danger... Pourquoi en être sortie ? Curiosité... Vraiment, autant que je crève là. Peut-être que je me dégoûtais encore plus que le toucher m’horrifie ? Peut-être que je ne me laissais pas toucher parce que justement, j'étais trop impure pour que quelqu'un d'autre m'approche. Impure, sale, souillée... Un être inutile.

⁃ Yume... Je suis désolée.

Je n'avais qu'une envie, c'est d'arrêter tout cela. D'abréger mes souffrances. Tout en fondant en larmes, je craquais sans retenue oubliant le beau paysage de dehors, ma chère amie qui se tenait non loin, mes dires ou encore mes actes. Le pire dans tout cela, c’est que j'étais encore assez lâche de me plaindre mais ne pas oser me donner la mort. Tellement inutile.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Sam 24 Nov - 18:10

L’horreur, j’avais essayé au moins une centaine de fois d’allumer ce feu sans succès, que ce soit à coup de boules de feu ou encore avec la mignonne petite allumette, rien à y faire, ca n’allait pas. Pas, pas, pas et encore pas ! Ce n’est sans doute qu’après une bonne dizaine de minutes que le brasier prit enfin, prendre c’était un grand mot … une minuscule flamme qui avait l’air aussi paumée que la meuf qui radotait derrière moi. Mais au moins, cette mini flamme me créa, après encore cinq minutes d’insistance un magnifique feu de bûches, ceux qu’on apprécie à Noël, ceux devant lesquels on pourrait rester des heures. Soupirant de contentement, je me retournais vers Kaïla et écoutais attentivement ce qu’elle me racontait. Il était vrai que se confier n’était pas facile, mais tout de même. Je n’étais pas n’importe qui après tout, n’étais-je pas son amie ? Si. Et pour ce fait, je me devais de l’écouter sans l’interrompre, sans juger ce qu’il s’est passé, sans montrer un quelconque dégoût.

⁃ C'est compliqué... C'est tellement invraisemblable... Tu l'as vu toi-même non ? Elle... Enfin, je... Je ne comprends pas... C'est ridicule... Même dans les films on ne voit pas ça. Stupide.

Oui, oui je l’avais vu et j’en étais tellement choquée que le simple fait de détourner les yeux, me fût impossible. Cette enfant qui lui montait dessus, ces dires audacieux sortant d’une bouche si enfantine … l’horreur. Entre un vieux pervers et une jeune enfant ? Quel aurait été votre choix ? La jeunesse sans doute, mais réfléchissiez ne serait ce qu’un temps soit peu … une enfant vous violant, c’était le comble. Tellement que la mort serait la délivrance la plus douce et la plus tranquille pour plusieurs, dans mon cas … Je n’ai pas eu le temps de me laisser abattre, je n’ai pas eu ce temps car j’avais Ayame avec moi. Même si je retournais dans un monde d’esclave, je n’étais pas malheureuse … loin de là. Une maison, un amour certain, une nouvelle vie. Seule la jalousie était le plus grand des défauts dans notre histoire, et Kaïla dans tout ça ? Qu’avait-elle gagné de … de ce moment ironiquement pitoyable de son existence ? Le désarroi. Pas de bonheur, pas d’amour, que de la douleur et de la honte.

- Je ne sais pas... C'était... Je ne pouvais rien faire, c'était un piège. J'y suis allée pour des cours et elle y était... Ce truc qu'elle m'a injecté... J'étais imprudente. Trop, mais ce n'est qu'une gamine ! Mais non, elle est pire que ça...

Imprudente, mais ce n’était pas de sa faute, elle était encore jeune et ne connaissait que les vices de la vie depuis peu. Les apparences sont trompeuses, tellement qu’il en est déroutant en s’écrasant contre le mur de la réalité. Une enfant qui n’était pas n’importe qui après tout, cette gamine qui même avant son arrivée défiait les lois de la nature de son intelligence et de ses compétences. Le genre de démon qui prend place dans le cœur d’un enfant pour finalement bouffer tout ce qui l’entoure sans prendre la peine d’achever ses proies. Naoko Oshima, une gamine choisie par Dead Master, une enfant aux talents multiples qui cependant ne m’avait toujours pas « vraiment » adressé la parole. En plus de bouleverser les règles de Undai en vue de son âge, voilà que cette gamine foutait le merdier dans ma vie. Oui, elle n’était pas l’unique responsable, tout ça, c’était à cause d’Hibari. Ce fumier, il me le payera, s’attaquer aux autres à la place de moi … Et il osait ne serait-ce que s’appeler « humain » ? Ironie. C’était une pourriture qui ne valait pas mieux qu’un cafard que je piétinerai pour m’assure de sa mort. Je ne pouvais tuer Oshima sans raison valable et Kaïla non plus d’ailleurs, tuer pour se venger n’avait jamais été le mot clé de Undai, combattre pour s’exprimer oui … Mais tout de même, je me retrouvais entre deux massues, l’une représentée par Kaïla et son envie de meurtre et l’autre par le règlement de Undai … Est-ce que quelqu’un pourrait m’aider moi aussi ?

- Le toucher... Je ne supporte pas cela. Tu crois que c'est pour ça ? Tu penses que c'est ma faute ?

Ce n’était pas de sa faute, et le simple fait de l’entendre dire ça, m’énervait. Comment pourrait-on être fautive d’un acte qu’on avait subi alors que notre tortionnaire gambadait tranquillement dans l’institut, insouciante et sure d’elle à en crever un bœuf ?! Bien qu’il était difficile de se l’imaginer, ce n’était pas Naoko la victime, mais bien mon amie, c’était elle qui s’était retrouvée paralysée sous les vifs d’une gamine trop … trop bizarre pour penser à cela à son âge ! Vous imaginez votre enfant de dix ans violer une autre de sept ans de plus ? Oui, c’était invraisemblable.

-Je sentais tout, tu sais... Mais je ne pouvais bouger. C'était horrible, pendant qu'elle... enfin... je me demandais pourquoi... Mais cela n'a pas d'importance. Les faits sont là. Je n'ai jamais eu à subir cela, je n'étais pas prête à...à tout ça. Trop révulsant. C'était douloureux, trop... En tout cas pour le romantisme de la première fois, c'est raté.

Au moins nous partagions une première fois aussi horrible l’une que l’autre … Elle par les doigts d’un enfant et moi le phallus d’un débris. Magnifique non ? Tellement que d'y repenser me donnait la nausée. La douleur, la haine et la honte … tout ces sentiments que personne ne voudrait, toutes ces choses que l’on aurait préféré ne jamais connaître. Mais c’était ainsi, il fallait vivre avec, même si c’était difficile, mourir serait une trop belle jouissance pour eux.

⁃ Une gamine, et tout le monde est au courant, je ne peux plus y remettre les pieds... Je voulais la tuer, tous les tuer... Mais je n'en peux plus, c'est trop difficile à supporter. J'étais en sécurité à la maison... Et j'ai fini comme ça parce que je voulais voir le monde... Stupide. Yume... Je suis désolée.

Peut être … peut être que si elle était restée dans son château, elle n’aurait pas connu tout cela, la liberté avait un prix et parfois nous devions le payer cher, tellement que cela en était dégoûtant. Mais d’une manière, qui serait-elle maintenant ? Une enfant cloîtrée devant sa fenêtre de chambre à regarder au loin un moindre qu’il ne peut qu’imaginer. Pathétique. Tellement que j’étais outrée de l’entendre me dire ça, si elle n’était pas là, moi non plus je ne serais pas ce que je suis, moi non plus je n’aurais pas autant tenu tête à celle que je suis censée aimer le plus, sans elle, que serais-je devenue ? Un monstre froid et sanguinaire dont personne n’aurait jamais vu le sourire.

M’approchant de Kaïla, je m’arrêtais à moins d’un mètre et levai ma main en direction de son visage. Mes yeux filtrant ses pupilles, mon visage restait toujours aussi impassible alors que deux de mes doigts se posèrent sur son front, marquant avec insistance un toucher que je savais, la dégoûtait. Ce n’est qu’après un court instant de réflexion, que j’arquais légèrement les lèvres avant de lui dire, d’un ton plus doux qu’à mon habitude, sans doute plus adulte aussi :

- Ce n’était pas de ta faute, même pas un instant j’ai cru que tout ça … que tu l’avais accepté. Dégoûter, un bien grand mot, je connais cette douleur, je sais ce que ça fait d’être souillée et encore plus la honte qui ronge notre corps, cœur et âme. Le toucher t’a toujours dégoûté, sache juste que même si ça te plaît pas, je ne compte pas arrêter de te reluquer de haut en bas et de te toucher Kaïla.

Me reculant en lui adressant un nouveau sourire, je restais un instant devant elle avant que mes joues deviennent pourpres et que je comprenne le double sens à mes dires. Ouvrant la bouche en écarquillant les yeux, j’imitais une parole alors qu’aucuns sons ne traversaient mes lèvres. Merde. Mais ce n’était pas dans ce sens là ! Moi je voulais dire que je continuerai à la regarder comme avant et à réclamer attention et tout, et tout … ce qui va avec. Me retournant en me raclant la gorge, je toussotais légèrement avant de faire, une fois de plus, face à Kurayami, d’attraper son poignet et de la tirer à ma suite dehors.

Passant l’unique porte d’entrée, je descendis les marches grinçantes tout en continuant à la tirer vers le jardin. Une fois à l’endroit voulu, je la lâchais pour finalement faire un arc de cercle à côté d’elle et matérialiser une épée énorme dont le poids brut pouvait trancher un rocher rien qu’en tombant dessus. La faisant tourner dans ma main tel une baguette de majorette, je reculais de quelques pas avant de mettre la lame sous le nez de ma chère amie. Aucun sourire, aucune expression de joie, rien que de la froideur, rien d’autre que la neutralité impassible qui m’allait si bien.

D’un mouvement sec du pied que j’enfonçais légèrement dans le sol avant de le frotter, de la glace apparu par-ci par là afin de recouvrir le fameux jardin de lys, et le transformer en une patinoire géante dont les fleurs ressortaient comme des obstacles pour un patineur artistique. L’air se refroidit en même temps que de fins cristaux de neige commençaient à perler du ciel devenu sombre. Éclairée ne serait-ce qu’un peu par les lumières de divers cristaux pendant à gauche et à droite sur les clôtures, nous voilà dans un endroit fort plaisant pour se ressourcer les idées, tellement que l’adrénaline et la joie de chaque combat commençait à bouillir dans mon corps. Ne prenant pas la peine de matérialiser ma robe tout en gardant mon apparence, je lançais un regard combatif à Kaïla avant de lui dire :

- Approche. Tu n’es pas ici pour te morfondre et encore moins pour te suicider dans ce lieu sacré. Montre moi ce que tu es vraiment Kaïla.

D’un pas rapide, je m’approchais d’elle pour venir abattre mon épée sur sa tête et ainsi la trancher en deux. Ne voyant aucune réaction de sa part, je m’arrêtais à un centimètre de sa tête pour finalement lui mettre un coup de pieds dans l’estomac afin de la projeter à quelques mètres. Ne bougeant pas, je la regardais se heurter ou même se relever avec aisance ou difficulté. Montre moi, parce que moi seule saurais vraiment te regarder et voir ce que tu as en toi.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Sam 24 Nov - 23:52

Je fus saisie d'un hoquet de surprise quand Yume s'approcha de moi et déposa ses doigts sur mon front sans que je ne comprenne la raison de ce geste. Un frisson de révulsion et me voilà voulant reculer pour briser le contact, mais je n'arrivais à rien car sa main s’avançait en même temps, pressant toujours autant sur ma peau. Je relevais la tête pour croiser son regard au visage attendrit, ou du moins pas aussi froid que d'habitude. Frustrée ou horrifiée, je ne saurais le dire, je ne bronchais pas d'un millimètre quand sa voix s'éleva dans l'espace en bois qui nous entourait, tel un son délicat mais déterminé.

- Ce n’était pas de ta faute, même pas un instant j’ai cru que tout ça … que tu l’avais accepté. Dégoûter, un bien grand mot, je connais cette douleur, je sais ce que ça fait d’être souillée et encore plus la honte qui ronge notre corps, cœur et âme. Le toucher t’a toujours dégoûté, sache juste que même si ça te plaît pas, je ne compte pas arrêter de te reluquer de haut en bas et de te toucher Kaïla.

Plissant légèrement les yeux sous cette déclaration des plus amicales, je n'en croyais pas mes oreilles quand au fait qu'elle ne me rejetait pas... Mais j'aurais dû m'en douter non ? Comment ai-je pu me laisser tomber dans l'abysse des ténèbres devant ses yeux ? Yeux qui ont vécu pire que moi... J'en étais de plus honteuse, mais d'un autre coté, la reconnaissance pointait le bout de son nez dans mon esprit. Elle était là, Yume savait m'aider à surmonter toute cette horrible expérience, mais je ne faisais rien pour lui faciliter la tâche... Quelle personne bornée j'étais. Peut-être que je ne voulais pas être sauvée en fin de compte ? Je ne saurais le dire, j'étais au bout du rouleau et la contradiction était le mot maître de toute mon existence. Quoi qu'il en soit, quand elle devint rouge pivoine, je le devins tout autant qu'elle saisissait après coup, ce qu'elle venait de dire. Me reluquer... Me toucher ?! Quoi... ? Je ne pense pas que c'était ce que je lui demandais, au contraire, moins j'avais de contact, mieux je me sentais quitte à passer pour une demeurée. Mais là... Je détournais le regard sans dire mot, ne sachant si je devais protester sous ses perversités ou, en vue de sa gêne, laisser passer cela.

