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 Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Jeu 31 Mai - 16:44

-Donnez-moi du plaisir aussi, Onee-Sama …

C'était indécent, complètement immoral. En plus de ne pas pouvoir bouger, je sentais ma main toucher quelque chose chaud et mes doigts pénétrer cette même chose étroite pour y faire des mouvements réguliers, et cela pendant un bon moment. Oui, c'était immonde, cette gamine n'avait aucune retenue, si je pourrais, je n'aurais jamais fait cela, toucher ce corps, faire ces choses là à un enfant. Mais ce n'était pas moi qui le faisait, c'était elle, c'était elle qui prenait plaisir de mon corps sans vie. Je ne regardais pas, j'ai fermé les yeux bien avant qu'elle ne soit nue devant moi, je ne voulais pas voir cela, le sentir c'était déjà trop. L'entendre gémir c'était juste écœurant.

-Laissez moi aussi jouer de votre attribut féminin …

Quand elle arrêta de s'amuser avec moi comme avec un jouet qu'elle affectionnerait pour passer du bon temps seule, elle s'attaqua à mon corps bien chauffé à présent. Je sentais la chair de poule me prendre sur tout le corps sans que je ne puisse me mouvoir, quand son attention se porta sur la partie la plus intime de mon corps physique. J'aurais voulu protester, mais rien que les sensations qui me tiraillaient, ne venait perturber sa besogne. C'est en sentant une vive douleur dans mon bas-ventre que j'ouvris enfin les yeux, comprenant ce qu'elle était en train de faire. Mon esprit était trop clair pour supporter ce genre de traitement sans broncher. J'étais en train de... de me faire... voler ma virginité par une gamine, sous l'emprise d'un produit qui ne me permettait de faire ne serait-ce qu'un geste. C'était du viol. Du viol, où elle souillait mon corps, le salissant de son emprise, me volant mon innocence et accentuant mon dégoût pour le toucher.

Mais elle ne s'arrêta pas là, ce ne serait jamais assez pour ce monstre, cette chose immonde sous ses airs d'enfant gâtée. Quand je crus enfin que c'était terminé, que mon corps détruit pourrait se reposer, Naoko revint à l'assaut, mais cette fois avec un objet, un objet beaucoup plus différent que ses doigts d'enfant. Je la regardais faire, yeux grands ouverts, respiration coupée, je fixais son visage rougit par l'excitation et son sourire que je haïssais tant maintenant. Je jurais silencieusement, mais en fait hurlant dans ma tête, quand ce même objet me rentra à la place de ses doigts, me déchirant d'avantage au plus profond de mes entrailles. Mon cœur s'emballait à toute vitesse tandis que mon corps s'embrasait, c'était trop. Des sons, ce n'étaient que des gémissements qui traversaient mes lèvres, des bruits que je ne voulais pas, dont j'avais honte et, moi-même, à cet instant je me dégoûtais. Je cherchais une échappatoire n'importe où, que ce soit dans mes doigts qui ne répondaient pas ou de mon regard, tout pour ne pas la voir, elle. Ses cheveux blonds qui chatouillaient mon corps tellement semblables à ceux d'une certaine personne, non, je ne veux plus. Le plafond, blanc comme neige attira mes yeux voilés, blanc, ce que je n'étais pas, plus.

Et puis, plus rien, qu'un corps brûlant et le vide. Elle est partie, me laissant nue et sans défense sur le lit complètement défaits par les mouvements d'il y a quelques secondes. Je la vis disparaître, pour revenir par la suite toute habillée et coiffée, comme si de rien était, comme si c'était normal de me voir dans cet état sous ses yeux et sourire pervers. J'entendis le cliquètement de la caméra que j'eus oublié à cause de ce que je subissais.

- Ma vie contre cet enregistrement … Naoko se chargera de la donner à Onii-Sama, une seule menace et cette vidéo sera publiée, Onee-Sama.

Cette vidéo... La vidéo... Vidéo où je me faisais violer par un enfant, nue sous sa merci... mais aussi une vidéo montrant tout l'ébat et donc le fait qu'elle m'a fait la toucher, qu'elle a partagé ce moment d'horreur, et de plaisir pour sa part, avec ma personne. J'étais dégoûtée, c'était juste monstrueux. C'était... c'était... Elle me tenait, elle m'a piégé et personne ne pourra savoir ce qui s'est passé dans cette chambre, personne. Elle a bien joué son tour, elle m'était intouchable à présent. La tuer signifierait me faire humilier complètement devant tout le monde, ce serait... comme une destruction totale de mon esprit déjà bien atteint par ce qui venait de se passer. Je ne savais même pas récupérer cet objet, cette cassette qui montrait le jour de ma déchéance... parce que... parce que elle sera dans les mains d'une personne trop puissante pour que je puisse lui infliger ma douleur, lui montrer ma haine. Et là, là j'étais sur ce lit, impuissante, ayant peur de voir la tête blonde de retour. Ne sachant pas quand je reprendrais le contrôle de mes mouvements.

Dans un dernier espoir, j'essayais de me libérer, en pensée, oui, je m'imaginais ne pas être là, ailleurs dans une ambiance de sécurité, dans un endroit calme, doux, que mon corps meurtri pourrait s'apprivoiser sans représailles, tout pour fuir ce lit. Je fermais les yeux de toutes mes forces me sentant flotter pour retomber lourdement sur quelque chose de mou. Je n'osais pas ouvrir mes rubis toujours fortement clos, je n'entendais aucun bruit, je ne sentais aucune pression sur mon corps, mais ce n'était pas pour cela que j'allais me proclamer libre, non. J'avais peur que ce moment de répit ne soit qu'illusion, une divagation de ma part et quand j'ouvrirais les yeux, je réaliserai que la petite blonde serait de retour. J'ouvris mes yeux brusquement et je défaillis, un hoquet puis un sanglot, de douleur et chagrin ou de soulagement, qu'importe... Je n'étais plus dans cet enfer honteux, je n'y étais plus. Là, mes yeux étaient tournés vers cette chambre bordélique mais si calme et accueillante, oui j'étais sur un lit défait aux draps blancs et froids de la chambre que je squattais depuis un bon mois si pas deux. Et je pleurais, vulnérable être que j'étais à ce moment. Comment je me suis retrouvée là ? Je ne savais pas moi-même en fait, mais l'effet de paralysie qui parcourait encore mon corps me prouva que ce qui venait de se passer n'était pas un rêve. « Naoko... Non... Oui, tuer... tuer... »

Je ne sais pas depuis combien de temps je pouvais bouger mes bras, me tournant dans tous les sens dans ce lit, m'agrippant aux couvertures devenues chaudes comme à une bouée de sauvetage. Je ne peux dire quelle heure il était et quand je suis revenue dans cet endroit paisible, qu'importe en fait. Mais il fallait que je bouge, que je me lève de ce lit, j'étais parcourue par des spasmes de dégoût sentant encore les mains de la gamine sur ma peau, au plus profond de mon être. Je ne supporterais plus, je me levais d'un coup faisant voler les couvertures, pour atterrir sur mes jambes tremblantes et m'écrouler au sol, la tête tournant un peu. Je me relevais du mieux que je pouvais m'appuyant sur le lit pour ensuite, me jeter corps perdu vers la salle de bain ouvrant la porte et la claquant derrière moi. Mon lieu de convoitise n'était autre que les toilettes où je levais le couvert et vomis tout mon déjeuner de ce matin, essayant de ne pas m'étouffer avec ma propre bile. À bout de souffle, je suis restée ainsi assise sur le carrelage froid, le souffle coupé. Toujours avec cette horrible sensation de vide en moi.

Je me redressai et me hissai dans la baignoire vide, allumant l'eau de la douche au hasard en tournant les régulateurs, qu'elle soit chaude ou froide, qu'importe... Je sentais l'eau déferler sur mon corps, ce corps qui n'était plus mien, ce corps souillé et profané comme un jouet. Je me retins de hurler de peine et haine. Ce n'est que quand mon corps fut entièrement trempé de ce liquide dit purificateur que je déversais tout sur moi, que ce soit les shampoings ou les gels douches, je vidais toutes les bouteilles sur ma peau essayant ainsi de laver cette impression de toucher qui me hantait. Frottant ma peau jusqu'à ce qu'elle en devienne rouge et brûlante, j'enfonçais mes ongles par endroits, grattant de toutes mes forces jusqu'au sang. Jusqu'à ce que l'eau savonneuse se mélange au sang, oui, ce sang rougeâtre, mon sang. Je déposais ma tête sur le mur en carrelage froid et je restais ainsi, faisant des gestes automatiques de frottage intensif. Ce n'est que quand mes blessures commencèrent à brûler et que l'eau devenue glacée me piquait, que je me décidais d'arrêter l'eau et de sortir de la baignoire.

Faible, j'avais ce ressentiment de faiblesse en moi, que ce soit physique ou mental, tout me hurlait que je ne pouvais plus rester debout, que je devais me coucher et ne plus jamais me réveiller. Je ne pris même pas la peine de prendre un essuie et d'enrouler mon corps meurtrit et mon cœur mort dedans. Je sortis de la salle de bain tel un zombie, regard vide et inexpressif suivit d'un visage tout aussi neutre. Ce n'est que à la volée que j'attrapais un T-shirt trop grand m'appartenant suivit d'un sous-vêtement trouvé au hasard que j'enfilais, sentant le sang et l'eau coller au tissu. Je n'en fis rien, je me plongeais dans les couvertures, recouvrant mon corps jusqu'au cou. J'essayais de dormir, mais les images de la scène, les paroles, et cette impression de saleté me hantaient sans relâche. Poussée par une violence incompréhensible, j'abattis mon poing plusieurs fois sur le haut en bois du lit, jusqu'à ce que la douleur me fasse crier et arrêter ce geste d'automutilation. Je ramenais mon poing meurtri et en sang à moi, serrant les dents sous la douleur vive. Je fermais les yeux encore une fois. Je me laissais mourir dans le sommeil. « ... La tuer... Massacrer... Non... les tuer tous... TOUS jusqu'au dernier... oui... Tuer. »

Ce n'est que plusieurs heures après que mes yeux s'entrouvrirent légèrement tandis que mon esprit dit reposé se faisait de nouveau assaillir par mes « souvenirs » honteux et répugnants tandis que mon corps, dit lavé et meurtri replongeait dans les touchés que j'ai subis auparavant. Ma tête toujours sur le coussin, moi entourée dans les couvertures tâchées de sang, comme dans une protection imaginaire. Vide, j'étais vide.

-Yume... ?

Un son faible, une voix rauque qui ne fut plus utilisée depuis longtemps. Je me demandais si elle était là depuis longtemps. Non, je me demandais si elle était là tout court en fait, vu que je ne la voyais pas et que mes rubis n'avaient pas envie de quitter ce point invisible que je me suis trouvée dans cette position, sur un mur blanc. Que lui voulais-je ? Rien du tout, juste savoir si elle était présente et ensuite replonger dans mon désespoir inaudible.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Jeu 31 Mai - 17:34

Le temps d’un bruit, l’attente incestueuse sur un siège froid et ce regard que je détestais tant mais que j’aimais aussi, posé sur ma silhouette. Je recroquevillais mes jambes contre mon buste tout en tournant la tête tandis que la voix de la femme posée devant moi résonnait encore dans la pièce. Fixant sans vraiment fixer le mur, je cherchais distraction à ma vue pour que mon ouïe ne soit pas perturbée par les dires de mon maître. Un long soupir suivit d’un claquement de main, me rappelant à l’ordre que je ne devais pas faire ceci et cela parce que voilà pour que finalement, après un silence d’une heure de ma part, je me lève rapidement, claquant mes pieds sur le marbre du bureau pour finalement dire, à en perdre le souffle :

- C’est bon !

Je n’étais pas énervée, disons plutôt que cela m’agaçait au plus haut point de me faire sermonner alors que je n’étais plus un enfant. Non, je n’étais plus un enfant, mais j’étais sa chose, celle sur qui ses paroles pouvaient résonner et être obéit. Oui, une machine tuant, écoutant, se pliant. Tournant le dos à la femme aux yeux verts me foudroyant tout en perdant son stupide sourire malicieux, je voulus partir mais celle-ci m’arrêta en posant sa main sur mon épaule. M’immobilisant par la force de se toucher, sentant sa puissance se perdre dans mon corps, je sentis ses lèvres se déposer contre les miennes alors que je me dégoûtais de ce toucher. Oui, cela me dégoûtait mais cela faisait du bien aussi, un baiser de pouvoir, un baiser d’amour ou je sentais son dévouement pour mon être mais aussi ma place par rapport à elle, je ne pouvais pas … je ne pouvais pas la tuer avant un long moment, c’en était pitoyable.