Cela n’avait pas d’importance que ma réponse soit négative ou pas, vu que l'impulsivité de ma colocataire prit le dessus. Après m'avoir saisit par le poignet, elle me tira en dehors de la cabane. C'est avec un cri de protestation cette fois-ci que nous déboulâmes dans la clairière parsemée de lys blancs. Prise au dépourvu, je me demandais ce qui lui passait encore par la tête, mais mon attente fit de courte durée quand une lame, assez imposante, même énorme si je puisse le dire ainsi, se positionna entre mes deux yeux. Pendant une fraction de seconde j'eus le souffle coupé, mes rubis focalisés sur le visage inexpressif d'une Yume peu commode. Je n'eus le temps de dire « ouf » que le sol sous mes pieds gela instantanément me laissant perplexe et surtout déséquilibrée. Parce que oui, qui dit du gel au sol, dit se péter la gueule au premier pas. Mais ce ne fut pas tout, oh non loin de là, ce serait trop beau sinon... Comment le gel arrive ? À cause d'un froid hivernal. Et voilà l'atmosphère dans laquelle nous nous retrouvions, sous les bons soins de la femme en face de moi, après avoir quitté une chaleur de feu se trouvant dans le chalet. Si je dois choisir entre les deux, je retournerai bien me poser dans le fauteuil... Mais Yume a pensé à tout, même à construire une clôture autour de nous pour que mon escapade ne soit pas trop aisée.

⁃ Approche. Tu n’es pas ici pour te morfondre et encore moins pour te suicider dans ce lieu sacré. Montre moi ce que tu es vraiment Kaïla.

Contrariée sous l'excitation effrayante de ma compagne du jour, je n'eus le temps d'ouvrir la bouche pour lui expliquer ma flemme de combattre surtout que je ne pouvais rien matérialiser. Quoi qu'il en soit, que je veuille me battre ou non, j'étais désavantagée contre son énorme épée qui... qui me fonçait dessus pour me trancher en deux parties égales. Mon cœur manqua un battement tandis que je plissais mes yeux rouges et ternes en attendant le choc. Coup qui ne parvint jamais à sa fin. M'évitant justement d'en connaître une assez gore. Ce ne fut pas pour autant que la femme aux couettes se découragea, m'envoyant bouler quelques mètres plus loin d'un coup de pied bien senti. Et qui dit se faire bousiller sur du verglas, dit que j'ai atterri assez pathétiquement sur les fesses, limite pliée en deux sous la douleur. Non mais c'était quoi son problème ?! Furieuse, voilà ce qu'elle réveilla après cette attaque non-anticipée qui n'avait pas lieu d'être. Jurant de tout mon être, la situation dans mon esprit ne s'améliora pas quand une vive morsure se fit sentir au niveau de ma main. Baissant les yeux pour en connaître l'origine, je pestais trois fois plus après avoir remarqué le sang s'écoulant de ma main. Comment c'était arrivé ? Une fleur, voilà tout. Un lys gelé et tranchant sur lequel ma main s'est écrasée me laissant une magnifique coupure dont s'échappait quelques... beaucoup de gouttes de sang. Me relevant, laissant une traînée rougeâtre sur le sol blanc, j'essayais de ne pas perdre mon équilibre du mieux que je pouvais tout en fusillant Yume de mes yeux colérique sans oublier une exclamation outrée qui suivit le regard noir made in Kurayami.

-Non mais qu'est-ce que tu fous ?! D'abord tu me sors des propos insolites et là tu essayes de me provoquer ? Il est hors de question que je me batte...

Mine boudeuse en place, je détournais le regard pour montrer ma décision irrévocable d'abandon. Surtout que j'étais blessée... Non que cela faisait mal, si en fait, mais j'ai connu pire, c'était juste que je n'avais pas le cœur à ce genre de pratique barbare. Je voulais juste aller me poser devant une fenêtre et regarder le paysage tandis que les jours défileraient jusqu'à ma mort. Chose qui dû déplaire à Yume vu la charge qui s'en suivit (je t'ai fait m'attaquer sinon je saurais pas comment répondre autrement au rp). Tout d'abord étonné, j'évitais son coup de justesse, à un millimètre près de mon visage, glissant sur le sol enneigé me rattrapant au dernier moment comme je pus. Jurant comme pas possible, je croisais le regard froid et tout autant bleuté d'une Yume inexpressive... Ou alors, envieuse de me passer au tabac. Ma surprise se changea rapidement en désapprobation teintée du sentiment de survie. Elle ne plaisantait pas, peut-être que son intention n'était pas de me tuer, mais il était évident qu'elle ne voulait pas faire des gâteaux non plus. Sauf si je passais pour pâte qu'il fallait bien malaxer dans tous les sens avec le plus de sadisme et brutalité possible. J'étais mal, je le voyais.

-Sérieux ! 'tin... Yume Kuroi, arrête !

Oui, si je l'appelais par son nom, c'est que j'étais carrément contre. Non que j'avais peur - peut-être un peu, je n'étais pas du genre à aimer la souffrance – mais l'envie me manquait pour ce genre d'exercice. N'ayant aucun pouvoir, me voilà à sa merci. L'air chaud formait des nuées de buée sous ma respiration devenue saccadée pour cause de l'incompréhension et de colère ironique. Si je ne faisais rien, elle me battrait sans moindre ressentiment jusqu'à ce que je réagisse ou tombe évanouie... Quoi ? Vous croyez vraiment qu'elle ne l'aurait pas fait, qu'elle me laisserait tranquille après que je me sois assise par terre en signe de refus ? Eh bien vous ne connaissez pas bien Black Rock Shooter. Gentille et compréhensive qu'elle puisse être, elle restait la milice de Undai, l'impitoyable monstre qui réglait ses différents par la mort de ses ennemis, la plus part du temps. J'étais vraiment mal. Dérapant sur un autre lys bien placé, je commençais à m'impatienter de ce jeu du chat et de la souris. Encore heureux que mes réflexes étaient restés assez développés... Bon sang !

Prenant appui sur une fleur plantée au sol, je pivotais assez gauchement sur le flan gauche de Yume, sur le coté où la lame n'était pas présente, pour fendre dans sa garde tête baissée. Ce fut assez efficace, après tout j'ai passé du mode flemme furieuse qui évite les coups à Kaïla déterminée qui réagit en contre-attaque. Je ne saurais dire si c'était de la chance ou alors autre chose, mais j'ai atteint la main droite de mon adversaire sous un dérapage tout sauf calculé. Serrant ma main sur la sienne, je voulus arracher son sabre, mais dès que je rentrai en contact avec sa peau froide, je lâchais prise sous le réflexe encré en moi par excellence. Voilà que je me retrouvais complètement à découvert à cause de ce manque de prudence. Et tout cela parce que je n'avais pas ma robe de combat et sans elle, je n'arrivais tout simplement pas à supporter le toucher surtout que je ne comptais pas la frapper, juste me défendre en la bloquant. Voilà qui était raté. Un croisement des regards en un éclair, un « fais chier » de ma part, un pas imprudent et me voilà face à face à Yume, un sourire mi-stupide, mi-nerveux sur le visage qui disait bien :

-Ah merde...

Encore un pas en arrière entre la lame et le corps de Yume et me voilà partie dans une chute libre après avoir marché sur une maudite fleur gelée. Le seul réflexe plausible ? Essayer d'attraper la première chose qui me passait par la main. Et cette chose ne fut autre que son débardeur clair. Toute cette entreprise entraîna sa chute et la mienne. Non mais Yume, tu aurais pu rester debout na ?! Eh bien non... Quoi qu'il en soit, sur ce fichu sol gelé, avec les fesses en compote, je me ressaisis et profitai de l'occasion pour plaquer cette jeune femme, mon adversaire du dimanche, au sol plaçant mon bras sous sa gorge. Respirant lourdement avec une mine en mode catastrophe, je laissais échapper un petit rire étouffé entre deux buées d'air, tout cela accompagné d'une lueur brillante de vie dans mes rubis. Non que je trouvais cela amusant, loin de là cette idée, mais je me suis prise au jeu assez pour ressentir un minimum de satisfaction dans mon état débilement végétal. Cela faisait longtemps que je n'eus à lutter contre mon amie et je devais avouer que cela me fit un bien fou. Se changer les idées en se battant ? Barbare. Mais tellement exaltent.

-J'en ai assez. Espèce de brute sans pitié, faut que j'aille soigner ma main.

Sous ces mots, je me laissais tomber à coté de notre fameuse Black Rock Shooter. Il ne me fallut pas longtemps pour ressentir le froid piquer mon dos. Grimaçant, je n'avais pourtant pas envie de bouger, fixant le ciel terne au-dessus de nos têtes. C'était apaisant. Je ne pouvais dire que ce fut le calme avant la tempête vu que la tornade eut lieu juste avant... Vous vous demandez si c'était terminé ainsi ? Eh bien, je ne saurais le dire, mais pour le moment j'avais grand besoin de souffler un bon coup.

- Il fait froid, Yume.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Dim 25 Nov - 0:29

Un saut, deux sauts, trois sauts, un brisement, celui de la glace sous son corps sans doute … les protestations qui suivirent sous peu et cette manie de me foutre encore plus en rogne vu l’usage déplorable de son vocabulaire. Oui, autant qu’elle sortait d’une famille aisée, on pourrait la confondre avec un bourrin rien qu’à l’ouïe de ses dires. Regardant toujours cette personne tomber au ralenti devant mes yeux, j’analysais la situation sans plus de ménagement. C’était pathétique, le sol avait beau être glissant, mais ne lui avais-je pas fait faire des exercices en toutes circonstances pour que justement, elle s’adapte à tous sols ? Et bien pas assez à ce qu’on dirait. Fixant déjà la date et le lieu de notre prochain entraînement, je ne fis guère attention à ses dires, aussi loin ces complaintes étaient loin de mes oreilles mieux je me portais et c’est en l’ignorant littéralement que je lui montrais avec la meilleure des franchises qu’elle avait beau se plaindre, je ne m’arrêterai pas. Non, pas comme ça, pas tant que je ne l’avais pas vue. Elle, celle qu’était Kaïla, celle dont la puissance de frappe, dont les dires, les gestes pouvaient emmerder tout le monde alors que personne ne faisait quoi que ce soit pour l’arrêter. La Kaïla chiante et non pas la larve qui se plaignait devant moi.

Et c’est sur cette pensée disgracieuse que je me mis à courir dans sa direction, arme à la main pour l’abattre sur elle. Sans succès, certes, cela devenait enfin intéressant. Évitant ma lame avec grossièreté, elle glissa une fois de plus sur le sol alors que je tenais avec aisance sur celui-ci, bloquant mes pieds dans la glace sur chaque pas, afin de ne pas chuter. Continuant de balancer ma lame, je la suivais comme un chat à l’affût de sa proie pourrait le faire. C’était débile, imaginez la scène, moi une arme à la main courant après une Kaïla ne voulant pas combattre. Ne pas vouloir combattre était un grand mot, il ne fallait que voir la suite de ses actions pour comprendre.

Fonçant tel un bélier dans une porte, elle me fonça littéralement dessus. Dieu, cette fille était incompréhensible, il y a un instant d’ici elle me fuyait et voilà qu’elle me saute presque à la gorge maintenant ! Kaïla, tu m’énerves. Attrapant ma main pour finalement la lâcher avec son éternel phobie du toucher, je voulus l’attraper à mon tour mais je ne réussis pas quand celle-ci glissa une fois de plus pour se retrouver non plus à ma gauche mais devant moi. Fronçant les sourcils, à part un « merde » et mon top s’envola, il ne manquait plus rien pour que cela soit encore plus pitoyable. Et bien si. En plus que cette gamine tombe, voilà que celle-ci m’entraîne avec elle dans sa chute ! Et pas avec la plus grande des délicatesses, non ! C’est moi qui me suit ramassée le tout sur le dos, c’est moi qui ai senti ces satanées fleurs me rentrer dans le dos pour finalement me faire étrangler par une pauvre idiote souriant bêtement.

Retombant à côté de moi tout en me disant « Il fait froid, Yume », genre, je ne l’avais pas remarqué, elle fit comme si de rien était, comme si tout cela ne s’était pas passé, comme si j’avais raconté ce qu’il y a plus haut pour … pour rien. D’un mouvement souple, je me relevais en sautant sur mes pieds tout en courbant le dos, une fois droite, ce ne fut pas de mon pied que je vins « shooter » dans son corps mais du manche de mon épée. Encore mieux qu’un bâton de golf, Kiwi, tu fais la baballe ? Tellement bien que je ne m’arrêtais pas là, avant qu’elle n’atterrisse au sol, je dématérialisais mon arme et vins la réceptionner de manière à ce qu’elle s’écrase sur mon genou et que d’un craquement des vertèbres je vienne non pas lui briser les os, mais au moins les craquer avec la douleur qui s’en suit. Me reculant en laissant sa dépouille tomber sur le sol, je re-matérialisais mon épée, mais cette fois-ci sans doute trop grande …

En voulant donner un élan à ma lame, je l’abattis de dos sur la maison … un poste plus haut, mon épée et la pierre ? Qui gagne ? Mon épée. Et une maison en bois dans tout ça ? Plus de maison. Et un feu ouvert dedans ? Une maison qui flambe. Merde. Tellement merde qu’en me retournant suite à l’explosion de la bombe de cuisson, je me bouchais les oreilles avant de pâlir comme pas possible. Là … En plus d’être de mauvaise humeur, j’étais complètement furieuse, non pas contre une Kiwi qui devait joncher le sol à quelques pas, mais contre moi ! Moi qui venait de détruire notre maison, moi qui … on dort où ?

- Bah … t’auras plus froid maintenant.

Et c’est sur cette parole insensée que je sautais dans les flammes, une chose importante se trouvait dans cette maison et pour rien au monde je ne pouvais la laisser. Créant une bourrasque de vent à l’intérieur de la main, j’attrapais le cristal du générateur avant de ressortir. En pleine forêt, un incendie se fait savoir et les risques qu’en plus de la maison, tout le mont meurt sous les flammes étaient trop plausibles pour que je ne me décide pas à éteindre ce feu. D’un mouvement gravitationnel de la main, je créais de l’eau. Malaxant ma matérialisation de sorte à ce que je forme une vague et que je l’abatte sur la maison. Plus de feu … mais plus de maisons non plus. La merde, totale. Dématérialisant les cristaux de lumières que j’avais créé, je retournais auprès de Kiwi pour finalement m’arrêter à côté d’elle et lui dire, dans la plus grande des indiscrétions :

- On continue.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 26 Nov - 22:58

La sérénité, le calme nécessaire à la reconstruction d'une âme. Un paysage plein en couleurs, voilà des conditions pour atteindre le summum de l'apaisement. C'est ce que mon corps ressentait à ce moment précis après un échange de coups des plus mouvementés. J'étais bien, si bien que je ne prêtais aucune attention à Yume quand elle se releva d'un bond, de sorte à me faire de l'ombre dans ce ciel déjà peu lumineux. Évidement, je n'y fis pas plus attention qu'au flocon de neige qui tomba à coté de mon visage, et ce fut une erreur. Sans que je ne m'y attende, et surtout, sans que je ne comprenne la raison, ma chère compagne du jour vint m’enfoncer une partie de sa lame dans les cotes assez fort pour que tout mon corps défie la gravité et s'élève dans les airs sans moindre grâce. Non que je m'amuse à léviter, pas du tout même. Mais son coup était assez puissant pour que je vole dans les airs tel un oiseau qui apprenait à voler. Ici, tout va bien à part que mes cotes me lancent et que je suis en train de tomber dangereusement pour atteindre le sol. Bon d'accord, j'arriverai à me réceptionner... Si Yume ne m’avait pas aidé dans cette démarche d'une manière fort brutale. Finalement c'est le genou de cette fichue brute qui vint se ficher dans ma colonne vertébrale avec la force de ma chute et non le sol plat. Résultat ? Je me retrouvais au sol en suffoquant de douleur tandis qu'un millier de décharges parsemaient tout mon dos. C'était assez pénible et douloureux que je n'arrivais même pas à émettre un son intelligible, gémissant juste en essayant de reprendre le contrôle de ma peine. Bordel, mais qu'est-ce qui lui a prit ?! Furieuse comme jamais, j'essayais de réagir ou de faire quoi que ce soit comme me lever, par exemple, mais rien à y faire, chaque mouvement m'était insupportable. Grimaçant, mon corps tressaillit quand un bruit sourd atteint mes oreilles et qu'une chaleur diffuse se propage dans l'air avalant par la même occasion le gel que Yume a formé quelques longes minutes auparavant.

⁃ Bah … t’auras plus froid maintenant.

Un grognement sauvage sortit de ma bouche pour montrer mon désaccord ou alors, la dérision de ses paroles. Tout en sifflant entre mes dents, je me mis en position assise avec un mal de chien qui me tiraillait le dos intensément. Non mais, je me demandais si elle ne m'a pas déplacé quelques vertèbres dans sa hâte de me rendre handicapée. Je bougeais un peu pour voir l’étendue des dégâts sous ma peau et laissais tomber toute envie de me lever quand la douleur se diffusa trois fois plus fort dans mon corps. Je tournais la tête vers l'endroit qui flambait de tous flammes. De la folie, comment Yume est-elle arrivée à mettre en fumée une cabane sans même utiliser du feu... Catastrophe, une vraie folle sur pattes. D'abord elle s'attaque à moi sans moindre pitié ni raison, ensuite elle détruit l'endroit où nous étions sensés séjourner... Et tout disparut ne laissant que... de la poussière et de la suie noir par terre. Je soupirais de mécontentement tandis que les flammes furent arrêtées par le peu du bon sens que restait à ma chère amie, encore un peu et toute la forêt prendrait feu avec la maisonnette. La joie. J'allais la tuer.

⁃ On continue.

Les rubis qui me servaient des yeux suivaient Yume tandis qu'elle s'approchait de moi pour finalement s'arrêter à ma portée et de dire ces quelques mots comme si de rien était, égale à elle-même, avec une froideur non-feinte. Tout d'abord, je n'ai pas compris ce qu'elle voulait dire par là, alors je la fixais juste, toujours assise, sans aucune autre réaction. On continue... On continue quoi ?! On fait quoi maintenant ? Douée... Baissant un instant la tête, je serrais les dents et pris une grande inspiration pour, dans un ultime effort, me relever d'un bon et me tourner vers ma compagne du jour, dos droit ne montrant pas mon malaise et encore moins mon énervement. Une expression neutre sur le visage, je m'avançais vers elle d'un pas pour la saisir violemment par la tête et, avec un bon maintient, la bloquer sous mon bras en tournant sa tête vers la dépouille de la maison. Sa tête sous mon emprise, je laissais libre cours à mon énervement.

⁃ On continue quoi ?! T'as vu ce que tu as fait ?!

Sans lui laisser le temps de dire mot, je frottais mon poing serré sur sa tignasse, avec des mouvements circulaires enfonçant mes phalanges avec force dans son crâne pour qu'elle comprenne ma contradiction. Sentant que j'allais perdre mon emprise sous sa force - parce que oui, quand tu as mal la meilleure chose à faire c'est de se débattre non ?- je lâchais sa tête et attendis qu'elle se remette droite avant de lui mettre mon poing dans l'estomac avec toute la conviction du monde qu'il fallait. Ceci fait, je me reculais d'elle et mis mes mains sur les hanches la regardant de haut, une expression colérique toujours visible sur mon visage pâle.

⁃ Non mais tu as fait quoi là ? En plus tu pourrais être plus délicate, je ne suis pas un sac à patates, tu sais !

Gesticulant dans tous les sens pour lui montrer les dégâts qu'elle a causé sur la maisonnette pour ensuite grimacer de façon à ce qu'elle comprenne que j'avais mal au dos, je me calmais doucement au fur et à mesure que mes sermons se volatilisaient dans les airs. Soupirant pour la énième fois, je lui fis bien comprendre que si elle me rendait mon coup, j'allais la bouder jusqu'à la fin du monde, je me détournais de sa personne un moment pour... Pour faire volte-face une seconde plus tard et baisser la tête, fixant l'herbe sous mes pieds avec un intérêt soudain. Il y avait une odeur de brûlé dans l'air... On était au milieu de nulle part et, par dessus tout, il commençait à faire sombre.

Rouge pivoine, je pointais mon doigt sur sa silhouette avec un « o » incrusté sur la bouche. Restant ainsi un instant, je me ressaisis, pris une mine perplexe et fis des grands enjambées pour arriver à la hauteur de mon amie en moins de deux secondes. Prenant mon souffle, yeux grands ouverts, je me retrouvais à deux millimètres de son visage, remarquant ainsi qu'elle était légèrement plus grande que moi avec son apparence adulte. Intimidant ? Non quand on se rendait compte du désastre qu'elle venait de commettre quelques secondes auparavant. Toujours dans ma position, mes rubis rivés intensément dans ses azurs, je fus soudainement prise d'un semblant de malaise. Non pas à cause de la proximité, quoi que si aussi -mais ce fut nécessaire pour vérifier ma capacité à supporter sa présence-, mais surtout à cause d'une chose qui me tracassait terriblement.

- Yume.

Un mot, un seul sortit assez abruptement de mes cordes vocales avant que je ne recule, relâche mon inspiration et tourne la tête sur le coté tout en passant la main dans mes cheveux sombres, geste répétitif que je faisais à chaque fois que je trouvais la situation gênante.

⁃ Yume-Chan... J'ai... J'ai faim...

Je ne saurais dire pourquoi j'étais gênée pour le lui dire. Peut-être parce que je l'ai tabassé une seconde plus tôt pour me rendre compte que sans elle, maintenant et dans cet endroit, il me serait impossible de trouver de quoi me nourrir. Fronçant les sourcils, je me tournais vers la cabane carbonisée et une bouffée d'agacement me prit de court avant que je ne re-pointe la femme m'accompagnant à nouveau du doigt. J'élevais ma voix froide assez fort pour qu'elle entende le reproche que je lui faisais dans mon ton.

- Nous n'avons plus rien à manger, et tout cela parce que tu voulais m'abattre cette chose sur la tête... Tu es irrécupérable ! Brutale, perverse, froide, incompréhensible, changeante dans tous les sens du terme... Et le pire dans tout cela, c'est que je t'aime bien !

Arrêtant de m’époumoner pour ne rien dire d'intelligible, je croisais mes bras sur la poitrine pour les décroiser une seconde après et me laisser tomber au sol dans un geste désespéré. Laissant échapper un son présageant mon malaise quand à notre situation, je relevais des yeux implorant vers sa silhouette pour lui demander, tel un enfant perdu ne sachant quoi faire :

⁃ Et maintenant... On fait quoi ?

Non que j'avais pas envie de passer la nuit dans la forêt et dans le froid, mais c'était tout comme. Ah oui, au passage, quand j'ai faim, je suis mal à l'aise et énervée, je change de comportement encore plus rapidement que d'habitude. Je crois que je vais rester assise ici, sans broncher et me lamenter sur notre sort.

-J'ai pas envie de me faire manger par un ours... Cela arrive souvent aux randonneurs dans les films... Je suppose que c'est un danger réel...

Oui, là vous me voyez devenir complètement rouge au point de contraster avec l'herbe et ma pâleur habituelle, sentant le regard lourd de mon amie sur moi sans oser relever le regard. Quoi je regarde trop de films ?! Il y a toujours du vrai dedans, non ? Non. Ah bah je m'en fous, une forêt au milieu de nul part n'était pas le plus rassurant des endroits... Et les animaux, ça traîne partout ! Non, je n'ai pas peur ! J'ai juste faim... Non ? Et meeerde...

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mer 28 Nov - 18:17

Non pas que j’allais lui casser la gueule si elle continuait de me secouer dans tous les sens, mais c’était tout comme. Entre la maison qui brûlait, le décor qui tournait et sa voix stridente dans mes oreilles, j’allais crever avant qu’elle ne me lâche et vous savez pourquoi madame criait ? Parce que selon elle, mes actions n’étaient pas nécessaires. Il y a moins d’un instant d’ici, elle voulait mourir et maintenant que je l’attaque elle crie. Les femmes, elles étaient tellement incompréhensibles qu’il m’était impossible de comprendre quoi que ce soit à propos de celles-ci. Bien que j’étais moi-même une femelle, cela ne voulait pas dire que je me comprenais.

- On continue quoi ?! T’as vu ce t u as fait ?! Non mais tu as fait quoi là ? En plus tu pourrais être plus délicates, je ne suis pas un sac à patates, tu sais !

Bah à force de me secouer dans tout les sens, difficilement. Mais oui, je voyais bien la maison qui flambait, je voyais bien que mon malheureux coup nous avait coûté notre gîte. Mais tout de même, ce n’était pas comme si j’étais dans l’incapacité de matérialiser un nouveau toit, tout cela n’était que futile … peut être moins quand je devrais expliquer à Ayame que j’avais malencontreusement brûlé la maison de mon enfance, que celle-ci n’attendra pas la fin de mes explications pour m’arracher les membres … Mais cela ne concernait pas Kaïla, loin de là, ce n’était pas elle qui était la plus à plaindre ! Et puis merde aussi, je ne faisais pas ça pour détruire quoi que ce soit et elle avait beau gesticuler dans tous les sens, cela ne ramènera en rien la maison, c’était fini, point. Et si, c’était un sac à patates, du moins avant que je ne la fasse bouger. Si je n’avais pas agit de la sorte elle serait encore en train de se morfondre en se disant que sauter du Mont Fuji serait la meilleure des morts pour sa personne, pitoyable. Tout en sentant la colère monter, je ne pris pas la peine de me débattre quand cette chose usa de ses cartilages pour me les enfoncer dans le crâne, si elle voulait faire gratte-gratte, elle pouvait le faire ailleurs. Pervers ? Seuls ceux qui y pensent le sont !

- Yume-Chan… J’ai… J’ai faim… Nous n'avons plus rien à manger, et tout cela parce que tu voulais m'abattre cette chose sur la tête... Tu es irrécupérable ! Brutale, perverse, froide, incompréhensible, changeante dans tous les sens du terme... Et le pire dans tout cela, c'est que je t'aime bien !

Et enfin quand elle me lâcha, ce fut pour me dire cela de sa voix … de sa putain de voix de gamine. Voix de gamine qui me donnait qu’une seule envie, lui arracher les cordes vocales. Lui tournant le dos en prenant une mine boudeuse tout en croisant les bras sur une poitrine trop imposante pour moi, je n’écoutais que d’une oreille sa plainte sur la soi-disant probabilité que j’étais la personne qu’elle décrivait plus haut. Moi ? Perverse, irrécusable, brutale et j’en passe ? Et elle alors ? Elle était quoi ? La gentille petite fille qui sautillait dans un champ de fleurs avec ses amis les lapins roses ? Non. Ce n’était qu’une sadique, déconcertement folle, légèrement parano qui se prenait pour la victime. Victime dont je ferai bien ravaler sa langue si cette même victime n’était pas ma seule amie. Et elle avait beau me dire que finalement, elle m’appréciait que je n’en restais pas moins contrariée. Oui, là … sans doute pour la première fois depuis longtemps, j’avais envie de lui arracher la tête … mais genre, pas au sens figuré, non. Vraiment.