Me retirant de son emprise en entendant une personne frapper à la porte, je reculais en titubant de quelques pas pour finalement reprendre place sur ce stupide siège, trop froid, trop grand, trop pas beau à mon goût. Soupirant en posant mon coude sur l’accoudoir, accentuant mon ennui en y déposant ma tête tout en affichant une expression lasse, je regardais Ayame reprendre place derrière son bureau avant de dire « Entrez » à la personne se trouvant derrière la porte. En entendant la porte s’ouvrir, je tournais mon regard pour regarder la nouvelle arrivante … un gosse.

Une petite fille d’environ une dizaine d’années, vêtue d’une robe de poupée venait de rentrer dans ce bureau immense, sourire aux lèvres tenant entre ses mains ce qu’il semblait être un CD ou je ne sais quoi. S’approchant du bureau de la directrice en m’ignorant totalement sur son chemin, elle s’en alla directement vers Ayame, l’attrapant par la manche pour l’inviter à se baisser légèrement pour lui chuchoter je ne sais quoi à l’oreille. Voyant les expressions de la directrice passer de son sourire mielleux à un sourire sadique, je levais un sourcil tandis que leurs regards se posèrent sur moi. Du tac au tac, je répondis directement :

- Quoi ?!

Marquant bien que je n’aimais pas être dans l’ignorance et encore moins sur leurs pupilles perverses. Je connaissais la gamine, c’était la sœur de l’autre débile mais par contre, je ne savais pas qu’elle était aussi proche de la directrice pour oser rentrer dans son bureau, la toucher et lui murmurer je ne sais quelles conneries aux oreilles. Mais bon, la seule réponse que j’eus de la grande souveraine fut un sourire plus grand accentué d’un mouvement de la main, me disant bien que je pouvais disposer et qu’elle avait mieux à faire que de me passer un savon ou me violer. La gueule disant bien « tu me fais chier », je me levais sans plus de délicatesses et traînais mes pieds sur le marbre jusqu’à la porte. Regardant une dernière fois par dessus mon épaule avant de sortir du bureau, je vis la directrice et la gosse dont je ne me souvenais même plus du nom, prendre le pc d’Ayame et commencer le visionnement de je ne sais quoi. Rien à foutre, c’était pas mon soucis, elles faisaient ce qu’elles voulaient et tant que l’autre était avec Dead Master, celle-ci ne serait pas derrière mon dos à me démoraliser pour une journée entière.

Songeant à retourner dans ma chambre, je me fus arrêter par un des membres du conseil, me demandant je ne sais quoi pour je ne sais plus qui. Réponse de ma part ? Va te faire foutre. Oui, c’était clair et net, même si je ne l’avais pas dit comme ça, en fait je n’avais rien dit du tout, j’avais continué mon chemin avant de tracer tout droit, direction sortie. Une fois dans la cour, je me rappelais qu’il ne restait plus rien dans le frigo de la chambre et que je devais donc, aller faire des emplettes avant que l’autre chose ne me tombe dessus en gueulant que j’avais encore vidé le frigo sans lui avoir laissé ne serait-ce qu’un pain.

Me dirigeant donc vers le centre commercial d’un pas rapide en ignorant toutes les personnes se trouvant au alentours, j’arrivais rapidement dans la grande surface, attrapai une charrette, parce que oui, les paniers ils m’en faut au moins dix. Je traversais chaque rayon en balançant bouffes et boissons à la volée. Arrivant à la caisse, je poirotais facilement une demi-heure parce que l’étudiante se trouvant à passer ma nourriture sous son scanner beugait littéralement en ne sachant pas scanner une bouteille d’eau. La poisse, je vais la tuer, me retenant le mieux possible pour ne pas scanner sa tête, je finis par sortir de ce capharnaüm, courses en main.

Direction dortoirs, je marche, monte, tourne, marche, monte, monte, monte, tourne, monte, tourne et finalement marche pour finalement arriver devant ma porte, soupirant comme un chameau. Mais non, c’était pas fini hein, y avait une gamine sortit de nulle part qui s’approcha de moi, levant la main légèrement en affichant une mine atrophiée pour finalement continuer son chemin en voyant la tête que je tirais, ou peut être que c’était mon aura meurtrière ? Je m’en fou. Ouvrant la porte de ma chambre de manière inaudible, je remarquais directement que je n’étais pas seule et pour ce fait, je marchais à pas de loup dans toute la pièce pour ne pas réveiller Kaïla. Ne prenant pas la peine de regarder plus sa personne, je me dirigeais vers mon frigo pour aller ranger toutes les affaires que j’avais sué à acheter aujourd’hui. Faisant tomber une bouteille d’eau malencontreusement, je me crispais en regardant vers la fille dans mon lit, aucun bruit, aucun mouvement … ça va, elle dort.

Une fois toutes mes courses rangées, je me décidais d’aller dans la salle de bain et je crois que c’est à ce moment là que j’ai rien compris à la vie. Vous voyez ma salle de bain, c’est l’endroit le plus propre de mon chez moi, elle est normalement blanche, mais blanc genre que tu pourrais bouffer parterre hein ! Mais là non, y avait un petit truc, aussi minablement petit qu’il puisse être qui attira mon attention. Et cette chose c’était une tache de sang sur mon carrelage, m’en approchant je posais le doigt dessus, mes doutes étaient fondés, c’était bien du sang. Réagissant au quart de tour, je retournais dans ma chambre alors qu’une voix m’interpella.

-Yume... ?

On ne pouvait même pas appeler ça une voix, non c’était un son tellement faible que je crus que ce n’était pas Kurayami qui venait de dire mon nom. M’approchant d’elle en remarquant avec effrois que mes couvertures étaient elles aussi tintées de sang, je fronçais les sourcils avant de m’asseoir sur mon lit, à quelques pas de mon élève. Posant ma main sur ma couverture sachant que son épaule était en dessous, je lui demandais doucement :

- Ca va ? Ce sang, ça vient d’où ? Tu t’es battue avec quelqu’un ?

Oui … j’étais inquiète et alors ?!

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Jeu 31 Mai - 20:09

Je vis juste, elle était là. Je ne la voyais toujours pas, mais j'entendis des bruits puis un poids se poser sur le lit. Je ne réagis pas jusqu'à ce qu'une main se pose sur mon épaule, enfin sur les couvertures. Je me recroquevillais d'avantage sur moi même, fuyant ce contact indirect. Je ne voulais plus me faire toucher, ni regarder. Un visage passa devant mes yeux en flash, je serrais les dents en m'agrippant aux couvertures tandis que la voix de Yume raisonna dans la chambre. Inquiète ou pas?

- Ca va ? Ce sang, ça vient d’où ? Tu t’es battue avec quelqu’un ?

Oui, inquiète. Mais de quel sang parlait-elle ? Ah oui... Mes plaies que je me suis infligées n'étaient pas des plus belles et surtout, saignaient assez forts pour laisser des tâches un peu partout. Que devais-je lui dire ? Devrais-je lui mentir en disant que oui, je me suis battue et que par malheur j'eus du mal à m'en sortir et donc, je me suis fait lyncher. Mais de un, cela me retomberait dessus, parce que oui, qui dit combat en dehors de l'Arène dit brisement des règles, en plus elle voudrait peut être des détails sur ce combat, et là, là je saurais pas lui mentir. Mais je ne pouvais pas lui dire ce qui m'est vraiment arrivé non plus, je ne pouvais lui sortir du but en blanc que je me suis faite agresser comme une débutante par une gamine assoiffée de sexe, et donc... Stop !

-Non.

C'est sortit dans un souffle léger, je n'avais pas forcement envie de parler, ni de trouver d'excuses fausses. Et je ne pouvais pas dire la vérité non plus, sinon, j'allais me faire humilier encore plus. Oui, un secret que j'allais garder au plus profond de mon être, et ne jamais le dévoiler même si je devais en mourir. D'ailleurs cela ne me dérangerait pas de crever maintenant... Mais ce non, ne voulait rien dire, je devais me ressaisir et lui répondre comme il se doit, il ne fallait pas qu'elle s'inquiète, il ne fallait pas... mais avec elle, je crois que cela devrait aller, ce n'est pas comme si la vie d'autrui l'intéressait au point de faire des investigations, encore heureux, oui...

-Ca va, je me suis blessée... c'est rien.

Ce n'était pas faux, après tout c'est moi qui me suis infligée ces blessures physiques... D'ailleurs cela me démangeait d'aller me laver encore et encore, si j'aurais pu changer de peau pour une nouvelle, je l'aurais fait depuis longtemps quitte à m'arracher celle que j'avais sur moi, dans une douleur insupportable. Je vais essayer de faire cela ouais, je m'arracherai de la peau morceaux par morceaux et attendre qu'elle se cicatrise pour continuer le processus... Jusqu'au bout. Et là, je me rendis compte que... que les couvertures étaient pleines de tâches rouges, je redressais ma tête un peu, sans vraiment y porter de motivation. Je retombais sur le coussin toujours sans regarder Yume, je ne voulais pas croiser son regard.

-Désolée... pour les draps...

J'allais ranger cela, les laver et changer. Mais pas maintenant, parce que là, là je ne voulais pas, je ne pouvais pas, je n'avais pas la tête à cela. Non, là il fallait que je me lève et cours jusqu'à la salle de bain, parce que j'avais un haut le cœur qui me montait à la gorge, rien qu'une nausée innocente hein. Et maintenant je réalisais aussi que... j'avais mal. Oui putain, mes plaies me brûlaient d'une manière bien prononcée, je n'imaginais même pas à quoi mon corps devait ressembler avec des lignes rouges un peu partout. Cela devait être moche à voir, mais c'était le début d'un long travail aussi, oui.

-Et toi... ca va?

Voilà une manière efficace de détourner un sujet embarrassant sans en parler de honte mais aussi de peur des représailles, autant lui demander comment elle allait, même si je ne savais pas quelle heure il était, si la journée était terminée ou non. Je voulais ma voix enjouée et un peu plus pleine de vie, mais rien n'en sortit, toujours ce même murmure fatigué et tremblant. Oui, il faut que j'y aille, et vite, sinon j'allais dégueuler sur son parquet. Mais je n'osais pas bouger de peur de m'écrouler ou encore, de lui dévoiler mes blessures et ma faiblesse du moment. J'étais pitoyable, vraiment minable. Je me demandais si elle voudrait toujours rester amie avec moi, après tout cela, après cette honte que je venais de jeter sur sa réputation. J'eus un spasme de dégoût à nouveau, bon sang, je vais vraiment dégueuler dans les secondes à venir. Yume... me regardes pas quand je suis dans cet état...

-Je peux... rester ici ?

Je me rappelais les dires de la jeune Oshima, les rumeurs qui circulaient étaient assez chiantes aussi, et si cela dérangeait Yume, je disparaîtrais pour ne pas lui porter préjudice. Même si je me voyais mal retourner dans la chambre commune que je me devais d'occuper, tout simplement parce que... parce que... Et là, c'en étai trop, je retournais sous les couvertures entièrement de la tête aux pieds pour ne pas lui montrer mon désarroi tout en plantant mes ongles dans un bras pour ne pas dire ce qu'il ne fallait pas ou défaillir complètement montrant le véritable chagrin qui me tourmentait. Je devais me contrôler devant Yume, c'était primordial.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Ven 1 Juin - 8:37

-Non. Ca va, je me suis blessée... c'est rien.

J’étais désappointée par cette réponse de plus, je ne savais pas à laquelle de mes questions elle venait de répondre, elle n’allait pas bien, pourquoi ? S’était-elle disputée avec quelqu’un ? Un ami peut être ? Et vous savez la seule personne sur qui mon attention se portait à ce moment précis ? Bah c’était Izaya, parce qu’il fallait se le dire, Kaïla n’avait pas d’amis et le seul qu’elle pouvait peut être considérer comme tel était ce mec. Oui, le gars à la tête rose là. Et donc, si c’était lui, je sentais déjà ma colère monter, parce que oui … j’étais inquiète pour Kurayami qui ne me répondait qu’en monosyllabes, évitant mon regard comme pas possible pour je ne sais quelle putain de raison et en plus … ca m’énervait d’avantage.

- Et toi... ca va?

Non ca va pas, j’ai passé une journée horrible, entre Ayame qui me passait un savon à cause d’un putain de magazine sur lequel elle était tombée parlant de nous deux et en plus … ah merde, je devrais lui dire pour le magazine ? Personnellement ma réaction fut simple, j’ai lu, j’ai ris jaune et j’ai balancé ce torchon dans une poubelle avant de me faire appeler par l’un des pions de la dirlo. Ouais mais non, j’allais pas m’exciter pour ces écrits faux non plus, j’avais autre chose à faire de mon temps et je voyais mal que ma réputation allait descendre avec ça. Parce que le premier qui m’en parle ou rit dans mon dos, mais je lui pète la gueule de manière à ce qu’il soit méconnaissable hein ! Et puis pour le reste de la raison de ma mauvaise humeur, ajoutez le fait que j’ai voulu scanner la gueule d’une meuf au supermarché et ça donne ça : Yume fâchée.

-Je peux... rester ici ?

Tout en se cachant sous mes couettes, je pouvais sentir des petits tremblements sous ma main toujours posée à côté de son corps, fronçant des sourcils premièrement en me demandant pourquoi elle me posait cette question et, deuxièmement, pourquoi elle se la jouait machine à laver en marche, tous ces tourments me laissaient sans mots pendant une bonne minute, essayant de comprendre le comportement suspect de ma colocataire, parce que oui, elle l’était maintenant, en vue du nombre de temps qu’elle passait dans mon chez moi devenu, notre chez nous et que c’était bien la première fois qu’elle me demandait de rester ici. Levant mes pupilles bleutées vers la fenêtre, je vis trôner dans un ciel dépourvu de lumières étincelantes appelées étoiles, la lune gigantesque se posant au dessus de Undai dans sa grande bonté sous mon regard brillant de sa lumière céleste. Il devait être minuit passé, bien que je n’avais vu le temps passer si vite entre mon retour dans la chambre et le réveil de Kaïla.

Songeant à poser ma main une fois de plus sur son épaule, je m’arrêtais en plein mouvement de peur de la blesser dans son horreur pour le toucher, bien que ces derniers temps, elle se laissait quand même effleurer sans pour autant péter un câble … du moins avec moi, je suppose. Secouant la tête négativement en me levant du lit dans un petit soupir, je lui répondis d’une voix lasse et peut être dépourvue de sentiments :

- Hum, c’est bien la première fois que je t’entends me demander ça. Et puis c’est pas comme si j’avais le choix, t’es déjà dans mon lit.

Laissant un petit rire traverser mes lèvres tout de même pour marquer ma moquerie amicale, je me dirigeais vers mon petit frigo sous les cris inaudible de mon estomac ne demandant qu’à être ravitaillé. Ouvrant la porte en m’accroupissant à la recherche d’un bon petit plat à me mettre sous la dent ainsi qu’une bonne boisson fraiche, je répondis à la demande précédente de la fille qui logeait dans cette chambre, demandant comment je me portais.

- Sinon ça peut aller, j’ai passé une journée assez … merdique.

Merdique, c’était le mot oui. Attrapant une boite de sushi frais et deux pains ainsi qu’une bouteille de soda bien fraîche, bien pétillante, je déposais le tout sur mon bureau avant de retirer mes vêtements. Une fois en sous-vêtements, je déposais mon tas sur ma chaise en les pliants soigneusement et les autres étant sales, je les balançais sans plus de cérémonie dans le bac à linge déjà rempli à raz bord. Traversant ma chambre en ayant seulement une culotte pour aller chercher un T-shirt dans ma garde robe, je continuais à expliquer ma journée à Kaïla.

- Je me suis fait convoquer par Ayame, parait qu’il y avait la presse de Undai qui publiait des choses sur nous deux où je ne sais plus quoi et pour je ne sais quelle stupide raison, Dead Master m’a passé un savon dessus entre ses « c’est pas bien » et ses « mon Dieu, Yu-Chan ! ».

Imitant la voix mielleuse de la directrice en disant cela, j’affichais moi-même un sourire en espérant que mon amie fasse de même. Enfilant un dessus terriblement rose à mon goût, je me regardais un instant dans la porte du miroir en me disant que cette horreur contrastait trop, trop avec ma peau. Alors pourquoi avoir un T-shirt de cette couleur si vous ne l’aimiez pas ? Tout simplement parce qu’il y avait un canard en plastique sur le dos et que ca ressemblait tellement à Pyon-Kun que je n’avais pas pu m’empêcher de l’acheter.

- Et après ça bah je me suis faite virer de son bureau parce que la sœur d’Hibari est arrivée et elles ont commencé à regarder je ne sais quoi à deux. Et puis y a eu aussi la caissière que j’ai voulu scanner et puis bah … je suis là.

Attrapant ma bouffe que j’avais laissée sur mon bureau, je me dirigeais vers le lit. Restant plantée là un moment en regardant Kaïla enroulée dans les couvertures comme un kebab, je soupirais lourdement avant de faire un signe de tête, faisant lever les couvertures pour lui montrer que moi aussi je voulais aller dans mon pieu et … me faire lâcher prise devant le spectacle qui se dressait devant moi. Les sushis s’écrasant sur le parquet en s’éparpillant partout, le soda tapant de son bouchon sans s’ouvrir, bonheur et les deux pains … bah la poubelle est à eux. Mais ce n’était pas la bouffe le plus dérangeant, non, c’était l’état dans lequel était Kaïla. Son corps mutilé de toute part et mes yeux s’ouvrant de plus en plus tandis que mes dents se serrèrent pour siffler doucement :

- Qu’est-ce que … ?!

Avançant d’un pas direct vers le lit, je montais dessus pour regarder les blessures multiples de Kurayami. Le sang, tellement de sang et cette conne me disait que tout allait bien ?! Non mais c’est du foutage de gueule ou quoi ?! Frappant mes mains l’une contre l’autre, je créais de la matérialisation pure entre celles-ci, laissant entrevoir une lumière bleutée apparaître dans mes paumes. Sans toucher ne serait-ce que d’un poil Kaïla, je posais mes mains au dessus de ses blessures, à environ cinq centimètres pour être plus précise et de commencer à soigner ses plaies.

- Non mais tu te fous de moi en plus ? Qu’est-ce que t’y est arrivé Kaïla ?!

Oui ca sonnait comme de la colère, mais c’était plutôt de l’inquiétude que je dissimulais sous ma fureur, les dents serrés et les yeux rivés sur mes mains bougeant d’une plaie à une autre, je me demandais qui lui avait fait ça, mais aussi, pourquoi elle n’avait pas régénéré ses plaies elle-même ou encore, aller à l’infirmerie à la place de se vider de son sang ainsi ? Oui, j’allais gueuler dans les secondes à venir mais quand je vus le visage de la fille aux cheveux d’ébènes, toute ma colère s’arrêta, laissant place à un grand sentiment d’inquiétude, remarquable sur mon visage et dans ma voix.

- Qui … qui t’a fait ça ?

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Kaïla Kurayami
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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Ven 1 Juin - 17:05

- Hum, c’est bien la première fois que je t’entends me demander ça. Et puis c’est pas comme si j’avais le choix, t’es déjà dans mon lit.

Je ne savais pas comment prendre sa réponse, toujours étouffées dans les draps chauds, je ne voyais pas son visage seul son ton glacial me parvenait encore aux oreilles, à moitié. Devais- je être soulagée par cette réponse, ou non ? Comment pourrais-je interpréter ses dires, comme si ma présence la gênait ou au contraire, qu'elle n'en avait que faire ? J'espérais au plus profond de mon être que cela ne la dérangeait pas plus que cela, sinon... Sinon, je n'aurais plus où aller, que retourner à la maison... Maison... Peut être qu'il était temps pour moi... Mais comment pourrais-je l'expliquer à mes parents ? Comment ?!

- Sinon ça peut aller, j’ai passé une journée assez … merdique.

Je l'entendais s'affairer à quelque chose, mais je ne savais pas quoi, cela ne m'intéressait pas. Merdique... On va dire qu'on avait un point commun, cette journée était vraiment terrible. Je me demandais ce qui s'est passé pour qu'elle dise de but en blanc qu'elle était de mauvaise humeur... M'oui, aurait-elle tué un élève ou voulu ? Ou alors Ayame lui est tombée dessus... Merdique, oui ça devait être cela. Et moi, qu'est ce que j'ai fait de ma journée ? J'ai mangé, commencer à faire mes devoirs et... et... Je me refermais sur moi même ravalant les larmes qui me montaient aux yeux.

- Je me suis fait convoquer par Ayame, parait qu’il y avait la presse de Undai qui publiait des choses sur nous deux où je ne sais plus quoi et pour je ne sais quelle stupide raison, Dead Master m’a passé un savon dessus entre ses « c’est pas bien » et ses « mon Dieu, Yu-Chan ! ».

J'ouvris les yeux à moitié, donc elle était au courant pour le magazine, elle n'avait pas l'air de se préoccuper de cela, c'était une bonne chose que les rumeurs ne lui faisaient rien, cela me soulageait, au moins elle ne porterait pas la faute sur ma personne... Par contre, je ne pus empêcher un petit sourire se peindre sur mon visage, triste et faible qu'il pouvait être quand la voix toujours si froide de Yume voulut imiter celle de Dead Master... Cela lui donnait un ton particulier, dans le genre... robot trop bizarre, je regrettai presque de n'avoir pas vu la tête de Yume quand elle sortit ce ton si peu sien de sa bouche. Je refermais les yeux.

- Et après ça bah je me suis faite virer de son bureau parce que la sœur d’Hibari est arrivée et elles ont commencé à regarder je ne sais quoi à deux. Et puis y a eu aussi la caissière que j’ai voulu scanner et puis bah … je suis là.

Mon sang se glaça en plein mouvement tandis que mon cœur s'arrêta de battre. Vidéo... Vidéo... Je serrais les dents et les poings, cette gamine n'était pas partie la porter à son frère, mais à la directrice même ! C'était... C'était si humiliant... Si... Si... Ma haine monta en flèche, tout se mélangeait dans mon esprit. Comment elle a pu... comment elle a osé faire cela, donner cette chose, le jour de ma disgrâce et de ma déchéance dans les mains de la directrice de Undai, plus jamais, jamais je ne pourrai sortir de cette chambre. Il fallait que je retourne à Kobe, à la maison, loin de cet endroit, loin de là, loin d'eux... d'elles... Oui, quitte à abandonner mes rêves d'apprendre la matérialisation... Mais là, là, je n'étais pas encore prête pour me confronter au monde extérieur dans mon état, sauf si c'est pour aller me suicider quelque part... Mais alors toutes ces années enfermées ne m'ont servis à rien, j'aurais dû mourir plus tôt... Oui, c'est cela, voilà mon problème, je ne devrais même plus être là.

- Qu’est-ce que … ?! Non mais tu te fous de moi en plus ? Qu’est-ce qui t’est arrivé Kaïla ?!

Je sentis la couverture que j’empoignais de toutes mes forces se soulever, laissant libre le regard de Yume se poser sur mon corps. J'entendais ses cris, son ton glacial se soulever dans la pièce pour trancher mon corps, mon cœur en mille morceaux. Je ne réagissais guère à son ton désapprobateur presque outré de me voir dans cet état, je pouvais sentir quelque chose de paisible sur mes plaies brûlantes, un frisson me parcourut le corps tandis que mon visage était toujours aussi blême et mes yeux rouges... mes yeux n'étaient que deux billes sans vie, ternes, exprimant ce que j'étais en ce moment... Vide. C'est pourquoi, je ne disais rien, quand sa voix me parvint aux oreilles, qu'est-ce que cela changerait si elle apprenait ce qui m'est arrivé, qu'est-ce que cela peut lui faire que je ne suis pas bien, pourquoi devrait-elle s'encombrer d'une telle connaissance de causes.

- Qui … qui t’a fait ça ?

Une fureur monstre me gagna en même temps qu'une honte me surplomba. Je n'allais pas lui dire que je me le suis faite toute seule, que tout ce sang était dû à mon désarroi, que tout cela était arrivé après qu'une gamine blonde m'est... Quoi qu'il en était, cela ne servira à rien que je reste ici à ne rien dire, il fallait que je me bouge, que je rassure Yume pour qu'elle me laisse tranquille, oui, pour que tout cela reste un secret total, et... qu'on m'oublie. Voilà ce qu'il fallait, que l'on oublie mon existence même, et il fallait que je commence par la personne qui était la plus proche de moi dans cette Académie. Oui, il fallait que j'éloigne Yume de cette histoire. Je repoussais ses mains d'un mouvement brusque et me redressais sur le lit en position assise. J'essayais d'afficher un petit sourire, oui, de me reprendre pour placer un masque devant moi, et regardant dans le vide, quelque part au dessus de l'épaule de mon amie, je déclarais d'un ton faiblement énervé mais tout de même sans vie :

-Rien... Pe... Personne. Je t'ai dit que ce n’était pas grave. Laisse tomber.

C'était cassant, froid et repoussant. Si je voulais qu'elle oublie ce qui se passait ici, alors je me devais d'être le plus désagréable avec elle pour que cela passe mieux, enfin c'est ce que je crois. Je n'étais jamais douée avec les relations humaines, alors là... là, je ne savais pas. J'étais confuse, et dans mon plus grand des courages, je levais mes yeux vitreux sur le visage de Yume croissant par la même occasion ses yeux bleus. Ses yeux azur, si bleu que... qu'ils m'incitaient presque à... Si bleu, comme l'océan, comme de l'eau clair, qui de plus, avaient l'air si inquiets de mon état, que... Je ne pus empêcher les larmes couler sur mes joues sous mon sourire se voulant simple, amical. D'abord surprise par l'eau ruisselant de mes yeux, mon sourire disparu peu à peu pour laisser la place au chagrin sur tout mon visage. Comment j'étais minable à ce moment, pleurer devant cette femme froide comme un enfant, c'était vraiment pitoyable, mais parcourue par des spasmes, je ne pus m'arrêter, peu importe à quel point je le voulais, rien à y faire, je me laissais aller dans des sanglots, tout en cachant mon visage sur l'épaule de mon amie. Je me blottissais contre son corps froid, non, ce n'était pas vraiment du toucher, parce que mon esprit a pris son T-shirt comme cible pour s'accrocher à elle de toutes mes forces et sortir des paroles incompréhensibles entre deux éclats de sanglots à en perdre le souffle.