⁃ Et maintenant... On fait quoi ?

Et maintenant tu te démerdes. Ramassant sans grand ménagement les quelques choses utiles que je trouvais sur le sol, je commençais mes petites fouilles alors qu’elle partit une fois de plus dans l’un de ses damas que l’on ne voyait que dans les films, sans lui demander quoi que ce soit, je me dirigeais vers les restes de la maison tout en regardant si il n’y avait pas quelque chose de potable. Rien, le néant, au contact du feu, la bonbonne de gaz avait dû exploser … Et le résultat, déplorable. Sortant des décombres, je pris un petit sentier sans dire mots tout en traînant les pieds. Lui parler ? Non, je boudais. Je n’étais pas là pour mon plaisir, et le fait qu’elle ne voit même pas les efforts que je fais pour elle me tuait. J’avais beau essayer d’être gentille, d’être aimable et tout … Bah rien, seulement des cris et des prises de tête dont je m’en passerai bien.

Arrivant non loin du lieu de mon incendie, mes pas me menèrent un peu plus loin dans la forêt jonchant le mont. Fermant les yeux en laissant la nature s’exprimer, je recherchais le moindre bruit animalier avant de matérialiser un arc et de tirer d’une flèche en acier dedans. C’est sans compter les cinq lapins attrapés ainsi que l’espèce de sanglier qui avait reçu ma flèche dans l’œil que je trouvais de la nourriture. Oui, même si j’étais fâchée, j’en restais tout de même sympathique envers Kiwi. Sans académie, pas de pouvoir pour elle. Et une nuit ici, elle sera morte à l’aube. Une fois la nourriture attrapée, je vidais celles-ci avant de les traîner vers Kaïla. Arrivant à l’endroit du grand feu de camp si je puisse le dire ainsi, je plantais sur des branches la viande dépouillée de poils et d’excréments diverses, près du feu afin de les faire cuir. Elle voulait manger ? J’étais encore assez bonne pour lui en fournir !

Frottant un cristal dans mes mains fraîchement matérialisé, je soufflais dessus avant de le jeter dans ce qui était sensé être le jardin de la maisonnette. Sous nos yeux se matérialisait une petite tente, assez pour deux mais pas assez pour une personne n’appréciant pas d’être compressée avec une autre. Une vengeance quelconque qui me satisfait avant que je ne prenne place sur le sol à côté de la viande cuisante.

- Tu m’énerves. Quand tu arrêteras de jacasser parce que madame n’a pas un gîte assez beau pour sa personne, tu me feras signe.

Yume de mauvaise humeur qui ne tape pas ? Yume de mauvaise humeur sanglante ~

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mer 28 Nov - 23:45

Silence. Rien d'autre que le néant tandis que je restais toujours assise sur le sol à fixer cette silhouette féminine qui... qui partit au loin me laissant seule dans cette soirée pointant son nez à l'horizon. Ne bougeant pas, tout d'abord, je commençais à hésiter quand je ne la vis plus. Commençant à paniquer de m'être retrouvée seule au milieu de nulle part avec des animaux dans les parages, je me relevais enfin, n'osant tout de même pas faire un pas où que ce soit, de peur de me perdre dans l'immensité du Mont Fuji. J'étais mal barrée, surtout si Yume s'est décidée de partir pour ne plus revenir. Entre une maison brûlée et une forêt grouillant de bestioles, il ne me restait pas beaucoup d’alternatives que de rester sur place à l'affût du plus petit bruit. Peur ? Pas forcément, mais stressée ça oui. Un cri, ou alors un couinement me fit sursauter et mon regard rubis détailla tous les ombres m'environnant. La respiration de plus en plus saccadée, j'en eus presque les larmes aux yeux avant que je ne voie une des ombres se rapprocher doucement vers la clairière, sortant par la même occasion de la verdure sombre. Quel ne fut mon soulagement quand c'est Yume que j'aperçus, traînant derrière elle des... animaux ? Des lapins et un autre truc énorme à ce que je pouvais voir de la viande rougissante. Je restais bouche-bée tandis qu'elle, sans me prêter plus d'attention que si j'étais une brindille d'herbe, alla vers la carcasse de la maisonnette pour y cuir sa trouvaille.

Dégoûtée, voilà ce que j'étais en m'approchant doucement, mais pas trop près, de cette femme effroyablement silencieuse. Intriguée tout de même, j'eus limite peur de comprendre que cette viande allait se retrouver dans mon assiette. Non que je fais ma difficile sur la nourriture, loin de là, mais savoir et voir l'animal abattu étaient deux choses différentes. Écœurant. C'est ce que je me disais avant que mon ventre ne réagisse à ma place avec un bruit significatif. Un autre soupir et me voilà penaude devant se qui semblait être une tente. Une petite tente. Pour nous deux ? À voir l'expression glaciale de ma chère amie, je pense dire facilement que je ne pourrais pas protester. Tout doute sur cela s'évapora quand sa voix aussi froide qu'une brise d'hiver s'éleva dans l'air chauffé par quelques flammes du feu.

- Tu m’énerves. Quand tu arrêteras de jacasser parce que madame n’a pas un gîte assez beau pour sa personne, tu me feras signe.

Outrée après ses paroles, je me retournais vers la forêt et m'éloignai d'elle et de la bouffe. Non, mais si elle n'avait pas foutu le feu, je ne me serai pas plainte, j'étais dans mon droit là ! Tout aussi en colère, j'allais m'asseoir plus loin contre un tronc d'arbre, sans perdre Yume des yeux. D'ailleurs, avec toute la normalité du monde, je la fusillais de mon regard sombre espérant que cela lui fasse mal ou quelque chose dans le genre. Oui, je crois aussi qu'il faut que j'arrête les jeux vidéo... Jeux... Nature... Rien. Camping. Je pourrais en pleurer d'épuisement quant à la situation, mais j'étais aussi furieuse qu'elle. Bon sang !

- Ouais, bah je te signale que c'est ta faute !

Oui, j'allais rester ici et lui râler dessus, rien à y faire. Oui, rien à part peut-être quand l'odeur de la viande me parvint aux narines et que mon estomac réclame justice. N'en pouvant plus, je me relevais d'un mouvement lent et m'approchai de sa position. Nous n'étions que deux ici, loin de toute civilisation. À part des animaux dangereux et des insectes, il n'y avait rien, rien. J'en frissonnais d'horreur. Toute la nuit, on devra rester dans cette tente ? Mais comment voulait-elle que je fasse ? Sans lumière ni rien ? Non ! Je n'avais pas peur... Enfin, plus important pour l'instant, c'était me mettre quelque chose sous la dent. Mais pour ce faire, il fallait que je me plie et que je montre de la bonne volonté. Yume avait la nourriture, celui qui a la bouffe est le chef, Yume était la mieux placée. À contrecœur je m'assis à ses cotés et détournais le regard avant de demander timidement si je pouvais avoir un bout de viande. Enfin, demander était un grand mot, je pris un des bâtonnets tout en regardant ma chère colocataire avec prudence. Va-t-elle me mordre ou non ? J'espère que non.

Après avoir englouti le repas provisoire tout en essayant de ne pas penser à la pauvre bête qui s'est vue passer dans mon estomac, je soupirais d'aisance. Me grattant l'arrière du crâne tout en me relevant, je constatais avec angoisse que la nuit commençait à tomber inéluctablement trop vite à mon goût. Et que, dans toute cette entreprise, Yume ne daigna pas m'adresser la parole. Soupirant, et encore une fois grimaçant, je pestais contre ce glaçon avant de me décider à parler de nouveau.

- Merci pour le repas.

Oui, je lui en voulais toujours d'avoir foutu en fumée notre logement, pour le transformer en tente trop petite pour nos deux personnes. D'ailleurs, en y pensant, je me tournais vers cette maison en toile avec un malaise grandissant. Et si elle l'a fait exprès pour que je ne puisse pas dormir dedans ? N'allait-elle tout de même pas me laisser dehors ? Oui bon, la toile était un mince réconfort, mais c'était toujours mieux que le ciel et la forêt autour. Non, Yume ne m'aurait pas laissé vivre cela... Un œil circonspect envers sa personne et des doutes me saisirent de partout. Oui, elle en était capable.

- Tu... hmm... on va dormir toutes les deux dedans ? Ce n'est... pas un peu petit ?

En traduisant cela donnait : Ne me laisse pas dehors !

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Jeu 29 Nov - 0:17

J’étais dégoûtée, tellement que même voir la nourriture cuire sous mes yeux ne réveillait pas mon estomac, moi qui était fanatique de la bouffe voilà que je n’avais pas l’appétit. Assise à tourner la viande pour qu’elle ne crame pas, je me retenais de lancer des braises sur la jeune femme derrière moi qui faisait elle aussi, la tête. Énervante, épuisante, déconcertante, tout ce que vous voulez finissant par -ante tant que cela exprimait que Kaïla était une chieuse de premier ordre. Et c’est à ses dires que je sentis mon corps se crisper, ne lui avais-je pas demandé de se taire si elle ne disait pas quelque chose de constructif ?

- Ouais, bah je te signale que c'est ta faute !

Satanée femelle, elle me pompait l’air, tellement que je me renfermais de plus en plus dans mon coin. Je ne sais pas combien de temps il a fallut pour que la viande soit cuite et encore moins pour que son insignifiante personne ne vienne quémander de quoi nourrir son ventre. D’un air timide ou plutôt intimidé de ma froideur, elle me demanda d’un œil suppliant de lui accorder le butin de ma chasse, ne comptant pas manger ce que je rôtissais de toute manière, je lui avais répondu d’un regard alors que sa main venait déjà attraper un bout de viande chaud. Mangeant celui-ci, je zieutais de temps en temps sur sa personne avant de décider de me nourrir également, à force de voir des gens manger, cela donnait faim non ? Et bien moi si. Et bien que nous n’étions pas des ogres, un sanglier et cinq lapins étaient assez pour nos personnes, tellement qu’il n’en restait pas une miette. Un peu de mayonnaise aurait été apprécié, mais je me voyais mal me trouver une poule pour qu’elle ponde un œuf pour que je puisse faire cette même sauce. Me levant doucement en soupirant, j’attrapais les bouts de bois sur lesquels j’avais fait cuire la viande avant de balancer ceux-ci dans le brasier, encore plus facile de faire la vaisselle non ? Si. Soit, je n’étais pas d’humeur.

- Merci pour le repas.

Brisant le silence pour me remercier, je la gratifiais d’un regard sombre avant de me poser près d’un arbre que j’usais comme dossier. Fermant les yeux en laissant ma tête se poser contre l’écorce, je grimaçais de fatigue alors que je croisais les bras et les jambes. Les pupilles fermées, je songeais sans vraiment songer, essayant de calmer mon calme sans grande réussite. Elle ne m’avait pas poussé à bout, disons que je ne supportais pas ce genre de mégères cherchant des emmerdes là où il y en avait pas, c’était peut être ça la seule chose marquante qui différenciait Kaïla des autres. Elle, elle osait dire clairement que je l’emmerdais, elle n’avait pas peur de moi. Parfois, je dis bien parfois, j’aurais aimé qu’elle ait peur, qu'elle m’obéisse et qu’elle la ferme. Mais sur cette pensée, je mis une négation, si elle avait été comme ça, cela voudrait dire que j’étais comme Ayame.

- Tu... hmm... on va dormir toutes les deux dedans ? Ce n'est... pas un peu petit ?

Ouvrant les yeux sur sa personne, je levais la tête pour venir enfoncer mon regard dans ses rubis flamboyants sous les flammes de la maisonnette. Zieutant entre ses yeux et la tente fraîchement matérialisée, je m’abstenais de tout commentaire un court instant. Il était vrai que dormir dans cette tente risquait d’être difficile, je n’étais pas du genre à bouger dans tous les sens quand je dormais, mais je ne pouvais pas en dire autant de Kaïla. Déjà qu’en dormant ensemble dans un lit deux personnes c’était difficile alors vous retrouver dans une tente faisant 1m de largeur sur 2 de longueur, ca n’allait pas être de tout repos. Et rien qu’en pensant à cela, je me demandais pourquoi je n’avais pas, depuis le début de sa squatte dans ma chambre, commandé un deuxième lit pour sa personne ? Parce que j’avais été assez bonne pour lui laisser le mien, et aussi étrange que cela pouvait l’être, j’étais persuadée que si il y aurait un nouveau lit, j’aurais été obligée d’être celle qui allait le prendre. Pourquoi ? Demandez lui.

- Pas forcément. Je dormirai ici.

Très constructif, tellement qu’en me relevant, je modifiais l’arbre de ma matérialisation pour en former une sorte de cabane dans son tronc, assez pour accueillir ma personne et plus si besoin est. Remplaçant le sol par une espèce de duvet paraissant confortable, je matérialisais une sorte de barrière protectrice autour de ce même arbre, éradiquant aussi bien les insectes qu’empêchant toute bestiole de venir me déranger pendant mon sommeil. Une fois cela fait, il ne fallait plus que coussin et couverture pour que ce lit de fortune soit parfait. D’un simple geste de la main et d’une maîtrise hors du commun, me voilà dans un lit des plus appréciables. Oui, tellement que je me serai prise de pitié pour Kaïla si je n’étais pas de si mauvaise humeur. Mais tout de même, la pauvre … pas de matelas, pas d’oreiller, pas de couverture, pas de barrière … seule au milieu du danger.

- Ne te fait pas bouffer par un ours cette nuit.