- C'est moi... J'ai fait cela... Elle... Voulais pas... Je... Rien faire... Pas bouger... Elle, elle... et je... et la chose... et moi... et ici... sang... et puis elle... et...

Et là, je la repoussais doucement et me dégageais du lit sous l'effet du dégoût qui m'assaillit, pour me prendre les pieds dans les couvertures, trébucher, et courir vers la salle de bain que je fermais à clé. Folle ! J'étais folle ! J'ai faillit tout lui déballer, comme... Mais j'étais complètement tarée ! Si je lui disais quoi que ce soit, Naoko me tomberait dessus, et je pourrais aller me pendre, après que cette vidéo serait publiée et diffusée. Je n'avais pas le droit de dire quoi que ce soit, en plus c'était trop humiliant, jamais, jamais je ne pourrais supporter le regard de Yume sur moi si elle saurait ce qui m'est arrivé, jamais ! Et là, là j'ai faillit tout lui déballer sous seul prétexte qu'elle était là quand j'étais au plus bas... Mais !

Je me passais de l'eau sur le visage et levais mon regard pour fixer mon reflet dans la glace juste en face de moi. Blâme, pâle comme la mort, je ne me reconnaissais pas avec ces yeux rougis et cette mine de déterrée. Et là, là, ce n'était pas moi, non ce n'est pas moi ! À cause de cette chose ! Cette enfoirée de gamine qui m'a brisé... Je n'étais plus moi-même... Impardonnable, je ne pouvais l'accepter, j'allais la tuer, oui j'allais tuer tous ceux qui se mettraient sur mon chemin. Voilà, tous, tous les massacrer, tout ce putain de monde inutile, tous ces gens qui faisaient du mal aux autres, oui, si tout le monde disparaîtrait, la vie serait si meilleure, si belle. Un large sourire fou vint accentuer mes yeux sortant de leurs orbites sous la folie qui me prit... Oui, je devais aller la tuer... Oui, j'allais commencer par Naoko... Non, d'abord Dead Master, oui, oui voilà, j'allais tuer cette directrice qui avait vu... Oui, qui a vu ma déchéance, ensuite je tuerai Naoko, et quand cette sale besogne sera faite, je massacrerai tous ceux qui restent...

J'éclatais de rire, d'un rire à pleins poumons avant d'abattre mon poing sur ce fichu miroir qui se brisa laissant des éclats m'entailler la peau, qui me montrait une face de moi que je ne me connaissais pas. Peu importe, j'avais encore plus mal et l'odeur métallique du sang me chatouillait les narines, me poussant à faire ce que j'avais décidé. Je sortis de la salle de bain avec une détermination nouvelle, sans prêter plus d'attention à Yume, je m'avançais vers la porte en bois qui me séparait du couloir, du monde extérieur, de mes desseins. Et là... là je m'écroulais par terre, à genoux le front contre cette même porte. J'ai essayé, mais je n'arrivais pas à matérialiser ma robe de combat, je ne sais pourquoi. Mais ce n'était pas tout, rien qu'en touchant la clenche, je me suis noyée dans la peur du monde extérieur. J'avais tellement la haine, mais si honte en même temps que j'éclatais en sanglot encore une fois, la folie passagère partie comme elle était venue.

-Je... Je suis sale, Yume...

Je m'entourais de mes bras tremblant, me renfermant sur moi même. Oui j'étais souillée, j'étais humiliée, je n'en pouvais plus, oui ce corps, ce corps n'était plus mien, je ne le voulais plus, je ne voulais plus de ces souvenirs, de cette chose... Cette chose... J'avais besoin, besoin d'aide... Yume... à l'aide... avant que je ne meurs, non aides moi à mourir... Aidez-moi !

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Ven 1 Juin - 18:32

-Rien... Pe... Personne. Je t'ai dit que ce n’était pas grave. Laisse tomber.

Elle me disait clairement que cela ne me regardait pas, se dégageant de mon aide violemment, je fronçais les sourcils sentant ma propre colère monter. Oui, c’était sa vie privée, je ne devais pas me mêler de tout ce que qui la concernait, je n’avais pas mon mot à dire sur ses occupations, disons juste que je pouvais parler, sans vraiment parler. Autant me rendre muette, cela aurait été la même chose, mais là … là, non. C’était trop, trop et son visage … sa voix, et finalement son air. J’avais l’impression qu’elle était passée sous un camion et que dans cet accident, elle avait tué des enfants. Oui, genre la culpabilité qu’on pouvait ressentir en ôtant la vie d’une personne. Je l’ai ressentis à un moment … oui, cela m’était déjà arrivé il y a longtemps d’ici.

Flash Back

- J’ai … je n’ai pas … parce que …

C’était un jour noir ce jour là, j’étais agenouillée devant le cadavre d’une fille sans tête. Mes larmes coulaient à flot alors que les spectateurs ne disaient rien, voyant bien qu’une seule acclamation de leurs parts me tuerait plus qu’autre chose. Posant mes mains sur mes yeux en essayant d’extirper mon douleur par ce flot de larmes, je tenais la chemise de cette fille que je dus tuer, cette fille que je considérais comme ma meilleure amie. Mon énergie explosait à l’intérieur de moi à chaque fois qu'un cri de tristesse traversait mes lèvres, on pouvait voir des flux de matérialisation raser tout sur son passage tandis que ces mêmes flux revenaient en puissance contre mon corps suivant les battements de mon cœur. Posant ma tête humidifiée par mes larmes sur le ventre de cette élève, je tapais de mon point sur le sol de l’arène.

Entendant un claquement de mains, je me redressais pour voir qui pouvait oser applaudir mon geste, mon meurtre. Voyant qu’il ne s’agissait de personne d’autre qu’Ayame, je serrais le dent avant de me relever et de me mettre à courir dans sa direction, voulant lui faire payer cet ordre, voulant rendre la vie par le sacrifice de Dead Master à … comment s’appelait-elle déjà ? La colère prenant le contrôle sur mon corps, ma flamme bleue prit une teinte violette alors que ma robe de combat se changeait à son tour. N’étant plus vêtue légèrement j’avais un blouson sur lequel se trouvait des croix sur les épaules, mon ventre toujours aussi dénudé, le tissu changea de couleur tandis que je continuais à courir en criant mon chagrin. J’étais honteuse de moi, j’étais honteuse de n’être qu’un chien obéissant, j’étais en colère contre cette femme alors que mes larmes coulaient.

Arrivant à sa hauteur, je levais un poing qu’elle attrapa entre ses mains, entre ses doigts fins si détestables, ce simple toucher me révulsa mais je n’eus le temps de réagir qu’elle me prit dans une étreinte forte m’empêchant de bouger ne serait-ce que d’un pousse. Sa puissance m’écrasait alors que sa tête se posait sur mon épaule, mes larmes coulant toujours autant, seul son murmure résonna dans ma tête.

- Yume-Chan n’avait plus besoin d’elle, Yume-Chan n’a jamais eu besoin de Strength, Yume-Chan a toujours eu besoin que de moi.

Strength … voilà donc son nom, non, ce n’était qu’un surnom, celui du combattant. Quel était son vrai nom ? Elle qui était si proche de moi, celle que je disais apprécier, celle avec qui je partageais mes journées … Qui ? Qui ! Qui ?! Ne sachant bouger, je mordis le cou d’Ayame, mais celle-ci ne bougea pas alors que son sang se remplissait dans ma bouche, je continuais ainsi pendant un long moment jusqu’à ce que mon flot de pleurs diminue et qu’elle me lâche enfin tandis que je reprenais mon apparence normale, ma simple robe de combat.

- Je … coupable … je suis coupable … de … c’est ma faute si … si elle est morte, Ayame …

Fin Flash Back


C’est en sentant son corps se poser sur le mien que je levais les bras automatiquement pour accepter son étreinte. Un flot de larmes, non, une crise de larmes émanait de cet enfant alors que j’étais complètement déboussolée sur le choc. Laissant ma colère s’estomper, je posais ma tête sur la sienne en la serrant dans mes bras, croyant qu’ainsi elle se sentirait mieux.

-C'est moi... J'ai fait cela... Elle... Voulais pas... Je... Rien faire... Pas bouger... Elle, elle... et je... et la chose... et moi... et ici... sang... et puis elle... et...

Je ne comprenais pas, mais je savais à présent que c’était elle qui s’était fait ça, je savais aussi qu’il y avait un problème bien plus grave qu’une simple dispute pour qu’elle se retrouve dans cet état. C’était la première fois que je la voyais si dépitée, je ne savais pas quoi faire, je ne comprenais pas, non, je ne comprenais pas. Qui était « elle » ? Qu’est-ce qu'était « la chose », je ne … non, c’était dépourvu de sens. Je n’eus même pas le temps de lui poser une seule question alors que je la voyais sortir de mes bras pour s’étaler sur le sol, se relever en titubant, ouvrir la porte de la salle de bain et s’enfermer dedans. Restant quelque secondes sans bouger, je me levais rapidement après avoir réalisé et je me heurtai de tout mon corps contre le bois froid me séparant de Kurayami. Un cri de désespoir et puis des rires, je tapais sur la porte, mais rien à faire, elle ne m’ouvrira pas.

- Kaïla … Ouvre, ouvre cette porte !

Ma voix criarde n’eut aucune réponse, énervée, je shootais dans la porte avant de retourner sur le lit, jambes croisées, assise en tailleur, les bras croisés, je soupirais lourdement alors que la porte s’ouvrit, laissant me découvrir une main ensanglantée et des bouts de verre sur sa main et son avant bras. La voyant se diriger vers la porte, je levais la main et mon corps suivit le mouvement jusqu’à ce qu’elle s’écroule sur le sol et que je m’arrête, un petit étouffement de stupeur me prit de court. Ne bougeant pas en la voyant se renfermer sur elle-même, je regardais son corps frêle se taper sur le parquet froid tandis que les bruits de sa voix cassées et ses larmes se présentaient devant moi comme un châtiment insupportable.

D’un mouvement de la main, je rattrapais la couverte du lit pour finalement me diriger vers Kaïla et l’enrouler dedans pour la prendre dans mes bras. Laissant sa tête se poser sur mon cœur battant à en perdre le souffle, je la soulevais tant bien que mal pour aller la reposer sur le lit, doucement mais sûrement. Une fois cela fait, je me dirigeais vers la salle de bain et alla chercher la trousse de premiers soins, revenant avec je déposais le tout sur le lit en éclatant la boite et d’attraper la main de Kaïla. Sachant qu’elle n’allait pas se laisser faire, je la forçais même si je devais lui faire mal pour autant. Retirant rapidement les morceaux de verres, je me pressais de passer un coup d’alcool désinfectant dessus pour finalement bander le tout, comme une bourrine, mais au moins ca saignerait plus. Détaillant son corps de haut en bas, je vis de multiples contusions … c’était-elle affligée tout ça ? Pourquoi ?! Pourquoi ! Il y en avait partout, sur son ventre, ses bras, ses jambes, son bas ventre, son cou … Pourquoi ?!

- Explique moi … je ne comprends pas, explique moi Kaïla !

Une larme sur ma joue coula alors que je l’essuyais rapidement d’un travers de la main avant de me coucher à coté de Kurayami, de me coller à elle et de la prendre dans une étreinte amicale. Fermant les yeux en essayant de retenir ma propre tristesse, je la suppliais presque de me dire ce qu’il n’allait pas … c’était trop dur à voir, je ne comprenais pas, éclaire-moi !

- Qui … qui est « elle » ? Quelle chose ? Bouger … tu ne pouvais pas bouger ? Comment ça ?

Je m’imaginais les pires scénarios, passant par le viol à l’attaque d’un psychopathe. Mais Dieu, que lui était-il arrivé ?!

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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Sam 2 Juin - 0:12

La déchéance est une chose dite horrible, peut être même considérée comme la fin d'une personnalité, la mort ou même une maladie grave surtout au niveau mental. La déchéance est comme la fin d'une personne pour en recréer une nouvelle mais dans d'affreuses souffrances, de changer un caractère pour le rendre pire, pire dans le sens mauvais, ou peut être pour tuer la personne qui s'en est pris plein la tête... C'était aussi une possibilité. Mais quelle arme destructrice, mais quelle force, mais comment, comment fait-elle pour s'opérer au plus profond d'un corps, d'un esprit humain dit puissant et inébranlable. C'est pourtant si simple, si évident. Le cerveau est promu par les sentiments et ressentiments et ceux dernier sont tout sauf intouchables. Voilà comment s'attaquer à une personne sans forcement utiliser de la violence physique, il ne suffit qu'à la connaître un peu, et la frapper au bon endroit et au bon moment. Ce n'était pas une tache facile, oh non... Il fallait être fin pour atteindre un esprit, il fallait savoir ce que la personne cachait, haïssait, aimait et dont elle avait peur. Parce que oui, chacun a un point faible, il faut juste le trouver et savoir l'exploiter, minime qu'il puisse être, il peut créer des dégâts considérables. Quel malheur... Mais à quel point fallait-il être un monstre pour faire tomber une personne au plus bas, la voir défaillir pour, en fin de compte, disparaître... Il fallait être un monstre, un vrai démon maléfique qui jouissait de la douleur d'autrui que ce soit par amusement ou alors par besoin de voir une autre personne sous son emprise... Oui, c'est terrible, vraiment affreux, surtout quand vous vous retrouvez être la proie d'un tel être maléfique. Et je sais de quoi je parle.

Je sentis quelque chose de chaud m'entourer dans une étreinte dite douce et chaleureuse, je sentis mon corps se soulever pour quitter ce sol froid et se poser sur le lit, ce matelas que je venais de quitter pour ne pas montrer mon désarroi à une certaine personne. Pourtant là, je venais de me faire remettre dans ce même lit, toujours crispée et les yeux fermés pour ne pas observer ce spectacle horrifiant et gênant. Je ne sais pas ce qui se passa par la suite, mais quelque chose que je définissais par une main vint attraper la mienne douloureuse dans un geste ferme. Je laissais échapper un petit cri en essayant de me dégager de cet emprise, mais pour seul résultat, j'eus mal encore plus que si je n'avais pas bougé. Parce que oui, quand, sous l'emprise d'un stress poussé à son maximum, vous vous faites charcuter le bras pour retirer des morceaux de glaces et puis vous sentez quelque chose vous brûler ces mêmes plaies ouvertes, je ne crois par que vous resteriez tranquille à souffrir en silence. Et oui, j'essayais de me libérer de cette emprise serrant les dents pour ne pas crier de douleur, pour après une minute, me faire relâcher et ramener ma main meurtrie vers moi. Plus aucun geste de ma part, plus aucun son, mon regard se posa sur un point quelconque, tandis que mes yeux toujours remplis de larmes, je me demandais combien de temps me faudra-t-il encore pour que toute l'eau de mes yeux disparaisse.

- Explique moi … je ne comprends pas, explique moi Kaïla !

Une voix, la voix de Yume qui résonna à mes oreilles telle une claque en plein dans le visage. Je me recroquevillais d’avantage sur ma pauvre personne, tout en sentant un corps, son corps, contre le mien. J'essayais de la repousser automatiquement, mais mes gestes furent trop faibles, je n'avais pas assez de motivations pour ne serait-ce que lui dire quelque chose, alors j’abandonnais me laissant bercer par ce contact doux... Oui, pas bestial, juste là, rassurant sans être envahissant. Elle voulait savoir, pourtant je lui ai bien dit que ce n'était pas quelque chose de grave, je ne voulais plus y penser, et pourtant cette voix me hantait encore, constamment à tout cillement des yeux. « Onee-Sama... ». J'eus un hoquet d’écœurement avant que tout mon corps ne me démange, je n'avais qu'une envie et c'était de continuer ma tâche macabre de purification. Mais pourrais-je ?

- Qui … qui est « elle » ? Quelle chose ? Bouger … tu ne pouvais pas bouger ? Comment ça ?

Je sifflais légèrement avant de mettre mes mains sur ma tête, sur mes oreilles tout en exerçant une magnifique pression sur mon bras bandé. Je ne voulais plus revivre cela, entendre ces bruits, sentir ces mains, ce toucher incestueux et trop... trop intime. Tellement trop dégoûtant et repoussant qu'un nouveau haut le cœur m'a pris rien qu'à y penser. Alors là, Yume... Je ne peux pas te le dire. Mais je ne pouvais plus garder cela, c'était trop difficile, moi qui vivais toujours dans un endroit protégé ou ne serait-ce qu'un regard sur ma personne était interdit, un toucher d'un inconnu bannis, oui j'étais si bien protégée et comme une idiote je voulais m'échapper de cette prison en or mais si rassurante. Peut être que je n'aurais pas dû, oui, c'est cela, mon être est voué à rester enfermé, il ne peut pas se permettre cette liberté... Voilà qu'était le fin mot de cette histoire. Mais là pendant que mon corps se rappelait de tout ce qu'il venait de subir quelques heures de là, je me remis à trembler sans pouvoir arrêter ces fichus spasmes. Chaque geste, cette tête blonde, ces yeux si similaires aux miens, et son sourire... Oui ce sourire que je maudissais tant, que je voulais détruire. Et là, mon regard se leva cherchant un réconfort quelconque dans ces yeux bleus, ces yeux tellement froids mais en même temps pleins d’inquiétudes. Quel regard tu porteras sur mon être quand je te dévoilerai le vice qui s'est déversé en moi en moins de quelques secondes pour venir me prendre avec brutalité dans son étreinte dévorantes. Tout mon corps se raidit et j’enfouis ma tête dans les couvertures de sorte à ne pas voir son visage, mais aussi pour qu'elle ne voit plus le mien. Je détestais cela, je détestais me faire regarder... Pourquoi... ?

-J'étais allée faire mes devoirs... j'avais besoin de mes notes...

Je souris ironiquement à mes propres dires et croire que cela avait commencé à cause d'un putain de cahier que je devais aller chercher dans ma chambre... chercher hein... je me demande quand j'y remettrais les pieds là bas, en plus mon PC et mes cours sont restés... ainsi que mes vêtements... Et... Parce que ouais, en me téléportant, je n'ai pas pensé à reprendre mes affaires avec moi et même si j'avais l'esprit assez clair pour cela, je pense pas que j'aurais pu bouger assez pour... Quoi qu'il en soit, c'était vraiment pitoyable. Je déglutis avant de me renfrogner sur moi-même. Je serrais mes poings toujours sur ma tête comme une protection contre tout ce qui m'entourait, contre ce putain de monde de merde.

-Elle y était... et m'a... m'a... elle a utilisé... et puis, je l'ai pas vu venir...

Oui, je n'ai rien compris à la vie quand cette putain de seringue s'enfonça dans mon bras, je me rappelais encore de cette sensation d'engourdissement qui me prenait d'un coup, cette pression que la gamine a exercé sur cette aiguille pour que le liquide pénètre plus vite mon corps avant que je ne réagisse. Je pouvais presque voir ma tête étonnée du moment, tête qui se changea rapidement en peur et dégoût quand elle commença à... à jouer.

-J'ai rien pu faire... Pitoyable... Je me suis fait... fait... comme... comme un jouet...

J'en pouvais plus, j'éclatais en pleurs, mais dans le genre m'étouffant dans un hoquet de dégoût pour mieux exploser par la suite. Je me reculais vivement de Yume, oui, le toucher, je n'en pouvais plus, c'était trop horrible, trop affreux, insupportable. Putain d'impuissance, oui, je ne valais pas mieux qu'un de ces objets, ces jouets qu'on... qu'elle utilise pour s'amuser. Oui, de mon statut d'humain je venais de virer à un objet usé, utilisé pour son propre plaisir pour bien se faire jeter par après dans une poubelle. Comme une péripatéticienne qu'on utilise et qu'on oublie, à la seule différence que je n'étais pas condescendante et que j'étais... oui j'étais encore... et je me suis faite voler tout cela par un gosse... Je n'aurais jamais cru qu'en sortant de ma demeure si bien sécurisée, un jour, un jour ce genre de choses m'arriverait, le genre de choses que je pouvais voir dans les films sans vraiment réaliser le mal que cela pourrait faire en vrai. Et là, je savais, je le savais et je voulais l'oublier. Ma voix était cassée et mes mains vinrent machinalement tracer des nouvelles lignes sur mon corps, je n'en voulais plus, je voulais me débarrasser de cet horrible impression de me faire toucher, lécher, tout simplement violer et souiller. Je ne réussirai plus à continuer mon récit, de plus elle ne pouvait savoir plus, déjà elle en savait trop, c'était suffisant, c'était vraiment trop dit. Trop de honte, trop de douleur, trop de haine.

-J'ai disparu... et... et la vidéo...

Non, stop ! C'était trop, silence ! Oui, c'était trop, j'en pouvais plus, je me tus, mes cheveux collant à ma peau trempée par la sueur et les larmes, mon corps tendu à en crever dont un seul mouvement me briserait entièrement, ma respiration accélérée tandis que mon cœur battait la chamade, mes yeux vitreux mais emplis de haine tandis que mon visage n'exprimait que tristesse. J'avais juste une seule envie, c'est de hurler contre cette injustice, contre ce monde de brutes... Et c'est ce que je fis... craquant complètement. J'étais piégée comme un rat, un rat dans une cage dont je ne saurais m'échapper. Je devais l'assumer, mais cela m'était impossible, alors oui, je hurlais, jusqu'à m'en arracher les cordes vocales.

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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Sam 2 Juin - 16:48

-J'étais allée faire mes devoirs... j'avais besoin de mes notes...

Aller faire ses devoirs, prendre ses notes ? Pourquoi n’était-elle pas restée comme à son habitude dans cette chambre pour travailler ? Je la voyais mal se rendre à la bibliothèque d’autant plus que d'aller dans un endroit d’études tel qu’une classe de Undai. De plus, je me demandais pourquoi elle avait besoin de ses notes et quelles notes d’abord ? Toutes ses affaires n’étaient-elles pas dans notre chambre ? Il n’y avait qu’un seul autre endroit qui pouvait m’inciter à savoir où elle était partie et ce seul endroit était son ancienne chambre. Du moins, c’était toujours sa chambre, mais disons qu’elle y allait tellement rarement que je ne m’attendais pas à ce qu’elle ait encore des choses dedans. Mais y était-elle seule ? Sa colocataire … c’était la gamine que j’avais croisée plus tôt dans le bureau d’Ayame, Dieu, impossible que je me rappelle son nom ! Oshima je ne sais plus comment. Mais je voyais mal cet enfant de son rang de seconde et de son sourire ludique, faire quoi que ce soit à Kaïla … peut être était-ce Izaya qui se trouvait dans sa chambre, peut être que c’était lui qui …

-Elle y était... et m'a... m'a... elle a utilisé... et puis, je l'ai pas vu venir...

Elle ? Comment ça elle ? J’étais confuse, ma colère s’était portée sur la tête rose étant donné que mon esprit se disait lui-même que c'est cet homme qui avait fait du mal à Kurayami. Mais elle disait « elle », peut être parlait-elle de la personne et non pas d’une personne en particulier, mais là encore, ca n’avait pas de sens. Elle devait connaître cette personne pour qu’elle soit dans sa chambre, si c’était vraiment dans sa chambre qu’elle était. Dieu, j’avais mal à la tête à force de trop réfléchir. Elle avait donc rencontré une personne, une personne qui s’avérait être une fille étant donné qu’elle disait « elle », et par logique, si ça avait été Izaya, elle aurait dit « il » non ? Et puis qui pouvait être cette personne ? Je ne sais pas pourquoi, mais mon esprit se tourna à présent vers une autre personne, la seule qui pouvait se trouver là. Ayame.

-J'ai rien pu faire... Pitoyable... Je me suis fait... fait... comme... comme un jouet...

Un jouet, un outil, un semblant d’humanité, un esclave. Je fronçais les sourcils, si ma pensée était fondée, Dead Master s’était attaquée à Kaïla. Elle avait osé la … toucher, mais pourquoi ? Pourquoi aurait-elle fait ça ? J’essayais de trouver une réponse à mon propre questionnement alors que mes yeux, toujours rivés sur Kaïla se vidaient de vie. Plongée au plus profond des limbes de mon esprit, je me demandais inlassablement pourquoi. Beaucoup de raisons pouvaient se mettre en travers de ma route, beaucoup de raisons et même trop peut être. Son geste pouvait être prit comme une première attaque à mon égard, me disant bien que je ne devrais pas être aussi proche de Kaïla que je l’avais été avec ma première amie ou alors elle avait fait ça pour que Kaïla s’éloigne de moi, honteuse de s’être faite … prendre par la directrice. Quoi qu’il en soit, se fût juste inacceptable, oui … c’était … trop.

Flash Back

Il faisait sombre, trop sombre pour que je puisse voir clairement la personne en face de moi. D’un côté, j’étais heureuse de ne pas la voir, je ne voulais pas que son sourire pervers se pose sur mon corps, je ne voulais pas que ses yeux me décrivent, je ne voulais pas … qu’il me regarde avec envie alors que moi, moi je n’étais que dégoûtée de faire ça. M’approchant doucement un peu plus dans ses ténèbres, je tenais contre moi mon seul habit qui s’avariait être une nuisette légèrement transparente en soie. Je n’aimais pas celle-ci, c’était trop féminin, c’était trop aguicheur … je n’étais pas une femme … je n’étais plus une enfant non plus après ce que j’eus déjà subis … mais du haut de mes dix ans, je ne pouvais me dire femme bien que le titre de jouet était déjà encré dans ma peau.