Me couchant dans mon lit, je fermais les yeux tout en enfonçant ma tête dans mon oreiller. C’est en entendant un couinement suivit d’un grognement que j’ouvris les yeux pour les descendre sur la silhouette de Kaïla. Avait-elle... ? Marf, qu’importe. Fendant une brèche dans mon bouclier protecteur, je lui tendis une main tout en lui disant :

- Viens.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Jeu 29 Nov - 22:38

Avec toute la certitude du monde, je pouvais clamer haut et fort que l'ambiance était hivernale, froide et peu accueillante en somme. Que ce soit mon comportement changeant entre l'énervement et le malaise ou encore celui de Yume, entre la froideur et... la froideur, nous étions mal barrées. Aucun moyen de communiquer entre deux têtues dans nos genres, ce qui rendait les choses encore plus compliquées et chiantes.

- Pas forcément. Je dormirai ici.

Ici, cela voulait dire où ? M'approchant de sa personne qui se relevait, je me stoppais net tandis que l'arbre sur lequel elle était accoudée, se transformait sous mes yeux ébahis. Incrédule de voir ce que la matérialisation pouvait produire. Non que je devrais continuer à m'étonner des prouesses de ma colocataire entre des voitures ou des avions, mais cela restait tout de même merveilleux dans un sens. Par contre ce qui me rendait si vulnérable dans cette contrée sauvage, c'était le fait que moi, je ne savais rien matérialiser... Vérité qui me mettait encore plus mal à l'aise tandis que Yume s'installait tranquillement dans son lit de fortune, lit qui me semblait fort accueillant, chaud et... et, j'avais juste envie de me coucher dedans et de dormir. Une vraie mini-chambre ! Cela me donnait envie de fermer les yeux sous la fatigue surprenante qui me saisit après cette journée fort mouvementée. Enfin, si j'y arriverais avec ce paysage fort brute autour de nous.

- Ne te fait pas bouffer par un ours cette nuit.

Quoi ?! Et là, je compris. Et qui dit comprendre, dit que je devins pâle comme la mort en regardant tour à tour la tente et la cabane de ma colocataire. Elle n'allait tout de même pas me laisser seule, en pleine nuit avec les dangers qui rodaient tout autour ? Si ? Non ! Des sueurs froides dans le dos, je voulus faire ma fière et ne donner aucun plaisir à Yume et sa supériorité. Entre fureur et peur, je ne savais quoi choisir. Quoi qu'il en soit, me voilà près de la tente, lançant de temps en temps des éclairs à l'endroit où se trouvait la femme aux couettes. Un soupir, un craquement, volte-face, rien à part des ombres, et me voilà paniquée comme jamais. J'étais limite terrorisée en imaginant toutes sortes de monstres se tapissant dans les ténèbres. Je n'étais pas habituée à ce genre de paysage et me voilà confrontée à tout cela, sans personne... Yume, je te hais parfois !

Un autre craquement dans la forêt et me voilà pousser un cri étouffé et marcher... enfin marcher vite vers la cabane de ma chère compagne de voyage. M'arrêtant devant, j'essayais de l'appeler en murmurant de peur d'attirer l'attention d'une quelconque bête, tel qu'un ours. Mais rien aucune réaction, je dus parler trop bas. Tentant le tout pour le tout, j'essayais de grimper dans son lit de fortune mais une barrière de matérialisation m'en empêcha. Poussant un petit cri de douleur quand toute ma main fut parcourue de décharges, je poussais un juron suivit d'un grognement mécontent. Donc ainsi, elle allait vraiment me laisser mourir ici ?! Je n'étais pas du tout partie pour me faire déchiqueter par un animal sauvage, avec lenteur et douleur... Non, incontestablement, je n'avais plus envie de crever. Les larmes aux yeux, j'étais au bord d'une crise de nerfs quand une voix glaciale me parvint aux oreilles.

- Viens.

Levant la tête brutalement vers sa main blanchâtre, je n'hésitais pas un instant avant de la saisir, fuyant ainsi l'horreur qui me guettait au sol. Dégoûtée du toucher ? Non, je n'eus pas le temps d'y penser, trop soulagée de me retrouver dans un espace protecteur, aux cotés d'une personne dont rien ne pouvait atteindre. Enfin sur le duvet moelleux, j'estimais l'espace de sommeil qui nous serait accordé. Bon, il va falloir faire avec, et de plus, j'avais plus important à faire que pleurer sur le sort cruel qui nous arrivait dans cette escapade. Assise, je me tournais vers ma colocataire qui avait l'air d'avoir oublié ma présence, ou alors c'était sa manière d'être qui me donnait cette impression.

- J'aime pas cette forêt, elle fait peur... Désolée de m'avoir emportée.

Même si je n'étais pas tout à fait d'accord avec tout cela, je rendis les armes sachant que ma position n'était pas de meilleure envergure. Elle m'a invité ici pour me changer les idées, pour m'éloigner de cet endroit hostile qu'était Undai. Ensuite, même si elle a gaffé, elle a arrangé les choses à sa manière peu subtile. La moindre des choses, c'était que je lui sois reconnaissante ne serait-ce qu'un peu. C'est dans cette douce couverture que je réalisais mon comportement horrible à son égard. Grommelant des mots inintelligibles, je me couchais à coté de ma colocataire sans plus de cérémonie, lui piquant par la même occasion les couvertures et lui tournant le dos face au tronc ou je ne sais ce que c'était.

Je suis restée ainsi pendant deux, peut-être trois minutes avant que le stress ne revienne avec force pour me retourner l'estomac. Non, définitivement, je ne me sentais pas à l'aise. Non pas à cause de Yume, j'avais l'habitude de partager un même lit avec elle, même si d'habitude j'avais plus d'espace et que, ces derniers temps, elle dormait rarement dans sa chambre... Oui, bon, la proximité me dérangeait, surtout après qu'elle ait appris ce qui m'était arrivé. Mais c'était surtout le noir, et cet endroit qui me rendait nerveuse. Ainsi, impossible de dormir. Surtout quand un bruit suspect me parvint aux oreilles. Frissonnant d'horreur, j'essayais de ne rien montrer, me persuadant qu'il était normal d'entendre des bruitages différentes dans une forêt sauvage, mais cette idée n'arrangea rien du tout, pire même. C'est après un second son sourd que mes nerfs lâchèrent et que je bondis comme un ressort, regardant tout autour de moi, affolée. Un grognement teinté d'un gémissement fatigué et me voilà sous les couvertures, la tête contre le corps froid de Yume en train d'essayer de chasser toute sorte d'image tordus de mon esprit, tout en agrippant avec conviction. Genre, cela changera quelque chose. Bah oui, l’effigie de sécurité se trouvait à mes cotés.

- Vraiment, j'aime pas cet endroit.

Laissant un soupir lourd sortir d'entre mes lèvres, je lâchais enfin sa silhouette, en me demandant un instant si elle n'aurait pas pris moins de place en prenant son apparence de gamine. Peu importe, parce que après la peur, il y avait un certain malaise de cette proximité. C'est pourquoi me voilà à nouveau agitée, reculant à l'autre bout – genre à deux centimètres de distance- de la cabane. L'endroit était étouffant, mais en même temps, je préférais rester assez proche de Yume, au cas où. Arghf ! Impossible de me décider entre l'horreur du toucher et la peur du noir sauvage. C'est un grognement qui ne venait pas de ma bouche qui décida à ma place. Sous un dernier :

-Désolée !

Aboyé avec peine, que je me collais à son corps tout en jurant entre mes dents. Définitivement, je vais combattre ma peur des gens quitte à me retrouver morte demain matin sous le surplus de cela. Ce que j'espérais le plus, ce qu'elle ne me laisse pas seule ici, et j'allais m'y tenir à cette idée quitte à devoir lui arracher sa peau pour qu'elle ne s'éloigne pas. Oui, sérieusement, je n'arriverais pas à dormir cette nuit.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Jeu 29 Nov - 23:05

Je savais qu’elle n’allait pas refuser mon geste, je lui tendais les bras alors qu’elle ne le méritait pas après ce qu’elle m’avait fait subir. Gentille, je ne l’étais pas. Seulement avec Kaïla, après tout, j’avais mes raisons pour aussi, elle était la seule à accepter qui j’étais vraiment, la seule qui avait pu voir mes diverses facettes et sans doute la seule qui connaissait mon passé en dehors d’Ayame. Nous entretenions une relation amicale, étrangement amicale, mais tout de même, c’était l’extase, avec elle, je pouvais être qui j’étais sans me soucier d’un jugement trop sévère et elle aussi, pouvait me parler sans que je ne mette doute à ses propos. Un amour platonique ? N’en avais-je pas déjà assez avec un amour à sens unique ?! Sens unique, ce terme n’était pas vraiment juste puisque moi aussi, à ma manière, j’aimais la directrice. Elle était … celle qui restera à tout jamais ma dernière « maîtresse » après tout.

- J'aime pas cette forêt, elle fait peur... Désolée de m'avoir emportée.

Se couchant à mes côtés en prenant ses aises, je la laissais faire sans rechigner. N’avais-je pas été aimable en l’invitant dans mon gîte ? Si, et c’est sans doute pour cette raison que je ne pris en compte le fait qu’elle me vola déjà ma couverture, même pas une minute passée à mes côtés. J’avais l’habitude me diriez-vous, mais tout de même … Cet endroit était bien différent de ma chambre bleutée luxueusement confortable. Laissant un petit rire amusé, fort discret, à l’encontre de sa phrase, je plaçais mon bras en dessous de mon oreiller afin d’en former un support surélevé. Oui, ce lieu n’était en rien des plus accueillants, entre les animaux inconnus à notre connaissance qui rodaient dans les parages et les bruitages dignes d’une forêt hantée, on n’aurait pas pu choisir mieux. A se demander si, ici ou dans la maisonnette flambée, lequel de ces endroits était le plus accueillant. A choisir, je me sentais plus à l’abri derrière ma barrière protectrice que dans une cabane sur le point de s’écrouler. Soit, les choix pouvaient être mitigés selon les personnes …

Et c’est sans compter que j’eus un sursaut quand, Kaïla eut elle aussi un haut le cœur suite à un bruit extérieur. Rageant mentalement d’avoir eu « peur » si facilement à cause de la parano qui séjournait dans mon lit, je n’eus le temps de lui foutre un coup sur la tête pour l’assommer que celle-ci se jeta, je dis bien « jeta » littéralement sur moi pour venir se coller à ma peau dénudée. Oui, je n’avais guère pris la peine de « recoudre » mes vêtements en lambeaux et re-matérialiser des nouveaux n’avait pas encore surgit dans mon esprit à ce moment là. Soupirant doucement en laissant le pot de colle user de mon corps comme bouclier contre ses ennemis imaginaires, j’essayais tant bien que mal de m’endormir, mission impossible quand on savait avec aisance que la chose à côté de vous ne faisait que gesticuler. Une fois je te fais un câlin, l’autre fois je me barre loin ! Youhou.

-Désolée !

Oui, elle pouvait l’être. Et c’est la tête glaciale contre mon dos qu’elle me disait cela, à se demander si elle s’excusait pour sa température corporelle frôlant l’hypothermie ou le fait qu’elle me compressait comme pas possible ? Allez savoir, les jeunes de nos jours … Dieu, ayez pitié d’eux. Me retournant tant bien que mal pour lui faire face, je vins encercler mes bras autour de ses épaules tout en posant l’une de mes mains sur sa hanche. Rivant un instant mon regard bleuté dans ses perles de sang, je fermais les yeux tout en lui disant d’un ton que je trouvais « endormant » :

- Ne t’attend pas à ce que je te raconte une histoire pour que tu dormes. Si tu n’es pas bien ici, tu peux toujours retourner sous ta tente.

Affichant un petit sourire moqueur, j’imaginais déjà la scène. Combien parieraient pour que, le lendemain au réveil, je retrouve Kaïla les yeux grands ouverts avec des cernes en dessous ? Je prends les paris, venez. Mais soyons sérieux, c’était un cas, le pire des cas à dire vrai. Madame je ne supporte pas le toucher se trouvait, par je ne sais quel miracle, collée à ma personne tel un chewing-gum fraîchement mâché collé à une semelle. Riant légèrement à cette pensée, je me décidais -enfin- de reprendre mon apparence « coutume », oui celle avec laquelle je me pavane dans l’institut … vous voyez ? Petite, fine, enfantine … pas trop, mais tout de même, un bon petit seize ans tout au plus. Prenant donc déjà considérablement moins de place, parce que oui, la poitrine volatilisée, ca fait un grand changement, je rouvris les yeux pour étirer mon visage en une expression narquoise tout en disant d’un ton mi amusé, mi songeur :

- Au moins, tu ne pourras pas me traiter de pédophile comme ça.

HAHA. La bonne blague.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Ven 30 Nov - 0:37

Cette dingue n'arrangea rien à la situation déjà fort inconfortable dans laquelle je me retrouvais. Au lieu de ne pas bouger, ou du moins essayer de ne pas me faire remarquer que j'étais en mode collée à un être humain, elle fit tout le contraire en se retournant de sorte à me faire face. Ce qui veut dire en terme clair, à se retrouver tellement proche de ma propre silhouette que j'en sentis son souffle sur mon visage, sans oublier ses mains qui n'avaient pas à me toucher. Bon sang, qu'est-ce que je donnerais pour pouvoir lui hurler dessus et m'enfuir loin... très loin. Mais je n'étais pas dans la capacité de faire cela en ce lieu hostile, il ne me restait qu'à avoir les yeux grands ouverts d'horreur, de grimacer et d'essayer de m'éloigner de cet être froid. Bon, je pouvais toujours essayer d'imaginer Yume en tant que coussin ou une décoration, et non comme un corps... Mais il m'était difficile de la concevoir tandis qu'elle parlait et... et trop près. Je vais mourir.

- Ne t’attend pas à ce que je te raconte une histoire pour que tu dormes. Si tu n’es pas bien ici, tu peux toujours retourner sous ta tente.