- Yume … Viens plus près.

Je me dégoûtais du son de sa voix, je me dégoûtais de devoir lui obéir pour ne pas subir ses coups, je me dégoûtais de m’agenouiller devant lui, de poser ma tête sur sa cuisse grasse alors que sa main se posait sur ma tête. Sentant la fumée de son cigare, me chatouiller les narines, je priais déjà pour que cela s’arrête, que je puisse retourner dans ma chambre, dans ma cage et ne plus penser à lui. Il était celui qui m’avait sorti de mon orphelinat, il était mon maître … mon premier maître.

- Yume, ouvre la bouche et fais moi du bien !

Il attrapa mes cheveux de sa main avant de me coller contre son entre jambe, je sentais déjà une larme perler sur ma joue alors que je me débattais pour ne pas obéir à sa demande. Je pouvais tout faire, mais ça, non, c’était sale, j’avais envie de vomir à chaque fois que je la voyais, j’avais envie de m’enfuir mais personne n’était là pour me sauver. Criant contre mon corps frêle, il me giflait en se levant de toute sa graisser. D’un mouvement brusque il me retourna, m’arracha mon unique habit avant de souiller mon corps une fois de plus. Je ne criais pas de plaisir, je criais de souffrance alors que lui, humant comme un bœuf l’air, jouissait de rentrer un gosse. Je ne pouvais rien faire, je n’étais qu’un jouet … je ne pouvais rien faire alors qu'il m’arrachait les cheveux en prenant ça comme appui en se faisant du bien, je ne pouvais rien faire en sentant ses mains poisseuses se déposer sur mon corps sale, je n’étais … plus rien.

Fatigué d’un tel exercice, il sortit après une dizaine de minutes en soupirant d’aisance, je me laissais tomber sur le sol alors que je voyais ses pieds nus s’approcher de moi. Sentant un coup dans les cottes, je compris qu’il venait de me shooter dedans comme si j’étais un chiffon usé qu’il voulait dégager de son chemin. Restant debout en continuant à m’asséner des coups, sa voix retentit dans les airs comme si l’on jetait un cadavre à la mer.

- T’es qu’une salope ! Tu peux pas me dire NON ! T’es à moi p’tite conne !

Tout en disant cela, il secoua sa chose tout en laissant son liquide m’asperger. J’étais sale, humiliée, je n’avais plus de vie. Je devais me renfermer sur moi-même pour ne pas mourir, pour ne plus souffrir, pour arrêter de pleurer. Je ne voulais plus avoir de sentiments, mais à mon âge était-ce possible ? La mort était peut être ma seule délivrance, mais j’étais trop faible, trop peureuse pour oser mettre fin à mes jours. C’était … mon maître.

Flash Back End

-J'ai disparu... et... et la vidéo...

Mes yeux s’étaient mis à couler sans que je ne comprenne pourquoi exactement, ce souvenir me broyant de l’intérieur me rappelait mes propres cauchemars, mes propres horreurs, mon passé. Sa douleur, je la comprenais, celle de se voir anéantir … Mais je ne comprenais pas pourquoi, non, Ayame n’aurait pas fait ça, non, Ayame en était capable. Mais pas comme ce que j’avais vécu, non, Ayame n’était pas un monstre violent, Ayame était douce … Ayame s’immisçait au fond de nous pour nous détruire de l’intérieur avec sa délicatesse mortelle. La vidéo ? Ma tête se revit dans le bureau de la directrice, je voyais celle-ci et la gamine visionner quelque chose … avait-elle filmé ses vices ? Avait-elle demandé à la gamine, la sœur d’Hibari, cette gosse de filmer alors qu’elle violait Kaïla ? Non, c’était tellement insensé que cela devenait plausible.

Me levant du lit en retirant mes larmes tout en serrant des dents, je me dirigeais vers le coin cuisine, pris un verre, de l’eau et trois cachets. Laissant l’un d’eux se diluer dans l’eau, je m’assis au bord du lit, fixant le mur sans vraiment fixer quoi que ce soit. Ma main sur le matelas à côté de Kaïla, j’ouvris la bouche pour m’adresser à elle, mais … mais je m’arrêtais en sentant qu’aucun son ne voulait sortir. Je ne savais pas pourquoi, mais mon propre chagrin, ce putain de souvenir remontant pour me rappeler que je n’était plus qu’un objet aillant été utilisé me bouffait de l’intérieur. Fermant les yeux en soupirant, je me forçais à parler alors que ma voix se cassait sur chaque mot, chaque syllabe.

- Je … Moi aussi … je comprends. Alors ! Alors … Je suis là maintenant. Et je ne te laisserai plus subir ça, Kaïla. Alors ne soi pas dégoûtée de toi, ce n’est pas ta faute non … c’est eux.

Je levais ma main pour la poser sur son épaule, mais une fois de plus, je m’arrêtais. Après avoir subit ça, elle qui n’aimait pas le toucher elle devait être anéantie, anéantie au point de se montrer faible devant moi. Ses larmes, ses cris de douleurs et de tristesses, je me devais de faire quelque chose, mais je ne savais pas quoi faire. J’aurais pu partir et aller trouver Ayame, mais cela n’aurait rien changé au fait qu’elle m’en aurait voulu de ne pas lui avoir laissé tuer la personne qui lui avait fait subir ça … Que je lui laisse le peu de fierté qu’il lui restait, si il lui restait ne serait-ce qu’un peu. Me couchant à côté d’elle, je la pris une fois de plus dans une étreinte, elle en dessous des couvertures et moi au dessus pour que je sois sure qu’aucunes parcelles de peaux ne se touchent.

- C’est … On la tuera, elle mourra pour t’avoir fait ça, Kaïla.

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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Sam 2 Juin - 22:15

Partie, elle est partie... Je ne sentais plus cette présence à mes cotés. Avait-elle compris ce que je ne lui disais pas en monosyllabes ? Non, ce n’était pas si évident à deviner... Si ? Je crois que si, enfin je ne sais pas, j'étais perdue dans mon monde sans lumières, noyée dans le désir d'en finir avec tous ces sentiments de révulsion que je n'ai jamais connu auparavant, d'ailleurs j'aurais aimé rester dans cette ignorance. Mais alors, alors, était-elle vraiment assez perspicace pour comprendre ce que je voulais lui avouer à demi-mot, sans vraiment le dire pour ne pas m'enfoncer d'avantage dans l'humiliation ? Je crois que oui, Yume était un être intelligent et vif d'esprit sous ses airs d'Iceberg intolérant et froid comme le pire hiver d'une vie au pôle nord. Et c'était pour cela qu'elle est partie ? Elle devait être dégoutée, oui, elle devait me considérer comme une chose minable à présent, une chose, un déchet comme elle le disait si bien. Oui, c'est cela, j'ai perdu toute valeur, déjà moindre, à ses yeux... Parce que je n’ai pas su me défendre contre une gamine, contre un être dit faible. Oui, j'étais si pitoyable que c'en était risible. Bon sang, j'aurais dû me la fermer, serrer les dents et faire comme si de rien était, au lieu de déballer cela, tout ce qui m'est arrivé comme une faiblarde qui cherche de l'aide au lieu de s'en sortir toute seule. Vraiment c'était à mourir de rire, alors oui, si elle est partie parce que je la dégoûtais, je le comprendrai très bien. Minable, faible et sans importance, je n'étais rien, rien qu'une larve peuplant cette terre au lieu d'aller crever et laisser tout le monde en paix. Vraiment, je ne servais à rien, hein... Oui, je vais aller crever et tout le monde sera heureux.

Un mouvement, je ne bougeais toujours pas, un froissement, mais aucune réaction de ma part. Elle est revenue... Revenue, mais pourquoi ? Pour mieux me dire que je n'étais rien et que le mieux que je fasse c'est d'aller me suicider, que j'étais la honte pour toute une génération, ou peut être, tout simplement, qu'elle ne voulait plus de moi ici. Oui, cela devait être ça, elle devait me voir comme un déchet usé qui souillait ses draps. Terrible. Une voix qui résonne, une voix cassée, une voix que je ne lui connaissais pas vraiment. Une voix froide... Non, une voix remplie d'émotions, là, je n'osais pas me mouvoir, je n'osais pas la regarder.

- Je … Moi aussi … je comprends. Alors ! Alors … Je suis là maintenant. Et je ne te laisserai plus subir ça, Kaïla. Alors ne soi pas dégoûtée de toi, ce n’est pas ta faute non … c’est eux.

J'eus un hoquet de surprise avant de me reprendre et replonger dans mon mutisme après ma crise. Parce que oui, je venais de comprendre que cela ne me remettait pas dans un meilleur état, même si m'extérioriser de la sorte, me soulageait... Mais je replongeais tout de suite après dans les abîmes. Yume comprend. Yume est là. Yume ne me méprise pas... Yume pourquoi ? Même dans mon état fébrile, mon cerveau marchait à cent à l'heure, tout pour ne plus repenser au viol des plus cruels qui pu m'arriver. Yume comprend... Elle m'en a déjà parlé, un peu,... maintenant je vois, je pouvais ressentir comment cela devait être difficile pour elle, et là, là j'avais honte. Parce que j'étais sûre que sa douleur par rapport à ce genre d'événement était beaucoup plus grande que la mienne. Oui, j'étais pitoyable, je dois me la fermer et aller crever avec ma stupidité. Parce que à cause de moi, elle devait certainement repenser à elle... Ce qui voulait dire que je la blessais pour rien au lieu de me taire, comme c'était convenu. Mais elle était là, elle a vu comment j'étais, elle s'est intéressé à mon état même si je l'ai repoussé... Alors oui, je lui devais au moins cela, au moins lui dire que... que je n'étais pas bien... Oui, au moins... Pour savoir si elle acceptait de me voir encore, si elle acceptait une chose aussi inutile que moi, comme amie. Évidemment, maintenant si je lui dis 'qui'... Alors, je crois que là, elle va me rire à la figure, peut être même me bannir de sa chambre en me réduisant au statut de « rien »... Mais même, je ne pouvais pas lui dire plus, j'avais trop honte, trop...

- C’est … On la tuera, elle mourra pour t’avoir fait ça, Kaïla.

Je sursautais en l'entendant dire cela. Comment ?! Que... Elle... elle savait qui... Comment savait-elle que c'était Naoko ! Comment ?! Elle ne pouvait pas, je ne pouvais pas le réaliser. C'était impossible, elle n'a pas pu deviner ainsi hein... J'ai dit, j'ai trop dit ! Oui, elle a dû relier les morceaux pour... pour... C'était humiliant, horrible, c'était impossible. J'étais choquée sur le moment, de plus Naoko ne pouvait pas mourir, peu importe comment je voulais qu'elle crève dans ma folie meurtrière, elle ne le pouvait pas... Parce que si cela arriverait... Je pourrais aller mourir, me suicider et ne jamais me montrer dans le monde réel... Si humiliant ! J'écarquillais les yeux et me relevais en position assise d'un mouvement brusque, en plongeant mes yeux paniqués dans ceux de Yume, elle ne pouvait pas la tuer. Tremblant légèrement je lui déclarais prise d'une panique folle :

-Tu... NON ! Non, faut pas... faut pas la tuer ! Elle... non ! Et la vidéo ! Non, il... faut que tu oublies ! Oublies ce que je t'ai dit ! Oublies !

J'étais complètement choquée à mort, et ma voix l'exprimait tout aussi bien entre l'aigu inhabituel qu'a pris mon ton que le tremblement dans mes cordes vocales. Sans oublier mon tint blâmes et regard fou, je me demandais à quoi je ressemblais. Mais bon, la peur me prit aux tripes, la peur d'être encore plus humiliée, si cela pouvait être possible... Oui, il n'y avait pas moyen, il fallait que je gère cela, il fallait que j'arrange toute seule cette merde dans laquelle je me suis fourrée tout seule en fait. Je n'avais qu'à ne pas y aller, je n'avais qu'à rester dans cette chambre sécurisée et me terrer tel un rat dans un coin. Oui voilà, si Yume, si c'était ma faute ! Avec un effort monstre, j'affichais un sourire hésitant avant de déclarer un peu nerveusement sur les bords :

-Tout va bien, regardes ! Je vais bien... Désolée... Mais oublies cela... s'il te plaît...

Oui, même si je voulais qu'elle m'aide, qu'elle soit là pour moi, je venais de réaliser à quel point j'étais égoïste. Oui, égoïste et trop faible, trop naze pour trouver une solution toute seule ou de canaliser mon malheur comme quelqu'un d'adulte... Mais je n'étais pas adulte, je ne connaissais rien de la vie... Mais ce n'est pas sur Yume que je devrais poser tous mes espoirs, elle n'avait pas que cela à faire, je ne voulais pas qu'elle s'encombre d'une plaie telle que moi. Alors oui, je devais... j'étais stupide... J'allais mourir... Il fallait que j'appelle mes parents pour qu'ils me renferment de nouveau dans ma cage, il fallait que j'oublie ce monde de liberté trop dangereux pour moi, oui voilà... J'allais chercher mon portable dès que j'ai pensé à cela, mais aussi vite, je me rendis compte qu'il est resté dans l'autre chambre. Un frisson me parcourut l'échine avant que je ne crise de nouveau « Donnez-moi du plaisir aussi, Onee-Sama … ». Je ne supportais pas revoir ces moments, je revivais à nouveau cette scène sans cesse, comme si mon esprit s'était tellement focalisé dessus que rien, plus rien ne comptait que cela... J'en pouvais plus de mon corps souillé, de mes mains ayant touché cet enfant sans mon accord... de ce regard, des regards de ceux qui verraient cette vidéo... J'en avais marre, je ne voulais que me débarrasser de ce sentiment de toucher. Mais rien à y faire, cela ne marchait pas... Je me remis à chercher des yeux quelque chose qui pourrait m'arrêter dans ma folie, non... pas arrêter, me la faire accentuer, un objet, n'importe... Mais je n'avais rien à portée de main pour me faire débarrasser de mon corps, et donc, je me remis à me « mutiler » en utilisant ce que j'avais de plus utile, mes mains... ces mains tout aussi souillées que le reste de mon corps... C'était trop lourd à vivre, je ne voulais plus vivre... Oui je sais ! Il fallait que je matérialise ma robe et que je me tue avec mes propres armes ! Voilà, ce serait rapide et je ne ferais plus chier à qui que ce soit... Voilà ! J'essayais de faire apparaître ma robe de combat dans ma folie sanguinaire, mais rien rien... Je m'énervais encore plus contre ce corps inutile...

-J'y arrive pas... !

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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Dim 3 Juin - 1:19

-Tu... NON ! Non, faut pas... faut pas la tuer ! Elle... non ! Et la vidéo ! Non, il... faut que tu oublies ! Oublies ce que je t'ai dit ! Oublies !

Restant devant elle à la fixer comme un babouin devant une banane, je ne comprenais pas, une fois de plus, son excitation du moment. A la crise de la folie, elle m’interdisait de punir la personne qui lui avait fait du mal, à la crise de la folie, je découvrais un nouveau visage de ma Kaïla. La vidéo … la vidéo que détenait Dead Master, cette putain de vidéo qui m’interdisait de la tuer, mais pourquoi ? Mon esprit fut assez vif pour imaginer l’horreur, Dead Master aurait-elle demandé à cette gamine blonde de faire des copies et de les cacher par-ci par-là ? Aurait-elle osé les déposer dans la main d’une enfant alors que c’était Kurayami et elle-même les actrices principales de ce viol ?! Non, c’était insensé, mais comme je le disais, ca l’était tellement que ca pouvait s’avérer être vrai. Mais qu’allais-je bien pouvoir faire ? Si je tuais Ayame, et encore, je n’avais pas la puissance nécessaire pour lui ôter la vie, la vidéo risquait d’être publiée en ligne, oui, c’était … un cul de sac.

-Tout va bien, regardes ! Je vais bien... Désolée... Mais oublies cela... s'il te plaît...

Oublier ? Comment aurais-je pu oublier ce qu’il se dessinait sous mes yeux à cet instant précis ? Comment pensait-elle que je pouvais mettre un voile sur ses dires alors qu’ils me rappelaient tant mon passé, comment croyait-elle s’en sortir seule. Moi-même je n’avais pas réussi, moi-même j’eus voulu maintes fois me jeter par la fenêtre pour arrêter de souffrir. Moi … je n’ai pas été assez courageuse pour le faire, ce fut Ayame qui me sortit de ma prison sale, pour m’emprisonner dans une prison dorée. A choisir entre les deux, l’or me tentait plus que la poussière, c’en était tellement logique que je me giflais moi-même d’oser comparer ces deux mondes, ces deux maîtres. Je me devais d’être là … être là pour la consoler, l’écouter, se vider. Je serai muette sur ce que je voyais, je serai telle une tombe en vue de ses paroles, je serai ce qu’on appelle un véritable ami dans les moments difficiles.

Se levant dans un élan de débordement, je me demandais si elle allait encore s’enfermer dans la salle de bain. Bougeant en même temps qu’elle, je ramassais le verre d’eau dont les médicaments étaient dilués dedans avant que celui-ci ne tombe sur le parquet. M’arrêtant en plein mouvement en lâchant moi-même le verre que j’avais en main, je sentais son corps hurler à la mort alors que le verre s’éclata dans un bruit sourd. Ce n’était pas … non, ce n’était plus Kaïla. Elle chercha premièrement quelque chose, avant de s’immobiliser elle-même et de se gratter la peau, se gratter à en voir du sang couler, s’auto-flageller pour s’être fait prendre par une puissance monstrueuse. Oui, face à Ayame moi-même je ne savais résister … Etait-ce … ma faute ?

-J'y arrive pas... !

Déboussolée, interloquée, confuse, perdue et complètement paniquée, je ne savais pas quoi faire, il fallait que je lui remette les idées en place, il fallait que je la secoue pour qu’elle arrête. Mais qu’allais-je faire ? Lui bander les mains pour qu’elle ne s’arrache plus la peau ? Songez à ça, si je lui attachais les mains elle serait encore capable de foncer dans un mur pour se faire du mal, la tête la première, voyant son sang se déverser sur mon parquet. Non pas que son sang m’horrifiait et que j’avais peur qu’elle salisse cet endroit, juste qu’elle trouverait toujours un moyen pour se purifier, oui, tellement que … Levant la main, je l’abattis lourdement sur sa joue pour qu’elle reprenne connaissance. Les dents serrés, n’ayant pas de larmes mais la tristesse se lisant sur mon visage si expressif, je serrais les poings avant de lui crier, oui, je m’époumonais à essayer de la faire retomber sur terre :

- STOP ! Non tu ne vas pas bien, non c’est pas facile, non je ne la tuerai pas parce que ce sera à toi de le faire ! Et non, s’arracher la peau ne servira pas à quelque chose !

D’un mouvement brusque, je lui tournais le dos en ouvrant la fenêtre, attrapant Kaïla par le poignet, je la balançais en dehors de la chambre par cette même fenêtre. Regardant son corps tomber au ralenti, je me rendis compte de mon geste. Mon corps avait agit seul, trouvant que la seule manière pour elle de retomber sur terre était de la faire s’écraser sur celle-ci, mais je n’allais pas la laisser se briser le dos si facilement alors que son corps n’était plus qu’à un mètre du sol. Les points serrés, je matérialisais ma robe de combat et je sautais à mon tour. Plus rapide, plus agile, j’arrivais la première sur le sol, pieds joints tout en rattrapant dans mes bras Kaïla avant que sa tête ne touche la pelouse. Les yeux se remplissant de larmes, je lui dis doucement, mais assez fort pour qu’elle entende ces quelques mots que je voulais rassurants tandis que mon visage se déformait sous le chagrin de voir mon amie, ma seule amie dans cet état si pitoyable.

- Je … Je serai là … Alors non, ne fait plus ça … Je serai toujours là pour toi, Kaïla. Toujours.

Laissant ma tête se poser sur la sienne, j’arrêtais mon mouvement après cinq secondes et levai les yeux au ciel. D’un clignement d’œil je nous téléportais dans notre chambre, si je savais maitriser l’espace, pourquoi ne savais-je pas maitriser le temps ? Oui, ca aurait été mieux, je ne serais pas partie ce matin, je ne serai pas sortie de la chambre et je serais restée avec elle, elle n’aurait pas subit ça et moi … Moi je ne m’en voudrais pas autant en croyant que c’est ma faute si Ayame a osé prendre possession de son corps. Laissant son corps se poser sur le lit de manière à ce que ses pieds touchent le sol et que son dos soit droit, je m’agenouillais sur le sol devant elle et posais mes mains sur ses genoux aussi mutilés que ses bras.

- Ayame … Je ne lui ferai rien, je n’ai pas la puissance nécessaire pour lui prendre la vie. Mais … je te promets qu’un jour tu laveras ton honneur, pour le moment …

Laissant tomber mes yeux sur le sol en voyant le verre brisé, je me levais et me dirigeais vers la cuisine pour en refaire un. Tout dedans et le médoc dissout, je retournais vers mon élève et le lui tendit.

- Bois, ca te calmera un peu et tu auras moins mal aussi … Je … Je peux soigner tes blessures ?

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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Dim 3 Juin - 13:30

Oui, je n'arrivais pas à matérialiser ma robe, et je ne savais pas pourquoi ce problème était survenu, pourtant c'était si facile d'habitude, mais là non, rien, le néant quand à mon flux d'énergie. J'étais toute aussi confuse que désespérée, c'était rare, voire impossible, que mon corps ne réponde pas à mes envies, surtout dans ce genre là. Mais je n'eus pas le temps de continuer mon petit manège d'automutilation pour la purification de mon corps, qu'une main vint s'abattre sur ma joue dans un claquement sourd. La seule chose que je sus faire après ce geste de Yume, c'était de poser ma main bandée sur ma joue avec une tête d'ahurie totale. Tout en l'entendant crier, j'essayais de toutes mes forces de ne pas me renfermer sur moi-même, comme une victime prise en flagrant délit et qui voulait juste ignorer celui qui l'a découvert, question de protection mentale.

- STOP ! Non tu ne vas pas bien, non c’est pas facile, non je ne la tuerai pas parce que ce sera à toi de le faire ! Et non, s’arracher la peau ne servira pas à quelque chose !

Larmes aux yeux et joue toujours aussi endolorie, j'étais tout de même soulagée quand elle me dit ce que je voulais entendre quant à la mort d'une certaine personne. Mais il fallait que je l'avoue, j'étais tout autant honteuse, embarrassée de constater quelles folies j'étais en train de faire devant Yume. C'en était impossible à gérer, et le pire dans tout cela, c'était le fait que j'osais encore lui dire que tout allait bien, tandis que mon esprit se déchaînait devant ses yeux. Oui, cherchez l'erreur, moi je viens de la trouver, et plus je la voyais, plus j'avais juste envie de mourir dans un coin. Parce que oui, c'était trop pitoyable pour mon honneur que je n'avais plus. Et en plus de cela, je l'ai rendis furieuse, et cela, c'était aussi inadmissible que tout le reste...

Mais je n'eus pas le temps de m'excuser ou de m'enfermer dans mon mutisme qu'une main ferme m'attrapa et me tira vers... vers la fenêtre ouverte. Comme j'ai sentis mes pieds sur le parquet froid au début, alors de la même façon je ne sentis rien sous moi par la suite. Je vis mon corps dans les airs sous le ciel noir de la nuit pour, sous l'effet de l’apesanteur, commencer à tomber vers le vide. Je laissais échapper un cri de surprise tandis que je tombais, tombais de plus en plus vite. J'allais m'écraser, j'allais mourir, j'allais assouvir mon besoin de crever en pleine Académie. Et tout cela parce que j'ai énervé Yume avec mes conneries. Et là, je fermais les yeux, je venais de réaliser que je ne voulais pas mourir. J'aimais la vie, j'avais encore tant de choses à voir ! Et le pire, c'est que là, je voyais clairement que je n'accepterai pas de mourir pour une gamine, non, ce serait juste trop beau pour elle, de voir ma déchéance dans la mort. Non... Je ne voulais pas lui donner telle satisfaction ! J'avais encore le besoin de la tuer, et pas moi ! La peur au ventre tandis que mon corps se rapprochait dangereusement du sol, j'eus le souffle coupé quand quelque chose me freina de justesse. J’ouvris les yeux et je pâlis, j'étais si près du sol que je n'osais même plus réagir, ni bouger, ni parler. Yume venait de me faire réaliser à quel point j'étais peureuse en fin de compte. Je ne sais pas si je lui en voulais ou si je lui étais redevable, mais... mais j'étais encore sous le choc de ce qu'elle avait fait.

Je … Je serai là … Alors non, ne fait plus ça … Je serai toujours là pour toi, Kaïla. Toujours.

Avec mon corps encore tremblant de cette expérience affreusement horrifiante, je fermais les yeux sous ses paroles rassurantes avant de me sentir flotter un moment pour me retrouver de nouveau dans la chambre de Yume, en un clin d’œil. La téléportation hein... Oui, c'était une chose vraiment utile. En plus elle m'affirmait, la grande Kuroi-Sama, m'affirmait que c'était bon, que je n'avais pas à m'en faire à présent, que tout irait bien, sous une demande presque suppliante pour que j'arrête de me faire du mal. Je ne comprenais pas pourquoi elle tenait tant que cela à un être déchu et têtu comme moi, mais je sentais que je suivrai ses mots à la lettre, maintenant qu'elle m'a montré c'est quoi, vraiment être faible dans mes décisions et gestes pitoyablement insensés. Qui a dit que la folie ne peut pas toucher la personne la plus normale sur terre ? Pas moi en tout cas.