Un grognement furieux et me voilà de nouveau en mode « je te boude sale perverse ». Vexée comme jamais, je ne bougeais guère de peur de faire un faux mouvement et de me retrouver encore plus scotchée à cette femme glaciale que je ne l'étais déjà. Je n'avais aucune envie qu'elle me raconte quoi que ce soit, et je doutais fort que ses talents de narratrice dépassaient le « ta gueule... hum. », alors de là à raconter une histoire quelconque, je pense que cela se terminerait par un truc assez gore pour me laisser éveillée toute la nuit, sans oublier les cauchemars pour les nuits qui s'en suivraient. Non merci, j'étais assez terrifiée comme cela avec cet espace et mes propres problèmes, n'en ajoutons pas une couche. Et non ! Je préférais rester ici, avec elle et ses attouchements plutôt que de sortir dans cette contrée sauvage à la merci de toutes les bêtes qui passeraient par là. Et le fait que Yume le sache et me le montre par son sourire narquois, me rendait encore plus en colère contre elle. Mais je n'eus pas le temps de protester ou de m'énerver que sa silhouette, toujours autant insistante sur moi, se transforma pour reprendre son apparence de gamine. Je pouvais dire que c'était un plus, elle prenait moins de place et, de ce fait, j'avais plus d'espace pour m'étendre sans devoir trop sentir son corps dans mon sillage.

- Au moins, tu ne pourras pas me traiter de pédophile comme ça.

Changement d'avis, je préfère partir sous ma tente. Incrédule, je suis restée une bonne minute les yeux écarquillés à la fixer en essayant de desceller toute hilarité dans ses dires. Mais comment voulez-vous lire sur une inexpressive de la vie ? Surtout quand elle avait cet air trop... trop elle. Une seconde de plus et me voilà blêmir encore d'avantage avant de, avec la plus grande des délicatesses dont je ne pouvais faire éloge, je me reculais d'elle. Reculer, était un grand mot. Je devrais décrire cela plus comme un mouvement de gesticulations diverses pour me retrouver assise, plus ou moins courbée, en train de me débattre contre ses mains qui, par je ne sais quel moyen, ne se trouvaient plus autour de moi. Bah, le moyen c'était qu'au passage, je lui ai foutu mes pieds dans le ventre en l'utilisant comme ressort, question de m'éloigner encore plus rapidement de sa silhouette enfantine. Donc, récapitulatif : assise dans un coin de la cabane, yeux ronds, bouche entrouverte, j'essayais de me rendre la plus petite possible de façon à ne plus devoir être en contact avec ne serait-ce qu'une minime parcelle de son corps. Non, définitivement, je ne trouvais pas cela marrant. Mon état était-il exagéré face à cette déclaration songeuse de mon amie ? Peut-être oui, peut-être non, mais après ce que j'ai vécu, il m'était presque impossible de réagir autrement. Oui, les nerfs, cela donne du punch !

- Tu restes vieille quand même ! Et ce n'est pas marrant, sale perverse timbrée !

Rouge de colère, j'étais tellement crevée de fatigue que cela m'énervait encore plus d'avoir des réactions aussi poussées. Non mais qu'est-ce que j'ai fait de mal pour me retrouver en sa compagnie pervertie dans un tel endroit ? Si je pouvais... Si j'avais pu partir d'ici pour retrouver un endroit calme et désert de tout humain trop insistant, j'aurais saisi l'occasion. Mais là non, impossible, j'étais vouée à supporter mes peurs ainsi que sa moquerie démesurée. Yume, tu n'as aucun cœur. Un autre soupir, un son légèrement affecté par la fatigue accablante de la nuit tombée, et me voilà de nouveau couchée auprès de ma colocataire, mais assez loin pour ne pas la toucher. Enfin, plus ou moins. Défaite, je ne savais plus quoi faire. Tenter la chance et aller dehors, ou rester avec cette folle dérangée dont les desseins me restaient inconnus... Quel choix difficile. Me cachant sous la couverture jusqu'aux oreilles, seuls mes rubis dépassaient toujours fixés avec insistance sur ma compagne, comme si ce geste pouvait l'arrêter de tout mouvement.

- Ne m'approche pas, ne me touche pas, ne bouge pas.

Tout cela dit d'une voix faible mais convaincante. Je n'avais pas envie de rester toute la nuit à guetter un danger quelconque de sa part ou celui de l'extérieur. J'étais épuisée, déprimée, sous le choc avec des idées tordues plein la tête. Que de mieux pour devenir complètement paranoïaque. Frottant mes yeux d'une main sortie de sous les couvertures, je ne sus retenir un bâillement avant de reprendre ma place initiale, c'est-à-dire nez pointant vers l'air libre, regard rivés sur la gamine aux couettes, sans pouvoir le détacher. Mais si ce n'était que cela... Ah bah non. D'un geste hésitant, je vins trouver à l'aveuglette une de ses manches que j'attrapais doucement, faisant attention de ne toucher que le tissu, tel un enfant cherchant un réconfort dans toute sa futilité. Comme si avoir sa présence, dans un bout de tissu, sous ma main pouvait m'aider à dormir.

- Te moque pas... j'y peux rien, je ne suis pas habituée à cela. Je vais essayer de ne plus te déranger. Bonne nuit...

Baissant le regard pour n'avoir pas à subir ses azurs que je devinais moqueurs, je soupirais à nouveau avant de poser mes rubis sur un point quelconque, tel qu'un de ses épaules. Ouais bon, je vais stresser toute la nuit, parce que oui, elle sera longue. Mais au moins, je ne dérangerais pas Yume dans son sommeil. Du moins le temps que j'arriverai à me retenir de hurler sous un bruit suspect ou alors de « paranoter » en la réveillant pour lui expliquer expressément que j'ai vu une ombre bouger et que j'eus peur, et, pat la même occasion lui demander d'aller vérifier. Par contre, je vais tout de même faire des efforts. Pauvre de moi. Pauvre Yume. On ne va pas s'en sortir.

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Ven 30 Nov - 1:30

Le deuxième jour: Découverte d'un hôte particulier.


La réalité était bien dure, et je peux vous assurer que si je n’étais pas gorgée de la puissance de la matérialisation, mon corps entier serait déjà mutilé et dans un piteux état sous les coups de Kurayami. Entre son coup de pied dans mes côtés et ses mains tordant mes doigts, je ne saurais dire si un humain normal serait sorti de cette nuit « entier ». Nuit qui commença enfin à se calmer sous sa dernière phrase :

- Te moque pas... j'y peux rien, je ne suis pas habituée à cela. Je vais essayer de ne plus te déranger. Bonne nuit...

Oui, le confort et la sécurité n’étaient pas de premier ordre dans cet endroit hostile, mais au moins, à preuve du contraire, j’avais réussi, d’une manière ou d’une autre à lui changer les idées. Elle était redevenue … moins pleurnicharde, disons que le choc de ma découverte sur la vidéo s’était envolé, mais qu'au moins, elle savait que cela ne m’avait pas « tant que ça changé » vis à vis de sa personne. Il était vrai que j’en étais bouleversée, trop même pour une histoire qui ne me touchait pas de trop près, mais tout de même … voir mon unique amie dans une position dans laquelle je m’étais retrouvée il y a de cela des années m’avait tout de même … affectée en quelque sorte. Oui, parce que je ne voulais pas que cela lui arrive, vraiment … si je pouvais revenir en arrière, jamais, jamais je n’aurais laissé cela se produire, quitte à tuer tous ceux qui risquaient de lui apporter malheur, je l’aurais fait.

Fermant les yeux sur cette idée alors que je sentais mon tissu accroché dans la paume de Kaïla, je n’en tins pas rigueur pour m’endormir. Il nous fallait une nuit de sommeil après tous les événements passés, en pensant que nous étions encore à Undai ce matin … Regardez nous à présent, perdues au fin fond du Mont Fuji. Amusant ? Pas vraiment, disons plutôt changeant. Tellement changeant qu’il fallut que la réalité vienne à moi quand je sentis un poing lourd sur ma personne endormie. Entrouvrant les yeux pour regarder ce qu’il se passait, je fus désagréablement surprise de voir deux amandes verdâtres me fixer avec amusement. D’un geste brusque que je fus obligée de freiner pour ne pas réveiller Kaïla, je me glissais hors de mon lieu de sommeil tout en repoussant la chose qui avait osé me réveiller à cette heure tardive. Le soleil ne venait que de se lever, si il était plus de cinq heures du matin peut être j’allai être clémente avec l’importune qui me faisait face.

- Même pas vingt-quatre heures et tu es déjà là pour me surveiller ?

D’un rire moqueur, je m’étendis légèrement tout en me dirigeant vers un coin plus éloigné de l’endroit où je dormais. Il ne manquait plus que mon élève se réveille pour que ce soit le comble, avec une chiante à gérer de bon matin, j’avais déjà assez alors si la deuxième voulait en faire partie, c’est bon, je me suiciderai là, devant celles-ci ! croisant les bras en attendant une quelconque réponse de sa part, je blanchis quand ce ne fut pas des paroles qui virent à ma rencontre mais une étreinte trop, trop proche, trop étouffante, trop Dead Master.

- Maaah, tu devrais être contente de me voir ma chérie. Si je suis là c’est pour te demander un service, je ne saurai être là « trop » longtemps, j’ai beaucoup de choses à surveiller à Undai ~

Surveiller ? Non, je ne crois pas. Interrogative sur ses dires, je fronçais les sourcils alors que sa tête se collait à mon cou dans un geste dit « sensuel ». Restant de marbre en regardant droit devant moi, je me questionnais sur ses occupations, il était rare qu’elle soit forcée de retourner rapidement à Undai et il était tout aussi rare qu’elle me laisse partir ainsi oui … partir, maison … ah ? Haha ! Maison !

- Yume-Chan serait assez gentille pour livrer ce colis à Koro-San cet … après-midi.

Et c’est en même temps qu’elle me disait cela, que sa tête se tourna vers … vers ce qui était sensé être notre ancien coin à nous. Déglutinant difficilement, je restais silencieuse un court instant avant de finalement faire des grands gestes à son encontre pour que son attention lâche la maison -disparue- et qu’elle se focalise sur ma personne. Entre des sauts et des grands gestes avec les bras, sans oublier les « T’as un nouveau parfum ? » « T’as coupé tes cheveux non ? » « Ca fait un moment que j’étais plus venue ici, merci d’être là … ? » « Heu ?! » Ouais, moi et la construction de phrases, c’était la mort. Tellement la mort que je dus me protéger de mes bras pour ne pas me ramasser un poing direct dans le visage. Grimaçant légèrement alors que sous le choc, mon corps recula de quelques centimètres, je fronçais les sourcils avant de m’abaisser rapidement pour éviter le coup de pied qui s'en suivit. J’étais mal barrée, tellement que la colère d’Ayame se faisait sentir tout comme voir. Une espèce de halo grisâtre transplantait autour de son être alors que son visage assombrit par sa chevelure ne laissait plus que transparaître ses deux billes verts forêt. Ce n’est sans doute qu’une bonne demi-heure après des plaintes de ma part et des essais en matières d’excuses qu’elle s’arrêta enfin, pour, non pas à ma grande surprise, me hurler dessus comme une hystérique :

- Non mais puis-je savoir comment cela s’est produit ?! Fallait-il vraiment que tu viennes souiller cet endroit avec ta chose ?! Et puis tu vas me dire comment, pourquoi et quand ?! N’as-tu donc pas respect des choses qui ne sont guère que tiennes, Yume Kuroi ?! Je suis outrée, outrée de voir que même cet endroit, tu n’as guère réussi à le préserver ! Excuse-toi de ce pas avant que je ne te condamne au même titre que cette maison !

Pour une fois, je n’avais pas vraiment le choix, c’était ma vie ou des excuses sincères et même si c’était difficile à formuler, il fallait croire que j’y étais arrivée puisque j’étais encore là pour vous raconter tout cela. La suite de cette engueulade monumentale -genre ca faisait bien dix ans qu’elle ne m’avait plus pété un plomb dessus pour ce genre de choses-, nous décidâmes de prendre un peu de recule avec cet endroit délabré pour nous aventurer vers la forêt. Je n’étais pas forcément bavarde, elle par contre, c’était autre chose. Pour une fois, le stress qu’apportaient nos rangs et nos fréquentations à Undai n’avaient fait guère partie de la conversation, oui … pour une fois je crois que nous étions « normales » dans notre bizarrerie.

Peut être étions nous restées jusqu’à ce que le soleil soit bien plus haut dans le ciel à parler ainsi, lui montrant diverses choses que je savais faire depuis notre dernière rencontre ou encore, son savoir inhumain sur certaines choses que je trouvais inutiles, genre … de quel arbre était tombée x feuille et quelle était sa différence avec une autre … le genre de truc que toi, normal ou anomal que tu puisses être ne trouve pas … « intéressant ». Mais rien que pour faire bonne figure, je m’obligeais à l’écouter, oui écouter avant de péter un plomb quand j’en pouvais plus où qu’elle me collait trop à vouloir me violer derrière un buisson. Soit, je n’aimais pas. Mais pas du tout … quoi que ? Peut être un peu … beaucoup même. Même quand j’eus voulu me laver, parce que oui, fallait bien, quitte à se laver dans de l’eau froide fraîchement réchauffée par de la matérialisation, fallait que la vieille me regarde. Parce que oui, il était normal pour un parent de voir l’évolution corporelle de son enfant ; disait-elle avec tant de certitude dans la voix. Pire qu’un Pedobear cette femme, oui !