- Ayame … Je ne lui ferai rien, je n’ai pas la puissance nécessaire pour lui prendre la vie. Mais … je te promets qu’un jour tu laveras ton honneur, pour le moment …

Je baissais mon regard vide sur cette femme froide mais si intentionnée, dissimulant ma surprise derrière mon visage défait et inexpressif. Pourquoi me parlait-elle de Dead Master ? Elle n'aurait tout de même pas cru que... je parlais de cette dernière aussi ? Évidement que la directrice était tout autant dans l'histoire que la jeune Oshima, rien qu'en ayant vu la vidéo, si c'était le cas, vu que cela ressortait des paroles de Yume... Alors oui, je voulais sa mort tout autant que celle de Naoko, et j'aurais plus facile d'éliminer cette dernière ainsi... Mais jamais je ne pourrai faire croire à mon amie, sous l'emprise même de cette directrice, que c'était elle la cause de mon désarroi. Mais aussi... Maintenant qu'elle croyait que c'était cette puissance qui était derrière cela, elle laisserait tomber cette affaire, en vue de ses paroles. En plus, je n'avais pas forcément envie de lui dire qui m'a fait cela, pour ne pas tomber dans un déshonneur encore plus profond que celui dont j'étais déjà en proie. Mais Yume en voudrait à Dead Master, sans véritable raison, et cela n'était pas acceptable non plus ! Bon sang, mais c'est du bordel là... J'étais mitigée entre lui dire la vérité, ou laisser passer ceci. Alors garderais-je le peu d'honneur qui me restait, ou j'allais le bousiller dans ma déchéance aussi ?

- Bois, ca te calmera un peu et tu auras moins mal aussi … Je … Je peux soigner tes blessures ?

Je regardais le verre qu'elle me tendait avec un petit air de soupçon dans l'arrière-pensée. De l'eau ? Cela avait une couleur un peu plus blanchâtre et non transparente, je fronçais les sourcils tout en me saisissant du verre, le liquide ressemblait d'avantage à une boisson telle que du Sprite ou encore du Seven Up. Mais pas à de l'eau. Je devais avouer que maintenant que je regardais le contenu poussé par les dires de mon amie, je n'avais qu'une envie c'était d'avaler ce qu'elle me tendait. Parce que oui, depuis le déjeuner j'ai rien avalé ni bu, et avec tous mes hurlements de la journée, j'étais assoiffée. Je bus cul sec sans me poser de questions avant de tendre le verre vide à Yume, avec une grimace sur le visage.

-C'est pas bon...

Et non, ce n'était pas du Sprite, non c'était trop amer pour être cela, je me demandais d'ailleurs ce que c'était... Mais bon, peu importe tant que j'avais moins soif. Par contre, elle voulait soigner mes blessures... Je posais mon regard sombre sur mon corps, un T-shirt complètement sale de sang, ma peau, ou ce qu'il en restait, rouge à en avoir mal à la tête. Ma main bandée avec un bandage qui se défaisait à moitié et tout aussi trempé de sang. Mon corps complètement frêle comme si j'étais sortie d'un camp de concentration... Alors je n'osais même pas imaginer ma tête dans ce tableau macabre. Mais je ne pouvais pas la laisser soigner toutes mes blessures parce que voilà quoi, je ne voulais pas qu'elle me touche non plus... Pas plus qu'elle le faisait déjà et je n'avais pas forcément envie qu'elle voit l'étendue de mes plaies encore plus de ce qu'elle pouvait voir... Parce que ouais, je n'y suis pas allée de main morte, je crois... Pourtant mon corps parla à la place de ma tête, parce que ouais, j'avais mal quoi que je dise, alors j’acquiesçais silencieusement à sa demande sans plus de cérémonie.

- Tu peux... Mais ce n'était pas Dead Master-dono...

Je baissais la tête doucement, je me sentais un peu fatiguée, normal après ce qu'il s'est passé aujourd'hui et aussi l'heure tardive qu'il faisait, il ne fallait pas s'étonner après tout. Par contre, je me devais de lui dire que Ayame-Sama n'avait rien à voir dans cette histoire, en tout cas pas dans la première partie de celle-ci. Mêle si je ne comptais pas lui dévoiler qui était responsable de cela, non, jamais elle ne le saura... C'était trop disgracieux, et si peu plausible que si je n'étais pas à la place de la victime, je rirais à la gueule de celui qui subirait ce genre de traitement de la part d'un enfant. Oui, certainement...

-Désolée pour cela, je ne le referai... pas...

Je lui devais des excuses, mêmes dites à demi-mot. Je me devais de lui promettre que grâce à elle, je ne me ferais plus de mal, j'avais besoin de répondre à ses demandes. Oui, je n'étais pas certaine si je ne serais pas encore prise d'un moment de folie intense et que je n'allais pas faire de conneries, mais pour le moment j'avais la volonté de le lui affirmer. Je m’allongeais sur le lit, de sorte à être sur le coté et d'avoir Yume dans mon champ de vision. Avec un geste hésitant et assez peu énergique, j'attrapais la manche de son vêtements pour qu'elle fasse attention à moi avant de la relâcher et de remettre ma main auprès de moi. J'affichais une mine déconfite, mais pas désespérée.

-Merci... Merci d'être là, Yume.

Oui, je lui étais redevable comme un chien trouvant un maître dans une fourrière avant de se faire piquer. Je me sentais apaisée, je ne savais pas si c'était à cause de la présente de Yume ou autre chose, mais j'avais juste une envie folle de rester ainsi, sans bouger dans cette pénombre morbide de dehors, qui représentait si bien ce que j'étais à l'intérieur de moi. Vide, sombre, noyée dans les ténèbres, mais avec cette petite lumière qui vacillait au loin, me disant que j'avais sur qui compter, et qu'un jour, j'allais me venger. Oui, je ne pouvais pas mourir avant d'accomplir ma vengeance quitte à détruire le monde entier. Je fermais les yeux avec une affirmation venant du plus profond de mon être, dite dans un murmure.

-Je... les détruirai... tous.

Il n'y avait même plus de haie dans mes paroles, c'était un fait inéluctable, c'est ce qui allait se passer, c'était ce que je voulais... Oui, une évidence même, une pensée qui allait me bercer à présent.

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Yume Kuroi
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MessageSujet: Re: Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.    Dim 3 Juin - 18:05

-C'est pas bon...

Non, l’aspirine n’était jamais bonne, qu’on la boive diluée, qu’on la suce ou la croque, son goût amer nous prenait toujours de plein fouet. Moi-même je n’aimais pas ce genre de comprimé, je préférais ceux lisses qu’on avalait d’une traite sans que ca nous colle à la lange. Souriant en vue de sa petite mine mécontente et dégoûtée, je restais debout en posant mon regard doux sur la jeune fille. Comment passais-je mes journées après m’être fait prendre par le maître ? Étais-je comme elle ? Oui, sauf que moi, ce n’était pas une seule fois, mais tous les jours, tous les jours le même rituel, tous les jours les mêmes disgrâces ainsi que la violence portée à mon corps d’enfant.

- Tu peux... Mais ce n'était pas Dead Master-dono...

Je pouvais donc soigner ses blessures, au moins elle ne refusait pas à ce que je l’aide. Je m’en voyais rassurée, oui … elle n’allait pas se laisser mourir sous mes yeux au moins, se vider de son sang, bien qu’elle ne soit pas encore à ce stade, mais je craignais plus une infection de ses plaies. Que se passerait-il si elle perdrait ses membres ? Ce serait affreux non ? Et tout ça pourquoi ? Parce qu’elle n’aurait voulu cicatriser son corps après s’être mutilée. Mais ce qui attira mon attention pour la première fois fut son pendentif, oui, je l’avais déjà remarqué sans vraiment y porter une véritable attention mais quelque chose en dessous de celui-ci, sur sa peau plus précisément m’interloquais. Qu’était-ce ? Hum, je lui poserais sans doute la question une prochaine fois, je n’avais pas à le savoir pour le moment étant donné que cela ressemblait plus à un vieux stigmate qu’à une plaie récente. En outre, je me demandais également ce qu’elle voulait dire par ce n’est pas Ayame … ce n’était pas Ayame qui lui avait fait ça ? C’était ce qu’elle essayait de me dire ? Comptait-elle protéger la directrice ou plutôt moi-même en sachant que sa puissance était telle que je risquais de mourir en voulant la combattre ? Ou alors, que ce n’était tout simplement pas Ayame derrière l’anéantissement de mon élève. Mais qui dans ce cas ? Qui lui avait fait ça ?

-Désolée pour cela, je ne le referai... pas...

Tirant sur ma manche pour que je lui porte attention, je la vis se coucher sur le lit en côté. Ses yeux vides sans vie, rivés dans mes pupilles bleutés, je m’agenouillais devant elle en lui adressant un fin sourire. S’excuser, elle ne le devait pas. Oui, même si sa déchéance était des plus étonnantes, je ne comptais pas lui en vouloir pour quoi que ce soit, j’étais là pour elle maintenant. Consacrer ma vie à la sienne, je n’irai pas jusque là, mais je refuserai que ce genre de choses lui arrive une fois de plus, une fois mais pas deux. Mais la question me heurtant toujours la tête était de savoir qui lui avait fait ça. Pouvais-je seulement lui demander ? Sans doute pas, et c’est sans doute pour cela que je me résignais également à m’étendre sur le sujet, si elle voulait en parler, je serai toujours une oreille présente pour sa tristesse et une épaule pour ses larmes.

-Merci... Merci d'être là, Yume.

Après s’être excusée, ce fus des remerciements que je reçus. Si j’avais été une personne tactile et elle, une personne acceptant le toucher, je crois que je lui aurai sauté dessus pour la prendre dans mes bras, exprimant ainsi tous les sentiments que j’avais à son égard. Mais ce n’était pas le cas, je ne pouvais que sourire et poser ma main à côté de la sienne sans la toucher, montrant de ce geste notre proximité, mon amitié.

-Je... les détruirai... tous.

Les détruire, anéantir ce monde. Nos destins se liaient de plus en plus, que ce soit par le fait de vouloir ce monde dépourvus de déchets ou notre vue sur les humains. Aucun d’eux ne méritait de vivre, aucun d’eux n’avait sa place sur ce monde qu’ils avaient souillé. Une fois le monde purifié, je serai en haut de l’échelle avec Kaïla, oui … à deux nous pourront purifier ce monde. Me levant de ma place, je me dirigeais vers la fenêtre pour la fermer, bien qu’il ne faisait pas froid, une petite brise passant par celle-ci m’arracha un frison. Une fois chose faite, je retournais devant Kaïla, tapai mes mains jointes avant de créer une fois de plus un flux de matérialisation pour soigner son corps.

- Ne me remercies pas et ne t’excuses pas, je fais ce que je songe juste, à ton égard Kaïla.

Tout en affichant un petit sourire, je commençais par soigner ses bras, passant sur chaque plaie tout en restant facilement cinq minutes sur chacune d’entre elles, on pouvait voir sa peau se matérialiser tandis que les impuretés en sortaient sans plus de ménagement. Munie d’un bout de tissus, j’épongeais cela et continuais jusqu’à ce que chaque partie de son corps qui m’était visible soit soignée. Une fois les bras finis, ce fut le tour des jambes, du ventre, des épaules, du cou, et ainsi de suite. Ce n’est qu’une bonne demi-heure après l’avoir remise en état que je me relevais dans un petit soupire. Attrapant ma couette dans un piteux état, je sortis la couverture des draps avant de balancer ceux-ci dans la corbeille et d’en remettre des nouveaux en deux temps trois mouvements. Une fois fait, je la remis à sa place, me dirigeai vers ma garde-robe et en sortit un nouveau T-shirt et un ensemble pour moi composé d’un petit top et d’un shorty.

- Change toi, ca me plaît pas de dormir avec un cadavre puant le sang.

Oui, mes blagues étaient de très mauvais goût, mais que voulez-vous ? On ne me changera plus. En plus, j’avais fait attention à bien marquer mon ironie dans mes paroles, manquerait plus qu’elle le prenne comme une agression que comme une blague pourrie. Me changeant rapidement, je m’ôtais de mon uniforme et mis mon pyjama. Une fois chose faite, je me dirigeais vers le lit et me laissais tomber lourdement dedans. Dieu, la journée d’aujourd’hui a été longue et celle de demain le sera sans doute tout autant. Me tournant vers Kurayami, je levais les bras avant de lui dire :

- Tu peux dormir dans mes bras si tu veux …

Je n’attendais pas forcément une réponse, fermant les yeux, je m’apprêtais déjà à me plonger dans le pays des rêves alors que je sentis quelque chose de chaud contre moi, m’arrachant un petit sourire par la même occasion.

- Bonne nuit, Kaïla.

END

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Trahison, anéantissement et réconfort. Le vide.

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