C’est quand elle partit -enfin- que je me retrouvais avec un paquet en main, ne sachant nullement ce qu’il y avait à l’intérieur. Pas plus curieuse que ça de le savoir et râlant déjà de devoir aller voir l’un de ses vieux « amis », je retournais vers mon abri de fortune. Me retrouvant nez à nez devant une Kurayami réveillée, je levais la main en signe de salutation avant de lui dire, d’un ton neutre tout en secouant le colis :

- Une livraison à faire, on part dès que tu es prête.
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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Dim 2 Déc - 0:39

Quelle nuit horrible. Voilà la première pensée que j'eus en ouvrant les yeux tandis que les oiseaux chantaient et que le soleil brûlait haut dans le ciel. Je ne devrais pas me plaindre, cela pouvait se terminer bien pire, se dérouler dans des conditions extrêmes d'où je ne sortirais pas vivante. Et justement, j'étais en vie, raison pour laquelle je me devais de prier un bon coup et de remercier les ours de n'avoir pas tenté le diable... Oui c'est de Yume que je parle là. Yume qui ne se trouvait pas dans le tronc d'arbre improvisé en cabane, à mon réveil. Je me demandais un instant où elle aurait bien pu être passée et, pendant une fraction de seconde, j'avais imaginé le pire en me disant qu'elle s'est faite dévorée dans son sommeil par un animal in-identifié. Mais cette idée disparut tout aussi vite quand aucune trace de sang ni de lutte ne me sauta aux yeux.

Dehors, je frissonnais légèrement sous l'air frais de la journée. Le Mon Fuji était un bel endroit, mais qu'est-ce qu'il y faisait froid ! J'étais tout de même heureuse d'avoir vu un lieu aussi magnifique avant... avant quoi au juste ? Avant de retourner dans l'enfer qui m'attendait à Undai ? D'ailleurs, allais-je y retourner, ou il serait mieux que je demande à Yume de me déposer à Kobe, chez moi ? Je ne saurais dire, mais pour le moment, je voulais juste profiter de sa compagnie dans cet endroit isolé sans devoir me préoccuper du futur, qu'il soit proche ou non. J'aurai encore le temps de stresser pour la suite, sur le chemin du retour par exemple. En fait, maintenant que la maison n'était pas là, allions-nous rebrousser chemin et rentrer ? Une question dont je voulais que la réponse soit négative. Je me plaisais bien ici, loin de tout le malheur.

C'est en apercevant Yume, en compagnie d'un drôle de paquet, qui sortait de la forêt que je commençais à me poser des questions. Me frottant le visage avec les mains, je m'avançais à son encontre essayant de remettre un semblant de présentation dans mes cheveux en bataille.

⁃ Une livraison à faire, on part dès que tu es prête.

Curieuse, je regardais le colis qu'elle secouait dans tous les sens, me demandant ce que cela pouvait bien être. Mais tout en voyant le regard – toujours aussi froid et bleu- de Yume, je me décidais à bouger et d'aller me changer dans la voiture qui, par miracle n'a pas pris feu la veille. D'un geste endormis, je tournais les talons avant de grogner à l'encontre de ma colocataire un « je me change, attends ici ». Arrivée dans la voiture, il ne m'a pas fallut plus de deux minutes pour ouvrir un des sacs qui ne s'est pas vu anéanti dans l'incendie. Trouvant de quoi me mettre à l'arrache, me voilà habillée d'un blouson sombre et un jean de la même couleur noire pour le style. Non en fait, la plus part de mes vêtements se résumait dans des teintes noires virant au gris dans mes moments de joie. Gothique ? Rien du tout, juste... Juste, je trouvais que cela allait avec mes cheveux et, surtout, avec mes yeux bizarres. Ouais, je n'ai jamais aimé mes yeux rouges, des pupilles de monstre comme je me plaisais à le dire. C'est peut-être pour cette raison que je ne passais pas ma vie à me regarder dans un miroir ? Qui sait. Moi, je m'en fiche complètement.

Habillée et plus ou moins prête, je hélais la fille aux couettes pour qu'elle me rejoigne dans la voiture. Ceci fait, je laissais libre cours à ma curiosité et lui demandais enfin le pourquoi du comment de ce départ immédiat.

⁃ Dis, nous allons où ? D'où tu as ce paquet ? Y a quoi dedans ?

Des questions dont j'attendais des réponses tandis que le moteur de la voiture se chauffait et que, par un semblant d'instinct de survie, je bouclais ma ceinture. Pâle ? Vomir ? Non ! Prévenir !

⁃ Roule doucement, d'accord ? T'as pas faim ?

Dis oui, dis oui, dis oui ! Yume ma chérie, je t'en supplie ! Pour les deux questions, hein !

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Lun 3 Déc - 22:17

Sentiments, joie, bonheur, appréciation, haine, tristesse, haine comme amour. Tous ces sentiments régnaient depuis peu dans mon être intérieur, cela me paraissait tellement étrange que je risquais de me dégoûter moi-même en n’étant plus que comme le commun des mortels. Oui, j’avais appris à sourire, à plaindre ce que je trouvais dérangeant … Étais-je encore celle que je voulais être ? La puissante femme sans cœur ni lois ? Je ne saurais le dire, et c’est après mon entrevue avec Ayame que mon esprit resta fixé sur ces pensées fort dérangeantes, tellement que je restais muette devant une Kaïla me regardant fixement après un sommeil de fortune. Ce n’était plus que par automatisme que je marchais vers la voiture, que je me détournais de son visage quand elle m’ordonna de ne pas la regarder sa changer, de venir m’asseoir dans cette même voiture pour finalement enclencher le moteur en le faisant vrombir sous mon capot.

Empruntant sans failles la route que j’avais utilisé pour venir jusqu’au Mont Fuji, je fis marche arrière à une vitesse folle, usant du siège de mon élève comme accoudoir alors que mes yeux se fixèrent sur la vitre arrière, il ne fallut pas plus d’un instant pour que nous arrivions sur une chaussée dégagée de tout conducteur, avaient-ils prévus que j’allais emprunter la route ? S’étaient-ils dit qu’il serait préférable de ne pas se trouver sur mon chemin de peur de perdre la vie ? Allez savoir, l’esprit humain était bien trop complexe pour ma personne.

- Dis, nous allons où ? D'où tu as ce paquet ? Y a quoi dedans ?

Je n’avais pas vraiment envie de répondre à ses questions, je ne savais pas ce qu’il y avait dans ce paquet et la destination allait être vitre trouvée par son esprit rationnel dès que nous emprunterons l’autoroute en direction de la ville de Kitayama, Fujinomiya, dans la préfecture de Shizuoka en direction d’une zone résidentielle assez aisée où se trouvait « l’ami » de la directrice. Je ne comprenais pas cette femme, si elle avait fait son chemin jusqu’à ma rencontre, pourquoi n’avait-elle pas été elle-même porter ce putain de colis à cet homme détestable ?! Pourquoi devais-je être la coursière de celle-ci, hein ? Sérieusement, la mauvaise humeur pointait déjà son nez alors qu’il n’était même pas encore dix heures du matin. Dieu, si je pouvais avoir le silence complet, cela aurait été parfait. Mais non, fallait que le ventre de Kurayami fasse des siennes et tel un chien à l’affût, je ne fus pas surprise de sa demande :

⁃ Roule doucement, d'accord ? T'as pas faim ?

Cela allait de soi que j’avais le ventre vide moi aussi, je n’avais pas mangé depuis la veille et « manger » était un grand mot en vue de ce que j’avais pu me mettre sous la main. Parce que oui, même si hier elle avait affiché une mine dégoûtée en vue de la nourriture, il n’en restait pas moins qu’elle avait englouti, elle et son ventre aussi profond qu’un puits, les trois quarts du repas. Poursuivant ma route sans répondre à sa personne, je modérais tout de même ma vitesse à un petit 18O km/h. Suivant les pancartes comme dans les jeux de société vous indiquant les étapes, nous arrivâmes assez vite aux abords d’une pompe à essence, empruntant l’allée menant à celle-ci, je garais ma voiture sur le bas-côté.

- Kitayama. C’est une ville non loin d’ici, j’ai ce paquet à livrer pour Ayame. En attendant, prends ça et va t’acheter ce que tu veux, je t’attends ici.

Attrapant mon sac pour lui tendre ma carte bancaire, je dressais un sourire sous mes lèvres avant de lui dire avec toute la gentillesse du monde, « le code, c’est l’année de ma naissance, à toi de voir si tu as une bonne mémoire. » Riant légèrement, je m’enfonçais dans mon siège en attendant qu’elle sorte de la voiture, une fois fait, j’attrapais mon cellulaire et composais sans plus attendre le numéro de Undai. Premier bip de résonance réseau et me voilà au bout du file avec une cruche servant de secrétaire. Idiotie.

- « Dead Master-Sama ? Non je ne crois pas, elle est en compagnie d’Akiha-Sama en ce moment … Je peux laisser un message si vous désirez ? ».

La pute. Elle était encore avec sa pute. Oui, énervée je l’étais et maintenant, je savais pourquoi elle ne pouvait pas trop s’absenter de Undai, tout ça pour pouvoir batifoler pleinement avec sa catin de service. Dieu que je la détestais, tellement que le simple fait de voir son visage dans mon esprit me faisait vomir mes tripes. Affichant une moue boudeuse en raccrochant sans plus de ménagement, j’attendis que Kaïla remonte dans la voiture pour reprendre la route.

- C’est … c’est ici je crois.

Cela faisait une bonne dizaine de minutes que nous roulions, dizaine de minutes durant lesquelles je tenais mon guidon d’une seule main et de l’autre un soda quelconque tout en mâchant mon sandwich emprisonné entre mes lèvres. Regardant ladite maison devant laquelle nous étions, je grimaçais légèrement en voyant déjà quelques gouttes de pluie tomber sur le pare-brise de la voiture. Souriant jaune en avalant difficilement, je me parquais dans l’allée du parking avant de sortir de la voiture, paquet en main.

- Koro-San. Dieu, je veux me pendre.

Avançant jusqu’à la porte en traversant le jardin, j’hésitais un instant de laisser le paquet devant la porte et de m’en aller, ou alors lui donner ceci en main propre. Choisissant la deuxième option à contrecœur en voyant la pluie ruisseler sur mes vêtements déjà bien trempés, je frappais à la porte avant d’entendre, d’une voix grise et peu amicale :

- J’accepte pas les vendeurs de pacotilles ! Partez d’ici sales vauriens !

Haha. Et c’est quand même lui le gros con pour ouvrir à ces soi-disant « sales vauriens ». Me retrouvant nez à nez avec sa personne, ses traits marquèrent l’étonnement avant qu’un sourire pervers ne vienne se dessiner sur ses lèvres. D’un mouvement de la main, il déposait celle-ci sur mon épaule avant de me tirer à sa suite dans sa maison. Mon réflexe ? Attraper la manche de Kiwi pour qu’elle vienne avec moi, hors de question que je reste seule avec cet homme.

- L’est pas coutume de te voir quitter ton nid Yume-Chan, Ayame-Sama n’est pas avec toi ? C’est rare … et elle, c’est qui ? Ce n’est pas Strength n’est-ce pas ?

Et bien non ! Y a une différence pourtant. Entre Strength qui était petite et à la chevelure blanche et Kiwi qui avait … de gros seins. Dieu, les vieux sont cons. Partons, partons vite …

- Allez petite ! Présente toi hein ! Et dites moi ce que vous faites ici ?

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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mar 4 Déc - 2:04

Aucune réponse. J'étais carrément épuisée de parler à un mur qui me répondait quelques heures plus tard ou alors, pas du tout. Mais que voulez-vous, on ne choisit pas ses amis... Ah bah si. C'était juste que j'étais folle de m'être attachée à Black Rock Shooter, le pire glaçon de tout Undai. Quoi que, je ne pouvais pas agréer à ces rumeurs -pourtant vraies- tout simplement parce que j'ai déjà eu l'occasion de voir des expressions sur ce visage blême. Certains dont je me passerai volontiers, d'autres qu'il m'était plaisant de déterminer l'origine et d'autres encore dont je ne parlerai pas. Et c'est ainsi que notre route ce poursuivit, entre des craquements d'os quand je serrais trop fort mon accoudoir, ou des cris de saisissement quand nous passions à deux cheveux d'une voiture roulant plus doucement. Ouais, Yume et moi n'avions pas la même notion de « rouler doucement », et cela à mes dépens. Et quel ne fut mon soulagement quand nous arrivâmes, saines et saufs, dans une plaine de parking pour un petit break.

- Kitayama. C’est une ville non loin d’ici, j’ai ce paquet à livrer pour Ayame. En attendant, prends ça et va t’acheter ce que tu veux, je t’attends ici.

Pâle comme la mort, je pris sa carte bancaire sans même la regarder avant de sortir de la voiture. Première chose que je fis en ouvrant la portière ? Non pas vomir, voyons ! Juste respirer un bon coup et essayer de ne pas m'effondrer sous le tremblement de mes genoux. Un dernier regard meurtrier à ma chère colocataire et me voilà marcher en direction de la petite supérette qui se trouvait là. Il était rare que j'aille faire des courses. Vraiment. Et je ne l'ai jamais faite avant de venir à Undai. Avant... Avant comment était-ce ? Je demandais à mes parents quelque chose que je trouvais dans des magasines et ils envoyaient la commande à un de leur employés. Tandis que pour la nourriture, c'est le chef cuisinier qui préparait diverses choses et ensuite, je disais ce que j'aimais et ce que je préférai ne plus voir dans mon assiette. Avant, je ne savais même pas que pour faire les courses il fallait se rendre dans un magasin et y choisir ce que l'on voulait. Ouais bon, j'étais au courant que la bouffe et tout ça, ne tombait pas du ciel, mais... M'imaginer juste qu'il fallait faire une file et attendre pour avoir sa nourriture tout en devant payer à la fin, c'était vraiment incompréhensible à ma personne. Oui, rentrer à Undai m'a appris beaucoup de choses. Sauf une. Comment ne pas paraître bizarre en évitant tout contact quitte à prendre un panier et de le tenir à bout du bras tout en évitant les gens.

Choisissant avec assurance les quelques aliments qui pouvaient se rendre utiles, je ne me gênais pas à prendre toutes sortes de chips, quelques sodas sans oublier les sandwichs. Je ne savais pas où se trouvait cette ville du nom de Kitayama, et je savais tout autant si nous allions encore nous arrêter ou non, alors autant faire des provisions. Prudence, prudence. Mon panier plein, je me dirigeais vers la caisse et y déposai le tout, tandis que le vendeur scannait le tout, je pris la carte bleue de Yume et...réfléchis. Sa date d'anniversaire ? Était-ce celle de son apparence gamine ou celle de son vrai âge ? Mais quel âge a-t-elle au juste ? Bon, si on prend sa silhouette de tous les jours, elle devait avoir seize ans, en somme un an en moins que moi... Mais, là à savoir si c'était le bon code... Mais pourquoi elle mettrait une date approximative si elle pouvait en choisir celle de son âge véritable ? Voilà qu'était une bonne question. Me concentrant sur des calculs invraisemblables tout en affichant sur mes traits un sérieux incroyable, je ne prêtais guère attention au caissier qui me dit le prix de mes emplettes. Son âge... Elle avait quoi ? La trentaine ? Non, plutôt moins. Mais elle devait certainement avoir au moins dix ans en plus de moi. Ce qui lui donnait bien vingt-sept ans. Putain la vieille ! Pourquoi me promenai-je avec des adultes de son âge ?! Une adulte perverse... Yume, tu n'es qu'une pédophile !

Rageant contre mon impuissance quant à cette énigme, je lançais un regard noir au vendeur qui s'impatientait devant mon inactivité avant de fouiller dans mes poches et sortir ma propre carte bleue. Voilà, au moins il n'y aura pas de problèmes de codes ! En plus, mon cher père a boosté mon compte récemment, ce qui m'offrait un large choix de possibilités. Payant enfin, je sortis du magasin et me dirigeai vers la voiture. Y montant sans rien dire, je posais le sac plein de nourriture devant moi et rendis la carte de Yume à cette dernière, sans lui dire ma mésaventure du code. Non, effectivement, je ne voulais pas savoir quel âge elle avait, je risquais de faire une syncope sinon. L'ignorance est une bonne chose parfois. Tandis que la voiture démarrait, j'hésitais un instant à me nourrir, ayant peur de gerber tout sous la conduite dangereuse de la pédo... de la fille aux couettes. Mais mon ventre eut raison de moi et c'est avec gourmandise que je m'attaquais au repas essayant de faire abstraction d'une conductrice roulant à je ne sais quelle vitesse démesurée avec un pain en main. Pas crever, pas crever !

Mon supplice ne dura pas longtemps. Après un certain temps indéterminé à ma personne, le sac de bouffe quasiment vide, Yume m'interpella pour me signaler que nous étions arrivés à destination. Soulagée, je m'abstins de sauter au plafond tellement j'étais heureuse d'être toujours en vie. La voiture arrêtée sur le parking devant une petite maison assez agréable à la vue, je ne descendis pas tout de suite quand la conductrice s'était extraite de son fauteuil pour aller directement dans l'allée, jusqu'à la porte d'entrée. Il pleuvait et je n'avais pas forcément envie de croiser une connaissance de Dead Master. Je n'étais pas rassurée quant au fou qui se trouverait derrière cette porte d'entrée... Mais je n'eus d'autre choix que d’obtempérer et de sortir à mon tour du véhicule pour suivre Yume qui se trouvait toujours à la porte.

Tout en m'approchant, j'entendis une voix de vieux me parvenir aux oreilles. Sans comprendre d'avantage, Yume me tira par la manche et nous pénétrâmes dans un petit espace qui donnait tout de même l'air d'être volumineux. Je fronçais les sourcils tout en pinçant du nez quand une odeur de renfermé me saisit aux narines. Essayant de rien laisser paraître, j'essayais de m'adapter tout en me tenant derrière ma colocataire, sans m'exposer aux yeux du viel homme qui nous observait.

- L’est pas coutume de te voir quitter ton nid Yume-Chan, Ayame-Sama n’est pas avec toi ? C’est rare … et elle, c’est qui ? Ce n’est pas Strength n’est-ce pas ?

Je restais perplexe tout en ne quittant pas ce vieillard de mes yeux rouges. En retrait, je me demandais depuis combien de temps Yume connaissait cette personne. Mais s'il était question de Strength, cela devait faire un bon petit moment. Je lançais un regard en coin à ladite Yume-Chan pour voir sa réaction tandis que l'autre vieux parlait d'une amie qui était morte de la main de la perverse aux cheveux noirs. Rien, aucune réaction, mais je pouvais dire aisément qu'elle ne voulait pas se trouver ici. Mais bon, entre la pluie et le froid de dehors, en prenant en considération les routes glissantes, qu'était mieux ? Rester ici, je vote !

Un vieillard... Je n'en ai pas vu beaucoup dans mon passé, étant entouré que de jeunes adultes quand j'étais enfant ou alors de personnes de mon âge quand je suis sortie de mon cocon protecteur. Quoi qu'il en soit, je ne savais pas comment réagir avec cet homme quand il me demanda, d'une façon peu subtile, de me présenter. Petite... Me traitait-il de « petite » ? Ouais bon, comparé à ses rides, je ne devais vraiment pas faire le poids. Me raclant la gorge tout en sortant de derrière Yume, je me penchais respectueusement devant notre hôte tout en élevant ma voix avec une politesse que j'employais souvent avec des personnes plus âgées et plus gradées... Rarement en fait.

- Bonjour, je m'appelle Kurayami Kaïla, je suis une amie de Yume.

Me redressant, je fis un geste de la main vers le paquet que ma colocataire avait en sa possession et poursuivi toujours sur le même ton distant mais terriblement poli.

- Nous avons un paquet à vous donner de la part de De... Ayame...-Sama. Excusez nous du dérangement.

Me penchant à nouveau en me fondant en excuses, je restais toujours à bonne distance de cet homme, tout près de ma colocataire. Laissant à cette dernière de prendre le relais et parler à cet homme qui m'était inconnu, je ne pus m'empêcher de détailler les lieux. Devant moi, il y avait des murs peints dans des couleurs pâles et parsemés de différents tableaux d'animaux et autres que, personnellement, je trouvais assez moches. Une table en bois donnant l'impression d'être un banc de parc, une cuisine rattachée à la même pièce tout aussi miteuse et derrière, derrière nous il y avait un genre de salon vieillot accompagné d'un fauteuil peu moderne, d'une grosse bibliothèque et... chose qui ne m'échappa pas, une télévision. Si je pouvais appeler cette espèce de boite ainsi. D'ailleurs, je me demandais si on pouvait y brancher une PS3 ? Combien de chances ? Peu... Malheur.

Je lançais un regard à Yume, lui demandant silencieusement combien de temps nous allions rester ici. Quoi elle ne comprend pas ce que je veux dire ? Bah qu'elle apprend à lire dans les pensées alors !

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Ivresse d'un voyage    Mer 5 Déc - 23:29

Ce n’est pas que ça me faisait bizarre, mais on va dire que c'est tout comme. Je ne l’avais jamais vue -en fait si, au début de notre rencontre- à faire des courbettes à tout va devant le vieillard. A vrai dire, il était vrai que Kurayami venait d’une famille noble, qu’elle avait été éduquée à la noblesse des gens aisés du Japon, mais tout de même, quel contraste entre la gamine qui me tapait à tout va sur la tête et celle devant moi, qui comme par magie respirait la bienséance et le politesse.

- Bonjour, je m'appelle Kurayami Kaïla, je suis une amie de Yume.

Oui, mon amie et non, ce n’était pas Strength. Restant impassible d’apparence, je scrutais les réactions du vieux du coin de l’œil. Étrangement, il avait l’air d’apprécier Kaïla, peut être parce qu’elle lui faisait la cour à sa manière, mais quoi qu’il en soit, tant que je ne voyais pas de réaction perverse dans son pantalon, je n’avais pas à me plaindre. Oui, il était vrai aussi qu’à son âge … Soit, cela ne m’intéressait pas ! Et vous non plus d’ailleurs ! Ce ne fut qu’un sourire de personne âgée qui se dressait sur ses lèvres, ses yeux bridés en mode, je te vois, mais toi tu vois pas mes yeux, seuls des « OH » sortit de sa bouche dont l’haleine du dentier fraîchement collé venait chatouiller mes narines.

- Nous avons un paquet à vous donner de la part de De... Ayame...-Sama. Excusez nous du dérangement.

Outch. C’était laid, tellement laid que j’écarquillais les yeux en l’entendant prononcer le prénom de Dead Master. Il était vrai que cet homme ne connaissait rien à Undai, et encore moins à la vraie activité d’Ayame. Si mes souvenirs étaient bons, ils s’étaient connus lors de leurs étudies universitaires … Leur « relation » s’est soudée lorsque la femme de ce vieil homme rejoint les rangs de la directrice de Undai. Elle exerçait une fonction ne touchant en rien les élèves, une genre de scientifique usant de son temps libre pour aider Ayame je crois … Aider, c’était un grand mot quand elle n’avait pas les jambes écartées devant ma chère maîtresse. Pauvre mari, et penser que même après tant d’années, il ne sait toujours pas pourquoi Deady lui avait offert cette maison, à lui et à sa femme …

Retombant sur terre lourdement sous le regard lourd de sens de Kurayami, je secouais le petit paquet avant de le jeter dans les mains du vieux. Moins de contact de sa part, mieux je me sens. Avançant tout de même pour m’exclamer, je me raclais premièrement la gorge avant de lui dire :

- Ouais, comme je passais dans le coin, elle en a profité pour te faire parvenir ce colis. Quoi qu’il en soit, je ne m’attarde pas, donc !

Prenant Kiwi par la manche, je me dirigeais déjà vers la sortie alors qu’une main imposante et remplie de rides m’arrêta dans ma démarche. Tournant le regard pour regard le croulant tout en le dévisageant, il ne fallut pas plus d’un instant pour que sa voix rauque et cassée ne vienne perturber les lieux :

- Yume-Chan ! Que fais-tu là ?! Tu vas pas entraîner ta petite amie dehors par ce temps ! T’sais bien qu’il y a des chambres ici, passez la nuit chez moi et profitez un peu de ce lieu. On est quand même loin de Kyoto, j’me souviens que Midori était triste de partir de là-bas … me demande toujours pourquoi.

Parce que si loin de Undai, elle pouvait plus coucher avec son amante, du con. Soupirant lourdement, je plissais les yeux avant de me décider d’accepter son offre. Zieutant à gauche et à droite, je soupirais une fois de plus avant de lâcher mon élève et de lui dire, de la voix la plus lasse que je pouvais prendre, sous les rires du centenaire :

- M’oui. La douche, je prends la salle de bain, Kaïla, tu viens avec moi.

Parce que hors de questions que je la laisse avec lui ! Elle serait capable de raconter n’importe quoi et lui, de lui poser des questions dont elle n’avait pas à savoir le contenu. Pressant le pas vers la salle de bain, j’ouvris la porte avant de la refermer à double tour une fois Kaïla avec moi. Soupirant une fois de plus en posant mon dos contre le bois de la porte, je soutenais ma tête entre deux doigts alors que mes yeux se fermèrent, montrant une réflexion lourde et douloureuse.

Ouvrant les robinets d’un claquement de doigts en rouvrant les yeux, je regardais un court instant le style présent sous mes yeux. Japonais, ca puait le japonais, le genre de japonais qu’Ayame adore, le genre de japonais que la femme de ce type a dû mettre pour se rappeler Dead Master. Écœurant, tellement que la nausée me montait déjà alors que je retirais mes vêtements. Rentrant dans le bain à température parfaite, je m’étalais dans sa coque tout en soupirant une fois de plus. Restant ainsi un court instant, je me recroquevillais pour laisser de la place à ma jeune accompagnatrice avant de lui dire, d’un ton mi frustré, mi neutre :

- Fais attention à ce rat. Il n’est pas du genre à être le vieux gentil papy, il a tendance à être le bon gros vieux pervers de service. Tu vas me dire, c’est un ami d’Ayame après tout, mais bon.

Laissant mon regard tomber sur sa silhouette, je zieutais par-ci par-là sur son corps en repensant à la raison de notre venue. Naoko avait elle aussi vue ces parties de Kurayami, mais en plus de ça … elle les avait touché … Est-ce que ses seins étaient aussi doux qu’ils le paraissaient ?

- Je peux toucher pour tester …

Me rendant compte que ma pensée s’était transformée en parole, je déviais le regard avant de toussoter maladroitement. Ne relève pas, ne relève pas ça Kaïla sinon tu vas encore me traiter de pédophile et en parlant de pédophile, j’avais l’air fine de me baigner avec une gamine mineure alors que je revêtais mon apparence de la femme abordant soigneusement la trentaine. Age réel ou pas, allez vous faire foutre. La raison de mon changement en montant à chaque fois une voiture ? La loi du japon disant qu’il était interdit pour un mineur de conduire, vous la connaissez ? Non ? Et bien maintenant oui.

- Si tu veux, on va promener un peu après le bain, ce n’est pas tous les jours que tu te retrouves dans la ville ou plutôt village du Mont Fuji. Y a un temple pas loin d’ici, on pourrait aller à pieds.

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Ivresse d'un voyage

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